12/10/2006

Carnet de campagne: Conserver le sens de l'humour...

medium_segolene_10.2.jpg>>> Ségolène Royal déclare  qu'elle pourrait ne pas participer à tous les débats organisés par le PS entre présidentiables, s'ils étaient "détournés de leur vraie destination". Je ne me laisserai pas ballotter » a-t-elle dit En séjour  à la Réunion, Mme Royal a assuré qu'elle ne se laisserait pas "ballotter"."Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires. Mais, "s'ils sont trop nombreux, si les débats sont détournés de leur véritable destination, à ce moment-là je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir"(…)"Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes ». A ce niveau d'ambitions, seul l'intérêt supérieur compte...

>>> Montebourg regrette que les journalistes n’aient pas bien saisi toute la portée, la profondeur et l’importance des propositions de Ségolène sur l’Europe.  Je me sens visé. Mais regrette rien

>>> Débats à huis clos. Le Parti socialiste a décidé que les débats régionaux entre les candidats à l'investiture se dérouleraient comme les Conseils nationaux du PS, c'est-à-dire à l'abri des caméras et des micros. Le linge sale ne se lave qu’en famille ? En plus, officiellement pour des raisons d’économie, les salles seront « petites ». C’est qu’elle coûte cher  cher, la « démocratie interne » Trois débats télévisés sont tout de même toujours prévus les 17, 24 octobre et 7 novembre. Avec des cadrages bien soignés sans doute…

 >>> La commission nationale d'investiture de l'UMP a décidé de ne pas nommer de candidats pour les législatives de 2007 dans les deux circonscriptions détenues par le Mouvement pour la France (MPF) : la quatrième de Vendée, détenue par Véronique Besse, qui a pris la succession de Philippe de Villiers, élu député au Parlement européen en 2005, et la cinquième de ce même département, où Joël Sarlot est député depuis 1993.  Ah ! Bon…Pourquoi ? Pour Marine Le Pen, pas de doute :   cela   montre que la candidature de M. de Villiers est "télécommandée pour empêcher Jean-Marie Le Pen d'accéder au second tour". .. Un rappel : Cette mesure, il est vrai s’appliquera aussi aux sortants de l’ UDF… Il faudrait faire une étude de politologue sur l’impact des promesses d’investitures aux législatives sur le scrutin présidentiel…Les arrangements locaux », c’est une conception de la « France profonde », sans doute.

 

>>> Gilles de Robien, dans des ITW, donne son opinion sur Bayrou : « Un bon universitaire ». .. Parole de ministre de l’Education nationale… Pour le reste, De Robien veut « rester à 100% UDF » tout en condamnant la stratégie et la tactique de bayrou. La tradition du grand écart, sans doute… Ce qui a tué le « marais » de jadis. Partisan d'une stratégie d'alliance avec l'UMP, le ministre ne cesse de rappeler à François Bayroula nécessité de  "clarifier" sa position en disant, avant le premier tour, avec qui il fera alliance, UMP ou PS…. Comme si on se présentait au premier tour d’une Présidentielle dans la seule optique du second…. "Quand la clarté manque, eh bien dans l'ombre, les gens ne se manifestent pas, c'est probablement ça qui le traîne toujours autour de son score de 2002", Ah ! ces centristes… Le vrai problème de Bayrou , c’est qu’il a des troupes et des »gradés »  qui n’ont pas bien compris son « centrisme central ». C’est si pratique de faire ses choix en fonctions de ses propres intérêts à court  terme. Bayrou joue sur le « peuple », de Robien compte sur les « notables » et les candidats notables…Qui va gagner ? Le même problème se pose dans tous les  partis : c’est l’une des raisons de la crise de notre démocratie représentative…

 

>>> La priorité de  Gilles de Robien, c’est son   « club de réflexion », créé après le vote le 16 mai de la motion de censure socialiste contre le gouvernement  De Villepin par un tiers des députés UDF. , est une façon claire de se démarquer du leader de son parti :  le ministre de l'Education y voit "un trait d'union dans la majorité".  «  Société en Mouvement » compterait  six parlementaires (sur 74 députés, sénateurs et députés européens UDF) dans son comité directeur.

 

>>> J’ai, paraît-il, été injuste envers De Robien dans l’affaire Redeker…. Dans un communiqué,(qui est vrai, a échappé à mon attention pourtant aiguisée) le ministre a dit avoir essayé d’appeler au téléphone le professeur REDEKER "pour lui renouveler sa solidarité dans cette épreuve et condamner avec la plus grande fermeté les menaces de mort dont il est l'objet". "Comme le ministre l'a toujours affirmé, chacun peut exprimer ses opinions dans une démocratie", ajoute le texte. Jeudi, Gilles de Robien, tout en se disant déjà "solidaire" avec l'enseignant, avait noté qu'en tant que fonctionnaire il aurait dû se montrer "prudent, modéré, avisé en toutes circonstances". Robert Redeker, qui enseigne dans un lycée de la banlieue de Toulouse, a déclaré sur Europe 1 qu'il regrettait l'attitude du ministère de l'Education nationale "qui n'a pas daigné me demander si j'avais besoin d'une aide". Le Premier ministre, Dominique de Villepin,   avait été plus courtois et moins mou. Il a jugé que les menaces dont le Professeur a fait l'objet sont "inacceptables dans un pays comme le nôtre". Mais De Robien sait rester « prudent, modéré et avisé en toute circonstance ». Même quand les limites de l’intolérable sont franchies…Gardons notre sens de l’humour. Les politiques n’en sont pas dépourvus non plus…

