Le coup de tonnerre du dernier sondage CSA : François Bayrou à portée du deuxième tour …
Prudence… Toujours et encore ! De plus en plus même. On connaît la marge d’erreur des sondages. On sait qu’une photo faite aujourd’hui n’est pas celle des jours de vote. On a conscience que tous les instituts de sondages décèlent un vote pour Bayrou plus volatile que pour les autres candidats. On a bien conscience qu’une majorité d’électeurs n’a pas encore fait de choix définitif et que le geste décisif se fait souvent dans l’isoloir. On sait que les 27% d’inscrits qui déclarent voter blanc, nul ou s’abstenir peuvent changer d’avis… sans que l’on sache où iraient leurs voix.
On sait encore que Mme Royal peut tenter de créer un choc psychologique (en annonçant que DSK pourrait être son premier ministre, par exemple). On sait aussi l’UMP et le PS vont multiplier et intensifier par tous les moyens les tentatives de « décrédibilisation » du président de l’UMP …
Mais tard dans la nuit l’annonce des résultats du dernier sondage CSA réalisé pour I<télévision et Le Parisien /Aujourd’hui a provoqué un vrai coup de tonnerre dans le ciel madiatico-politique. D’autant plus que cette tedance serait confirmée dès six heures ce matin par un autre sondages (BVA :Orange.fr)… De quoi réveiller ou abréger les dîners des membres de l’Observatoire Bayrou crée à l’UMP et ceux du « premier cercle » de Mme Royal…

