16/11/2007
Pétition: AZZA doit rester en France
Auteur : Jean-Paul Fuin, jeanpaul@barlefestival.com
C'est le compagnon d'Azza, expulsable de France après 11 ans passés dans ce pays.
A l'attention de : Préfecture du Bas-Rhin
Azza vit depuis onze ans en France, à Strasbourg. Nous, ses amis, ses connaissances, nous opposons à son expulsion de notre pays. Où irait-elle?
Au long de toutes ces années, Azza a su faire preuve d'une capacité d'intégration inouïe. Elle est engagée dans la vie de sa ville, elle bénéficie d'un réseau de relations sociales... Nous tenons tous à elle. Azza a trouvé, avec Jean-Paul, l'amour en France. Nous ne comprenons pas qu'on sépare un homme et une femme qui s'aiment. Ne vivons-nous plus dans le pays des Droits de l'Homme? Nous demandons la régularisation d'Azza.
SIGNEZ LA PETITION >>>>>
Ou rendez-vous sur le site http://www.mesopinions.com et tapez "azza" dans le moteur de recherche. C'est aussi la "pétition de la semaine" du site.
20:50 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : immigration, petition, strasbourg, hortefeux, sarkozy
11/10/2007
Les "vents mauvais" français vus par Serge BILE
L’ADN des polygames...
TRIBUNE LIBRE DE RELATIO: Serge Bilé est journaliste, auteur de plusieurs ouvrages, dont le best-seller Noirs dans les camps nazis, en 2005. Il a également connu un succès avec son second livre La légende du sexe surdimensionné des Noirs, et publie, le 10 janvier prochain, un essai sur les grands empires soudanais du Moyen-âge. Passionné de musique, il vient d’achever une comédie musicale inspirée de la vie de Nelson Mandela, qui sera jouée aux Antilles et à Paris en avril 2008. Je reprends ici ce que j'ai publié sur RELATIO (en l'approuvant): sa réaction aux polémiques qui font rage en France sur l'utilisation de l'adn pour les regroupements famaliaux, sur les procès de la colonisation et sur les suites d'une partie du discours de Dakar de Sarkozy. Un discours que BHL n'est pas seul à juger "raciste"

A l’heure où la France cherche à réduire ses dépenses publiques, il est surprenant que ses députés et sénateurs gaspillent l’argent des contribuables dans un interminable débat sur le regroupement familial, dont on connaissait, par avance, l’issue. Car, que révèleront les tests ADN, qu’on ne sache déjà ? D’abord que « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire », d’où son retard ; ensuite qu’il reste, même loin de sa base, un indécrottable « polygame », d’où les émeutes en banlieues ; enfin que la violence est « culturelle » chez les Noirs, d’où leur incapacité à s’intégrer ; sans oublier qu’il y a « trop de Blacks chez les Bleus », d’où leur défaite à la dernière coupe du monde de football !
S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, avec les économies réalisées, enrichir la bibliothèque de l’assemblée nationale et du sénat, voire celle de la présidence de la république, de quelques ouvrages essentiels, pour les aider à combler leurs lacunes sur l’Afrique, dans la perspective des futures lois sur l’immigration qu’ils ne manqueront pas de voter à nouveau.

Ils auraient pu, ainsi, acquérir le récent livre de l’historien anglais Hugh Thomas, La Traite des Noirs, qui rappelle, opportunément, qu’au, Moyen-âge, donc bien avant l’esclavage et la colonisation qui l’ont affaiblie, « l’Afrique de l’ouest travaillait le fer et l’acier comme l’Europe au 13ème siècle avant l’utilisation de la force hydraulique », et que « la plupart des foyers africains avaient des couteaux, des épées, des haches et des houes de ce métal ». L’évidence même !
Ils auraient pu se procurer, également, les fameuses Descriptions de l'Afrique, du voyageur andalou Léon l’Africain, qui visita Tombouctou, en 1526, et s’enthousiasma pour cette cité florissante et moderne, traversée « par des canaux », servant à recevoir l’eau du fleuve Niger en cas de crue. Un tiers des 70 à 80.000 habitants de la ville était des étudiants « pleins d’ardeur pour la science et pour la vertu ».
