22/11/2008
PS: Impasse sur le Chemin des Dames...
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| Samedi, 22 Novembre 2008 10:08 | |
| Il était 05h50: La direction du PS avait annoncé que rien ne serait proclamé dans la nuit, mais le service de presse du PS officialise avant l'aube grise par un mail étrange envoyé aux journalistes...qui dorment enfin un peu: "A l'issue du second tour de l'élection du premier secrétaire du PS, vous trouverez ci-joint la totalisation des centralisations fédérales. Un conseil national sera convoqué par François Hollande, premier secrétaire" Une formule qui recouvre . deux choses .: D'abord, Martine Aubry l'emporte de 42 Voix... Un écart plus faible encore que tout ce qui avait été envisagé."Le pire des scénarii". Ensuite, les résultats ne sont pas proclamés encore officiellement. Le "sommet" qui marche sur la tête va décider pour une base déboussolée. |
12:04 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ps, socialistes, politqiue, france, strasbourg, aubry, royal
29/10/2007
Une victoire...royale
Heureuse...par procuration, Ségolène! De quoi, pour elle, en oublier les critiques ("dégueulasses", en langage ministériel) de Mélenchon....Mme Royal fait plaisir à voir dans les images du triomphe de la Reine d'Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, élue en famille (puisqu'elle succède à son mari). Et elle en tire des leçons SégoStar!
"Ce n'est pas parce qu'on fait une campagne électorale qu'on doit se vêtir de haillons", a expliqué Cristina Fernandez, citée par Ségolène Royal. "J'ai trouvé fort de sa part cette féminité assumée", a indiqué la socialiste française."Elle est en train d'inventer une nouvelle alliance entre la capacité à exercer une autorité (...) et à garder en même temps sa féminité", a-t-elle ajouté soulignant que "cette exigence (était) très originale".
Ségolène Royal doit quitter Buenos Aires aujourd'hui à destination du Chili où elle être reçue par la présidente Michelle Bachelet. L'Internale des femmes au pouvoir s'est trouvée une Ambassadrice itinérante. Excellente fonction qui permet de rester dans l'actualité people, en souriant. Et pour la France, c'est bien: en dépit de la retraite, nous avons toujours un "Première Dame". Macho, cette réflexion? Un peu conne, oui. C'est mon droit naturel à la rioterie...
12:40 Publié dans Rioteries | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, arhentine, peole, femmes, humour, politique, international
22/10/2007
traité de Lisbonne: L'embarras du PS...
Décidément, les socialistes français oublient l'un des héritages les plus beaux du seul Président de la V ième République qui ait porté leurs couleurs:l'unité européenne... Il hésite le PS! Il cherche l'impossible "synthèse" entre les OUI et les NON qui continuent à être opposés en son sein, malgré des festivals d'hypocrisie des uns et des autres...
C'est officiel (et provisoire): Le Parti socialiste ne s'opposera pas à l'adoption du nouveau traité européen. Il va rechercher "une position collective" qui pourra être "le oui" ou "l'abstention". C'est ce qu' a indiqué, ce lundi 22 octobre, Stéphane Le Foll, bras droit du premier secrétaire François Hollande.
Que c'est beau! Il ne votera donc pas NON à ce traité de substitution qui a le mérite de sortir l'Union d'une impasse dont...bien des socialistes français sont les premiers responsables...
A propos de la ratification du texte, il a indiqué que le PS continuait à être favorable à la procédure référendaire. "Mais, a-t-il ajouté, l'élection présidentielle est passée par là, Nicolas Sarkozy a dit clairement qu'il n'était pas favorable à un référendum". Dimanche, François Hollande avait indiqué que le PS aurait une "attitude responsable", estimant que le texte comptait "des points positifs, des points qui ne le sont pas". Il n'avait pas prononcé le mot d'abstention. Rappel:M. Sarkozy a exprimé le souhait que le Parlement ratifie le texte, le plus rapidement possible, après sa signature formelle, prévue le 13 décembre.
SEGOLENE ROYALE: "MIEUX VAUT UN COMPROMIS QUE RIEN"
"Même imparfait", le traité adopté par les Vingt-Sept cette semaine à Lisbonne "peut remettre l'Europe en marche", estime Ségolène Royal dans un entretien à Libération. "Mieux vaut un compromis que rien", fait valoir l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle française, qui aurait souhaité un nouveau référendum mais refuse d'en faire une "question de principe".
"Nous n'avons pas de temps à perdre à nous diviser", souligne-t-elle, appelant les socialistes français à "faire bloc" avec leurs homologues européens. "Je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l'Europe en marche (...) L'intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante", explique Ségolène Royal. "C'est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l'étape suivante : la préparation du traité social", insiste-t-elle. Au moins, cela a le mérite de la clarté...
RAPPEL: En décembre 2004, le PS français avait organisé un référendum interne sur le précédent traité constitutionnel européen. La consultation s'était soldée par un "oui" massif, quelques mois avant la tenue d'un référendum au niveau national. Les socialistes s'étaient ensuite divisés entre partisans du "oui" et opposants au traité, conduisant le parti au bord de l'implosion. Le 29 mai 2005, plus de 55 % des Français avaient finalement rejeté le texte.
Jean-Pierre Chevènement (qui a été l'un des conseillers de ségolène Royale durant la campagne des Présidentielles) considère le traité simplifié adopté par les Vingt-Sept la semaine dernière à Lisbonne comme une "entourloupe" et réclame qu'il fasse l'objet d'un référendum en France."On se moque du monde, on se moque du peuple Français", a déclaré sur France 2 le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen. "Je demande à tous les citoyens de faire pression sur leurs députés pour qu'ils ne se prêtent pas à cette mascarade et que tout le monde exige un référendum", a ajouté l'ancien ministre, qui estime que le texte rejeté par les Français en mai 2005 n'a subi que "quelques modifications de forme" depuis lors.
14:20 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, PS, traité de Lisbonne, hollande, royal, chevènement, france
15/07/2007
Atteintes à la vie privée…
Quand Sarkozy fait, sur le perron de l'Elysée, une déclaration d’amour à Cécilia et à une de ses filles, (« belles les deux », il a raison…), on est dans quoi ? Dans le public ou dans le privé? Dans un moment d'Etat ou dans une confidence publique à caractère privé? Dans le jeu ou dans la sincérité? Dans une fête pour le peuple ou pour le people?« Nous voulons de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie », remarquait Jules Renard...

Quand la presse s’amuse d’une photo souriante de Sarkozy ravi de dépingler la médaille de l’ordre du mérite sur une poitrine qui ferait triompher le sens tactile sur le bon sens, on est dans une forme d’irrespect ou d’humour ? Un homme d’Etat conserve son état d’homme. Les femmes aussi d’ailleurs,, heureusement.

Quand l’ami Jean Quatremer, sur son euroblog allongé, révèle (ou sous-entend) sur DSK quelques tendances sans lesquelles il aurait moins de charme mais avec lesquelles Anne Sinclair et nos diplomates doivent composer si ce gout pour les jupons est effectif, que fait-il ? Du journalisme d’investigation et de transparence ou des insinuations (diffamatoires?) de « fouille-poubelle » envieux des succès de la presse people? Attirer, c’est plus tirer vers le bas que vers le haut…La presse dite people (pipole) ne le montre que trop…

Quand Ségolène Royal, en femme outragée qui se sent harcelée, fait un procès à Match pour une photo de vacances bien innocente et sans intérêt, que fait-elle ?
Un geste d’autodéfense bien légitime (après d'autres "atteintes") même si cette « femme fatale » qui avait convoqué les caméras pour un accouchement a fait une partie de son chemin public en jouant (plus ou moins bien) sur le piano d’un marketing politico-médiatique qui implique une bonne dose de narcissisme pas toujours pudique ? Ou…de la pub (involontaire) pour l’hebdomadaire (en l’occurrence en panne d’inspiration) ? Ou de l’autopromotion par posture victimaire et imposture primaire ?
La « femme fatale » finit par rendre bien banal le recours aux avocats pour des causes qui font causer sans grande conséquence
Vie privée/vie publique…Malgré son tact et son sourire pudique,
Mireille Dumas reflète, à sa manière, cet exhibitionnisme ambiant et galopant qui nous transforme tous (ou presque) en des pornographes de l’âme que Restif de la Bretonne ne pouvait imaginer…
« Si j’avais un secret pour concilier vie privée et vie publique, je le vendrais », ironisait Sean Connery… Cela n’est pas vrai que dans le spectacle, le cinéma, les média et la politique. Rassurons-nous. Avec Pierre Assouline : « Dès lors qu’on a une vie intérieure,on mène déjà une double vie ». Et avec Alphonse Allais : « la vie est comme on la fait ». Ou la défait.
Pendant que notre « peoplecratie » qui est aussi une « médiacratie » se chatouille l’épiderme avec ce type de faux événements, l’information essentielle de la semaine en matière de protection de la vie privée, donc de droits de l’homme et de Liberté n’a guère été commentée, sauf dans des cercles spécialisés où l’on sait ce que prêcher dans le désert veut dire.
La Commission nationale informatique et liberté a publié un rapport plus qu’accablant et plus qu’inquiétant. « Si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans ! », lance son président en lançant une "alerte à la société de surveillance" que lance aussi la « Commission de Venise » du Conseil de l’Europe.
On apprend au passage que la CNIL est la commission de ce type qui en Europe dispose des moyens et des pouvoirs les plus faibles. Souriez, vous êtes filmés. L'oeil invisible nous regarde; Prenez garde, vous êtes fichés (avec des risques d'erreurs considérables) . Les disques durs nous emprisonnent.
Sachez-le: vous n’avez plus de vie privée. Réflexes sécuritaires et progrès technologiques : dans
cette société liberticide à tendances totalitaires "soft", il y a vraiment plus grave qu’une photo anodine dans l’eau bleue d’une plage corse.
Au fait, on a peu entendu et Royal et les autres dirigeants socialistes sur ces atteintes constantes et générales à la vie privée. Il est vrai que notre « traçabilité » (comme on dit pour les bêtes d’élevage) est telle que notre portable nous localise, que notre ordi nous trahit, que nos cartes de paiement ou de crédit sont prêtes à nous discréditer, et que même en vélo dans les rues de Paris, une puce nous accompagne...
Mais, comme dit Sarkozy, il faut des règles pour jouir des plaisirs de la transgression…Michel Polnareff a raison de ne plus fuir le fisc aux USA et de ne plus afficher ses fesses sur les murs de Paris Il joue jouer gagnant en misant sur les gagneurs:"je vous dit merde, monsieur le Préséident, et on ira tous au paradis".
Un monde sans espionnage, le "paradis"? Chut! Dieu nous espionne tous depuis longtemps: on me l'a appris au cathéchisme...D'ailleurs, Adam n'a pas pu croquer la pomme d'Eve en cachette. Tout finit toujours par se savoir!
19:05 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, politqiue, justice, liberté, droits de l'homme, sécuité, royal
06/07/2007
Schrek (suite): Le tiercé du Prix du Président de la République
04:35 Publié dans humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, humour, blog, web, sarkozy, royal, bayrou
28/06/2007
Le "sage" Fabius flingue Ségolène
Fantastique FABIUS, l'homme qui a le plus tué le projet de Constitution pour l'Europe en faisant campapagne contre le OUi décidé démocratiquement par son parti! Il se veut "sage actif", ne se mêlant pas aux controverses quotidiennes qui discréditent le PS. Mais le "sage" cogne. Et çà fait mal, puisque ce qu'il dit n'a, en l'occurence, rien de faux...
Laurent Fabius dénonce le "triple déficit" de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle et reproche à l'ex-candidate d'avoir tenu à l'écart les principaux responsables socialistes, dont lui-même, dans une ITW au Monde. "Un triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité",Pour Laurent Fabius, on ne gagne pas une élection présidentielle "en demandant à chacun ce qu'il ou elle veut, mais en proposant une vision, un dessein capables de faire progresser la France et les Français tout en convainquant qu'on est soi-même capable de les conduire."
Interrogé sur les critiques formulées par Ségolène Royal, qui estime ne pas avoir été assez soutenue, le dirigeant socialiste répond : "Notre candidate a plutôt choisi de tenir à l'écart les principaux responsables socialistes.""Ce fut sa décision. Pour ma part, j'étais totalement disponible et je le lui ai dit", précise-t-il.
Laurent Fabius reproche en outre à Ségolène Royal d'avoir affirmé que le smic à 1.500 euros et la généralisation des 35 heures étaient "des idées qui ne sont pas crédibles" tout en faisant campagne sur ce thème.Selon lui, ces propos posent la question "de la sincérité en politique."... Un sujet qu'il connaît bien!
00:40 Publié dans Notes politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, royal, fabius, gauche, politique
21/06/2007
Les aveux tardifs de Ségostar : La « femme fatale » perd ce qui lui restait de crédibilité
Ségolène Royal reconnaît avoir dû défendre des idées qu'elle ne jugeait « pas crédibles »
L’AVEU. De mensonge. De manque de sincérité. De médiocrité. Comment accorder quelque crédibilité à quelqu’un qui, après avoir eu la prétention de gagner la confiance des Français pour accéder au pouvoir suprême de la République, reconnaît, une fois la défaite non admise mais venue, qu’elle avait soutenu des idées qu’elle ne partageait pas, pris des engagements dans lesquels elle ne croyait pas et qu’elle se sentait prisonnière des archaïsmes et des « retards » de son parti… ?
Scandaleuse, la « femme fatale » ! Fatale pour les idéaux qu'elle prétend incarner. Désirs brisés.Et avenir bouché...

Je n’ai jamais été tendre pour Ségolène. mais je n'ai pas été assez sévère, quoi qu'en disent mes amis socialistes.
Mon intuition était bonne : quelque chose, en elle, sonne faux. Même dans ses prestations les moins mauvaises. BHL aurait du le voir et l'entendre aussi...
Mon analyse était fondée : son « désir d’avenir » était plus un désir de pouvoir être que de pouvoir faire. Et la consistance, la cohérence et la pertinence de son "pacte" ne résistait guère à un examen attentif. Rocard, DSK et d'autres l'ont vu, mais bien peu ont eu le courage de la dire...
Transformée durant la campagne interne du PS en femme-objet marketing, en tête de « couv » glacée des magazines, en vedette des plateaux télé, bref en petite reine de la Star’Ac de la politique-spectacle, celle qui « s’autorisait tout » s’est permis de mentir à ses militants, à ses supporters et aux Français .