François Bayrou décolle en effet ou plutôt fait un bond…Il obtiendrait 24% des suffrages au 1er tour à portée de Ségolène Royal (25%) et Nicolas Sarkozy (26%)…et d’accès au second tour. Ces deux derniers candidats perdent respectivement 4 et 3 points pendant que Le Pen reste « stable » à 14% et que le « troisième homme » (qui est en fait déjà le deuxième..) gagne sept point par rapport au dernier sondage du même institut (du 28 février). Sept points en huit jours : à peine croyable ! Déboussolés, les politologues ! Les partisans de Bayrou croisent les doigts.
Hasard ou signe pour les superstitieux et les turfistes ? Une pouliche “Bayrou”, une pouliche de quatre ans née et élevée dans les écuries béarnaises de François Bayrou, a remporté le « prix Touchstone » couru sur l’hippodrome parisien de Saint-Cloud. Ceci n’a évidemment rien à voir avec cela : juste un sourire, au passage…
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« L’affaire Barre » : Des « propos inacceptables »
Le billet de Chantal CUTAJAR
Oui, il y a une « affaire Barre ».Ses déclarations (sur France Culture) à propos de Papon et de Gollnisch et sur l’existence « d’un lobby juif capable de monter des opérations indignes » sont moralement, intellectuellement et politiquement inadmissibles. Sont-elles juridiquement condamnables comme Claude Lanzmann l’affirme et comme le MRAP se le demande ? SOS Racisme a fait une démarche auprès du Garde des Sceaux Pascal Clément en lui demandant d’engager des poursuites contre l’ancien Premier ministre.
En attendant une suite judiciaire éventuelle, Barre a précisé : « Il y a une clique qui depuis 1979 me poursuit pour me faire apparaître antisémite. Je dois vous dire que les procédés sont très singuliers mais que cela me laisse totalement indifférent et c’est mon indifférence qui les outrage (…) Je dois vous dire qu’au moment du procès de Monsieur Papon, nous avons été deux à témoigner, non pas sur le passé mais sur ce que nous connaissions, c’était Olivier Guichard et moi-même. On ne peut pas nous soupçonner de quelque façon que ce soit d’être collaborationnistes, ni d’être antisémites, je tiens à le dire »
Personnellement je combats trop les racismes, l’antisémitisme, le révisionnisme et je suis trop inquiète de la lepénisation des esprits et de la banalisation de l’idéologie véhiculée par le Front national, pour ne pas être très choquée par les propos de l’ancien premier ministre et pour ne pas les condamner. Avec fermeté. A titre personnel et en tant que Présidente de DpJ, le Droit pour la Justice.
Politiquement, François Bayrou, avec sobriété mais clarté, a déclaré, selon l’AFP : « Il n’y a rien à commenter, rien à discuter, rien à expliquer, ces propos sont purement et simplement inacceptables. Je le dis avec tristesse mais avec certitude. Ces affirmations et ces références mettent en cause les valeurs de la République, qui nous permettent de vivre ensemble dans notre pays ».
Edith Lenczner, responsable de la communication au Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) a déclaré au NouvelObs.fr : « Nous espérons maintenant que la condamnation de François Bayrou donnera l’exemple. Nous attendons une condamnation audible du monde politique. Le président du Crif, Roger Cukierman, a d’ailleurs envoyé des courriers aux candidats à la présidentielle pour leur demander de prendre publiquement position contre les déclarations de l’ancien Premier ministre. ». Espérons-le…
Chantal CUTAJAR
Pour rappel. Voir cette déclaration de François Bayrou qui figure en bonne place sur son site de campagne (rubrique « propositions ») :« Quelle que soit la personne attaquée, que ce soit un musulman, un catholique ou un juif, un Français et une communauté intégrée du peuple français méritent la même attention et la même émotion, le même bouleversement, et la même solidarité.
Il faut toujours se méfier, toujours être vigilant. L’antisémitisme n’appartient pas au passé. Il est prêt à se réveiller, surtout chez les esprits fragiles, surtout dans les moments de tension. C’est comme une malédiction. La vieille dérive antisémite chez les chrétiens a pratiquement disparu … et au moment où l’on s’apprêtait à respirer, on voit aujourd’hui grandir un nouvel antisémitisme, aux racines gauchistes, tiers-mondistes, qui reprend les mêmes abjections ‘relookées’. Comme si ce n’était jamais fini ! …
Le peuple juif a été le bouc émissaire de toute l’horreur et de toute la barbarie du monde. Le sort d’Israël importe non seulement aux Israéliens, ou aux Juifs, mais surtout à l’ensemble de l’humanité ! L’avenir d’Israël, c’est la pierre de touche de notre capacité à refuser la fatalité.
La sympathie qui m’est manifestée dans la communauté juive me touche beaucoup. Je refuse la démagogie et la complaisance, je n’ai pas deux langages. J’ai mis beaucoup de moi-même à réfléchir à l’histoire du peuple juif, à son destin, à sa mission. Je lis beaucoup la Bible.
Je suis moi-même un homme religieux, et c’est pour cela que je crois nécessaire de bien délimiter le domaine de la foi et de la pratique - personnelles, familiales ou communautaires - et le domaine des principes républicains qui nous permettent de tous nous retrouver. »
A lire aussi>>> : Bayrou face au racisme
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La condition féminine : Un combat permanent qui exige de rompre avec le machisme politique et législatif.
Le billet de Chantal CUTAJAR
Le combat ne date pas d’aujourd’hui. Et il doit continuer. Non contre les hommes, mais avec les hommes. Non le temps d’une journée mais tout le temps, en permanence, dans tous les domaines, dans toutes les contrées, sous toutes les latitudes.

« L’égale Dignité », l’égale Liberté, l’égale Fraternité, l’égal Respect, l’égalité en droit et en fait en tout et pour tout dans le respect des différences, le refus de la marchandisation des corps et des esprits, le refus de l’exploitation de l’humain par l’humain, le refus de toutes les discriminations fondées sur le sexe ou les pratiques sexuelles…Ce ne sont pas là des expressions vides de sens : ce sont des règles à faire accepter, des normes à faire appliquer, des mots d’ordre pour des luttes quotidiennes, des sources d’inspiration pour les Législateurs.
DISCRIMINATION ET VIOLENCES
En Europe, grâce aux retombées nationales des valeurs fondatrices de la « construction européenne » et aux combats menées depuis longtemps, parfois durement, toujours patiemment, bien des progrès ont été accomplis. Progrès de la civilisation contre la barbarie, victoires de la Personne contre l’espèce, défaites des réflexes archaïques devant les réflexions authentiquement libérales.

