23/02/2007

Mon carnet de campagne : « Ils sont venus, ils sont tous là »…

Déjà une fausse note dans le troupeau des éléphants roses : «  Bayrou raison », lance le Dr Kouchner en intégrant  le noyau dur de la nouvelle équipe de Ségolène dont il avait été soigneusement exclu (comme tant d’autres « accusés» de  procès en archaïsme ou en ambitions).

 

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Ils sont venus, ils sont tous là  même celui de l’Ile de Ré… Va-t-elle renaître, la Nounou qui se voulait la Maman de la France ? Belle unanimité de façade au PS. Entre conseil de famille et conseil de guerre. Entre voyage dans le temps et croyance au miracle (ou au mirage). Une décision logique : le bateau prend l’eau… L’urgence commande quelques sacrifices d’ego et de principes. Mais un pari risqué : aveu d’un échec, renoncement à une rénovation promise mais non annoncée, image écornée… Et oubli d’une vieille chansonnette : « Un éléphant, çà trompe énormément »

Cette réunification « familiale » (qui aurait été naturelle en début de campagne) apparaît comme une vraie rupture… Dans la forme et sur le fonds !

Ne cherchez plus la « parité » dans l’équipe de Ségolène : les mâles sur le pont ! Même Christiane Taubirat semble être descendue dans la calle… Virées comme les « juppettes » de Juppé à une époque, les filles et les femmes ! L’éléphante déguisée en gazelle a besoin d’éléphants, non de demoiselles d’honneur…Seules dans le Ballet royal: Roudy et Aubry. Bien seules Yvette (inconnue des jeunes) et Martine (toujours en rupture avec Mauroy qu l'avait faite reine de Lille)

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Ségostar, la danseuse étoile,  pourrait d’ailleurs remercier au passage le « moustique » Eric Besson qu’elle a publiquement méprisé d’une façon éhontée : c’est la piqûre de cet « inconnu » qui a fait sonner la charge du « rassemblement » des damnés, méprisés, écartés, royalement excommuniés. Elle pourrait aussi  remercier (une fois encore) son compagnon qui a su jouer les recolleurs de morceaux  (après avoir su jouer "l'appareil" du PS pour Ségolène en feignant la neutralité et après avoir excellement joué le rôle d'avaleur de clous depuis le début de la campagne).Il joue beaucoup, Hollande, mais il ne doit guère s'amuser... Et ce n'est pas le retour de Jospin qui doit le faire rire!

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Ne cherchez plus des voix nouvelles : les petites mains sont de corvées de sceaux d’eau, pour dégager la calle, de pots (et de blogs) de colle et des travaux en tous genres.

Ne cherchez plus « l’auto-gestion » proclamée (mais jamais pratiquée) : Aux ordres, camarades ! L’armée  redevient très hiérarchisée. Comme l’UMP. L’efficacité commande.

« Mon équipe, c’est Vous », proclame-t-elle dans ses grand’ messes  : « Ramez ! », en langage clair ! Et portez la bonne parole, la seule, celle de Sœur Royal de ND de la République redevenue candidate DU Parti à la Rose au Poing.

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Fini le temps des supporters, revoici l’ère des ardentes obligations militantes. Avec silence (militaire, comme pour les ados délinquants  ?) dans les rangs pour les esprits trop critiques (ou simplement trop nourris de bon sens) et obligations d’applaudir, de plébisciter, de chanter les louanges de la Madone rédemptrice d’une gauche trop  maladroite.

Et aux niveaux régionaux et locaux, les consignes sont des ordres : discipline d’abord. Et pas de quartier ! « Flinguez l’UMP, fusillez  l’UDF, neutralisez les « fausses gauches », vanter et vendez les 100  propositions ».

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Le « Pacte », ce paquet pour l’heure bien mal paqué, n’est plus une Convention, un Contrat de confiance entre la candidate et les électeurs conquis et à conquérir, mais un règlement, un cahier des charges, une feuille de route au PS. Un Traité pour la Victoire… ou pour la mort du Parti. Pas folle la Reine :en prenant les risques de la reconstitution de ligue dissoute, elle partage les risque de la défaite possible… tout en étant sûre de redevenir royale et de rejouer un jeu perso en cas de victoire.

Pacte ! Le mot sonne comme un coup de fouet. Pourquoi l’a-t-elle choisi ce mot chargé par l’histoire et la littérature de tant d’ambiguïtés ? Oublié, Ribbentrop-Molotov ! Gommé le Pacte de Varsovie ! Ignoré le Pacte de Faust avec Méphistophélès ! Mais j’arrête : délit de blasphème !

« Une stratégie anti-Bayrou ! », ironise Xavier Bertrand, porte parole de Sarko comme si l’UMP ne développe aussi un arsenal (plus vicieux) contre celui que De Robien, l’ex-centré...si peu excentrique),  qualifie de « dangereux »…

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Si c’est effectivement d’abord dirigé contre Bayrou, cela commence par une dissonance : Bernard Kouchner qui a rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal, souligne que François Bayrou « a raison » de vouloir dépasser les clivages droite-gauche et souhaité que la candidate socialiste « entende la nécessité d'élargir ». « Quand une idée est bonne, qu'elle soit de droite ou qu'elle soit de gauche, cela n'a pas d'importance, elle est bonne pour la France", explique-t-il. L'ancien ministre de la Santé confie qu'il se sent "parfois bien" dans la campagne de Ségolène Royal. « Parfois, je demande des explications, parfois je ne me sens pas bien. Il y a un certain nombre de sujets sur lesquels nous ne serons pas d'accord »

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Dessin Antonelli

Passons. Ce  réflexe de « sauvons les meubles ! » et de « rassemblons les troupes » (et le troupeau) est logique. Car ce n’est pas le léger mieux dans les sondages et l’atmosphère chaleureuse, enthousiaste, stimulante des grands meetings plus festifs que participatifs qui, pour l’heure, rassurent le Parti Ségolène.

Le « politoscope » de la semaine est plus intéressant que les sondages (quotidiens) sur les intentions de vote. « Bayrou est encore le vainqueur de la semaine », constate (sur le ton du regret le Figaro, journal dirigé par un vieil ami et complice en chroniques de Sarkozy).

Certes, 81% des personnes qui ont regardé Ségolène Royal dans « J’ai une question à vous poser » sur TF1 la jugent « sympathique ». La compassion exhibée, çà rapporte !  Ce score est nettement supérieur à ceux de Nicolas Sarkozy (68%) et de Jean-Marie Le Pen (37%) dans l’émission du même type.

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Mais seuls,  45% des sondés l’ont jugée convaincante alors que  Nicolas Sarkozy avait réalisé un score de 79%. Et (oh ! que çà fait mal !) même Jean-Marie Le Pen la bat avec 48%...  

Cette septième vague du « Politoscope » révèle une autre mauvaise nouvelle pour le PS. Ségolène Royal n’a pas réussi à déposséder François Bayrou de son titre de candidat le plus marquant de la semaine. Avec 48%, le candidat de l’UDF accroît même son leadership (30% la semaine dernière) et devance Ségolène Royal (30%) et Nicolas Sarkozy (11%). Cela ne veut rien dire pour la suite, mais le futur n’est fait que du présent qui s’écoule.

Ce sont encore les mots « crédibilité » et « compétence » qui sont le moins associés dans les esprits des sondés à la championne du grand casting interne du PS

Un espoir tout de même pour Ségo (et Sarko) :les intentions de vote en faveur de Bayrou devenu « l’homme à abattre » sont plus fragiles, volatiles que pour elle (et pour lui) : 68 % de ceux qui se prononcent pour Bayrou disent pouvoir changer d’avis (contre 48% dans les deux autres camps)… Si l’on ajoute cela à la masse des indécis et de ceux qui n’ont pas encore fait leur choix, rien n’est joué.  Mais cela est vrai pour TOUS… Heureusement !

Daniel RIOT

10/02/2007

Mon Carnet de campagne : Des vrais en écriture

Lang et « la pensée ringarde » de Ségolène (suite et confirmation)

C’est fou l’amour vache au sein du PS. C’est fou aussi l’hypocrisie au sein de la famille socialiste. C’est fou, surtout, le culot qu’osent afficher des politiques dits responsables  et non des moindres. Le journal LE MONDE peut afficher la satisfaction de son rôle d’informateur bien rempli sur cette « affaire Lang ». L’homme du prix unique du livre (une excellente chose !) devrait recevoir, par un livre non publié, le prix inique l’hypocrisie et de la malhonnêteté intellectuelle en politique. Désirs de regrets, peut-être…

 

Dans son édition   du 21 novembre 2006, Le Monde l'avait révélé, L'Express du 8 février le confirme : Jack Lang, aujourd'hui conseiller spécial de Ségolène Royal, n'a pas toujours eu pour elle des mots élogieux. C’est le moins que l’on puisse dire…

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En septembre 2006, avant de se résigner à ne plus être candidat à la désignation interne du PS, l'ancien ministre avait renoncé à publier un livre d'entretiens - Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi -, dans lequel il fustigeait notamment le couple Hollande-Royal. Son éditeur, Bernard Pascuito, a déposé plainte, estimant son préjudice à 125 000 euros.

 

Trois jours après la révélation de cette information, M. Lang exigea du Monde un droit de réponse cinglant dans lequel il assurait qu'il ne " fustigeait en aucune manière ni Ségolène Royal ni aucun autre camarade " du PS. Ben voyons ! Qui pourrait mettre sa parole en doute ?

