17/12/2006

Royal chez Moatti:A quoi est-elle candidate, Ségolène?

Ségolène  Royal chez Serge Moatti dans « RIPOSTES » ? Une excellente prestation. Sérieuse, souriante, calme, malicieuse même. Déterminée, convaincante, presque habitée par la certitude d’être dans le vrai, le juste et le bon, comme portée par les ailes d’une victoire annoncée. Charismatique, comme on dit comme on ne sait pas expliquer des phénomènes de popularité qui ne s’expliquent pas logiquement. Et pourtant...

Sa « nouvelle politique » est un catalogue de mesures de bon sens prôné déjà sous Giscard d’Estaing. Voire avant, sous « la nouvelle société » de Chaban (donc de Delors)… Priorité à la recherche et à l’innovation ? Bien sûr. Priorité à la qualification des salariés ? Bien sûr. Priorité à la revalorisation de la valeur « travail » ? Bien sûr. Priorité à un dialogue social rénové ? Bien sûr. Priorités aux injustices faites aux femmes, à la lutte contre les violences conjugales, à un Ordre qui soit le contraire du désordre et une justice qui soit le contraire de l’injustice ? Bien sûr. Priorités à la lutte contre les inégalités croissantes ? Bien sûr. Priorité au « respect de la nature » ? Bien sûr. Priorité à moins de lois et plus de moyens pour la Justice ? Bien sûr. Priorité à une Justice plus rapide ? Bien sûr. Priorité à des prisons enfin humaines ? Bien sûr. (Même si d’avance elle se défausse sur les Régions et les Départements).

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Qui n’a pas cela à son programme ? Première question… Est-ce un programme « présidentiel » ou législatif ? Deuxième question… Est-ce bien original ? Troisième question… Il en est d’autres, beaucoup d’autres. Trop d’autres. Mais 85 minutes, c’est court, n’est-ce pas quand on veut toucher à tout et faire de grands écarts entre la posture de gauche et celle de droite, entre les volontés de rassembler la gauche et de marquer à la culotte Sarkozy. Elle se veut "politique" en ne jouant que sur le "sociétal". Un peu court. Et un détournement de scrutin.

Comme dit, Jean-Louis Bourlanges, (tout  en rendant hommage aux qualités de celle qui a su « rouler dans la farine » les militants du PS, dont elle est une éléphante  depuis 1978), « ce qui m’inquiète chez vous ce sont vos silences ». Et le sens qu'elle donne aux formules qu'elle emploie. Notamment quand elle réinvente ce qui existe déjà et  qu"elle n'a pas vu passer à l'Assemblée, où sa présence est si rare. Postures et impostures royales...

Ségolène a été plus brillante pour l’ ITW « poeple » (sur son passé, son itinéraire personnel, ce qu'elle a appris de sa mère et de son père, sur ses découvertes du féminisme et des vertus de la réussite scolaire…) du début de l’émission que pour des débats économiques, diplomatiques, dignes de ce que l’on doit attendre de quelqu’un qui brigue la Présidence de la République. Que de bonnes questions restées sans bonne réponses, y compris sur ses différences avec Sarkozy... Ou sur les remarques, pleines de bon sens, elles aussi , de Laurence Parisot, la chefatine du patronat qui a un avantage: elle sait de quoi elle parle (même si les positions du Medef sont contestables sur bien des points)

Dernière question et dernier vertige : l’absence totale d’interventions, de prises de positions, sur ce qui fait le vrai pouvoir de celle ou de celui qui doit être élu locataire de l’Elysée et qui détiendra les pouvoirs régaliens. Défense, diplomatie, politique européenne ? Rien. Ou presque. Juste un mot qui ne veut pas dire grand chose…

La faute à Moatti et à ses invités-questionneurs ? Ou un manque de hauteur, de vision, de "sens de l’Histoire" chez Ségolène Royal ? Son maître à penser et à agir, François Mitterrand savait se situer en permanence dans une perspective historique… Heureusement que Jean-Louis Bourlanges est intervenu en fin de parcours, en faisant une allusion à la tournée proche-orientale de Ségolène « la diplomate- médiatrice »… La « diplomatie moderne » à la sauce Royal reste à inventer…

Elle a été brillante, comme on se doit de l'être pour des cantonnales ou des régionales (voire des législatives), mais pas pour des Présidentielles. Après Raffarin, Ségolène: le Poitou-Charentes est une vraie mine de matière grise pour une France en déclin, un socialisme en régression, un système politique bien malade... Mais sans doute est-elle perfectible. Et elle sait si bien s'assumer! Du moins, elle le dit et le répète.  Avec son sourire qui, comme lui écrit Catherine Millet, "est comme un masque"... 

Daniel RIOT

14/11/2006

Carnet de campagne: des candidatures anxiogènes

Vous avez dit « TSS » ?

Sarkozy, l’enfant politique de Robert Grossmann (ils ne l’oublient ni l’autre), a un mérite essentiel qui lui a permis de griller son « ami » (et parrain) PASQUA à Neuilly (mais ne l’a pas empêché de se tromper de « cheval » en misant Balladur contre Chirac) , de kidnapper une UMP non faite pour lui et de revendiquer une « candidature naturelle » pour l’Elysée : il a un flair politique indéniable. Pour lui (et il sans doute tort de le dire, mais il a raison de le penser),  la candidature de la socialiste Ségolène Royal représenterait une vraie  chance...pour le candidat de l’UMP !

En visite officielle à Alger comme ministre de l'Intérieur, il a affirmé lundi, comme candidat(joli, et inadmissible,  mélange des genres et des fonctions): « Elle me protège depuis plusieurs mois, car le phénomène 'tout sauf Ségolène' empêche le phénomène 'tout sauf Sarkozy' ».Ce n’est pas faux. C’est bien vu. Mais ce cynisme (ou ce réalisme) ne lui garantit rien…

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Si le candidat du Parti socialiste était Laurent Fabius, dit-il,  "on aurait une campagne violente, parce que c'est un homme violent, le risque pour moi est beaucoup plus grand qu'avec une campagne apaisée"(…) Au contraire, "si c'est Ségolène Royal, c'est tout bénéfice".

Nicolas Sarkozy considère que Ségolène Royal , tout en imposant « malgré tout un processus de modernisation », est "en totale décalage avec son électorat et elle aura beaucoup de mal à assurer un rassemblement des voix à gauche"(…)"Je pense qu'elle montrera sa vraie nature, qui est quelqu'un d'irascible, dur et, quand ça ne va pas, qui se crispe".Bien vu. Mais pourquoi, Sarko ne parle-t-il pas de DSK ? Parce qu’il sait que ce serait le meilleur candidat socialiste, le plus crédible, le plus cohérent, le plus fiable, donc le plus dangereux pour lui…

En fait ,Sarko et Ségo sont faits du même bois… A brûler plus quà sculpter. A casser plus qu'à tailler.... Sarkolène et Ségozy, ou Sarkosette et Sénigolas. Bayrou a raison : en duo plus qu’en duel. Mais le mari ne Cecilia ne vote pas au PS : Hollande, le compagnon de Ségo, votera pour elle. Un avantage tout de même pour Ségolène : elle bénéficie (et bénéficiera) du soutien de la machine élyséenne …Le dernier S du TSS, c’est Sarko, pas Ségo…Tout cela fait de plus en plus sourire et rire le même homme : Le Pen. Entre Sarkolène et Ségozy, il monte, il monte, surtout quand il ne dit rien. Les TSS de droite et de gauche brisent le TSL, Tout Sauf Le Pen. Et çà, c’est grave !

Vous avez dit « programme » ?

'UMP a présenté les grandes lignes de son projet de programme législatif pour 2007, qui entérine les idées de "travailler plus pour gagner davantage", de "révolution écologique" et de "gagner la bataille de l'intelligence".

La "rupture" que préconise le parti présidé par Nicolas Sarkozy "n'est pas une cassure avec notre héritage national".

"Ce n'est pas une fracture avec nos idéaux sociaux, c'est une volonté de faire autre chose et autrement pour servir la France de toujours", a souligné François Fillon, conseiller politique du président de l'UMP.

J’ai tout lu. Où est le « programme » ? Où est la « rupture » ? Programmer tout ce qui était à faire depuis cinq ans constitue-t-il un programme ? Aligner des constats et quelques promesses pas toujours cohérentes est-il un acte de « rupture » ? C'est la continuité sans changement. Tout est perfectible, il est vrai…

Le « maillon faible »

Que fera-t-elle si un jour, élue à L’Elysée, elle est la cible de critiques intérieures ou extérieures. Si elle reste fidèle à ce qu’elle est aujourd’hui, il y a de quoi avoir quelques peurs… « Sexisme », « machisme », « coups bas ». Maggie Thatcher (si détestable, par ailleurs) ne s’est jamais montrée aussi parano. Et n’a jamais joué sur  ces lâches claviers d’une victimisation, fausse mais cultivée. La parité et l’égalité entre les sexes, oui. Bien sûr. Nous avons en France tellement de retard à rattraper…Mais  a discrimination « positive » que demande Ségolène en sa faveur n’a rien à voir avec son sexe, mais avec sa… tête.

La vedette de la « Star’Ac » des sondages est surtout en tête du hit-parade des bévues commises dans la campagne interne du PS … Ceux qui la soutiennent en connaissance de cause font un pari sur la perfectibilité qui tient du loto, de « l’Euromillion » ou du quinté+… Après l’économie-casino, la politique-casino ? C’est la roulette russe réinventée…

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La prochaine campagne interne au PS (sur quelque sujet que ce soit) devrait peut-être s’inspirer du plus con (mais du plus significatif) de notre époque : Le « maillon faible »… Mais dans « l’île de la tentation » d'aujourd'hui, ce sont les sondages qui visiblement jouent un rôle déterminant.

Reste une question, la plus importante : le PS compte-t-il des adhérents qui sont militants  ou supporters ?

En attendant la réponse (ce jeudi ?), la « Ségolènomania » marque une étape de plus dans la « poeple-démocratie ». Les idoles : le retour ! Mais pour quelle France ? Et pour quel « socialisme » ? Je suis sévère (injuste, peut-être), c’est vrai. Un peu (beaucoup) provocateur, même…Mais je suis surtout un citoyen (un parmi bien d’autres) qui a conscience de l’importance que revêt l’élection Présidentielle… Et j’ai peur. Ce qui n’est jamais bon. Cela fait même le jeu de Le Pen…  Mais que voulez-vous ? A droite, Sarko, et à gauche, Ségo, sont d’abord « anxiogènes » ...

10/11/2006

Carnet de campagne:Quelle "réconciliation nationale " pour quelle réformes?

Jean-Louis Borloo : Pour une « réforme » globale et « radicale »

Il veut concilier et voir mener de front la « réconciliation nationale » (qui doit être la priorité des priorités du prochain président) et une réforme globale, générale et radicale de « toutes les politiques publiques ». Joli programme. Généreux. Qui pourrait être contre ?

« Si j'étais président de la République, le sujet crucial, historique, auquel je m'attaquerais, c'est cette concorde nationale et cette réconciliation », a déclaré sur France-2 le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale, ajoutant qu'avec « le défi écologique », ce défi était « le plus important » pour l'avenir du pays.