Smic à 1 500 euros, généralisation des 35 heures. Y en a-t-il d’autres ?... Selon Ségolène Royal, « ce sont des idées qui ne sont pas crédibles, pas cohérentes avec le projet socialiste ». Elle a « dû les reprendre dans son pacte présidentiel », a-t-elle précisé, lors de l'émission Question d'info (LCP-Le Monde-France Info). La pauvre... Elle a du défendre des causes indéfendables! Les avocats le peuvent:pas les candidats à l'Elysée... Se trahir soi-même sur l'autel de ses propres ambitions, c'est le comble de l'arrivisme...
Parlant du smic à 1 500 euros brut en cinq ans, « qui est une idée phare de Laurent Fabius », Mme Royal a rappelé que la mesure n'était pas évoquée dans sa « profession de foi ». Ce qui ne l'a pas empêché de crier :"je m'engage à...", sous les applaudissements de la foule des militants enthousiastes. Cependant, a-t-elle ajouté comme pour s'autoexcuser, « certaines mesures [étaient] en même temps politiquement fondées : le message politique était de dire que les socialistes sont favorables à une augmentation des bas salaires ». Ah! Oui. Et comment?
Ségolène Royal a aussi estimé que l'entrée dans le gouvernement Fillon de personnalités de gauche ou issues de la diversité devait « interpeller le PS ». « Cela doit faire réfléchir. Je pense que la gauche a été en retard, les socialistes ont été en retard", a-t-elle affirmé. Sur ce point, elle a raison.

Mais qui a écoeuré Besson, qui a découragé Kouchner, qui a méprisé Bockel (comme tous ceux qui ont présidé en région ses comités de soutien)? C'est elle. Et c'est elle qui s’est voulue cheftaine de ce train en retard. Qui ne semble pas prêt de se remettre sur les rails d'une "vonté d'avenir".
Evoquant l'idéologie socialiste, l'ex-candidate à l'Elysée a jugé qu'il fallait « remettre en cause un certain nombre de choses ». Selon elle, il faut « tout revoir de fond en comble, y compris le vocabulaire ». Elle s'est dite « favorable à ce que les militants soient le plus rapidement possible appelés à trancher une ligne et des priorités » car « sinon, il y a un risque d'inertie » et de départ des militants.
Tout cela est vrai. Mais l’aveu d’un mensonge n’efface pas le mensonge, la tromperie, l’escroquerie intellectuelle et morale. La première ligne, c’est la clarté des engagements et la sincérité des discours. La priorité des priorités, c’est l’honnêteté intellectuelle de celles et de ceux qui prétendent guider le peuple et gouverner le pays.
Le PS vient d’aggraver son cas. Gravement. Vraiment très gauche et maladroit. Intrinsèquement. Pathétique, Royal. Pathétique, Hollande… Et leurs histoires de cœur n’ont rien à voir avec tout cela.

Les cocus, ce sont ceux qui ont fait confiance à une candidate qui renie ses propres engagements. Qu’aurait-elle bien pu faire une fois à l’Elysée ? Elle n’a pas implosé en vol, contrairement à ce que le simple bon sens auraut voulu, durant la campagne. C’est vraiment dommage.
Son tort n’est évidemment pas d’avoir, aujourd’hui, raison sur le fond. Mais d’avoir osé se présenter en agitant un drapeau qu’elle voulait ou aurait du piétiner, déchirer.
Désolé, Madame. Vous n’êtes guère crédible aujourd'hui (et votre parti non plus) pour critiquer Sarkozy. S’il est où il est, s’il peut jouer les « Bonaparte de l’Elysée » c’est d’abord grâce, ou à cause, de vous… Sarko avait raison:Vous avez été et vous restez sa "meilleure ennemie". Alors…Silence, Madame. On tourne. Votre page! Avec gravitude.
Daniel RIOT
13:25 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, royal, PS, démocratie, présidentiielles
29/05/2007
Mon carnet de campagne : Le « bon choix » de Sarkozy

Le Havre, port d’attache ! A jumeler avec Verdun-sur-le Doubs où Giscard Président indiquait son « Bon choix pour la France » à des Français qui lui ont dit vite « Bonchoir »…
On feint de s’en scandaliser à gauche, où l’on oublie l’interventionnisme électoral de François Mitterrand. Ce qui permet à Patrick Devedjian, le nouveau Gardien en chef de l’Armée UMP de confirmer que la droite au pouvoir est totalement « décomplexée » : "Le président de la République est cohérent. Le projet qu'il a défendu à l'occasion de l'élection présidentielle, il le défend à l'occasion des élections législatives", a-t-il déclaré. "C'est beaucoup plus honnête de défendre son projet dans un cadre politique (...) que de vouloir faire croire qu'il est au-dessus de tous les partis". De Gaulle, reveilles-toi...
Sarkozy, lui sourit : il sait que les images qui seront diffusées sur cette « réunion républicaine » auront plus d’impact que celles statiques d’une intervention télévisée sur l’importance des enjeux et la nécessité d’aller (bien) voter. Au fait, si contre tous les pronostics, L’UMP perdait les Législatives, le nouveau Président ferait-il ce que feront les ministres candidats battus ? Scénario impossible…Je devrais aller faire un jogging:il paraî que c'est un bon moyen de passer dans les JT...
D’ailleurs, dans sa prestation havraise, Sarkozy ne pense pas qu’aux Législatives : il est accompagné de la ministre de l'Agriculture, Christine Lagarde. Cette Havraise d'origine pourrait former avec Antoine Rufenacht un ticket lors des municipales de 2008…
Les municipales, qui n’y pense pas ?
Quand on lit un peu ce qui s’écrit dans les journaux sur la situation dans quelques circonscription, que trouve-t-on ? Des études de rapports de forces dans des circonscriptions « incertaines » (la première à Strasbourg, par exemple) ou chargée de force symbolique (celle de Bayrou) par exemple. Des clins d’œil « people » ( Francis Lalanne parachuté par Waechter contre le porte parole des Verts à Strasbourg, par exemple). Et surtout, partout, des projections sur les municipales… A croire qu’en France, il faut toujours avoir dans la tête une élection d’avance… Ce qui n’est évidemment fait ni pour clarifier les enjeux (et les jeux) et ni pour respecter les champs de compétences (ou d’incompétences) des instances et des élus. Tant pis si les citoyens s'y perdent!
Je me suis régalé (si l’on peut dire) en lisant les articles du Figaro et de Libération consacrés aux Législatives dans la première circonscription de Strasbourg. On fait parler le « tandem UMP » qui dirige la Ville plus que les candidats aux Législatives.

Les tireurs de ficelles
Il est vrai que le « tandem » tire bien des ficelles dans cette circonscription (et dans les trois autres de l’agglomération)… Parlant de la défaite de Robert Grossmann dans cette « Une » lors du dernier scrutin, la journaliste du Figaro (que Yolande me pardonne !) fait un joli lapsus en évoquant le fait que l’actuel sortant socialiste avait battu « Robert Grossmann et Fabienne Keller de 121 voix ». Unis même dans la défaite, la sénateur--maire et l’ancien Président national de l’UJP ! Unis surtout dans leurs soutiens et dans leurs calculs politiciens. Des calculs peu payants pour Sarkozy au deuxième tour des Présidentielles, comme s'il avait souffert d'un réflexe anti-tandem au bénéfice de Ségolène Royal.
A Strasbourg, la droite se paye le luxe d’une primaire entre une conseillère régionale connue (exclue de l’UMP) parce que le « tandem » a voulu une candidate bien à lui, fidèle et reconnaissante, bien de la famille » même. Elle sera portée par la « vague bleue », bien que l’exclue s’inscrive elle aussi dans le « courant Sarkozy ».Et comme dit Grossmann dans Libé, « il est important d'avoir un député qui appartient à l'exécutif de la municipalité.»
C’est sans doute pour cela que dans cette circonscription, le suppléant de la candidate UMP investie est flanquée d’un élu municipal qui s’accroche abusivement (recours est lancé) à l’étiquette UDF. Cela entretient la confusion au Centre et vise d’abord à gêner Chantal CUTAJAR, qui est investie par l’UDF-Modem et qui avait été virée de "l’exécutif" municipal à la suite de désaccords de forme et surtout de fond avec le « tandem » qui avait utilisé la bonne image, la crédibilité et les compétences de cette « personnalité de la société civile » durant sa campagne, avant de se rendre compte qu’elle avait trop de compétences , d’exigences et de force de caractère pour jouer les dociles servantes d’un « exécutif » expert en exécutions et pour cautionner une politique avec laquelle elle avait (et a) bien des désaccords.

Des éléphants aux mamouths
Dommage que dans ce type d’articles, les journalistes ne s’attardent pas davantage à la personnalité des candidats en concurrence : cela privilégie les « étiquettes » alors que l’élection d’un député devrait d’abord être un contrat de confiance entre une personne et le peuple.
Ce que je viens d’écrire est en partie faux : Les articles de Libé décrivent bien le secret de la réussite du sortant socialiste de cette première circonscription : « labourer le terrain sans relâche ». Son précepte est simple : «Là où il y a des gens réunis, j'y vais.» Son agenda ne prévoit pas de grande réunion publique. «Je fais rue par rue, quartier par quartier, raconte le député. En ce moment, j'ai trois réunions par jour, avec 10 à 50 personnes, dans des salons de thé, des restaurants, chez des particuliers. Mais ça fait des années que j'agis comme ça. Ça ne se voit pas mais c'est terriblement efficace. C'est comme ça que j'ai pu tisser un maillage.»
Le problème, c’est que son bilan législatif est plutôt maigre… On ne peut pas tout faire : du labourage de conseiller général et une représentation du peuple digne de ce nom à Paris. Quand la convivialité fait office de crédibilité…
C’est aussi avec ce type de candidat que la parti des éléphants est devenu celui des mammouths. La « rénovation » annoncée au PS aurait sans doute dû commencer par un renouvellement de quelques sortants du parti de la « rose au poing ». Mais les laboureurs de terrains sont aussi des verrouilleurs de sections. Ainsi prospèrent les poids lourds et les poids morts. Mais le PS n’a pas le monopole de ces pratiques arthritiques…
Bayrou avait le mérite de prévoir des « mandats uniques et exclusifs » pour les députés… mais c’est peut-être cela qui explique (aussi) l’hémorragie « morinesque » vers le PSLE /Nouveau centre Celui s'est crée ce matin avec un souci tactique clair:tirer parti du succès de Bayrou pour le "kärcheriser", conformément aux ordres de l'Elysée. Le miniqtre de la défense passe à l'attaque.
A propos, dans « 20 minutes », Morin reconnaît qu’il ne se fonde pas dans l’UMP pour permettre à la « majorité présidentielle » d’afficher plusieurs couleurs et pour que son groupe puisse bénéficier de l’aide publique aux partis politiques… Belle franchise ! Culte des apparences et intérêts bien compris…

«Mes racines sont mes branches »
Francis Lalanne ne fait pas ce genre de calculs. Antoine Waechter , patron du MEI, les fait pour lui. Je ne résiste pas au plaisir de citer un extrait l’article de Libération :
« Pour se décrire, Francis Lalanne aime les images : «Je suis un arbre en voyage, mes racines sont mes branches.» Voilà que le vent a porté l'arbre jusqu'à Strasbourg pour l'y planter, il y a dix jours, au beau milieu de la 2e circonscription du Bas-Rhin, l'une des plus ouvertes du département. Francis Lalanne était chanteur, «poète» et «intellectuel». Désormais, il se lance en politique (…)
Ecolo, Lalanne ? «Il suffit d'écouter mes chansons.» Les fans jugeront. Il explique être contre «l' homo politicus et la mainmise des grands et moyens partis», qu'il compare à des «sectes». «On a besoin de voir arriver dans la vie politique une émanation du peuple souverain» , estime le chanteur, qui se présente aux électeurs en «homme libre qui offre ses services à la cité comme un chevalier offrait son épée au service du prince». «Francis a une sensibilité romantique, reconnaît Antoine Waechter. Mais il a une grande intelligence de situation, de la repartie et de la présence dans les médias. Je l'accepte volontiers comme porte-parole.»

Pour l'autre candidat écologiste, l'ex-secrétaire national des Verts Yann Wehrling, c'est la soupe à la grimace. Que le MEI lui balance le chanteur dans les pattes «est un acte particulièrement belliqueux» , estime celui qui a décidé de «travailler son ancrage local» : «J'ai vingt ans de militantisme derrière moi, Lalanne débarque et il donne des leçons à tout le monde, c'est insupportable !» lâche Wehrling, qui n'a pas digéré les saillies de l'homme au catogan contre l'ancrage à gauche des Verts («Le vert avec du rose dedans, ça fait du marron») .
Pour lui, la situation est d'autant plus difficile que, faute d'accord avec le PS, il doit faire face au socialiste Philippe Bies, conseiller général de l'un des cantons de la circonscription. En 2002, la candidate des Verts avait réuni 4,03 % des suffrages. Wehrling fera-t-il mieux ? Bien décidé à lui couper l'herbe sous le pied, Francis Lalanne annonce qu'il va «mouiller le maillot». Chez les Verts, on surnomme désormais Waechter «le maître chanteur».
Pendant ce temps-là les écologistes se rallie au MoDem où "cap 21" de Corinne Lepage inscrit son action avec intelligence. l'Orange et le Vert se marient bien , non. Vigilance etespérance!