 

L'Express, qui est parvenu à se procurer le manuscrit entier, alors que Le Monde n'avait pu en lire que des extraits, cite d'autres exemples des propos de M. Lang sur Mme Royal. Dans un chapitre intitulé " On n'est jamais trahi que par les siens ", l'ancien ministre de la culture affirme : " Je n'ai jamais entendu qu'une pensée très ringarde là où on aurait au moins pu espérer un discours à la fois tranché et novateur. Tant qu'à jouer cavalier seul, il serait bienvenu d'avoir des choses intéressantes à dire... " Revenant sur les critiques de Mme Royal sur les 35 heures, il lâche : " C'est une chose de distiller quelques petites phrases explosives par-ci par-là. C'en est une autre de proposer de vraies idées de changements. (...) " S'agissant de M. Hollande, il assure : " L'homme qui devait jouer les rassembleurs nous a divisés : c'est pour cela que je parle de manipulation. "

 

Mais cela, c’était  hier. De l’histoire ancienne. Ce qui n’est pas publié ne compte pas, n’est-ce pas ? Ségolène le sait bien, elle qui a laissé trois projets de livres (écrits par d’autres) en plan et qui n’a pas publié le livre « interactif », avec une rédaction « participative et numérique » qu’elle avait annoncé à grand renfort de pub sur son site « Désirs d’avenir »

 

 

« Un tracteur nommé Désir »…

 

Lu dans l’Express : « Un tracteur nommé désir. Devenu, en tout cas, une curiosité. Qui l'eût cru? Voilà que même ce véhicule, que François Bayrou a indiqué posséder en dévoilant son patrimoine, attire des commentaires sur le Net. Le président de l'UDF a réussi à installer sa candidature dans le paysage de l'élection présidentielle. Le Béarnais a profité de la configuration particulière de la campagne, la présence de deux ogres médiatiques et d'un monstre politique, pour se glisser dans la peau du juste, du gentil, du Petit Chose. Télé-Bordères contre TF 1. Le bon contre les méchants. »

 

Jean Jaurès ou « l’extrême centre révolutionnaire » ?

 

Une longue citation retrouvée par un internaute attentif et curieux… Le type même de réflexions qui dans l’optique doctrinaire de la « droite » sarkozienne ni dans la perspective idéologique de la « gauche » royalienne. Loin du libéralisme à l’anglo-saxonne et de la nostalgie d’une lutte des classes mal digérée et mal conduite…

 

« Il n'y a de classe dirigeante que courageuse. (…) Est un chef celui qui procure aux
autres la sécurité en prenant pour soi les dangers. Le courage, pour
l'entrepreneur, c'est l'esprit de l'entreprise et le refus de recourir à
l'État ; pour le technicien, c'est le refus de transiger sur la qualité ;
pour le directeur du personnel ou le directeur d'usine, c'est la défense de
la maison ; c'est, dans la maison, la défense de l'autorité et, avec elle,
celle de la discipline et de l'ordre.

 

Dans la moyenne entreprise, il y a beaucoup de patrons qui sont eux-mêmes leur caissier, leur comptable, leur dessinateur, leur contremaître, et ils ont, avec la fatigue du corps, le souci de l'esprit, que les ouvriers n'ont que par intervalles.

Ils vivent dans un monde de lutte où la solidarité est inconnue, ils ne sont pas à l'abri d'une faillite qui peut détruire en un jour la fortune et le crédit d'un industriel.

Entre tous les producteurs, c'est la lutte sans merci ; pour se disputer la clientèle, ils abaissent jusqu'à la dernière limite, dans les années de crise, le prix de revient des marchandises, ils descendent même au-dessous des prix de revient, ils sont obligés d'accorder des délais de paiement démesurés qui sont, pour leurs acheteurs, une marge ouverte à la faillite, et s'il leur survient le moindre revers, le banquier
aux aguets veut être payé dans les vingt-quatre heures.

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Lorsque les ouvriers accusent les patrons d'être des jouisseurs qui veulent gagner beaucoup d'argent pour s'amuser, ils ne comprennent pas bien l'âme patronale. Sans doute, il y a des patrons qui s'amusent, mais ce qu'ils veulent avant tout, quand ils sont vraiment des patrons, c'est gagner la
bataille.

Il y en a beaucoup qui, en grossissant leur fortune, ne se donneront pas une jouissance de plus : en tout cas, ce n'est point surtout à cela qu'ils songent. Ils sont heureux, quand ils font un bel inventaire, de se dire que leur peine ardente n'est pas perdue, qu'il y a un résultat positif, palpable, que de tous les hasards, il est sorti quelque chose, et que leur puissance d'action s'est accrue.

 

Non, en vérité, le patronat, tel que la société le fait, n'est pas une condition enviable. Et ce n'est pas avec les sentiments de colère ou de convoitise que les hommes devraient se regarder les uns les autres, mais avec une sorte de pitié réciproque quiserait peut-être le prélude de la justice. »

Jean Jaurès dans « La Dépêche de Toulouse » du 28 mai 1890, (quatorze ans
avant qu'il ne fonde le quotidien « l'Humanité »).
Avant les délires révolutionnaristes du début du XXième siècle, qui imprègnent encore tant quelques esprits sans têtes ou quelques têtes sans esprit

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Marie-George BUFFET se fâche. Sans faire peur à quiconque.

Pour la candidate PCF, Nicolas Sarkozy, ce « loup qui se cache derrière l’agneau », veut transformer "les salariés en esclaves", Ségolène Royal "ne porte pas de projet" et le programme de Bayrou "tient sur un timbre poste". Je lui ai envoyé un courriel pour lui indiquer les liens à activer pour qu’elle ait une idée plus précise des propositions de Bayrou et de l’avant-projet législatif de l’UDF libre sans devoir acheter un timbre poste… Il est vrai que le programme de Mme Buffet se résume en quelques slogans. Comment lui en faire grief ? Elle ne joue pas l’Elysée mais la survie (hypothétique) de son Parti. Un  « désespoir passéiste d’avenir », Marie-George…

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Arlette Laguiller serait-elle pour un gouvernement d’union nationale ?

Je plaisante bien sûr… Mais que fait-on en temps de guerre ? « Aujourd'hui c'est une campagne d'urgence sociale qu'il faut faire en matière de salaires, de retraites, en matière de logement. Il faut prendre des mesures de guerre à cette misère sociale et pas des mesures tièdes ». Il faut dire qu’elle est d’une grande utilité sociale et politique, Arlette. Elle le dit elle-même : la première fois qu’elle s’est présentée aux Présidentielles, il n’y avait pas de chômage ! Beau bilan pour les contestataires aux mains blanches, pour les protestataires professionnels aux humeurs rouges et pour les utopistes au verbiage impuissant. Un désespoir du « futur qui s’écrit au passé », Arlette

17/12/2006

Mon carnet de campagne: Changer LA politique

Des verts un peu vides

Vert flamboyant, Hulot. Vert pâle le parti des Verts. Pourtant, elle ne manque ni de charme ni de souffle la nouvelle secrétaire générale du parti qui,  en principe, soutient Dominique Voynet, la tueuse de la « liaison fluviale Rhin-Rhône » : Cécile Duflot,  31 ans, jusque là porte-parole du parti a troqué son poste avec celui   de Yann Wehrling.  

 

 

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  Voulant lier les "urgences écologiques" et les "urgences sociales", la nouvelle secrétaire nationale a souhaité que les négociations avec le parti socialiste reprennent "le plus tôt possible", rappelant les conditions sine qua non d'un accord : la rupture programmée avec le nucléaire. Dominique Voynet a renchéri en estimant que l'engagement pris par le PS vis-à-vis du MRC de poursuivre le programme nucléaire devait "rester dans le tiroir". Mais les Verts eux-mêmes manquent d’énergies alternatives… Comme Waechter, « l’indépendant », toujours fidèle à lui-même, en « Arlette » de l’archéo-écolo-ringardise.

Question : pourquoi ne pas lier les « urgences » écologiques et sociales aux urgences économiques qui conditionnent et les premières et les deuxièmes ? La réponse se trouve dans le programme de Bayrou (le premier à signer la Charte de Hulot) et de l’udf…

Raffarin invente le « Oui, plus »

« OUI, PLUS». Comme en son temps Valéry Giscard d’Estaing avec le fameux «oui, mais», Jean-Pierre Raffarin résume d’une formule son plus que probable ­sou­tien à Nicolas Sarkozy pour la ­présidentielle. L’ancien premier ministre se ralliera prochainement au président de l’UMP, mais non sans condition. Comme il l’avait indiqué en octobre devant ses clubs Dialogue et Initiative, il veut peser sur les orientations du candidat et infléchir un projet présidentiel qu’il juge, à ce jour, pas assez rassembleur.

«Nicolas Sarkozy, il faut nous écouter!», lançait d’ailleurs Dominique Bussereau, le premier des raffariniens, en réclamant, dans Le Figaro du 16 novembre, une meilleure prise en compte des convictions «libérales, sociales et républicaines»

 

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Chargé par Nicolas Sarkozy de l’organisation des forums UMP, en prenant (partiellement) en compte les exigences de Michèle Alliot-Marie, l’ex-premier ministre met en avant l’exigence d’union. «Nos électeurs craignent un retour au vent mauvais de 2001. J’ai fait partie de ceux qui ont voulu l’UMP pour bâtir l’union, je ne laisserai pas se développer les manœuvres de contournement», prévient-il sur son blog. «Alors maîtrisons les ego et serrons les coudes.»