Ils fréquentaient l’université de Sankoré, dont le niveau des enseignements n’avait rien à envier aux facultés de Cordoue, Damas, Grenade, ou du Caire, comme en témoigne la surprise d’un lettré arabe, arrivé de la Mecque pour occuper une chaire de droit. « Il se fixa à Tombouctou et trouva cette ville remplie d’une foule de jurisconsultes soudanais. Aussitôt qu’il s’aperçut que ceux-ci en savaient plus que lui en matière de droit, il partit pour Fez, s’y adonna à l’étude du droit, puis il revint se fixer de nouveau à Tombouctou ».
Faut-il, par ailleurs, rappeler, que L’Afrique noire connaissait, à cette époque, pas moins de… sept systèmes d’écritures qui, pour des raisons historiques, n’ont pas eu le développement de ceux des peuples asiatiques et européens : les écritures arako et nsibidi du Nigéria, giscandi du Kenya, ou encore mende de Sierra-Leone, pour ne citer qu’elles.
Faut-il, également, souligner, que c’est au Congo, que l’archéologue belge, Jean de Heinzelin de Braucourt, a découvert, en 1950, la plus ancienne calculette préhistorique, connue, aujourd’hui, sous le nom de bâton d’Ishango ? Il s’agit d’un petit os, datant de 20.000 ans av J.C., sur lequel figure une série de nombres, et qui prouve que les Africains maitrisaient les mathématiques bien avant tout le monde.
S’ils s’étaient dispensés de ce débat, ces parlementaires auraient pu, aussi, acheter et lire Voyages dans l’intérieur de l’Afrique de Mungo Park, cet aventurier écossais, qui sillonna le continent noir au xviiie siècle. Il a fourni de précieuses indications sur les connaissances médicales des « Nègres » qu’il rencontra, et qui se révélèrent « meilleurs chirurgiens que médecins », tant ils excellaient « dans le traitement des fractures et des dislocations », savaient guérir les fièvres, par des bains de vapeur, et soigner la cataracte.
La lecture de ces livres, et de quelques autres, montre bien que la période précoloniale fut, pour le continent noir, une période faste, marquée par un bouillonnement culturel, un développement économique et une stabilité politique, incarnés, notamment en Afrique de l’ouest, par trois grands empires, celui de Ghana, de Mali, et du Songhaï, qui égalaient, en puissance, leurs lointains voisins arabes et européens, avec lesquels ils entretenaient des relations suivies. Leurs monarques étaient, d’ailleurs, sur bien des plans, en avance sur leur temps :
>>>Soundiata Kéita fit adopter, au 13ème siècle, une charte des droits de l’homme et du citoyen, la fameuse charte de Kouroukan Fouga, dont l’article 16 stipulait, déjà, que « les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements ».
>>>Aboubekr II entreprit de traverser l’Atlantique et de rallier l’Amérique, bien avant Christophe Colomb, comme le rapporte l’auteur égyptien du 13ème siècle Al-Omary.
>>>Mohamed Aboubakr créa, dès le 16ème siècle, une armée de métier et un ministère de… l’intégration pour les étrangers, arabes et européens, qui venaient dans le pays.
Il y eut, justement, parmi ces étrangers, un voyageur français, du nom de René Caillié. En route pour Tombouctou, il fit une halte à Djenné, le 11 mars 1828, et découvrit, en même temps que l’hospitalité du lieu, l’histoire de cette île, dont le fondateur, le sultan Konboro, s’était converti à l’islam, au douzième siècle. Il avait, à cette occasion, demandé, expressément, aux oulémas, les docteurs de la loi, de prier Dieu d’accorder au moins deux choses à sa ville. La première : « Que, celui qui, chassé de son pays par l’indigence et la misère, viendrait habiter cette ville, y trouvât en échange, grâce à Dieu, abondance et richesse, de façon qu’il oubliât son ancienne ». Et la seconde, encore plus étonnante : « Que la ville fut peuplée d’un nombre d’étrangers supérieur à celui de ses nationaux ».
Ce n’est pas aujourd’hui qu’on entendrait ça !!!
Serge Bilé

22:59 Publié dans SELECTION RELATIO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rcisme, adn, sarkozy, politique, immigration, hortefeux, fance
09/10/2007
Fadela Amara a raison de dénoncer ce qui est « dégueulasse », mais pourquoi le fait-elle « en tant que » ? …
Elle a raison, Fadela Amara ! « L'ADN, je ne suis pas d'accord parce que je pense qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour notre pays » a-t-elle déclaré. « Je le dis aussi en tant que fille d'immigrés: y en a marre qu'on instrumentalise à chaque fois l'immigration, pour des raisons très précises. Je trouve ça dégueulasse! ».