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Faisant allusion aux nombreux Français d'origine étrangère qui composent la société française, Jean-Louis Borloo a également dénoncé « une espèce de non-dit », concernant l'identité collective française. Il s’en dit « terriblement inquiet ». Il n’est pas le seul…

« L'indifférence a amené quelques tensions, puis quelques violences urbaines. Ca peut aller plus mal », a-t-il estimé, en admettant toutefois que « depuis deux ans », la société française était " « en train de prendre conscience » de ce problème, grâce aux instances de lutte contre la discrimination et pour l'égalité des chances, "grâce à des artistes" ou "des chefs d'entreprise". Et grâce au gouvernement auquel il appartient ? Voilà un ton qui n’est guère « sarkozien »…

Pour parvenir à cette "concorde nationale", Jean-Louis Borloo propose « de revoir toutes les politiques publiques », notamment dans les moyens d'accès aux grandes écoles des jeunes de toutes origines sociales ou ethniques. Pourquoi diable ne pas l’avoir fait ces cinq dernières années ?

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Question personnelle : pourquoi Borloo ne fait-il pas équipe avec Bayrou ? Hasards de ce « loto politique » qui fait que souvent les étiquettes ne collent pas aux « contenants » ? Nécessité tactique pour carrière ministérielle ? Il est franchement plus dans une ligne UDF que une mouvance UMP plus libéralo-autoritaire que gaulliste (en dépit des cantiques de Sarkozy), plus « républicaine » (au sens américain du terme) que « démocrate » (au sens des  traditions françaises démocrate-chrétienne et radicale), plus « économique » que « sociale ».

D’ailleurs, comment imaginer une « réconciliation nationale » sans appliquer ce que prône François Bayrou : ce dépassement des faux clivages politiciens et des vrais calculs politiques, des sectarismes et du saucissonnage des « disciplines » et des « spécialités » ? Mais peut-être Borloo, dans le secret de l’isoloir, va-t-il voter Bayrou si Sarkozy est effectivement le candidat UMP. Je n’en sais rien.

 

Hulot : L’EXPRESS soutient, mobilise et fait un joli coup de marketing politique.

Réchauffement de la planète et glaciation de l'Europe...

La semaine où l’on pleure JJSS, ce précurseur, l’Express a trouvé son « Monsieur X » de ce début de siècle : c’est Monsieur N.H, Nicolas Hulot…« Aggravation des périls, maturation des esprits: un seuil vient d'être franchi dans la conscience collective. Si l'environnement est menacé, l'homme est en danger. Pour agir avant qu'il ne soit trop tard, Nicolas Hulot interpelle le prochain chef de l'Etat français et lui propose de s'engager Pour un pacte écologique (Calmann-Lévy). Un combat que rejoint L'Express, parce qu'il est décisif pour l'avenir ».

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Mais quelles armes utiliser pour ce « combat » ? J’ai suggéré à l’Express de se mobiliser aussi pour le « Plan Fitoussi », si complémentaire (et moins publicitaire) que le « plan Hulot) : j’attends la réponse. L’Europe intelligente et efficace est sans doute  moins « vendeuse »  que la grande peur d’une « fin du monde annoncée ».

 Pourtant Fitoussi a le mérite de lier écologie, économie, recherche et construction européenne. Il va plus loin d’une façon plus pertinente. Mais la mode est au réchauffement de la planète, non à la glaciation de l’Europe. La seconde aggrave la première pourtant….

Coup tordu ou témoignage révélateur ? Ségolène et les enseignants: la vidéo qui fait mal

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Une vidéo pirate enregistrée par un anonyme lors d'une réunion à Angers en janvier 2006, dans laquelle Ségolène Royal propose que les enseignants restent 35 heures au collège, au-delà de leurs seules heures de cours,  provoque la colère de enseignants, alors que les « royalistes » dénonçent une "malveillance", un « coup tordu », un « coup bas », de « malveillance ». Des réactions bien normales...
Dans cette vidéo, simplement signée "Jules Ferry", la candidate à l'investiture socialiste à la présidentielle propose "de faire les 35 heures au collège, c'est-à-dire que les enseignants restent 35 heures au collège. Et dans ce paquet global, il y a des cours, mais ils ne quittent pas le collège quand ils ont fini leurs cours".
Car "on est quand même dans un système absurde où aujourd'hui en France, on a maintenant des entreprises cotées en bourse de soutien scolaire" et "ceux qui font cours dans ces entreprises, ce sont les profs du secteur public!", souligne-t-elle.
"Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d'aller faire du soutien individualisé payant et ils n'ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements solaires?" Ségolène Royal propose donc de faire "un pas, y compris pourquoi pas avec les nouvelles générations d'enseignants, si les autres nous disent: ben non, droits acquis, 17h de cours et puis on s'en va!"

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Cela ne manque pas de bon sens même si cela donne des enseignants une image que bien peu méritent "Ce sont des propos faciles, et qui pourraient laisser croire qu'en dehors de leurs 18 heures de cours, les enseignants font plein d'autres choses et vaquent à leurs occupations alors qu'ils ont tout un travail de corrections, de préparation des cours", a réagi aujourd'hui Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Education. "On souhaite que les collègues ne soient pas tiraillés, mis en accusation par des propos faciles, qu'ils viennent de la droite ou de la gauche", a-t-il dit à l'Associated Press et à d’autres correspondants de presse.


Mais le plus grave, pour moi, ce n’est pas  cette proposition. C’est le commentaire qui l’accompagne, de la bouche même de Ségolène : "Je ne vais pas encore la crier sur les toits parce que je veux pas prendre des coups des organisations syndicales enseignantes". C’est beau le « parler vrai », le « franc parler ». Mendès-France reviens !

Anecdote relevée par Le Monde « L'UNSA-Education a trouvé le coupable grâce à un lapsus de l'AFP : ces propos "simplistes" sont imputables à la "compagne interne" du PS. Vous avez dit cOmpagne ? Celle a pu fausser la cAmpagne… Mais c’est la vie…

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DSK ne fait-il pas un peu une belle campagne grâce à sa compagne ? Je l’ai trouvée royale, ce soir sur Canal+…même si elle n’a pas très bien répondu à une remarque de Jean-Michel Apathie sur Ségolène Royale : »j’ai une idée, mais je ne vous la donnerai pas. Je préfère parler de mon mari. » C’est beau l’amour. Le ré-enchantement de la politique par le cœur ? Qui parlait de « poeple-démocratie » ?

Je dis cela sans aucune acidité : j’ai apprécié, professionnellement et personnellement, Anne Sinclair bien avant qu’elle soit la première admiratrice du « candidat le moins démagogique » aux Présidentielles. Il est vrai aussi qu’elle ferait une belle « première Dame » de France Anne. Elle aurait même pu être une excellente candidate du PS pour les Présidentielles. Profondeur, crédibilité, savoir, courage, vrai sens de l’Etat, esprit de rsponsabilité…Tout ce qui ne manque pas à Mme Clinton…  Mais DSK n’est pas FH…Je m’égare.

Oh ! La belle cohérence de l’UMP face à LE PEN !

Les agences : « Le président du groupe UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, n'envisage pas qu'un élu UMP puisse parrainer la candidature de Jean-Marie Le Pen pour l'élection présidentielle."Le combat contre les extrêmes passe par le débat démocratique et la réfutation de leurs idées devant les Français", affirme-t-il dans un communiqué publié aujourd’hui.

Ah bon ?  Ce n’est pas ce que j’avais entendu ce matin au réveil. Désinformation de ces journalistes qui résument « tout mal » sans doute… J’avais eu l’impression (comme Hollande d’ailleurs que les sarkozistes faisaient le forcing pour que Le Pen ait ses « signatures ».

D'ailleurs Le Pen et sa fille en rient ...."Les déclarations contradictoires du chiraquien Mariton et du sarkozyste Novelli [ainsi que de Bernard Accoyer]" accréditent la thèse selon laquelle l'Elysée souhaiterait "tout faire pour m'empêcher de me présenter"pendant que de son côté, M. Sarkozy "jugerait que mon absence au premier tour pourrait lui coûter sa victoire au second tour". "Les uns et les autres ne raisonnent qu'en fonction de leurs intérêts stratégiques personnels",  ajoute le président du Front national. "Ils en sont venus à penser que les signatures de maires, qui ne devraient être qu'une formalité, sont devenues des armes entre candidats d'un même parti",.."Je me félicite de ces déclarations", a déclaré Marine Le Pen sur France-Info, répondant à M. Accoyer. Selon la directrice stratégique de la campagne du président du FN, "s'il n'y a pas de pression sur les maires, très probablement, [le Front national] obtiendra sans difficulté les signatures puisque c'étaient ces mêmes pressions qui [l'empêchaient] de les avoir". La fille de Jean-Marie Le Pen a toutefois récusé l'idée d'une "main tendue" de l'UMP. Contrairement à ce que dit Fabius. Allez savoir... Le Pen a construit son "magot" électoral sur la fonte des "forces" du PCF par l'art de....Mitterrand. Qui tente d'instrumentaliser qui aujourd'hui?

Peu importe…Dans la forme, il ne faut pas que Le Pen se coule une fois de plus dans un rôle de victime. Sur le fond, je suis trop démocrate pour que Le Pen soit empêché, par un artifice bureucratico-politichien de se présenter. Ce système des 500 signatures, avec les chantages qu’il implique aux niveaux locaux et régionaux, est complètement débile. Un reflet de cette France archaïque : celle des notables non représentatifs...mais influents

Je suis donc d’accord, sur ce point,  avec le  Premier ministre Dominique de Villepin : « Je pense que dans la vie d'un grand pays démocratique comme la France, il est important que tous ceux qui expriment une opinion et qui, par ailleurs, trouvent un écho dans la vie de notre pays puissent se présenter à une élection présidentielle ». Il faudrait que cela soit vrai (et pas seulement pour le FN) à l’Assemblée nationale et au Sénat. C’est une autre affaire… Mais les Présidentielles n’auraient pas le même visage avec une « représentation législative » plus conforme à la société française.

 

Le Pen face à la concurrence de Villiers

Le président du Front national a donné aujourd’hui le coup d'envoi de sa cinquième campagne, lors de la « convention présidentielle » au Bourget. La cinquième… A 78 ans. La dernière ? La plus belle, pour lui. Plus belle même que celle qui a mis Jospin hors course et en retraite…. Moins il parle, plus il grimpe dans les sondages.

Pourtant, le président du FN devra compter, cette fois, avec un Nicolas Sarkozy qui chasse ouvertement, délibérément, ostensiblement  sur ses terres, ses terroirs, ses viviers (piqués à l’extrême-gauche et au PCF notamment) mais également avec Philippe de Villiers.

