15/07/2007

IRAK: En trois ans, plus de morts chez les journalistes qu'en 20 ans de guerre au Vietnam

2e93af30392fdd8cda5a8f7224a22bc7.jpgAyant été moi-même exposé à plusieurs reprises, au Liban notamment, donc étant membre du Club du Colonel Chabert", comme disait si bien Jean-François Deniau qui dans ses "sept vie" n'est mort que la huitème fois, je n'ai jamais monté en éoingle la mort des journaliste tués sur un frint. Les risques du métier... Comme le maçon qui tombe de son échafaudage, ou le cheminot qui se fait écraser par un train.

Mais l'hécatombe irakienne est partciculièrement révéltrice de cette guerre mal préparée, mal décidée et mal confuite... Hier, au lendemain de la mort d'un photographe de l'agence Reuters et de son chauffeur, c'est un journaliste irakien, travaillant pour le New York Times, qui a été abattu à Bagdad alors qu'il se rendait au bureau du quotidien.
REPORTER SANS FRONTIERE note justement, avec gravité, dans un aricle déjà ancien: "La guerre en Irak est sans doute le conflit le plus meurtrier pour les journalistes depuis la Seconde Guerre mondiale.  Soit plus qu’en vingt ans de guerre au Viêt-nam ou que pendant la guerre civile en Algérie." Dernières statistique (provisoir):194 journalistes et collaborateurs des médias tués en Irak depuis le début du conflit, 2 sont portés disparus, 14 ont été kidnappés!

Mais, BUSH, lui reste content de lui. Et optimite. La preuve:Il estime que le récent rapport d'étape de la Maison Blanche sur l'Irak montre que ses choix sont les bons.

(Reuters)

(Reuters)

Le président américain George W. Bush a en effet affirmé, ce samedi 14 juillet: "Ce rapport montre que les circonstances peuvent changer, que des progrès peuvent être faits et que la bataille en Irak peut être gagnée". C'est beau la foi. Et c'at terriblment dangereux à ce niveau là...

Heureuseent, le Congrès à majorité démocrate a organisé une bataille rangée contre le président Bush et sa stratégie en Irak. Certains républicains, qui réclament un retrait rapide des soldats, sont également entrés en rébellion. Mis il en faut plus pour ébranler les certitudes de BUSH...

Des certitudes inébranlables...
"La plupart des Américains veulent voir deux choses en Irak : ils veulent voir nos forces victorieuses et ils veulent voir nos soldats commencer à rentrer. Nous pouvons faire les deux, et nous allons le faire", a affirmé George W. Bush.
"Nous commençons à reprendre l'initiative sur Al-Qaïda (...) et aider à l'avènement d'un gouvernement irakien qui peut protéger son peuple, fournir des services de base et être un allié dans la guerre contre les extrémistes et les radicaux', a affirmé le président Bush.
"En faisant cela, nous créons les conditions qui permettront à nos soldats de rentrer. Quand l'Amérique réduira ses effectifs en Irak, ce sera parce que nos commandants militaires disent que les conditions sur le terrain sont adéquates (...) pas parce que les sondeurs estiment que ce serait une bonne politique", a-t-il poursuivi.
Les Etats-Unis comptent actuellement environ 160.000 militaires déployés en Irak.

3 614 soldats US tués

Hier encore, Deux soldats américains ont péri samedi en Irak dans des attaques distinctes à l'explosif, a annoncé l'armée américaine.Ces décès portent à au moins 3.614 le nombre de soldats ou personnels assimilés américains morts en Irak depuis l'intervention américaine en mars 2003, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres du Pentagone. Et combien de victimes du coté irakien? Aucune statistique n'est fiable... 150 000 au moins, estiment les "experts". Expert en cette matière,c'est un job étrange., non?

17/01/2007

BUSH VEUT TERMINER SON MANDAT EN SE BATTANT SUR TOUS LES FRONTS du" MAL"

L’Europe face à la montée de nouveaux périls au Moyen-orient : Que des vœux pieux… et une impuissance tragique!