 

Se rallierà Sarko,oui,  mais comment et quand? Jusqu’au 21 décembre, date du dernier des trois débats, à Bordeaux, Raffarin se sent tenu par «un contrat de neutra­lité». «Après, je suis libre», dit-il. Mais quel serait l’impact d’une annonce faite pendant la trêve des confiseurs? Ensuite, les quinze premiers jours de janvier seront dominés par les cérémonies de vœux à l’Élysée, les derniers du quinquennat de Jacques Chirac.

 

Jean-Pierre Raffarin et ses amis de Dialogue et Initiative s’interrogent:«Qu’est-ce qu’on fait, est-ce qu’on le fait et comment on le fait?». Belle question … qui intéresse qui en dehors de ceux qui se la posent ?  

 

 «Chirac dira quel est, pour lui, l’intérêt de la France. Je serai de ceux qui en tiendront le plus grand compte», confie Raffarin au Figaro. Persuadé qu’il faudra alors «bâtir une stratégie commune» entre l’UMP et Jacques Chirac. Car à droite, selon Le Figaro,  la désignation triomphale de Ségolène Royal par le PS «a changé la donne». «C’était comme un lendemain d’élection perdue, il fallait réagir.». Et ce n’est pas fini…

Mais comme dit Bayrou,  interrogé sur le forum de l’ UMP : « Il ressemble à un débat, comme moi…à Miss France »

Bayrou et sa révolution démocratique

Puisque je parle de Bayrou, j’éprouve le besoin de reprendre un extrait de son discours de Lille, car il est révélateur de la vraie ambition du candidat de l’udf : Il ne s’agit pas seulement de changer De politique, mais de changer LA politique, la façon de la faire, la manière d’exercer le pouvoir. Quand tant d’autres sont passionnés par la prise Du pouvoir, Bayrou s’exprime sur ce qu’il ferait du pouvoir. Une nouvelle écologie politique, une nouvelle éthique démocratique ! Une authentique révolution démocratique, au nom du « tiers état », donc des victimes (les pauvres mais aussi les classes dites moyennes) d’un système d’Etat bureaucratique, d’un système politicien de classes et de castes, de moeurs politiques non démocratiques, de politiques économiques et sociales incohérentes et d’une fiscalité « qui fait fuir les riches ett appauvrissent les pauvres »

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« Nous devons identifier et soutenir les forces de notre pays car ces forces sont grandes. Ces forces sont d’abord des forces de femmes et d’hommes, la richesse humaine de la France. Et c’est pourquoi, la priorité de l’action qui devra être conduite par un gouvernement - et je souhaite qu’il soit de rassemblement - le premier axe, c’est : Education, Recherche, Entreprise.

 

Je crois que si l’on s’attaque à ces chantiers, il faut le faire avec les Français. Et pas sans eux. Le président de la République et le gouvernement devront considérer, l’un et l’autre, que la seule source de la souveraineté, c’est le peuple français. En conséquence ils lui doivent, avant chaque décision importante, avertissement et explication. Pour les décisions les plus importantes, celles qui engagent notre avenir collectif, la procédure normale de décision, à mes yeux, c’est le référendum, le choix remis entre les mains des Français pour les décisions les plus difficiles.

 

C’est parce que l’effort que nous avons à accomplir est immense, que j’ai pris la résolution que je défendrai devant les Français : je veux un changement de politique, pas seulement de la politique qu’on mène mais un changement de l’approche politique, de la méthode de la politique, c’est pourquoi investi de la confiance des Français, élu président de la République, je formerai un gouvernement différent des précédents, je nommerai un gouvernement avec des femmes et des hommes nouveaux et compétents, d’accord sur l’urgence des priorités qui ne seront pas issus du même parti et qui au contraire représenteront les sensibilités différentes du peuple français. Je veux un gouvernement pluraliste dans lequel se sentiront représentés les républicains d’un bord et de l’autre qui ont, chacun, le droit d’exister et de défendre des valeurs qui enrichissent notre pays.

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Ce gouvernement par sa composition même dira deux choses au peuple français : quand il s’agit de l’essentiel, du sort de la France, les forces vives de notre peuple peuvent échapper à la division et sont capables de se rassembler, nous l’avons fait chaque fois dans notre Histoire quand a fallu reconstruire la France. Il est temps de le concevoir et de le vouloir aujourd’hui. Deuxièmement, je voudrais attirer votre attention sur la composition de ce gouvernement qui représentera la diversité des Français, sa composition dira que les réformes à conduire ne sont pas conçues dans l’intérêt d’un camp, ni dans l’intérêt d’un clan, ou d’une classe sociale, mais dans la seule considération de l’intérêt général. Et la représentation pluraliste au sein du gouvernement sera pour les Français, une garantie du respect de l’intérêt général ».

Quand j’entends que « Bayrou n’a pas de programme », j’incite mes interlocuteurs à surfer un peu sur les sites de l’udf…et sur les autres. Pour « écouter la différence », pour reprendre un ancien slogan publicitaire de France-Inter…

01/11/2006

Carnet de campagne: De la transparence des urnes...

medium_elysee.jpg>>>> Le Ps a choisi des urnes transparentes pour ses scrutins internes… Comme si des tricheries étaient imaginables dans ce parti si démocratique…. Ce sont les conseillers de Ségolène qui ont insisté sur ce détail qui permet de voir que les urnes sont vides avant de se remplir.  C’est bien. Qui n’est pas pour la « transparence » ? Mais matériellement, toutes les urnes ne pourront pas être transparentes. Il faut investir, camarades. Cela fait marcher l’économie. Mais le temps presse : vers des heures supplémentaires  les fabricants d’urnes…Mais la transparence des urnes est plus facile que celle des "pensées de derrière", comme disait Blaise Pascal.

medium_hollande.5.jpg>>> PICROCHOLINES, commente Le Figaro, à propos des querelles internes au PS  sous la pression de "ségolénistes" bien trop zélés ou trop bêtes: Oh! ces bagarres de procédure....En  réunion d'organisation, alors qu'il n'y a pas de débat direct cette semaine en raison des vacances de la Toussaint, le mandataire de Royal, Patrick Mennucci, s'est plaint du déroulement du deuxième débat télévisé. Il a compté : Ségolène Royal a été relancée 48 fois par les journalistes, tandis que Laurent Fabius ne l'aurait été que 32 fois et Dominique ­Strauss­­-Kahn­ 31.

Son argument : ce serait déstabilisant pour la candidate. La pauvre...

Qu'est-ce que celà risque d'être si elle arrive à l'Elysée! Presse accréditée égalera presse servile. Bel esprit démocratique. Il y a du stalinisme dans quelques têtes...

Je cite encore le Figaro:"Les « royalistes » restent très soupçonneux sur ces débats télévisés et n'hésitent pas à mettre en doute l'impartialité des organisateurs. Hier, ils ont même demandé que les mandataires soient présents dans la régie du studio des chaînes parlementaires, pour surveiller les questions qui pourraient être suggérées par oreillette aux journalistes qui animent l'émission." Ben voyons...Qui donnera des leçons à Poutine? Cela devient grave...RSF devrait se mobiliser par mesure de précaution. A moins que l'on choisissent les journalistes autorisés à  traiter des affaires de la présidence (royale) de la république (royale) par "tirage au sort"... d'une façon (royalement) "populaire".

>>>> Lu dans LE Monde une excellente chronique  de JEAN-LOUIS ANDREANI. Je reprends ici sa  conclusion. Ségolène et ses amis devraient y réfléchir…. « Lorsque Mme Royal explique que, sur la Turquie, son opinion sera celle du peuple, elle tourne le dos à l'idée selon laquelle l'homme, ou la femme, politique était supposé (e) être élu (e) à partir de convictions qu'il (elle) a su défendre avec assez de force pour les faire partager. L'exemple de la peine de mort, abolie par la gauche contre tous les sondages et qui suscite maintenant un large consensus, a été cité à de multiples reprises, mais il conserve sa valeur.

Il est bien sûr permis de défendre une conception inverse de celle illustrée alors par l'initiative de François Mitterrand sur le châtiment suprême. Il est plus difficile de prétendre qu'elle restaure la légitimité du politique. En poussant le raisonnement à ses limites, autant vaudrait déterminer quel est le meilleur institut de sondages, puis décider que son directeur deviendra président, avec pour mission de mettre en oeuvre une politique inspirée des réponses à des questionnaires judicieusement établis et soumis à un échantillon représentatif de la population...

Outre les objections de principe, la faisabilité de ce type de gouvernement est elle-même incertaine. Tous les sondeurs et les politiques savent que l'opinion est versatile, qu'elle peut être convaincue à force de pédagogie ou intoxiquée à coups de désinformations. Les sondages peuvent se tromper, être contradictoires.

Laurent Fabius avait fait un jour la démonstration, à la télévision (lors de l'émission "L'heure de vérité" d'Antenne 2 en décembre 1987), qu'on peut renverser les résultats d'un sondage en quelques minutes, rien qu'en changeant de ton... Et Michel Rocard, qui fut le premier dirigeant à théoriser les rapports entre l'opinion et le politique, souligne aujourd'hui, après avoir passé trois ans à Matignon, que gouverner au sondage relève de l'impossible.

Dans un ouvrage qui survole six siècles de crises, voire d'effondrements français (Le Phénix français, Flammarion, 18 euros), le journaliste Georges Valance souligne que le pays, à chaque fois, a repris pied grâce à une impulsion forte, donnée par un personnage politique déterminé, qui ne craint pas de prendre des risques. L'inverse, en somme, d'un mode de gouvernement à la godille, qui ferait de l'image et de l'écoute des sondages sa principale force ».