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Le président du Mouvement pour la France (MPF), qui a inauguré cette semaine son siège de campagne, espère bien parvenir à réunir les 500 signatures nécessaires à sa candidature. Après avoir longtemps cherché à se démarquer de Jean-Marie Le Pen, il a depuis quelques mois, et surtout ces derniers temps,  radicalisé son discours, notamment sur la question de l’immigration et de l’islam. L’un étant lié à l’autre, avec une malhonnêteté intellectuelle et un esprit de « voyourisme politique » qui font bondir celles et ceux qui ne réfléchissent pas que dans leur miroir, mais qui en séduisent bien d’autres. Qui ne sont pas que Vendéens…

Plus « libéral » que Jean-Marie Le Pen sur les questions économiques, Philippe de Villiers sait que c’est sur le thème de la sécurité et de l’immigration qu’il pourra prendre des voix au Front national. Dans ce domaine, bien que les deux hommes s’en défendent, leurs projets présentent de nombreuses similitudes, qu’il s’agisse de défendre la préférence nationale, l’immigration zéro ou le rétablissement de la peine de mort.

« Philippe de Villiers reste un homme du système, explique Jean-Marie Le Pen. Il vient sur le terrain de mes propositions et parfois de manière exagérée. » (…)« Il aborde le problème de l’immigration à l’envers, par le rôle de l’islam. Or, les questions posées par l’islam sont la conséquence de l’immigration », insiste le président du Front national.

« Il y a dans ce domaine une différence de vision et de contenu. Pour Le Pen, l’immigration pose la question de la race, pour moi, celle de la civilisation. », martèle De  Villiers. Quelles nuances !

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Philippe de Villiers a tout de même un argument que ne peut pas avoir Le Pen : sa légitimité d’élu et de président du conseil général de Vendée lui permet de défendre sa « crédibilité » et de dénoncer le parti «de la protestation et pas de l’action».

La course entre les deux hommes est donc bel et bien lancée. Aucun n’ira à l’Elysée. Mais les deux peuvent troubler la course. Au fait, avec lequel des deux Sarkozy préférerait-il « composer », en cas de besoin ? « Les pommes de terre contre l’ennui, pensez-y » : c’est une campagne publicitaire sur les chaînes de télévision. « Vous souffrez de troubles de l’érection ? » : C’est une autre campagne du même type. Pourquoi en parler ici ? « Consultez votre médecin », dit la Pub….

05/11/2006

Carnet de campagne (suite) :En attendant Monsieur Hulot

Elle n’est pas celle que l’on croyait….

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Elle a vu Nicolas Sarkozy vendredi. Et elle est partout, ou presque, y compris chez Ruquier. Elle a changé un peu de look. Elle est plus souriante. Plus directe (« la messe en latin ? Je m’en fout », lâche cette conseillère du Vatican sur Canal+). Plus soucieuse d’actions de type social (prisons, logements, « dividende universel »). Son livre lancé à grand renfort de promo a un titre qui veut tout dire : "je ne suis pas celle que vous croyez "

 

Et Christine BOUTIN menace de se présenter(malgré son score de 1,19 % la dernière fois ) si l’UMP n’est pas « plus humaine » : "le costume de ministre de l'Intérieur étouffe tout le reste chez Sarkozy. Je sais qu'il a une dimension réellement humaine, mais cela ne transparaît pas suffisamment".( ;;;) La droite ne gagnera que si elle a une dimension humaine, j’en suis convaincue ».

medium_couverture_du_livre_de_christine_boutin_1162461234.jpgLa « droite inhumaine » : qui à gauche aurait osé lancer ce slogan ? Question subsidiaire : pourquoi les « chrétiens sociaux », bien des démocrates-chrétiens et les partisans du « gaullisme social » se sont-ils faits ainsi dominés à l’UMP par les tenants d’un libéralisme débridé et d’un autoritarisme plus préoccupé d’Ordre que de Justice ? (Libération)  

 

 

 

Ségolène soutient les « bons combats » de Bové  

« Les sondages sont le seul argument de ceux qui soutiennent Ségolène Royal » lâche DSK. Est-ce celui qui guide Edih Cresson ? L’ancienne Première ministre votera pour elle : "Pour moi, Ségolène, c'est la fin de mai 68 (...) la fin d'une époque sympathique, mais avec ses dérives (...) elle peut faire gagner la gauche ». La popularité de Ségolène (qui "sent comme un parfum de 1981") est (avec le fait qu'elle soit une femme)en tous cas l'un des arguments de Jack Lang qui, lui aussi, apporte son soutien à Ségolène (ce qui était prévu depuis son retrait). Pour lui, Ségolène est la mieux placée pour battre la droite et faire triompher la gauche.

Peut-être, mais quelle gauche ? Ségolène affiche un autoritarisme et un sens de l’ordre bien sélectif Elle affirem ghaut eu fort qu’elle  n'entend "pas laisser des gamins de 12-15 ans faire la loi dans le pays" "c'est dès la 1ere incartade qu'il faut sévir, même pour un tag, un petit vol". Mais  elle vole au secours de José Bové qui a  qui a un sens du débat(et du respect de loi) tout de même un peu spécial….

Dans un entretien à Radio J, elle déclare :  « Je pense que José Bové est sur un bon combat (...) Je comprends qu'il puisse y avoir des gestes de provocation quand le débat public n'est pas organisé", Elle a promis un "moratoire" sur les condamnations liées à ce type d'affaire si elle accédait à l'Elysée. Ben voyons…Elle ratisse vraiment « large » Ségo !  Même les voix des « récidivistes l’intéressent »… Cet encouragement aux « gestes de provocation » est pour le moins surprenant, non ?

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En donnant ainsi un peu de baume au cœur des « altermondialistes », elle risque , enytre autres, de se mettre  à dos des exploitants qui en ont vraiment assez de ces « Faucheurs volontaires » ….  L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a estimé que les semences utilisées par l'exploitant étaient légales. Son président Christophe Terrain dit à Reuters "Cela fait des semaines et des mois que nous disons qu'à laisser trop de liberté à ces gens-là, on peut arriver à des incidents voire des accidents.. Cette violence est intolérable »(…)  « Les Faucheurs volontaires sont en train de passer un cap qui ne sera pas toléré par le monde agricole. Il y a un élan de solidarité de la part des agriculteurs, quelle que soit leur couleur politique, pour dénoncer de tels agissements »

Nicolas Hulot fait de l'ombre à Voynet (et à d'autres)

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Voynet n’a pas du lire « Le Journal du dimanche » avec plaisir….Cela va renforcer la mauvaise opinion qu’elle a des média (« Les médias, c'est lécher, lâcher, lyncher »). Nicolas Hulot est en effet sacré meilleur écologiste pour la présidentielle. Avec 66% de bonnes opinions, l'animateur TV devance très largement, dans ce sondage Ifop,  Dominique Voynet (14%), José Bové (11%), Corinne Lepage (6%) et Antoine Waecher (2%). Pour l'instant, Nicolas Hulot n'est qu'un candidat virtuel. Depuis juillet, il n'a cessé de le rappeler: sa démarche est une menace, une façon d'interpeller, de faire entrer l'écologie dans les programmes des partis accusés "de se désintéresser du péril climatique". "Si rien ne bouge d'ici à novembre tout est possible" affirmait N.Hulot il y a peu. Mardi, il présentera ses propositions, son "Pacte écologique". A cette occasion il pourrait préciser ses intentions pour 2007.

 Cette candidature potentielle sème le trouble dans bien  des états-majors qui redoutent un éparpillement des voix. Du coup, sa grande proposition de créer un poste de vice premier ministre de l'environnement a trouvé un certain écho. Laurent Fabius a repris l'idée, François Bayrou l'a approuvée, Nicolas Sarkozy ne l'a pas écartée. Plus mitigée, Ségolène.Royal a déclaré "Pourquoi pas, il faudra en débattre". Tiens, tiens : elle affiche une prudence peu  courante chez elle en ce moment. Son opinion sera-telle « cette des Français », comme sur d’autres sujets ?

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Dominique Voynet, qui s’est affichée, hier sur Canal + avec un proche collaborateur de Hulot est la plus inquiète. Elle  craint que ce "coup" ne fasse voler en éclat sa campagne. Il est vrai que Hulot est un écolo » cohérent. Voynet (qui a fait enterrer le projet du canal Rhin-Rhône à grand gabarit) dénonce les camions sans favoriser les bateaux.  Et son parti reste bien fragile : « Il risque de devenir une sorte de soviet » ; lance Noël Mamère. Un Soviet « vert » ? De quoi voir rouge…

27/10/2006

Pauvre Ségolène! "on" ose la contester...La Blairiste se révèle très Thacherienne...

medium_segolene_7.jpgSégolène n’a pas « peur du peuple », tant que le peuple la soutient…Mais quand il la conteste, elle éprouve quelques difficultés. Pourtant la « démocratie, c’est comme l’amour… Plus il y en a, plus elle grandit ». Jolie formule qui ne fait pas un programme. Qui fait même peur, d’ailleurs. Derrière les sourires charmeurs un autoritarisme inquiétant : plus thatchérienne que blairiste, Ségolène ?

Sa réaction de ce matin sur France Info au meeting d’hier soir au Zénith, à Paris,  confirme une personnalité qui n’est guère conforme au personnage… Ambitions personnelles d’abord. Comme chez Sarkozy et José Bové. « Moi je »… Elle ne supporte les débats que lorsqu’elle les mène, sur des sujets qu’elle a choisis, dans une forme qui lui convient… Elle ne supporte pas les sifflets, les contradictions, les huées. Elle seule, « RESPECTE » et veut une « démocratie  du Respect ». Elle seule se pose en victime 

Je cite les agences ;  « Certains supporters de candidats n'ont pas respecté les autres" réclamant plus de calme, elle veut "rapidement tourner la page de cette façon de faire". La candidate à l'investiture socialiste en déplacement à la Réunion avait mis en garde contre ces débats qui, selon elle, pénalisent l'image des candidats. "J'entends ces petites phrases où l'on me met en cause. Je n'y réponds pas", avait elle souligné se réservant le droit de boycotter les débats.

"C'est vrai que j'avais fait cette mise en garde, parce qu'il y a toujours un risque dans une confrontation entre candidats au sein d'une même organisation politique", a expliqué Ségolène Royal. "Hier soir, les choses ont été effectivement un peu désagréables, au sens où certains supporters de candidats n'ont pas respecté tous les autres et je pense qu'il faut tourner la page de cette façon de faire", a-t-elle jugé.
La candidate socialiste a appelé au "respect mutuel" tout en soulignant qu'elle est "la seule depuis le début de ce processus qui ne critique jamais les autres et qui ne déforme jamais leurs propos, parce que mon objectif c'est de construire une République du respect".

"J'espère que l'épisode d'hier soir, restera isolé", a-t-elle insisté. "J'ai toujours plaisir à être dans les salles de militants et c'est d'abord ce plaisir-là que j'ai retenue (...) Il faut que chacun calme ses troupes, les miennes ont respecté les autres".(…)"Je ne veux pas à la fois minimiser ce qui s'est passé, mais en même temps ne pas lui donner trop d'éclairage parce que ce qui est très important c'est que demain je puisse rassembler tous les socialistes parce que nous serons tous unis pour combattre la droite", a conclu Ségolène Royal.

