25/07/2008
L'Europe au service d'un nouvelle gouvernance mondiale
Sur relatio-europe.eu
| Union européenne-Afrique du Sud : Vers des « sommets » d'un nouveau genre ? | ![]() | ![]() | ![]() |
| Vendredi, 25 Juillet 2008 14:06 | |
| Par Jacques DEHAIRE Le premier sommet entre l'Union européenne et l'Afrique du Sud, qui se tient aujourd'hui à Bordeaux, est aussi le premier entre les Vingt-sept et un pays tiers organisé par la présidence française de l'Union. Il est, pour les présidents Nicolas Sarkozy et Thabo Mbeki, ainsi que pour celui de la Commission européenne, José Manuel Barroso, l'occasion de faire le bilan du partenariat stratégique lancé en mai 2007. Mais l'événement appelle des réflexions plus larges. Sur la place que l'Europe peut et doit jouer dans la gouvernance d'un mode multipolaire. Sur la nature m^me que les sommets de ce type devraient et peuvent avoir. ![]()
Lire la suite Ajouter un Commentaire (0) |
15:27 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : diplomatie, rance, europe, monde, afrique, elatio-urope, web
04/11/2007
En finir vraiment avec "L'Afrique de papa"...
Arche de Zoé: Un scandale lourd de conséquences
Le commentaire de Daniel RIOT pour RELATIO
Voyage-éclair, opération sauvetage : « Sarko-Assistance » peut afficher une belle réussite : rapatrier en Europe celles et ceux qui ont été embarqués dans le scandale de Zoé malgré eux, les trois journalistes français et les hôtesses de l’air. Bravo et merci pour eux. Même si l’on peut ironiser sur le fait que le chef de l’Etat, omniprésent, joue ainsi personnellement les « stewarts » dans l’avion du retour. En communication, c’est le geste qui compte le plus. Et le Président tchadien a dû apprécier cette (première) attention qui sera suivie par d’autres, notamment en février lors d’une visite officielle annoncée avec opportunité.
Nous n’avons pas encore pris la pleine mesure des dégâts provoqués par le scandale de « l’Arche de Zoé ». Sur plus d’un terrain et à plus d’un niveau…En France, en Afrique et ailleurs. A court terme, le sort des personnes encore retenues par les autorités tchadiennes et, surtout, des enfants au cœur de cette affaire n’est pas réglé. Mais ce ne sont pas là les seuls drames humains à soulager.
18:00 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : zoé, sarkozy, france, afrique, europe, humanitaire, société
31/10/2007
Europe/Afrique: Renforcer le rôle des parlements dans les partenariats euro-africains
Le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe prépare le prochaine sommet UE/Afrique
Strasbourg- Comment intensifier le dialogue entre parlementaires africains et européens et renforcer les partenariats Afrique/UE, tel sera le thème d'un séminaire qui se tiendra à Lisbonne (Portugal) le 7 novembre. La manifestation, intitulée " Renforcer les partenariats euro-africains : le rôle des parlementaires ", réunira plus de 60 parlementaires et représentants d'organisations internationales de toute l'Europe et l'Afrique.
Les participants examineront le rôle des parlementaires des deux continents dans le renforcement de l'efficacité et de la qualité des stratégies de coopération pour le développement destinées à l'Afrique. Ils se concentreront en particulier sur la stratégie commune UE/Afrique, le Nouveau Partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD) et le contrôle parlementaire de l'aide au développement.
Ce séminaire, qui s'inscrit dans le cadre des Journées européennes pour le développement, est organisé par le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe, l'Association des parlementaires européens pour l'Afrique et le Parlement portugais.
Parmi les orateurs de marque figurent Jaime Gama, Président du Parlement portugais, João Gomes Cravinho, Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et à la coopération, Louis Michel, Commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, et Aid et Mahamat Saleh Anadif, Représentant Permanent de l'Union africaine auprès de l'UE.
Le séminaire sera suivi, le 8 novembre, d'une manifestation parallèle aux Journées européennes pour le développement consacrée à " la stratégie de l'UE face aux situations de fragilité dans les pays africains ". Les conclusions du séminaire seront présentées lors du prochain Sommet UE-Afrique qui se tiendra sous la présidence portugaise de l'UE à Lisbonne les 8 et 9 décembre 2007.
12:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afrique, europe, nord/sud, humanitaire, parlement, démocratie
29/10/2007
L'Europe face au scandale de L'Arche de Zoé: Un trouble français...
