07/11/2006

Carnet de campagne: Bayrou face aux déficits

Le lion de Belfort dans la course

>>>Plus radical que les radicaux, JPC! Moins malléable que Taubirat surtout. Il se présente aux présidentielles. Tant pis pour les socialistes  qui n’ont toujours pas digéré son 5,33 % du premier tour en 2002. Tant pis si sa présence dans la course va faire le jeu d’autres forces… « Oui, j'ai pris la décision d'être candidat à la présidence de la République", a déclaré Jean-Pierre Chevènement, sur TF1. Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) : « Cette décision s'est imposée à moi progressivement et avec la force de l'évidence. » (…) « Notre pays va mal, on a l'impression que la France fout le camp », a ajouté le maire de Belfort, citant "Thomson, Pechiney, Arcelor" ou encore "les délocalisations industrielles, avec ces employés qu'on licencie".

Interrogée à chaud sur l'annonce de Jean-Pierre Chevènement, Ségolène Royal a répondu, sur France 2 qu'elle avait "beaucoup de respect" pour lui et l'avait "toujours soutenu dans sa démarche concernant l'encadrement des jeunes" :  "Je souhaite bien entendu que le moment venu, si je suis désignée, il puisse me rejoindre"…

Mais le Lion de Belfort se dit prêt à aller « jusqu’au bout » : « le projet socialiste est faible ou ambigu sur bien des points ».

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La « stupidité » de Ségolène

>>> Michel Rocard n'a pas mâché ses mots contre Ségolène…. Il a déclaré que les jurys populaires, qu’elle propose  "confinent à la stupidité".Dans une interview à Sens public, une revue électronique, Michel Rocard souligne qu'il est "dangereux de court-circuiter les élus"."On a déjà assez de mal à faire valoir les élections, les comptes-rendus de mandats, et autres dispositifs, rajouter une autre surveillance diminuera la mobilisation des électeurs"(…)Pour lui, instituer des jurys-citoyens, serait « faire peser sur les élus des pulsions instantanées via la démocratie directe, alors que la démocratie représentative sert à amortir les chocs » : « Cette fonction-là doit être préservée. Il faut prendre de la distance, la représentation sert à cela".

Ushuaïa, le « brise glace »

>>> La « chasse au Hulot » continue… Laurent Fabius, au cas où il serait élu à l'Elysée, a déjà prévu le poste : vice-premier ministre en charge de l'Environnement. Avec un titulaire : Nicolas Hulot, «ferait un excellent numéro deux de mon gouvernement». «Si Nicolas Hulot acceptait, ce serait un bon choix». Dominique Voynet, elle, en veut bien aussi de Nicolas: la candidate des Verts a appelé sur Canal + Nicolas Hulot à «travailler avec elle» afin que «l'écologie pèse dans la campagne» présidentielle de 2007. Pour Dominique Voynet, le présentateur d'Ushuaïa est «légitime pour alerter» car «les gens l'écoutent».

Mais l'ex-ministre de l'Environnement, de bonne guerre, n'apprécie guère l'idée d'une candidature de Nicolas Hulot, qui, s'il représente «un excellent brise-glace», n'a «pas eu à se coltiner la réalité, la confrontation avec les lobbies et finalement le choc avec les intérêts au sein de la société».

Même préoccupation chez Hollande : François estime que si l'«intervention» de l'animateur «est nécessaire» dans le débat présidentiel, car elle «secoue le débat», sa candidature «n'est pas utile». Le patron du Parti socialiste n'a donc pas tardé pour torpiller l'initiative fabiusienne, sur RMC Info, rappelant qu'il y a avait déjà des candidats écologistes, Dominique Voynet, candidate des Verts, et Corinne Lepage, présidente de Cap 21. Et qu'«il valait mieux éviter de faire des nominations avant l'heure». Dans les etats-majors ont un peu peur de l'influence que pourraient avoir le charisme, et la popularité de Hulot ainsi que la force du réseaau de sa Fondation

C’est aujourd’hui que  Nicolas Hulot doit présenter un «pacte pour l'écologie» censé interpeller les candidats à la présidentielle sur l'environnement.