Il n’y a qu’un morceau de phrase que l’on peut regretter dans ce jugement qui est d’abord un constat : « en tant que fille d’immigrés ». Moi, c’est en tant qu’homme, en tant que citoyen, en tant que personne, que je trouve « dégueulasses » l’instrumentalisation de l’immigration, l’usage sélectif de l’ « adn » pour les immigrés, les discours de « la plume » de Sarkozy, Henry Guaino, que BHL traite de « racistes ».
Quand cessera-t-on de mettre en avant des réflexions ethniques, des pensées biologiques, des explications génétiques ? Fedala, « ni pute ni soumise », soit, mais pas encore libérée de ces réflexes identitaires qui faussent les identités, de ces liens ombilicaux mal coupés, de ces « fille ou fils de… », de toutes ces références qui, au bout du compte, font le (mauvais) jeu de tous les Hortefeux de la planète.
« Cultive tes racines et plante-les dans les étoiles », Fadela. C’est un proverbe alsacien que je ne me lasse d’asséner et qui existe aussi en arabe… D’ailleurs, tu le dis toi-même : « Je ne veux pas qu'on définisse les gens en fonction de leurs origines, de leur religion. Créer des catégories de population c'est dangereux ». Alors ? Pourquoi se montrer ainsi prisonnière de sa « catégorie » ? Etre une femme (ou un homme) « libre », c’est se libérer de ce qui ne dépend pas de soi. On ne naît pas Personne, on le devient.
Cela dit, c’est bien de se proclamer « libre » et de le montrer dans ses propos, mais être en désaccord sur des questions de valeurs, donc de fond, avec le gouvernement dans lequel on est et duquel on doit être solidaire, cela doit avoir des limites, non ? D’accord, la « solidarité gouvernementale » est plus une tradition qu’une obligation. « Un ministre, çà ferme sa gueule, on çà s’en va ! », disait Chevènement…
Mais c’est une affaire de conscience pour l’intéressé (e) et une question de calcul pour le chef du gouvernement. Cette cacophonie apparente doit faire, pour l’instant, le jeu de Sarkozy qui doit s’amuser beaucoup, y compris en voyant la tête de son ami Hortefeux. Mais je ne relève cela qu’« en tant qu’observateur » (amusé aussi) …
Daniel RIOT
13:45 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Fadela, gouvernement, sarkozy, adn, hortefeux
23/09/2007
« Halte au (Horte) feu ! »:Ecoutons le cri de Bernard-Henri Levy...
« Halte au (Horte) feu » ! Je n’avais compris que partiellement l’engagement de BHL (pour lequel j’ai depuis longtemps estime et amitié) aux cotés de Ségolène Royal, mais on peut avoir des désaccords (j’en ai d’autres, plus lourds, avec lui et avec d’autres…) et conserver intacts des sentiments positifs nourris au fil du temps. C’est des deux mains (et debout) qua j’applaudis sa chronique du Point sur ces deux événements que la gauche, effectivement, aurait dû dénoncer avec plus de force et d’intelligence.

Deux faits insuffisamment mis en perspectives dans les médias toujours endormis par la « sarkomania » qu’ils contribuent tant à gonfler : l’histoire du recours à l’adn qui marque une vraie rupture dans notre grille de valeurs républicaines et les rappels aux résultats par un ministre au titre à rallonge qui fait comme s’il était (aussi) ministre de l’intérieur.
Deux « affaires Hortefeux », ce « mécano de Sarko », qui a fait en ce dimanche à « Ripostes » une prestation lamentable (la fatigue, sans doute, ou la mauvaise conscience, peut-être …). Cet esprit vif, volontiers flingueur, n’a été sauvé de la noyade de ses impostures que par le zèle aboyeur d’Eric Zémour dont le seul mérite est d’être clair dans l’expression de ses convictions : ce journaliste engagé se fout des valeurs humanistes « comme de l’an 40 »…
>>> D'abord cette affaire de tests ADN pour les candidats au regroupement familial.
« Je passe sur le fait que, dans la plupart des pays concernés, il n'existe pas de laboratoires susceptibles de procéder à des examens de ce genre. Je passe sur le caractère discriminatoire d'une mesure qui ferait, à terme, de tout candidat à l'immigration un fraudeur virtuel et un délinquant en puissance. Et je passe sur le cas de ceux qui, comme M. Devedjian, ont le toupet, par-dessus le marché, de nous expliquer que, ces tests devant se faire sur la base du volontariat, c'est un droit, mais oui, bonnes gens, un droit, un nouveau droit de l'homme, qui se verrait ainsi offert aux aspirants à l'entrée dans notre beau pays », écrit BHL.