DECRYPTAGE RELATIO: Que s’est-il passé au juste au Tchad « l’Arche de Zoé » ? Difficile de démêler les fils, de percer les nuages de mystères, de clarifier les choses… Mais une chose est sûre : Les déboires de l'ONG française tombent au pire moment pour le gouvernement de Sarkozy.
>>>D’abord, il va devoir, d’une façon ou d’une autre, justifier son action - ou son inaction. Le président tchadien, Idriss Déby, parle d'"enlèvement pur et simple", Paris aurait, dit-on, "tout fait" pour tenter d'empêcher cette opération "illégale et irresponsable" que constituait la tentative d'évacuation de 103 enfants africains à bord d'un Boeing 757, de l'aéroport d'Abéché, dans l'est du Tchad.
Comme le note Le Monde, « cette explication est peut-être un peu trop simple ». Le " peut-être" est gentil…Et pour l'heure, des clarifications laissent trop de questions sans réponse, dont une, essentielle : quelles sont les aides, les soutiens, les complicités, dont L'Arche de Zoé a pu bénéficier au Tchad, y compris du côté des militaires français de la force Epervier ? C’est grave. Très grave.

La secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme, Rama Yade (photo), a expliqué, dimanche 28 octobre, que Paris avait depuis des mois tiré la sonnette d'alarme à propos des activités de L'Arche de Zoé. Ah, bon ! Et comment, auprès de qui ?
LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>>>>>>>>>>&...
15:42 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : france, europe, afrique, darfour, tchad, enfants, ONG
11/10/2007
Europe/Afrique: Ces milliards des marchands d'armes qui manquent aux Africains ...
COMMENTAIRE RELATIO: Intéressante, l'étude dont il est fait état ici, même si ce type de chiffrage peut toujours être contesté. Mais elle pose au moins deux questions. A qui profitent ces guerres qui sont des crimes? Que serait le développement de l'Afrique si ce continent n'avait pas connu ces conflits? Nous voilà loin de ce qui a été dit de "l'homme africain" par Sarkozy dans son discours de Dakar....
LES FAITS: Les guerres ont coûté 284 milliards de dollars (200 milliards d'euros) aux économies africaines de 1990 à 2005, révèle une étude intitulée "Les milliards manquants de l'Afrique. Les flux d'armes internationaux et le coût des conflits" et publiée par l'organisation humanitaire Oxfam, le Réseau d'action international sur les armes légères (RAIAL) et l'ONG Saferworld. Cette somme correspond environ au montant de l'aide fournie au continent pendant cette période. Les trois ONG ont recensé vingt-trois conflits qui ont, selon elles, réduit les économies de 15 % en moyenne par année pour un coût d'environ 18 milliards de dollars (12,7 milliards d'euros). L'étude ne prend pas en compte la Somalie, en état de guerre civile depuis 1991, et pour laquelle aucune statistique fiable n'est disponible.
| |
Les ONG ont fondé leurs estimations sur une série de coûts liés à la guerre : hausse des dépenses militaires, perte de l'aide au développement, augmentation des prix, hausse des dépenses médicales pour les blessés ou les mutilés. "Le coût des conflits sur le développement du continent africain a été de l'ordre de 300 milliards de dollars entre 1990 et 2005. Cette somme est équivalente à l'argent reçu dans le cadre de l'aide internationale sur la même période", détaille l'étude.
Le document montre qu'en moyenne une guerre, une guerre civile ou une rébellion entraînent une chute de 15% de l'activité économique. Or, entre 1990 et 2005, vingt-trois pays africains ont été impliqués dans des conflits. "Le continent perd ainsi une moyenne de 18 milliards de dollars par année en raison des conflits armés", explique le rapport."Cet argent pourrait permettre de résoudre la crise du VIH/sida, de prévenir la tuberculose et le paludisme, ou de faire face aux besoins en matière d'eau potable, d'hygiène et d'éducation", a déclaré Irungu Houghton, conseiller en politique africaine d'Oxfam. Joseph Dube, le coordonnateur Afrique du RAIAL souligne que les conflits ont "des impacts économiques dévastateurs". "J'implore tous les gouvernements africains et ceux des pays producteurs d'armes de soutenir un traité sur les armes solide et efficace (...). Sans cette réglementation, le coût de la souffrance endurée par les Africains va continuer d'être énorme", affirme-t-il.