Moi j’approuve et applaudi des deux mains.

medium_segolene_12.2.jpg>>>> Ségolène se rend compte, visiblement, qu’elle allé un peu loin, avec trop de légèreté…."Quand j'évoque les jurys citoyens, je sais de quoi je parle. Mes adversaires en font aussitôt des jurys de cour d'assises. Ca n'a pas de sens. Alors, il faut une phase d'explication, et on comprend alors mieux ce que j'ai dit", souligne-t-elle. "Pareil pour l'encadrement militaire des délinquants. J'ai toujours bien précisé 'pour des tâches humanitaires' qui revalorisent. Je maintiens l'idée d'encadrement militaire. Ce sont des condamnés! On ne va tout de même pas les mettre en colonie de vacances", poursuit-elle.

Comme on lui demande "le peuple aurait toujours raison ?", la candidate à l'investiture PS pour l'élection présidentielle répond: "le peuple n'a pas toujours raison, mais  quand il a voté sa décision est celle de tous". Selon Ségolène Royal, "la responsabilité politique, c'est de prendre des décisions". "Mais, une fois celles-ci prises, qui est le mieux placé pour juger de leur efficacité ? Trop de Français ont le sentiment de ne compter pour rien, d'avoir des problèmes qui ne sont jamais pris en compte par les politiques. On a tout à gagner à les écouter", ajoute-t-elle.
Je n’ai pas tout compris. Mais cela doit venir de mes propres limites.

medium_charasse.jpg>>> Il cogne sur Ségolène, Charasse (partisan, peu sympathique à mes yeux, de Fabius) ! Il estime ce  mercredi dans Le Figaro, qu’avec elle "le paquet est plus beau que le cadeau". Il traite  de "nostalgiques du vote censitaire" ceux qui sont favorables à la multiplication des "comités", "conseils", et "commissions" en tout genre qui "contournent le suffrage universel". "Les propositions de Mme Royal sont peut-être au premier abord populaires, mais si on réfléchit un peu on voit que le paquet est plus beau que le cadeau", explique le sénateur PS du Puy-de-Dôme Selon lui, "'avoir peur du peuple', c'est refuser l'élection et la sanction du suffrage universel".  "La démocratie est fragile et doit rester à l'abri des gadgets."

medium_fabius_entete.3.jpg>>>> Laurent FABIUS le RASSEMBLEUR : Il  estime "être le mieux capable de rassembler toute la gauche"."Si, malheureusement, les socialistes ne me désignaient pas" le 16 novembre comme candidat du PS à la présidentielle 2007, "je ne vais pas aller contre le Parti socialiste, c'est clair", a-t-il dit sur Europe-1. Mais en cas d'investiture, "je pense être le mieux capable de rassembler toute la gauche à cause des positions que j'ai prises", a assuré le député de Seine-Maritime. "Tout candidat qui ne sera pas investi ne sera pas candidat contre les autres et devra d'essayer d'aider les autres", a convenu Laurent Fabius, "mais il y a une réalité objective: vous n'allez pas rassembler la gauche sur des positions qui ne sont pas authentiquement de gauche".(…) "Si on croit qu'à partir de ce mouvement antilibéral puissant exprimé depuis 2002, en 2007 un candidat de gauche va gagner sur des idées pas très loin (...) de Blair, je pense que l'on se trompe", a lancé Laurent Fabius en visant implicitement Ségolène Royal. "Je pense (...) que pour gagner, il faut rassembler la gauche et que ce sont mes positions qui sont les plus capables de rassembler la gauche", a insisté l'ancien Premier ministre. En prenant soin de différencier "ceux qui souhaitent dans les mouvements de gauche aller au gouvernement et ceux qui ne le souhaitent pas".
"Ceux qui souhaitent aller au gouvernement, ou en tout cas qui l'envisagent, c'est essentiellement les radicaux de gauche, les communistes, les Verts et les amis de Jean-Pierre Chevènement. Nous allons discuter avec eux, il faut que nous bâtissions une plate-forme commune", a ajouté Laurent Fabius. Quant aux autres, "ils sont aussi de la gauche, mais ils ne souhaitent pas aller au gouvernement. Le problème pour eux ne se pose pas en terme de gouvernement, il se pose en terme de vote au deuxième tour de l'élection. Ils auront à choisir entre, si c'est moi le candidat, moi-même et en face vraisemblablement Sarkozy".

medium_dsk_3.7.jpg>>> DSK (qui sera samedi à Strasbourg) et en faveur duquel Robert Hermann, candidat à la mairie, va se pronocer (comme Catherine Trautmann et contrairement à Roland Riess qui vote Ségolène) se veut optimiste. Persuadé que "le flux en faveur de Ségolène Royal s'est complètement tari", que "le reflux" est engagé et que "le doute sur le fait qu'elle puisse gagner s'est instillé" dans les esprits, Dominique Strauss-Kahn se démultiplie dans la dernière ligne droite. En espérant que celle-ci ne s'achève que le 23 novembre, date de l'éventuel second tour de scrutin pour la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle. Se disant soucieux de "représenter la France de ceux qui souffrent, des chômeurs, des précaires, de ceux qui travaillent dur", "DSK" n'a pas manqué, sur ce terrain, de relativiser les propositions de Ségolène Royal en matière de démocratie participative. "Bien sûr, c'est utile, mais il faut surtout traiter les problèmes de fond : les problèmes sociaux et économiques, les problèmes du chômage et de la précarité", a-t-il relevé. "Ma priorité, elle est claire. C'est l'économie pour servir le social", a-t-il insisté, résumant en ces termes son projet : "Ma ligne politique, c'est la social-démocratie, avec le social comme objectif et la démocratie comme méthode."

 

M. Strauss-Kahn fait  une promesse, le "plein emploi dans moins de dix ans". "On me regarde et on me dit : "Attends, on ne peut pas faire cela". Moi, je dis que nous pouvons le faire", a-t-il ajouté, en misant sur le retour de la "confiance".  Et en promettant (à la Mendès-France) un « langage de vérité ». : "Je ne me satisfais pas de ce que la gauche ait été élue trois fois, et que trois fois, cinq ans après, les électeurs nous aient dit "Rentrez chez vous !", a souligné M. Strauss-Kahn, pour appuyer son plaidoyer en faveur d'une "gauche qui dise la vérité".

medium_sarko_a_marseille.jpg>>> La querelle des CRS… .Comment s'opposer à Nicolas Sarkozy(ce jour à Marseille) sans prêter le flanc à de nouvelles accusations de laxisme ? Cette question resurgit au Parti socialiste. Si les trois candidats à l'investiture s'accordent pour dénoncer la "responsabilité" du ministre de l'intérieur et réclamer le rétablissement d'une police de proximité, des divergences sont apparues au sujet des CRS, affectés en soutien de la sécurité publique dans les cités sensibles. Dominique Strauss-Kahn avait réclamé leur retrait. "Je vous le dis, Nicolas Sarkozy, il faut retirer maintenant les cars de police des cités, il faut que les cars de CRS s'éloignent", avait déclaré M. Strauss-Kahn, en soulignant que les banlieues "ne sont pas des terrains conquis militairement et qu'il faut occuper".La réplique est d'abord venue de Ségolène Royal qui  a affirmé qu'il ne convenait "certainement pas de retirer les CRS, puisque c'est eux qui assurent la protection lorsque c'est nécessaire, et notamment de la police de proximité".

Porte-parole du PS - et partisan de Mme Royal -, Julien Dray a enfoncé le clou. "Jamais le Parti socialiste n'a demandé le retrait des CRS des quartiers", a souligné le député de l'Essonne, ajoutant qu'une telle décision "voudrait dire qu'on laisse les effectifs de sécurité publique livrées aux bandes".

"Donner le sentiment d'un recul de l'Etat dans une période de tension, c'est une faute", souligne, de son coté,  Claude Bartolone, député fabiusien de Seine-Saint-Denis, qui estime que M. Strauss-Kahn a voulu lancer "un gros coup d'oeil en direction des jeunes des quartiers populaires".

Sur le fond, DSK n’a sans doute pas tort : "Si quelque chose avait été fait (dans les banlieues) depuis un an, la présence policière serait venue en appui. Comme ce n'est pas le cas, elle apparaît comme une provocation", explique Jean-Christophe Cambadélis. Pour ce proche de M. Strauss-Kahn, ce qui est "malhabile" de la part du PS, c'est de "voler au secours" de M. Sarkozy. Celui-ci s’amuse….Critiquant, le "grand débat" au PS entre "ceux qui me demandent de retirer les CRS et ceux qui me demandent de les maintenir", le ministre de l'intérieur a ironisé : "Heureusement que le matin en me levant, quand je dois savoir ce que j'ai à faire, je ne les entends pas." Facile pour celui qui voilà longtemps déjà pensait aux présidentielles, en se rasant le matin. C’est fou ce qu’il réfléchit, devant sa glace, Sarko…