Quel concert au Zénith ?
A propos de « chanteurs », qui poussera le mieux la voix de l’unité ce soir au Zénith ? Delanoë voulait chanter le premier. Pour donner le ton. Ségolène a imposé son « la »… Après trois semaines de flottement et un meeting tristounet, "couleur marron", mercredi à Bordeaux, les poids lourds PS se retrouvent, en effet ce soir, pour la première fois depuis… les primaires internes de la fin 2006. Mobilisation en vue des législatives et discrétion quant à leurs ambitions de rigueur. Mais Royal, Delanoë, Strauss-Kahn, Fabius et Hollande, outre dix minutes de temps de parole chacun, ont, en commun, de la suite dans les idées. Et dans les arrière-pensées !
« Je n’exclus rien et je ne m’interdis rien » répète Ségolène à qui veut l’entendre. Pour l'ancienne candidate socialiste, "aujourd'hui, le temps est à la mobilisation pour les élections législatives et ensuite il faudra refonder le logiciel de la gauche". "Il faudra s'inscrire dans la continuité de l'élection présidentielle ». C’est-à-dire ? Dans la continuité de la défaite ? Là, je deviens méchant. Plus que Baylet le radical…"Tous ensemble, tous ensemble, tous..."
Daniel RIOT
12:40 Publié dans Législatives 2007 Carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, législatives, strasbourg, presse, sarkozy, bayrou, royal
26/05/2007
Les syndicats sous le charme de Sarko:Larmes à gauche
Sarkozy ou la force souriante

Il n’a rien d’un psycho-rigide, Nicolas Sarkozy. Surtout pas maintenant en cette période de campagne pour des législatives qui s’annoncent gagnées d’avance mais qu’il veut transformer en « sacre ». Même sa conception de la négociation, de la concertation et des réformes sociales change, en apparence. Il n’en est évidemment pas encore à imiter ce que proposait Bayrou, mais il s’en inspire. Fortement. Les udf-MoDem doivent d’en réjouir : cela confirme la justesse des vues de Bayrou et la nécessité d’envoyer au parlement non des « béni oui-oui », capables de tout approuver ce que décide le gouvernement (même s’ils ne sont pas d’accord) mais des députés sans oeillères,sans consigne, ouverts, indépendants et libres. Soucieux de promouvoir une « démocratie sociale » authentique et vivante.
Sur la méthode (actuelle) de Sarkozy et « force souriante », Le Monde écrit : « C’ est peut-être la force de la méthode Sarkozy. En sortant de leur rencontre avec le président de la République, vendredi 25 mai, chacun des partenaires sociaux a cru entendre dans ce que lui disait Nicolas Sarkozy une confirmation de ce qu'il était plus ou moins venu chercher. Ce qui, à la sortie, donne des syndicalistes et des patrons plutôt contents. Le risque existe alors, une fois les éclaircissements apportés, de la déception ». Bien vu, non ? Cela ne facilite pas le travail de la gauche en campagne, évidemment…

Attention, elle plonge !
Coucou, la revoici. Après trois semaines de vacances et de silence, Ségolène plonge dans la campagne des législatives. Il était temps. Le Figaro peut ironiser facilement : « POUR quelqu'un censé accompagner les socialistes vers « d'autres victoires » et qui se disait « disponible » pour aider les candidats aux législatives - voire pour incarner le leadership du PS -, Ségolène Royal commençait à paraître bien silencieuse ». C’est pour mieux parler, bien sûr. Les voix des dirigeants du PS, hollande en tête ; sont tellement faibles, et portent si peu de messages qu’elle est sûre de mieux faire qu’eux. La comparer, c’est l’adopter !
Mardi, elle parlera la première lors du meeting de Paris, qui doit réunir tous les « ténors » socialistes. Tiens, tiens, il y a zncore des ténors au PS ? …. Les jours suivants, elle compte se rendre dans plusieurs départements pour s'y afficher, à chaque fois, avec « tous les candidats » socialistes.Elle compte se rendre notamment à Lyon, dont le maire Gérard Collomb est l'un de ses partisans, dans les Alpes-de-Haute-Provence, où se présente son ancien directeur de campagne Jean-Louis Bianco, à Marseille, où l'un de ses fidèles, Patrick Mennucci, est candidat. Elle ira aussi en Charente, où Malek Boutih, un autre de ses partisans, est en difficulté.
Interrogé sur le silence de Royal, le porte-parole Benoît Hamon s'est agacé : « La parole du PS ne se résume pas à l'addition des paroles de ses leaders. » Mais elle consiste en quoi, alors ?
Jospin : Le retour (suite)
Coucou (bis) : lui aussi fait sa réapparition. En déplacement vendredi 25 mai à Notre-Dame-de-Gravenchon en Seine-Maritime, pour soutenir son ancien collaborateur Aquilino Morelle aux législatives, il inscrit sa démarche dans une volonté "de rassemblement". Il a mis en garde le PS, l'exhortant à "prendre le temps"."Les socialistes doivent être rassemblés pour les élections législatives", a souligné l'ancien Premier ministre devant la presse. "Moi, j'ai décidé de venir sur le terrain. J'ai fait toute une série de réunions et je m'exprimerai pour dire pourquoi il faut un contrepoids à gauche, une opposition solide à l'Assemblée nationale". Et l’adversaire, ce n’est pas le … PS qu’il faut démythifier, c’est Sarkozy qu’il faut « démytifier ». Vaste programme !

Le PS cocufié par les rad’soc (suite)
Pauvre Hollande ! Non seulement les querelles internes du PS lui donnent une très mauvaise mine, mais le jeu des radicaux de « gauche » le fait tourner en bourrique.il n’apas déchiré son accord électoral avec le MRG, il a cryu sur parole les mises au point de Baylet après son pas de deux avec Sarkozy. Mais le patron de la Dépèche du Midi se situe (déjà et encore) au-delà des législatives. Dans la « ligne Tapie » du « rapprochement » voire de la fusion avec Borloo

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Dans un courrier aux militants, le président du Parti radical de gauche relève de "réelles convergences avec la nouvelle vision exprimée" par le président "beaucoup moins à droite que sa campagne".Et il confirme sa volonté de cocufier publiquement et sans retenue Hollande et le PS. Avec « audace et courage ». Borloo n’a même plus besoin de lui tendre les bras : Baylet lui saute déjà sur les genoux, avec un cri d’espoir : « Le vrai Centre c’est nous ». Ah ! ces radicaux ! il semble que déçus par ce ballet d’une autre époque ombre de militants du parti radical aient rejoint le MoDem. Une belle recomposition politique. Non ingrat, Baylet reconnaît : « C’est le vote Bayrou qui nous force à la réflexion »

ALLEGRE JOUE DELANOE
Il a dit NON, poliment mais sans allégresse, aux propositions de Sarkozy. Pas de mission spéciale pour la réforme de l’Université. Et pas de ralliement… Claude Allègre reste au PS. Et espère en une Révolution Delanoë… tout en redoutant que Ségostar fasse main basse sur ce Parti envers lequel il est plus critique que quiconque.
Son ITW à Libération vaut qu’on s’y attarde. Extraits :
>>> « Hollande a été un ami. Mais là, je suis vraiment fâché contre lui. Il nous a pris pour des imbéciles. Il a accumulé les combines, pensant qu'il finirait par être désigné candidat. Il croyait que Royal allait s'arrêter. Elle n'a pas le talent nécessaire, mais une niaque pas possible. Mitterrand puis Jospin avaient su, avec les groupes d'experts, attirer des talents. Hollande, lui, a préféré s'entourer de magouilleurs incompétents. On reste confondus d'apprendre que le PS n'a rien demandé pour élaborer son programme à des gens comme Martin Hirsch, Jacques Attali, Hubert Védrine, Bernard Kouchner, Denis Olivennes et tant d'autres, tous membres du PS. Le parti a fait de l'incompétence le gage de la démocratie, Ségolène disant même : «Nous n'avons pas besoin d'experts !» Sarkozy a, lui, récupéré les compétences, en ayant le courage d'affronter ses partisans. Que Jean-Pierre Jouyet, le meilleur ami de Hollande soit passé chez Sarkozy, c'est symbolique.
>>>> Ce ne sont pas les socialistes qui sont nuls, c'est la direction du PS. Avant le congrès du Mans, nous avons eu le plus faible secrétariat national de notre histoire. Mais il y a des députés, des maires qui font du très bon travail, qui défendent un idéal, des gens formidables. C'est cela le PS, pas les apparatchiks parisiens !

>>>> Ségolène Royal risque de prendre le leadership de la gauche. Elle va tenter de refaire une sorte de FGDS, de Fédaration de la gauche démocrate et socialiste. La seule personnalité qui puisse lui résister aujourd'hui, c'est Bertrand Delanoë entouré de quelques jeunes comme Benoît Hamon, Stéphane Le Foll, Annick Lepetit, Clotilde Valter ou Harlem Désir. Il pourrait rénover le PS. Il a des convictions authentiquement socialistes mais aussi la compétence et le talent. Car la rénovation du PS, ce ne sont pas les vieux qui la feront. C'est aux jeunes de prendre la main. »
Les malheurs du PC
Marie-George Buffet a le blues. Pour cause : 1,92 % ! C’est historique…mais il est des façons plus dignes d’entrer dans l’histoire… On l’a dit déprimée, au bout du rouleau. Personne n’aimerait être à sa place. Pourtant, cette place on se la dispute déjà…

Résultat, place du Colonel-Fabien, une poignée de noms circulent, qui pourraient incarner ce renouveau. Dont trois jeunes : Patrice Bessac, 28 ans, conseiller régional d'Ile-de-France, le chouchou de MGB Olivier Dartigolles, 36 ans, porte-parole du PCF, et Marie-Pierre Vieu, 39 ans, conseillère régionale de Midi-Pyrénées. Un coup de jeune au PCF ; c’est l’une des conditions de la survie. Mais c’est quoi être communiste en France, en 2007 ? La crise est plus identitaire et idéologique que générationnelle… La question -clef: y a-t-il des jeunes npn passéistes au PCF? C'est la questiion qui se pose dans tous les partis de gauche, d'ailleurs.
19:15 Publié dans Législatives 2007 Carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, royal, PS, social, syndicats
24/05/2007
Mon carnet de campagne: A gauche, gauche...
Le PRG débattra avec le Parti Radical

Jean-Michel Baylet, président du PRG, affirme avoir obtenu la confiance du bureau national de son parti sur son idée d'ouvrir un "débat" avec le Parti Radical co-présidé par Jean-Louis Borloo après les législatives. En fonction des résultats obtenus dans les circonscriptions offertes en cadeau (intéressés) par le PS, sans doute…
"Ce débat", selon lui, doit porter "sur des sujets précis, comme l'Europe ou l'urgence sociale", dans le but de voir "si nous constatons un certain nombre de convergences qui pourraient nous amener plus loin politiquement". "Jamais je n'ai proposé de renier nos alliances ni de rejoindre l'UMP" a toutefois précisé le président du PRG. S’il le dit…

Le chant du départ
C’était attendu : Il l'a lui-même annoncé mercredi après-midi, sur le plateau de LCP, dans le cadre de l'émission Question d'infos: François Hollande ne sera pas candidat à sa propre succession à la tête du Parti socialiste. Propulsé Premier secrétaire du PS en 1997, le compagnon de Ségolène Royal, actuellement très contesté, devrait laisser la place à l'issue des élections législatives. A qui, la bataille des Législatives se double déjà d’une autre guerre, interne celle-là. Sarkozy l’a dit aux responsables de l’UMP : il parie sur Ségolène ! Les sondages aussi , apparemment..
Sarkozy rêvait d’avoir Ségolène en face de lui cette année. il rêve encore de l’avoir en 2012. Qui disait qu’une seule « grande personnalité » manquait dans le gouvernement Fillon ? Séguéla la publicitaie ou d’Ormesson. ? Jean d’Ormesson… « Et toi mon cœur, pourquoi bats-tu ? ».

Pas charitable, FIllon
Pas de pitié: le Premeir ministre (qui trouve des accents de plus en plus sarkoziens et semble de plus en plus à l'aise dans ses baskets) n'hésite pas à tirer sur les ambulances. Il a traité les dernières déclarations de Hollande de "pitreries" et le trouvé "pathétique" et "hypocrite"... Il lui donne même des leçons d'opposition "intelligente"... Les porte-paroles du PS s'en sentent offusqués et insultés. "Arrogance"! Fillon s'en moque: la télé a bien répercuté ses attaques. Elles étaient faites pour pour cela... Il n'y a pas à dire: la victoire donne des ailes...
Ségolène prend son temps
Elle n’était pas à Bordeaux, où Hollande était bien seul pour un « grand meeting » en terre de Juppé. Et les « observateurs politiques », comme les supporters du PS s’interrogent. Djerba, d’accord. Mais la campagne est courte, non ? Et on avait dit qu’elle était très demandée par des candidats légitimement inquiets…
Selon les échotiers, elle est à Paris, où elle voit beaucoup de monde…. Ses déplacements sur le « terrain » ? Son agenda est rempli à partir de la semaine prochaine : « c'est là que la campagne va réellement démarrer ». Elle fait monre de patientitude, Ségo...

Mais il y a des mauvaises langues partout…Au PS, on dit volontiers que Ségolène Royal et son équipe prennent toujours « les sondages pour boussole ».Comme ceux-çi ne sont pas bons pour le PS, elle se fait rare pour « éviter d'écorner son image en l'associant de trop près à une défaite aux Législatives ». « Défaite », c'est un mot qu'elle n'aime pas, en effet..
Et qui ne la comprend pas ? Pour elle, elle n’a pas gagné les Présidentielles « à cause du manque de mobilisation du parti » (même si elle s'est isolée toute seule!) pourquoi risquerait-elle de perdre son aura dans une "non victoire " annoncée du même parti. D’ailleurs, plus le résultat sera mauvais, plus la prise du parti sera aisée pour elle, non ? « Tous ensemble, tous ensemble, tous…. »
03:40 Publié dans Législatives 2007 Carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, gauche, PS, royal, Hollande, législatives
13/05/2007
Un autre médecin au Quai? Kouchner sollicité...
>>> La « Révolution Bayrou » continue malgré l’iniquité du scrutin majoritaire des Législatives. Déjà 52 000 pré adhésions au MODEM enregistrées sur Internet (bayrou.fr). Dans RIPOSTES, le Béarnais a été clair : son positionnement « central » exclut toute allégeance, à l’un ou l’autre camp. Ce qui n’exclut pas des accords locaux, avec les uns ou les autres en fonction de l’intérêt général. Comme cela se passe très bien en Allemagne. Mais les fins observateurs de la politique française ont une vision héxagonal et une culture qui n’est que de V ième République .Une République bien déformée à coups de cohabitation, de quinquennat, d’extension du « domaine réservé ». « Entre les communistes et nous, il n’y a personne », disait Malraux. Vérité d’un temps que les moins de 20 ans…

>>> La saison des transferts bat toujours son plein (jusqu’à vendredi sans doute). Selon le Figaro, Bernard Kouchner, l’ancien ministre de la Santé a été approché par l’entourage de Nicolas Sarkozy.Au Quai, les docteurs Miracle se succèderaient: après Douste, Kouchner? . Selon «des sources concordantes» citées par l’AFP, « M. Kouchner a été contacté, il est prêt à entrer dans le gouvernement » que prépare le président élu Nicolas Sarkozy. Il y a du monde à la porte du Quinze de France … Jusqu'à hier on parlait de Védrine. Allez savoir...
>>> Une trouvaille de Sarkozy. Le président tiendra sa promesse sur le gouvernement limité à Quinze. Mais il y aura pléthore de secrétaires d’Etat et le Grand Manager de la SA France qui transforme les ministères en « holdings », selon sa propre expression, a trouvé une astuce pour marquer son esprit « d’ouverture » et donner des sucettes à ceux qui « ont le courage » de voler au secours du vainqueur : des « missions » ! Allègre en a déjà une « précise et limitée dans le temps ». Il y en aura d’autres. L’organigramme du gouvernement va se compliquer. Ce n’est pas grave : seul l’Elysée compte. Matignon ne sera qu’une gare de triage et qu’un secrétariat général. Avec sans doute Fillon en chef de gare... L’article 20 de la constitution sur le gouvernement qui « détermine et conduit la politique » en devient caduc. Mais c’est dans la logique du quinquennat qui coïncide avec la législature.