Oxfam, le RAIAL et Saferworld ont estimé, par exemple, que "durant la guerre en Guinée-Bissau en 1998-1999, la croissance était projetée à + 5,24 % sans le conflit, alors que le taux de croissance réel a été de -10,15 %". Ces chiffres "n'incluent pas l'impact économique sur les pays voisins, qui peuvent souffrir de l'insécurité politique ou d'un afflux de réfugiés", explique encore le texte.
Dans un avant-propos accompagnant le rapport, la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a lancé un "appel aux gouvernements africains et au monde pour qu'ils fassent preuve de courage et d'audace en façonnant le traité sur le commerce des armes". Selon elle, "celui-ci offre l'opportunité de mettre en place des contrôles stricts sur le commerce des armes, afin d'aider à réduire, de manière significative, la violence armée en Afrique et dans le monde". "Il s'agit là d'une opportunité inestimable", a-t-elle conclu.
En 2008, un groupe d'experts doit se réunir sous l'égide de l'ONU pour décider de la prochaine phase de l'élaboration d'un traité visant à renforcer la législation actuelle sur le contrôle du commerce des armes, en faveur duquel cent cinquante-trois Etats ont voté en 2006. Vingt-quatre pays se sont abstenus et seuls les Etats-Unis ont voté contre
11:05 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afrique, guerre, aide audéveloppement, argent, armes études, ONG
28/07/2007
La premièrecontre-performance diplomatique de "Super Sarko"...
Leçon d’une mini tournée : Apprendre à mieux connaître l’Afrique
EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT
Trop, trop vite, trop maladroitement… En politique étrangère, le « Super Président hyperactif et omniprésent » vient de recevoir quelques coups et quelques leçons qu’il aurait tort de prendre par le mépris ou la rigolade…Sa mini tournée africaine est en fait sa première contre-performance diplomatique.
Il en fait trop. C’est évident. Et cela le fatigue. Cela se voit. Cette manière de presque s’endormir en conférence de presse n’est pas qu’un manque de courtoisie à l’égard de ses hôtes. C’est une alerte médicale…
Il agit trop vite. Sa précipitation à aller embrasser Kadhafi est plus condamnable que sa volonté (dictée par le simple réalisme) de normaliser les relations avec une Libye qui joue effectivement un grand rôle (pour le meilleur et pour le pire) au Moyen-orient, dans le bassin méditerranéen et en Afrique. « La hâte manifestée par le président de la République laisse un goût amer. M. Sarkozy voulait introduire de la morale dans la politique étrangère. Le cas libyen constitue au minimum un contre-exemple Konaré critique violemment Sarkozy », souligne Le Monde.Un commentaire plutôt aimable par rapport à d’autres...

Cette précipitation qui se traduit par un « cavalier seul » érigé en règle de (mauvaise) conduite inquiète nos meilleurs alliés, partenaires et amis, les Allemands. Et c’est grave… Pour l’Europe, bien sûr, mais d’abord et surtout pour la France
Il agit trop maladroitement. Sa mini-tournée africaine a été un vrai festival de bévues, d’indélicatesses, de bourdes. Rien de dramatique, mais comme on sait, « le diable se cache dans les détails »…Son discours de Dakar a suscité un vrai tollé qu’il avoue publiquement …ne pas comprendre. C’est très mauvais signe… D’abord ce qui est dit est dit et on se demande pourquoi il éprouve en permanence ce besoin de se justifier, même quand il est peu justifiable. Ensuite, ce maître ès communication devrait se souvenir que l’essentiel n’est pas ce qui est dit mais ce qui est entendu.
Or, ce qui a été entendu révèle une coupable méconnaissance de l’Afrique, un arrière fond culturel imprégné par les « chefs blancs » de jadis ou « Tintin au Congo », un manque de cohérence que l’on va finir par juger « inné » et des imprécisions dans les desseins assez troublantes. La force de conviction de sa secrétaire d’Etat, RAMA YADE, ce samedi soir sur France 2, n’y change rien…
L'ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a jugé dans une interview à Radio France Internationale (RFI) que le discours de Dakar « n'est pas neuf dans le fond et rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque »,
Alpha Oumar Konaré (photo) a surtout été choque par les déclarations sur le paysan africain qui, selon Sarkozy, « ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès ».
Alpha Oumar Konaré a également réagi au rejet de toute repentance affiché par Nicolas Sarkozy au sujet de la colonisation, même qualifiée de « grande faute ». « Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, je suis sûr que le président le sait (...) Personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains", a-t-il dit.
