10/11/2006

Carnet de campagne:Quelle "réconciliation nationale " pour quelle réformes?

Jean-Louis Borloo : Pour une « réforme » globale et « radicale »

Il veut concilier et voir mener de front la « réconciliation nationale » (qui doit être la priorité des priorités du prochain président) et une réforme globale, générale et radicale de « toutes les politiques publiques ». Joli programme. Généreux. Qui pourrait être contre ?

« Si j'étais président de la République, le sujet crucial, historique, auquel je m'attaquerais, c'est cette concorde nationale et cette réconciliation », a déclaré sur France-2 le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, ajoutant qu'avec « le défi écologique », ce défi était « le plus important » pour l'avenir du pays.

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Faisant allusion aux nombreux Français d'origine étrangère qui composent la société française, Jean-Louis Borloo a également dénoncé « une espèce de non-dit », concernant l'identité collective française. Il s’en dit « terriblement inquiet ». Il n’est pas le seul…

« L'indifférence a amené quelques tensions, puis quelques violences urbaines. Ca peut aller plus mal », a-t-il estimé, en admettant toutefois que « depuis deux ans », la société française était " « en train de prendre conscience » de ce problème, grâce aux instances de lutte contre la discrimination et pour l'égalité des chances, "grâce à des artistes" ou "des chefs d'entreprise". Et grâce au gouvernement auquel il appartient ? Voilà un ton qui n’est guère « sarkozien »…

Pour parvenir à cette "concorde nationale", Jean-Louis Borloo propose « de revoir toutes les politiques publiques », notamment dans les moyens d'accès aux grandes écoles des jeunes de toutes origines sociales ou ethniques. Pourquoi diable ne pas l’avoir fait ces cinq dernières années ?

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Question personnelle : pourquoi Borloo ne fait-il pas équipe avec Bayrou ? Hasards de ce « loto politique » qui fait que souvent les étiquettes ne collent pas aux « contenants » ? Nécessité tactique pour carrière ministérielle ? Il est franchement plus dans une ligne UDF que une mouvance UMP plus libéralo-autoritaire que gaulliste (en dépit des cantiques de Sarkozy), plus « républicaine » (au sens américain du terme) que « démocrate » (au sens des  traditions françaises démocrate-chrétienne et radicale), plus « économique » que « sociale ».

D’ailleurs, comment imaginer une « réconciliation nationale » sans appliquer ce que prône François Bayrou : ce dépassement des faux clivages politiciens et des vrais calculs politiques, des sectarismes et du saucissonnage des « disciplines » et des « spécialités » ? Mais peut-être Borloo, dans le secret de l’isoloir, va-t-il voter Bayrou si Sarkozy est effectivement le candidat UMP. Je n’en sais rien.

 

Hulot : L’EXPRESS soutient, mobilise et fait un joli coup de marketing politique.

Réchauffement de la planète et glaciation de l'Europe...

La semaine où l’on pleure JJSS, ce précurseur, l’Express a trouvé son « Monsieur X » de ce début de siècle : c’est Monsieur N.H, Nicolas Hulot…« Aggravation des périls, maturation des esprits: un seuil vient d'être franchi dans la conscience collective. Si l'environnement est menacé, l'homme est en danger. Pour agir avant qu'il ne soit trop tard, Nicolas Hulot interpelle le prochain chef de l'Etat français et lui propose de s'engager Pour un pacte écologique (Calmann-Lévy). Un combat que rejoint L'Express, parce qu'il est décisif pour l'avenir ».

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Mais quelles armes utiliser pour ce « combat » ? J’ai suggéré à l’Express de se mobiliser aussi pour le « Plan Fitoussi », si complémentaire (et moins publicitaire) que le « plan Hulot) : j’attends la réponse. L’Europe intelligente et efficace est sans doute  moins « vendeuse »  que la grande peur d’une « fin du monde annoncée ».

 Pourtant Fitoussi a le mérite de lier écologie, économie, recherche et construction européenne. Il va plus loin d’une façon plus pertinente. Mais la mode est au réchauffement de la planète, non à la glaciation de l’Europe. La seconde aggrave la première pourtant….

