15/11/2006
Le « PS nouveau » arrive… Un arrière-goût de fruits amers? Bonjours les débats, salut les dégats!
C’est l’heure du vote pour les militants socialistes. Le PS nouveau arrive le jour du Beaujolais nouveau. Mais comme s’interroge le Canard enchaîne : « Pour qui la piquette ? »… La favorite ressemble en fait au Beaujolais nouveau : un mauvais vin, mais une opération marketing remarquable. Quel bon amateur de vin peut-il apprécier ce Beaujolais-là ?
Le « Beauj » normal, un peu vieilli, satisfait plus le palais et l’esprit. Quel goût aura-t-il cette année ? Plus « banane », plus « fraise », plus « myrtille », plus « pêche » ou plus « médicament » ? Un arrière-goût de fruits amers? Bonjours les débats. Salut les dégats! Hollande le vigneron devra assumer...
Les vais amateurs de (bons) Beaujolais (j’en suis) préfèrent celui qui a le goût de la vigne, du terroir, de l’authenticité. Quel goût le « PS nouveau » cuvée 2006 aura-t-il ?

Celui du féminisme misogyne (des femmes machos existent, j’en ai rencontrées, surtout une, l’ancienne pensionnaire de Notre-dame d’Epinal… qui a mis des charentaises à hauts talons et qui rêve des bottes à sept lieues du pouvoir de tous les pouvoirs !) ?
Celui du socialisme affirmé et proclamé mais non réaliste et faussement idéaliste (Fabius, dans la logique du Non au référendum sur l’union européenne aurait fait un bon candidat de l’ultra-gauche,)? Ou celui qui allie idéalisme et réalisme, s’inscrit à 100% dans le mouvement socialiste européen et dégage des horizons d’actions et d’espérance crédibles ?
Si j’étais « sarkozyste », je choisirais Ségolène. Sarko l’a dit d’ailleurs… Quelle facilité en vue dans les vrais débats à venir…Entre « Ségo-bourde », « Ségo-démago » ou « Ségo-bulle » et d’autres interlocuteurs, plus sérieux, plus crédibles, « Sarko-la-frime » n’a pas à hésiter. Même devant Douste-Blazy, Ségo-Thacherine- de- « gôche » n’avait pas faite le poids. C’est tout dire. Une adversaire ? Une faire- valoir… Ses supporters du PS sont trop sensibles aux sondages et à la mode « poeple » (« pipole », dit le Canard)
Si j’étais journaliste au Canard enchaîné, je voterais aussi « Ségostar ». Que d’échos en écho… « Plus belle la vie »…Facile la chronique§ ce ne sera plus « La Cour » (souvenirs de grandeur) mais la « Basse Cour ». Une voie Royale pour l’inspiration et les indiscrétions.

Si j’étais chiraquien, je voterais aussi par Royal. Elle n’est pas plus à gauche que Chirac (elle serait même plus à droite sur un certain nombre de questions) …Et, pour l’histoire, la photo d’une transmission de pouvoirs à l’Elysée avec baise main resterait plus gravée qu’une poignée de mains « entre hommes » (surtout si Nico-le-Petit devient grand par la loi des urnes)
Si j’étais Lepéniste, je voterais aussi pour « Ségolune »…dans la perspective du deuxième tour des vraies Présidentielles. Elle risque de ne pas rassembler autant de monde que Chirac- le- « rad’soc » l’a fait la dernière fois. Et elle serait pour Le Pen , une adversaire moins dangereuse que l’actuel ministre de l’intérieur qui a tout de même un passé gaulliste qui peut le préserver du pire. Sarkosette et Ségozy (ou Segolia) , c’est « blanc bonnet et bonnet blanc », comme disait le PC au moment du duel Pompidou-Poher. Avec un bonnet plus phrygien chez l’un que chez l’une. Scénario du pire pour de vrais « républicains ».
Si j’étais féministe, je ne voterais surtout pas Ségolhaine Royale… Sa révolte anti-machiste est tellement pré-fabriquée et cultivée qu’elle ridiculise la cause des femmes. Gloses toujours, tu m’intéresses. Edith Cresson, pour laquelle j’ai estime, affection et considération, ne s’est pas plantée à Matignon parce qu’elle était et reste femme. Mais ce qu’elle n’était pas préparée à cette fonction (Elisabeth Guigou le dit très bien). Combien d’hommes se sont plantés à Matignon ? On n’a jamais dit que c’était parce qu’ils étaient des …hommes ! Les attaques anti-machistes (injustifiées) de Ségo-la-victime s’apparentent à un archéo-sexisme bien nocif.
Si j’étais UDF, je voterais Fabius (ou Ségolaine) : la chance de Bayrou, c’est de recueillir ce que la gauche « intelligente » peut lui faire gagner pour compenser ce que la droite « bête » (la « plus bête du monde », a-t-on dit) lui fait perdre…
Si j’étais d’extrême-gauche, je voterais aussi pour « Ségolène ». Parce que l’aventure (l’expérience, le risque) « Ségo-mon-égo » peut marquer l’éclatement voire la fin du PS, de ce PS construit par Mitterrand qui n’est pas assuré de l’avenir… si dans l’avenir, il avance à reculons. Et cela n’a rien à voir avec le sexe des anges et des diables (ou des diablesses).