Indulgent et diplomate, le président de la Commission de l’Union africaine a conclut : « Je suis certain que le président souhaite la rupture (...). Je pense que pour l'aider dans la rupture, il a besoin de mieux connaître l'Afrique et nous sommes prêts dans ces échanges avec lui ».
Il le faut en effet. Pour tenter de trouver des solutions aux problèmes en cours, le dernier étant le contentieux entre le Niger et Areva. Et pour approfondir le concept d’Eurafrique, un concept sur lequel travaillent aussi la Présidence portugaise et Louis Michel, (photo) l’excellent commissaire à la coopération et au développement, qui ne font pas d’effets de manche, mais préparent avec sérieux le sommet euro-africain qui doit se tenir à Lisbonne cet automne.

Ce sommet constitue à la fois un test et une chance.
>>>Un test : 40 chefs d’Etat et de gouvernement du « continent noir » avaient participé au sommet sino-africain de novembre 2006. Combien seront-ils à Lisbonne ?
>>>Une chance : face aux poussées chinoises et américaines, mais aussi indiennes, japonaises et autres, l’Europe avec d’autres méthodes que celles de la « Françafrique » doit, comme Sarkozy dit le souhaiter, jeter les bases d’un partenariat nouveau.
Un partenariat qui implique, coté français, une vraie rupture avec des réflexes culturels d’un autre âge et des pratiques plus conformes aux règles du droit, à commencer par les textes anti-corruption. Un beau chantier, en effet… On compte sur la perfectibilité de Sarkozy qui doit être capable, s'il en prend le temps, de mieux travailler ses dossiers africains et cesse de confondre vitesse et précipitation:"les Blancs ont des montres, mais ils manquent de temps" dit un proverbe africain".
Daniel RIOT
21:13 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, afrique, colonialisme, diplomatie
27/07/2007
la "voie droite " et les "sentiers obliques"
Nicolas Sarkozy et l’Eurafrique : Un nouveau Président ou un Président nouveau?
EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT
Eurafrique… Joli programme. Vieux mot, déjà. Lancé par Léopold Sedar SENGHOR au Conseil de l’Europe à Strasbourg, à la fin des années 50 et illustré dans une communication à l’Académie des sciences morales et politique en 1973 qui, aujourd’hui encore, ferait un beau programme d’action pour un chef d’Etat soucieux d’entrer dans l’Histoire et d’y laisser une marque… "Eurafrique et partage" !
Eurafrique ! Ce serait forcément mieux que « Françafrique » devenu synonyme de tout ce que nous n’aurions jamais du laisser faire. Et de tout ce qui nous colle aux mains sales : le néo-colonialisme,la corruption, le clientélisme, le parasitisme, la violence, les gaspillages, tous ces maux (parmi d’autres) transformés en mots par Sarkozy dans son discours de Dakar. Comme disait SENGHOR, le Sage, « Oui, Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques »…

La « voie droite », Sarkozy prétend la suivre, avec un langage clair. Mais ne suit-il pas des sentiers bien « obliques », comme ses prédécesseurs ? Son discours de Dakar qui se voulait « franc » pêche par quelques ambiguïtés… Vis-à-vis de notre histoire nationale, d’abord : « La colonisation fut une très grande faute »…
12:25 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, politique, afrique, sarkozy, europe, dik=lomatie
04/07/2007
Europe-Afrique: de nouvelles perspectives pleines de promesses
DECRYPTAGE RELATIO: Première mission : l’Afrique. Premières promesses : De meilleures relations entre l’Union européenne et l’Afrique. La Présidence portugaise a commencé par un chantier du « grand large », ce qui n’est pas illogique pour ce « pays des grands découvertes ».
En fait, c’est le fruit du hasard du calendrier diplomatique africain : Le José Socrates, s’est invité à Accra,au Ghana, au 9 ième sommet de l’Union africaine pour multiplier des contacts bi- et multilatéraux dans la perspective du sommet euro-africain programmé à Lisbonne les 8 et 9 décembre prochain.
Ce sommet (qui est l’une des priorités de la Présidence portugaise) doit « lancer un nouveau partenariat entre l'Union Européenne (UE) et l'Afrique », a-t-il affirmé dans la capitale ghanéenne, en prononçant son discours en portugais devant les chefs d'Etat et de gouvernement des 53 pays membres de l'UA.