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT : Quelques faits majeurs dans l’actualité qui ne rendent guère optimistes… De nouveaux périls montent et, face à Bush, plus pétri d'idéologie que de stratégie, l'Europe pèse peu sur le cours des choses. Chirac voudrait, selon Le Monde, négocier avec l'Iran pour le Liban.  Une idée généreuse plus qu' un projet crédible dans le contexte actuel, y compris français... LIRE LA SUITE >>>>>

15/01/2007

Participez aux débats sur AGORAVOX

* Mes articles sur le Sarkosacre de la porte de Versailles repris sur AGORVOX. Participez au forum >>>>>>>

* 320 commentaires sous mon article sur Bush et l'Irak. Le forum d'AGORAVOX reste ouvert.. >>>>>>>>>>

14/01/2007

L'europe face à l'Irak: le forum d'Agoravox

Mon article de RELATIO sur l'Irak fait la UNE d'AGORAVOX depuis trois jours: 280 commentaires! Le forum reste ouvert >>>>>>>

11/01/2007

IRAK: De quoi broyer du noir à la Maison Blanche...

La fuite en avant de BUSH en IRAK: Des batailles sur plusieurs fronts qui font craindre le pire..

Georges Bush a fait une série de victimes de plus…dont personne ne parle : les éditorialistes, les experts en géopolitiques, les diplomates, les conseillers en tout genre qui se sont trompés dans les grandes largeurs…

Après la victoire législative des démocrates, les rapports exhortant la Maison Blanche à emprunter une « autre voie », le changement de titulaire au Secrétariat d’Etat, les chiffres officiels des pertes ( plus de 3000 morts, 22 000 blessés) et des dépenses (plus de 350 milliards de dollars), Ces « commentateurs » trop pressés se disaient (presque) certains que Bush allait changer de stratégie. Ne citons aucun d’entre eux : cela ferait trop mal, bien que le ridicule ne tue pas…

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Ces météorologues  prévoyaient des retraits échelonnés avec un calendrier prévisionnel et un passage de « témoins » à des forces irakiennes encadrées plus que soutenues…Ou bâtissaient des scenarii sur quelque internationalisation. Passons. Une politique-fiction obsolète.

L’homme du bureau ovale a une tête trop carrée pour ne pas s’entêter. Il est tellement certain d’avoir raison et d’accomplir une mission divine qu’il reste sourd à tout conseil de sagesse de ses propres amis et, à plus fortes raisons, à toutes les critiques du camp démocrate,  des opinions publiques américaine, arabe et européennes, des instances onusiennes et autres… Comme tous ceux qui échouent dans ce genre d’aventure, il mise sur le jugement de l’Histoire.

LIRE LA SUITE DE MON DECRYPTAGE SUR RELATIO >>>>>

30/12/2006

La pendaison de Saddam Hussein

France 3, ce midi, a choisi de ne pas diffuser les images de l'exécution de Saddam Hussein. Merci à elle.

26/12/2006

Saddam: la corde dans les 30 jours....

A LIRE SUR RELATIO>>>>>>

MON COMMENTAIRE: En Européens convaincus, nous sommes évidemment à RELATIO, contre le peine de mort. Une question de principe.Et de valeurs surtout! Au mieux, on soulage des instincts de vengance des uns. Au pire on transforme un criminel en martyr, aus yeux d'autres... Entre les deux, on se dédouane de responsabilités mal assumées... Qui , en "Occident", ne soutenait pas Saddam-l'excécrable dans sa longue guerre conte l'Iran DIABOLIQUE EN RUPTURE DE PERSE FEERIQUE? 

 Dans tous les cas, qui peut s'en réjouir? Personne. Qui plus est, en l'occurence,  le massacre des 148 personnes donti il a été reconnu coupable n'est rien (si l'on ose dire) par rapport aux autres atrocités qu'il a pu commettre, commanditer ou cautionner. Dans l'indifférence générale ou presque de diplomaties qui restent imprègnées par les cynismes de Machiavel et de Talleyrand réunis.