Pas très clair tout cela, sauf sur un point : elle est vexée, la Dame du Poitou-Charentes…. Ce qu’elle a le moins supporté, ce sont les interpellations de la salle : « Et ton programme ? ». Bonne question en effet. DSK et Fabius jouent sur du velours. Le premier est ouvertement social-démocrate moderne, réformiste, réaliste et idéaliste. Le second s’accroche au « projet socialiste ». Mais Ségolène ? Idées-gadgets et propositions marketing…

Son vrai capital ? Sa popularité dans les sondages (qui diminue d'ailleurs) Or les militants d’un parti (y compris au PS) veulent d’abord gagner par procuration. « Elle seule peut battre Sarkozy », me glissent nombre d’amis du PS… Ce doit d’être dur d’être militant ! Surtout quand les lois du « poeple » l’emportent sur les règles du peuple et quand « populaire » rime avec « populisme ».

De Villepin veut des Conseils des ministres télévisés : une idée qu’aurait dû avoir Ségolène… Elle doit s’en vouloir de ne pas y avoir pensé. Je rêve… Nous sommes dans la sur-renchère démagogique...A quand un conseil interministériel sur la défense en direct ? Les services secrets chez Cauet ? Catastrophe. Il importe de réhabiliter LE politique, non de la banaliser, de le désacraliser. « Les deux corps du roi » : relisons Kantorovitz ! Et relisons les écrits de Morin ou de Castoriadis sur la « pensée complexe »….Nous sommes à l’opposé du simplisme ségolaniste ou sarkozyste. La « poeple-démocratie » a des limites…

medium_dsk_3.5.jpgDominique Strauss-Khan (qui s’améliore visiblement au fil des meetings et des débats) a sans doute raison : « je n'ai qu'un regret c'est que vous (les journalistes) n'ayez pas été avec vos caméras dans la salle, peut-être que pour le troisième à Toulouse vous y serez. (…) C'est un débat de qualité qui a fait apparaître des personnalités différentes. Finalement ce débat dont certains craignaient qu'il nous divise ne nous divise pas. C'était courtois, et c'était utile. (Les sifflets ?) : Je n'ai pas tellement entendu de sifflets, ou alors c'était au moment ou j'étais assis peut-être, on a l'habitude des congrès au parti socialiste, les congrès sont autrement plus vivants. Là c'est gentil. On ne peut pas dire que la salle ait été à l'égard de quiconque agressive. La salle était sympathique pour tout le monde. »

medium_fabius_entete.2.jpgEt Fabius n’a pas tort de dire : « Ce n'est pas comme dans une église, si vous mettez 6.000 militants ensemble vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu'ils ne montrent pas leurs réactions. Mais je pense qu'il est très important de se respecter les uns les autres et de se rassembler. Les militants qui étaient là ont vu qu'il y avait des différences d'accent sur un certain nombre de points entre les uns et les autres. Je suis très  favorable à ce qu'il y ait des débats maîtrisés. Ce qui est important c'est que les militants soient libres de leurs votes. On voit toute une série de sondages qui n'ont aucune signification. Ce ne sont pas les sondeurs qui doivent dicter les votes, c'est chaque militant dans sa conscience qui doit prendre sa décision »

Ségolène, une mauvaise « perdante » ? Elle est trop dominatrice pour se poser durablement en « victime »…. Elle reste trop élevée dans les sondages pour s’effondrer avant les votes internes du PS. Mais la Présidentielle est encore loin. La « balladurisation » (cette dilution des ambitions par usure prématurée des prétentions)  ne menace pas que Sarkozy : Ségolène aussi peut y être exposée… Dommage pour mes amis socialiste qui votent pour elle en espérant « gagner » : « l’esprit de compétition », c’est l’ennemi redirait Albert Jacquard (« Mon utopie », chez Stock) trop sage pour faire de la politique mais trop pertinent pour ne pas être écouté. C’est le « devoir d’utopie » qui nous manque le plus…Mais cela peut encore venir d’ici le printemps 2007….

 

25/10/2006

Sarko-Sego: Pourquoi pas un"ticket"? Le tandem de la décadence...

medium_segolene_3.2.jpgPlus je la suis, plus ma conviction se renforce : elle est à la gauche ce que Sarkozy est à la droite. Et ce n’est pas un compliment… Du populo-marketing. Et c’est grave…Pour le République et pour la démocratie. Pour la France et pour les Français. A y regarder de près, n’est-ce pas « bonnet blanc et blanc bonnet  » pour reprendre une formule d’une époque révolue….

Ségolène en rad-soc centriste (de gauche) et Sarko en libéral-social (de droite) : De Gaulle trahi, Mitterrand trahi. Avec des nuances dans les programmes qui ne se traduisent pas plus que par + ou – 0,05 % du PNB, des évolutions sociétales qualitativement identiques et des conceptions du pouvoir semblables : autoritarisme masqué derrière des sourires trompeurs. « Moi, je… »,  au nom du « peuple » !

L’Ordre avant la Justice. La gestion le nez dans le guidon plus que le présent au service du futur. Le paraître avant le faire, l’être et le devenir.

Je ne veux désespérer ni le Poitou-Charentes ni Neuilly, mais les deux, avec des nuances, donnent de la France une image provincialo-parisianiste qui fait peur. Petite, petite, petite, la France vue par les deux…

medium_sarko_2.4.jpgSarko regarde vers Washington avec des yeux plus républicains que démocrates. Ségo a du mal à regarder vers Bruxelles (et Strasbourg) avec des yeux « européens ». Nombrilisme hexagonal et vues basses… Petite, petite, petite, la France. Et arrogante toujours.

Sarko-Napoléon -le-Petit et Ségo-la-Royaliste  sont différenciés par quoi ? En l’état, je ne sais pas. Ce n’est pas faute d’avoir « éplucher » leurs programmes. Des nuances de style, non des différences de fond…Avec une angoisse qui naît des deux : le chef de l’Etat a des responsabilités particulières en matière de diplomatie qui supposent une confiance que ni l’une ni l’autre ne m’inspire. Mais sans doute suis-je trop exigeant…

Quel tandem  Sarko-Ségo ! Ils pourraient faire un ticket : la droite de la gauche (ces centriste qui n’osent pas aller à l’udf, avec la quelle ils ont ropu en se trahissant) et la gauche de la droite (qui a quitté l’udf ou qui se dissout dans des partis radicaux qui n’ont plus d’existence, sauf pour leurs leaders) s’y retrouveraient.

medium_Bayrou_8.2.jpgJ’entends bien : mieux vaudrait voter Bayrou, à tout prendre…

Pourquoi pas ? Ce serait plus clair et plus porteur d’avenir. Peut-être, sûrement même…

Mais François, biographe  de Henry IV et de sa célèbre poule au pot, n’a ni le parti ni les réseaux qui pourraient lui permettre d’accéder à l’Elysée… Même les sondeurs, dans leurs questions, ne le prennent guère au sérieux. Les erreurs du passé des « sondeurs » a entamé leur crédibilité mais pas leur nocivité : jamais nous n’avons eu droit à autant de sondages sur des intentions de vote…  alors que les candidats officiels ne sont pas même désignés. Ce n’est plus la charrue avant les  bœufs : c’est la charrue qui voudrait choisir ses bœufs…  Pour quels sillons ?

Sarko-Sego : je suis sûr de me faire de nouveaux ennemis à droite et à gauche. Et pourtant… Ils sont psycho-politico-morphologiquement  de la même pâte.

La forme ? Du marketing.

Le fond ? Du flou (non artistique).

La soif du pouvoir PERSONNEL les réunit plus qu’ils ne le pensent, et l’une et l’autre. Une soif « d’être » plus que de « faire ». Avec ce parfum de populisme, donc de démagogie, qui donne froid dans le dos des démocrates qui savent que la Démocratie n’est pas un état mais une dynamique chargée de perfectibilité…

Le « peuple » ? La populace, surtout. L’opinion. Avec ce « mimétisme de masse » qui prend en étaux la démocratie entre l’oligarchie et la doxocratie.

Sans doute suis-je en pleine déprime politique. SOS Médecins !

Quand allons-nous créer un SOS Démocratie ? A  droite, le gaullisme devrait encore avoir sa place. A gauche, la social-démocratie mérite mieux qu’un OPNI, un Objet politique non identifiable… Ségo-Sarko sont les deux faces d’une même médaille : celle d’une France qui mérite mieux que des nostalgies mal assumées et des utopies mal incarnées. Sarko-Sego : deux mamelles de la vache France à ne pas traire…

23/10/2006

Vers la réinvention des "Commissaires du peuple" et la "démo-loterie" par "tirages au sort"? Le révolutionnarisme "démocratique" de Ségolène Royal suscite de légitimes interrogations...

Comment revitaliser la démocratie ? Comment redonner (ou donner) plus de vigueur, de muscle, de chair entre « le peuple » et ses représentants ? Comment rétablir (ou établir) la confiance entre les électeurs et les élus ?  Comment concilier « démocratie représentative », « démocratie de concertation », « démocratie directe » et « démocratie représentative » ? Débats,études et confrontations d’idées ne manquent pas     C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier les dernières propositions (encore vagues) de Ségolène Royal sur des « jurys de citoyens »…

medium_segolene_10.4.jpgLes propositions de Ségolène. Dans le cadre de la "démocratie participative" qu'elle entend mettre en place si elle est élue en 2007, elle voudrait faire de faire évaluer « l'ensemble des politiques publiques » par des « jurys de citoyens ». Ces jurys de citoyens « tirés au sort » permettraient d'instaurer « une surveillance sur la façon dont les élus remplissent leur mandat », a-t-elle expliqué  lors de la 15e Cité de la réussite à la Sorbonne. Ils fonctionneraient "à partir d'un certain nombre d'indicateurs que l'on pourrait démocratiquement mettre en place", a ajouté Ségolène Royal sans plus de précision.
Pour "associer les citoyens aux décisions qui les concernent", la candidate socialiste a également proposé de mettre en place des référendums d'initiative populaire et des budgets participatifs, sur le modèle de celui qu'elle a instauré depuis 2004 dans sa région Poitou-Charentes. « Moi, je n'ai pas peur du peuple. Je crois à son intelligence collective », se plait-elle à répéter…

Les commentaires :   Une « idée révolutionnaire, au sens propre et au figuré », lâche LE FIGARO.. « Mais une idée qui donne du grain à moudre à ceux qui, y compris au sein du PS l’accusent de populisme ». En effet….

medium_max_gallo.jpgMax Gallo,, dans le même Figaro,     résume : «  L'expression de « jury de citoyens tirés au sort » m'inquiète beaucoup. Car à ce moment-là, il faut être concret. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tiré au sort parmi quel corps électoral ? Comment tire-t-on au sort ? Qui organise le tirage au sort ? Qui sont ces citoyens ? Combien seront-ils ? On entre dans une imprécision, dans un flou qu'il faut qualifier de démagogique, et, si j'étais excessif, je dirais que cela me fait penser qu'au terme de ce type de mise en oeuvre - en apparence - de la démocratie, on a la Révolution culturelle du président Mao, qui voulait « tirer sur le quartier général » et faire juger les professeurs et tous les représentants par le peuple, représenté par les militants qui viennent juger et condamner ceux qui sont élus. » Et l’historien d’ajouter :  « On peut craindre que, dans le cadre politique, les jurys de citoyens deviennent très rapidement des tribunaux populaires. On sait à quoi cela peut conduire. (…)Qu'il faille une évaluation du travail des élus, pourquoi pas ? Que les élus aient à rendre des comptes, pourquoi pas ? Mais, en démocratie, on n'a pas trouvé mieux pour rendre des comptes que le suffrage universel au terme d'une durée fixée par la loi. »

La balle a vite été reprise au vol par les deux autres prétendants socialistes. Dominique Strauss-Kahn s'y est déclaré opposé : "Généralisons les comptes-rendus de mandats, mais pas de jurys populaires. Le suffrage universel, c'est la règle et dans l'intervalle, entre deux élections, des comptes-rendus aussi fréquents que possible", a-t-il déclaré sur Europe 1. Quant à Laurent Fabius, il a jugé « cette dimension locale" prônée par Ségolène Royal comme " intéressante mais pas suffisante". L'ex-Premier ministre a estimé que "ce n'est pas seulement à partir de la région que l'on renforcera le pouvoir d'achat des salariés ou que l'on combattra le réchauffement de la planète ».

