28/11/2007

ROCARD "fête" les 10 ans de Hollande àla tête du PS...

Michel Rocard dans le JJD (une ITW de Maud Pierron) fête à sa manière es 10 ans de François Hollande à la tête du PS. L’annonce d’une prochaine implosion du Parti socialiste ? Un peu. Beaucoup, même. Extraits…

>>>  « Contrairement à l'opinion générale, je ne crois pas qu'il soit pertinent d'isoler les dix ans de François Hollande. Le PS vit toujours un drame qu'il n'a pas tranché depuis sa naissance: son incapacité à accepter que nous sommes dans l'économie de marché. Il existe toujours des minorités au sein du PS qui rêvent d'en sortir. Le PS vit toujours un prurit d'unanimité, il a peur de ses divisions, qui sont en effet fortes. Le fait de vouloir rompre avec le capitalisme alors qu'il s'agit en fait de le contrôler rend peu clair, donc inaudible le discours du PS. Mais c'est bien antérieur à François Hollande » D’accord ou pas d’accord ? Moi, je suis tout à fait d’accord….

>>> « Le PS est un parti ou on ne réfléchit plus ou on ne lit guère ». Un avertissemnt pour toutes les autres formations. On ne le dira jamais assez : les politiques devraient tous inscrire un temps de lectures et de réflexions dans leur emploi du temps. La vie politique, toujours menée le nez dans le guidon, est trop chronophage.  

>>> « L'autre grande erreur de Hollande est la gestion de la question européenne. C'était une faute de vouloir un référendum. D'autant qu'il l'a voulu pour des raisons tactiques de politique intérieure, pour embêter Chirac, avec la conviction que celui-ci ne l'accepterait pas. Chirac a commis l'erreur de le faire aussi. D'où l'arrêt de mort de l'Europe politique, elle n'en est toujours pas remise. » Entièrement d’accord sur cela aussi. Et la question européenne est toujours mal règlée.Ou plutôt, pas règlée du tout.  

>>> « Il n'y a pas de politique possible sans une vision doctrinale sérieuse sur l'avenir. Et il n'y en a plus ». C’est l’avantage du MoDem si Bayrou réussit à combler son déficit organisationnel.  

>>> « 2012 est pour le moment perdu faute d'existence d'un parti qui propose un vrai projet.(…) Mon enthousiasme social démocrate n'a jamais cessé.  J'ai même envie de dire que devant la crise financière mondiale qui commence avec la crise du subprime américain, le ralentissement de la croissance, ce capitalisme d'aujourd'hui qui produit de la précarité comme s'il ne savait plus faire que cela, je n'ai jamais été plus social-démocrate qu'aujourd'hui ».

Social-démocrate dit Rocard. Social-économie et démocratie sociale, dit Bayrou. Michel après « 50 ans de bureaux nationaux du PS et 58 ans de parti », il est peut-être temps de changer de maison…Subitement, j’imaginais Rocard au Congrès constitutif du MoDem. Il est tard et je rêve éveillé, sans doute.

22/10/2007

traité de Lisbonne: L'embarras du PS...

6a8f1d7076d8f7654738bc4eab3e5d80.jpgDécidément, les socialistes français oublient l'un des héritages les plus beaux du seul Président de la V ième République qui ait porté leurs couleurs:l'unité européenne... Il hésite le PS! Il cherche l'impossible "synthèse" entre les OUI et les NON qui continuent à être opposés en son sein, malgré des festivals d'hypocrisie des uns et des autres...

C'est officiel (et provisoire): Le Parti socialiste ne s'opposera pas à l'adoption du nouveau traité européen. Il va rechercher "une position collective" qui pourra être "le oui" ou "l'abstention". C'est ce qu' a indiqué, ce lundi 22 octobre, Stéphane Le Foll, bras droit du premier secrétaire François Hollande. 

Que c'est beau! Il ne votera donc pas NON à ce traité de substitution qui a le mérite de sortir l'Union d'une impasse dont...bien des socialistes français sont les premiers responsables...

La position du PS se résume à "deux principes", a poursuivi M.Le Fol: "Nous ne nous opposerons pas à l'adoption du traité, et nous allons rechercher une position collective, ce qui est de la responsabilité du premier secrétaire". Le porte parole a souligné qu'il y avait "besoin de sortir l'Europe de l'impasse institutionnelle", mais il etsime que le traité approuvé par les chefs d'Etat est "assez loin dans ses objectifs du traité originel" rejeté par référendum en mai 2005 en France. Tiens donc! Pervenge Berès, l'eurodputée du PS, dit tout autre chose... "Il y a un consensus pour dire que nous ne nous opposerons pas" à l'adoption du nouveau traité, a ajouté l'eurodéputé, précisant qu'"il peut y avoir un vote "oui" et il peut y avoir abstention" du PS.

A propos de la ratification du texte, il a indiqué que le PS continuait à être favorable à la procédure référendaire. "Mais, a-t-il ajouté, l'élection présidentielle est passée par là, Nicolas Sarkozy a dit clairement qu'il n'était pas favorable à un référendum". Dimanche, François Hollande avait indiqué que le PS aurait une "attitude responsable", estimant que le texte comptait "des points positifs, des points qui ne le sont pas". Il n'avait pas prononcé le mot d'abstention. Rappel:M. Sarkozy a exprimé le souhait que le Parlement ratifie le texte, le plus rapidement possible, après sa signature formelle, prévue le 13 décembre.

SEGOLENE ROYALE: "MIEUX VAUT UN COMPROMIS QUE RIEN"

"Même imparfait", le traité adopté par les Vingt-Sept cette semaine à Lisbonne "peut remettre l'Europe en marche", estime Ségolène Royal dans un entretien à Libération. "Mieux vaut un compromis que rien", fait valoir l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle française, qui aurait souhaité un nouveau référendum mais refuse d'en faire une "question de principe".

"Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser", souligne-t-elle, appelant les socialistes français à "faire bloc" avec leurs homologues européens. "Je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l'Europe en marche (...) L'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante", explique Ségolène Royal. "C'est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l'étape suivante : la préparation du traité social", insiste-t-elle. Au moins, cela a le mérite de la clarté...

RAPPEL: En décembre 2004, le PS français avait organisé un référendum interne sur le précédent traité constitutionnel européen. La consultation s'était soldée par un "oui" massif, quelques mois avant la tenue d'un référendum au niveau national. Les socialistes s'étaient ensuite divisés entre partisans du "oui" et opposants au traité, conduisant le parti au bord de l'implosion. Le 29 mai 2005, plus de 55 % des Français avaient finalement rejeté le texte.


Chevènement fidèle à lui-même:Le traité simplifié, une entourloupe

Jean-Pierre Chevènement (qui a été l'un des conseillers de ségolène Royale durant la campagne des Présidentielles)  considère le traité simplifié adopté par les Vingt-Sept la semaine dernière à Lisbonne comme une "entourloupe" et réclame qu'il fasse l'objet d'un référendum en France."On se moque du monde, on se moque du peuple Français", a déclaré sur France 2 le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen. "Je demande à tous les citoyens de faire pression sur leurs députés pour qu'ils ne se prêtent pas à cette mascarade et que tout le monde exige un référendum", a ajouté l'ancien ministre, qui estime que le texte rejeté par les Français en mai 2005 n'a subi que "quelques modifications de forme" depuis lors.

23/06/2007

PS : Les dinosaures du « Jurassique Parc » donnent encore du temps au temps

L’immobilisme, voilà le mouvement ! Les apparatchiks du PS donnent du temps au temps pour réaliser cette « rénovation », cette « refondation », cette « résurrection » qu’ils ont été incapables de concrétiser ces cinq dernières années. DESIRS D'AVENIR... DANS LE RETROVISEUR!

En l’absence de Ségolène Royal, boudeuse boudée,  le PS, réuni en Conseil national,  approuve en effet, à mains levées et avec de nombreux absents dans la salle (dont DSK et Fabius)  le calendrier proposé par François Hollande. L’université d’été, comme prévu, et un Congrès extraordinaire en 2008. Après les luttes intestines pour quelques postes à l’Assemblée.Après le "festival" annoncé de l'hyper actif et omni présent Sarkozy. Et surtout, après les « municipales »…que le PS voit bonnes pour lui en se référant (par optimisme?) aux résultats du deuxième tour des législatives. 

medium_hollande_7.4.jpg

On raisonne en échéances électorales plus qu’en impératifs programmatiques chez les bureaucrates du PS où le « Tout Sauf Ségolène » remplace le « Tout Sauf Sarko ». Il serait pourtant temps de lancer le  « Tout Sauf les Stalagmites et les Stalactites » qui perturbent les cerveaux plongés dans cette grotte où des archaïsmes, des passéismes et des sectarismes ne se retrouvent que pour s’affronter … 

Patience donc pour règler (peu-être) les questions qui touchent au leadership, à la doctine et aux alliances. Pour définir le mot "socialiste" , tracer des lignes tactiques et stratégiques clairs et fixer des caps précis.

Des éléphants ? Des dinosaures, plutôt. Hollande, concierge d’un « Jurassique Parc » du progressisme en berne. Dans le deuil d'une "deuxième gauche" assassinée et d'une "troisième" méprisée.Est-ce un hasard si Jean-marie Bockel a rejoint Sarkozy après un déjeuner avec DSK?

C’est dommage. Le PS est riche de personnalités et de militants de qualité. Il est riche aussi de valeurs qui ont du sens. Il a aussi au niveau européen des partenaires qui ont une vision mieux adaptée aux défis de ce siècle.

« Je ne laisserai pas s'installer l'idée qu'il y aurait d'un côté les responsables et de l'autre les militants », a déclaré Hollande qui aurait fait une carrière extraordinaire dans des régimes où le pouvoir est d'abord dans les "appareils". « Lors du prochain congrès, chacun pourra déposer sa motion son texte, sa stratégie, sa ligne. Chacun pourra le faire et le faire devant les militants ».Et on pondra une "synthèse", comme d’habitude, depuis 1908 ? Ou  tranchera-t-on jusqu’à risquer la cassure ? SOS Vauban: La citadelle prend l'eau.

medium_ps_charlie.3.jpg
Dessin Charlie hebdo

D’ici là, tout peut changer… Qui suivra Jean-Marie Bockel, Kouchner et quelques autres ?"Je suis le seul non socialiste de la délégation française" , a plaisanté Sarkozy en arrivant à Bruxelles pour un Cnseil européen que Hollande juge mauvais, en champion de l'opposition systématique, en "beni non-non"... comme royal, d'ailleurs pourtant déclarée en rupture avec l'opposition "frontale" si stérile depuis 2002.