Mais les faits et les chiffres sont là, terribles et terrifiants : emplois, salaires, promotions, responsabilités, sous représentation politique et syndicale, violences verbales et physiques, viols, exploitations de toute nature, inégalité dans le travail comme dans les « sphères domestiques », esclavagisme, harcèlements, injures, menaces, chantages …
En France un rapport de l’INSEE publié ce matin est (parmi bien d’autres études) un vrai réquisitoire .En Europe le fléau de la violence touche 20 à 25 des femmes… Et ne parlons pas de ce qui se passe dans la majorité des pays du monde ! Les études de l’OMS font honte aux défenseurs des droits de l’Homme.
OUI A L’APPEL DES MAMANS DES CITES
Ce 8 mars, ce « jour international de la femme » qui existe depuis près de 100 ans, a le mérite de mettre en lumière ces réalités scandaleuses. Des campagnes internationales menées par le Conseil de l’Europe et d’organisation ont le mérite de combattre en permanence ces fléaux. Des actions associatives aboutissent à des résultats appréciables.
En ce 8 mars 2007, « ni putes ni soumises », par exemple, vient de lancer l“appel des 343 mamans des cités” pour demander aux politiques de donner aux mères de ces quartiers les moyens de leurs émancipation. Un appel qui mérite notre soutien actif.
« Au moment des violences urbaines, les parents et surtout les mères ont été mises sur la sellette et rappelées à leur responsabilité éducative (…) mais n’est-il pas temps de s’intéresser à elles? », interroge Fadela Amara, présidente de Ni putes ni soumises. Cet appel se réfère au “manifeste des 343 salopes”, lancé en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur par des femmes qui déclaraient avoir avorté, alors que la loi interdisait encore l’interruption volontaire de grossesse.
Les “mamans des cités” demandent avant tout de “mettre un terme aux conventions bilatérales qui préservent les lois d’origine et qui les exposent aux violences de la polygamie, de la répudiation et du mariage forcé”.

“On exige beaucoup des mamans, juge Fadela Amara, mais à aucun moment on ne leur reconnaît un rôle central. Ce sont pourtant elles qui tricotent la paix sociale et il faut les aider à leur émancipation”. Pour assurer cette cohésion sociale, elles souhaitent “les moyens de leur émancipation” : des places en crèches et en garderies “pour cesser d’être cantonnées dans la sphère privée”, des transports publics pour pouvoir “sortir des ghettos où les seuls endroits de rencontres sont des cafés réservés aux hommes”, et l’accès à la culture pour pouvoir apprendre le français. Beaucoup de ces mères, pourtant installées en France depuis des années, maîtrisent mal la langue ».
Très juste. Ces revendications doivent trouver des réponses rapidement et sur l’ensemble du territoire. C’est « le Vivre ensemble » qui est en jeu autant que l’amélioration de sorts individuels.
NON AUX EXPLOITATIONS POLITICIENNES
Autant ce type d’initiatives vaut d’être encouragé, autant certaines exploitations politiciennes de la femme en cette année électorale, attristent et choquent. Hypocrisies en tout genre : comment, par exemple, écouter sans grimacer les belles déclarations faites par des leaders-candidats sur l’égalité hommes-femmes en politique alors que leurs partis (l’UMP, en l’occurrence) préfèrent inscrire dans leur budget les amendes à payer pour non respect de la parité que d’appliquer la loi ? Scandaleux !
Scandaleuses aussi, toutes les opérations médiatiques qui transforment cette « journée de la femme » en fête de la « femme alibi ».
NON A LA « FEMME ALIBI »
Un exemple (à ne pas suivre) : Ségolène Royal anticipe cette « journée » pour jouer à fond une fois de plus sur sa condition féminine en oubliant qu’elle s’est nettement plus entourée d’hommes que de femmes dans sa « garde rapprochée ».
Oui aux femmes en politique, oui à une femme présidente de la république, oui aux femmes dans les responsabilités suprêmes dans l’Etat, les entreprises, les laboratoires, les universités, les syndicats, les hôpitaux, partout. Mais ce sont les qualités propres qui comptent. Cette auto-« discrimination positive » ne sert pas « la cause des femmes »
Un autre exemple : Simone Veil, si admirable , si respectable, si riche de qualités, si forte de ses compétences et de son sens des responsabilités qu’elle aurait pu ou du être la première femme locataire de l’Elysée dans cette France encore politiquement misogyne s’engage aux cotés du ministre-candidat Sarkozy.