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Hollande, le « garant »

>>> François Hollande ne croit «  pas utile » de dire son choix.  « L'essentiel, pour le premier secrétaire du PS, c'est de rassembler. Ma responsabilité est de tout faire pour que le vote des militants puisse être clair, transparent et respectueux. J'ai donc veillé à être le garant de la procédure ­ le débat ­, de sa conduite ­ le respect ­ et de sa conclusion ­ le rassemblement. Personne ne peut contester l'impartialité dont j'ai fait preuve. Enfin, je fais toute confiance aux adhérents du PS. Ils savent ce qu'ils ont à faire. Et ils le feront les yeux ouverts pour que le vote du 16, et si nécessaire du 23, soit fondateur’ ». En revanche, il n’a pas apprécié que ségolène soit « chahutée »…« J'ai été affligé par les quelques débordements intervenus au Zénith. Je ne veux pas d'un parti de supporteurs, de porteurs de pancartes ou de lanceurs de confettis. Cela vaut pour tout le monde. Siffler un socialiste est un comportement absurde : notre candidat doit sortir grandi de la primaire, pas amoindri ! Aucun débordement de cette nature ne doit se reproduire ».

« Quel sera votre rôle dans cette campagne ? », lui demande LIBERATION 

« Je revendique le premier rôle pour le Parti socialiste lui-même. Car l'intérêt du candidat et les conditions de la victoire en 2007 passent par le respect de ce que représente le PS. Le vote d'investiture sera un contrat passé entre le parti et son candidat, pas une délégation ou un transfert de responsabilité. J'ai trop le souvenir de 2002, quand le parti a été plus spectateur qu'acteur. Pour ne pas reproduire ce schéma ­ dont je porte une part de responsabilité ­, le PS devra être au coeur de la campagne présidentielle. Après s'être puissamment renouvelé, avec plus de 70 000 nouveaux adhérents, ce serait plus qu'une faute de le laisser de côté. Au lendemain de la désignation du candidat, nous lancerons d'ailleurs une campagne d'adhésion : les adhérents de la campagne, en attendant les adhérents de la victoire. Il faut que le parti grossisse, s'élargisse à d'autres couches sociales ».

L’économie selon l’UDF

>>> Réaliste, François Bayrou. Dans « Les Echos » estime qu'il faut faire la « guerre aux déficits et à la dette ». Il a déclaré : « Vous devez écrire en lettres d'or ces deux nécessités: guerre aux déficits et à la dette et en même temps, investissement dans l'avenir, dans la connaissance et dans la solidarité »…Soulignant que « la dépense publique excède de près de 20% la recette", le futur candidat centriste à la présidentielle estime qu'"il faut que nous diminuions ce déficit de près de moitié les trois premières années pour stabiliser durablement la dette (…) Et si nos dépenses et nos décisions servent la croissance, alors la croissance nous remettra à flots »

>>> François Bayrou se prononce aussi pour un « encouragement puissant à la recherche ».
 « Il y a quelques années, l'Irlande a proposé des exemptions fiscales pour les écrivains. Je propose la même démarche pour les auteurs de brevets, dès l'instant qu'ils vivraient en France ou y reviendraient », dit-il. Afin d'encourager la création d'entreprise, « nous devons moduler l'impôt sur les sociétés dans le temps, en exonérant les premiers exercices bénéficiaires, ou les bénéfices réinvestis dans l'entreprise au début de sa vie », estime-t-il.Le président de l'UDF réitère par ailleurs ses critiques concernant l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), et se dit « déterminé à proposer une réforme de cet impôt, qui en fera un prélèvement sur le patrimoine, à base large, sans les multiples exemptions qui permettent d'y échapper, mais à taux léger ». François Bayrou organise mercredi et jeudi au siège de son parti à Paris un colloque sur l'économie.