La polémique ne fait sans doute que commencer. C’est logique : c’est le principe même de la démocratie représentative qui est remis en cause ou menacé de l’être. Concertation et participation  ne riment pas avec « commissaires du peuple », avec tous les risques d’arbitraire… « par tirage au sort ».

Déjà, les pouvoirs politiques sont trop souvent limités dans leurs actions par les poids des sondages et de la rue …et par des contraintes administratives, ou plutôt bureaucratiques qui s’exercent avant, pendant et après toute action, toute entreprise, toute réforme.

medium_Montesquieu.jpgRevenons à Montesquieu et sa séparation des pouvoirs : là il y a énormément de choses à faire. Redonnons au Parlement le rôle (d’initiative et de contrôle) qu’il n’a plus en France, mais qu’il conserve ailleurs. Rendons plus « représentatives » les deux Assemblées. Donnons aux instances d’études et de prospectives (comme le Conseil économique et social) plus de représentativité et plus de compétence : elles sont souvent des « placards dorés ». Redonnons au Commissariat au  Plan  l’esprit qu’il avait quand De gaulle et Monnet l’ont crée. L’idée de Bayrou d’un haut Conseil d’alerte est nettement plus porteuse d’avenir que  cette curieuse réinvention des commissaires du peuple tirés au sort.

 Les idées avancées par l’Association française  des Conseils en affaires publiques doivent être plus débattues et approfondies en tirant parti de ce qui se fait de mieux dans d’autres pays. Attention aux idées-gadgets, aux « fantasmes marketing » et aux initiatives plus chargées d’illusions démagogiques que de porteuse d’une authentique modernisation. « Ne pas avoir peur du peuple », c’est d’abord ne pas confondre « peuple » et « populace » ou « masse ». Ce n’est surtout pas faire du suivisme quantitatif, pratiquer cette « doxocratie » qui fait tant de ravages, à tous les niveaux.

Concilier intérêt général et intérêts particuliers, dépasser la fragmentation et l’antagonisme des intérêts, des savoirs et des aspirations, articuler le local et le général, gérer  le présent en préparant l’avenir ne se fait pas par « tirages au sort ». On ne maîtrisera pas « l’économie-casino » si dénoncée par une « politique-loto » ou une « démo-loterie » : on risquerait d’y perdre au grattage et au tirage.   

 La République française, fausse monarchie  oligarchique vraiment vieillissante, doit être réformée en profandeurs, mais améliorations ne doivent pas être régressions…

14/10/2006

Présidentielles: Et si Fabius gagnait la primaire du PS ?

Quelques signes ne trompent pas, surtout quand ils s’additionnent… Au sein du PS, la stratégie de l’ancien Premier ministre avait été bonne (en termes politiques) au moment de la campagne référendaire. Le Non qu’il prônait l’a remporté, malgré le vote interne au PS, sa « non-discipline » (pourtant jugée comme une « trahison ») n’a pas été sanctionnée, le programme socialiste pour les Présidentielles est très marqué par ses idées et il peut mener auprès des militants et sympathisants une campagne du type « force tranquille »… Pourquoi ne continuerait-il pas sur sa lancée ?  Ses amis ne sont pas les seuls à penser qu’il pourrait bien créer la surprise, surtout si Ségolène n’est pas désignée dès le premier tour. Il ne manque pas d’atouts, qu’on le regrette ou qu’en s’en réjouisse.

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>>>  Ses idées font leur chemin. Sur l’Europe notamment. Ségolène (comme Voynet chez les Verts) prend des accents « fabusiens »… Qui ne préfère pas l’original à la copie, comme disait Le Pen sur d’autres sujets ?

>>> Les « dérives droitières » de Ségolène renforcent l’idée que Fabius peut être le mieux placé pour assurer une indispensable « Union des gauches » au deuxième tour des Présidentielles. Fabius en a bien conscience. Une de ses boutades révélatrices qui font mal à Ségolène : « Il ne faut pas courir après Sarkozy qui court après Le Pen » …

>>>  Les effets « Femme » de Ségolène semblent s’atténuer, dans leurs deux dimensions : empathie (chez les hommes comme chez les femmes) et réactions machistes, dans une classe politique qui demeure très « mâle(adroite) ».

La séduction s’érode, ne serait-ce que parce que trop d’image tue l’image, surtout quand elle révèle des artifices de maquillage : pour réussir en politique, il importe d’être séduisant ou séduisante, plus que séducteur ou séductrice

Dans bien des circonstances, Ségolène affiche des sourires de façade qui cachent de moins en moins un autoritarisme « thatchérien » qui n’a rien à voir avec l’autorité et des mouvements d’humeur qui ne pardonnent pas ni chez les hommes (Sarko a le même défaut) ni chez les femmes. …

Ses poses en  victimisation (« parce que femme »), dont elle a usé et sans doute abusé,  passent de moins en moins bien. Un détail : « Etat de grâce », la (petite) série de France 2 qui aurait pu la servir ne lui rend pas service.  

medium_sego_et_francois.2.jpg>>> A la popularité de Ségolène, Fabius oppose l’image de la crédibilité d’Etat. Et dans les débats qui viennent (que Ségolène menace de « bouder »), il sera sans doute meilleur orateur, dans la forme et sur le fond que Royal (comme DSK, d’ailleurs). De quoi faire « bouger les lignes ». La petite phrase assassine de Fabius sur « Moi, je dis Voici mon programme, je ne dis pas mon programme, c’est Voici » revient dans les têtes chaque fois que Ségolène confond démocratie d’écoute, de concertation et de participation avec cette démocratie d’opinion, cette « doxocratie » , qui est à la Démocratie représentative ce que la « réclame » est à l‘information. Fabius a plus médité Jean Jaurès et Pierre Mendès-France que Ségolène

>>> Les rapports de force internes sont en train de se modifier, en  faveur de Fabius au sein du PS. Les Jospinistes ne voteront pas Royal (pour attaquer Hollande, par procuration et par dépit) et ils refuseront de voter DSK, auquel il reproche son « non désistement »  en faveur de Jospin. Jack Lang vient d’avouer (sur France 5)  qu’il ne s’est pas présenté parce que «Hollande n’a pas tenu ses promesses à son égard (en fait, il n’a pas eu toutes les signatures requises !) : De quoi nourrir des rancunes, dont Ségolène risque de faire les frais… Malgré les soutiens massifs des responsables des fédérations du PS en faveur de Ségolène, les réseaux Fabius restent forts. Ils se renforcent même. De bons connaisseurs de la vie du PS estiment que Fabius arrivera deuxième au premier tourde la consultation, donc devant DSK … dont les supporters sont plus portés à soutenir la crédibilité  plus qu’à suivre la popularité.

>>> Paradoxe (parmi d’autres) : La « Gazelle » faisait figure de « jeune » et affichait une belle fraîcheur face aux « éléphants » du PS (dont Fabius)… Mais certains soutiens dont elle dispose dans les structures du parti et chez quelques « dinosaures » (Pierre Mauroy, par exemple) se retournent progressivement contre elle. Fabius, lui,  a réussi à rester dans « l’appareil » en se dégageant de l’image de « l’homme d’appareil ». C’est peut-être injuste et faux, mais c’est ainsi. Alchimie du positionnement politique… Et de la « politique-marketting »

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Alors ? Les commissions de surveillance font bien de mettre en garde sur la fiabilité des sondages publiés sur le PS et de rappeler que seuls les « militants » du parti voteront… Une victoire de Fabius au PS ferait, bien sûr,  le jeu de l’UMP (dont une frange de l’électorat pourrait être séduite par Ségolène) et, surtout,  … de Bayrou.

Mais analyse n’est pas pronostic. Et constat n’est pas vœux ou souhaits. Confidence : J’ai trop combattu, personnellement, Fabius lors de la campagne sur le référendum européen pour le soutenir aujourd’hui… Mais « les faits sont têtus » et l’éditorialiste, même chargé d’idéal, doit d’abord tenter de cerner les réalités avec le maximum de…réalisme.  

Rien n’est joué. Faites rouler les dés… D’autres surprises peuvent changer toutes les donnes, pas seulement au PS…

Daniel RIOT

13/10/2006

Carnet de campagne: Qui n'est pas pour une "République nouvelle"?

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>>> Après la "RUPTURE", la... " REPUBLIQUE NOUVELLE"…Nicolas Sarkozy veut prendre de la hauteur dans son affrontement avec les Chiraquiens « Mon projet est simple: (...) je veux un nouvel Etat, une nouvelle Nation, une nouvelle République ».  Beau programme: qui rêve d'une vieille république? Et que  personne ne l’oublie : « Je ne laisserai personne vous voler la victoire que vous méritez, une victoire que je ne laisserai pas sacrifier à des divisions qui n'auraient aucun sens", Une pointe se sel en plus : « Le garant de l’unité (de l’UMP ), c’est lui…Un peu de poivre : Il veut  « sceller un nouveau pacte avec tous les Français » grâce à une « une nouvelle relation avec les Français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance dans la parole de l'homme public ». Face à « un Etat qui s'abîme dans l'impuissance », il  propose de « refaire l'Etat comme en 1958 », un Etat « exemplaire" et "impartial ». Une référence à de Gaulle? On dirait... La "république nouvelle" serait donc une V ième non trahie... Donc une "ancienne" qui retrouverait sa virginité. Cela vaut méditation...

medium_pascal_sevran.jpg>>> Pascal Sevran nouvelle recrue : « La Sarko-France en chansons ». Heureux Sarkozy !  Ses soutiens « poeple » s’enrichissent d’une recrue de poids…A Périgueux, après avoir opposé sa conception de la République à celle des socialistes et de l'extrême droite.( « Nous ne laisserons pas plus le monopole de la République au Parti socialiste que nous ne laisserons le monopole de la nation à l'extrême droite »), il a présenté l’un de ses nouveaux « fans » :  Pascal Sevran, autrefois « proche » de François Mitterrand.  Dalida priez pour nous… Sarko, il est vrai, a une belle galerie « d’amis » connus. Le Nouvel Obs   a recense :Didier Barbelivien (Chanteur),David Brécourt (Acteur), Christian Clavier (Acteur), Gerard Depardieu (Acteur), Doc Gyneco (chanteur de rap), David Hallyday (Chanteur), Johnny Hallyday , Laeticia Hallyday (quel esprit de famille !), Loïc Le Meur (Blogueur),  Jean Reno (Acteur)…Une liste non exhaustive