>>>Rouge de rage les Verts (pâles): Le PS les a envoyés sur les roses…Ils ont refusé un accord électoral qui leur réservait royalement 14 sièges (non gagnés d’avance). Le parti écologiste présentera donc ses candidats dans les 577 circonscriptions pour le premier tour des élections législatives le 10 juin. «Ce ne sont pas les Verts qui refusent un accord, c'est le Parti socialiste», a affirmé la secrétaire nationale du parti écologiste Cécile Duflot. Une façon de voir les choses….Le Parti socialiste a cependant annoncé qu'il soutiendrait la candidature des trois députés Verts sortants, Noël Mamère en Gironde, Martine Billard et Yves Cochet à Paris. En vertu d'un accord local, il y a aura également un candidat Vert soutenu par le PS à Nantes, François de Rugy. Reste une question : avec son score fantastique aux Présidentielles, le parti des Verts a-t-il un avenir en tant que tel ? Une politique écologique n’implique pas une écologie politique.

>>> Furieux, Vincent Peillon, l’eurodéputé socialiste, à la sortie du Conseil national du PS. « Ca, on ne va pas vers la rénovation, je peux vous l'assurer ! » s'est exclamé le leader du NPS dans les couloirs. Il s'est emporté contre un parti « qui va vers l'épuisement ». Il a fustigé l'organisation de cette réunion par François Hollande, dénonçant le fait qu'en lieu et place d'un débat sur les législatives le conseil s'est transformé en bilan de la campagne présidentielle dans une salle où le public « c'était apparatchik's land ». Pour Vincent Peillon, c'est l'œuvre de l'« incompétence », du « verrouillage » ou même de la « malveillance » du Premier secrétaire. Elle est vraiment belle « l’unité » affichée au sein du PS…Fragile la porcelaine et lourds, les éléphants…
>>> Encore une histoire qui fait mal à ceux qui rêvent d’une presse libre. Sans influence politique. Guidée par le seul souci de l’information… Selon le site Rue89.com, une information du Journal du Dimanche, révélant que la femme du candidat UMP n'aurait pas voté, aurait été censurée à la suite de l'intervention d'Arnaud Lagardère. Vrai ou faux. L’enquête journalistique est étayée par une photo de la liste d’émargement du registre (public) du bureau de vote et fait état de vifs échanges au sein du couple dans la soirée de la victoire…. Chez les Sarko, qui est « fatal », l’homme ou la femme ?

Avant de publier l'enquête, le directeur de la rédaction, Jacques Espérandieu aurait demandé samedi aux journalistes de contacter Cécilia Sarkozy. Celle-ci se serait abstenue de commentaire. "A la suite de quoi, plusieurs membres de la garde rapprochée de Nicolas Sarkozy seraient intervenus", affirme Rue89 qui cite notamment Claude Guéant, le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy et Franck Louvrier, son responsable de la communication.

"Finalement, Arnaud Lagardère, patron du groupe Lagardère, a exigé que l'article soit remis dans un tiroir", affirme Rue 89.
Ce type d’info vous semble inintéressant ? Sans doute avez-vous raison. Mais ce sont les raisons et les conditions de sa non publication qui posent problèmes ou plutôt confirment bien des problèmes… Pourquoi ne parle-t-on plus d’Alain Génestar, le patron viré de Match pour une couverture qui mettait le futur couple présidentiel dans les draps d’une pièce de boulevard d’un autre temps ? Tant que la censure ne concerne que les alcôves….
21:45 Publié dans Notes politiques | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, bayrou, PS, sarkozy, fillon, royal
12/05/2007
La « femme fatale » : Questions sur le journalisme…
Mes amis libraires me le confirment :Le livre des deux journalistes du Monde, Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, sur les relations du couple Royal/Hollande, se vend comme des petits pains. Un nouveau tirage de 30.000 exemplaires a déjà été lancé. Un succès qui ne réjouit pas l'ex-candidate du PS très meurtrie par ce livre. Ce qui se comprend…

Ségolène Royal a, paraît-il, lu "la femme fatale". Elle confirme que François Hollande et elle vont engager des poursuites contre les deux journalistes du Monde auteurs du livre "le femme fatale" et contre les éditions Albin Michel comme l'annonçait jeudi le conseil et ami du couple, Maître Jean-Pierre Mignard. « Je n'ai aucun commentaire à faire, c'est la justice qui va décider », a-t-elle déclaré. « pourquoi tant de hargne, tant de haine, tant de lâcheté. Attendre le lendemain des résultats. Tant d'atteinte à l'intimité. J'espère que la justice saura le rappeler ».
Visiblement, ce qui la blesse le plus dans cet ouvrage ce sont les passages relatifs à ses enfants. "Oser dire que je les ai instrumentalisés pour des raisons politiques, c'est une atteinte insupportable", ajoute l'ex candidate.
Les auteurs du livre qui insistent sur le fait que leur livre est « une enquête politique, et pas un livre sur la vie privée du couple Hollande-Royal » développent la thèse d’une « crise conjugale » qui, à l’automne 2005, « prend un tour politique ». Elles rapportent, entre autres, une phrase attribuée à Julien Dray : « Ségolène tient une grenade dégoupillée dans la main, assure-t-il. Elle lui a dit : si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants ! » Une phrase déjà publiée en octobre dans Le Parisien. Ségolène Royal avait alors protesté auprès de la direction de ce journal, réclamant des excuses à la une, qu’elle n’avait pas obtenues. Me Mignard avait alors menacé de déposer plainte, ce qu’il n’a jamais fait.

La médiatrice du Monde dans sa chronique d’aujourd’hui tente un grand écart, entre le refus des rumeurs et la légitimité de l’ouvrage des deux journalistes, en répondant à quelques lecteurs : « Si je comprends bien, Mmes Bacqué et Chemin ont détenu pendant la campagne des informations qui auraient pu intéresser leurs lecteurs. Elles ont, plutôt que de les publier, choisi de les taire pour en faire un livre annoncé le jour même des résultats », écrit, entre autres, Robert Fleckinger (Toulouse).Ce n'est pourtant pas la première fois, tant s'en faut, que des collaborateurs du journal, frustrés par la place limitée qu'offrent nos colonnes (un livre de ce type équivaut à plus de vingt doubles pages Enquêtes...), se défoulent dans l'édition."Très confraternel cee "se défoulent"...
"Mais, reprend-elle, la question posée par les lecteurs est ailleurs : pendant la campagne, Le Monde a-t-il délibérément tu des informations qu'il détenait et qui concernaient la vie privée de l'un ou l'autre candidat ? Elle relève d'un fantasme de plus en plus partagé : celui du « débat interdit ». Il n'y a pas de débat interdit, mais il en est d'impossibles, et d'autres sans intérêt. "
Bel exposé. Mais qui peut laisser journalistes et lecteurs sur leur faim… La médiatrice poursuit : « On n'écrit pas tout dans Le Monde, et c'est fort heureux. D'abord il y a la loi, beaucoup plus stricte en France que partout ailleurs dans le monde développé, notamment anglo-saxon. Un bref article du code civil dit : "Chacun a droit au respect de sa vie privée." Il expose à de lourdes condamnations quiconque y porterait atteinte par ses écrits, images, etc. Cet article qui, de fait, impose l'accord de l'intéressé avant toute "révélation" se double, dans le code pénal, de textes également très stricts sur la diffamation. » Oui, et alors ? L’édition y est soumise aussi, non ?

Elle insiste : « Ce carcan législatif explique la traditionnelle prudence de la presse française vis-à-vis des personnalités publiques, réserve jugée inconcevable par la presse étrangère. Celle-ci n'a jamais compris, par exemple, que François Mitterrand ait pu dissimuler si longtemps l'existence de Mazarine alors que c'était, depuis le début des années 1990, un secret de Polichinelle qui avait de lourdes conséquences sur le comportement du président".
Elle enfonce même des portes ouvertes:"Il y a aussi les règles du bon journalisme, appliquées dans notre honorable maison : vérifications, recoupements, croisements de sources, contre-enquêtes, etc., éliminent radicalement la plupart des ragots du Net, invérifiables ou totalement faux, voire fabriqués. « Il faut faire la part entre la rumeur et l'information », souligne Eric Fottorino, directeur de la rédaction, en prenant l'exemple des bruits qui ont circulé sur un nouveau déchirement du couple Sarkozy."

La médiatrice poursuit : « Le fait est que le débat existe au sein du quotidien. Et que la frontière entre curiosité malsaine et intérêt légitime est de plus en plus floue. Entre les photos organisées du candidat Nicolas Sarkozy dans son quartier général avec femme et enfants, le soir du premier tour, et la liste secrète des amis conviés à fêter l'élection du nouveau président au Fouquet's, quinze jours plus tard, où finit la vie privée, où commence la politique ? » Bonne question, en effet.
Mais réponse n’est pas donnée à l’interrogation essentielle : pourquoi nombre de faits, de citations, d’anecdotes révélatrices du grand trouble interne du PS ne sont-ils rendus publics qu’aujourd’hui par le livre au titre douteux et ambigü et non « à chaud » dans le journal ? Ce n’est pas là problème de « place »…Ni affaire de vérification d'infos: la fiabilité des anecdotes rapportées dans le livre a été établie voilà longtemps...
Le cours du premier tour aurait pu être changé complètement.

Il est aussi une règle journalistique : si un fait est faux, on l’ignore ; s’il est avéré on le relate. Pour ce qui est du Monde et de ses « gènes » (le sarkozysme fait décidément recette) : j’ai appris le journalisme en le lisant, je plains les futurs journalistes qui ne peuvent y apprendre que… ce qu’il ne faudrait pas faire.
Est-ce l’esprit Minc ou le souffle Colombani ? J’arrête : je repense à l’édito du directeur de ce qui fut un journal de référence à la veille du premier tour contre Bayrou, et cela me donne de la fièvre...La crise du politique en France est aussi une crise de la presse.Minc et Sarkozy en ont-ils parlé lors de leur rencontre d'hier avant que le Président élu parte en week-end à Versailles, dans la résidence de détente des premiers ministres, à la "Lanterne"?
22:35 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : presse, livre, politique, présidentielles, royal
Un grand corps vraiment malade : Le PS…
"La gauche qui agit, la gauche qui protège"... Une gauche qui ne sait plus qui est elle!

Pour ses premières retrouvailles post-défaite, le PS va s'efforcer de mettre un couvercle sur ses tensions pour éviter de se retrouver avec une "chambre bleu horizon" en juin. Mais nous voici loin de « l’union fait la force » :l’unité de façade fait la faiblesse. Et l’hypocrisie érigée en vertu (amorale) politique n’est pas faîte pour recouvrer une crédibilité bien rongée…
Selon les stratèges du PS, le parti pourrait sauver les meubles et conserver de l'ordre de 135 députés, contre 149 actuellement. Un sondage BVA-Orange publié jeudi lui en promettait entre 158 et 200 sur 555 sièges en métropole. Dimanche, Ségolène Royal est arrivée en tête dans 191 circonscriptions. Ce qui en soit est un véritable exploit. Comme son score final, à bien y réfléchir. Certaines de ses prières ont dû être exaucées. D'ailleurs, elle n'a jamais parlé de "défaite", elle... Et son sourire ne la quitte plus depuis dimanche! Comme si la prise de Solférino (qui reste à faire) valait plus et mieux que le ratge de l'Elysée!
Pour cette bataille, le PS pourrait prendre pour slogan « La gauche qui agit, la gauche qui protège ». On en sourit d’avance. Elle agit comment et elle protège qui, cette « gauche » qui ne sait plus qui elle est etce qu'elle est?

Cet après-midi, Le PS doit dévoiler un projet intitulé « Face à la droite, des réponses de gauche », en quatre pages et quatre chapitres: « Travailler mieux et travailler tous »; « protéger le présent et préparer l'avenir »; « réorienter l'Europe pour peser dans la mondialisation »; et « démocratiser et renouveler notre République ».Du bon bricolage…Un bel effort de « synthèse ». Plus pathétique que convaincante.
C'est François Hollande qui, officiellement, conduira la campagne. Il sera épaulé par un « collectif » composé de la direction du PS. Mais le Premier secrétaire devra composer avec sa compagne et Dominique Strauss-Kahn, peu décidés à jouer les seconds rôles et tous deux « disponibles ». Comme d’autres, d’ailleurs
Dans l'entourage de DSK, on fait état de « plus de 200 » invitations locales. « Je croule sous les demandes », a assuré Ségolène Royal.
Une « très grave défaite » : « Retour à la pensée… 69 »

Pas question, en façade, de se diviser. Langue de bois et pommade... La gauche désunie se veut à elle seule Union de la gauche! Ainsi, DSK s'est défendu d'avoir voulu « attaquer » la candidate en évoquant dès dimanche soir une « très grave défaite ». Tout en ajoutant: « On pouvait l'emporter »…
Mais reste l’essentiel : Il a cogné, DSK. Et il a pris date…En affirmant que « tout doit être remis à plat, tout doit être reconsidéré » sans « tabou » pour reconstruire la gauche, qui doit dès maintenant offrir le visage d' »une gauche efficace, d'une gauche crédible, d'une gauche concrète »(…) « Nous vivons aujourd'hui la situation que vivait la gauche en 1969 » après son élimination au 1er tour de la présidentielle et avant la naissance du Parti socialiste en 1971, a déclaré le député du Val d'Oise…
Piquée au vif, l'élue de Poitou-Charentes a répliqué en pointant la « férocité d'un certain nombre d'attaques » (cela est devenu une habitude, chez elle). « Je ne veux pas de guerre des chefs au PS », a-t-elle lancé, se posant en rassembleuse. « Je serai bien sûr très présente pour continuer le mouvement qui s'est déclenché lors de cette élection présidentielle, c'est évident. De quelle façon, nous verrons ça le moment venu. Je ne m'interdis rien »… De quoi faire peur…
Fabius, qui s’autocensure avec impudeur, veut lui aussi une « rénovation », mais « sans droitisation ». Qu’est-ce que cela veut dire exactement dans l’esprit de ce briseur d’Europe politique et ce fossoyeur d’une Europe (enfin) constituée?