Une question qui vaut remarque : Et si les candidats français à l’émigration étaient soumis eux aussi aux tests ADN par les pays qui les reçoivent ? Il y en a des émigrés français ( et pas seulement pour les raisons censées justifiées les cadeaux fiscaux distribués par Sarkozy dans ses habits de « Papa Noël des nantis ») et l’influence d’un pays dépend aussi de sa diaspora (Jacques Attali a écrit des pages très pertinentes sur ce sujet)

« Le fond de l'affaire, poursuit BHL, c'est que la pratique des tests génétiques à des fins autres que scientifiques et médicales (ou judiciaires, mais à titre exceptionnel et sous le strict contrôle d'un magistrat) est formellement interdite, en France, par l'article 16 du Code civil. Et le fond du fond de l'affaire, c'est qu'une telle pratique, si elle entrait dans nos moeurs, ne serait-ce que par la petite (?) porte de ces affaires d'immigration, irait contre l'esprit d'un droit qui a toujours voulu disjoindre filiation et biologie ». Et citoyenneté et droit du sang.
« Quid, si l'on y renonçait, des enfants adoptés ? », s’interroge Bernard-Henri. « Quid de mon ami Innocent X, journaliste congolais que j'hésite désormais à nommer et qui a adopté deux orphelins rwandais ayant survécu au génocide ? Quid, enfin, de ce secret des secrets qu'est, pour chacun d'entre nous, son patrimoine génétique ? Ignoble, naturellement. Inquiétant, et ignoble.Touche pas à mon ADN. On ne touche jamais, quand on est démocrate, à ces histoires de sang, de preuve par le sang et, donc, par l'ADN. »
Quelques réactions, politiques et intellectuelles, mal relayées mises à part, nous sommes loin du « tollé » que cette affaire aurait dû provoquer. Un digne de plus que notre démocratie ne se porte vraiment pas bien et que le mot « valeur » n’a de sens qu’à la bourse..

>>> Le second événement, « peut-être plus grave encore » dit Bernard-Henri Levy, c'est la convocation par le même ministre d'une « vingtaine » de préfets qui ne faisaient « pas assez de chiffre » - entendez : qui n'avaient pas réalisé le chiffre d'expulsions nécessaire pour que soit atteint l'objectif de 25 000 sans-papiers par an reconduits à la frontière...
Pourquoi 25 000, au fait, et pas 30 ou 50 000 si l’on veut une « tolérance zéro » ? Manque d’ambition, M.Hortefeux ? Et combien de condamnations des maîtres des filières des « sans papiers », ces esclavagistes, ces trafiquants, ces…employeurs truands ? Pas d’objectifs chiffrés, là ? Pas de quotas ? Pas de « culture du résultats » ? Que font MAM et Rachida dans leurs ministères qui devraient être rattachés aux vôtres si l’on poussait votre logique préfectorale, M.Hortefeux ? Passons…
« Tout, dans cette affaire, est intolérable », écrit BHL en énumérant quelques évidences :
*« L'idée même de chiffre. Le nombre, là où il n'y a que des cas. Le fait de traiter des hommes comme s'ils étaient de la viande, des tas de choses et de matière, des stocks.
*Cette langue de la statistique et de la technique, dans un domaine qui relève de la politique. *Le rappel à l'ordre des préfets traîne-la-patte (Stakhanov ressuscité... la République comme une entreprise - et encore ! je ne suis pas sûr qu'il y ait tant d'entreprises que cela où l'on ose traiter les hommes de cette façon...).
*Les minables excuses qu'avancent alors les coupables (pas ma faute, Monsieur le Ministre ! l'an dernier j'avais les Tsiganes et les Bulgares qui étaient un bon gisement et offraient des « marges faciles de progression » - plus possible, depuis qu'on a intégré à l'Europe la Roumanie et la Bulgarie...).
