08/09/2007
Eau de bidet et pipi de chat : Heureusement, à Strasbourg, Fadela est arrivée...
Le PS « parle comme de l’eau de bidet », lance Rocard… Il n’a pas tort , mais c’est presque insultant pour les bidets où l’eau ne stagne pas pendant des décennies dans la même marre aux désillusions… Mais l'eau de bidet, est-ce mieux que le « pipi de chat » ?
En cette saison « people » où le langage se fait « peuple » dans le « microcosme », comment qualifier autrement les discours faits, les promesses prodiguées, les « belles paroles » prononcées par le Président et son peloton des ministres à l’occasion de la grande « opération proximité » expérimentée en Alsace en ressortant des greniers de l’Elysée la musette à gadgets de Giscard, des gadgets abandonnés pour cause d’économie ?
Il faut lire ce qu’en dit le site de l’UPS, cette « Union pour Strasbourg » devenue « L’Union pour Sarkozy » pour voir dans cette débauche d’efforts communicationnels quelques signes de vrais progrès pour que Strasbourg, "la métropole de la mégapole rhénane" (SVP) et l’Alsace soient , selon la formule rendue célèbre mais restée creuse de Giscard (déjà et encore !), la « Vitrine de la France sur le Rhin au cœur de l’Europe »…

Personnellement, je ne retiens qu’une phrase que j'approuve pleinement : « Faites nous des propositions », a lancé le chef de l’Etat à ses amis politiques de la Ville et de la Région…
Encore faudrait-il que les grands responsables des collectivités locales et territoriales (tous UMP) se mettent d’accord sur leurs visions, leurs buts, leurs stratégies. Quand on lit les avant-papiers, à base d’ITW juxtaposées, publiéspar les DNA avnt cette grand mêlée gouvernementale, on est un peu désarmé…Y compris sur des sujets qui devraient dépasser vraiment tous les clivages : la mission (et non la vocation) européenne de Strasbourg, la coopération transfrontalière et le dynamisme économique d’une région riche d’atouts qu’elle utilise trop souvent mal.
Sur « l’eurodistrict » des « deux rives », pour ne prendre qu’un exemple, c’est tout de même extraordinaire de voir Robert Grossmann se défausser des paralysies par lui provoquées et des limites par lui suscitées sur…Jacques Chirac.
Cet « eurodistrict » qui avait tout pour être exemplaire et pilote est à la traîne de ce qui se fait en la matière dans toute l’Europe… Y compris dans des zones où la réconciliation entre voisins n’est pas aussi forte, aussi chaleureuse et aussi chargé de symboles que sur les bords du Rhin. Que de temps et d’occasions perdues. De chances gâchées. Passons. Maintenant le « tandem » qui gère la Ville, va « faire des propositions ». C'est sûr: Sarko l’a dit…Ou plutôt ordonné.
Même Olivier Picard, l’éditorialiste des DNA doit admettre, avec réalisme, lucidité (et un certain courage) : « On pouvait rêver mieux que de voir une ville en état de siège - en raison d'impératifs de sécurité - pour symboliser une nouvelle relation entre le citoyen et le sommet de l'État. Si la venue d'une vingtaine de ministres s'avère aussi lourde dans son organisation, on peut aussi douter de son efficacité réelle. On dira qu'il restera de la bonne humeur, des images sympathiques et de l'émulation pour faire mieux la prochaine fois. C'est déjà ça. »
Le sommet (si l’on peut dire) du vide et du creux a sans doute été atteint dans la double page offerte en publicité politique gratuite (mais obligatoire) par les DNA à Sarkozy. Les deux journalistes qui ont tenté de poser des questions n’y sont pour rien. Les deux sont d’excellents professionnels. Mais Sarkozy n’a rien dit … parce qu’il n’avait rien à dire.
Le TGV Est européen terminé en 2010 ? Mais non. Le financement bouclé en 2010. Nuance. Comme il faudra au moins cinq ans de travaux, nous restons dans les marges envisagées par les plus optimistes…
La Croissance que l’on « doit aller chercher » ? Sarko a redit mot pour mot trois phrases déjà prononcées devant le Medef. Il est vrai que lorsqu’on se répète on ne court pas le risque de se contredire. « C’est déjà çà », pourrait réécrire Olivier Picard.