>>> Ségolène joue et rejoue la carte « femme ». Jusqu’à en abuser : elle fait le jeu de MAM à droite….et de Clémentine Autain à la « gauche de la gauche »… "Je crois que j'incarne le changement. Une autre façon de faire de la politique. Les gens apprécient ma liberté de parole. Ils sentent aussi que je ne suis pas dans le même rapport au pouvoir que beaucoup d'hommes politiques. Je ne suis pas candidate à une place", dit-elle en reconnaissant  "C'est l'opinion qui m'a imposée"(…) « Le temps des femmes est venu » . Moi je ne demande pas mieux. Mais en l'occurence, la conduite d'un Etat n'est pas (et ne doit pas être) une affaire de sexe...Pourquoi, apr exemple,  les radicaux ont-ils évincé Christiane Taubirat? Des femmes de qualités, capables d'assumer les plus hautes fonctions, il y en a d'autres, au PS! J'arrête...Je m'égare. Ce n'est pas la femme Ségolène qui est en cause dans cette chronique: c'est la "bulle Ségolène". Même si Alain Duhamel a eu tort (et il l'a reconnu) de ne pas l'avoir retenue dans ses "Prétendants", cette galerie de portaits de "présidentiables". Sur le fond, n'avait-il pas raison?
 

medium_chirac_au_figaro.jpg>>> Le suspense Chirac. L’ITW donnée par le Président de la République au Figaro  suscite quels troubles à l’UMP… Les compliments pour sarko sonnent faux. Ceux pour De Villepin sonnent juste. Interrogé sur la possibilité de plusieurs candidatures UMP à la présidentielle, le chef de l'Etat rappelle que ce scrutin est, pour les gaullistes, "une rencontre entre un homme et un peuple". "Tout est donc est possible". Pour autant, il juge "souhaitable" de "privilégier l'esprit d'unité et de rassemblement". "Je souhaite que la majorité garde à l'esprit le vieux principe selon lequel l'union fait la force, et qu'elle agisse en conséquence", ajoute-t-il. en refusant à nouveau de dévoiler ses intentions pour 2007. "Il est de ma responsabilité de président de la République de donner la priorité à l'action". Dès lors, "je me prononcerai le moment venu, c'est-à-dire au premier trimestre 2007", réaffirme-t-il en précisant  qu'il prendra sa décision en fonction d'un "critère tout simple: l'idée qu('il se fait) de l'intérêt de la France". C’est beau, non ? Je suis sûr, intuitivement, qu’il est sincère en disant cela. Sarko a dû faire la grimace devant sa glace…

medium_besancenot_krivine.jpg>>> Difficile la récolte des signatures!  Alain Krivine, le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), est  pessimiste  pour  Olivier Besancenot. Il a indiqué que la LCR peine à collecter les parrainages nécessaires à la candidature d'Olivier Besancenot à la présidentielle de 2007, et dispose actuellement de 250 à 300 promesses. "La collecte de signatures est beaucoup plus difficile cette année: on est à plus de 250 signatures, mais on n'a pas encore 300", sur les 500 requises, a souligné le dirigeant trotskiste.

Début septembre, la LCR n'avait recueilli que 200 promesses."Les maires en ont marre d'être harcelés par les demandes de parrainages à chaque élection, certains recevant la visite de dizaines de candidats"(...) "La collecte demande un effort considérable de la part des militants qui parfois sont obligés de demander un jour de congé" à leur employeur "pour se rendre chez les maires qui ne veulent pas être dérangés un dimanche", raconte Alain Krivine.

La tâche de la LCR est compliquée par la consigne donnée par le PS à ses élus de réserver leur parrainage aux seuls socialistes. "Il n'y pas de menace directe" du PS sur les maires non socialistes, mais "une sorte d'auto-censure" de la part des élus à l'approche des municipales, selon lui. Arbitraire de la barre des 500 et difficulté des petites formations , qui, au total, font beaucoup. Un signe parmi d'autres des dysfonctionnements de la démocratie française, une  partitocratie bie, pervertie par rapport aux rêves gaulliens.

Mauvaises querelles de mots autour de réalités tragiques

Je reprends ici un commentaire d'un e-mail du Monde: "

"Racailles" ou "salopards"?
Une jeune femme a été gravement brûlée samedi soir dans l'incendie d'un bus, allumé par des adolescents à l'aide d'un liquide inflammable, dans un quartier périphérique de Marseille.
PHOTO Claude Paris/AP
L'incendie du bus marseillais samedi 28 octobre, dans lequel une jeune femme a été grièvement blessée, a donné lieu à une bataille sémantique entre Laurent Fabius et le ministre de l'intérieur. Dimanche soir, lors du "Grand Jury", l'ancien premier ministre déclare qu'il faut "vraiment tout mettre en œuvre pour retrouver ces salopards" et les "châtier". Lundi, Nicolas Sarkozy revient en connaisseur sur "les insultes de M. Fabius": "quand je pense qu'on a contesté dans ma bouche le mot 'racaille' [à Argenteuil, à la veille du déclenchement des émeutes urbaines de 2005], quand je vois les propos de M. Fabius, faut qu'il se calme, ce sont des affaires sérieuses!" Mardi sur LCI, Laurent Fabius livre son exégèse : "dans le cas de M. Sarkozy, ce qui avait été très choquant, c'est que le terme qu'il avait utilisé, on avait le sentiment que ça s'étendait à l'ensemble de la population des banlieues. Dans le cas précis, s'agissant des trois personnes qui ont commis cet acte ignoble, il faut appeler un chat un chat. C'est vrai que ce sont des voyous." Au cas où cette distinction ne suffirait pas, M. Fabius affirme que "du point de vue de la stricte efficacité, le bilan de M. Sarkozy est mauvais. Il ne faut donc pas se mettre dans ses pas".

27/10/2006

Carnet de campagne: Séduisante Clémentine....

Clémentine Autain ou l’Espoir de l’extrême-gauche

 

medium_clementine_autain.2.jpgJOLI  TALENT…. Elle court, elle court…La banlieue, les salons, esl petites salles de réunions , les grandes scènes de meetings et les (de plus en plus et de mieux en mieux) les studios de radio et de télévision. Partout, elle s’impose. Et  explose. Séduisante, sans être séductrice. Intelligente sans rajouter des couches de confiture sur ses tartines bien beurrées. Pleine de sang-froid et riche de convictions.  Elle s’exprime bien, écrit bien, (visitez son site)  et elle sait jouer d’un charme qui n’a rien d’artificiel. Adorable   Clémentine. Redoutable Autain. L’adjointe du Conseil de Paris chargée des problèmes de la jeunesse ne doit pas être facile à vivre (Delanoé doit le savoir !), mais elle donne à (et de) l’extrême-gauche un visage sympathique.

Du coup, même le préposé Besancenot prend un coup de vieux… José Bové, égaré à l’extrême-gauche ,  prend des allures d’un notable rural (parce qu’il manque d’urbanité) plus contestable que contestataire Et on finit par avoir de la commisération pour Arlette-l’infatiguable, ringardise incarnée,  ou Marie-Georges-l’accrocheuse  archéo-communiste et retro-futuriste…

 

Dommage (pour moi et pour d’autres) que cette Clémentine reste accrochée à une idéologie d’un autre siècle et enfourche les chevaux d’un « anti-libéralisme » qui contribue à faire du mot « libéral » (issu de Liberté), un gros mot : ce qui est une « exception française » dans cette Europe qui connaît l’une des période les plus liberticides depuis 1945.   Dommage surtout qu’elle n’entend pas mieux les avertissement lancés par les «radicaux » italiens, espagnols ou autres qui voient dans « la gauche de la gauche » française les plus beaux alliés de la droite…

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Piqué ici et là dans plusieurs ITW quelques phrases dignes d’intérêt….

Clémentine, lucide,  s’interroge, bien sûr…. « La multiplication des candidatures traduit-elle l’incapacité de la gauche antilibérale à s’unir ? ». Elle répond non… Ou veut croire que c’est non : « Dans un processus innovant par rapport aux traditions qui ont été celles des organisations partie prenante du rassemblement, il est normal qu’aucune personnalité incontestable s’impose. La question est de savoir quel profil peut fédérer ces différentes sensibilités. C’est un choix politique. Pour moi, le critère déterminant est de savoir qui permettra le consensus le plus large pour que personne ne sorte du cadre de la photo. Le trip de la Cinquième République, avec l’homme providentiel qui a rencontré le pays, n’est pas l’état d’esprit de la campagne très collective que nous voulons mener. »

 

Son espoir ?  Que la dynamique qui a si bien réussi au « NON », notamment sur internet, lors du referendum, se reproduise pour ces Présidentielles « Ce qu’on a inventé à l’occasion du référendum européen doit nous inspirer. D’abord une campagne de contenu : on intéresse les citoyen-ne-s à la politique quand s’affrontent des visions de la société. Or, j’ai la conviction que nous sommes la seule alternative crédible et durable à Nicolas Sarkozy. Quand il prône l’ultra-libéralisme et l’autoritarisme, nous affirmons les valeurs de solidarité, d’émancipation -individuelle et collective -, de développement humain. Nous devons combattre la droite dure sur le fond, en lui opposant sur tous les terrains la cohérence d’une perspective de transformation sociale authentiquement de gauche. Ensuite, dans la campagne contre le traité européen, il n’y avait pas un grand chef qui expliquait d’en haut ce qu’il fallait faire mais un mouvement circulaire où chacun-e pouvait s’approprier un bout de la campagne. De ce point de vue, Internet a joué un rôle déterminant. Avec un collectif de porte-parole, toutes les sensibilités peuvent être représentées et nous pouvons reproduire en 2007 l’alchimie victorieuse du 29 mai ».