De la difficulté de faire justice pour des bourreaux qui ont dépassés toutes les bornes de l'inhumanité, de "l'humain trop humain".

Ici, on regrette (avec raison) que Pinochet soit mort sans avoir été jugé (alors que Kissinger est toujours titutulaire d'un Prix Nobel de la paix" et jouis d'une totale impunité)

Là, on fait des pieds et des mains pour que des auteurs de crimes "contre l'Humanité" soient jugés sans que l'on touche un cheveu de ceux qui, par intérêt, par "realpotitik", par lâcheté, les ont courtisés, armés, financés... Soutenus.

Malraux reprochait à Giscard ne de pas avoir compris que "L'Histoire est tragique". Cela  n'a pas empêché VGE, comme tous les autres Présidents de la République française , de jouer avec des connivences meurtrières.

Je me souviens du malaise personnel quand j'ai eu en accompagnant Barre, pourtant respectable, dans un voyage à Damas, chez Assad... Comme je me souviens de la fierté personnele (de citoyen français) que j'ai eu entendant Mitterrand plaider la cause de Sakharov et des "dissidents" dans un voyageà Moscou. La politique, bien utilisée, avec la dimension morale qu'elle devrait toujours avoir, est un vrai pouvoir.Elle ne s'use, la politique, que si l'on s'en sert mal...

L'Histoire est tragique parce que , trop souvent, nous sommes trop bêtes et lâches face à ceux qui la rendent tragique. Et rien ne s'améliore.il suffit de penser au Darfour? entre autres. A la Tchéchénie, entre autres. Le devoir d'ingérence, reconnu grâce à Kouchner, doit être élargi. De l'humanitaire au juridique. mais cela passe par le politique et le militaire. Donc par des engagements à haut risque. La géopolitique triomphe toujours (et de plus en plus même) de la géophilophie. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras face aux cynismes et aux hypocrisies. DR

06/11/2006

Le "cas Saddam": Une occasion manquée pour une justice pénale internationale digne de ce nom....

La justice des hommes a toutes imperfections de l’espèce humaine. Jamais ou rarement satisfaisante. Toujours aléatoire, Constamment incertaine. Le « humain, trop humain » est en tout et pour tout ce qui concerne l’espèce humaine. Même quand toutes les précautions sont prises, quand les « affaires » sont bien instruites, quand la Vérité est cernée au plus près, quand le Droit sert effectivement l’idéal de Justice (ce qui est loin d’être la règle). Mais le pire, c’est quand la justice doit demander des comptes à l’inhumanité personnifiée. Quand l’horreur a atteint des degrés non supportables…A des échelles peu imaginables. Dans le monde de « l’indicible »…

Quelle Justice pour les Bourreaux ? Terrifiante question. Vertigineuse interrogation. Avec des réponses jamais à la hauteur des défis à relever. La condamnation de Saddam Hussein restera comme un « cas ». Ce n’est pas le premier, ni, hélas, le dernier…

Ce « cas » aurait pu être d’ « école » si le Tribunal spécial irakien (TSI), crée en novembre 2003 avait eu une légitimité incontestable, avec une reconnaissance internationale plus large et si  le procès de Saddam avait été instruit et s’était déroulé dans des conditions telles qu’il n’ait pu susciter des suspicions et des critiques juridiques (et de bon sens).

 

Justice « politique », justice de « l’occupant », justice « à chaud » pendant  une guerre qui n’est pas terminée, dans une contrée où chaque jour sont perpétrés, dans tous les camps, des crimes qui restent impunis,   dans un pays écartelé, prêt à imploser - dans d’autres bains de sang, peut-être. Justice « truquée » ou « téléguidée », même.