>>> Noah s’en mêle : « Non à Sarko »… Le chanteur et ancien champion  de tennis Yannick Noah http://www.yannicknoah.com/   s'en prend au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, dans un entretien aux lecteurs d"Aujourd'hui en France/Le Parisien « Je sais juste qu'il y en a un pour qui je ne voterai pas. A cause de ses idées. Je travaille dans le milieu associatif, je pense qu'il y a des gamins qui ont besoin qu'on les aide. (...) Lui (Nicolas Sarkozy) ne voit pas la vie comme moi « Lui, il est copain avec les riches, il s'occupe des riches. Les autres, il s'en fout. Je ne suis pas un courtisan, je suis libre" »

medium_noah.jpg>>> Pas d’exil en cas de victoire de Sarko-Napoléon-le-petit… Noah, voilà mois avait déclaré : « Une chose est sûre: si jamais Sarkozy passe, je me casse », lors d'une interview à Paris Match (qui avait été censurée, comme l’a révélé Le Canard enchaîné). Yannick Noah revient sur ces derniers propos. « J'ai dit ça sur le coup. En fait, je crois qu'il vaut mieux rester », observe-t-il dans son ITW au « Parisien ». Yannick Noah approuve par ailleurs le geste de Lilian Thuram et de Patrick Vieira qui ont invité d'ex-squatteurs de Cachan à un match au Stade de France. « On est tous des citoyens. Quand les gouvernements gèrent mal, on peut pas regarder défiler des mamans et des gamins sans rien faire ». consolation pour Sarko, si attentif au monde « poeple » (un mot plus en mode que « peuple »), Yannick Noah n'est pas prêt à se lancer en politique. « J'aime bien ma liberté. Il faut trop de compromis pour arriver là-haut »…. Pourtant, il en faut des femmes et des hommes « là-haut », ce « là-haut » si décrédibilisé par Raffarin et sa « France d’en bas ».

medium_breton.jpg>>> Inspiré, Thierry Breton. De  Ségolène Royal,  le ministre de l'Economie dit : c’est « Madame on verra plus tard »… Il n’a pas tort, même de « bons » socialistes le regrettent…. Mais c'est celà "laudace en charentaises": "Je pense ce que veulent les français". Montebourg va encore m'en vouloir...

 

 

>>> « On a vu hier et aujourd’hui »… A La Réunion, Ségolène a « cogné » contre Sarkozy. Logique. Elle a mis en cause « la crédibilité de la parole politique » du ministre de l’intérieur (et ancien ministre des finances). « Promettre pour demain ce qu'aujourd'hui on est dans l'incapacité de faire, c'est le contraire de ma conception de la vie politique et de la crédibilité de la parole politique », a-t-elle dit en soulignant (entre autres) la responsabilité de Sarkozy  dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin qui a adopté une réforme des retraites « qui a fait reculer de manière drastique les droits des femmes (...), réforme qui a remis en cause les droits des femmes à l'accès à la retraite »… Sarko doit s’y faire : « la France d’après », ce sont des paroles, mais la France d’aujourd’hui, c’est lui…Les « ruptures » avec soi-même ne sont que des bonnes résolutions. Sur ce plan, Ségolène a raison…

 

medium_sgolene_5.2.jpg>>> Oh ! Cet humour anglais… « Les capitalistes doivent être effrayés" et être taxés pour les délocalisations, déclare Ségolène Royal dans The Times, qui publie vendredi 13 octobre un article sur le "phénomène Royal" dans sa région Poitou-Charentes.       C’est plutôt bien. Mais qu’en tire The Times comme conclusion ? « Ségolène Royal est une admiratrice de Tony Blair, Mais dans la compétition pour obtenir l'investiture du PS à la présidentielle, elle a souligné qu'elle restait une gauchiste à l'ancienne.(…) Si elle était élue, elle maintiendrait l'économie sous le strict contrôle de l'Etat, à la vieille mode gauloise.". Pas très gentils ces Anglais…il est vrai que chez eux, Blair, vanté, par Ségolène, est plutôt dans un pot de confiture amère que dans de la crème fouettée…

 

 

>>> Rassurante ARLETTE : pour un recul de l’âge de la retraite. Elle continue. Elle a tenu hier soir son « meeting de rentrée ».Et elle a prévenu, dans le Figaro, qu’elle "ne compte pas disparaître de la scène politique » (…)« Une 'candidature de rassemblement me paraît une hypothèse peu probable (…) Déjà, en juillet 2005, j'avais indiqué à la LCR que le 'non' au référendum sur la Constitution européenne ne constituait pas un ciment suffisant pour une politique unitaire » (….).  « Je ne vois pas ce grand élan unitaire antilibéral qui existerait pour une candidature commune. Donc, comme je l'ai annoncé en décembre 2005, je serai candidate. Ce ne sera pas une candidature de témoignage, mais de combat, pour défendre mes idées, que personne d'autre ne défend auprès des travailleurs ». medium_arlette.2.jpg

medium_bove_2.jpg>>> José Bové, lui, voudrait des « primaires » à la « gauche de la gauche », mais il voyage trop dans l ’hémisphère sud pour tenir le « terrain ». Internet ne peut pas tout faire. La « mondialisation » a trop « désenclavé » le Larzac, sans doute…Consolation pour lui : les voyages ne forment pas seulement la jeunesse, ils ralentissent la vieillesse. A quand une « pub » pour  « Fréquence plus » avec José, le « paysan-poeple » ? Plaisanterie, « off course », comme dirait Blair.

12/10/2006

Carnet de campagne: Conserver le sens de l'humour...

medium_segolene_10.2.jpg>>> Ségolène Royal déclare  qu'elle pourrait ne pas participer à tous les débats organisés par le PS entre présidentiables, s'ils étaient "détournés de leur vraie destination". Je ne me laisserai pas ballotter » a-t-elle dit En séjour  à la Réunion, Mme Royal a assuré qu'elle ne se laisserait pas "ballotter"."Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires. Mais, "s'ils sont trop nombreux, si les débats sont détournés de leur véritable destination, à ce moment-là je me réserve le droit de ne pas m'y assujettir"(…)"Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes ». A ce niveau d'ambitions, seul l'intérêt supérieur compte...

>>> Montebourg regrette que les journalistes n’aient pas bien saisi toute la portée, la profondeur et l’importance des propositions de Ségolène sur l’Europe.  Je me sens visé. Mais regrette rien

>>> Débats à huis clos. Le Parti socialiste a décidé que les débats régionaux entre les candidats à l'investiture se dérouleraient comme les Conseils nationaux du PS, c'est-à-dire à l'abri des caméras et des micros. Le linge sale ne se lave qu’en famille ? En plus, officiellement pour des raisons d’économie, les salles seront « petites ». C’est qu’elle coûte cher  cher, la « démocratie interne » Trois débats télévisés sont tout de même toujours prévus les 17, 24 octobre et 7 novembre. Avec des cadrages bien soignés sans doute…

 >>> La commission nationale d'investiture de l'UMP a décidé de ne pas nommer de candidats pour les législatives de 2007 dans les deux circonscriptions détenues par le Mouvement pour la France (MPF) : la quatrième de Vendée, détenue par Véronique Besse, qui a pris la succession de Philippe de Villiers, élu député au Parlement européen en 2005, et la cinquième de ce même département, où Joël Sarlot est député depuis 1993.  Ah ! Bon…Pourquoi ? Pour Marine Le Pen, pas de doute :   cela   montre que la candidature de M. de Villiers est "télécommandée pour empêcher Jean-Marie Le Pen d'accéder au second tour". .. Un rappel : Cette mesure, il est vrai s’appliquera aussi aux sortants de l’ UDF… Il faudrait faire une étude de politologue sur l’impact des promesses d’investitures aux législatives sur le scrutin présidentiel…Les arrangements locaux », c’est une conception de la « France profonde », sans doute.

 

>>> Gilles de Robien, dans des ITW, donne son opinion sur Bayrou : « Un bon universitaire ». .. Parole de ministre de l’Education nationale… Pour le reste, De Robien veut « rester à 100% UDF » tout en condamnant la stratégie et la tactique de bayrou. La tradition du grand écart, sans doute… Ce qui a tué le « marais » de jadis. Partisan d'une stratégie d'alliance avec l'UMP, le ministre ne cesse de rappeler à François Bayroula nécessité de  "clarifier" sa position en disant, avant le premier tour, avec qui il fera alliance, UMP ou PS…. Comme si on se présentait au premier tour d’une Présidentielle dans la seule optique du second…. "Quand la clarté manque, eh bien dans l'ombre, les gens ne se manifestent pas, c'est probablement ça qui le traîne toujours autour de son score de 2002", Ah ! ces centristes… Le vrai problème de Bayrou , c’est qu’il a des troupes et des »gradés »  qui n’ont pas bien compris son « centrisme central ». C’est si pratique de faire ses choix en fonctions de ses propres intérêts à court  terme. Bayrou joue sur le « peuple », de Robien compte sur les « notables » et les candidats notables…Qui va gagner ? Le même problème se pose dans tous les  partis : c’est l’une des raisons de la crise de notre démocratie représentative…

 

>>> La priorité de  Gilles de Robien, c’est son   « club de réflexion », créé après le vote le 16 mai de la motion de censure socialiste contre le gouvernement  De Villepin par un tiers des députés UDF. , est une façon claire de se démarquer du leader de son parti :  le ministre de l'Education y voit "un trait d'union dans la majorité".  «  Société en Mouvement » compterait  six parlementaires (sur 74 députés, sénateurs et députés européens UDF) dans son comité directeur.

 

>>> J’ai, paraît-il, été injuste envers De Robien dans l’affaire Redeker…. Dans un communiqué,(qui est vrai, a échappé à mon attention pourtant aiguisée) le ministre a dit avoir essayé d’appeler au téléphone le professeur REDEKER "pour lui renouveler sa solidarité dans cette épreuve et condamner avec la plus grande fermeté les menaces de mort dont il est l'objet". "Comme le ministre l'a toujours affirmé, chacun peut exprimer ses opinions dans une démocratie", ajoute le texte. Jeudi, Gilles de Robien, tout en se disant déjà "solidaire" avec l'enseignant, avait noté qu'en tant que fonctionnaire il aurait dû se montrer "prudent, modéré, avisé en toutes circonstances". Robert Redeker, qui enseigne dans un lycée de la banlieue de Toulouse, a déclaré sur Europe 1 qu'il regrettait l'attitude du ministère de l'Education nationale "qui n'a pas daigné me demander si j'avais besoin d'une aide". Le Premier ministre, Dominique de Villepin,   avait été plus courtois et moins mou. Il a jugé que les menaces dont le Professeur a fait l'objet sont "inacceptables dans un pays comme le nôtre". Mais De Robien sait rester « prudent, modéré et avisé en toute circonstance ». Même quand les limites de l’intolérable sont franchies…Gardons notre sens de l’humour. Les politiques n’en sont pas dépourvus non plus…

 

03/10/2006

François Hollande : Une phrase trop sur la "candidature installée"?