Qui rejoindra le séduisant MoDem, qui a intérêt conserver son positionnement de "l'extrême centre" même si la création du Nouveau Centre (qui occupe une partie du centre-droit ou plutôt de la droite dite "centriste") le pousse naturellement, et culturellement,  vers  des démocrates soucieux de concilier efficacité économiqe et justice sociale, croissance et développement durable, et conscients de la nécessité de rompre vec des moeurs politiques d'un autre temps,   comme on en trouve en nombre au "centre-gauche"?

Qui rejoindra les forces conservatrices de la « gauche de la gauche » en s’alliant à une partie du PC sauvé des eaux ou à ces chapelles d’  « alter »  qui sont bien en peine de se fédérer et qui sont plus douées pour dénoncer que pour proposer, pour protester que pour construire?

Cet immobilisme technocratique du PS donne une responsabilté supplémentaire au MoDem: s'affirmer comme la vraie force de cette "social-économie" et de cette "démocratie sociale" plus moderne que la social-démocratie qui n'a jamis été la marque du socialisme français, sauf pour y être étouffé.Si Rocard nous était conté... 

La recomposition du paysage politique ne fait que commencer. Car à droite aussi, la belle unité de l’UMP n’est que de façade. « L’effet Sarko » n’aura pas dans cette droite « décomplexée » à son sommet mais un peu voire beaucoup « déboussolée » ou « cocufiée » à sa base, que les bienfaits escomptés. Les « godillots » ne sont pas tous à l’aise dans leurs baskets…

Daniel RIOT   

 

28/05/2007

Au PS, coups de collier, coups bas et coups de gueule

Offensif, le pauvre Hollande

Il en devient émouvant ! Et son sens du devoir envers son parti doit au moins être respecté :il se bat, se montre offensif et Fillon a tort d’ironiser sur ses « pitreries »… Il y a des mauvais perdants, peut-être. Mais rien n’est pire qu’un vainqueur qui gère mal sa victoire en la traduisant par du mépris et de l’arrogance… Il fait ce qu’il peut, le futur ex-patron du PS. Il en donne des coups de colliers malgré tous les coups (y compris bas ) qu'il recoit dans sa famille et chez ses cousins radicaux...

medium_hollande_3.5.jpg

"Il faut de la combativité, il faut de la pugnacité, il faut de la volonté, il faut qu'on dise qu'on est là, qu'on n'est pas seulement au service d'un parti, d'un camp, mais qu'on est au service des Français", a-t-il exhorté sur Canal+

"Ne croyez pas que l'élection serait jouée parce qu'on nous l'aurait annoncé ou parce que Nicolas Sarkozy veut avoir tous les pouvoirs", a-t-il estimé. "Ce n'est pas un 3e tour", a-t-il dit en évoquant les élections législatives, "on ne va pas empêcher Nicolas Sarkozy d'être président de la République, on veut l'empêcher de mener sa politique". Belle formule, mais c’est Jospin qui a eu l’idée de faire  les Législatives dans la foulée de la Présidentielle… Pour provoquer un effet boule de neige en faveur de l’élu.

La France a besoin effectivement d’une bonne opposition. Mais sous Chirac, le PS a-til été une bonne force d’opposition.Les opposants systématiques sont aussi jugés sur leur bilan de « sortants », surtout quand ils s’accrochent  à un programme plutôt flou, bricolé, et une vision manichéenne des clivages droite-gauche  qu’ils n’entretiennent que par intérêts de parti. Qui parlait de duo plus que de duel ? Ah ! Oui. Bayrou. Dans cette analyse-là aussi il avait (et a toujours) raison…

medium_fabius_7.2.jpg

Le « coup de gueule » de Fabius le dviseur

Il se fâche Fafa et il pousse un coup de guele dans le JDD (fier de cette exclusivité). Unité ! Rassemblement ! Fin des querelles stériles ! Discipline ! Dans sa bouche, c’’est (presque ) drôle. Quand on pense à l’esprit de parti , de discipline, de rassemblement qui fut le sien après le referendum interne au PS sur le projet de Constitution… Ne s’est-il pas rendu  compte, avec son intelligence brillante (comme celle de Juppé) que la PS aux Présidentielles a surtout payé la facture et les fractures de son attitude anti-européenne (lui le très libéral devenu anti-libral, lui l’européen devenu anti-européen)…J’ai lu son « coup de gueule » : qui lui donnera un bon coup de pieds dans les fesses ? Il en est où, au fait, Fabius, dans sa définition personnelle du « socialisme » ?

medium_le_pen_9.jpg

 

Quand Le Pen lance des fleurs à Sarko, le « siphonneur »…

Interrogé sur les débuts du nouveau président, Jean-Marie Le Pen dit vouloir attendre "100 jours" pour voir les résultats de "son action", avec cette petite pique "ce n'est pas en faisant du jogging qu'on va régler les problèmes"…. A ce propos, le président du FN estime que Nicolas Sarkozy "en fait trop". Jogger, serrer les mains des passants... "Tout cela, c'est du cinéma. Et parfois, c'est too much".

Mais il ne cache pas son admiration Le Pen, en bon connaisseur : Si Ségolène Royal "sur le fond n'a pas fait une mauvaise campagne", Nicolas Sarkozy "a été assez original et performant. Il a fait une campagne à l'américaine exemplaire. C'est même un modèle qu'on pourra étudier plus tard à Sciences Po".

Le leader du FN  se souvient même avoir trouvé que "l'homme a du charme" quand il l'a rencontré notamment au ministère de l'Intérieur.

Ce faisant, bien sûr, "Sarkozy est venu siphonner une partie de mes voix". Les électeurs "ont préféré voter pour celui qu'ils tiennent pour mon disciple et qui parle comme moi" … il est des compliments qui cachent quelques méchancetés !

medium_arlette.3.jpg

Arlette telle qu’en elle-même

Elle a du mérite, Arlette. Mais elle a une conception de la démocratie représentative un peu paradoxale : La « travailleuse » Laguiller affirme que le programme des 563 candidats LO aux législatives n'est pas un « programme électoral » mais « prépare les luttes ouvrières de demain ». Bizarre… c’est moins grave que de promettre des lendemains qui chantent…. Ou des « grands soirs » !

24/05/2007

Mon carnet de campagne: A gauche, gauche...

Le PRG débattra avec le Parti Radical

medium_baylet_sarko.jpg

Jean-Michel Baylet, président du PRG, affirme avoir obtenu la confiance du bureau national de son parti sur son idée d'ouvrir un "débat" avec le Parti Radical co-présidé par Jean-Louis Borloo après les législatives. En fonction des résultats obtenus dans les circonscriptions offertes  en cadeau (intéressés) par le PS, sans doute…

"Ce débat", selon lui, doit porter "sur des sujets précis, comme l'Europe ou l'urgence sociale", dans le but de voir "si nous constatons un certain nombre de convergences qui pourraient nous amener plus loin politiquement". "Jamais je n'ai proposé de renier nos alliances ni de rejoindre l'UMP" a toutefois précisé le président du PRG. S’il le dit…

medium_hollande_5.2.jpg

Le chant du départ

C’était attendu : Il l'a lui-même annoncé mercredi après-midi, sur le plateau de LCP, dans le cadre de l'émission Question d'infos: François Hollande ne sera pas candidat à sa propre succession à la tête du Parti socialiste. Propulsé Premier secrétaire du PS en 1997, le compagnon de Ségolène Royal, actuellement très contesté, devrait laisser la place à l'issue des élections législatives. A qui, la bataille des Législatives se double déjà d’une autre guerre, interne celle-là. Sarkozy l’a dit aux responsables de l’UMP : il parie sur Ségolène ! Les sondages aussi , apparemment..

Sarkozy rêvait d’avoir Ségolène en face de lui cette année. il rêve encore de l’avoir en 2012. Qui disait qu’une seule « grande personnalité » manquait dans le gouvernement Fillon ? Séguéla la publicitaie  ou d’Ormesson. ? Jean d’Ormesson… « Et toi mon cœur, pourquoi bats-tu ? ».

medium_fillon.5.jpg

Pas charitable, FIllon

Pas de pitié: le Premeir ministre (qui trouve des accents de plus en plus sarkoziens et semble de plus en plus à l'aise dans ses baskets) n'hésite pas à tirer sur les ambulances. Il a traité les dernières déclarations de Hollande de "pitreries" et le trouvé "pathétique" et "hypocrite"... Il lui donne même des leçons d'opposition "intelligente"... Les porte-paroles du PS s'en sentent offusqués et insultés. "Arrogance"! Fillon s'en moque: la télé a bien répercuté ses attaques. Elles étaient faites pour pour cela... Il n'y a pas à dire: la victoire donne des ailes...

Ségolène prend son temps

Elle n’était pas à Bordeaux, où Hollande était bien seul pour un « grand meeting » en terre de Juppé. Et les « observateurs politiques », comme les supporters du PS s’interrogent. Djerba, d’accord. Mais la campagne est courte, non ? Et on avait dit qu’elle était très demandée par des candidats légitimement inquiets…

Selon les échotiers, elle est à Paris, où elle voit beaucoup de monde…. Ses déplacements sur le « terrain » ?  Son agenda est rempli à partir de la semaine prochaine : « c'est là que la campagne va réellement démarrer ». Elle fait monre de patientitude, Ségo...

medium_segolène_en_chine.jpg

Mais il y a des mauvaises langues partout…Au  PS, on dit volontiers que Ségolène Royal et son équipe prennent toujours «  les sondages pour boussole ».Comme ceux-çi ne sont pas bons pour le PS, elle  se fait rare pour «  éviter d'écorner son image en l'associant de trop près à une défaite aux Législatives ». « Défaite », c'est un mot qu'elle n'aime pas, en effet..

Et qui ne la comprend pas ? Pour elle, elle  n’a pas gagné les Présidentielles « à cause du manque de mobilisation du parti » (même si elle s'est isolée toute seule!) pourquoi  risquerait-elle de perdre son aura dans une  "non victoire " annoncée du même parti. D’ailleurs, plus le résultat sera mauvais, plus la prise du parti sera aisée pour elle, non ? « Tous ensemble, tous ensemble, tous…. »

18/05/2007

Le PS face à un discrédit galopant : les durs constats de Mélenchon….