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Les organisations de défense des droits de l’Homme (qui pour la plupart avait dénoncé Saddam Hussein quand il organisait ses « tueries », ses « tortures », ses pratiques barbares quand la « communauté internationale » et nombre de pays, dont la France,  lui faisait sourires et baise-pieds)  sont dans leur rôle en dénonçant  des vices de forme, des bizarreries, des anomalies. Malgré plus de deux ans d'enquêtes et d'auditions et l’examen de plus de 9000 documents.

 

L'implication dans cette instance, au tout début, de proches de l'ex-opposant en exil Ahmed Chalabi a d’entrée semé le doute. Quatre témoins ont dit avoir été menacés. Trois avocats de la défense ont été tués. Deux présidents du Tribunal ont été limogés. L'avocat américain Ramsey Clark, défenseur de Saddam, a même été éjecté hier de la salle lors du verdict qu'il a qualifié de «comédie». Une « comédie » organisée, financée, « sécurisée » par l’armée et les services américains.

 

Le choix même de la date pour ce verdict (à la veille des élections américaines) fait l’objet de procès d’intentions et d’arrière-pensées… pas forcément non fondés. Et ne parlons pas du  secret qui continue d'entourer la détention et les conditions d'interrogatoire des ex-dignitaires du régime détenus au camp Cropper et dans d'autres lieux - où ils sont tout de même visités par le Comité international de la Croix- Rouge - ajoute à la gêne que provoque cette « Justice » (trop) « spéciale ».

 

Et au-delà de ces aspects  juridiques, le « cas Saddam » pose une série de problèmes. De principes, de « réalpolitik » et de géopolitique.

 

Washington (et…Téhéran) se félicitent du verdict de ce procès. Londres qui oublie ses engagements auprès du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne en matière de peine de mort, aussi. Une partie des irakiens sautent de joie. Une autre crie sa colère. Une troisième regrette que cette condamnation (qui se rapporte au massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, dans le sud du pays, en 1982) rende inutile  le deuxième procès en cours qui porte sur le gazage de 180 000 Kurdes lors de l'opération Anfal de 1987-1988. Les victimes ne méritaient-elles pas mieux, si l’on peut dire ? Et la vérité n’avait-elle pas d’autres exigences ?

 

On comprend la gêne des Européens, y compris des Suisses, pour commenter ce verdict (qui demande à être confirmé en appel). L’Europe a réussi à abolir la peine de mort et se bat pour que cette abolition soit généralisée dans le monde. L’Europe  fait le maximum pour que l’idée d’un Tribunal  international permanent pour juger les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, la barbarie génocidaire soit reconnu. Cette  Cour pénale permanente et supranationale  existe depuis juillet 2002, mais elle n’a encore fait ses preuves. Sa compétence ne touche que  les crimes contre l'humanité commis depuis sa création,  sur le territoire ou par un ressortissant des pays (102 actuellement) qui ont adhéré à son statut. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine et d’autres ne veulent pas en entendre parler… Pas de miracle : un mirage …et des espoirs déçus.

 

En fait cette question de la « Justice des bourreaux » s’est posée tout au long du XX ième siècle. Avec des expériences diverses très peu satisfaisantes. Je ne suis pas un  spécialiste de l’histoire du « droit international ». mais qui ne connaît pas quelques « cas » significatifs ? Depuis les promesses non tenues du Traité  de Versailles à l’ouverture de la cour sur le Cambodge qui a commencé ses travaux cette année… alors que les coupables essentiels sont déjà morts…

 

En 1919, la mise en jugement des responsables de la guerre, visaient d’abord  Guillaume II qui, réfugié aux Pays-Bas, ne sera jamais… extradé. Des « seconds couteaux » » seront jugés en 1921 à Leipzig par des juges allemands…sous surveillance des vainqueurs. Un peu comme les procès actuels de Bagdad. Où est le progrès ? Retour à 1921…

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Un grand progrès a été accompli, en 1945, par les Alliés. Le Tribunal de Nuremberg est organisé par les vainqueurs. Mais il confère des droits très réels aux accusés et accomplit un travail de documentation rigoureux. C'est lui, surtout, qui définit pour la première fois « le crime contre l'humanité » autour duquel se construira l'idée de « justice pénale internationale ». Mais combien de responsables nazis lui ont échappé ? Et à Tokyo, la « réaldiplomatie » a compté plus que l’esprit de justice. Des  responsables de hauts rangs, dont l'Empereur, seront exonérés. Les deux instances prononceront 19 condamnations à mort.