Décidément, PS rime avec « sacrificiel ». Hier, c’est Lang qui se « sacrifiait ». Aujourd’hui, c’est Hollande qui avoue, dans Le Monde, que sa non-candidature à la candidature a été pour lui un « sacrifice »… Même au plus beau temps de la démocratie-chrétienne ou du communisme « rigoureux », l’esprit de sacrifice n’avait été autant mis en relief et érigé en vertu… 

 Dommage que cet « esprit de sacrifice » n’ait pas été celui de Fabius et de ses amis du Non après le « référendum interne » du PS sur le projet de Constitution pour l’Union européenne n’ait pas été aussi fort et répandu. Là, le parti pris des ambitions personnelles l’avait emporté sur l’esprit (et la discipline) de parti. Passons. Fabius y gagné une place en « finaliste » d’une primaire qui n’a pas fini d’avoir des effets secondaires…

medium_hollande.3.jpgExtraits de l’ITW de Hollande au Monde :

« Comme premier secrétaire, j'ai toujours veillé au rassemblement des socialistes et je n'ai jamais confondu ma responsabilité à la tête du parti avec la préparation d'une candidature. Celle-ci n'avait de sens que si elle permettait le rassemblement de tous, car je suis au service du PS, et pas l'inverse. Mon seul objectif, c'est la victoire de la gauche en 2007, pas mon destin personnel …

Cette décision vous a coûté ?

Bien sûr qu'on pense toujours être le mieux qualifié, le plus légitime. Moi-même je pensais en avoir fait la démonstration pour avoir redressé le PS après le 21 avril 2002, gagné les élections régionales et européennes de 2004, réussi la synthèse autour du projet ».

Ségolène Royal avait dit que vous prendriez votre décision en couple. Cela a-t-il été le cas ?

Non et cela n'avait pas à l'être. Il y a eu des discussions, comme avec d'autres. Mais j'ai toujours considéré que nous devions, elle et moi, chacun agir en responsabilité et en liberté.

S'effacer au profit de sa compagne, c'est moderne ?

Je ne me suis jamais posé la question ainsi. Je me détermine en fonction de ce que je crois être l'intérêt général. Je n'ai jamais fait prévaloir un choix individuel ou personnel. Il n'y a là ni bravoure ni humilité. »

Oh ! que c’est beau… Même si de mauvais esprits peuvent imaginer des scènes conjugales qui feraient les choux gras de cette presse « poeple » si en vogue…

Le problème, c’est que Hollande dans cette ITW-confidence au Monde fait une phrase de trop. Qui peut susciter des procès en suspicion de la part de bien des militants PS. Si les carottes sont cuites, si les jeux sont faits, pourquoi ces « primaires » et ce festival de « démocratie interne »?  

A la question  « Auriez-vous fait ce même choix si elle n'avait pas été en lice ? », il répond :  « Oui exactement le même. Il n'est pas lié aux personnes, mais au contexte. Une candidature s'est incontestablement installée. »

medium_le_trio_du_PS.2.jpgUne candidature « installée »… Qu’est-ce à dire ? Le constat qu’imposent les sondages ? En démocratie, « l’opinion compte forcément »… Pour Hollande, c’est « la multiplication des candidatures qui a permis à l'une, moins prévue que d'autres, de surgi ». Soit. « Installé » a tout le même un sens volontaire sinon volontariste. Le mot sous-entend une volonté. Donc, en l’occurrence,  une ambition servie par une stratégie, une tactique. Et de belles complicités de réseaux.  Même si François Hollande ne confond pas  vie conjugale et vie du parti.

Une promesse de Hollande : «  J'appellerai au rassemblement des socialistes derrière celui ou celle qui sera désigné. Je ne ferai pas connaître mon choix durant la période où les militants devront faire le leur. Et j'interviendrai comme premier secrétaire si l'essentiel me paraît en cause. Mon rôle, c'est d'être le garant de la clarté du débat et du respect : respect des candidats, du projet, des adhérents et, j'insiste, respect de leur vote. La démocratie ne doit pas être une procédure, mais une propulsion. J'ajoute qu'il n'y a pas trois socialismes en débat, mais trois conceptions de l'action politique. Les trois candidats en compétition ont siégé dans le même gouvernement, signé parfois les mêmes motions de congrès derrière moi, et ils ont approuvé le même projet. Le rassemblement, après le vote, en sera facilité’. Et Hollande ne cache pas qu’il souhaite un « vote clair » dès le 16 novembre, date du premier tour de la consultation du PS.

Cette « candidature installée »  va-t-elle s’enraciner et s’imposer ? Hollande n’a pas eu à répondre à une question qui ne lui a pas été posée… Mais une chose est sûre, et c’est l’espoir de DSK et de Fabius,  Ségolène devra encore « tenir » un mois et demi, avec des débats de fond qui ne sont pas gagné d’avance. Et l’impérative nécessité de continuer à mener la course en tête… Course de haies et rallye anti-peaux de banane…

Une remarque, essentielle : les sondages sont forcément  plus volatiles (donc trompeurs) quand l’électorat est restreint, ce qui est le cas dans le cadre du PS, même si ce parti a raison d’être fier de ses 90 000 nouveaux adhérents… Attention aux renversements de tendance ! Les politologues n’ont pas une grande expérience de ce genre de choses. D’autant plus que les « sympathisants » ne comptent pas puisque  seuls les militants votent.

Indépendamment des personnalités en course, cette « primaire » sera très intéressante à suivre.

Sarko ne s’y trompe pas. Il y jouera un rôle d’ailleurs.  Indirectement.  N’a-t-il pas commencé ? Sa définition du clivage droite-gauche ne manque pas d’esprit : « Un leader de gauche proche du peuple est populaire, un leader de droite proche du peuple est populiste »… Il n’a pas tout à fait tort, non ? En tous cas, il existe un populisme de gauche : on l’a vu pendant la campagne sur le référendum « européen ». Et on le voit encore, y compris et surtout, à gauche du PS…

Tous les autres candidats à l’Elysée aussi seront très attentifs aux jeux (pardon aux débats) internes du PS. De  Le Pen,  qui n’a besoin de ne rien dire pour engranger des voix, aux leaders de l‘ultra-gauche, qui finissent par faire le jeu de la droite, en passant par les Verts, bien mal en point, et par Bayrou qui a le mérité de la cohérence, de la persévérance et de la combativité, même si au PS comme à l’UMP, on ne cherche qu’une chose ; l’ignorer, le minimiser, le marginaliser. Ce qui, pour lui, peut constituer une chance : celle d’incarner la vraie « rupture »…

Les conseillers en communication et les « nègres » des uns et des autres ont intérêt à affûter leurs crayons… Tout ne fait que commencer. Et le vrai scrutin, décisif, est encore bien lointain…  « Faites vos jeux, rien ne va plus »… La roue peut tourner vite. Rien ni personne n’est « installé »

29/09/2006

Présidentielles: La Course à l'Elysée n'est pas un Paris-Dakar ... Et si nous parlions des programmes, des projets, des "engagements"?...

« Maintenant, les choses sérieuses commencent »,  dit Dominique Strauss-Kahn en confirmant sa candidature à la candidature en ce vendredi où l’on apprend que tous les « aspirants » disposent de leurs parrainages, y compris Jack Lang qui a du subir une blessure d’amour-propre en ayant autant de difficultés à décrocher ses « signatures » …

En attendant encore quelques  clarifications (dont celle, importante, mais difficile   de François Hollande dont je n'ose plus imaginer sa vie domestique... Cet Homme est un Héros!  ), nous nous trouvons donc, au PS, avec  sur la ligne de départ, trois Eléphants et une Gazelle. Jean de La fontaine, priez pour eux... Je résume, à ma façon....En oubliant ceux (et celles) qui auraient dû ou pu être de cette "course",

Bernard Kouchner, par exemple... Celui qui dit fort justement:: "C'est dur d'être de gauche,medium_kouchner.3.jpg aujourd'hui, en France, surtout quand on n'est pas de droite"... Ce n'est pas de l'humour, mais un diagnostic...médical, ou presque. Kouchner gêne les moins intelligents que lui: ce n'est pas BON pour une France qui se cherche sans se trouver...

 

medium_dsk_3.2.jpg

>>> DSK  le plus crédible à bien des points de vues.  Un économiste qui ne sombre pas dans l’économisme. Un homme de terrain (Sarcelles, vous connaissez ?) et de dossiers. Un homme de culture et de convictions. Un homme politique qui a la trempe d’un Homme d’Etat.  Anne Sinclair, malgré ses qualités, n’ y est pour rien, même si DSK peut compter sur elle, sur son intelligence et ses bons conseils. S’il ne réussit pas aux Présidentielles (à cause de sa confession, peut-être, ce qui serait grave pour la France, mais PMF en a su quelque chose ! ), DSK ferait honneur à la France en jouant  les Premiers ministres… Je suis sûr que Ségolène y pense. Et Bayrou aussi…Heureux les pays qui peuvent, comme la France, peut-être, se passer des talents de tels Hommes d'Etat. Ce peut être aussi de l'inconscience...

 

>>>medium_lang.jpgJack Lang, le plus sympathique pour bien des gens,  notamment pour ceux qui savent que culture et politique sont indissociables, surtout en cette ère de dépersonnalisation de l’individu. Ceux qui lui trouvent, comme les "Guignols", ce soir encore,  un « coté Régine » oublient ce qu’on lui doit et ce qu’il pourrait nous apporter encore (pas seulement le jour de la fête de la Musique). En matière de « paillettes », il y a pire…A gauche, et à droite. Et je sais, après expérience, qu’il a des facultés d’ écoute bien rares dans ce « microcosme politique »  que Barre dénonçait avec raison et pertinence. "Jack "a tous les défauts de ses qualités, mais il a aussi toutes les les qualités de ses défauts. Et elles sont nombreuses et précieuses...

>>>medium_Fabius.2.jpgLaurent Fabius. Cet ex- "petit jeune" enfant gâté d’un mitterrandisme à la mode et en mode,  a sans doute grandi trop vite.... Et il a  en vieilli mal, malgré la moto et un livre de (fausse) jouvence « routarde » (puisqu’il a renié ses engagements européens et  piétiné les règles de fonctionnement du PS sur l’autel de ses ambitions présidentielles)… Mais il reste une « tête d’oeuf » remarquablement calculatrice  et un orateur redoutable.

 

Avec un pouvoir de nuisance que les meilleurs des Chiraquiens pourraient   lui envier. lui qui pourrait être un des leurs, ce "champion de la gauche authentique"....

La politique dans ce qu'elle a de plus détestable?

Pour moi, oui. Je l'ai rencontré dans un diner au Parlement européen; à Strasbourg, voilà bien longtemps déjà, qui m'a fait froid dans le dos....

Sa suffisance était une forme d'outre-cuidance... Il; avait sur l'architecture du "palais de l'Europe" des certitudes qui envoyaient les Prix de Rome, la municipalité de Catherine Trautmann, Gicard d'estaing, Mitterrand,  et le monde entier dans les orties de la médiocrité....