*La discrétion, enfin, dont le ministre lui-même a tenu à entourer sa sympathique « réunion de travail et de mobilisation », le fait que l'on ait tenté de garder secrète la liste des participants et qu'il ait fallu le Réseau Education sans frontières pour qu'elle soit rendue publique (le côté, autrement dit, catimini, à la lettre honteux, d'une démarche dont chacun, à commencer par ses initiateurs, sentait bien qu'elle était indigne). »
Bien sûr : il y a en France comme ailleurs un problème d'immigration illégale. Evidemment : (Rocard s’était fait insulté pour l’avoir dit) qu’aucun pays n'a vocation à accueillir toute la misère du monde. Naturellement : les fraudes doivent être combattues et les fraudeurs condamnés.
Mais il faudrait tout de même s’interroger (au moins un peu) sur l’inefficacité des lois qui se sont accumulées (17 depuis Giscard, paraît-il : je n’ai pas recompté).
Ce n’est pas en transformant les êtres humains en bétail ou en marchandise que nous élaborerons des politiques des migrations qui s’imposent, en régulation des « flux » et en gestion des « stocks » comme disent les bureaucrates qui devraient relire (comme Zémour) quelques ouvrages de bases sur la déshumanisation des sociétés par des mesures kafkaïennes qui ouvrent des portes trop connues par ceux qui ne se "foutent pas de l'an 40".
« On attend de M. Hortefeux, qui n'est pas un lepéniste, qu'il trouve vite l'antidote à cette dose de poison frontiste qu'il s'est, à l'évidence, malencontreusement inoculé », exhorte BHL dans sa conclusion. « On attend des ministres d'ouverture - Fadela Amara, Bernard Kouchner - qu'ils manifestent un peu plus que des réserves (« cela ne me plaît pas, mais ne m'indigne pas », a dit Kouchner - non, ami ! non ! l'homme que tu es, le fondateur de Médecins sans frontières, le héraut des droits de l'homme, ne peut pas se contenter de cette demi-protestation face à des gestes qui nient tout ce en quoi tu crois !). Et du président de la République, enfin, on espère qu'il aura conscience d'être en train de glisser, là, sur la pente même que redoutaient - espéraient ? - les plus acharnés de ses adversaires »
Aujourd’hui, dans « Ripostes », sur la Cinq, Hortefeux a montré qu’il n’avait pas lu cette chronique de BHL. Peut-être que ne lit-il que les « pensées » d’Eric Zémour….Dommage pour la République, la Démocratie et ce pays qui se pose en champion des droits de l'homme, cette France qui cesse d'être grande quand elle n'est pas digne des idéaux qu'elle proclame.
Daniel RIOT
21:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : immigration, france, sarkozy, droits de l'homme, hortefeux, morale, socité
18/09/2007
Le baptême du feu de Brice Hortefeux à l’Assemblée : Au Sénat, Sarko vole la vedette à son « mécano ».
Ce devait être « SA » journée. Son vrai « baptême du feu » ! Mais son ami (et maître) Sarkozy lui pique la vedette : Nicolas parle « social » (un « grand oral social » disent les animateurs des télé-infos) au Sénat pendant que Brice lance le débat sur la nouvelle loi sur l’immigration (son « œuvre première») à l’Assemblée… Partage des rôles (et des temps d’antenne) : Sarkozy et Hortefeux travaillent en vrai « tandem ». Le second pédale et le premier tient le guidon… Hortefeux ? « Le mécano de Sarko » a écrit l’ami Philippe Reinhard (éditions Le Cherche Midi)
Cette loi devrait être d’abord le signe et l’aveu d’un échec des politiques menées (par Sarkozy, ministre) jusqu’ici : c’est le quatrième texte législatif en peu de temps, donc les trois précédents n’étaient pas adaptées…
Mais sur ces sujets qui (à juste titre) mettent à rude épreuve les « messages universels » de la « France généreuse » en matière de droits de l’homme, les gouvernants appliquent la tactique de l’étranglement progressif, du « serres-moi doucement mais longtemps »… Du liberticide « soft », approuvé par l’opinion, sondages à l’appui. Comme si dans ses domaines la loi de la majorité n’avait pas démontré suffisamment toutes ses limites dans l’Histoire, en diverses périodes (et dans presque tous les pays).Le sécuritaire a toujours été plus facile à cultiver que la sécurité à assurer ! Et la Liberté se chante plus qu’elle s’assume…
Cette fois, on va rompre (avec le soutien d’associations communautaristes !) avec la loi républicaine de la non-distinction des signes qui peuvent alimenter les pratiques discriminatoires (« statistiques ethniques », dit-on).
