08/07/2007
FMI: DSK ne part pas gagnant d’avance…
Cette affaire internationale prend subitement une importance politique en France que personne (sauf Sarkozy, peut-être) ne pouvait imaginer. Le « dossier DSK » fait la UNE, en effet. On le sait : la direction générale du Fonds monétaire international (FMI) doit en principe revenir, au mois d'octobre, à un Européen. En principe, seulement : c'est la tradition depuis 1944. Et Henry Paulson, secrétaire américain au Trésor, l'a promis à demi-mot, le 29 juin, après la démission surprise de l'Espagnol Rodrigo Rato, dont le mandat ne devait s'achever que dans deux ans.
Qui sera le champion européen ? Il faudra aux Vingt-Sept arbitrer entre plusieurs « candidatures à la candidature ». Les noms qui circulent sont ceux de Leszek Balcerowicz, ancien gouverneur de la banque centrale polonaise, de Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre français des finances, et d'autres pays, comme l'Italie, ne manqueront pas de pousser en avant leur propre candidat.
L'Eurogroupe commencera à en discuter lors de sa réunion prévue à Bruxelles, lundi 9 juillet, à laquelle le président Sarkozy s'est invité. La France a un argument à faire valoir : les anciens directeurs généraux Pierre-Paul Schweitzer, Jacques de la Rosière et Michel Camdessus ont marqué la vie du FMI et laissé de bons souvenirs. Mais c'est aussi un handicap. Les Français ont dirigé le Fonds pendant trente-deux ans sur cinquante-deux.
Les pays concurrents ne manqueront pas de rappeler que la France monopolise déjà les responsabilités internationales : Pascal Lamy pilote l'Organisation mondiale du commerce, Jean Lemierre, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Jean-Claude Trichet, la Banque centrale européenne. Rien ne dit que le candidat choisi par Nicolas Sarkozy sera retenu pour être celui de l'Europe.
Comme le souligne Alain Faujas dans Le Monde,les pays émergents feront aussi le maximum pour remettre en question le traditionnel partage des rôles entre Américains et Européens pour la direction de la Banque mondiale et du FMI. Ces pays estiment que la compétence doit l'emporter sur l'origine géographique.
Certains dirigeants, comme le président vénézuélien Hugo Chavez, accusent le Fonds de représenter les seuls intérêts des pays développés. Mais les Européens leur feront valoir qu'ils n'ont pas estimé nécessaire de remettre en question, au mois de juin, la désignation par le président américain de Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale.
Si les pays émergents persistaient dans leur projet, le conseil d'administration du Fonds se trouverait obligé de trancher entre deux candidats. En 2004 déjà, Rodrigo Rato l'avait emporté haut la main dans un duel avec l'Egyptien Mohamed El-Erian.
Autant dire que le choix de Sarkozy de pousser la candidature de DSK (avec toutes les retombées de politique intérieure que ce nouveau signe « d’ouverture » entraîne est loin d’être entériné. D’autant que, dans cette réunion de l’eurogroupe, Sarkozy ne sera sans doute pas très bien accueilli. La dette, nous l’avons dit, a entamé son crédit…
03:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, DSK; sarkozy