Coup tordu ou témoignage révélateur ? Ségolène et les enseignants: la vidéo qui fait mal

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Une vidéo pirate enregistrée par un anonyme lors d'une réunion à Angers en janvier 2006, dans laquelle Ségolène Royal propose que les enseignants restent 35 heures au collège, au-delà de leurs seules heures de cours,  provoque la colère de enseignants, alors que les « royalistes » dénonçent une "malveillance", un « coup tordu », un « coup bas », de « malveillance ». Des réactions bien normales...
Dans cette vidéo, simplement signée "Jules Ferry", la candidate à l'investiture socialiste à la présidentielle propose "de faire les 35 heures au collège, c'est-à-dire que les enseignants restent 35 heures au collège. Et dans ce paquet global, il y a des cours, mais ils ne quittent pas le collège quand ils ont fini leurs cours".
Car "on est quand même dans un système absurde où aujourd'hui en France, on a maintenant des entreprises cotées en bourse de soutien scolaire" et "ceux qui font cours dans ces entreprises, ce sont les profs du secteur public!", souligne-t-elle.
"Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et ils n'ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements solaires?" Ségolène Royal propose donc de faire "un pas, y compris pourquoi pas avec les nouvelles générations d'enseignants, si les autres nous disent: ben non, droits acquis, 17h de cours et puis on s'en va!"

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Cela ne manque pas de bon sens même si cela donne des enseignants une image que bien peu méritent "Ce sont des propos faciles, et qui pourraient laisser croire qu'en dehors de leurs 18 heures de cours, les enseignants font plein d'autres choses et vaquent à leurs occupations alors qu'ils ont tout un travail de corrections, de préparation des cours", a réagi aujourd'hui Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Education. "On souhaite que les collègues ne soient pas tiraillés, mis en accusation par des propos faciles, qu'ils viennent de la droite ou de la gauche", a-t-il dit à l'Associated Press et à d’autres correspondants de presse.


Mais le plus grave, pour moi, ce n’est pas  cette proposition. C’est le commentaire qui l’accompagne, de la bouche même de Ségolène : "Je ne vais pas encore la crier sur les toits parce que je veux pas prendre des coups des organisations syndicales enseignantes". C’est beau le « parler vrai », le « franc parler ». Mendès-France reviens !

Anecdote relevée par Le Monde « L'UNSA-Education a trouvé le coupable grâce à un lapsus de l'AFP : ces propos "simplistes" sont imputables à la "compagne interne" du PS. Vous avez dit cOmpagne ? Celle a pu fausser la cAmpagne… Mais c’est la vie…

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DSK ne fait-il pas un peu une belle campagne grâce à sa compagne ? Je l’ai trouvée royale, ce soir sur Canal+…même si elle n’a pas très bien répondu à une remarque de Jean-Michel Apathie sur Ségolène Royale : »j’ai une idée, mais je ne vous la donnerai pas. Je préfère parler de mon mari. » C’est beau l’amour. Le ré-enchantement de la politique par le cœur ? Qui parlait de « poeple-démocratie » ?

Je dis cela sans aucune acidité : j’ai apprécié, professionnellement et personnellement, Anne Sinclair bien avant qu’elle soit la première admiratrice du « candidat le moins démagogique » aux Présidentielles. Il est vrai aussi qu’elle ferait une belle « première Dame » de France Anne. Elle aurait même pu être une excellente candidate du PS pour les Présidentielles. Profondeur, crédibilité, savoir, courage, vrai sens de l’Etat, esprit de rsponsabilité…Tout ce qui ne manque pas à Mme Clinton…  Mais DSK n’est pas FH…Je m’égare.

Oh ! La belle cohérence de l’UMP face à LE PEN !

Les agences : « Le président du groupe UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, n'envisage pas qu'un élu UMP puisse parrainer la candidature de Jean-Marie Le Pen pour l'élection présidentielle."Le combat contre les extrêmes passe par le débat démocratique et la réfutation de leurs idées devant les Français", affirme-t-il dans un communiqué publié aujourd’hui.

Ah bon ?  Ce n’est pas ce que j’avais entendu ce matin au réveil. Désinformation de ces journalistes qui résument « tout mal » sans doute… J’avais eu l’impression (comme Hollande d’ailleurs que les sarkozistes faisaient le forcing pour que Le Pen ait ses « signatures ».

D'ailleurs Le Pen et sa fille en rient ...."Les déclarations contradictoires du chiraquien Mariton et du sarkozyste Novelli [ainsi que de Bernard Accoyer]" accréditent la thèse selon laquelle l'Elysée souhaiterait "tout faire pour m'empêcher de me présenter"pendant que de son côté, M. Sarkozy "jugerait que mon absence au premier tour pourrait lui coûter sa victoire au second tour". "Les uns et les autres ne raisonnent qu'en fonction de leurs intérêts stratégiques personnels",  ajoute le président du Front national. "Ils en sont venus à penser que les signatures de maires, qui ne devraient être qu'une formalité, sont devenues des armes entre candidats d'un même parti",.."Je me félicite de ces déclarations", a déclaré Marine Le Pen sur France-Info, répondant à M. Accoyer. Selon la directrice stratégique de la campagne du président du FN, "s'il n'y a pas de pression sur les maires, très probablement, [le Front national] obtiendra sans difficulté les signatures puisque c'étaient ces mêmes pressions qui [l'empêchaient] de les avoir". La fille de Jean-Marie Le Pen a toutefois récusé l'idée d'une "main tendue" de l'UMP. Contrairement à ce que dit Fabius. Allez savoir... Le Pen a construit son "magot" électoral sur la fonte des "forces" du PCF par l'art de....Mitterrand. Qui tente d'instrumentaliser qui aujourd'hui?