 

En 1961, Adolf Eichmann, enlevé en Argentine où il avait trouvé refuge, est condamné à mort à Jérusalem au terme d'un procès conçu comme une leçon d'histoire. Comme un « décryptage » de la « machine totalitaire ».Il faut relire les comptes rendus de Hannah Arendt…

 

La France, bien tardivement, a connu les procès Barbie (1987), Touvier (1994) et Papon (1997). Mais les a jugé comme des « affaires françaises »

 

La poursuite du crime contre l'humanité redevient internationale en 1993 avec la création du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). L'année suivante, le TPIR voit le jour pour juger les auteurs du génocide rwandais de 1994. Dans les deux cas, le recours à la justice est dû plus à l'impuissance de la communauté internationale à mettre un terme aux exactions qu’à la volonté de « faire Justice ». Un nouveau progrès, tout de même ; les juges sont indépendants des parties au conflit (ce qui n’est pas le cas à Bagdad). Mais cela ne les protège pas de critiques, parfois injustes, mais parfois fondées.

 

Face aux conflits qui ont ensanglanté la Sierra Leone dans les années 1990 et le Timor-Oriental en 1999, les Nations Unies optent pour une stratégie plus « modeste », qui associe les justices locales sous un important contrôle international. Une solution semblable a été adoptée, sous forte pression internationale, au Cambodge pour juger les auteurs (encore en vie) du génocide qui a fait près de 2 millions de morts entre 1975 et 1978. Attendons la suite.

Mais nous sommes loin de la réalisation d’une Justice pénale internationale crédible. Et ce ne sont pas les procès de Bagdad qui font avancer les choses… Ni pour un Ordre et une Justice mondiale. Ni pour la pacufaication de l’Irak.Ceux qui, comme le premier ministre irakien pensent qu’ainsi se referme « l’une des pages les plus noires de l’Histoire du pays » risquent d’être cruellement déçus.

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La corde autour du cou de Saddam ou (si ces dernières volontés de « militaire » sont respectées) la salve du peloton d’exécution ouvriront un nouveau chapitre, peu réjouissant, sauf pour l’Iran, peut-être. Ce qui serait l’une de ces grimaces de l’Histoire dont nous nous serions bien passés L’administration Bush a sans doute manqué une occasion de corriger quelques unes de ses erreurs stratégiques et de ses fautes méthodiques.

Paradoxe : la fin d’un bourreau aussi ignoble  et sanguinaire que Saddam Hussein  devrait réjouir tous les Défenseurs des Droits de l’Homme…  

 

11/10/2006

Combien de morts en IRAK depuis 2003? Qui détient la Vérité? Il est des chiffres qui provoquent de vraies nausées...

medium_irak_2.jpgCrédible ou non ? Info ou intox ? Si c’est faux, il faut poursuivre les « sources ».Si c’est vrai, c’est plus qu’effrayant…Et il faut traduire Bush devant un Tribunal international… Mais qui peut dire où est la vérité ? Les faits, ou plutôt les estimations :   « Plus de 655 000 civils irakiens sont morts entre mars 2003, début de l'intervention de l'armée américaine en Irak, et juillet dernier, estiment des spécialistes de santé publique américains et de l'université de Bagdad, dans un article mis en ligne ce mercredi 11 octobre par la revue médicale britannique The Lancet. »

Ces chiffres témoigneraient, entre autres,  de l'alarmante augmentation de la mortalité en Irak depuis le début du conflit. En  octobre 2004, la même revue avait publié une étude qui recensait environ 100 000 morts civils liés à l'intervention américaine entre mars 2003 et septembre 2004. En l'espace de trois ans et demi, 2,5 % de la population irakienne aurait donc succombé pour des faits directement lié à la guerre.