Jugé non crédible pour prendre le pouvoir par les urnes présidentielles, le PS perd-il sa crédibilité d’opposant ? je me suis amusé en surfant sur le blog de Mélenchon. Le pauvre ! Membre du bureau  du sénat, il était condamné à vivre à l’Elysée la passation des pouvoirs. Comme Delanoë (maire de Paris) et comme d’autres. C’est cela l’esprit républicain et la politesse démocratique… mais que n’a-t-il pas entendu, Jean-Luc le rebelle ? A la base, localement, dans les bistrots et ailleurs, « il règne une ambiance horrible depuis l’annonce des débauchages et des retournements de veste », (…) Un soupçon généralisé, sérieux ou rigolard ».

medium_melenchon.jpg

« Je mesure quel venin est à présent instillé ! », décrit-il.  «  Aux yeux de beaucoup dorénavant, un socialiste quoiqu’il ait dit auparavant est désormais susceptible de retourner sa veste « pour avoir un bon poste ». Je crains que cela nous coûte cher aux législatives. Cette fois ci la blessure est profonde. Elle discrédite toute parole avant même qu’elle soit prononcée en discréditant par avance celui qui parle : « demain il dira le contraire pour un bon poste ! ». Sarkozy marque un point… »

Eh ! Oui. Mais comment pourrait-il en être autrement dans l’électorat PS. En cinq ans d’opposition, qu’a fait le PS ? Je l’ai déjà écrit : on devrait exiger un bilan d’opposant comme on a raison de réclamer un bilan d’activités aux sortants. C’est vrai pour toutes les instances, à tous les niveaux.

medium_hollande.7.jpg

Mais il y a pire : comment faire comprendre que le PS n’a pas réussi à faire payer à Sarkozy et à sa majorité les facture de ce qui a été mal fait ou non fait ces cinq dernières années. Sarko a même réussi à incarner une « politique nouvelle », « en rupture », « en changement ». Son talent y est pour beaucoup. Mais une partie de sa force est venue des faiblesses du PS…

De même, comment faire comprendre aux mêmes électeurs que la candidate du Ps ait passé toute sa soirée électorale à faire la fête et à chanter comme si elle n’avait pas perdu ? Ses sourires étaient calculés et tactiques, et n’avaient pour but qu’un objectif interne au PS, mais ils ont brouillés bien des esprits. Comme les polémiques internes qui ont précédé, accompagné et suivi le scrutin présidentiel. Comme les opérations sourires des radicaux de gauche, ou les rencontres discrètes de quelques dirigeants socialistes  (tel jack Lang) avec le nouveau Président…

medium_kouchner_royal.jpg

« D’un coup, constate Mélenchon, « la diabolisation de Sarkozy que certains ont cru malin d’instrumentaliser pour faire campagne » est « complètement asséchée ».

Il est une « sottise » que Mélenchon ne supporte pas : tel important qui serait débauché par Sarkozy « méritait d’être à ce poste » alors que les socialistes l’ont « toujours maltraité »…. Tiens-tiens!

medium_sarko_besson.jpg

Mais est-ce vraiment une « sottise » en ce qui concerne Kouchner ? N’était-ce pas une « sottise » de traiter Besson par le mépris ?

N’était-ce pas une « sottise » de faire le jeu de Sarkozy en s’acharnant plus sur Bayrou (le seul que redoutait Sarko) que sur le candidat de l’UMP avant le premier tour ?

N’était-ce pas une « sottise » de n’avoir pas vu (depuis longtemps) que Royal ne pourrait pas battre Sarkozy au deuxième tour, donc d’avoir abuser vos électeurs en ne suivant pas Gérard Le Gall, l’expert électoral du PS ?

N’était-ce pas une « sottise » d’avoir été aussi peu responsable au PS (Mélenchon doit en assumer une bonne part de cette irresponsabilité) lors du referendum sur l’Union européenne ?

Je partage pleinement en revanche la conclusion du billet de Mélenchon sur le discrédit qui affecte le PS (et l’udf, d’ailleurs) :  «  Si passer de l’opposition à la majorité est noble et rester opposant une forme de sectarisme alors c’est qu’on n’admet pas qu’il y ait une opposition. Un sage ami africain m’a dit « le plus dur en démocratie ce n’est pas d’accepter d’avoir gagné c’est d’accepter d’avoir perdu ». Celui qui n’est pas prêt à accepter d’avoir perdu ne peut pas comprendre pourquoi il est important de gagner. » C’est ben vrai, çà, M’sieu le Sénateur…

medium_royal_13.5.jpg

Mais le plus dur de tout, c’est de savoir tirer leçons de ses défaites. Or, là pour le PS, c’est plutôt dur. Comme dit Jean-Christophe Cambadélis, cité par le NouvelObs : Le PS est un tonneau  qui ne pourra plus servir.  « Les planches sont pourries, il ne reste plus que les cercles de fer qui l’entourent. Les cercles représentent les différentes structures du parti (dont les élus) qui ne souhaitent pas la modification mais la défense de leurs intérêts et de leur situation »…

Cela explique plus le discrédit du Ps que les effets de débauche ou de pseudo ouverture de Sarkozy… Mais pour Mélenchon, il ne s’agit  là que d’une « sottise » sans doute… C’est  ben triste, çà, M’sieu le Sénateur…

Daniel RIOT

 

 

16/05/2007

Hollande : Une heure de vérité « radicale »

Pour Hollande, l’heure de montrer qu’il sait prendre des décisions  (et pas seulement jouer les hommes de synthèses, de compromis boiteux, d’arrangements en tous genres) a sonné. Oui ou non, maintient-il ses accords avec un MRG qui étale son « sarkozisme » d’une manière « politichienne » peu conforme avec la rose au poing, à moins que la rose n’ait que des épines et que le poing n’est plus de valeur symbolique ? Le temps presse ! Vendredi, les dépôts de candidatures pour les Législatives, ce sera terminé… 32 circonscription « offertes », ce n’est pas rien dans les rapports de forces actuels !

medium_hollande_7.jpg

En attendant, six des neuf députés radicaux de gauche dénoncent l'annonce faite par Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), de se rapprocher du Parti radical (associé à l'UMP) que co-préside Jean-Louis Borloo.

medium_baylet_3.jpg

Simultanément, une quinzaine de responsables du parti estiment que "l'aventure individuelle" de Jean-Michel Baylet menace gravement l'unité du parti et réclament la tenue avant le week-end d'un comité directeur exceptionnel. C’est la moindre des choses…"Aucun flou ne saurait perdurer quant aux intentions des radicaux de gauche. Fidèles à la pensée de Pierre Mendès-France, ils rappellent leur refus de l'opportunisme dans la vie publique".

Cet appel est signé notamment par Thierry Braillard, vice-président du PRG et maire adjoint de Lyon, Eric Montes, secrétaire général adjoint, et neuf présidents de fédération régionale ou départementale.

Les six députés déclarent pour leur part, dans un communiqué, qu'ils "désapprouvent" les déclarations du sénateur du Tarn-et-Garonne et rappellent que le PRG a "activement participé dès le premier tour à la campagne de Ségolène Royal" pour le scrutin présidentiel. Activement ? pas sûr…Pas partout en tous cas !

Ils "entendent évidemment demeurer fidèles" à "l'engagement à gauche des élus et des militants" du PRG qui "est indiscutable".

medium_schwartzenberg.jpg

Les six députés sont Gérard Charasse, Joël Giraud, François Huwart, Chantal Robin-Rodrigo, Roger-Gérard Schwartzenberg (photo) et Emile Zuccarelli. Christiane Taubira, députée de la Guyane, n'a pu être jointe, a précisé l'un des signataires. Dommage : la Guyane, c’est loin. Et c’est elle, sans aucun doute, qui a plus mouillé son chemisier en faveur de Ségolène, en dépit de l’aigreur légitime qu’elle pouvait ressentir.

Roger-Gérard Schwartzenberg a pour sa part affirmé, dans un autre communiqué publié que "le radicalisme n'est pas un centrisme" : "C'est un courant essentiel et fondateur de la gauche. Le MRG a précisément été créé en 1972 pour marquer cet ancrage à gauche et pour incarner une alliance privilégiée avec le PS".

14/05/2007

Les batailles internes de Solferino (suite): Hollande très gauche fusillé par DSK très mordant

Gauche : maladroit. En physique : se dit de ce qui n'est pas droit ou plan du fait d'une torsion. En métallurgie : pièce qui subit une torsion. En politique : l'ensemble des partis situés à gauche sur un échiquier politique et qui siègent à gauche à l'Assemblée. Et dans l’esprit de François Hollande ? Mystère… Le PS va organiser des Assises après les Législatives pour regrouper toute la gauche (« les gauches » a-il- même dit). Fini le « socialisme » ? Mais c’est quoi le « socialisme » aujourd’hui, e France ?

medium_dsk_hollande.jpg

Définition Wikipédia : « Le socialisme est un ensemble de courants, dont les premiers sont apparus au cours du XIXe siècle. Ils combattent l'individualisme ; défendent les notions d'égalité, d'égalitarisme et de solidarité. Il s'agit selon ses tenants de procéder à « l'abolition du gouvernement politique des hommes par d'autres hommes » et de « passer à une administration des choses par les hommes eux mêmes ». Le socialisme est ainsi un projet à la fois économique (collectivisme économique, autogestion, économie mixte), social (égalité), et politique (démocratie).

Aujourd'hui, le socialisme désigne de manière très vaste et très générale tous ceux qui prônent le changement de l'organisation sociale dans une perspective de justice sociale : ce sont aussi bien les marxistes, que les anarchistes et que les sociaux-démocrates. Ces courants sont opposés sur des sujets fondamentaux (pour ou contre l’État, pour le parlementarisme ou la démocratie directe, etc). »

Définition de François Hollande : "Il faut que nous fassions l'effort, les socialistes, de dire 'maintenant nous allons discuter' (...), mais il faut le faire sur une ligne politique", a-t-il insisté. Cette "ligne" ne saurait être sociale-démocrate, comme le propose Dominique Strauss-Kahn. La social-démocratie est "un modèle assez vieillissant, c'est un vocabulaire qu'on utilisait dans les années 70 ou 80", a-t-il dit. Quant au "social-libéralisme", il "est peut-être déjà passé de mode". "Il faut inventer", a lancé M. Hollande.