Dernier « penseur » de gauche très sévère avec le PS : Jacques Attali. Lui aussi, il cogne. Sur son blog, il ne ménage pas ses critiques. Et l’unité de façade affichée en public par les 300 ditrigeants du PS en quête d'un vrai chef, ne provoque chez lui aucune illusion…
Plus qu’un regret : un procès ! « La gauche française aurait du gagner ces élections présidentielles : Un président sortant impopulaire ; un bilan peu flatteur d’une majorité de droite à bout de course ; un pays vieillissant désireux de maintenir la protection sociale; une jeunesse désireuse de réussir l’intégration des minorités et de lutter contre les scandaleux privilèges des plus riches ; un candidat de droite qui ne se cache pas de l’être.Et pourtant la gauche a perdu. Exactement pour les mêmes raisons : Elle n’a pas su proposer un programme clairement de gauche ».

Essai de définition, en creux : la gauche, ce n’est pas « une gauche des mots, du populisme et du maintien des privilèges de quelques uns des salariés : cette gauche-là coule avec le parti communiste et les archéo-socialistes . Mais une gauche moderne, capable de penser le monde, de mettre à profit le progrès technique, de repenser la justice sociale en se fondant sur un principe simple : la fonction de la gauche est de donner une place plus grande à la démocratie face au marché. Et pour cela, capable de mettre en avant trois priorités : la gratuité, le savoir et la responsabilité. Avec un programme précis, détaillé, cohérent, ambitieux, sur tous les sujets ».
Un pronostic : « La gauche pourrait encore gagner les élections législatives, si elle avait un programme de ce genre, et si elle avait un candidat à la direction du gouvernement, en cas de victoire. Elle n’a ni l’un ni l’autre. Et, à écouter la façon dont elle s’entre-déchire, sur des faux débats, sur des querelles de personnes, elle laissera encore passer sa chance. On va voir triompher des faux maîtres à penser, expliquant que la France doit renoncer à être elle-même, qu'elle doit se couler dans la mondialisation libérale, qu'elle n'a plus son mot à dire dans la pensée du monde…Quel gâchis….. »

Qui plus est, sauf surprises de dernière minute : les candidat PS aux Législatives ne traduisent ni un changement de génération ni une promesse de régénération ! « Epinay, c’est obsolète », affirme Julien Dray. C’est caduc depuis longtemps ! Mais qu’est-ce que les socialistes vont mettre à la place, avec qui et comment ? Questions d’idéologie, de stratégie, d’alliances et de leadership : Tout est effectivement à « remettre à plat ». Mais voilà cinq ans que cela aurait dû être fait. Le PS, grand corps malade…"Tout est possible": c'est avec de ses vieux slogans oubliés que Sarkozy a gagné. Pour une belle revanche de la droite contre "l'esprit de mai.. 81"
Daniel RIOT
14:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, royal, politique, législatives, DSK, Hollande
10/05/2007
"Les événements font plus de traîtres que les opinions" (Chateaubriand)
Comédie humaine…
>>>>Chirac et Sarkozy unis comme jamais. Il est loin le temps où Le Président élu, à l’époque ministre, proposait à Bayrou un pacte «anti-Chirac….Mais le Président sortant a peut-être lu le livre de Bayrou sur Henri IV:" La satisfaction qu'on tire de la vengeance ne dure qu'un moment: celle que nous donne la clémence est éternelle"

>>>> Emouvants, les adieux de Chirac au dernier Conseil de ministres. Face à lui, tous des « lâcheurs » (sauf De Villepin et Barouin). Mais Chirac connaît les affres de la traîtrise en politique : « Les événements font plus de traîtres que les opinions », écrivait Chateaubriand
>>>> L’un des champions, c’est Besson, bien sûr. Mais il a un conscience :il ne se présentera pas devant ses électeurs...C'est devant sa glace qu'il a pris cette décision héroïque.
>>>> Claude Allègre, l’ami de Jospin, n’est pas mal non plus dans le genre. Mais lui aussi a une conscience : il a refusé un poste de ministre que personne ne lui avait proposé…
>>>> Tout cela pour dire que les députés sortants udf qui vont à la soupe d’une « Etat Sarkozy » qu’ils avaient dénoncée par anticipation quand Bayrou grimpait dans les sondages ne sont pas les seuls "à s’accrocher au yacht de Sarko". Qui disait que certains traîtres ont une étonnate faculté de se convaincre eux-mêmes de la sainteté de leurs intentions?

La palme revient sans doute, dans cette famille que Saint de Robien se fait un plaisir de réunir avec des huiles et du saint crème, à Hervé Morin. Pendant la campagne du premier tour, il a été l’un des plus sévères pourfendeurs de Sarkozy et de « l’absence de sérieux de son programme ».Et l’un des laudateurs les plus vils flatteurs de Bayrou, « homme d’Etat dont la passion de la France et le caractère d’acier » le situe dans la lignée « du général de Gaulle et de Pierre Mendès-France »… Il a gommé sur son blog les propos les plus acides envers ceux qu’il rallie en raillant « la stratégie d’échec » de Bayrou.
« Le flatteur est proche parent du traître », dit un proverbe basque… que le béarnais connaît bien depuis longtemps ! Ce n’est pas la première fois qu’il est lâché et sali par des amis, le biographe d’Henry IV. Il sait mieux que quiconque, comme l’Homme au panache blanc, que « les déplaisirs talonnent toujours les contentements »…

Femme fatale
Pauvre Ségolène et pauvre François. A la défaite, s’ajoute le livre (pudique et nuancé) de deux journalistes du Monde. J’ai lu les bonnes feuilles publiées sur le nouvelobs.com. Pas de révélation. La confirmation (sans détail croustillant) sur les rapports de cause à effets entre la vie privée du couple et la vie publique de Ségolène. Et sur les amitiés particulières qui se sont nouées entre BHL, le penseur-séducteur, (qui « adore son cou »), et Ségolène Royale en quête de gourou. De quoi sourire un peu. Mais le couple le plus étrange de la vie politique française a pris tout cela au sérieux :la justice est saisie. Ce qui n’empêche pas au livre d’être en librairie. Et de faire un petit tabac. Publicité fatale…
Menés en bateau…
Sondage a été fait ; les Français ne sont pas choqués par le cabotage du cabotin élu Président de la République au large de malte sur le « boat people » (comme dit Libération) de Bolloré (dont le grand père n’a jamais hébergé Blum et qui a bénéficié de marchés publics dignes d’intérêts contrairement aux affirmations officielles).

C’est que les Français aiment rêver ! D’où le succès de la presse people et de émissions qui vident les cervelles. Ce sondage va encourager Sarkozy à en faire plus encore… « Le candidat du peuple » élu va nous offrir un peu de pain et beaucoup de jeux. Cela dit, cette mini-croisière n’a rien de choquant. Sarkozy qui « ne mentira pas, ne se cachera pas, ne trahira pas » à voulu seulement envoyer un message subliminal à ses électeurs : « je vous ai menés en bateau ». La croisière s’amuse va durer cinq ans.
Majorité absolue
Les sondages sont formels : la vague bleue va atteindre des sommets. C’est ce qui fait dire à De Robien (qui ne manque pas d’aire) qu’il n’y a pas « d’espace politique pour Bayrou »… Mais pourquoi, dans ces conditions, Sarkozy tient-il tant à liquider le Centre ? Relisez l’histoire de la V ième République : il fut une époque où le Centre faisait contrepoids aux « godillots ». Bayrou s’en souvient aussi, lui. Et il a bien raison d’appeler à la résistance. Ce n’est pas la gauche si maladroite qui va jouer les contre-pouvoirs…Dans la précédente Législature, elle a brillé par sa nullité.
Les Invalides éliminées
Le prince de Neuilly devenu Roi de France cherche un lieu symbolique pour marquer son couronnement. Le Panthéon n’a pas même été évoqué : L’ombre de Mitterrand… Ses conseillers ont songé aux Invalides. Mais là ce serait un peu trop, quel que soit sa passion pour la Corse et sa fascination. Même ses amis le qualifient de « bonapartiste » et le surnom de Sarkopéon lui colle déjà à la peau !
23:20 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bayrou, royal, politqiue
08/05/2007
PS : L’unité (forcée) de façade ne restaure pas une crédibilité perdue.
Aux Législatives, le seul « vote utile », ce sera ...le « vote Bayrou »

Fantastiques, les socialistes, ou plutôt les hiérarques du PS ! Les éléphants sortent les couteaux le dimanche soir et ils déploient l’étendard de l’unité, de la famille unie et soudée le lundi. Pour cause : cap sur les Législatives ! Avec quel programme ? Mystère. Le projet socialiste est obsolète depuis longtemps, le Pacte Présidentiel a été repoussé et le mot « rénovation » cache des aspirations totalement différentes, des conflits de personnes et d’idées,des chocs de tactiques et de stratégies…

La campagne législative du PS sera donc menée d’une façon « collégiale » ou « collective ». Et c’est promis : d’une « façon homogène et très unie ». Chacun a sa place et dans son rôle :Royal, qui se pose déjà en reine du parti, DSK qui rêve de social-démocratie, Fabius qui reste bien flou dans ses positions (y compris européennes), et « plusieurs autres » avec Hollande,bien sûr, qui tient les rennes de ce troupeaux d’éléphants avec un art du compromis qui tient de la compromission.
Un nouveau projet législatif va être bricolé. Et c’est promis juré (comme après le Waterloo jospinesque de 2002) il y aura « refondation, reconstruction, révision idéologique, travail d’ampleur... ».
Avec qui, comment, par qui et dans quel but ? La démocratie participative interne en décidera. «Les compteurs seront remis à zéro » promet Vincent Peillon, porte parole de campagne de Ségolène… Mais aucun « règlement de comptes ne sera toléré », a prévenu Hollande. Du moins jusqu’aux Législatives.

"Tous ensemble! Tous ensemble!", s’était exclamée du balcon du siège du PS Ségolène en reprenant le refrain des manifestations de 1995 et en voulant marquer sa volonté de prendre le leadership du parti, comme si sa défaite ne faisait qu’annoncer des victoires futures… « Nous allons rénover la gauche, nous devons continuer à changer la politique, nous devons continuer la démocratie participative, le souffle de la liberté ne vas pas s'arrêter là, au contraire, il va grandir (…) Nous allons préparer les lendemains d'une France qui finira bien par choisir les vrais Désirs d'avenir !" Avenir de ses Désirs, surtout… Sarkozy peut (en partie grâce à elle) parler de « Volonté d’avenir »
Le vrai problème, bien sûr, c’est que le PS aurait dû entreprendre sa refondation idéologique avant les présidentielles. Désolé de le constater : Sa défaite est méritée ! Elle aurait dû d’ailleurs est enregistrée dès le premier tour, si le bon sens était effectivement « la chose du monde la mieux partagée ». Car c’est par défaut de crédibilité que le PS s’est incliné. Par manque de lucidité. Par archaïsme. Pour la plus grande joie de Sarkozy et de ses supporters qui ont bien raison de jouir de leur triomphe.
Je ne résiste pas à reprendre à mon compte le diagnostic de Jacques Julliard publié sur le site du Nouvel Observateur dimanche soir. On se demande comment avec de tels constats cet éditorialiste estimé a pu autant défendre la « lumineuse » Ségolène (et marqué autant de mépris envers Bayrou) pendant la campagne des Présidentielles. C’est l’esprit partisan qui fait commettre de grossières erreurs…

« ENCORE BATTUE ! Depuis les débuts de la Vème République (1958), soit presque un demi-siècle, la Gauche n’aura porté à la présidence qu’un seul de ses champions, François Mitterrand, contre cinq à la droite : De Gaulle, Pompidou, Giscard, Chirac, Sarkozy. A la fin du mandat de ce dernier, en 2012, elle n’aura occupé l’Elysée que quatorze ans sur cinquante-quatre. Pourquoi ? Parce qu’elle est minoritaire, répondrait M. de La Palice. Mais pourquoi est-elle minoritaire ?
- Parce qu’il y a un écart béant entre les positions de ses chefs et les aspirations de son électorat.
- Parce que la gauche est trop à gauche pour s’élargir vers le centre, seul lieu où elle pourrait gagner des renforts. En dépit de François Bayrou, le Centre vient de refluer vers la droite. En dépit de Ségolène Royal, l’archaïsme de ses positions de base a rebuté les centristes.
- Parce que le PS est mené par de grands bourgeois humanistes et humanitaires qui tendent la main aux exclus par-dessus leur électorat populaire d’ouvriers, d’employés, de fonctionnaires et de petits bourgeois. Le Lumpen plutôt que les prolos !
- Parce que le PS est devenu, pour ces petits bourgeois, synonyme d’alourdissement de la fiscalité et, pour les travailleurs, de stagnation des salaires à cause des sacrées 35 heures.
- Parce que le programme du PS, élaboré par les plus gauchistes du Parti avec l’aide d’économistes et de travailleurs sociaux moralistes, sacrifie systématiquement la production des richesses à leur répartition. Ce mélange de christianisme social et de gauchisme altermondialiste constitue un excellent programme d’opposition mais il ne parviendra jamais à rassembler la majorité des électeurs. Il est fait pour un régime de despotisme éclairé, non de démocratie d’opinion. »
Bien vu, non ?

Le problème pour le PS c’est que la crédibilité défaillante pour la course à l’Elysée ne sera pas recouvrée pour les courses au palais Bourbon. Des députes socialistes, pour quoi faire ? Jouer les « béni non, non » face aux « béni oui-oui » de l’UMP » ? L’UMP, par Sarkozy, a su régénérer et décomplexer la droite tout en assumant le pouvoir ces cinq dernières années.
Le PS lui (aveuglé par ses succès aux européennes et aux régionales) n’a en rien tiré parti de ses cinq ans de pouvoir en jachère. Il n’ pas même assumé son rôle d’opposant. A quoi bon envoyer au Parlement des élus qui déserteront l’hémicycle pour s’occuper davantage des affaires de leur parti que des problèmes de la France et des Français ? Et qui obéiront à des mots d’ordre d’opposant systématique, au nom des partis pris du parti !
Bayrou, lui, a su tirer parti de ces cinq dernières années pour réfléchir à une refondation idéologique du Centre.