A noter : La méthodologie employée par ces chercheurs de l'Ecole de santé publique américaine Johns Hopkins Bloomberg ne repose pas sur un décompte des corps enregistrés dans les morgues ou signalés dans les bilans officiels, mais sur des « entretiens » avec des ménages irakiens. J’ai un peu suivi (de près) quelques conflits armés (au Liban et en Afghanistan, notamment) pour avoir appris à être prudent face à ce type « d’estimations ».  Mais tout de même…

L'enquête se base sur des relevés établis en mai et juin par des chercheurs de Johns Hopkins et de l'université Al-Moustansiriya de Bagdad auprès de 1 849 foyers, soit près de 13 000 Irakiens, dans 47 localités à travers l'Irak. C’est à la fois beaucoup et peu… « Les personnes de cet « échantillon » ont été questionnées sur les naissances, les décès et les déplacements – selon une méthode déjà utilisée au Congo, au Kosovo et au Soudan », soulignent les auteurs de l'étude. Dans 92 % des cas, les décès signalés ont été confirmés par un certificat.

Le document rapporte par ailleurs que sur ces 655 000 morts (15 000 en moyenne par mois), environ 601 000 sont dues à des causes violentes, essentiellement des tirs (56 %) et des explosions de voitures piégées .Les autres décès seraient liés à l'augmentation de certaines maladies provoquées par le  conflit (le cœur qui flanche, des cancers qui se développent et des troubles chroniques). Autant de pathologies qui sont effectivement toujours minimisées dans les statistiques officielles sur les victimes des conflits armés… Mais un tiers des morts seraient directement attribuables aux forces de la coalition dirigée par les Etats-Unis.

Depuis que la guerre à commencé, le taux de mortalité brut serait donc passé de 5,5 pour mille habitants, à 13,3 pour mille par an. Une progression que les auteurs de l'article qualifient d'"urgence humanitaire" et fait du "conflit irakien l'un des plus meurtriers du XXIe siècle". De cela, on se doutait, mais il faudrait aussi voir ce qui se passe ailleurs, au Darfour, par exemple, ou en Tchéchenie. Ce serait le pire des « hit-parades »   

medium_george_w_bush.jpgLe président George W. Bush a déclaré aujourd'hui que le chiffre de 655 000 morts, victimes de la guerre, n'était pas "crédible". Pourquoi et comment peut-il l’affirmer ? Pourquoi le croire sur paroles?  Il est vrai que  cette estimation est quatre fois supérieure à celle publiée dans un rapport des Nations unies en septembre dernier. C’est beaucoup. Enorme, même.

« L'Iraq Body Count », un site Internet alimenté par des universitaires et des « militants de la paix », avance un bilan de 43 850 à 48 700 civils tués depuis mars 2003. Pour expliquer cet écart, les coordinateurs de l'étude expliquent que celle-ci repose sur une enquête "active" auprès de la population, et non sur des "méthodes passives qui dépendent du recensement des corps ou mettent en colonnes des informations de presse sur des morts violentes".

Quoi qu’il en soit, ces chiffres donnent tous le vertige. On peut dire ce que l’on veut de Chirac et de De Villepin. Dans cette affaire, ils ont été mieux inspirés que Blair, Aznar et d’autres. L’addition est lourde. Et elle n’est que provisoire…

C’est le type de constat qui doit nous inciter à une extrême prudence sur d’autres conflits…Beaucoup trop de bruits de bottes, en ce moment...De la Corée du Nord à l'Iran en passant par le Pakistan et quelques autres....

C’est aussi le type de constatations qui doit nous inciter à bien réfléchir aux choix de personnes et d’idées qui sont à faire (ou à ne pas faire) dans la sélection des gouvernants de nos démocraties, surtout dans des pays comme la France, où « l’exécutif » a des pouvoirs considérables, en matière de guerre et de paix…