A quand la religion sur les cartes d’identité ? Voilà quelques années, nous étions scandalisés par les Grecs rappelés à l’ordre des droits et de la dignité humaine par les instances européennes, mais plus le temps passe, plus « on s’habitue à tout »…
On va ouvrir aussi le champ (vaste) de l’utilisation de l’ADN en dehors des affaires criminelles. Avec la bonne conscience que donnent les « exemples » d’autres pays européens et la surdité soigneusement entretenue aux débats (rarement médiatisés) sur « progrès technologiques et éthique »…

Surtout, (en avocats de la francophonie ?), nous allons exiger que les candidats à l’immigration soient dignes de venir à notre table. Connaissances de français et apprentissage des codes républicains AVANT le visa…
« Choisie », l’immigration nouvelle ! Pas comme celle « moisie » (tiens on ne la pas encore dit, çà, mais cela ne saurait tarder …) « subie » jusqu’à présent.
Si au moins cette « condition préalable» (culturelle et censitaire) s’accompagnait de nouveaux efforts en faveur du français dans le monde (nous comptons toujours sur nos amis suisses, belges et québécois plus que sur nos propres forces) ! Et si (enfin !), cette obsession des « flux » ne se développait pas au détriment du souci des « stocks » migratoires !
Mais, là, on se garde bien de soutenir les associations qui depuis les années 50 (le « Castami » à Strasbourg, par exemple) font un travail considérable d’alphabétisation, d’information, de formation et d’insertion.
La « glandouille » dans les cités vient aussi de la « glandouille » des pouvoirs publics, à tous les niveaux, depuis des années dans ce qui est devenu les « quartiers »…
Mais à Neuilly où il est né et où il a grandi, et on il a « assisté » Sarko dans toutes ses batailles, Hortefeux le bien nommé par son tempérament incendiaire et son style (souvent) pompier n’a rencontré que des immigrés qui sont devenus « plus français que des Français » (une expression qui ne veut rien dire, évidemment).
Et à Clermont-Ferrand, dans cette Auvergne du Bonhomme Michelin, qu’il rêve de transformer en fief, il sait séduire les Bourgeois les plus à droite mais pas ces Français qui n’ ont pas besoin qu’on leur dise de « travailler plus » …et qui savent que « pour gagner plus », il faut surtout savoir faire travailler l’argent des autres.
Pourtant, il sait séduire Hortefeux ! Avec ses chaussures toujours bien cirées, son maintien de colonel de réserve d’une armée de l’air sortie d’une BD, son coté « british » (qui plait énormément aux femmes en quête de « classe »), son « ironie » (meurtrière, donc séduisante pour ceux qui ne lui servent pas de cible), son « esprit » (il sait en montrer, cet ami de Bigard), il n’a pas que les défauts de ses fonctions de « garde du corps », de « gourou », de « porte-flingue », de « chargé des basses œuvres », d’ « homme de confiance », « d’homme lige » du « petit Nicolas » devenu « grand Président ».
En fait, Hortefeux a un profil assez courant dans la vie politique française. Sulfureux, ambigus, à la fois tireurs de ficelles et marionnettes, ces personnages de l’ombre qui savent se faire plus craindre qu’aimer ne manquent jamais dans les Cours des pouvoirs. Surtout dans notre très monarchique V ième République en passe de devenir impériale sir « l’absolutisme présidentiel », comme dit justement Bayrou ne trouve pas ces « contre-pouvoirs » qui seuls mesurent le degré démocratique d’un régime.
Une pincée du Michel Debré (et son entonnoir légendaire) du général. Une pointe de …Focard (en moins discret) : Chargé (aussi) du « codéveloppement », il va tenter de rompre avec la Francafrique , mais pour quelle Sarkofrique ? Un saupoudrage du Charasse mitterrandien : ou l’art de susciter sympathie et antipathie de conserve…Un petit coté de Pasqua : l’élève reste toutefois très loin du maître…
Ce dont il souffre le plus (tout en en tirant un peu de fierté sans doute), c’est de la comparaison avec Michel Poniatowski, qui fut ce que Hortefeux n’est (officiellement pas) ministre de l’Intérieur (sous et de Giscard).

Très franchement, en fondant mes jugements sur des constats faits lors de rencontre au (et en marge du) Parlement européen, il n’y a pas photo. Sauf peut-être sur l’art de caresser l’extrême-droite et sur le plan de cette parano des « ennemis de l’intérieur » sans laquelle les « anges gardiens diaboliques des maîtres au pouvoir » ne peuvent pas bien remplir leurs fonctions et jouer leur rôle.