Le projet législatif de l’udf n’est pas le fruit de bricolages de dernières minutes, de même que le projet présidentiel n’avait pas été le résultat des variations d’humeur et des études d’opinion. Le « vote utile » prôné par le PS aux Présidentielles s’est avéré bien nuisible pour ceux qui voulaient barrer la route à Sarko et changer de système.
Pour les Législatives, le seul vote utile, pour celles et ceux qui tiennent à ce que la présidence de Sarkozy ne se transforme pas en au règne d’un Etat UMP, ce sera un « vote UDF-Mouvement démocrate ». Un vote d’indépendance, de liberté, de contestation constructive et de contre-pouvoirs intelligents.
Mais nous avons le temps d’en reparler. Hommes de progrès en quête de logiciel social-démocrate, ne cherchez plus : plongez un peu dans les propositions de social-économie et de démocratie sociale de Bayrou… Ce serait « utile » !
Daniel RIOT
01:05 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : royal, socialistes, bayrou, PS, législatives
04/05/2007
En guise de repères...
Par souci d'écairer les indécis qui sont décidés à juger le "match" télévisé sur le fond des divergences et non seulment sur la forme, je rprends ici, lerécapitulatif fait par l'EXPRSS qui me semble le mieux fait. un regret: dans ce type de duel, aux Etats-Unis , ce sont les jouranlistes qui auraient à chaud départager les deux "champions".Il est vrai qu'outre(atlantique, ce sont les journalistes qui mènent le bal, alors qu'en France, réduits au rôle d'horloge parlante (PPDA) ou de piquet sans voix (Arlette Chabot) ils se font mener par le bout du nez. Une autre conception du journalisme et de la démocratie . ...
Temps de travail
Nicolas Sarkozy : "Le problème de la France est qu'il y a 1% de croissance de moins que les grandes démocraties, les grandes économies qui progressent dans le monde. Pourquoi? Parce qu'on travaille moins que les autres. […] Dix pays en Europe ont le plein emploi, cinq vraiment très fort. Je pense au Danemark, à la Suède, à l'Irlande, au Royaume-Uni et, d'une certaine façon, l'Espagne. Cela devrait vous frapper, Mme Royal, pas un seul d'entre eux n'a fait le partage du temps de travail. Pas un seul a fait les 35 heures. Monsieur Zapatero m'a dit que jamais il ne ferait les 35 heures en Espagne, qu'il ne voulait pas porter atteinte à la compétitivité des entreprises."
ERREUR: Les Français ne travaillent pas moins que les autres. L'Expansion s’est déjà intéressé à cette question. Comparée à six autres pays, la France affiche la durée hebdomadaire légale du travail la plus faible, 35 heures obligent. Mais elle est dans la moyenne en terme de durée annuelle effective du travail, qui tient compte des divers types de congés et des heures supplémentaires... En 2004, l'ensemble des salariés français ont ainsi travaillé en moyenne 1531 heures. C'est bien moins que les Américains (1869 heures), les Espagnols (1767 heures) et les Italiens (1715 heures). C'est proche des Britanniques (1631 heures). Et c'est plus que les Allemands (1468 heures) et surtout que les Pays-Bas (1378 heures).
L'Etat de la France
Ségolène Royal : "Un déficit de la Sécurité sociale qui s’élève à 11 milliards d’euros".
ERREUR : En mars dernier, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, annonçait que le déficit de la Sécurité sociale atteignait en 2006 8,7 milliards d’euros, contre 11,6 milliards en 2005.
Nucléaire
Ségolène Royal: "Savez-vous quelle est la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France?
Nicolas Sarkozy: "Oui, mais confirmez-vous ce choix ? Nous avons, grâce au nucléaire, une indépendance sur l'électricité de la France à hauteur de la moitié."
Ségolène Royal: "Vous défendez le nucléaire, mais vous ignorez la part du nucléaire."
Nicolas Sarkozy: "Non. La moitié de notre électricité est d'origine nucléaire."
Ségolène Royal: "Non, 17% seulement de l'électricité."
Nicolas Sarkozy: "Ce n'est pas exact, Madame."
ERREUR : Aucun des deux candidats n’a raison. La part du nucléaire dans la production électrique française n'est ni de 17 %, ni de 50 %. En réalité, les 58 réacteurs nucléaires français fournissaient, en 2005, 78,5 % de l'électricité produite en France. Il s’agit pour le reste des énergies fossiles (11,5 %) et des énergies renouvelables (10 %). Les 17 % avancés par Ségolène Royal correspondent à la contribution du nucléaire à la consommation finale énergétique française. Quant aux 50% évoqués par Nicolas Sarkozy, ils sont à rapprocher des 42 % de l'énergie primaire d'origine nucléaire consommée en France en 2005.
Le réacteur EPR
Ségolène Royal : "L'EPR n'est pas une centrale. Vous mélangez tout. C'est le prototype. De quelle génération?"
Nicolas Sarkozy: "C'est la quatrième génération."
Ségolène Royal: "C'est la troisième génération."
Nicolas Sarkozy: "Nous venons de le vendre à la Finlande, Madame. Les centrales nucléaires classiques ont une durée de vie. Les experts discutent, est-ce trente ans, cinquante ans pour le chapeau de couverture. Nous avons été obligés de déclencher les centrales de la quatrième génération, c'est le processus EPR qui a été acheté."
Ségolène Royal: "C'est la troisième génération. Non, la Finlande a son prototype."
ERREUR: Au petit jeu de l'EPR (European Pressurized Reactor), c’est Ségolène Royale qui l’emporte. L'EPR est bien un prototype de troisième et non de quatrième génération. Le réacteur en construction en Finlande par Areva est le frère jumeau de celui qui sera érigé à Flamanville (Manche).
Les pôles de compétitivité
Les deux candidats s’écharpent pour savoir à qui revient le mérite de la création des pôles de compétitivité, zones de développement économique qui réunissent entreprises, centres de formation et de recherche engagés dans des projets innovants. "Qui les a crées ?" demande Nicolas Sarkozy. "Les entreprises pas vous. Ne vous l’attribuez pas", répond Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy insiste: "Les pôles ont été créés en 2004, à la suite du rapport parlementaire remarquable de Christian Blanc. J’étais ministre des Finances. C’est alors que l’Etat les a créés. Cela ne pouvait pas être les régions, car les pôles sont des exonérations fiscales et sociales".
PRECISION: Les deux candidats jouent ici sur les mots car si l’Etat a lancé un appel à projets à la suite du rapport parlementaire, ce sont ensuite les entreprises qui ont fait acte de candidature, avant d’être labellisées par l’Etat. La candidate socialiste met également en cause la mise en œuvre de ces pôles, qui n’ont pas, selon elle, bénéficié "des avantages fiscaux que vous aviez promis". Ce que dément Nicolas Sarkozy. En tant que présidente de région, Ségolène Royal dit aussi avoir "attendu deux ans avant d’avoir l’accord du gouvernement pour ouvrir une usine de biocarburants à la Rochelle". Dans les faits, le processus d’aide publique est en effet assez long et complexe, notamment parce que le Conseil d’Etat a mis deux ans a définir les zones qui allaient en bénéficier. Sur les 1,5 million d’euros promis par l’Etat, seuls 900 millions ont pour l’instant été débloqués.
Bouclier fiscal
Au sujet du bouclier fiscal -qui plafonne à 60 % des revenus d'un contribuable le montant cumulé de ses impôts sur le revenu, sur la fortune, et de ses taxes d'habitation et foncière pour la résidence principale- appliqué pour la première fois à partir du 1er janvier 2007 pour les impôts payés en 2006, Ségolène Royal lance: "Quand je vois que le bouclier fiscal que vous venez d’instaurer vient d’autoriser une ristourne de 7 millions d’euros à une personne qui a dû être même très surprise d’ailleurs de les recevoir au nom du bouclier fiscal, je dis en effet qu’il faut faire attention aux injustices sociales et à la façon dont vous voulez exonérer un certain nombre de patrimoines élevés".
APPROXIMATIONS: Sarkozy n’est pas au courant… Pourtant, l’histoire est connue depuis le 28 avril. Le quotidien Libération a révélé dans un article qu’une "riche héritière a récemment perçu un chèque de 7,7 millions d'euros au titre d'un trop perçu fiscal", selon "une section parisienne de la CGT-Impôts". Notons une petite erreur dans l’article de Libé, qui affirme que "le principe [du bouclier] consiste à ne pas surtaxer (via l'ISF, la CSG ou l'impôt sur le revenu, IR) certaines catégories de contribuables, bénéficiant d'un important patrimoine mais d'un faible revenu annuel": le bouclier fiscal ne concerne pas la CSG…
Ségolène Royal devra également réviser son dossier: cette dame n’a probablement pas été surprise de recevoir ce chèque puisque pour obtenir le remboursement de la part d’impôt qui excède la limite de 60% fixée par le bouclier, l’intéressé doit en faire la demande en adressant à son centre des impôts un formulaire!
Lois Fillon
Ségolène Royal veut "remettre à plat" les lois Fillon sur les retraites en prenant en compte "la pénibilité du travail pour décider de la durée de cotisation". Nicolas Sarkozy rétorque: "La pénibilité du travail est déjà prise en compte dans les lois Fillon".
PRECISION: Dans le texte, l’article 12 de la loi 2003-775, dans sa version consolidée au 31 décembre 2006, dit que "dans un délai de trois ans après la publication de la présente loi, les organisations professionnelles et syndicales représentatives au niveau national sont invitées à engager une négociation interprofessionnelle sur la définition et la prise en compte de la pénibilité".
L'Express
SUR LIBERATION, MEDIAMETRIE A PRIS LES TEMPERATURES DES TELESPECTATEURS? PHASE PAR PHASE>>>>>>>>>
23:40 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, royal, sarkozy
Sarkophobie et Sakomania
Sarkozy est-il dangereux ? On peut le penser. D’une façon générale, « le pouvoir rend fou », comme disait Françoise Giroud : tout être détenteur du pouvoir suprême est exposé à ce risques. D’où la nécessité de contre-pouvoirs forts… Sur un plan plus particulier, trop de formules et de prises de positions de Sarkozy, sont révélatrices de postures et d’impostures qui ne sont pas faites pour rassurer les citoyens épris d’un « Vivre ensemble harmonieux », d’une « société apaisée », d’une France libérée de cet esprit de guerre civile larvée permanente qui nuit tant aux vraies confrontations d’idées, aux vrais débats démocratiques… et aux vrais remèdes à apporter à nos maux nationaux.
Cette dernière ligne droite de la campagne est dominée par les questions que posent légitimement le caractère, le tempérament et l’idéologie de Sarkozy.
Nous l’avons vu dans le duel télévisé :le fauve s’est fait tellement chaton que son ton si bien étudié sonnait faux :son regard fuyant le montrait bien…

Nous l’avons entendu ce matin encore….
La candidate socialiste a mis en garde contre le « risque" que ferait courir Sarkozy de déclencher "des violences et des brutalités" dans le pays et en particulier dans les quartiers populaires. Elle a aussi jugé que la candidature de son adversaire de droite était "dangereuse, en termes de concentration des pouvoirs, en termes de brutalité, en termes de mensonges".
Quelques minutes plus tard, Nicolas Sarkozy a réagi sur Europe 1 : "C'est tellement outrancier. Je suis sûr que Mme Royal est quelqu'un qui vaut mieux que ce qu'elle vient de dire" : "Comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, c'est un phénomène bien classique: elle se tend, elle se raidit, pour le coup elle montre sa vraie nature. Je suis un peu désolé pour elle mais je n'ai pas l'intention de rentrer dans un combat de rue (...) Elle ne commence pas bien sa journée!".

Sarkozy joue sur du velours : il a réussi à intervertir les rôles. Le méchant est devenu le gentil, le dangereux est devenu le rassurant. Facile: tous les sondages le donnent gagnant
C'est le fruit d’un TSS lancé et surtout (mal) argumenté avec trop d’humour acide infantile.
C'est le résultat aussi d’une tentative (stupide) de transformer ce deuxième tour en un referendum « pour ou contre Sarkozy ».
C'est l'effet aussi d’un manque de pertinence et d’arguments des socialistes dans leurs attaques contre le prince de Neuilly aux ambitions bonapartistes. Il y avait tant à dire… Sur sa conception du pouvoir, sur son inspiration puisée chez les néo-conservateurs et dans l’ex-« nouvelle droite », sur ce que révèle ses propos sur l’Allemagne nazie et sur un darwinisme déformé, sur son coté héritier de « Pasqua » (avec tout ce que cela comporte) , sur ses incohérences et contradictions dans tous les volets de son programme (y compris européen), sur les ambiguïtés de sa force de séduction dans l’électorat Le Pen ( qu’il mange le FN est une chose, qu’il digère ses idées en est une autre) …
Sarkozy, dans ses opérations lancées par son « j’ai changé », a été aussi et surtout peut-être été servi par les médias, ou plutôt par quelques bons satkophiles ou sarkomaniaques qui sévissent dans les médias.

Dernier exemple : FOG, Franz-Olivier Giesbert, qui fut sarkosyste avant de connaître Sarkozy….Dans Le Point ; sous le titre « le boomerang de la sarkophobie », il a pondu un petit chef d’œuvre de caricature des caricaturistes…
« Rarement un candidat à la présidence aura été sali à ce point pendant une campagne », écrit-il Diable ! Quelle mémoire défaillante et sélective ! Il en a tout de m^me suivi beaucoup des campagnes présidentielles cet ancien « journaliste de gauche » qui a si bien su adapter ses convictions à ses impératifs de carrière…
« Traité de fasciste, d'eugéniste, d'étranger et même de fou, Nicolas Sarkozy a été l'objet, de surcroît, d'une campagne personnelle de basses eaux, particulièrement dans la blogosphère, qui a fait apparaître ce qu'il faut bien appeler un lepénisme de gauche. »
Où sont les basses eaux ? Dans le « mystère irréductible » de l’Allemagne nazie, sûrement. Dans les hymnes à un nationalisme sans nuance, sans doute. Dans l’art et manière de pratiquer du proxénétisme politique, évidemment. Pour ce qui est du « lepénisme de gauche », il est vrai que la lepénisation des esprits dépasse les clivages gauche-droite puisque les idées portées par le FN sont comme « normalisées », banalisées et…comme cultivées, y compris dans la presse (et pas seulement dans la « blogosphère »
« Mais, se réjouit notre talentueux homme de lettres, tous ceux qui ont bouffé du Sarkozy matin, midi et soir ont perdu leur temps, leur encre et leur salive. Après le premier tour, ils en sont pour leurs frais. Leur diabolisation frénétique n'a pas payé : les Français n'ont pas cru au croquemitaine de pacotille décrit complaisamment par tant de monde à longueur d'ondes et de colonnes ». Comme si nos ondes et nos colonnes n’étaient pas très majoritairement « sarkozyennes ». Comme si le courage de Marianne masquait toutes les lâchetés de autres titres ».