 

Elle croit aussi au coté « pluriel » de l’extrême-gauche : « Si on croit à la démocratie, il faut accepter que toutes les discussions ne soient pas closes. D’autres débats extrêmement intéressants nous animent : travail-revenu, croissance-décroissance… Je ne viens pas de la tradition de la décroissance. Je pense qu’il faut développer des activités utiles qui répondent aux besoins. Mais les questions soulevées par cette mouvance m’intéressent parce qu’elles interrogent le type de croissance et de développement que l’on veut. La rencontre de traditions différentes est féconde. »

 

Se voit-elle désignée par les collectifs alors que le PCF a lancé Marie-Georges ? « Militante féministe, membre active de la Fondation Copernic et investie depuis quinze ans dans les mouvances alternatives, ma trajectoire m’a ouverte aux apports des différentes sensibilités de notre collectif. Je suis élue apparentée communiste et donc proche de la force politique la plus importante de notre rassemblement. Ma relation avec cette tradition, sans être membre et sans porter toute l’histoire de ce qu’a été le PCF, peut être un atout. Cette proximité permet aussi de dire aux communistes que leur tradition est féconde dans le rassemblement. « 

 

L’un de ses rêves : « Nous avons besoin d’idées neuves. Les nouvelles générations, qui ont grandi avec la chute du Mur de Berlin et qui n’ont pas les mêmes repères, peuvent nous aider à penser le projet de transformation sociale du XXIe siècle, qui articule un modèle économique anti-libéral avec les exigences écolos, féministes et démocratiques. Pour le construire en termes de propositions concrètes, mais aussi nous aider à trouver les mots d’aujourd’hui. Nous nous définissons en contre – antilibéraux – mais nous sommes orphelins de mots, nous n’avons pas encore de terme pour dire quelle est notre utopie commune »

 

Eh oui…Et c’est plus qu’un problème… Mais tous les leaders d’extrême-gauche  sont devant me même vide. Un vide qui donne le vertige. C’est tellement plus facile de contester que de proposer….Même sur le OGM et cette « globalisation » qu’on ne ma^trisera pas à coups de slogans faciles et creux.

medium_sego_sarko.2.jpgSarko-Sego : Concours de « populisme »…

 

« Vous avez dit populiste ? » Nicolas Sarkozy juge "outrancièrement populiste" la proposition de la socialiste Ségolène Royal de mettre en place des jurys populaires tirés au sort pour juger l'action des élus, a-t-on appris vendredi 27 octobre."Il est en tout cas confondant qu'on ait pu qualifier de populiste la rémunération partielle des fonctionnaires au mérite quand on entend maintenant formuler une proposition - qui est, elle, outrancièrement populiste - d'instauration de jurys populaires tirés au sort pour juger l'action des élus", a déclaré le ministre de l'Intérieur et président de l'UMP.. Ces propos ont été tenus mardi devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, où Nicolas Sarkozy était venu présenter à huis-clos les grandes lignes du budget 2007 de son ministère. Le compte rendu de cette réunion a été publié vendredi par les services du Palais-Bourbon

 

Pour le président de l'UDF, François Bayrou, "au lieu de rétablir la confiance, cette proposition crée l'ère du soupçon". "Tout le monde est soupçonné, tout le monde est jugé, et c'est un monde dans lequel je n'ai pas envie de vivre". Ségolène Royal "flatte les bas instincts" et cherche à répondre à la "crise" du politique par "la démagogie", a-t-il affirmé sur France Inter.

A gauche aussi, les attaques continuent de fuser. "Je ne sais même pas si elle a été inspirée par Le Pen ou Mao Tsé toung, c'est totalement ubuesque et grave", a estimé André Laignel, le président de l'Association des maires de France.

medium_voynet.2.jpgVoynet joue les discrètes

« INAUDIBLE »….Bien qu'elle ait été désignée dès juillet par les Verts pour porter leurs couleurs à l'élection présidentielle, Dominique Voynet a décidé de ne pas lancer sa campagne avant janvier 2007. "Cela ne sert à rien de crier dans le désert", résume Claude Taleb, son directeur de campagne. L'ex-ministre de l'environnement estime que la primaire du PS et le duel médiatique entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal rendent "inaudibles" les autres candidatures, la sienne en particulier. "Il viendra un moment où les gens se lasseront et attendront un débat de projet", explique-t-elle, ajoutant comme pour se rassurer : "Je n'entends personne me dire que ma candidature est inutile."

« Un tiers des personnes sans domicile ont un travail » 

SCANDALEUX : Je place cette info dans mon Carnet de campagne des Présidentielles. Pour cause… Nous voilà au cœur d’un vrai problème, bien loin des petites phrases…Une étude de l'Insee sur les sans domicile bouscule, effet,  les idées reçues. Un tiers des personnes qui n'ont pas de logement ont un travail, explique notamment l'Institut.

 

Cécile Brousse, co-auteur de l'enquête, explique dans l’Expansion : « D'abord il faut préciser que la « face visible » des sans domicile, c'est à dire ceux qui vivent dans la rue, ne représente que 10% du total. Ce sont les plus marginalisés. En fait on peut distinguer cinq groupes assez différents. D'abord, un groupe  composé de personnes seules sans activité professionnelle, très peu diplômées, très éloignées du marché du travail et qui peuvent connaître pour certains des  problèmes de santé. Parmi les autres groupes, on trouve aussi des jeunes plus qualifiés qui ont des revenus du travail, des femmes seules avec des enfants, qui vivent principalement grâce aux allocations. Des étrangers aussi, qui viennent d'arriver en France avec leur famille. Mais il faut aussi souligner le fait que 30% des personnes qui n'ont pas de domicile travaillent. Même si évidemment, ils ne sont pas polytechniciens, ce sont des gens qui ont un Bac Pro, un CAP, un BEP voire un BTS.  (…)

 

Quels que soient les itinéraires individuels et la diversité des histoires, c'est toujours le même problème qui se pose : celui de l'insuffisance des revenus. Et ce problème ne se limite pas à ceux qui n'ont pas de domicile, que l'on estime à 86.000 en France. Il touche en réalité beaucoup plus de monde. Dans notre étude on s'intéresse à la situation des 500.000 personnes qui, par manque de moyens financiers, sont les plus mal-logées. Elles vivent dans des conditions d'inconfort, chez des particuliers, chez un employeur, par le biais de sous-locations, c'est à dire sans sécurité juridique. Pour sortir de ce « mal logement », le parc HLM est la solution la plus courante. Mais tous les publics ne peuvent pas y être accueillis. Les familles sont privilégiées tandis que les célibataires, notamment les plus jeunes, ne sont pas prioritaires. »

Le degré d'une civilisation se mesure à l'attention qu'elle porte à ceux qui ne vivent pas dans la décence...

 

 

02/10/2006

Le renoncement "militant" de Jack...

medium_lang.2.jpg>>> Emouvant, Jack. Quel esprit de solidarité ! Quel militantisme ! Il dit adieux à ses ambitions présidentielles, non comme un   « toutou » qui obéirait à l’injonction d’un maître, mais comme un « serviteur » du PS, conscient de ses responsabilités. Il ne veut pas ajouter de la division à la confusion. Il  sacrifie ses ambitions sur l’autel des intérêts supérieurs du Parti. La rose au poing reconnaissante…

Les psycho-politologues (si à la mode sur les plateaux de TV)  vont encore commenter les problèmes de celui qui a plus d’envies que de réelle volonté, comme après son décrochage de ses ambitions parisiennes…

Moi, je l'aime bien, Jack. Et contrairement à bien des "politiques", il gagne à être connu de près. Il est le contraire de ce que dit Raffarin à propos de Ségolène "Elle séduit de loin. Elle fait peur de près". Ah! Ce Raffarin...

Une question tout de même : à quoi bon des « primaires » si le choix "démocratique" n’est pas le plus large possible ? Lang incarne une gauche que ne représente ni Ségolène, ni DSK, ni Fabius, non ? Son refus de ne pas confier à PPDA en faveur de qui il se retire tient de la coquetterie et du souci de se ménager de futures « plages » médiatiques : il faut savoir distiller ses infos quand on fait de la politique. Cela fait partie du jeu."J'appellerai à voter pour le candidat qui me paraîtra le plus capable de mener une révolution politique, une révolution économique et sociale, et une révolution du savoir", a plaidé Jack Lang, appelant à battre ce "gouvernement antisocial et arrogant". Trois Révolutions en Une: qui, lui mis à part, peut assumer une telle tâche? DSK peut-être... Sûrement pas Fabius dans ses "habits neufs" de "bobo gaucho"... Nous verrons.

Mais visiblement, depuis le retrait de Jospin, tout se fait (à la tête du PS) pour que Ségolène l’emporte au sein du Parti dès le premier tour… Face à l’unité de la droite, ce serait mieux peut-être. Cela éviterait à François Hollande bien des tractations en coulisses désagréables. Cela épargnerait à Ségolène de faire des promesses qu’elle ne serait pas sûre de tenir. Et cela couperait l’herbe sous les pieds de Sarko qui ne cesse de vouloir montrer que « l’UMP est la contraire du PS » en termes de cohérence et d’unité. Nous verrons.

medium_sarko_et_Villepin.jpg>>> Admirables Sarko et de Villepin réunis par un esprit de famille salué unanimement (y compris par Jean-Louis Debré) au sein de l’UMP.  Malgré les divergences de fond et de forme. Plus de « guéguerre des petites phrases », c’est promis. En attendant, Raffarin (très en verve) pense  que Sarko devrait quitter "vite" son ministère. Cela clarifierait les choses. Mais qui va à la chasse... risque d'être victime de chasseurs. Sarko est prudent et sait jouer sur tous les plans. Jusqu'à quand? Nous verrons.