Inventer, c’est ce qu’a fait Bayrou avec sa social-économie et sa démocratie sociale. Le PS va-t-il lui piquer ses idées? Le Béarnais est déjà, incontestablement, le responsable politique le plus plagié de l’année. Par Sarko et par Ségo… Pas mal pour quelqu’un qui a été dénoncé pour son « programme creux » ! Bayrou rénovateur de la gauche, indirectement? Hollande déjà le le classe plus "à droite" avec mépris... et reconnaït que le Centre central existe. Nous voici loin déjà de l'avant-premier tour...

Les projets de Hollande font  bondir Dominique Strauss-Kahn : "Savoir si on change de parti, de nom, cela ne change rien. Ce sont les idées qui sont en cause, c'est le fait que nous n'avons pas attiré les Français (...). On ne résout pas les problèmes par des manœuvres  institutionnelles."(…) "C'est un aveu (...) Cela veut dire qu'on n'est plus un grand parti de la gauche",

DSK insiste : "Le Parti socialiste (...) a été incapable de se renouveler'', dit-il en pointant François Hollande comme "le responsable principal''. Voilà qui est clair ! Voilà surtout qui entretient une belle unité en vue des Législatives… « Chut » : c’est le mot d’ordre officiel chez les éléphants. Mais comme dit la chanson : Cà trompe énormément . PS, Parti à Sauver! 

Dans trans Europe Express

François Hollande : Défense et illustration verbeuse d’un constat d’échec et… un appétit d’ogre pour l’avenir.

medium_hollande_3.4.jpg

Pathétique, François Hollande ! Verbeux comme tous ceux qui, en fait, n’ont rien à dire… Mauvais avocat et exécrable procureur, il esquive les questions pertinentes, se réfugie derrière des phrases préfabriquées et trop entendues. Il est le Chef, donc il est le rassembleur, le docteur ès synthèse, le champion de « l’unité », le Monsieur Grand écart du parti, le gardien du Temple des « camarades » sclérosés. Et il redit en 2007 ce qui a été dit … en 2002 : démonstration des cinq ans  perdus par des héritiers bien maladroits de Mitterrand ! « Trans Europe Express » a été une heure de vérité ce soir… Pauvre Hollande !

Bayrou transformé en poule au pot ?

Au passage : une confirmation… qui mérite méditation. Le PS veut, après les législatives, se réformer en profondeur en tentant de faire à gauche ce que l’UMP a réussi à droite, en « mangeant » tout ce qui occupe le terrain.  Du Centre (Bayrou transformé en poule au pot, si possible !) à l’extrême gauche (avec un PC réduit au dépôt de bilan et une ultra-gauche anti-libérale convertie au…libéralisme, peut-être). Belle perspective...pour redonner le moral à des troupes qui ont leur militantisme dans les chaussettes! 

Hollande compte d’ailleurs sur les Législatives pour renforcer la bi-polarisation du système et faire de la Citadelle PS un grand « Mouvement des gauches» moderne. Sans lui ou avec lui? Dix ans, çà suffit, sans doute... Mais il l’a dit : il ne s’agit là que d’ « échafaudages »...

12/05/2007

Un grand corps vraiment malade : Le PS…

"La gauche qui agit, la gauche qui protège"... Une gauche qui ne sait plus qui est elle!

medium_ségo_ps.jpg

Pour ses premières retrouvailles post-défaite, le PS va s'efforcer de mettre un couvercle sur ses tensions pour éviter de se retrouver avec une "chambre bleu horizon" en juin. Mais nous voici loin de « l’union fait la force » :l’unité de façade fait la faiblesse. Et l’hypocrisie érigée en vertu (amorale) politique n’est pas faîte pour recouvrer une crédibilité bien rongée…

Selon les stratèges du PS, le parti pourrait sauver les meubles et conserver de l'ordre de 135 députés, contre 149 actuellement. Un sondage BVA-Orange publié jeudi lui en promettait entre 158 et 200 sur 555 sièges en métropole. Dimanche, Ségolène Royal est arrivée en tête dans 191 circonscriptions. Ce qui en soit est un véritable exploit. Comme son score final, à bien y réfléchir. Certaines de ses prières ont dû être exaucées. D'ailleurs, elle n'a jamais parlé de "défaite", elle... Et son sourire ne la quitte plus depuis dimanche! Comme si la prise de Solférino (qui reste à faire) valait plus et mieux que le ratge de l'Elysée!

Pour cette bataille, le PS pourrait prendre pour slogan « La gauche qui agit, la gauche qui protège ». On en sourit d’avance. Elle agit comment et elle protège qui, cette « gauche » qui ne sait plus qui elle est etce qu'elle est? 

medium_royal_hollande.2.jpg

Cet après-midi, Le PS doit dévoiler un projet intitulé « Face à la droite, des réponses de gauche », en quatre pages et quatre chapitres: « Travailler mieux et travailler tous »; « protéger le présent et préparer l'avenir »; « réorienter l'Europe pour peser dans la mondialisation »; et « démocratiser et renouveler notre République ».Du bon bricolage…Un bel effort de « synthèse ». Plus pathétique que convaincante.

C'est François Hollande qui, officiellement, conduira la campagne. Il sera épaulé par un « collectif » composé de la direction du PS. Mais le Premier secrétaire devra composer avec sa compagne et Dominique Strauss-Kahn, peu décidés à jouer les seconds rôles et tous deux « disponibles ». Comme d’autres, d’ailleurs

Dans l'entourage de DSK, on fait état de « plus de 200 » invitations locales. « Je croule sous les demandes », a assuré Ségolène Royal.

Une « très grave défaite » : « Retour à la pensée… 69 »

medium_dsk_8.jpg


Pas question, en façade, de se diviser. Langue de bois et pommade... La gauche désunie se veut à elle seule Union de la gauche! Ainsi, DSK s'est défendu d'avoir voulu « attaquer » la candidate en évoquant dès dimanche soir une « très grave défaite ». Tout en ajoutant: « On pouvait l'emporter »…

Mais reste l’essentiel : Il a cogné, DSK. Et il a pris date…En affirmant que « tout doit être remis à plat, tout doit être reconsidéré » sans « tabou » pour reconstruire la gauche, qui doit dès maintenant offrir le visage d' »une gauche efficace, d'une gauche crédible, d'une gauche concrète »(…)  « Nous vivons aujourd'hui la situation que vivait la gauche en 1969 » après son élimination au 1er tour de la présidentielle et avant la naissance du Parti socialiste en 1971, a déclaré le député du Val d'Oise…

Piquée au vif, l'élue de Poitou-Charentes a répliqué en pointant la « férocité d'un certain nombre d'attaques » (cela est devenu une habitude, chez elle). « Je ne veux pas de guerre des chefs au PS », a-t-elle lancé, se posant en rassembleuse. « Je serai bien sûr très présente pour continuer le mouvement qui s'est déclenché lors de cette élection présidentielle, c'est évident. De quelle façon, nous verrons ça le moment venu. Je ne m'interdis rien »… De quoi faire peur…

Fabius, qui s’autocensure avec impudeur, veut lui aussi une « rénovation », mais « sans droitisation ». Qu’est-ce que cela veut dire exactement dans l’esprit de ce briseur d’Europe politique et ce fossoyeur d’une Europe (enfin) constituée?

medium_Attali.jpg

Dernier « penseur » de gauche très sévère avec le PS : Jacques Attali. Lui aussi, il cogne.  Sur son blog, il ne ménage pas ses critiques. Et l’unité de façade affichée  en public par les 300 ditrigeants du PS en quête d'un vrai chef, ne provoque chez lui aucune illusion

Plus qu’un regret : un procès !  « La gauche française aurait du gagner ces élections présidentielles : Un président sortant impopulaire ; un bilan peu flatteur d’une majorité de droite à bout de course ; un pays  vieillissant  désireux de maintenir la protection sociale;   une jeunesse désireuse de réussir l’intégration des minorités et de lutter contre les scandaleux privilèges des plus riches ; un candidat de droite qui ne se cache pas de l’être.Et pourtant la gauche a perdu. Exactement pour les mêmes raisons : Elle n’a pas su proposer un programme clairement de gauche ».

medium_segolene_ex_voto.3.jpg

 Essai de définition, en creux : la gauche, ce n’est pas «  une gauche des mots, du populisme et du maintien des privilèges de quelques uns des salariés : cette gauche-là coule avec le parti communiste et les archéo-socialistes . Mais une gauche moderne, capable de penser le monde,  de mettre à profit le progrès technique, de repenser la justice sociale en se fondant sur un principe simple : la fonction de la gauche est de donner une place plus grande à la démocratie face au marché. Et pour cela, capable de mettre en avant trois priorités : la gratuité, le savoir et la responsabilité. Avec un programme précis, détaillé, cohérent, ambitieux, sur tous les sujets ».
Un pronostic : « La gauche pourrait encore gagner les élections législatives, si elle avait un programme de ce genre, et si elle avait un candidat à la direction du gouvernement, en cas de victoire. Elle n’a ni l’un ni l’autre. Et, à écouter la façon dont elle s’entre-déchire, sur des faux débats, sur des querelles de personnes, elle laissera encore passer sa chance. On va voir triompher des faux maîtres à penser, expliquant que la France doit renoncer à être elle-même, qu'elle doit se couler dans la mondialisation  libérale, qu'elle n'a plus son mot à dire dans la pensée du monde…Quel gâchis….. »

medium_ps.3.jpg

 Qui plus est, sauf surprises de dernière minute : les candidat PS aux Législatives ne traduisent ni un changement de génération ni une promesse de régénération !  « Epinay, c’est obsolète », affirme Julien Dray. C’est caduc depuis longtemps ! Mais qu’est-ce que les socialistes vont mettre  à la place, avec qui et comment ? Questions d’idéologie, de stratégie, d’alliances et de leadership : Tout est effectivement à « remettre à plat ». Mais voilà cinq ans que cela aurait dû être fait. Le PS, grand corps malade…"Tout est possible": c'est avec de ses vieux slogans oubliés que Sarkozy a gagné. Pour une belle revanche de la droite contre "l'esprit de mai.. 81"

Daniel RIOT

13/01/2007

Leçons de la « Fiscacophonie » et du « confusionitude » chez les socialistes

L’UMP s’en donne à cœur joie : les poignées de sel et de poivre que François Hollande promet de rajouter à des impôts déjà très épicés rendent l’un des plats de résistance du PS très indigeste… et impopulaires. Royal en a bien conscience (sans avoir besoin d’attendre les sondages) : elle coupe la chique à son compagnon , fait quelques vagues promesses sur le non-augmentation des prélèvements obligatoires (que tous les gouvernements de ces 30 dernières années tentent de diminuer en vain)  et confie à DSK,  une « mission » d’études et de propositions."Fiscacophonie", lance l'UMP!