Enfin, ne noircissons pas le tableau. Ne serait-ce que parce que Sarkozy en son genre a des qualités incontestables d’artiste…
Les mauvais esprits qui se demandaient à quoi servait le premier ministre ont eu à Strasbourg un élément de réponses : il est utile dans l’inauguration des foires de province, surtout quand elles osent se proclamer « européennes »… ce qui est rassurant pour celles "mondiales" (sans aucun dout) de Vesoul, de Limoges et d'ailleurs. Qu'est donc devenueStrasbourg, troisième ville de congrès française? Oui, je sais. Cette année, c'est la Quebec qui est l'invité de la Foire. Strasbourg,capitale de la franophonie?
Le clou, pour en revenir à l'essentiel, est tout de même venu de l’ex-maîtresse femme de « ni Putes ni Soumises ». Heureusement, Fadela était du voyage...
Pour parler « cash », elle aurait du faire son intervention en Conseil des ministres décentralisé avant le bouclage de la dernière édition du « petit robert ». Avec elle, pas « d’eau de bidet » : la glandouille, ouille, ouille, ouille ! « On va pas se la raconter entre nous » : elle est très bien Fadela Amara ! Surtout en « tandem » avec Christine Boutin. C’est pas très chic, mais c’est choc. Et çà fait pas toc. Il en est ravi le Président qui en privé (c'est-à-dire jamais) sait aussi « parler franc », n’ayant pas hésité à dire (paraît-il), « je les niquerai tous ») et à condamner les esprits trop épris d’esprit à finir aux « crochets des bouchers ».
Comme Sarko approuve Fadela, tout le monde applaudit Fadela. Pour que les « glandeurs » ne « s’emmerdent plus » dans les cités (et cessent « d’emmerder » le monde), il ne faut pas réintroduire l’Etat et la République dans les « quartiers », il faut que l’esprit et le langage des banlieues triomphent sous les lambris dorés des Palais de la République. Le métissage, cela se fait à deux, non ?

J’ironise, mais sur le fond, elle a raison la nouvelle « pote » de Boutin. Oui, « Le phénomène de bandes, l’ethnicisation de la violence, le happy slapping, le carjacking, le repli communautaire, le rejet des institutions, l’économie parallèle, le désœuvrement des jeunes, le désarroi des mères, l’instrumentalisation de la religion et j’en passe, sont la réalité quotidienne de centaines de milliers d’hommes et de femmes de notre pays. Et pourtant des milliards ont été dépensés depuis vingt ans, alors pourquoi cette situation ?
Je vous le dit cash : Trop d’acteurs de terrain et d’associations marginalisés, méprisés, vassalisés. Trop de talent négligé. Trop de blocages, Trop de lobbys, Trop de chasses gardées, Trop de forteresses, Trop de tabous. Trop de convenances et d’habitudes qui ont sclérosé et ont empêché d’agir efficacement »
C’est bien que Fadela Amara ait dit cela à Strasbourg…Ici, on veut faire croire qu’une station de tram au Neuhof va suffire à désenclaver les têtes, la bonne conscience facile fait office de politique difficile et , ces cinq dernières années surtout, les acteurs de terrains ont été soit « vassalisés », soit « empêchés d’agir efficacement ».
Elle voit juste Fadela. Le problème c’est que celles et ceux qui aujourd’hui l’applaudissent ne voient pas (ou n’entendent pas) qu’elle s’adresse d’abord à eux… Y compris à Sarkozy.
A ce propos, pourquoi MAM doit-elle face aux violences dans quelques « quartiers » faire les mêmes constats et les mêmes promesses (mot pour mot, là encore) que Sarko quand il était à l’intérieur ? C’est là, j’en conviens, un constat qui n’ a rien de surprenant…sauf pour ceux qui avaient cru voir dans le prédécesseur de MAM un bon ministre de l’intérieur, alors qu’il était surtout un excellent ministre… des élections présidentielles.
Daniel RIOT
14:40 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, sarkozy, banlieues, fadela amara
06/04/2007
"Sarkozy, mon ennemi de l'intérieur"
Le ministre démissionnaire publie mercredi un livre au vitriol contre le candidat de l’UMP. Des extraits circulent déjà. Lu sur LE FIGARO....«Un mouton dans la baignoire». Dès le titre, une allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur TF1 à propos de la fête musulmane de l’Aïd-el-kébir, le ton de l’ouvrage d’Azouz Begag est donné : haro sur le candidat de l’UMP. Dans son livre, dont l’hebdomadaire Marianne publiera samedi les bonnes feuilles, l'ex-ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances n’y va en effet pas de main morte avec son ex-collègue de l’Intérieur. Il revient notamment sur les émeutes de l’automne 2005, qu’il qualifie de «descente aux enfers».