« Poniat » avait une culture, un sens de l’Histoire et surtout un art de l’anticipation géopolitique, une vision des enjeux planétaires de demain, que Brice n’a pas. Il avait aussi des talents (d’esprit, d’expression et d’écriture) que le « trop gavé » (Nicolas dixit, après une bourde) n’a pas. Il est vrai que le « parler cru » (« cash ? ») sous Giscard n’avait rien à voir avec la subtile vulgarité ambiante…
On avait Bigeard et cette odeur (« messmerienne ») du « sable chaud » : c’était finement rétro. Nous avons Bigard : son succès suscite un mimétisme bien peu conciliable avec le réapprentissage des bonnes manières dans les écoles primaires. Mais comme écrivait feu Poniatowski : « L’avenir n’est écrit nulle part »…
Mais j’arrête, c’est l’heure ou sur les chaînes d’info continue les duettistes de Neuilly, de l’UMP, de l’Elysée et de « l’identité nationale » vont se faire une petite concurrence. Je plains ceux qui ne peuvent pas suivre leurs prestations… « Sarko » concurrencé par son « mécano » : il y a une faute de calendrier dans la cellule « communication » du pouvoir. Mais que fait Fillon ? « Une peu de méthode », SVP…
Daniel RIOT
14:35 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, hortefeux, politique, immigrés, droit
26/06/2007
Sur Agoravox
Faut-il tolérer le ministère Hortefeux qui rique de générer un nationalisme d’Etat et une xénophobie de gouvernement, deux fléaux combattus par le Conseil de l’Europe? "Libération" relance le débat avec des historiens qui font circuler une pétition internationale.
23:45 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : web, blogs, politique, hortefeux, sarkozy
22/06/2007
NON au nationalisme d’Etat et à la xénophobie de gouvernement.
Quand les démocrates dignes de leurs valeurs sont intrinsèquement « sarko-incompatibles »…Oui à la pétition internationale lancée contre le ministère Hortefeux: tenir la promesse d'une mauvaise action n'est pas une bonne action.La légitimité du suffrage universel ne légitime pas tout...

Une politique de régulation de l’immigration ? Evidemment. Dans le respect des engagements internationaux de la France (droit d’asile, statut des réfugiés…) et dans le respect des Droits de l’Homme. En s’attaquant aux vraies causes de l’immigration clandestine, ce fléaux qui fait la fortune de réseaux de trafiquants et d’employeurs esclavagistes, donc aux coupables et non aux victimes. Et en mettant sur rails une politique active d’un co-développement en vraie rupture avec les pratiques éhontées de la « Françafrique »…
Une politique d’ « intégration nationale », de façon à engendrer un « Vivre ensemble « plus harmonieux, à favoriser l’adaptation à nos lois et à nos mœurs des accueillis depuis longtemps ou des nouveaux arrivants ? Evidemment.
Des règles"utiles et justes" pour accorder la nationalité française ? Evidemment.
Avec des critères d’aujourd’hui, et non des réflexes hérités de législations mal « nettoyées » (raciales, racialistes, racistes ou xénophobes) de temps qui ont fait la honte de la France. Avec ces exigences de droits et de devoirs sans lesquels la « carte d’identité » n’est qu’un tatouage administratif souvent coloré par une dose d’arbitraire.
Mais un « ministère » qui lie « immigration » et « identité nationale » ? NON.
Non, en raison de la force symbolique (négative pour tout esprit soucieux d’humanisme et d’humanité) de ce lien.
Non, aussi, parce que le fait de confier la codification d’une identité nationale à un organisme d’Etat traduit une conception chargée de « vents mauvais », comme disait Pétain avant d’être pris dans la tornade vichyste.
Ce n’est pas à l’Etat de définir l'identité nationale, qui n'est ni unique ni figée. Du moins ce n’est pas à un Etat démocratique de le faire.

D’ailleurs, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans notre République pourtant souvent secouée par des transgressions populistes et bureaucratico-arbitraires.
Par ce qui se veut un acte fondateur de la présidence sarkozyenne, la France inscrit l'immigration non comme un « problème » à régler mais comme une force « ennemie », un bouc émissaire, comme un exutoire. France, terre des Droits de l'Homme? A démontrer. France, terre d'accueil? A prouver. France digne de ses valeurs? Restons sérieux...Ou redevenons-le!