Leçon n°1 : même une vie commune ne fait pas un programme commun. Mais comme écrivait Thomas d’Aquin, « la concorde ne naît pas de l’identité des pensées, mais de l’identité des volontés »

Là, elle a raison : Dominique le battu en interne est le plus crédible des socialistes en externe… Mais il est déjà trop tard pour les regrets : « gravitude » !

medium_sego_et_francois.5.jpg

Leçon du  n° 2 : le projet du PS est tellement «synthétique » que le programme de Royal reste à élaborer. C’est illogique, bien sûr. Mais c’est cela la « poeple-politique » ! L’image avant le texte. La forme avant le fond. Le paraître avant l’être. Mais nous saurons tout « le moment venu »… Avant le premier tour, j’espère…

La joie non cachée (et c’est bien normal) de l’UMP entraîne tout de même quelques débordements : là où Hollande comptabilise 200 000 contribuables concernés, l’élégant Jean-François  Coppé et la séduisante Valéry Pécresse en comptent plus de 1,2 millions… Une différence qui change tout, évidemment. S’ils ont raison, ce sont (encore) les classes moyennes (déjà surtaxées) qui prendraient encore un coup sur la tête.

Leçon n° 3: Les fiscalistes devraient se faire encadrer par des sociologues. Le responsable politique, dit justement Pisani, est comme un médecin généraliste. Il s’occupe de tout l’organisme, non d’un seul organe ». Globalitude.  

Qui a raison, qui a tort dans cette querelle de chiffres ? Des experts situent la réalité autour de 500 000 contribuables… Mais cette estimation est-elle plus crédible que les deux autres ?

Leçon n° 4 : les politiques (du PS et de l’UMP) ne savent toujours pas s’appuyer sur des données incontestables et continuent à annoncer des mesures sans en voir toutes les conséquences. Il faut rajouter des matières essentielles au programme de l’ENA et de Polytechnique. Médiocritude dans l’élititude » ?  « Le réformateur doit préparer, expliquer, susciter des autoréformes », dit Pisani, « gaullien » et « socialiste ». « On ne réforme pas contre mais pour ».

Je cite Pisani, mais le PS d’aujourd’hui, au « socialisme » indéfinissable,  n’est guère sensible à son sens de l’Etat.  « Il est inclassable et insupportable »  a dit de lui, par exemple,  Claude Estier... Il est vrai que pour Pisani, le Pouvoir est d’abord un moyen de servir le « Bien commun » et d’agir au présent dans une perspective d’avenir.

Leçon n° 5 : le PS paye aujourd’hui la facture d’une carence. Il n’a pas tirer parti de son passage dans l’opposition pour se réformer lui-même. Les jeux internes lui  ont fait oublier les enjeux externes. Dommage.

Bayrou n’a pas fait la même erreur. Tant mieux… Même si l’opinion (plus sensible, dans sa majorité,  au faire-savoir qu’au savoir-faire) ne le comprend pas (encore) suffisamment : ce sont les remises en causes qui permettent de servir au mieux les grandes causes. « Réformer, c’est se redéfinir », redirait Pisani…

Daniel RIOT

19/12/2006

Hollande : "Sarkozy découvre qu'il y a des pauvres"

Hollande a raison: Sarkozy dans les Ardennes, ce fut le discours de la honte, des promesses à la gomme, de la démagogie la plus accomplie et des promesses les plus hypocrites. Mais Ségolène Royal ne joue-t-elle pas dans le même registre? Et le PS n'est-il pas co-responsable de la situation sociale  actuelle? Sarko-Ségo, c'est l'héritage Chirac-Jospin: c'est un fait. Entre une gauche maladroite et une droite très gauche, la France doit choiisr "autre chose", quelqu'un d'autre. Le vrai choix c'est celui qui oppose Bayrou et Le Pen. Une autre façon d'assumer la République...

 

François Hollande

François Hollande (c) AP

"Nicolas Sarkozy découvre qu'il y a des pauvres aujourd'hui" alors qu'"il est au pouvoir depuis près de cinq ans" et fait les "mêmes promesses" que Jacques Chirac en 1995 sur la fracture sociale, a déploré François Hollande, mardi 19 décembre, au lendemain du discours du président de l'UMP sur "la France qui souffre".
Le patron du PS a particulièrement critiqué la promesse faite par le ministre-candidat qu'il n'y ait plus de SDF d'ici à deux ans s'il était élu chef de l'Etat. "Nicolas Sarkozy découvre qu'il y a des pauvres aujourd'hui. Il découvre que le pays va mal, qu'il y a des Français qui souffrent et il est au pouvoir depuis près de cinq ans", a dénoncé François Hollande dans les couloirs de l'Assemblée.

C'est "un candidat libéral"

"Pour Nicolas Sarkozy, la France qui souffre, c'est celle des privilégiés, pas celle des salariés qui se lèvent tôt le matin", a-t-il accusé, rappelant que le projet électoral de l'UMP prévoit "la suppression de l'impôt sur les successions pour les plus riches" ou encore "la réforme de l'impôt sur la fortune".

C'est "un candidat de droite, libéral, qui veut être encore plus à droite que Jacques Chirac. Il ne nous fera pas croire qu'il peut avoir une politique sociale, sinon nous l'aurions déjà vue", a-t-il ironisé.
Pour le N°1 du PS, Nicolas Sarkozy puise ses idées dans les discours de candidats de Jacques Chirac en 1995 et Lionel Jospin en 2002 (qui avait fait du "zéro SDF" un de ses engagements). "Il nous fait encore des promesses, les mêmes que Jacques Chirac en 1995. Il n'appelle plus ça la fracture, mais la rupture. Franchement, on a l'impression d'avoir déjà vu le film", a-t-il moqué, "je ne pense pas que les Français se laisseront une nouvelle fois abuser".

Agir tout de suite

Mettant le ministre de l'Intérieur au défi, François Hollande l'a sommé de profiter des derniers mois avant les élections pour débloquer "les moyens nécessaires pour qu'il n'y ait plus personne qui dorme la nuit dehors". "Il s'agit tout de suite de dégager les crédits indispensables pour qu'il y ait des logements d'urgence", a-t-il exhorté. "Quand on est aux responsabilités du pays, la première responsabilité c'est d'agir

Sur ce point, Hollande joue sur du velours: Sarkozy c'est la négation du pouvoir de faire "ici et maintenant" en échange de promesses (vagues) pour un demain qui est plus riche d'incertitudes que de certitudes. Pourquoio réussirait-il, là où il a échoué? Mais si chacun s'accorde à dénoncer les "carences" et les "échecs" depuis 25 ans, c'est que la gauche n'a pas été meillure que la droite... 2006 moins 25ans, cela donne 1981. C'est Giscard qui doit en trouver une consolation. N'est-ce pas lui qui disait que "La france aspire à être gouvernée au Centre"? Ce n'est pas parce qu'il a eu raison trop tôt que Bayrou a raison trop tard....

07/11/2006

Carnet de campagne: Bayrou face aux déficits

Le lion de Belfort dans la course

>>>Plus radical que les radicaux, JPC! Moins malléable que Taubirat surtout. Il se présente aux présidentielles. Tant pis pour les socialistes  qui n’ont toujours pas digéré son 5,33 % du premier tour en 2002. Tant pis si sa présence dans la course va faire le jeu d’autres forces… « Oui, j'ai pris la décision d'être candidat à la présidence de la République", a déclaré Jean-Pierre Chevènement, sur TF1. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) : « Cette décision s'est imposée à moi progressivement et avec la force de l'évidence. » (…) « Notre pays va mal, on a l'impression que la France fout le camp », a ajouté le maire de Belfort, citant "Thomson, Pechiney, Arcelor" ou encore "les délocalisations industrielles, avec ces employés qu'on licencie".

Interrogée à chaud sur l'annonce de Jean-Pierre Chevènement, Ségolène Royal a répondu, sur France 2 qu'elle avait "beaucoup de respect" pour lui et l'avait "toujours soutenu dans sa démarche concernant l'encadrement des jeunes" :  "Je souhaite bien entendu que le moment venu, si je suis désignée, il puisse me rejoindre"…

Mais le Lion de Belfort se dit prêt à aller « jusqu’au bout » : « le projet socialiste est faible ou ambigu sur bien des points ».

medium_chevenement.2.jpg

 

 

 

La « stupidité » de Ségolène

>>> Michel Rocard n'a pas mâché ses mots contre Ségolène…. Il a déclaré que les jurys populaires, qu’elle propose  "confinent à la stupidité".Dans une interview à Sens public, une revue électronique, Michel Rocard souligne qu'il est "dangereux de court-circuiter les élus"."On a déjà assez de mal à faire valoir les élections, les comptes-rendus de mandats, et autres dispositifs, rajouter une autre surveillance diminuera la mobilisation des électeurs"(…)Pour lui, instituer des jurys-citoyens, serait « faire peser sur les élus des pulsions instantanées via la démocratie directe, alors que la démocratie représentative sert à amortir les chocs » : « Cette fonction-là doit être préservée. Il faut prendre de la distance, la représentation sert à cela".

Ushuaïa, le « brise glace »

>>> La « chasse au Hulot » continue… Laurent Fabius, au cas où il serait élu à l'Elysée, a déjà prévu le poste : vice-premier ministre en charge de l'Environnement. Avec un titulaire : Nicolas Hulot, «ferait un excellent numéro deux de mon gouvernement». «Si Nicolas Hulot acceptait, ce serait un bon choix». Dominique Voynet, elle, en veut bien aussi de Nicolas: la candidate des Verts a appelé sur Canal + Nicolas Hulot à «travailler avec elle» afin que «l'écologie pèse dans la campagne» présidentielle de 2007. Pour Dominique Voynet, le présentateur d'Ushuaïa est «légitime pour alerter» car «les gens l'écoutent».