« C'est la grande leçon de ce premier tour : la haine et l'hystérie ne sont pas de bons modes de communication politique et les adversaires de Nicolas Sarkozy devront en tenir compte s'ils ne veulent pas gâcher les dernières chances de Ségolène Royal de l'emporter. Ils feraient mieux de parler projets, réformes, propositions : apparemment, c'est ce qu'attendent les Français. Avec un peu de dignité aussi, ça nous changerait ». N’y avait-il pas d’autres leçons plus pertinentes à tirer de ce premier tour ? FOG ne s’intéresse qu’à ce qui concerne son poulain de Neuilly…
L’appel à le dignité est très bien, lui… Digne, le « ont bouffé » ? Dignes les jeux de rôles de Sarko ? Dignes, les contre vérités assénées sur le ton de vérités avérées ? Dignes, les jonglages avec des statistiques truquées ? Digne, la démagogie galopante ? Digne, le maquillage outrancier des intentions les plus politicardes ? Digne, l’abus des mots « vérité », « sincérité », « franchise » ? Digne, le recours éculé à « la majorité silencieuse », le culot du slogan « je suis le candidat du peuple », les références historiques à des personnages dont il aurait combattu les idées et dont il combat les héritages ? Digne, le fait de mettre Jaurès et Rivarol dans le même sac ?

Je n’ai (et il me semble l’avoir beaucoup écrit depuis des mois) peu de sympathie pour Ségolène Royal et je fais partie des déçus d’une gauche archaïque, passéiste et idéologiquement creuse. Mais en terme de démocratie, d’harmonie sociale, de réformes de progrès (et non de régression) est-ce être « sarkophobe » que de ne pas être « sarkomaniaque » ? M. Giesbert est (heureusement) libre de ses opinions, mais de grâce, qu’il abandonne son coté « donneur de leçons ». N'a-t-il pas remarqué qu'il existait aussi une "Ségophobie".
Il est vrai que FOG sait changer avec l’air du temps : cet ancien chiraquien n’a-t-il pas été le pire des procureurs de Chirac ? Oh ! J’oubliais : c’était à l’époque un moyen de servir Sarkozy. Jusqu’à quand ? Jusqu’ au moment où le courtisan ne sera plus bien en Cour ? Prends un bon livre, FOG : c’est mieux que ton cinéma, comme tu aimes le dire sur une télévision où tu es plus brillant que dans tes élans de billettiste partisan. Mais tu as tous les droits, y compris d'aimer une France que la moitié des Français n'aiment pas.
12:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, présidentielles, spectacle, royal, sarkozy, medias
03/05/2007
Ségolène a marqué des points contre Nicolas, mais combien ?
Deux félins sur un toit brûlant: L'un rentre ses griffes et l'autre les sort!
J’ai vu, j’ai entendu…Et alors ? Il est des moments où l’on envie les téléspectateurs « supporters » de l’une ou de l’autre…Ils peuvent crier victoire quelque soit leur « champion ». D’autant plus que les buts des deux intervenants étaient différents : l’un devait conserver son avance, l’autre devait mener l’offensive… Ce sont évidemment les hésitants, les indécis, les versatiles qui seront les vrais juges de ce débat... pendant lequel l’importance des affaires européennes et des fonctions spécifiquement régaliennes du « poste » disputé a été, hélas, trop négligée.

Comme prévu, Sarkozy a fait des efforts sur lui-même : calme, surtout être calme. Afficher du sang-froid. Paraître serein. Juste une pointe, par ci par là, griffes rentrées : "Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante "
Des efforts trop poussés peut-être…
Il semblait presque terne, le grand bateleur ! Avec des allures d’écolier devant une maîtresse d’école. Avec la tête souvent basse. Avec des besoins d’appuis, non trouvés, auprès de PPDA. Avec quelques coups portés mal encaissés ! Gentil et poli, Sarkozy, à coup de « madame » glissés en tout et pour tout …Beau joueur, sinon galant, il a même donné du rabe de temps à son « adversaire».
"DOUX COMME UN MOUTON", LE LION
Tout au plus, il a su jouer les séducteurs avec sa voix et ses regards. Des regards qui, dommage pour lui, fuyaient souvent les yeux de Ségolène quand il se voulait critique ! Du velours, Sarkozy…« Doux comme un mouton » dit Jean d’Ormesson.
Mais son jeu était moins bon qu’on pouvait l’imaginer : il sonnait même un peu faux, de temps à autre. Il est meilleur d’ordinaire dans ses rôles de composition. Même quand, face à une « saine colère » de Ségolène, il se fait un petit plaisir en mettant en relief les qualités de… calme qu’exigent les fonctions présidentielles. L'impulsif avait-il abusé de la tisane calmante?
Comme annoncé aussi, Ségolène Royal a montré qu’elle n’est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. Et à se laisser mener par le bout du nez, surtout pas dans un débat aux enjeux majeurs. Pugnace, Ségolène. Mordante. Mais je le reconnais : elle a été meilleure que jamais. Meilleure même que je pouvais l’imaginer. Comme quoi, l’être humain a une caractéristique essentielle : sa perfectibilité.
DES PIEGES EVITES ET D'AUTRES BIEN TENDUS
Audacieuse, Mme Royal ! Offensive. Maîtresse de l'ordre du jour. Habile même : n’a-t-elle pas piégé son « partenaire en débats d’idées » sur quelques sujets, sur le nucléaire par exemple, sur la sécurité (mais oui !) ou, surtout, sur la question (imprévue) de l’insertion des handicapés dans les écoles de la République, sujet sur lequel Sarkozy propose des mesures appliquées par Mme Royal quand elle était sous-ministre et supprimées par l’UMP… ?
N’a-t-elle pas évité, aussi, d’être piégée sur le terrain de l’économie et de la croissance (en dépit de quelques manques de précisons chiffrées) ?
N’a-t-elle pas paru, y compris dans son « coup de colère », comme plus déterminée, plus moderne, plus dynamique. Plus crédible, même. Plus fiable. Avec une… « présidencitude » (comme elle ne dirait plus) plus grande. Avec une « bravitude » qui force le respect (pas seulement celui proclamé à tout bout de phrase par Sarkozy)

ELLE A GAGNE EN "PRESIDENCITUDE" AVEC "BRAVITUDE"
En fait, Ségolène a réussi une chose qu’elle aurait dû tenté depuis longtemps : Sarkozy est apparu comme un « sortant », avec ce que cela comporte de responsabilité dans le bilan.
Elle a réussi aussi à paraître plus sincère dans ses engagements et dans sa défense du type de société qu’elle « veut » que Sarkozy pour les siens.
Surtout, en dépit de son « étatisme » persistant, elle a affiché un socialiste moderne, à visage nouveau. En se dégageant de toute contrainte, y compris de ce qu'a pu dire François Hollande. "libre", elle ne s'est "rien interdit". Elle a eu raison.
C’est important pour les électeurs qui regrettent les archaïsmes d’un PS resté passéiste sur bien des plans.
C’est important aussi dans son rapport de force avec Sarkozy : l’esprit de « rupture tranquille » de celui qui veut une « France qui gagne » et qui se veut le « candidat du mouvement », est apparu comme l'expression d' un conservatisme bien conformiste, par opposition au caractère novateur de la démarche, des idées (y compris institutionnelles) et de la manière de gouverner de « madame »…

Il y a là une inversion d'image. Au moins le temps (long) de cette émission qui nous a offert (aussi) le spectacle triste d'une Arlette Chabot bien inutile (ce qui n'a aucune importance, sauf pour son ego)
Mais il ne s’agit là que d’impressions personnelles. Confirmées par la véhémence du ton des supporters de Sarkozy dans le débat très intéressant organisés par France 3, débat que je suis avec un sourire en coin en rédigeant ce billet. « Ségolène a marqué des points », dit un expert en communication. « Les lignes ont un peu bougé ». A voir dimanche soir…
Daniel RIOT
01:10 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : télevision, présidentielles, Royal, Sarkozy
02/05/2007
Ségostar joue à « quitte ou double » contre SuperSarko dans un « psycho-show » télévisé : Deux destins personnels à un carrefour de l’Histoire ccollective
Qu’attendre du grand débat, si bien encadré, de ce soir ? Une émission de pycho-show. Un match de catch mental. Un grand oral à deux voix. Une superproduction à voir, bien sûr, mais qui risque de décevoir ceux qui en attendent trop…

Celles et ceux qui attendent un débat d’idées, projet contre projet, risquent d’être déçus. Celles et ceux qui attendent ce duel pour décider de leur vote dominical risquent de devoir jouer à pile ou face ou de hiérarchiser leurs préoccupations.
Une soirée pour rien ? Non. Ne serait-ce que pour la première fois, cet exercice de haute école oppose un candidat et une candidate : Sarkozy s’y est préparé avec quatre femmes… Mais cet exercice n’aura sans doute guère d’influence sur le scrutin de dimanche. Sauf si…
DES ENJEUX INEGAUX
Sarkozy n’y a pas grand-chose à perdre. C’est lui qui mène le bal depuis le début de la campagne (sauf la semaine dernière où Bayrou a joué les trouble-fête. C’est lui qui a toujours au moins deux points d’avance dans les sondages, donc au moins quatre de plus qu’elle. S’il réussit à simplement neutraliser sa concurrente, il sort grand vainqueur. Il n’a qu’à protéger sa mise. Qu’a finir une course menée en tête par un sprint tranquille, avec le seul souic d’éviter la chute avant la ligne d’arrivée.

Ségolène Royal, elle, se trouve face à un défi difficile à relever : réussir dans cette première et dernière danse à imposer sa musique, son rythme, ses mouvements, sa cadence. En usant de sa féminité, mais tomber dans les pièges de la femme dominatrice ou victime (ce qu’elle a fait trop souvent) Elle doit, surtout, prendre des risques très calculés. Viser juste à tous les coups, surtout si elle tente quelques flèches pour provoquer la « faute qui tue » chez le favori qui ose se présenter en « challenger ». Elle est dans un « quitte ou double ». Dans une partie de poker !
BILAN ET PERPECTIVES…
Les socialistes disent vouloir un débat sur le fond : bilan et perspectives…
>>> Sur le bilan, ils se trompent de tour ! Sarkozy a réussi à effacer son handicap de sortant. Le PS en est un peu responsable : je n’ai pas compris sa tactique. Il aurait dû passer moins de temps à tenter de démolir Bayrou et davantage à mettre Sarkozy le nez dans les assiettes du dernier quinquennat de l’UMP au pouvoir ! Trop tard pour lui. Cela risque même de devenir très contre-productif !
Si Ségolène veut tenter de le piéger sur la « vérité » des faits et des chiffres de ces cinq dernières années, elle va, en effet, se faire envoyer avec élégance dans les cordes.
Et c’est elle qui accentuera son image passéiste face à ce Sarkozy délibérément amnésique mais tourné vers le futur. Comme les regards des électeurs d'ailleurs.
>>> Sur les perspectives, la tâche de Ségolène s’annonce aussi très difficile. Il suffit de comparer leurs spots respectifs consacrés au travail pour voir que la tonalité Sarko est plus adaptée aux attentes d’une majorité de Français que la musique Ségo. Des trompettes chez l’un. Du violoncelle chez l’autre.

« La fraternité contre brutalité » : la formule est bonne (et juste), mais l’heure n’est pas à la générosité des intentions. Elle est à l’efficacité supposée des mesures annoncées.
Sur ce terrain, elle n’avait pas été convaincante dans son dialogue avec Bayrou : qui peut l’imaginer plus performante sur ce plan face à Sarkozy ?
Il lui faudrait beaucoup de talents (jusqu’ici cachés) pour convaincre le téléspectateur de la crédibilité de ses propositions économiques. Et il lui faudrait des biscuits qu’elle n’a pas pour noircir l’avenir qui attend les Français avec « l’Etat Sarko », sans tomber dans les pièges d’une diabolisation contre productive et de scénarii catastrophe facile à démolir ou à contourner.
CHOIX DE SOCIETE
Certes, elle peut briller plus que Sarkozy sur tous les sujets qui se rapportent au projet de société qu’elle porte, aux valeurs qu’elle veut illustrer, aux réformes institutionnelles (si indispensables) qu’elle veut engager, sur l’Etat « impartial » qu’elle promet, sur ses engagements européens, plus sincères et plus forts que ceux de Sarkozy.

Sur le fond, elle aura raison. Mais c’est électoralement moins « payant » que les propositions qui concernent la vie quotidienne des Français. Et dans la forme, Sarkozy va pouvoir se lancer dans ses exercices favoris. Avec ses sincérités successives et additionnées. Avec son culot monstre. Avec son art de faire confondre ce qu’il croit et ce qui est.
Avec sa sublime force : celle de savoir trouver sa cohérence dans ses propres incohérences, d’asséner des contre vérités sur le ton de la vérité avérée et d’esquiver toutes les questions qui le dérangent…Avec, surtout, ses professions de foi qui peuvent tromper tous les gens de bonne foi, même celles et ceux qui le trouvent antipathique, anxiogène voire dangereux.C'est bien pour cela que la TOUT Sauf Sarko ne fait recette qu dans une faible partie de l'électorat.

C’est qu’il est doué, Sarkozy. Et en excellent comédien, il a bien répété tous les rôles qu’il peut être appelé à jouer, toutes les formules bien rodées qui pouront sembler improvisées, toutes les répliques bien ciselées qu’il tiendra en réserve.
On dit que Ségolène Royal est meilleure en débats qu’en meetings : ce sera le moment ou jamais de le montrer. « Pourquoi voulez-vous que je redoute quelque chose? » dit-elle à ceux qui l’interrogent…C’est beau la confiance ! Il lui en faut. Mais qu’elle ne compte sur aucune des faiblesses de Sarkozy.
SARKO OLYMPIEN : C’EST (PRESQUE) SÛR…
Certes, qui ne le sait pas ? « Il est des moments où « Sarko » ne se contrôle pas tout à fait »… Cela ce n’est pas de la médisance, de la diffamation ou une rumeur. C’est un fait …reconnu par ses fidèles les plus proches. Un fait plutôt inquiétant pour un prétendant à une fonction qui implique du sang froid, des qualités d’humeur et de tempérament. Mais qui n’a pas quelques faiblesses ?