Peu importe…Dans la forme, il ne faut pas que Le Pen se coule une fois de plus dans un rôle de victime. Sur le fond, je suis trop démocrate pour que Le Pen soit empêché, par un artifice bureucratico-politichien de se présenter. Ce système des 500 signatures, avec les chantages qu’il implique aux niveaux locaux et régionaux, est complètement débile. Un reflet de cette France archaïque : celle des notables non représentatifs...mais influents

Je suis donc d’accord, sur ce point,  avec le  Premier ministre Dominique de Villepin : « Je pense que dans la vie d'un grand pays démocratique comme la France, il est important que tous ceux qui expriment une opinion et qui, par ailleurs, trouvent un écho dans la vie de notre pays puissent se présenter à une élection présidentielle ». Il faudrait que cela soit vrai (et pas seulement pour le FN) à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est une autre affaire… Mais les Présidentielles n’auraient pas le même visage avec une « représentation législative » plus conforme à la société française.

 

Le Pen face à la concurrence de Villiers

Le président du Front national a donné aujourd’hui le coup d'envoi de sa cinquième campagne, lors de la « convention présidentielle » au Bourget. La cinquième… A 78 ans. La dernière ? La plus belle, pour lui. Plus belle même que celle qui a mis Jospin hors course et en retraite…. Moins il parle, plus il grimpe dans les sondages.

Pourtant, le président du FN devra compter, cette fois, avec un Nicolas Sarkozy qui chasse ouvertement, délibérément, ostensiblement  sur ses terres, ses terroirs, ses viviers (piqués à l’extrême-gauche et au PCF notamment) mais également avec Philippe de Villiers.

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Le président du Mouvement pour la France (MPF), qui a inauguré cette semaine son siège de campagne, espère bien parvenir à réunir les 500 signatures nécessaires à sa candidature. Après avoir longtemps cherché à se démarquer de Jean-Marie Le Pen, il a depuis quelques mois, et surtout ces derniers temps,  radicalisé son discours, notamment sur la question de l’immigration et de l’islam. L’un étant lié à l’autre, avec une malhonnêteté intellectuelle et un esprit de « voyourisme politique » qui font bondir celles et ceux qui ne réfléchissent pas que dans leur miroir, mais qui en séduisent bien d’autres. Qui ne sont pas que Vendéens…

Plus « libéral » que Jean-Marie Le Pen sur les questions économiques, Philippe de Villiers sait que c’est sur le thème de la sécurité et de l’immigration qu’il pourra prendre des voix au Front national. Dans ce domaine, bien que les deux hommes s’en défendent, leurs projets présentent de nombreuses similitudes, qu’il s’agisse de défendre la préférence nationale, l’immigration zéro ou le rétablissement de la peine de mort.

« Philippe de Villiers reste un homme du système, explique Jean-Marie Le Pen. Il vient sur le terrain de mes propositions et parfois de manière exagérée. » (…)« Il aborde le problème de l’immigration à l’envers, par le rôle de l’islam. Or, les questions posées par l’islam sont la conséquence de l’immigration », insiste le président du Front national.

« Il y a dans ce domaine une différence de vision et de contenu. Pour Le Pen, l’immigration pose la question de la race, pour moi, celle de la civilisation. », martèle De  Villiers. Quelles nuances !

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Philippe de Villiers a tout de même un argument que ne peut pas avoir Le Pen : sa légitimité d’élu et de président du conseil général de Vendée lui permet de défendre sa « crédibilité » et de dénoncer le parti «de la protestation et pas de l’action».

La course entre les deux hommes est donc bel et bien lancée. Aucun n’ira à l’Elysée. Mais les deux peuvent troubler la course. Au fait, avec lequel des deux Sarkozy préférerait-il « composer », en cas de besoin ? « Les pommes de terre contre l’ennui, pensez-y » : c’est une campagne publicitaire sur les chaînes de télévision. « Vous souffrez de troubles de l’érection ? » : C’est une autre campagne du même type. Pourquoi en parler ici ? « Consultez votre médecin », dit la Pub….