Mais l'ex-ministre de l'Environnement, de bonne guerre, n'apprécie guère l'idée d'une candidature de Nicolas Hulot, qui, s'il représente «un excellent brise-glace», n'a «pas eu à se coltiner la réalité, la confrontation avec les lobbies et finalement le choc avec les intérêts au sein de la société».

Même préoccupation chez Hollande : François estime que si l'«intervention» de l'animateur «est nécessaire» dans le débat présidentiel, car elle «secoue le débat», sa candidature «n'est pas utile». Le patron du Parti socialiste n'a donc pas tardé pour torpiller l'initiative fabiusienne, sur RMC Info, rappelant qu'il y a avait déjà des candidats écologistes, Dominique Voynet, candidate des Verts, et Corinne Lepage, présidente de Cap 21. Et qu'«il valait mieux éviter de faire des nominations avant l'heure». Dans les etats-majors ont un peu peur de l'influence que pourraient avoir le charisme, et la popularité de Hulot ainsi que la force du réseaau de sa Fondation

C’est aujourd’hui que  Nicolas Hulot doit présenter un «pacte pour l'écologie» censé interpeller les candidats à la présidentielle sur l'environnement.

medium_hollande_3.jpg

Hollande, le « garant »

>>> François Hollande ne croit «  pas utile » de dire son choix.  « L'essentiel, pour le premier secrétaire du PS, c'est de rassembler. Ma responsabilité est de tout faire pour que le vote des militants puisse être clair, transparent et respectueux. J'ai donc veillé à être le garant de la procédure ­ le débat ­, de sa conduite ­ le respect ­ et de sa conclusion ­ le rassemblement. Personne ne peut contester l'impartialité dont j'ai fait preuve. Enfin, je fais toute confiance aux adhérents du PS. Ils savent ce qu'ils ont à faire. Et ils le feront les yeux ouverts pour que le vote du 16, et si nécessaire du 23, soit fondateur’ ». En revanche, il n’a pas apprécié que ségolène soit « chahutée »…« J'ai été affligé par les quelques débordements intervenus au Zénith. Je ne veux pas d'un parti de supporteurs, de porteurs de pancartes ou de lanceurs de confettis. Cela vaut pour tout le monde. Siffler un socialiste est un comportement absurde : notre candidat doit sortir grandi de la primaire, pas amoindri ! Aucun débordement de cette nature ne doit se reproduire ».

« Quel sera votre rôle dans cette campagne ? », lui demande LIBERATION 

« Je revendique le premier rôle pour le Parti socialiste lui-même. Car l'intérêt du candidat et les conditions de la victoire en 2007 passent par le respect de ce que représente le PS. Le vote d'investiture sera un contrat passé entre le parti et son candidat, pas une délégation ou un transfert de responsabilité. J'ai trop le souvenir de 2002, quand le parti a été plus spectateur qu'acteur. Pour ne pas reproduire ce schéma ­ dont je porte une part de responsabilité ­, le PS devra être au coeur de la campagne présidentielle. Après s'être puissamment renouvelé, avec plus de 70 000 nouveaux adhérents, ce serait plus qu'une faute de le laisser de côté. Au lendemain de la désignation du candidat, nous lancerons d'ailleurs une campagne d'adhésion : les adhérents de la campagne, en attendant les adhérents de la victoire. Il faut que le parti grossisse, s'élargisse à d'autres couches sociales ».

L’économie selon l’UDF

>>> Réaliste, François Bayrou. Dans « Les Echos » estime qu'il faut faire la « guerre aux déficits et à la dette ». Il a déclaré : « Vous devez écrire en lettres d'or ces deux nécessités: guerre aux déficits et à la dette et en même temps, investissement dans l'avenir, dans la connaissance et dans la solidarité »…Soulignant que « la dépense publique excède de près de 20% la recette", le futur candidat centriste à la présidentielle estime qu'"il faut que nous diminuions ce déficit de près de moitié les trois premières années pour stabiliser durablement la dette (…) Et si nos dépenses et nos décisions servent la croissance, alors la croissance nous remettra à flots »

>>> François Bayrou se prononce aussi pour un « encouragement puissant à la recherche ».
 « Il y a quelques années, l'Irlande a proposé des exemptions fiscales pour les écrivains. Je propose la même démarche pour les auteurs de brevets, dès l'instant qu'ils vivraient en France ou y reviendraient », dit-il. Afin d'encourager la création d'entreprise, « nous devons moduler l'impôt sur les sociétés dans le temps, en exonérant les premiers exercices bénéficiaires, ou les bénéfices réinvestis dans l'entreprise au début de sa vie », estime-t-il.Le président de l'UDF réitère par ailleurs ses critiques concernant l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), et se dit « déterminé à proposer une réforme de cet impôt, qui en fera un prélèvement sur le patrimoine, à base large, sans les multiples exemptions qui permettent d'y échapper, mais à taux léger ». François Bayrou organise mercredi et jeudi au siège de son parti à Paris un colloque sur l'économie.

30/10/2006

Carnet de campagne: Vous avez dit "responsable?"

L’utilisation politicienne des tragédies que connaissent quelques banlieues est à la fois pathétique, ridicule et insultante pour les victimes. Les derniers échanges UMP-PS par média interposés crèvent le plafond de la décence. Après « on » accusera les journalistes de mettre de l’huile sur le feu… Comme si les médias étaient responsables d’images qui ne sont pas truquées, de réalités qu’ils ne sont pas inventées et de rapports des RG inquiétants qu’ils n’ont pas écrit. Nous devrions plutôt écouter les exhortations de Abd Al Malik et de quelques  autres qui réclament une « union nationale »,  un vrai « plan Marshall » et de nouvelles méthodes dans ces quartiers dont le habitants les premières victimes des violences et des délinquances. Vous avez dit « irresponsable » ?

medium_hollande.4.jpgFrançois Hollande est un "irresponsable à temps complet", a répondu le porte-parole de l'UMP, Luc Chatel en réponse à l'accusation du premier secrétaire du Parti socialiste, qui avait accusé Nicols Sarkozy d'être "un ministre à temps partiel, par éclipses"."Voir ceux qui ont d'abord commencé par nier l'insécurité dans notre pays (...) exploiter tragiquement cet acte criminel nous paraît profondément indigne et profondément irresponsable", a ajouté Luc Chatel … en oubliant que l’UMP est au pouvoir depuis 2002. Et que les responsabilités s’assument au présent.

Nicolas Sarkozy est un "ministre à temps partiel", avait lancé François Hollande, dimanche, accusant le ministre de l'Intérieur et le gouvernement de ne pas avoir tenu les promesses un an après la crise dans les banlieues. "C'est un ministre de la promesse, de la gesticulation. Pourquoi donc? Parce qu'il n'a pas le temps d'être ministre de l'Intérieur. Comment on peut être à la fois président de l'UMP, numéro deux du gouvernement, en campagne permanente (...) et en même temps à son ministère?", s'est interrogé le premier secrétaire du Parti socialiste sur Radio J. "On a un ministre de l'Intérieur à temps partiel, par éclipse. Il parle, mais il agit peu, il agit mal".

Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy "confond le ministère de l'Intérieur avec un QG électoral". Le numéro un du PS a dénoncé "cette confusion des genres, cette confusion des moyens, cette confusion des lieux".(…)"Maintenant il est imité par Michèle Alliot-Marie qui se déplace à l'étranger pour parler de sa propre candidature", a-t-il ajouté avant de demander "au président de la République de mettre son gouvernement au travail" et d'éviter "de donner des moyens à ses ministres pour faire une campagne qui doit être organisée par les partis et non pas par les moyens de l'Etat".

Sur les banlieues, François Hollande est un peu sorti des phrases-slogans mais sans proposer des mesures précises, cohérentes et qui s’inscrivent dans l’’efficacité et ka durée… "Tout ce qui avait été promis depuis un an n'a pas été tenu et il ne reste que des discours sécuritaires qui marquent aujourd'hui leurs limites"(…)"Quand (Nicolas Sarkozy) a enlevé des effectifs de police dans certains quartiers, quand il a cassé la police de proximité, lorsqu'il a lui-même provoqué verbalement un certain nombre de jeunes, oui, il a créé une situation de tension", a-t-il encore affirmé, estimant que le ministre de l'Intérieur ne pouvait plus aujourd'hui "s'en sortir, en annonçant un nouveau projet de loi" comme après l'agression d'un policier à Epinay. "On a moins besoin de loi que d'application de la loi, moins besoin d'effets d'annonce que de promesses tenues, moins besoin d'un ministre de l'Intérieur qui gesticule que d'un ministre de l'Intérieur qui agit", a martelé le chef du PS.

Au micro d'Europe-1, ce matin, Nicolas Sarkozy avait  lui aussi répondu à François Hollande. "C'est curieux de dire que je suis responsable de tout et en même temps ministre à temps partiel, si je suis ministre à temps partiel, c'est que ma responsabilité est aussi partielle", a affirmé le ministre de l'Intérieur, également président de l'UMP et candidat affiché à la présidence de la République en 2007. Quel sens des « bons » mots !

"François Hollande était le principal conseiller de Lionel Jospin, qui dirigeait le PS, qui était Premier ministre et qui était candidat à la présidentielle de 2002, et M. Hollande ça ne le dérangeait pas", a-t-il déclaré."Il y a ceux qui prennent leur responsabilités, j'essaye d'en être, et il y a ceux qui refusent de les assumer", a insisté le ministre de l'Intérieur en se moquant des divisions entre les trois candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007: "Heureusement que je suis là, c'est la seule chose qui les réunit"

Le ministre a de nouveau refusé d'indiquer la date de son départ du ministère de l'Intérieur, et s'est abstenu de préciser si la date du 14 janvier, à laquelle l'UMP devrait désigner son candidat à la présidentielle, sera également son dernier jour place Beauvau: "Je quitterai le ministère de l'Intérieur un jour, bien sûr, mais j'ai pris des responsabilités vis-à-vis des Français, celle d'assurer leur sécurité et de maîtriser l'immigration" :"J'assurerai ma responsabilité jusqu'au bout, tant qu'elle sera possible", Ce qui est sûr c’est que la « méthode Sarko » se traduit plus par des échecs que par des réussites

Pendant ce temps-là, un candidat rigole et amasse des intentions de vote sans rien dire, ou presque : Le Pen.

medium_sarkostique.JPGUn site anit-Sarko humoristique à découvrir

>>>>>>>>>>>>>>&...