Il est resté suffisant et outre-cuisant. Pauvre Laurent! Mitterrand m'en avait parlé, dans un entretien profesionnel:

"Cest l'un des jeunes qu'il nous faut. Mais saura-t-il rester jeune longtemps?... C'est dur, la jeunesse. il faut l'assumer sans impatience... " Une leçon qui ne concerne pas que "Fafa",  le favori d'une époque de "Mi-Mi" ...  Fabius, tel que je le conais, me sort par les trous de nez, les oreilles et tout ce qui peut ressembler à des orifices. Non à cause de ses origines, mais en raison de ses ambitions d'avenir et de ses cyniques trahisons. il est pour moi la caricature vivante du "socialiste-traite" qui me fuir et le traitres et le socialisme... Désolé, Laurent! Je juge sur ce que j'ai vu, non par ce que l'on a pu me dire...Et votre action, intellectuellement crimlinelle, au moment du référendum sur le Traité constitutionel européen, n' en rien constitué une surprise. Tout juste, une confirmation... L'imposture n'est pas "politiquement coorecte", car elle est moralement condamnable... Ma seule surprise, c'est que vous soyiez (encore) au PS un candidat àla candidature... J'ai peur pourle PS et pour la France....

>>> Ségolène ROYAL ... Elle  reste mystérieuse, à tel point  qu’Alain Duhamel, en janvier,  ne l’imaginait pas dans ses « Prétendants » …On  aurait tort de sous-estimer ses « réseaux », son toupet voire son cynisme et cette habileté sans laquelle il vaut mieux ne pas faire carrière en politique : « C’est dans la nature des choses », redirait De Gaulle. medium_segolene_3.jpg

Elle a déjà réussi un bel exploit qui confirme la « poepolisation » (un mot aussi vilain que les réalités qu’il recouvre) de la politique, sous les influences conjuguées et interactives des  sondages, de l’audimat, de l’info-spectacle,  de la com’cul et de la politique-show…Et des impostures en tous genres. N’avait-elle pas  osé prétendre qu’elle avait lancé, par anticipation, la première « pétition européenne » prévue par le projet de traité constitutionnel …six mois après que cette « première » (sur la « Justice en Europe ») ait été lancée…

Tout « politique » est « un voleur d’idées » , et c’est logique, mais l’honnêteté se juge à des détails…Là où le diable se loge, selon un proverbe alsacien…Là, je ne commente pas : je témoigne. Trop de mails sont restés sans réponses…A Ségolène et à ses servives.Le réel prnd toujours sa revanche sur le "paraître", même en cette époque où l'on prétend le contaire...

Désolé, Madame en Charentaises à Hauts- talons  qui dirige cette Région de Poitou-Charentes, et  qui est à la fois celle de Jarnac (donc de Mitterrand) , du Futuroscope ( donc de l'avenir), de Raffarin (que vous avez battu) et de Cognac (la ville natale de Jean Monnet),: la confiance ne se décrète pas. 

 

medium_point_d_interrogations.jpgConfidence: J'ai une faiblesse : n’étant pas membre du PS, je n’aurai pas dans ces fausses « primaires » à me prononcer pour ou contre vous…Mais je me fais une autre idée du socialisme et de la politique. Naïveté, sans doute…J'ai un regret:: je voudrais tant qu'enfin une Femme soit Présidente de la République. Mais faut-il que des femmes assoiffées de pouvoirs aient ainsi, autant, les mêmes défauts que les Hommes? Les attaques "matchos' dont vous êtes l'objet me révulsent... Mais vous affichez trop de défauts trop masculins pour que votre sexe deviennent un atout. Le Pouvoir, Madame, entaîne visiblement des effets colatéraux asexués.  

 

En résumé: Le bref « Paris-Dakar » que  vous avez  entrepris ,en  « star des sondages » (qui a su soigner et modifier une image un peu ringarde voire archaïque et « réactionnaire »   n’ést qu’un prélude à un drôle de safari. Qui n’a peut-être pas fini de surprendre…. Le PS peut être fier de sa démocratie interne, si vivace,  (il l’était déjà avant le référendum sur l’Europe !), mais, comme disait Jospin, cela ne va pas sans un certain « tohu-bohu ». Assez peu conciliable avec le rôle que doit jouer un parti de gouvernement digne des idéaux qu'il prétend défendre...

Les  « choses sérieuses » ne devraient pas se résumer à ce  "safari" et à ces bombardements de petites  phrases  qui finissent pas assommer le plus passionné de la "chose " politique. Il est temps de parler programmes, de projets, de  propositions précises. D’engagements. De « contrats de quinquennat » 

 Or, les socialistes qui, sous l’influence de Fabius et de ses amis, qui ont su imposer leur loi de « vainqueurs du NON » , ont mis au point un « projet » qui se résume en une bien vilaine synthèse d’idées rarement novatrices et qui est une vraie faiblesse que le nombre des candidats " de qualité" ne fait pas oublier. Or, les dossiers ne manquent pas. Ils sont tous chauds et urgents. Et les pirouettes médiatiques, les coups de bottes en touche ou les appels aux « citoyens-experts » (ou aux « experts-citoyens », je ne sais plus) ne suffiront pas…

Une « Présidentielle », c’est l’élection d’un Chef de l’Exécutif : nous sommes (encore) dans une démocratie « représentative » et notre Constitution donne au Chef de l’Etat des pouvoirs (et des responsabilités) considérables… Avec, on l’oublie trop, des pouvoirs de vie et de mort, y compris « nucléaires » sur une partie du monde, et sur nombre de « citoyens du Monde »… Qui peut en être digne? Notre césaro-monarchisme republicano-régicide doit être réformé en profondeur. Ce devrait être l'enjeu majeur de cette consultation du XXI siècle...

medium_strasbourg-_l-universite--_67482019.jpgUn exemple, parmi d'autres, dûs à un de ces Hasards (?) de l’actualité qui devraient faire réfléchir: Les candidats (pas seulement du PS) devront rapidement répondre aux responsables des Université françaises  dont l’appel n’a pas eu l’écho médiatique qu’il méritait…La conférence des présidents d'université (CPU) veut faire de la "refondation" des universités un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle, a annoncé  son vice-président, Yannick Vallée. La CPU, qui réunit 102 établissements d'enseignement supérieur, compte s'adresser aux candidats pour leur faire part de sa vision de l'université du XXIe siècle, qui passe notamment par une réforme de la "gouvernance".

"Le système actuel n'est pas adapté, estime M. Vallée. Il faudra bien qu'un ministre ait le courage de mettre les partenaires autour d'une table." Depuis les lois Faure, de 1968, et Savary, de 1984, le mode de gestion des universités n'a pas évolué. Leurs conseils d'administration fonctionnent à la façon "d'un comité d'entreprise", considère le vice-président de la CPU. De fait, les stratégies définies par les conseils d'administration apparaissent souvent comme la somme des décisions de groupes de pression représentant les différentes disciplines et les différents syndicats. "Il faut que les conseils s'ouvrent à la société civile et admettent 50 % de personnalités extérieures", notamment des chefs d'entreprise, estime M. Vallée.

medium_claudeallegre.jpgLe sujet est politiquement sensible. Jospin avait (bêtement) désavoué son ami Allègre, pourtant courageux Et Luc Ferry, désavoué par les sines sous la pression de la rue, avait dû renoncer, en novembre 2003, à son projet visant à renforcer l'autonomie des universités.medium_Luc_Ferry.jpg

Les représentants de la CPU estiment une telle réforme possible pendant "l'état de grâce" qui suit traditionnellement les élections présidentielles. "Je réclame que le prochain gouvernement soit visionnaire sur l'université. S'il ne fait pas cette réforme, personne ne la fera", martèle Yannick Vallée. Autre problème rencontré par les universités : leur financement. "Il manque de l'ordre de 3 milliards d'euros par an", estime la CPU.

Eh ! Oui. Et les « SOS RECHERCHE » qui sont lancés, ce week-end encore, par des chercheurs qui se battent avec courage en prêchant dans le désert vont dans le même sens…

 Ils, ou elles, nous proposent quoi, sérieusement, les candidat(e)s aux Présidentielles? …Il faut imposer des soirées du type « Théma » sur toutes les chaînes publiques pour que les questions-clefs dont dépend l’avenir de la France, chez elle, en Europe et dans le monde soient abordées, non par des polémiques d’aboyeurs, mais par des discussions de fond…Le problème, c’est que l’audimat privilégie les nouveaux bateleurs de foire (d’empoigne)

>>> Puisque nous parlions de recherche, d’université, d’enseignement : un rappel qui n’a pas fait l’objet de beaucoup de débats de fond…..Selon une étude de l’OCDE,  comparée aux autres pays riches, la dépense publique de la France en éducation n'atteint pas le taux moyen (9,5 sur 20 : une sale note au niveau "international".. Peut nettement  mieux faire… Mais qui le fera? La droite, la gauche, ou le Centre "central"? Je prends  peur...  Seuls Bayrou et DSK me semblent crédibles dans leurs "programmes" sur ce plan si essentiel. Ferais-je une erreur? Ou decrais-je relire les "propositions " des uns et des autres? Je ne suis qu'un "expert-citoyen"...

Malgré une forte amélioration de ses performances en matière d'éducation primaires ces dernières décennies, la France voit s'aggraver son retard dans divers domaines par rapport aux autres pays riches, ceux-ci ayant progressé plus fortement.

Ainsi, les titulaires d'un diplôme de fin d'études secondaires (CAP, BEP et baccalauréat) représentent, en France, 80 % d'une classe d'âge, quand l'Allemagne, la Finlande ou la Corée du Sud atteignent ou dépassent les 90 %. Or, la France affiche un taux de chômage parmi les 20-24 ans non scolarisés et sans diplôme de 23,7 %, soit la plus forte proportion de l'OCDE après la Pologne et la République tchèque.

>>> Autre chiffre : Le taux d'obtention d'un diplôme universitaire (licence, maîtrise ou diplôme d'ingénieur) n'est que de 22 % dans une classe d'âge (contre 24 % pour la moyenne des pays de l'OCDE ou 30 % aux Etats-Unis) tandis que les diplômés des filières courtes (titulaires d'un DUT ou d'un BTS) atteignent 16 % d'une classe d'âge, contre 11 % en moyenne.

Je sais : ce n’est pas drôle…Et on en parle ni dans Voici, ni dans Voilà, ni dans Gala… Mais c’est le type de questions qu’il faut aborder de front, si l’on veut que l’élection d’un chef de l’Etat soit d’abord un problème de fond, et non un jeu de télé-virtualité du style « République Académie »…

medium_segolene.2.jpg « Allô, Nikos ? Ici, Ségolène : y a-t-il encore une place dans le Château ? Je voudrais chanter la Marseillaise sur l’air de l’Internationale, en dansant en Charentaises»…

Pourquoi terminer ce billet (déjà trop long par cette boutade ? Allez savoir… C’est tellement dur de rester sérieux quand on regarde la télé en jouant sur son ordinateurs..  

"Zappez ! " Il paraît, selon le supplément télé du Nouvel Obs, que tous les politiques font cela. A la télé, ils SE regardent. En ne voulant surtout pas jouer les « Français moyens » qui LES regardent…