Le péril n’est pas que dans des têtes d’intellectuels dénigrées avec une imbécillité populiste par le Président et son ami Hortefeux :il est réel. Car personne ne peut dire de quoi demain sera fait. Et car la morale politique (il s’agit aussi de cela) risque d'ouvrir une nouvelle page de notre histoire, celle d'un nationalisme d'Etat et d'une xénophobie de gouvernement tendant à stigmatiser l'étranger comme un problème existentiel et une menace réelle pour l'intégrité ou l'identité nationale. Revoici sous une autre forme le « parti de l’étranger ». Et « l’ennemi de l’intérieur »…Allô, Kouchner?

Pour les démocrates soucieux d’approfondir sans cesse la Démocratie et de la protéger avec vigilance de tout ce qui peut altérer ce bien précieux qui, comme la Liberté selon Voltaire, « permet de jouir de tous les autres biens », il est clair que ce ministère Hortefeux constitue plus qu’une tache, plus qu’une maladresse, plus qu’une erreur. C’est une faute majeure. Et scandaleuse ! Contraire à l'esprit des valeurs du Conseil de l'Europe.
Sarkozy, qui dit adorer et savourer la « transgression », est trop réaliste pour ne pas en avoir conscience. Il l’avait promis, il l’a fait. Soit. Et alors ? Tenir la promesse d’une action mauvaise n’a jamais constitué une bonne action. Même avec cette légitimité du suffrage universel qui...ne légitime pas tout, surtout pas ce qui altère les fondations les plus belles de...l'identité nationale! Une affaire de principes (républicains) de valeurs (démocratiques) et de bon sens. Une question qui rend « sarko-incompatibles » les esprits les plus fidèles au « principe d’Humanité ».
Un espoir : que les pétitions internationales lancées sur cette question et traitées par le mépris au sommet de l’Etat recueillent le maximum de signatures. « Veilleur où en est la nuit ? »…
Daniel RIOT
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Nicolas A. Monsiau - L'abolition de l'esclavage proclamée à la Convention le 16 pluviôse an IIDessin à la plume rehaussé de gouache - Musée Carnavalet, Paris
NON AU MINISTERE DE L’IMMIGRATION ET DE L’IDENTITE NATIONALE
Comme l’ont souligné les historiens démissionnaires des instances officielles de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, associer « immigration » et « identité nationale » dans un ministère n'a jamais eu de précédent dans l'histoire de la République : c’est, par un acte fondateur de cette présidence, inscrire l’immigration comme « problème » pour la France et les Français dans leur « être » même.
En tant que citoyens, ce rapprochement nous inquiète car il ne peut que renforcer les préjugés négatifs à l’égard des immigrés. De notre point de vue, l'identité nationale constitue, aujourd’hui, une synthèse du pluralisme et de la diversité des populations et ne saurait être fixée dans le périmètre d'un ministère.
Le décret du 31 mai 2007 qui définit les compétences de ce nouveau ministère montre, de surcroît, que les effets institutionnels dépassent la seule question de sa dénomination. Ainsi, ce ministère, qui détient en priorité des pouvoirs de police et de contrôle est aussi chargé de « promouvoir l’identité nationale » et de définir « une politique de la mémoire » dans le domaine de l’immigration. Il dispose d’une autorité complète et nouvelle sur l’asile politique et d’une autorité partagée sur une multitude d’administrations, y compris sur la « direction de la mémoire, du patrimoine et des archives » du ministère de la Défense.
Cette confusion des rôles et des fonctions est inadmissible et inquiétante. Nous protestons énergiquement contre la dénomination et les pouvoirs dévolus à ce ministère et demandons solennellement au Président de la République de revenir à des choix plus conformes aux traditions démocratiques de la République française.
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La France que je n'aime pas.....

Une affiche officielle d'un autre temps qui est (évidemment) hors sujet dans le contexte d'aujourd'hui? L'identite nationale est aussi le fruit de tranches d'histoire qu'on aimerait oublier. Toute ressemblance avec le temps présent est évidemment .. délibérée. Non par provocation, mais par précaution. Pardon à celles et à ceux que je choque dans leur Sarkolâtrie. ...Mais Pétain aussi a connu un "état de grâce" très long. C'est un fait, non une opinion. L'illégitime, c'était De Gaulle. Je sais: j'exagère. C'est Sarkozy qui m'incite à la transgression. Cela devrait me faire pardonner, non? DR
16:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : poitique, droits de l'homme, immigration, Hortefeux, sarkozy, histoire