18/10/2006

Le vaiqueur du premier débat télévisé des trois "candidats à la candidature" du PS : François Hollande...

« Alors ce débat ?

- J’ai raté le 3-O de Lyon en Ukraine pourvoir un 0-0-0 ! Et un match nul à trois… »

Propos de comptoir, autour du café du petit matin..... NON!

Les débats politiques sont toujours difficiles à organisés, surtout quand ils sont  médiatisés. Micros et caméras faussent tout. Mais il faut faire avec, ne serait-ce que parce que ces outils permettent de diffuser des idées que les réunions de préaux ne pouvaient pas assurer…

Mais que veulent les téléspectateurs ? Et que veulent les critiques de télévision ou les chroniqueurs politiques si prompts à critiquer tout et le contraire de tout ? Des foires d’empoignes, du catch politique, des combats de coqs ?

Aujourd’hui, dans le PAF dominé par l’Audimat,  c’est le règne de la « star académie » des aboyeurs, des bateleurs, et des faiseurs sur des plateaux TV transformés en « Arènes », dans des « talk shows » qui, à quelques belles exceptions près (comme Ripostes), sont des « téle-criées »  criardes. Avec schématisations, caricatures, surenchères, slogans.  Et dialogues de sourds.  

Le premier  « grand oral » du PS a été critiqué pour son coté formel, policé, téléguidé. Un décor de « Questions pour un champion » disent les plus indulgents.« Brejnévien », disent les plus méchants. « Avaient-ils répété leurs prestations avant le direct ? », questionnent les plus ironiques. « Des récitants, non des intervenants » Qu’aurait-on dit si les trois « acteurs » s’étaient livrés à une foire d’empoigne, comme tant sont programmées ?

Il ne s’agissait pas d’un débat ? C’est vrai. Une suite de monologues ne fait pas débat. Mais chacun a eu l’occasion de s’exprimer, dans son style.

Il ne s’agissait pas d’une émission journalistique ? C’est vrai. Mais le rôle des journalistes est à géométrie variable, en fonction des circonstances. Médiateurs ici ;  modérateurs, là,;  aiguillons, gratte-culs, questionneurs, voire inquisiteurs,  ailleurs. Passeurs d’idées et de témoins, toujours. Les deux journalistes des chaînes parlementaires n’ont pas à avoir honte de leur travail—de  ce travail journalistique si souvent confondu avec celui des animateurs…

Il ne s’agissait pas d’un spectacle ? C’est vrai et heureusement. La « politique-spectacle » fait assez de dégâts, comme « l’information-spectacle » d’ailleurs…  La démocratie passe par des débats qui impliquent une écoute, des réflexions. Et des efforts.  Elle n’est pas un divertissement.

Certains s’endorment ? « L’ennemi, c’est la pantoufle », redirait André Glucksmann. Qui plus est, l’écran de télé a un coté hypnotique qui est minimisé par les calculs de l’audimat…

D’autres s’ennuient ? Les démocrates grecs le constataient déjà : l’Agora n’est pas un terrain de jeu ou un cirque, et bien des citoyens ne supportent pas l’attention que les « grandes  questions » exigent.

medium_les_trois.jpg

>>> La forme de ce premier « grand oral » doit pouvoir être améliorée, mais jugeons-là en fonction de ce que devait être  cette « confrontation » : fournir aux militants du PS qui ont à faire un choix des éléments d’information et de perception, de réflexions raisonnantes et résonnantes d’un type nouveau.

>>> Sur le fond, qui a gagné ? N’étant pas militant PS, ce n’est pas à moi de le dire… « Le Parisien » titre sur « avantage DSK ». D’autres parlent de « match nul » ou de « partie blanche »… ce qui fait le jeu de Ségolène qui, dans cette « manche », ne partait pas favorite !  

>>> Au niveau des constats, chacun est apparu avec ses qualités et ses faiblesses.

*Fabius a visé son cœur de ce cible : les militants du PS. Le « projet » !

*DSK a confirmé qu’il était sans aucun doute le plus crédible en matière économique et sociale, au risque de souffrir des handicaps que d’autres ont connu avant lui, à droite comme à gauche (Barre, Rocard, Delors…) : la compétence ne fait pas la séduction.

*Ségolène a su pallier ses handicaps « théoriques » en matière économique en faisant référence à son expérience charentaise et en se plaçant, d’une façon bien distillée,  au-delà de  la « primaire »…. Elle mise visiblement sur « l’effet popularité » : elle sait qu’un militant a d’abord une envie, celle de gagner. L’esprit de compétition ne concerne pas que « l’élite »…Il y a en tout et pour tout ce que René Girard a si bien analysé : le « mimétisme de masse ». Les adversaires de Sarkozy à l’UMP n’ont-ils pas le même problème ?

>>> Au total, c’est François Hollande qui doit être à fois soulagé et satisfait après ce premier (faux-vrai) débat. Sa réaction est certainement la plus sincère et la plus justifiées de toutes celles (nombreuses) qui ont été enregistrées : « Le débat a été à l'honneur du parti socialiste, parce qu'il a été respectueux, qu'il a été clair sur les orientations et les conceptions de chacun et chacune, et qu'il a été de qualité, pour les trois protagonistes (…),Pour le PS, être capable de montrer qu'il a cette capacité, cette diversité et ces talents, c'est plutôt une chance »

De ce point de vue là : l’objectif a été atteint, en effet. S’il faut désigner un vainqueur à cette « prestation comparative », c’est le PS…

A droite, Devedjian le reconnaît implicitement d'ailleurs : après des remarques ironiques, des railleries, des ricanements sur le caractère « fastidieux » de ce « faux débat », il engage l’UMP à organiser des débats internes si plusieurs candidatures à la candidature se déclarent… En l’occurrence, c’est Le PS qui donne l’exemple. Opération réussie. Un essai à transformer, comme on dit en rugby…

04/10/2006

Confessions de Hollande en "aparté"....

>>>> PS C’est parti pour six semaines :….Le bras droit de Laurent Fabius, Claude Bartolone, frappe le premier :  la stratégie de Ségolène Royal "représente un danger pour la gauche, avec sa volonté d'essayer d'installer l'idée d'une démocratie d'opinion où on ne prend pas trop de positions précises",Avec une telle stratégie "on désespère une partie de l'électorat qui attend vraiment des signes tout à fait tangibles sur le pouvoir d'achat, sur le logement et sur ce qu'est la France. Voilà qui va encourager Sarkozy à  multiplier les sarcasmes contre le « vide sidéral » de la pensée de la mère des enfants de Hollande, ou Raffarin à soutenir que  Royal pourrait entraîner les Français dans une «spirale séduction-illusion-déception »

>>> Selon Libération, (article de Vanesa Schneider)  une partie des Chiraquiens « votent et « voteraient » Ségolène ! Je cite : «F ace à Nicolas Sarkozy, je voterai Ségolène Royal. Sans hésitation.» Pour la première fois, un ministre du gouvernement dit sans fard, mais sous couvert d'anonymat, ce que d'autres pensent à droite. A Sarkozy, «cet homme dangereux», ce chiraquo-villepiniste préfère la candidate à la candidature socialiste, «une femme qui n'est pas la femme d'un seul camp : elle est de gauche, mais issue d'une famille de droite, énarque mais provinciale, de parents catho, mais divorcés». Le même est persuadé que Jacques Chirac préférerait aussi voir la gauche gagner : «Parce qu'en cas d'ennuis judiciaires il aura moins de problèmes avec la gauche ; parce qu'il veut être l'homme de droite qui a gagné la présidentielle en dernier et, surtout, parce qu'il ne peut pas souffrir Sarkozy.»  «Si elle arrive à cacher qu'elle est une garce ­ ce que son physique l'aide à faire ­, elle a toutes ses chances», ajoute ce ministre, tout sourire »

 

medium_juppe.jpg>>> Juppé fait-il partie de ces UMP qui voteraient volontiers Ségolène.  Les journalistes qui suivent de près son retour à Bordeaux, Le « Juppé nouveau » pense à 2112, donc se place dans l’optique d’une défaite de Sarko… Cet été, Edouard Balladur avait prévenu le ministre de l'Intérieur : «Méfiez-vous, j'ai fait le calcul. Juppé a 61 ans, il peut encore se présenter en 2012.» 

 

>>> Confidences de François Hollande « en aparté »  sur Canal . Il se retirera de ses fonctions de premier sercrétaire du PS quelque  soit le résultat de la Présidentielle et des Législatives qui suivront : « Dix ans, çà suffit ! ». Et si Ségolène est élue, il ne se considèrera pas comme le « Premier Homme de France »

>>> « DSK y va gagner » Dominique Strauss-Kahn a eu une idée : surfer sur la vague du succès du tube de l'été : «Zidane y va marquer».Reprenant donc une musique qui part en fait d'une chanson de Salif Keita, déja détournée par les deux finauds qui ont eu l'idée de profiter du coup de boule de notre héros national, l'entourage de DSK en a fait un zouk -pour éviter les problèmes de droit- dont peut apprécier diversement les paroles. Le refrain: «A gauche, à gauche, à gauche, tout le monde à gauche, Strauss-Kahn y va gagner, la gauche elle va passer...».  Deux piques contre la droite : «Sarko nous fait flipper, il joue les justiciers», ou encore «Chichi est fatigué»...Ecoutez le lien.

>>> Quel va être l'impact des débats ? C’est la question-clef au PS… Les responsables du Parti (un « Parti plaisir », dit Hollande)  se sont mis d'accord. Six débats seront organisés avant le 16 novembre, trois sur les chaînes parlementaires, trois devant les militants en province. Le premier débat télévisé est programmé le 10 octobre sur le thème des questions économiques et sociales, le deuxième aura lieu le 17 octobre sur les questions de société, d'environnement et de démocratie, et le troisième le 7 novembre sur les questions internationales. Les trois autres débats, décentralisés, sont prévus le 19 octobre, le 26 et le 9 novembre. Aucun lieu n'a encore été défini. Les candidats seront interrogés sur les mêmes sujets.