Ce n’est pas un dieu qu’on élit pour l’Elysée…ni une déesse d’ailleurs. Comme disait Gide, il faut toujours suivre sa pente…en la remontant : Sarko sait le faire, cela. Sa priorité des priorités sera de démontrer ses qualités d’Homme d’Etat. Des qualités qui n’ont rien d’évidentes chez ces « bêtes » politiques (Chirac en est) plus passionnées par la conquête du pouvoir que par son exercice. Qui ont toujours un coup d’avance pour courir après leurs ambitions. Et qui aiment le gibier à abattre plus que celui abattu… Le désir qui les fait courir à la jouissance du but atteint : un désir assouvi n’est plus un désir…
LE SYNDROME D’ASTERIX
Ses sautes d’humeur (parfois feintes), son impétuosité, ses impatiences, ses coups de colère sont d’ailleurs perçues par ses supporters comme les revers de qualités incontestables. D’une exigence. D’une impatience. D’une soif d’actions réussies, de résultats, d’efficacité. De cette course contre le temps dans laquelle tout « homme pressé » tente de tromper la mort ou la fuite de la vie.
Mieux : nombre de Français se retrouvent dans son rôle du « petit » qui montre les crocs et aboie. Qui sait se faire d’une seconde à l’autre fauve et petit chat (et réciproquement). Et qui incarne à sa manière se « syndrome d’Astérix »

Que les supporters de Ségolène Royal ne se bercent d’aucune illusion : ce mercredi soir, Sarkozy se montrera plus calme et serein, plus maître de lui, plus digne des responsabilités suprêmes que jamais. Il saura jouer sur toutes les notes de son piano (ou de ses grandes orgues) de la confiance réclamée : du calme et de la détermination, de la sérénité et du dynamisme, de l’esprit de responsabilité. Il se posera en « entraîneur » de « la meilleure équipe de France, en champion de la « France qui gagne ». Sarkococorico !
Mais le grand jury ne prononcera son verdict que dimanche, dans le secret des isoloirs. Deux destins personnels à un carrefour de l’Histoire nationale. Les vrais enjeux dépassent largement ceux du Super Psycho-Show télévisé de ce soir … Le « réality-show » à venir n’a rien d’un spectacle. Et rien de virtuel…
Daniel RIOT
01:30 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, sarkozy, présidentielles, télevision, politqiue
01/05/2007
La (belle) Lettre aux Français de Ségolène Royale
Nouvelobs. com publie en exclusif une lettre dans laquelle Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle, s'adresse aux Français . Je la reprends par souci d'informer. Et oarce que j'y retrouve nombre de thèmes et de diagnostics ainsi que des valeurs et des objectifs qui me font voyer pour elle. Par défaut, mais avec esprit de responsablité. Et respect de moi-même. Cela n'engage évidemment que moi. Et n'enlève rien à tout ce que j'ai écrit sur elle(ou plutôt contre elle) depuis la campagne interne du PS....Si elle gagne, qu'elle tienne ses engagements -là, dans leur lettre et dans meur esprit! DR

"Ma lettre aux Français"
Nous voici dans la dernière ligne droite d’un grand et beau combat démocratique qui va décider de l’avenir et des valeurs de la France pour cinq ans et en réalité plus longtemps encore. Aujourd’hui, le choix se clarifie et c’est très bien ainsi. C’est un choix entre deux conceptions différentes de l’exercice du pouvoir, deux conceptions du redressement économique, social et écologique du pays, deux approches de l’Europe et du rôle de la France dans le monde.
Le désir de changement est vif et très largement partagé. Face à un système dépassé, injuste et inefficace, inefficace parce qu’injuste, une majorité de Françaises et les Français n’en peuvent plus et n’en veulent plus. L’exaspération est là, palpable, mais l’espérance aussi. Je veux y répondre en réformant profondément le pays mais sans brutalité et en rassemblant largement, au-delà des partis et des blocs, tous ceux qui veulent une France plus fraternelle et en même temps en prise sur son époque, capable d’en relever les défis, forte d’une confiance retrouvée et qui réconcilie l’efficacité économique et sociale. Trop de temps a été perdu, trop de cartes gâchées, trop d’inégalités creusées, trop d’inefficacité économique, trop de dette : il y a urgence. A chacun de prendre ses responsabilités.
La France a choisi pour devise des valeurs universelles. La France n’est jamais aussi forte, aussi respectée, aussi aimée que quand elle porte haut et fort ce message de justice et quand elle en donne l’exemple chez elle. Quand ces valeurs sont malmenées, la France ne se reconnaît plus.
Je veux une France de liberté. Et la première des libertés, c’est celle de choisir et de conduire sa vie. Parce qu’on a un bon bagage éducatif de départ. Parce qu’on a un emploi qui permet de vivre dignement et de faire des projets. Parce qu’on conserve sa vie durant le goût d’apprendre et la possibilité de se former. Parce que les solidarités sont au service de cette liberté et de cette responsabilité individuelle. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux, à ne pas vouloir que notre pays soit transformé en laboratoire d’un berlusconisme tardif qui va s’aligner sur les postures de Georges Bush. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux à rejeter la confusion des pouvoirs, la mise au pas des contre-pouvoirs, la soumission au pouvoir de l’argent.
Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un Etat de droit au plus bas et d’un recul des libertés publiques.

Je veux une France de l’égalité des possibles, pas simplement formelle mais réelle. L’égalité républicaine, ce n’est pas tout le monde sous la toise, ce n’est pas l’uniformité. C’est le droit égal garanti à chacun qu’il pourra aller au bout de ses possibilités, grâce à la priorité donnée à l’Education, qu’il sera aidé quand il en aura besoin, qu’il lui faudra donner s’il a reçu car l’égalité des droits suppose l’égalité des devoirs. L’égalité républicaine, c’est l’assurance donnée à tous d’un traitement impartial, indifférent à la naissance, à l’origine, à la fortune, au carnet d’adresses.
Ce n’est pas l’exonération des droits de succession pour les patrimoines les plus riches, cette restauration des privilèges héréditaires de la rente contre lesquels, jadis, le peuple français fit une Révolution.
Ce n’est pas la promotion de quelques uns sous prétexte de discrimination positive, qui assigne à l’origine et masque mal l’abandon du plus grand nombre.
Ce n’est pas la remise en cause de la loi de 1905 pour mettre les religions dans la politique et la politique dans les religions, ce n’est pas l’instrumentation des communautarismes et des clientélismes.
Ce qui menace notre identité nationale, ce n’est pas l’immigration régulière, c’est la destruction de notre pacte républicain. Car il en va ainsi chez nous : quand la République s’affaisse, la France s’abaisse.
Je ne veux pas d’une France en proie au doute, tentée par le repli, s’abandonnant à la peur, affaiblie par ses divisions et impuissante à maîtriser son destin. Je veux une France de la fraternité, une France unie qui reprenne la main. Une France capable de changer sans se perdre. Une France capable de se réformer parce qu’au clair sur ses valeurs et forte de tous les siens. Sans la fraternité, la liberté et l’égalité se désaccordent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous les Républicains de progrès qui veulent, eux aussi, que la loi du plus juste l’emporte sur la loi du plus fort. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un pouvoir confisqué par un seul parti et soumis aux puissances de l’argent et aux injonctions du Medef et du CAC40.
L’Etat, spécialement en France où sa formation est ancienne, a préexisté à la démocratie. Il s’est construit dans des siècles où l’arbitraire était la règle et le droit l’exception. Depuis 1789, et malgré des retours en arrière, l’Etat a dû se plier au respect de la loi : le citoyen a peu à peu conquis des droits, l’anonymat et la brutalité de l’action publique ont dû laisser place à plus de transparence et de dialogue.
Mais notre Etat porte encore les stigmates des conditions de sa naissance et des habitudes d’un pouvoir sans frein. Qui ne voit que l’autorité judiciaire ne jouit pas encore de la pleine indépendance imaginée par Aristote et élaborée par Montesquieu ? Qui ne voit que les citoyens sont ravalés souvent encore à la condition subalterne d’administrés et ne parviennent ni à comprendre la logique des décisions qu’on leur impose, ni à faire valoir leur droit légitime dans les arcanes d’une administration qui les traite parfois en importuns ? Qui ne voit que la collusion des pouvoirs politiques et économiques bride l’indépendance de la presse et favorise les abus dans les nominations et les rémunérations comme on l’a vu à Airbus ? La droite porte la lourde responsabilité d’avoir aggravé la subordination de la justice, ignoré les citoyens et confondu l’intérêt public avec les intérêts privés.
Les Français veulent un Etat impartial et je veux le construire avec eux. Aujourd’hui, l’Etat n’est pas assez présent là où on a besoin de lui mais il est envahissant là où il multiplie sans raison les procédures et la bureaucratie, le maquis des aides et des démarches. Il est trop timide là où il devrait jouer son rôle d’entrainement et trop lointain là où il devrait être proche, à l’écoute, réactif. Il se trompe souvent quand il décide seul. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui veulent un Etat réformé avec des services publics efficaces, un Etat qui enraye la vertigineuse croissance d’une dette qui l’étouffe.

Je veux une France capable de vérité. Une France lucide sur ses points faibles, énergique sur ses points forts, capable d’anticiper les mutations nécessaires, de se mobiliser pour réinventer son avenir, d’investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation, aujourd’hui paupérisées et sinistrées, dans la qualification et les emplois de qualité. Car c’est la seule réponse vraiment moderne aux transformations de l’économie mondialisée et de la compétition planétaire.
Le projet coercitif de Nicolas Sarkozy se trompe d’époque et tire la France du mauvais côté de la nouvelle division internationale du travail. Il ne comprend pas l’efficacité économique du travail pour tous et du bien-être au travail. En disant aux uns de « travailler plus pour gagner plus » et en faisant peser sur les autres, ceux qui n’ont pas d’emploi, le soupçon de paresse et de fraude, il empêche la France de tirer parti de son principal atout, de son avantage concurrentiel le plus durable : son capital humain.
Quel est ce projet de société où l’on ne pourrait pas s’en sortir dans le cadre de la durée légale du travail ? Ce qu’une vision archaïque ne cesse de disjoindre et d’opposer – la performance économique, la performance sociale, la performance écologique – je veux au contraire le lier solidement ensemble car c’est ainsi que la France se relèvera, misera sur les activités et les emplois de demain. L’économique d’un côté, le social de l’autre, l’écologique à part, cela ne marche pas, cela ne marche plus.
Personne n’a jamais réussi à restaurer la compétitivité française, stimuler la créativité, l’inventivité, la réactivité économiques dont nous avons besoin en écrasant, en méprisant, en traitant mal les salariés producteurs de richesses. Ce modèle est inefficace, comme le prouve la situation actuelle, car l’avenir de la France, ce sont des productions à forte valeur ajoutée, des services de qualité donc des salariés qualifiés, motivés, engagés dans leur travail. Je veux, avec les PME construire une nouvelle donne qui leur permettra de réussir, de se développer, de conquérir les marchés. En un mot, de réconcilier la France avec les entreprises.
Il faut un regard neuf sur l’économie du XXIème siècle et, pour tirer parti de nos atouts, de nouvelles règles du jeu. Il nous faut inventer et mettre en place les nouvelles sécurités qui ne seront pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque et de l’agilité nécessaire dans la « grande transformation » du temps qui est le nôtre. L’Etat sera garant de ce nouveau compromis social et du nouveau dialogue qui, arrachant la France à l’archaïsme de ses relations de travail, fondera enfin dans notre pays une démocratie sociale facteur de réussite économique.
Le pays a besoin d’oxygène. Voilà pourquoi la nouvelle République que je veux bâtir avec tous repose sur quatre piliers à mes yeux indissociables : une démocratie représentative rééquilibrée, une démocratie participative vivante, une démocratie sociale forte d’un syndicalisme de masse et une démocratie territoriale où chaque échelon de la puissance publique sait, sans doublons, ce qu’il a à faire.
La voix de la France dans le monde a faibli. Sa place en Europe, comme inspiratrice de sa construction et garante d’un juste équilibre entre développement économique et progrès social, est contestée. Avec moi, elle retrouvera son rang et son influence, elle défendra ses intérêts sans crispation ni arrogance, en recherchant toujours des compromis dynamiques et les solutions les meilleures pour elle comme pour nos partenaires.
L’Europe est en panne institutionnelle et en panne d’idéal, en mal de projet. Où va l’Europe ? A quoi sert la construction européenne ? C’est parce que depuis trop longtemps nous n’avons pas su répondre à ces questions, qu’une majorité de nos concitoyens ont dit non il y a deux ans.
Je ramènerai la France à la table de l’Europe, parce que c’est ensemble, avec tous nos partenaires, anciens et récents, que nous préparerons le plus efficacement l’avenir. Je veux une Europe de la connaissance, où les étudiants et les chercheurs échangent, travaillent ensemble, voyagent, coopèrent. Je veux une Europe de l’excellence écologique. Je veux une Europe qui comprenne que l’efficacité économique et le respect des salariés ne vont pas l’une sans l’autre.

Je veux une Europe qui protège ses emplois, non pas de façon conservatrice et statique, mais en innovant, en se projetant dans l’avenir, en construisant les industries et les services de demain. Je veux une Europe où les salariés seront sécurisés, mieux formés, mieux rémunérés.
Je veux enfin une Europe qui pèse dans la mondialisation, une Europe qui porte par ses actes un message de développement économique et humain, d’égalité entre les hommes et de paix entre les peuples. L’Europe doit se tourner vers l’Afrique pour l’aider à s’arracher à la pauvreté, vers l’Amérique latine où elle est attendue, vers l’Asie où sont les nouvelles grandes puissances économiques et politiques. Elle doit trouver un juste équilibre dans ses relations avec les Etats-Unis, pays ami et allié, et l’amener à renoncer à l’unilatéralisme et à accepter la nécessité du développement durable.
Cette France neuve, ce vote d’audace pour un changement serein mais garanti, c’est celui d’une France Présidente qui avance parce que chacun et chacune est appelé à donner le meilleur de lui- même."
Ségolène Royal
20:25 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Royal, france, sociéte, politique, présidentielles



















