14/09/2007

Petite chronique villageoise: Strasbourg, capitale du couvre feu !

Il paraît que le tourisme en Alsace souffre de l’image « vieillotte » que donne la Région. Ce sont les professionnels qui le disent… Pourtant, avec une « Ville en mouvement » comme « capitale-phare » l’image ne devrait pas être celle-là ! Il est vrai que la « Ville en mouvement » fait beaucoup de surplace, et excelle dans quelques belles marches arrière. D’ailleurs quelle ville digne de ce nom n’est-elle pas en « mouvement » ? Pompéi, peut-être, et encore…

Ah ! Ces slogans ! Quand ils sont ringards, ils accentuent le coté « vieillot » tant déploré, c’est sûr. Surtout quand on les complète avec une formule encore plus vide de sens : « Dans une ville en mouvement, l’imagination vit plus fort »… Il fallait l’oser, celle-là.

Chez l’adjointe du quartier de la gare, l’imagination doit "vivre encore plus fort "qu’ailleurs ! Elle imagin sans doute le pire:  que la véranda de la gare, (ce boudin de verre qui n'est transparent que la nuit),  soit tellement fragile qu’elle ne supporte pas les décibels d’une fête de quartier trop tardive

Quelle autre explication donner à sa décision d’interdire la fête annuelle du quartier ? OK, j’allais oublier : il y a peut-être une autre motivation, mais elle implique des procès d’arrières pensées : des caprices personnels nés de rancunes personnelles et étalées à des fins personnelles… Il en est une autre encore, mais seul un mauvais esprit pourrait y songer : Quand on ne fait pas grand-chose soi-même, on peut au moins  empêcher les autres de faire. C'est cela aussi le pouvoir: Il paraît que cela fait parfois office de politique dans les Villes qui éprouvent le besoin de se dire « en mouvement »…pour faire croire que tout ce qui bouge progresse.

« Pas de bruit après 22 heures ! » Strasbourg, capitale du couvre-feu !  Surtout un samedi soir, quand la « fièvre » devient vite chargée d’insécurité !

La quatrième édition de "Mon voisin, cet artiste", prévue initialement ce samedi 15 septembre, n'aura pas lieu, en effet...

« A l'origine de l'annulation de ce rendez-vous annuel du quartier gare de Strasbourg, selon les DNA, des restrictions horaires, imposées par la municipalité par l'intermédiaire de l'adjointe de quartier, en raison du bruit. « Impossible de décrocher l'autorisation municipale pour que la fête se déroule, comme d'habitude, de la fin de l'après-midi à minuit : 22 h serait le maximum autorisé ! », tempête Anna Matteoli, la présidente de l'Association des habitants du quartier Gare ».

A part cela, la « Ville en mouvement » s’amuse (c’est fou !) et conserve toutes ses prétentions capitales, pardon, de capitale. « L’autre capitale de la France », lit-on encore sur le site de l’UPS… La prochaine fête de la musique pourrait se dérouler, dans le quartier de la gare, entre midi et demi et treize heures trente, et encore, avec écouteurs individuels seulement… Cela serait bien, non. Et original ! Au fait, les soirées de Musica pourraient toutes se terminer à 20 heures, non ? Il faut en parler à l’adjointe si influente et si pertinente du quartier de la gare…

L’effet TGV fait de ces dégâts collatéraux qu’on ne soupçonnait pas…On pourrait toujours, en ces journées européennes du patrimoine, improviser une manifestation du coté de la gare : « Notre adjointe de quartier, une artiste ! »

09/06/2007

Le TGV à Strasbourg : Un Très Grand Vote…

La métropole alsacienne a vécu aujourd’hui, dans la liesse et un festival d’autosatisfactions « umpistes »,  le plus grand meeting de la campagne des  Législatives

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Le TGV-est européen ne mérite son nom qu’entre Paris et Baudrecourt. (Vous ne connaissez pas ? C’est en Moselle)

Sa dimension est-européenne ne viendra effective que dans quelques années, peut-être.

Son utilité optimale ne sera là que lorsque une ligne Nord-Sud croisera la ligne Est-Ouest.

Le consommateur-voyageur, une fois sorti des tarifs promotionnels, va perdre en argent ce qu’il va gagner en temps.