Ce partenariat visera selon lui à « renforcer le respect des droits de l'homme, le combat contre la pauvreté, une meilleure gestion des flux migratoires ».Des objectifs qui sont évidemment ceux de la Commission de Bruxelles et de plusieurs pays européens, sont la France, où Nicolas Sarkozy est décidé à rompre avec les pratiques de la « Françafrique ».
M. Socrates a insisté pour que les sommets Afrique-Europe soit plus fréquents à l'avenir et que l'écart de sept ans entre le premier et celui de Lisbonne ne se reproduise plus. « L'Europe et l'Afrique ont une vision commune sur différents problèmes auxquels nous sommes confrontés. Il est nécessaire d'avoir un partenariat politique qui nous permettra de répondre à ces questions », a-t-il estimé. Depuis le temps que Louis Michel, le commissaire chargé du développement et de l'aide humanitaire , le réclame....

Ce sommet de Lisbonne est très attendu après l'échec ces dernières années de l'UE et de l'Afrique à organiser une deuxième rencontre, reportée du fait de divergences entre certains pays africains et européens : le Royaume Uni, notamment, ne voulait pas entendre parler de la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe et d’autres problèmes bi-latéraux ou régionaux empêchaient une indispensable préparation. Qui plus est, les différents pays européens n’ont pas sur l’Afrique des visions communes très claires…
Vues étroites, partielles, partiales (et archaïques) de uns. Indifférence des autres. Résultats : Une impuissance politique de l’Europe dans ce continent africain avant-hier partenaire privilégié (accords de Yaoundé et de Lomé) qui subit de plus en plus des influences (rarement positives pour son développement économique et social) des Américains, des Chinois et d’autres, conscients que l’Afrique peut être un continent d’avenir même elle reste « mal partie »…
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souhaité, pour sa part, que les sommets UE-UA soient institutionnalisés: de tels sommets se tiendront "tous les deux ans, en alternance sur chacun des continents", a-t-il dit. C'est un bon rythme si ... le travail est permanent, sur tous les plans.
CETTE UNION QUI...DIVISE
Ce dialogue euro-africain n’était évidemment pas le sujet essentiel de ce Sommet de l’Union africaine (qui n’a d’Union que le nom) : sous l’impulsion de Khadaffi, c’est le projet d’un « gouvernement continental » qui devait faire l’objet d’une étude poussée. Un constat, en attendant un communiqué final qui ne fermera aucune porte mais n’en ouvrira aucune.
S'ils sont tous en faveur des "Etats-Unis d'Afrique" en tant qu'idéal à plus ou moins long terme, les dirigeants africains ne sont en revanche pas d'accord sur la constitution rapide d'un gouvernement unique. Deux camps se sont dessinés assez clairement: d'un côté ceux qui veulent un gouvernement unique maintenant, comme la Libye et le Sénégal, de l'autre ceux qui souhaitent une intégration par étapes, notamment l'Afrique du Sud et les pays de la SADC (Communauté de développement d'Afrique australe). Le compromis final a abouti à un renforcement de la Commission qui tente de gérer l’Union. Un plan de route sera mis au point.
DE NOUVEAUX OUTILS DE DEVELOPPEMENT
L’idée des « Etat-Unis d’Afrique » fait rêver nombre d’esprits. Surtout dans les milieux d’affaires multinationaux africains qui « mettent la pression » comme le souligne «All Africa. Com ».
Ainsi, une demi-douzaine de ministres a lancé le PAIDF (Pan African Infrastructure Development Fund, Fonds panafricain pour le développement des infrastructures). Une initiative dans le sillage du NEPAD qui entend impulser des actions en vue de doter le continent africain d'infrastructures (routes, chemins de fer, télécommunications, barrages hydroélectriques, santé, éducation et autres).
Pour le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Nana Dankwa Akufo Addo, ces jours sont « historiques » : « Les Africains ont décidé de prendre leurs responsabilités pour sortir du sous-développement, l'absence ou l'insuffisance de ces infrastructures constituant un obstacle majeur à l'accroissement de l'activité économique ».

Mme Zuma, ministre sud-africain des Affaires étrangères, estime que l'option d'un fonds africain indique clairement que « l'épargne africaine va servir au développement de l'Afrique ». En présentant le Fonds, son président, Tshepo Mahloele, a annoncé que 625 millions de dollars sont déjà mobilisés, une somme identique étant promise par des investisseurs attendant que les structures du Fonds se mettent définitivement en place, ce qui peut être considéré comme fait.