C’est son droit, évidemment respectable. Un droit qu’elle exerce pour des raisons qu’il ne nous appartient ici d’analyser et qui la regarde. Mais pourquoi orchestrer le ralliement de cette personnalité, fraîchement libérée de ses obligations de réserve de membre du Conseil Constitutionnel aujourd’hui, jour « de la femme »? La quête artificielle de symboles et de charges émotives réduit la politique à du marketing.
NON A LA FEMME “PRODUIT D’APPEL”
Désolée de devoir le dire : une telle exploitation médiatique d’un acte citoyen d’une femme admirable sert aussi les ego machistes des experts en utilisation de la « femme alibi » et de la femme « produit d’appel », « tête de gondole », « produit phare », comme on dit dans la publicité, dans les rédactions des magazines, dans les hypermarchés ou chez les producteurs d’émissions de télévision avides d’audimat. Les « chiennes de garde » devraient aboyer. C’esr Marianne caricaturée

La femme et la politique, la femme en politique, méritent mieux. Plus d’égards, donc plus de respect. Et moins de démagogie. Plus d’actions concrètes et efficaces. Donc plus de sérieux dans l’application et l’amélioration des lois. Et moins de vent et d’effets de manche ou d’images.
Mais sans doute suis-je trop exigeante… Cela ne m’empêche évidemment pas de continuer en toute lucidité mes combats en faveur des droits de la femme et de l’homme et d’un équilibrage des sexes dans la société en général et en politique en particulier.
Chantal CUTAJAR
Pour rappel : « Priorité aux femmes »
Les femmes assument souvent deux vies en même temps : familiale et professionnelle. D’autres se retrouvent complètement seules à “tout porter”. Il y a enfin celles qui sont victimes, qui se taisent : François Bayrou s’engage à les aider.
« Je veux parler de la vie des femmes, et notamment de cette contrainte que représente le fait d’avoir, très souvent, deux vies en même temps. Même si cela va mieux, même si les tâches familiales et professionnelles sont mieux équilibrées, les femmes portent toujours une très grande part de la responsabilité de la famille.
Je veux en parler avec elles : du travail précaire, des CDD, des temps de travail à 20 heures, des emplois du temps que cela représente, avec leur vie personnelle et leurs charges de famille…
C’est un très grand enjeu que l’équilibre à trouver autour de la condition de la femme. Salaires inférieurs d’un tiers à ceux des hommes, exigences plus grandes de la part des employeurs, fragilité qu’elles ressentent parce qu’elles se retrouvent souvent seules. Tout ceci est lourd à porter.

Les femmes sont trop souvent victimes de violences, dans les cités en particulier : il faut qu’elles prennent les choses en main et fassent entendre leurs voix. Quand nous avons appris l’épouvantable drame de cette jeune fille transformée en torche vivante dans un bus incendié par des criminels dans la banlieue de Marseille, je me suis dit qu’un jour viendrait où il y aurait une révolution des femmes dans les quartiers. Et j’aiderai de toutes mes forces cette révolution des femmes pour sortir les banlieues du drame.
Etre femme aujourd’hui, c’est aussi, parfois, être confrontée à la violence conjugale. La violence conjugale, c’est l’enfer. Pour les femmes, parce que leur foyer devrait être un lieu de paix et de protection, et qu’il devient le lieu de l’humiliation et des coups ; pour les enfants, dont la vie est brisée par ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent. Il faut en parler davantage pour que les femmes échappent à la honte injuste qu’elles ressentent. Pour qu’elles parlent.
Pour lutter contre la violence conjugale, je propose une loi-cadre, qui développerait l’information, y compris par la télévision. Je veux aussi accroître le nombre et la qualité des structures d’accueil des femmes et des enfants. Renforcer la veille sociale. Donner à la justice les moyens de sanctionner le coupable et de l’éloigner du domicile. »
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