>>> Intéressante, cette pré-campagne qui a commencé très tôt.  Et très fort.  Dans un contexte national, européen et mondial chargé d’incertitudes. Et un futur proche à de multiples inconnues… Aucun scénario n’est écrit. Pas même celui que prépare peut-être Chirac  qui doit être à la fois agacé, amusé et stimulé par le déferlement de livres, de docs, d’échos qui le concernent, le mettent en cause et critiquent déjà un bilan qui n’a rien de clos…   «  Haro sur Chirac ! » C’était le thème de « C dans l’air », inspiré par un bon article du Figaro, d’aujourd’hui… Quand on tire trop sur une ambulance, il arrive que l’ambulancier (ou le malade) se rebiffe. Nous verrons.

>>> Révoltante, cette info publiée et commentée par Le Monde  (entre autres). Parmi les promesses non tenues de Chirac : la réforme du statut pénal du chef de l’Etat ! Le parlement, paraît-il , ne disposerait pas assez de temps d’ici le printemps… Là, qui  se moque de qui ? Finalement, c’est peut-être Bayrou qui est dans le vrai : il est temps d’en finir « avec le monopole à deux,  du PS et de l’UMP » Trop d’alternances en 25 ans n’ont pas offert de vraie alternative : la vraie « rupture » serait celle d’un centre « central ».Mais comment jouer le « Centre » sans retomber dans le « Marais », dans le « centre mou » ? Nous verrons.

 

01/10/2006

Srako, "seul contre tous", pour "une révolution culturelle et politique"

Quel succès ! 5000 personnes Salle Gaveau… De nouveaux adhérents affluent toujours à l’UMP 276.610 adhérents, contre environ 113.000 fin 2004). Et en librairie, son livre « Témoignage » continue à faire un tabac : plus de 320 000 exemplaires vendus… Le candidat Sarkozy devrait  être un homme heureux. Pourtant, samedi soir, il a joué sur registre nouveau pour lui : celui de la victimisation…Je suis, a-t-il dit, devenu "le bouc émissaire" de l'extrême gauche, "l'homme à abattre" du Front national, et "la bouée de sauvetage" des socialistes "qui se déchirent" mais "ont trouvé leur point commun : haro sur moi".

Il a ajouté : "Même dans ma famille politique, certains ne sont pas frappés par la grâce de l'unité"….Les oreilles de  Dominique de Villepin (entre autres)  ont du siffler…. . "Nous avons lancé la bataille des idées, mais en retour, je ne vois en face de moi qu'une bataille de personnes. Je suis devenu la cible, le vecteur, le tremplin de tous ceux qui n'ont rien à dire sur la France", a lancé Nicolas Sarkozy.

Sarko s'en est pris aussi au parti de François Bayrou : "L'UDF, à défaut d'être entendu, a trouvé son créneau pour subsister: être différent de moi. Comme si c'était un objectif .Enfin, "l'extrême gauche est en miettes mais elle a trouvé son bouc-émissaire : moi. Quant à Jean-Marie Le Pen, il n'y a, pour lui, qu'un homme à abattre : moi !".

"A moi tout seul, je mettrais donc en cause l'indépendance de la justice, l'indépendance des médias, l'indépendance de la France. Pour un succès, c'en est un. Ça va finir par me gêner", a-t-il ironisé. Mais, évidemment, a-t-il ajouté, "ce tir croisé ne m'impressionne pas", :"Je ne dévierai pas de ma route" et "j'aimerais qu'on comprenne qu'on ne peut pas faire de politique sans audace. Je veux la rupture avec la façon de faire la politique", ce qui "ne signifie en rien", a-t-il affirmé, "l'abandon des idéaux qui ont guidé notre peuple". Mais "ce petit monde ne supporte pas l'idée que cette rupture puisse être politiquement inclassable", a-t-il conclu, en appelant à une "révolution politique et culturelle qui fera de la France le pays de tous les possibles".

 

27/09/2006

Le serment de Dakar de Ségolène...

>>> Il faut toujours prendre des distances pour mieux revenir…Ségolène vient de faire le serment de Dakar….. A un militant socialiste français du Sénégal qui l'exhortait à aller "jusqu'au bout", elle a répondu: "j'ai raison de venir à Dakar pour entendre vos encouragements. Je vais suivre le conseil qui vient de m'être donné, ce sera le serment de Dakar".

medium_segolene.jpg"Je trace ma route, voilà, jusqu'au bout, jusqu'au bout", a-t-elle ajouté peu après en dénonçant ceux qui, en la critiquant au sein de son parti, « déclenche la machine à perdre »…. Evoquant les débats internes que le PS doit organiser à partir du 3 octobre, une fois achevée la période de dépôt des candidatures qui s'ouvre ce samedi, elle a ajouté, au futur: "j'irai".

Aujourd’hui, elle va renouveler son serment de Dakar sur sa terre natale, à Ouakam, près de la capitale du Sénégal, où elle est née le 22 septembre 1953. Une campagne présidentielle, c’est un  Destin assumé.Ou forcé.

>>> Le site des Présidentielles regarde dans les étoiles… Portraits astrologiques de quelques protagonistes. Au point où l’on en est….

>>> Sur son blog, Raffarin met en garde contre "des idées de rupture qui ne (lui) paraissent pas capables de rassembler au second tour".
"Je me méfie des idées de rupture qui ne me paraissent pas capables de rassembler au second tour", écrit le sénateur UMP de la Vienne, prenant ainsi ses distances avec Nicolas Sarkozy, qui a fait de la rupture un de ses thèmes de campagne pour l'élection présidentielle. Jean-Pierre Raffarin ajoute que "la rupture est une violence, un affrontement, plus qu'un rassemblement". Mais le site de Raffarin est toujours en place dans le répertoire de « La France d’après »…
 

>>> Une colère peut en cacher une autre. Selon le Canard, Sarko aurait piqué une colère à huis clos, à Bobigny,  devant les policiers avant de pousser sa diatribe, en public, contre les juges… De jolis volé auraient volé : »connards », « crétins », « incapables »… Et la parano du complot aurait fonctionné à plein… Belle ambiance ! « J'aime construire, agir, résoudre les problèmes. Je crois que tout se mérite et qu'au final l'effort est toujours payant. Voilà mes valeurs. Voilà pourquoi je fais de la politique, voilà ce qui justifie, à mes yeux, de vouloir conquérir les plus hautes responsabilités », écrit Sarko dans la présentation de son livre qui fait toujours un tabac en librairie et dans les ventes en ligne…

>>> Dans le Canard  de ce jour (qui titre sur « Hollande en tenue de compagne »), ce dessin qui vaut reproduction… Il a marqué Sarko !.

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26/09/2006

Il faut un Etat de proximité dans les quartiers difficiles

Paradoxe: selon les sondages (encore§), les français feraient massivement confiance à Sarko sur les front de l'insécurité. Pourtant, les chiffres et les rapports en tous genres sont là: l'insécurité s'est accrue depuis 2002.François Bayrou a raison de constater que les promesses de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy en matière d’insécurité n’avaient pas été tenues. Le président de l’UDF propose de réimplanter l’Etat dans les quartiers difficiles pour lutter contre la délinquance. François Bayrou a défendu le modèle républicain français fondé sur l’égalité des chances et rejeté le modèle américain défendu par Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Le président de l’UDF veut également rebâtir une démocratie républicaine qui redonne aux citoyens toute sa place. Enfin, François Bayrou a affirmé à nouveau sa volonté de dépasser les clivages artificiels et de faire travailler ensemble des hommes politiques de sensibilités différentes pour refonder notre modèle républicain et défendre ses valeurs.
>>> Ecouter l’intégralité de l’émission sur France Inter
>>> Lire le résumé de l’interview de François Bayrou

25/09/2006

Confessions personnelles autour de sondages…

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Les sondeurs ne reculent devant rien. On interroge sur les mots du dictionnaire, maintenant…RUPTURE ? Vous êtes pour ou contre ? Le mot revient dans bien des consultations électorales, locales ou nationales… Il porte une idée de VRAI Renouveau, de RENAISSANCE, même quand il s’inscrit dans une continuité très classique. Cette année, c’est Sarko qui le brandit, comme s’il voulait rompre avec lui-même puisqu’il est au pouvoir, avec les beaux habits de Ministre d’Etat, le bel uniforme  de ministre de l’intérieur et la casquette (ou le chapeau melon) de grand patron du parti de la majorité (présidentielle et parlementaire)…. (Illustration "piquée" sur un site irrespectueux>>>>)

Rupture ? NON. Désolé, Monsieur Sarkozy…Une majorité des Français (62%) souhaitent que le prochain président de la République aménage le fonctionnement actuel de la société française et 25%, seulement,  espèrent une « rupture ».

Consolation pour Sarko : Selon cette enquête CSA, parue ce matin, dans le Parisien, Nicolas (43%) et Ségolène (39%) sont les personnalités qui incarnent le mieux l'idée de rupture Avec 37%, Jean-Marie Le Pen, président du Front national, n’arrive qu’en troisième position des personnalités "qui incarnent la rupture avec la manière dont fonctionne la société française actuellement".

Vous en tirez quelles conclusions ? Moi, aucune. Mais je dois mal lire les sondages… Comme celui qui dit que les Français (à 54%) approuvent les attaques de Sarko contre les magistrats… La justice a toujours été la cible privilégiée des « libéraux liberticides », (Napoléon-le-Petit et le général Boulanger, par exemple).

La vraie « rupture », selon Sarko ne consisterait-elle pas à concentrer à l’Elysée les ministères de l’Intérieur, de la Justice, des affaires étrangères et (ressuscité) de l’Information ? Oh ! Vilain, je suis : je sombre dans un esprit de polémiste que je ne suis pas.