« Le chantier est immense. Le défi excitant », souligne « all Africa.com ». « Rain is about to fall on Africa » a-t-on entendu dans les couloirs. « Des pluies qui annoncent une renaissance d'un continent qui, enfin, prend conscience de son énorme potentiel. Juste une illustration : à peine 7% du potentiel hydroélectrique de l'Afrique est exploité à ce jour. A la fois une richesse - puisque cette énergie produite peut être vendue - et un moteur du développement car la disponibilité de l'énergie stimule les activités »
Dans ce contexte, le « co-développement » prôné par nombre de pays de l’Union européenne peut et doit prendre tout son sens. Il le faut. Pour les Africains. Et pour l’équilibre du monde.

« Le rêve d’une unité africaine ne doit plus se perdre dans les sables », confie un ami diplomate africain. « Notre morcellement vient des colonisations et des décolonisations, avec nos frontières artificielles, nos rivalités entretenues, nos conflits alimentés…et nos ressources pillées. Une ère nouvelle commence. Du Cap au Caire… Même si pour l’instant, notre Union…divise ».
Wait and see. « Aller doucement n'empêche pas d'arriver », dit un proverbe africain. Prochain sommet de l’Union africaine en janvier. Après le sommet euro-africain de Lisbonne. DR
18:44 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, afrique, diplomatie, économie, développement
L’Union européenne face aux migrations clandestines
Pour une Europe policée plus que policière…et pour une politique Nord-Sud digne de ce nom.
Décryptage RELATIO par Daniel RIOT: La Commission européenne a lancé un nouveau programme de coopération avec les pays tiers dans le domaine des migrations et de l'asile, qui disposera d'un budget de 380 millions d'euros pour la période 2007-2013.
S'inspirant de l'expérience de son prédécesseur, AENEAS, ce programme visera à aider les pays tiers à mieux gérer les flux migratoires et à mieux appréhender tous les aspects de cette gestion.
Même s'il est essentiellement axé sur les pays situés le long des routes migratoires du sud et de l'est menant à l'Union européenne, d'autres routes migratoires seront également « couvertes », tout comme les « migrations sud-sud ».

C’est bien. Il faudrait même (et surtout) aller plus loin et investir davantage. Mais ces mesures et d’autres ne font pas oublier les tragédies humaines qui se vivent chaque jour sur quelques plages européennes… Le défi de l’immigration illégale reste entier ou presque. Il est vrai que le nomadisme des « pauvres » vers les contrées riches s’inscrit dans les réflexes logiques d’une Humanité en quête d’horizons d’espérance. Il est sûr aussi que cette lutte (que « le ministère Hortefeux » le mal nommé) n’est pas que policières et ne doit pas se faire qu’aux frontières : repérage et démantèlement des réseaux organisés, chasse aux exploiteurs en tout genre et aux experts en travail clandestin…
Cette quête d’horizons d’espérance, ces « rêves d’Europe » finissent souvent dans des cauchemars. Monuments aux « migrant inconnu » à toutes les frontières méridionales, ou presque, et dans les sables des déserts du Sahara ou de Libye…
Depuis 1998, soit en moins de dix ans, plus de cinq mille candidats à l'exil sont morts aux portes de l'Union européenne, dont plus de mille cinq cents en mer. Ces estimations, rendues publiques par Amnesty International, sont très approximatives : elles doivent être revues, en permanence , à la hausse. Et on en parle que lorsque des images frappent les sensibilités, à Ceuta, Melilla, aux Canaries au large de Malte et de la Sicile, à Toulon et ailleurs
Dans un article publié dans Le Monde, Catherine Simon écrit : « Formellement soucieux, comme l'a réaffirmé le ministre français de l'immigration, de « poursuivre la lutte implacable contre les passeurs et les trafiquants qui exploitent la misère de ces migrants », les dirigeants de l'UE n'ont évidemment pas l'intention d'offrir aux candidats à l'immigration de confortables ferries à prix réduit pour traverser la Méditerranée. Les passeurs et les trafiquants, en revanche, peuvent se frotter les mains. Car ce n'est pas contre eux, quoiqu'on dise à Paris ou à Bruxelles, que la lutte s'annonce « implacable ». Mais bel et bien contre les immigrés illégaux eux-mêmes, qui, selon les estimations de l'UE, seraient environ cinq cent mille à franchir chaque année les frontières européennes, dont 14 % par la voie maritime. »
On s’attaque aux effets, mais non aux causes…A grand renfort de mesures plus psychologiquement sécuritaire que porteuses de vraie sécurité.