 

03/10/2006

François Hollande : Une phrase trop sur la "candidature installée"?

Décidément, PS rime avec « sacrificiel ». Hier, c’est Lang qui se « sacrifiait ». Aujourd’hui, c’est Hollande qui avoue, dans Le Monde, que sa non-candidature à la candidature a été pour lui un « sacrifice »… Même au plus beau temps de la démocratie-chrétienne ou du communisme « rigoureux », l’esprit de sacrifice n’avait été autant mis en relief et érigé en vertu… 

 Dommage que cet « esprit de sacrifice » n’ait pas été celui de Fabius et de ses amis du Non après le « référendum interne » du PS sur le projet de Constitution pour l’Union européenne n’ait pas été aussi fort et répandu. Là, le parti pris des ambitions personnelles l’avait emporté sur l’esprit (et la discipline) de parti. Passons. Fabius y gagné une place en « finaliste » d’une primaire qui n’a pas fini d’avoir des effets secondaires…

medium_hollande.3.jpgExtraits de l’ITW de Hollande au Monde :

« Comme premier secrétaire, j'ai toujours veillé au rassemblement des socialistes et je n'ai jamais confondu ma responsabilité à la tête du parti avec la préparation d'une candidature. Celle-ci n'avait de sens que si elle permettait le rassemblement de tous, car je suis au service du PS, et pas l'inverse. Mon seul objectif, c'est la victoire de la gauche en 2007, pas mon destin personnel …

Cette décision vous a coûté ?

Bien sûr qu'on pense toujours être le mieux qualifié, le plus légitime. Moi-même je pensais en avoir fait la démonstration pour avoir redressé le PS après le 21 avril 2002, gagné les élections régionales et européennes de 2004, réussi la synthèse autour du projet ».

Ségolène Royal avait dit que vous prendriez votre décision en couple. Cela a-t-il été le cas ?

Non et cela n'avait pas à l'être. Il y a eu des discussions, comme avec d'autres. Mais j'ai toujours considéré que nous devions, elle et moi, chacun agir en responsabilité et en liberté.

S'effacer au profit de sa compagne, c'est moderne ?

Je ne me suis jamais posé la question ainsi. Je me détermine en fonction de ce que je crois être l'intérêt général. Je n'ai jamais fait prévaloir un choix individuel ou personnel. Il n'y a là ni bravoure ni humilité. »

Oh ! que c’est beau… Même si de mauvais esprits peuvent imaginer des scènes conjugales qui feraient les choux gras de cette presse « poeple » si en vogue…

Le problème, c’est que Hollande dans cette ITW-confidence au Monde fait une phrase de trop. Qui peut susciter des procès en suspicion de la part de bien des militants PS. Si les carottes sont cuites, si les jeux sont faits, pourquoi ces « primaires » et ce festival de « démocratie interne »?  

A la question  « Auriez-vous fait ce même choix si elle n'avait pas été en lice ? », il répond :  « Oui exactement le même. Il n'est pas lié aux personnes, mais au contexte. Une candidature s'est incontestablement installée. »

medium_le_trio_du_PS.2.jpgUne candidature « installée »… Qu’est-ce à dire ? Le constat qu’imposent les sondages ? En démocratie, « l’opinion compte forcément »… Pour Hollande, c’est « la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgi ». Soit. « Installé » a tout le même un sens volontaire sinon volontariste. Le mot sous-entend une volonté. Donc, en l’occurrence,  une ambition servie par une stratégie, une tactique. Et de belles complicités de réseaux.  Même si François Hollande ne confond pas  vie conjugale et vie du parti.

Une promesse de Hollande : «  J'appellerai au rassemblement des socialistes derrière celui ou celle qui sera désigné. Je ne ferai pas connaître mon choix durant la période où les militants devront faire le leur. Et j'interviendrai comme premier secrétaire si l'essentiel me paraît en cause. Mon rôle, c'est d'être le garant de la clarté du débat et du respect : respect des candidats, du projet, des adhérents et, j'insiste, respect de leur vote. La démocratie ne doit pas être une procédure, mais une propulsion. J'ajoute qu'il n'y a pas trois socialismes en débat, mais trois conceptions de l'action politique. Les trois candidats en compétition ont siégé dans le même gouvernement, signé parfois les mêmes motions de congrès derrière moi, et ils ont approuvé le même projet. Le rassemblement, après le vote, en sera facilité’. Et Hollande ne cache pas qu’il souhaite un « vote clair » dès le 16 novembre, date du premier tour de la consultation du PS.

Cette « candidature installée »  va-t-elle s’enraciner et s’imposer ? Hollande n’a pas eu à répondre à une question qui ne lui a pas été posée… Mais une chose est sûre, et c’est l’espoir de DSK et de Fabius,  Ségolène devra encore « tenir » un mois et demi, avec des débats de fond qui ne sont pas gagné d’avance. Et l’impérative nécessité de continuer à mener la course en tête… Course de haies et rallye anti-peaux de banane…

Une remarque, essentielle : les sondages sont forcément  plus volatiles (donc trompeurs) quand l’électorat est restreint, ce qui est le cas dans le cadre du PS, même si ce parti a raison d’être fier de ses 90 000 nouveaux adhérents… Attention aux renversements de tendance ! Les politologues n’ont pas une grande expérience de ce genre de choses. D’autant plus que les « sympathisants » ne comptent pas puisque  seuls les militants votent.

Indépendamment des personnalités en course, cette « primaire » sera très intéressante à suivre.

Sarko ne s’y trompe pas. Il y jouera un rôle d’ailleurs.  Indirectement.  N’a-t-il pas commencé ? Sa définition du clivage droite-gauche ne manque pas d’esprit : « Un leader de gauche proche du peuple est populaire, un leader de droite proche du peuple est populiste »… Il n’a pas tout à fait tort, non ? En tous cas, il existe un populisme de gauche : on l’a vu pendant la campagne sur le référendum « européen ». Et on le voit encore, y compris et surtout, à gauche du PS…

Tous les autres candidats à l’Elysée aussi seront très attentifs aux jeux (pardon aux débats) internes du PS. De  Le Pen,  qui n’a besoin de ne rien dire pour engranger des voix, aux leaders de l‘ultra-gauche, qui finissent par faire le jeu de la droite, en passant par les Verts, bien mal en point, et par Bayrou qui a le mérité de la cohérence, de la persévérance et de la combativité, même si au PS comme à l’UMP, on ne cherche qu’une chose ; l’ignorer, le minimiser, le marginaliser. Ce qui, pour lui, peut constituer une chance : celle d’incarner la vraie « rupture »…

Les conseillers en communication et les « nègres » des uns et des autres ont intérêt à affûter leurs crayons… Tout ne fait que commencer. Et le vrai scrutin, décisif, est encore bien lointain…  « Faites vos jeux, rien ne va plus »… La roue peut tourner vite. Rien ni personne n’est « installé »

26/09/2006

PS: Ce qui "sauve" François Hollande....

François Hollande, en 10 ans à la tête du PS, n’a pas réussi a assuré un « leadership »,  comme le font les dirigeants des partis socialistes dans les autres pays européens. L’aurait-il pu s’il l’avait voulu ? Pas sûr…

Avec ses « plusieurs gauches », sa forêt de « personnalités de premier plan », son armée de généraux en chef et ses aspirations programmatiques contradictoires, le PS reste un OPMI, un objet politique mal identifié…

En fait, François Hollande a bien du mérite, du courage et de l’intelligence…Sans lui, y aurait-il encore un PS ? Bien des « éléphants » devraient se poser la question. Bien des « crocodiles » aussi. Je ne le connais pas assez pour évaluer la dose de masochisme qui doit l’habiter, mais je l’ai assez fréquenté pour qu’il m’inspire un grand respect…

 

medium_hollande.jpgSes derniers coups de gueule contre quelques uns de ses « vrais »  et « faux » amis me renforcent dans ce sentiment…

 

>>>On le pousse à se présenter, à « renverser la   table », à remettre les pendules à zéro ?

 

"Je suis au service de mon parti, donc je ne peux être candidat que si tous ceux qui aujourd'hui postulent à la candidature disent 'c'est au premier secrétaire de faire son devoir'"(…)"Ma candidature n'aurait de sens que si tous les socialistes se rassemblaient autour d'elle. Soit il y a un rassemblement et c'est le premier secrétaire. (…) Soit il n'y a pas de rassemblement et c'est le vote des militants."(…)"Si au contraire chacun (...) dépose sa candidature, et bien je serai le garant de l'unité des socialistes".(…) "Il n'y a pas de suspense, il y a des règles. On me demande de les respecter, je les respecte", a-t-il souligné.

 

>>>On lui reproche de faire le jeu de sa compagne ?

 

"Je suis premier secrétaire du Parti socialiste. Je ne suis pas dans le socialisme familial (...) Je ne suis pas dans la relation personnelle ou l'avantage individuel", a-t-il dit .en revoyant dans les cordes  qui ne manque vraiment pas de toupet en lui donnant des « leçons » en matière de
 respect du vote militant En 2004, "il y a eu un vote au moment du traité constitutionnel européen. Les militants socialistes ont répondu (oui à) 60%. J'ai respecté le vote, pas Laurent Fabius . Donc qu'il ne vienne pas ici faire des leçons sur le respect du vote",

 



>>> On lui reproche de ne pas organiser suffisamment de débats entre les candidats à la candidature ?

 


 » Trois sont déjà prévus…On me dit: 'il faut en faire huit autres'. Ah bon? On va passer notre temps, nous les socialistes à débattre entre nous ?"(…)"Dans cette campagne interne, on est sûr qu'un socialiste va gagner puisqu'on est entre socialistes. Alors on peut continuer la bataille entre socialistes (...) mais le principal c'est quand même de battre la droite"

 

>>> On lui reproche de se laisser impressionner par les sondages ?

 

« Cela ne doit "pas être le critère déterminant mais en même temps ignorer l'opinion (...) c'est une façon curieuse de faire de la politique."(…)"Je regarde l'opinion, y compris pour ce qui concerne le jugement qu'elle porte sur moi", "Parce si on dit, 'il ne faut pas prendre la plus populaire', pourquoi pas ? Mais à ce moment-là, il faut prendre le moins populaire et là j'ai mes chances!"

 

C’est son sens de l’humour et son sens des responsabilités qui « sauvent » Hollande. Des qualités plus rares qu’on le croit….