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Pardon à mes amis de droite (j’en ai) : je comprends mal comment on peut être à la fois « sarkozyste » et gaulliste. Nul besoin de relire les Mémoires du général (qui figurent parmi mes livres de chevet) pour voir dans ce qu’incarne Sarko la droite anti-gaulliste la plus pernicieuse

Pardon à mes amis de gauche (il m’en reste) : mes critiques de Sarko ne sont en rien des marques de soutien au « tohu-bohu » actuel du PS, un « tohu-bohu » dénoncé par celui qui l’a provoqué, Lionel Jospin qui ce matin, chez Elkabbach dit que rien ni personne ne l’arrêtera…même s’il n’est toujours pas candidat officiellement déclaré à la candidature au sein du PS….Il est des postures qui sont des impostures !

Pardon à mes amis du « centre » (central et non centriste) : je voudrais pouvoir soutenir Bayrou, mais je suis réaliste. Le système institutionnel français ne veut pas de jambon et de fromage dans le sandwich : le bi-partisme constitutionnalisé fait le jeu des extrêmes (de droite et de gauche) et condamne à la guillotine les têtes les plus représentative d’une France qui (le sondage du Parisien le prouve) est majoritairement pour une politique de l’intelligence et du bon sens, non de la « rupture » illusoire

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En fait, j’ai peur…

Cette nuit, j’ai rêvé d’un deuxième tour Sarko-Le Pen ! Quel réveil douloureux, en sueurs… Et aucun sondage n’est là, ce matin, pour me faire croire que ce cauchemar ne peut pas devenir une réalité. SOS CSA ! SOS IFOP ! SOS SOFRES ! La vraie RUPTURE serait là, en effet… Et de cette Rupture-là, je ne veux pas.

C’est d’une RENAISSANCE démocratique dont la France a besoin, pas d’une « rupture »  pour le pire. Ce pays a trop de qualités pour que ses citoyens se fassent berner par des « guides » mal inspirés ou trop inspirés par des ambitions plus personnelles que collectives. Les Présidentielles constituent une vraie chance pour cette RENAISSANCE. Encore faut-il que nous marquions une vraie RUPTURE avec nos façons de mener les débats… Des leçons de démocratie, nous avons à en recevoir, non à en donner. Cela passe par les média, bien sûr, mais pas seulement…

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ILLUSTRATIONS A VOIR >>>>

On en rit ou on proteste? L'intelligence s'affiche mal, sans doute...

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Le quotidien gratuit 20 minutes rapporte que Métrobus a refusé le visuel d'une publicité de Télérama dans lequel apparaissait le courrier d'un lecteur dénonçant le fait que "Nicolas Sarkozy ait invité trois fois Michel Drucker dans son émission".Dans son blog (hébergé par 20 minutes), l'éditeur Guy Birenbaum annonçait la nouvelle dès vendredi en rappelant que Métrobus appartient à Publicis et précisant que l'information lui avait "confirmée par téléphone par le patron de Télérama". Bruno Patino lui a indiqué "regretter ce refus".
La publicité reprenait le courrier d'un lecteur : "Dimanche 15 janvier. Vivement dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la troisième fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission". Le slogan "Nous sommes durs vous êtes pires" figurait en bas de l'affiche.
Ah! Les dangers des courriers des lecteurs qui ont un sens de l'humour et un esprit "politiquement incorrects"...Drucker en fera-t-il une séquence dans une de ses émissions? Oh! Pardon...Je ne suis pas sérieux. Il vaut que je regarde "en aparté" sur Canal...C'est l'heure. Et on va y parlé de "police-spectacle". On convoque les caméras avant de lancer une opération à la Sarko. Pas de censure, pas d'auto-censure. De quoi en faire une bonne Pub...dans Télérama. Dans les cités,ils sont durs, mais Sarko est pire encore. Du vrai cinéma.A lire dans Le Monde: "Pourquoi çà s'arrêterait puisque Sarko fait sa PUB"? Le problème, pour moi, c'est que ce sont des journalistes qui lui font cette pub...

23/09/2006

Insécurité :Le « cas » de Clichy-sous-Bois…

Lue dans le Nouvel Observateur : une courte ITW du maire de Clichy, Claude DILAIN, qui dénonce avec intelligence le nouveau projet de loi de Sarko qui transforme les maires en shérifs. Il dresse une série de constats qui pourraient être faits ailleurs et qui expliquent bien des choses que le ministre de l’intérieur ne veut visiblement pas voir…

Clichy ? 55 000 habitants. Pas un seul commissariat.

20% de chômeurs. Pas un seul bureau de l’ANPE.

700 naissances par an  (sur 700 000 en France)  Pas une caisse d’allocations familiales…

Aucune des promesses gouvernementales faites après les émeutes de novembre 2005 n’a été tenue. Les autorités et les administrations excellent dans l’art de « passer le singe » et de se débarrasser de la « patate chaude »

La « racaille » saura-t-elle ne pas se défouler dans de  prochaines émeutes ?

« Au nom de la Loi », on devrait peut-être penser à « mettre sous tutelle » les responsables politiques qui, en tenant pas leurs promesses et en n’assurant pas les services publics les plus indispensables,  se contentent de dénoncer ce qu’ils secrètent en partie : l’insécurité. Si les symboles de l’Etat sont tellement attaqués, c’est peut-être aussi parce que l’Etat n’assume pas ou joue mal son rôle. La prévention de la délinquance implique des mesures qui se situent bien au-delà des controverses  police-justice. Des controverses dégradantes pour la République quand elles sont nourries au niveau ministériel.

 

17/09/2006

Entre Ségo-superstar et Sarko-napoléon : Bayrou-le-courageux

Dimanche pluvieux, dimanche heureux… pour les amateurs de débats politiques. Quel bel exercice de zapping avec les nouvelles grilles des chaînes TV ! Dimanche+ sur Canal, Arrêt sur images, FOG, Riposte sur France 5, FEE sur France 3 (toujours trop tardive, hélas) : de beaux choix, même si partout et en tout, on déroule les mêmes films, ou presque, entre SARKO et SEGO. Jusqu’à l’overdose !

Entre Segosuperstar et Sarkonapoléon,  Bayrou-le-courageux s’est fait une jolie place sur les écrans dominicaux : il est même d‘une certaine façon le héros du jour avec sa prestation, intelligente, posée, et franche chez Schneidermann. Ceux qui ne l’ont pas vu peuvent le revoir sur le site de France 5  et sur  BIGBANGBLOG

 

Tout part de son ITW dans le 20 heures de Claire Chazal : un candidat à la présidence de la République dénonce le système politico-financièro -médiatique qu’incarne TF1…

 

Claire s’est fâchée, PPDA s’est dit scandalisé, une partie de la rédaction de TF1 et de LCI s’est sentie mal à l’aise…Et Lelay et Mougeotte ont saisi la première occasion pour remonter les bretelles à ce centriste qui se veut « central »,  qui joue  le rôle de la grenouille devant le boeuf  et qui n’arrive pas à décoller dans ces sondages aussi pernicieux pour la politique que l’audimat pour l’information.

 

medium_bayrou.jpgNaîf, François ?  Le croire, c’est  méconnaître cet esprit qui a appris à concilier « idéal et nécessite ». Suicidaire médiatiquement, Bayrou ? Le dire, c’est confirmer son diagnostic sur le coté anti-démocratique du système qu’il dénonce.

 

Le « microcosme politico-médiatique » qui a souvent gâché le destin national des meilleurs (de Mendès à Rocard, de Barre à Delors, entre autres…)   éprouve quelques difficulté à croire que le patron de l’udf a simplement des convictions soigneusement mûries, que son « parler vrai » n’est pas faux, que sa conception du « correctement politique » n’a rien à voir avec le « politiquement correcte » des « bullocrates » dénoncés par Jean-François Khan…

 

Il n’a certes pas toutes les qualités (qui pourrait le prétendre ? ), mais il affiche une belle perfectibilité. Il sait surtout échapper aux modes qui font confondre filouterie et escroquerie politiques et imposent ces sincérités successives et ces paillettes indissociables  de la « politique-spectacle » et de « l’info-com »…

 

Ses confessions, faites sans aucune acrimonie, sur son « entretien fort en décibels » avec les patrons de TF1 méritent écho et réflexions…

 

Mougeotte lui lance : « Nous roulons pour le bi-partisme. C’est cela la démocratie ». Pourquoi diable ne fait-il pas de la politique à visage découvert ?

 

Lefay lui dit : "Je suis pas Français, je suis Breton. Je ne vote pas aux élections. Tout  ce qui m’intéresse, c’est mon chiffre d’affaire " C’est beau la franchise, non ? 

 

Quand peu après cela, on entend, sur France 5 toujours, Arnaud Montebourg s’élever contre « le système politique actuel » qui est « écoeurant », on se dit que cette campagne électorale pourrait déboucher sur des réformes de structures salutaires et vitales même pour une démocratie plus vivante et authentique…

 

Encore faut-il que les choix ne se situent pas qu’entre un « sarko-segolénisme » (ou un « ségolèno-sarkozisme », comme on voudra) et des extrêmismes toujours dans ce « train Vichy-Moscou » dénoncé avec pertinence par Sollers…

 

L’un des drames de la démocratie française, c’est que le bipartisme si ardemment défendu par Mougeotte ne se joue  pas à 50-50, comme dans toutes les démocraties bipolaires, mais à 30-30 puisque les partis dits  de gouvernement  abandonnent au moins 40% aux cavaliers blancs et rouges des deux bouts d’une omelette de moins en moins mangeable.