31/10/2007

Vous avez dit "transparence"?

Allons, allons, pas  de démagogie, pas de complainte de type populiste, pas d’ironie mal placée. Ne jouons pas à ces Anglais toujours en train de critiquer le coût de la maison royale qui feraient la révolution si …on touchait à la Couronne. D’ailleurs, la Reine, elle règne, elle. Elle ne gouverne pas. Chez nous, aujourd’hui, nous avons un hyper-président hyper-actif hyper-travailleur, hyper-médiatique. Qui fait tout, ou presque. C’est normal qu’il soit hyper-rétribué. D’ailleurs, même le Président irlandais gagne plus. En rétributions, pas en avantages en nature…

Et Bush gagne trois fois plus… ce qui laisse à « Sarkozy l’Américain » des espoirs de prochaines augmentations (à chaque « bond » du SMIC, par exemple).

Inutile de reparler de De Gaulle qui remboursait à l’Etat le pain partagé à l’Elysée avec sa famille. Les temps ont changé. Et l’argent a été trop chargé de pêchés, parait-il, par les sermons de pieux hommes de foi qui priaient le ciel pour attirer la pluie au lieu de pomper les nappes phréatiques et oubliaient que l’argent des riches a toujours fait rêver les pauvres.  D’ailleurs, mme Lagarde avait été rappelée à l’ordre :il n’y aura pas de « plan de rigueur »…au moins jusqu’aux municipales, et, soyons pédagogues: le déficit abyssal de la France ne va pas augmenter de 140% pour autant. Alors, faisons des économies, oui. Mais ailleurs.

C’est à Matignon qu’il y a peut-être aujourd’hui des emplois fictifs, non à l’Elysée. On aurait pu enlever au PM, qui est moins important que les conseillers spéciaux du Palais, ce que l’on donne au super-patron. Mais cela ne se fait pas : Sarkozy, du temps de Cécilia, lui avait déjà emprunté la « Lanterne » de Versailles. Qui y passe ses wek-ends maintenant ?

 Ce sont dans  quelques cabinets que la République pourrait faire des économies (combien de collaborateurs Laporte ? Plus que de joueurs dans une mêlée…)…Il est tant d’autres situations scandaleuses, et pas seulement dans les  rétributions et les frais généraux de quelques nantis et profiteurs d’un système que l’on dit vouloir assainir, avec clarté et franchise. « Il y a vraiment des milliards d'injustices à réformer dans ce pays avant de réformer le salaire du président », lâche Jean-Louis Bianco qui sait qu’on « n’est pas malheureux à l’Elysée »…

Ce triplement du budget du Palais et la hausse de 140 %  du salaire du Président sont décidés au nom de la « transparence ». Qui pourrait être contre ? Mais c’est là peut-être que l’on peut dépasser les critiques mesquines de  Bianco qui tente de nous faire pleurer en disant que Mitterrand payait ses cafés de sa poche. Qui peut dire que cette « clarification » entraînera la suppression des caisses noires, des coffres secrets, des liasses cachées ? La pauvre Cour des comptes ne peut pas avoir des yeux partout, et pour tout… Souhaitons que la transparence affichée ne masque pas des réalités plus cachées!

Daniel RIOT 

 

25/10/2007

De la liberté de la presse...

« Allô, Epinal dans les Vosges ? 

-          Non, Epinal dans l’Oural… »

Voilà une préfecture qui a un sens aigu de la liberté de la presse, de la concertation, de l’esprit républicain…Un article lui déplait :elle ordonne un boycott du journal ! Rien de moins. Le représentant de l’Etat dans tous ses états…Mais oui, nous sommes en France, pas en Rusie ou ailleurs,. Nous sommes dans cette « démocratie exemplaire », dans cet « état irréprochable » tantdécrit par son Président si hyperactif !

Le quotidien régional La Liberté de l'Est dénonce, aujourd’hui un boycott de la part de la préfecture des Vosges, après des articles critiques sur le volet régional du Grenelle de l'environnement, organisé vendredi dernier à Epinal. La rédaction du journal s'indigne (à juste titre)  de "la mesure de rétorsion" après la parution d'articles sur le Grenelle lorrain et "la volonté exprimée de (lui) fermer toutes les portes des administrations du département et de boycotter" La Liberté de l'Est/ « Tout ceci parce que nous nous sommes refusés à exercer un devoir de complaisance » : « Cela montre en quelle piètre estime est tenue la liberté d'informer », écrit la rédaction

Dans son édition de samedi, La Liberté de l'Est avait osé titrer sur le "consensus en trompe-l'oeil" trouvé vendredi lors du Grenelle en Lorraine, où six ateliers avaient accouché d'un "petit débat". Le journal avait également dénoncé les "couacs en stock" lors de la rencontre.

« Maintenant, on n'a plus accès à tout ce qui relève de l'administration d'Etat dans les Vosges : pompiers, gendarmes, policiers, etc. », a déploré mercredi le rédacteur en chef du journal, Gérard Noël. Le quotidien est, juge-t-il, dans « une sorte d'incapacité à faire son travail ».  « Nous sommes particulièrement confrontés à ce problème au niveau des faits-divers (...) même si nous arrivons pour l'instant à contourner le problème grâce aux contacts que nous avons », a-t-il ajouté.

Une note envoyée mardi à son service par le directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) des Vosges et obtenue par l'AFP, demande qu'"à compter de ce jour et jusqu'à nouvel ordre, aucune information ne (soit) communiquée au quotidien La Liberté de l'Est"…

Dites-moi qu’on fait juste un petit cauchemar…