 

11/10/2006

Censure liberticide et intolérance galoppante: L'affaire REDEKER est aussi UNE "AFFAIRE DE ROBIEN"...Y a-t-il encore un ministre à l'Education nationale?

medium_redeker_robert.2.jpgNon, non, non et NON…J’ai signé la pétition, bien sûr…Même si je n’ai rien d’un professionnel de la pétition Et j’ai lu avec intérêt nombre de textes d’intellectuels ou simplement de citoyens sur ce crime contre l’intelligence…SOS, Voltaire ! Halte à la régression… Je trouve que « l’affaire Robert REDEKER » est trop vite passée sous silence, minimisée, ignorée. Scandaleusement effacée…

 

Je ne connais pas ce professeur de philosophie. Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec toutes ses vues. Et je n’ai apprécié que modérément son article publié dans Le Figaro. Il est d’autres manières de critiquer ce qui peut transformer l’Islam en islamisme, et surtout en islamo-fascisme ou en fascislamisme. Personnellement, j’en ai  même commis un livre (avec mon ami  Driss Ajbali) : « Ben Laden n’est pas dans l’ascenseur » …

 

Mais ce qu’il vit, connaît, subit est INADMISSIBLE. Son ITW dans Sud-Ouest de dimanche vaut autant lecture que son article dans le Figaro : Il dénonce le "lâchage et (la) lâcheté" du ministère de l'Education nationale."Le ministère de l'Education n'a même pas porté plainte contre X pour menace de mort contre un de ses fonctionnaires", L'enseignant exerçant d ans la région toulousaine, vit dans un lieu tenu secret depuis la parution de sa chronique le 19 septembre. Robert Redeker assure qu'il ne se porte "pas bien du tout" et vit "enfermé depuis deux semaines, séparé de (sa) famille, surveillé par la police".

 

medium_de_robien.2.jpgLâchage et lâcheté….Au plus haut niveau de l’Etat. Eh ! Oui. Monsieur Gilles De Robien devrait avoir des problèmes de conscience. Mais son « portefeuille » ministériel semble importer plus que tout. D’ailleurs, son immobilisme chronique lui a évité les « ennuis » de quelques uns de ses prédécesseurs, d’Allègre à Luc Ferry (en passant par Bayrou, d’ailleurs).

 

Ce doit être terrible pour lui d’affronter son miroir matinal. Comment un homme dit de « principes » peut-il se rendre complice des pires pourfendeurs de ses propres principes ? Si l’on comprend bien (dans l’attente d’explications plus amples), Robert  Redeker n’aurait que ce qu’il mérite, ou presque… Où le blasphème redevient un délit…Où le « délit d’opinion » est ressuscité, même dans LE FIGARO. Où le ministre de l’Education devrait retourner à l’Ecole de la République…

 

Une fois de plus, je me réfère à Jacques Julliard : « A des signes comme ceux-là, on mesure les progrès réalisés, au nom de l’immonde principe de précaution, par l’esprit de soumission dans la conscience commune. Qu’est-ce donc que la tolérance ? Le mot, en vérité, n’est pas heureux. Sans parler de la boutade de Claudel -"La tolérance, il y a des maisons pour ça !"- on constate que son premier sens est terriblement restrictif. Tolérer, c’est d’abord ne pas réprimer alors que, juridiquement, on le pourrait : c’est ainsi que l’on "tolère" de plus en plus des voitures sur le trottoir. Cette tolérance-là est le contraire du droit. »

 

Si le Ministre de l’Education nationale n’est pas le ministre de la Tolérance et de la Laïcité, il n’a rien à faire à son poste. Son silence transforme « l’affaire REDEKER » en « affaire De Robien »

 

Je (re)cite Julliard : « Ainsi, la sacralisation des croyances est un présage lugubre dans une société qui se communautarise chaque jour davantage et qui ne parvient plus à concevoir le débat public autrement que sous la forme de la coexistence pacifique des communautés, de leurs croyances, de leurs absurdités, de leurs tabous, de leurs interdits, de leur terrorisme intellectuel – en un mot, de leur sectarisme. Et voilà le résultat ! La "tolérance" comme rempart ultime du fanatisme, quelle absurdité ! L’extraordinaire sensiblerie intellectuelle de notre temps à toutes les croyances aboutit paradoxalement à la sacralisation du sectarisme, à la restriction de la liberté de penser et de débattre ». La « sacralisation du sectarisme » : Une formule à méditer Monsieur de Robien…

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