Et  les collectivités locales et territoriales de l’Est (donc les contribuables) ont déjà dû payer cher, très cher, pour avoir en dernier ce qu’elles auraient dû avoir en premier… si Giscard n’avait pas fait qu’un effet de manche en parlant de « l’Alsace vitrine de l’Alsace sur le Rhin »… et si les gouvernements successifs s’étaient souvenus que Strasbourg, selon l’étymologie, c’est le « carrefour des routes »…

Une illustration de la décentralisation à la française : Paris décide de faire ou de na pas faire. Et l’Etat tout puissant accorde aux Régions et aux Villes le droit de payer ce qui fait la grandeur et le dynamisme du pays, « le génie français », comme a dit Fillon.

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Passons : un événement attendu depuis…28 ans est un heureux événement. A fêter obligatoirement. Dans la liesse populaire retransmise par la télévision. Dans un déploiement, une débauche, de publicité, de réclames, de campagnes de « com ».

Une fête qui fait passer pour  grincheux et rabat joie tout esprit un peu lucide. Une fête  qui, surtout, autorise tous les festivals officiels d’autosatisfaction, tous les discours les plus chargés d’une émotion euphorisante très opportune en période électorale, toutes les images les plus dignes de cette propagande appelée « com’ » sans laquelle la « politique-spectacle » serait bien terne….

Fillon et Juppé étaient là, cote à cote pour cette inauguration « historique ». Ils n’étaient pas trop de deux pour remplacer celui qui aurait pu (aurait dû) venir honorer de sa présence cet événement après lequel « rien ne sera comme avant »… Mais, on le sait : Sarkozy, le Président à quadriréacteur,  préfère l’avion au train (même à grande vitesse).

C’est que cette fête du TGV a été d’abord et surtout, indirectement, par une « coïncidence » ( ?) de calendrier, par l’omniprésence des élus UMP locaux et régionaux, par l’ampleur du rassemblement populaire (avec Olivia RUIZ en concert gratuit), par ses relais médiatiques,  le plus grand meeting jamais organisé pour une fin de campagne électorale. Qui parle seulement de la "vague bleue",du "ras-de-marée" ou du bulldozer de l'UMP? Le TGV, pour les troupes d'élites de Sarkozy, c'est la mise sur rails du TRES GRAND VOTE... 

C’est légal ? Oui… sans doute. Le mot « Législatives » n’a été prononcé dans les journaux télé ou radio qu’avant  ou après les séquences sur le TGV, train à grandes virtualités…

Mais est-ce normal ? Est-ce correct ? Est-ce admissible ? Quand on pense aux fausses rigueurs imposées par le CSA en matière de temps de parole et aux contraintes que doivent respecter les candidats à partir du vendredi 0 heures, on se sent miné par quelques questions troublantes…

« Cela n’a rien à voir, il n’y a pas de lien entre le TGV et les élections. D’ailleurs les gens ne sont pas dupes : ils savent ne pas mélanger les choses », souligne un adjoint strasbourgeois (UMP) avec cette force de conviction qui naît chez ceux pour qui le pouvoir est d’abord le pouvoir de n’en faire qu’à sa tête… C’est vrai, je dois avoir un esprit mesquin et chagrin : après 28 ans d’attente, on ne pouvait pas décaler de quinze jours cette fête de l’avenir sur rails…

D’ailleurs 15 jours n’auraient pas suffi pour que les travaux de la gare de Strasbourg rattrapent leur retard… Un retard dû non à des recours abusifs comme l’exécutif strasbourgeois le chante, mais par une mauvaise concertation citoyenne,une pédagogie insuffisante et une mauvaise gestion administrative du dossier.

D’ailleurs, cette gare n’a peut-être pas fini de faire parler d’elle. La verrière est belle parce que neuve. Mais le verre, c’est salissant. Et même « incassable », c’est fragile…  Je n’ose imaginer l’impact d’une bombe terroriste sur une telle surface : effets de fragmentation assuré ! Mais là n’est pas le sujet de ce jour :le pire n’est jamais sûr, sauf quand on ne l’a pas prévu !

Pour en revenir à la fête du jour (qui continue en ce dimanche de scrutin), je me souviens, en citoyen un peu bête « qui politise tout », avoir vu  des scrutins être annulés pour des dérives et des mélanges des genres beaucoup moins graves. Mais sans doute suis-je un rabat-joie, un pisse-vinaigre, un trouble fête. Un con, en somme !

Daniel RIOT