Après la mise en place, en 2004, d'une agence de surveillance des frontières de l'UE, baptisée Frontex, la prochaine création d'"équipes d'intervention rapide aux frontières", appelées "Rabit" (de l'anglais "rapid border intervention teams") par les experts de Bruxelles, est une étape de plus dans la voie du « tout-sécuritaire » prônée par les pays de l'Union européenne.
Ces équipes, composées d'agents des corps nationaux de gardes-frontières des Etats de l'UE, pourront être « dépêchées provisoirement » dans un Etat membre demandeur confronté à des « pressions particulières », notamment en cas d'arrivée d'un « grand nombre de ressortissants de pays tiers tentant d'entrer clandestinement dans l'Union européenne ».
Autrement dit, en cas d' « afflux massif » de migrants, selon l'expression du rapporteur belge Gérard Deprez, ces « super-Dupont » transeuropéens viendront immédiatement à la rescousse de leurs collègues nationaux. Des « super-pompiers », des « super-douaniers », des « super-gardes frontières », des « super-flics ». Comme si les problèmes n’étaient que policiers. A quand, de nouveaux murs, de nouveaux barbelés, de nouvelles clôtures ?
Catherine Simon poursuit : « Mille questions surgissent, dont aucune ne trouve de réponse dans cette prose policière. Y aura-t-il, par exemple, dans ces équipes, des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) pour enregistrer les probables demandes d'asile ? Quels seront les recours des migrants, en cas de violation des "normes de protection internationale" ? Que fera-t-on des "migrants économiques" ? Où va-t-on refouler ces indésirables - vers quelles pauvres contrées, où la notion d'Etat de droit est un mirage et le respect de l'étranger une gageure ? De cela, la proposition adoptée à Bruxelles ne dit mot. Entre les morts de Ceuta-Melilla, il y a deux ans, et ceux de Toulon aujourd'hui, il n'y a guère de différence. Quelques larmes et des coups de bâton : les riches pays d'Europe n'auraient donc plus rien d'autre à offrir à ceux et celles qui frappent à leurs portes ? »
Les vraies solutions restent à trouver. Facile à dire…Deux chercheurs de l'Unesco,cités par Catherine Simon, Antoine Pécoud et Paul de Guchteneire, expliquent-ils, dans le dernier numéro de la revue « Courrier de la planète », que « les défis extrêmement complexes posés par les flux migratoires ne sauraient être résolus par une mesure aussi simple et naïve ». D’accord…Ils précisent aussi qu’il serait « tout aussi naïf de penser que de petites modifications au système actuel permettront de trouver des solutions justes et durables aux dilemmes soulevés par la mobilité humaine ». D’accord…
Mais concrètement, on propose quoi ? On fait quoi ? C’est le fossé Nord-sud qu’il faut tenter de combler ; Il est temps de donner à l’expression « co-développement » tout son sens et surtout toute sa substance. Le prochain sommet UE-Afrique, auquel la Présidence portugaise tient beaucoup, doit ouvrir de nouvelles perspectives. Un « espace euro-méditerranéen » digne de ce nom (auquel Sarkozy a raison d’être attaché) doit mettre ces questions au cœur des priorités et des urgences.
En attendant les fruits de ces politiques plus promises que lancées, restons au moins fidèles aux valeurs que nous prétendons porter et illustrer. Les migrants inconnus sont des personnes humaines, non des individus « marchandisés ». Une « Super-police des frontières », oui. Mais dans le respect des droits de l’homme, des principes du Conseil de l'Europe Et de ce « droit d’ingérence » humanitaire que nous devons aussi (et d’abord) appliquer chez nous, aux portes de cette Europe qui ne peut pas être une « forteresse ». La police n’est pas là que pour l’ordre. L’Europe doit être policée, et pas seulement policière…
03:35 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : europe, france, immigration, afrique, justice, police
25/06/2007
DARFOUR: Une épreuve de vérité (aussi) pour l'Europe
SOS Darfour ! Un devoir d’ingérence… Avec des responsabilités européennes à assumer pleinement et rapidement.