N’étant rien de tout cela et n’étant pas militant du PS, je n’ai rien à dire pour ce vote du jour du « Beaujolais nouveau ». Mais le citoyen que je suis, soucieux des enjeux (régaliens) de la Présidentielle, a le droit de reproduire le message adressé par DSK aux militants du PS.
Je ne fais pas sa « pub ». Je pense qu’il a ce qu’il faut quand on est candidat à la candidature suprême : Un vrai sens de l’Etat. Il ne prend pas la « conquête du pouvoir » comme une thérapie de groupe (ou de masse), mais comme une mission à remplir. Pour ASSUMER le pouvoir.
Face au duo « Sarkozyg » et « Ségopuce », DSK joue dans une division supérieure, dans une catégorie supérieure, dans un registre supérieur. Comme Bayrou, d’ailleurs. Mais ce ne serait pas la première fois qu’à gauche (comme à droite d’ailleurs) les meilleurs seraient sacrifiés sur l’autel des moins bons ou des mauvais.
La dernière fois que j’ai écrit une lettre ouverte « à mes amis socialistes », c’était à l’occasion du OUI ou du Non au référendum. On a vu ce que cela a donné (à cause de Fabius, notamment). Pas de « lettre ouverte », cette fois : juste la reproduction du dernier message de Dominique Strauss-Kahn. Sans illusion. Mais, comme dit justement Jean d’Ormesson, l’Histoire ne naît pas du souvenir, mais de la promesse. Croire, c’est d’abord espérer…

LE MESSAGE DE DSK A LA VEILLE DU 1ER TOUR
« Chère Camarade, Cher Camarade,
La campagne du premier tour touche à sa fin. Il faut en revenir à l'essentiel. Tu vas choisir lequel d'entre nous portera les couleurs de notre parti et demain la responsabilité de la France.
Durant ces semaines, j'ai développé ma vision de ce que pouvait être, pour notre pays, un chemin efficace dans la mondialisation. J’ai arrêté ma priorité : le social. J’ai fixé un objectif : le plein emploi en moins d’une décennie. J’ai défini ma méthode : la social-démocratie et le « président engagé ». J’ai avancé mes principales propositions : le « Pacte de l’Elysée », le patrimoine pour les jeunes, la « grande relance européenne », la restructuration écologique de notre économie. Et, toujours, je suis resté fidèle à l'exigence de vérité sans laquelle il n'y pas de victoire. Tout cela dessine un ensemble cohérent. Durant cette campagne, j'ai avancé avec solidité, méthode, réactivité. Durant cette campagne, j'ai réussi à créer une dynamique, un mouvement, un élan. Ce sont les meilleurs gages pour la réussite de la campagne qui est devant nous, qui sera plus longue et plus dure.
J'ai besoin de chaque voix, dès le 16 novembre, pour faire gagner les idées sociales-démocrates. Je compte sur toi »
Dominique Strauss-Kahn
20:45 Publié dans Edito, Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ps, DSK, Royal, fabius, Présienteilles