Editorial RELATIO par DANIEL RIOT:Enfin ! Voilà des années que les organisations humanitaires et le Parlement européen tiraient la sonnette d’alarme. En France, François Bayrou a été le premier responsable politique à se rendre sur place et demander en vain (ou presque) une action européenne vigoureuse.
(....)Quoi qu’il en soit, cette réunion de Paris vaut d’être saluée. Diplomatiquement, il est important que la France s’affirme dans un rôle de médiation. C’est important vis-à-vis des pays africains, surtout si cet événement s’inscrit dans une rupture (urgente) avec la « Françafrique » et ses pratiques déplorables ou plutôt scandaleuses.
C’est important aussi pour l'Europe face aux Etats-Unis qui ont des tentations africaines qui n’annoncent pas forcément le meilleur et face à la Chine qui est sans doute la puissance qui traduit le plus en actes l’importance stratégique et le potentiel économique de l’Afrique. C’est positif pour tous ceux qui ont une vision multipolaire de cet « ordre mondial » qui ne mérité pas son nom…(...)
LIRE L'ARTICLE >>>>>>>>>>>>>>>>15:06 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : darfour, afrique, france, sarkozy, kouchner, diplomatie, monde
18/09/2006
COUP de colère:ARRÊTONS LES MASSACRES AU DARFOUR !
Un coup de colère qui est (presque) quotidien : l’indifférence de ce qu’on nomme « la communauté internationale » et « l’opinion publique mondiale » (deux concepts plus virtuels que réels) face à la tragédie du Darfour, en dépit des campagnes de mobilisation lancées par un collectif et plusieurs ONG
« En silence se déroule depuis 2003 des massacres de populations civiles à grande échelle. 300 000 personnes ont été massacrées par les milices Janjaweeds alliées au gouvernement du Soudan et 2,5 millions de personnes ont été déplacées ». Le mot GENOCIDE recouvre une réalité qui dépasse la fiction… Comme les expressions « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité ».
RESUME : Principalement Fur, Massalit, Zaghawa les ethnies noires de cultivateurs de cette province de l'Ouest soudanais sont la cible depuis février 2003 d'une politique de nettoyage ethnique menée par les forces gouvernementales et les milices de nomades Djanjawids à leur solde. Il y a six mois, au Darfour, on déplorait 30 000 civils tués, un million de déplacés à l'intérieur des frontières, et 120 000 réfugiés. Aujourd’hui le nombre de civils tués dépasse les 180 000, le nombre de déplacés à l'intérieur des frontières atteint les 1 800 000 et le nombre de réfugiés au Tchad avoisine les 200 000. Ce bilan effroyable résulte de la mise en oeuvre de méthodes particulièrement inhumaines …Raids aériens sur les villages et attaques de camps de déplacés. Utilisation du viol systématique comme arme de guerre. Vol du bétail, la destruction des récoltes, l’empoisonnement des sources d'alimentation en eau et incendie des villages. Incarcérations arbitraires et tortures. Harcèlement de l'aide humanitaire et de ses travailleurs. 
Le Collectif "URGENCE DARFOUR" crée le 8 février 2005 exige : § L'arrêt immédiat des exactions, crimes et massacres racistes, crimes de guerre et crimes contre l'humanité à l'encontre des populations civiles noires du Darfour, perpétrés par le Gouvernement soudanais et les milices Djanjawids. § Le retour des réfugiés et déplacés sur leurs terres avec l'assurance de leur sécurité, et la mise en place de toutes les dispositions nécessaires à l’acheminement de l’aide alimentaire et à la reconstruction de leur agriculture dévastée. § L’arrestation et le jugement des responsables des crimes de guerre, crimes contre l'humanité et actes avec intention génocidaire commis au Darfour.
Je me joins évidemment aux appels lancés par l'ensemble des représentants de la société civile, les organisations humanitaires, politiques, syndicales, antiracistes et de défense des droits de l'homme, les organisations de femmes, les personnalités de tous horizons et tous nos concitoyens à rejoindre le collectif Urgence Darfour. Mais les appels ne suffisent pas. Les actes auraient déjà dû être faits depuis longtemps…
Bernard KOUCHNER a raison de réclamer haut et fort, avec tristesse, l’exercice de ce Droit d’ingérence qu’il a, heureusement, réussi à imposer …partiellement.
15:00 Publié dans Coups de colère, Europe, Initiatives | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Darfour, diplomatie, europe, humanitaire, petition, tiers-monde, afrique