Parce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de «racailles», une «sémantique guerrière», Azouz Begag raconte qu’il est violemment attaqué par les sarkozystes, qui demandent sa démission pour «absence de loyauté gouvernementale».
Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone où ce dernier lui aurait dit «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy», avant de lui «passer un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».
Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule !», aurait crié Nicolas Sarkozy, avant de lui demander de «ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir».
Selon Le Parisien, Azouz Begag regrette également dans son livre le peu de soutien que lui aurait offert Dominique de Villepin, dont il était pourtant proche. Le quotidien raconte également que Jacques Chirac et le premier ministre auraient demandé à Begag de retarder la publication de son ouvrage.Le ministre aurait fini par démarcher son éditeur, Fayard, pour obtenir un délai, mais trop tard. Azouz Begag, qui a annoncé son soutien à François Bayrou, a alors dû démissionner. Il veut maintenant reprendre sa pleine «liberté de parole».
14:30 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Begag, bayrou, sarkozy, banlieues, politique
La bataille des banlieues : Le Pen 1-Sarko 0
200 à 300 manifestants à la Croix-Rousse, quartier populaire et bobo…Et Sarkozy recule ! Avec une excuse mensongère que Fillon dément le lendemain : le retard d’un avion qui avait … quatre minutes d’avance sur l’horaire prévu. Un mensonge bien inutile, mais révélateur du fonctionnement de la « machine Sarkozy »…

Les manifestants n’étaient pourtant ni nombreux ni bien virulents … « Sarko t'es pas le bienvenu » : c’est plutôt gentil. « Des Charters pour Sarko » : l’ironie n’a rien d’agressive... Mais Sarkozy veut cultiver une image lisse, paisible, souriante, sereine. Mieux vaut, pour lui, s’exhiber avec Bernadette Chirac qu’avec la « racaille » des banlieues…
On risque moins de retomber dans ces excès verbaux qui fleurissent si souvent dans la bouche « racailleuse » de celui qui voulait « casser la gueule » au « bougnoul Begag » et qui lance si facilement des formules du genre : « j’aurai ta peau ; çà va saigner ; t’es mort ». J’arrête là : il va encore traiter les journalistes de « charognards ». En se voulant rassurant : « Pourquoi voudrais-je virer la direction de France 3 ? Il n’y a pas de direction…. »
La République des incivilités en marche ?
« Moi aussi j’ai eu droit à des noms d’oiseaux », dit Fillon. « Mais dans ce monde où les non-dits ont tellement d’importance, c’est bien de voir quelqu’un qui n’a pas la langue dans sa poche » La « république des forts de halles » est en marche ! J’imagine les conseils européens avec Sarkozy : à l’arrogance s’ajouterait la vulgarité et la grossièreté. La « république des incivilités » au sommet !
Ce n’est pas parce qu’il a peur et se dégonfle que Sarkozy n’est pas encore allé dans les banlieues, dit en substance Fillon sur Canal+, c’est parce qu’il ne veut pas ajouter à l’exaspération des Français, à la tension. Il ira en banlieues s’il le veut, mais pas pour faire le jeu de ceux qui ne cherchent qu’à provoquer des incidents… Sarko ou la faiblesse tranquille ! De qui se moque-t-on ? De ceux qui acceptent qu’on les moquent…

Marine Le Pen un jour et Jean-Marie le lendemain montrent qu’ils n’ont pas peur,eux, d’aller en banlieue. Si Argenteuil m’était conté… Un beau coup médiatoco-symbolique ! Sarkozy battu sur son propre terrain. Avec un effet de manche qui est, pour Le Pen, un vrai luxe:"Si certains veulent vous 'karcheriser' pour vous exclure, nous voulons vous aider à sortir de ces ghettos de banlieue où les politiciens français vous ont parqué"..."Vous êtes des Français à part entière" Interdit de rire!
Une balle bien renvoyée en fait : Sarkozy a suffisamment labouré le terrain de Le Pen pour que le grand papa du FN (qui prépare déjà le deuxième tour) fasse une virée dans ses jardins…Un ex-ministre de l’intérieur qui était chargé de rétablir l’Etat dans des zones de non-droit n’ose pas aller lù où le champion des discriminations, du racialisme, des idéologie du « refus de l’Autre » ose aller le jour du chemin de Croix :il y a de quoi ironiser…"Je tiens à vous remercier tous de m'avoir permis de m'exprimer, là ou même pas notre ministre de l'Intérieur n'ose se rendre", a dit Le Pen qui sait que des études d'opinions non publiées attribuent à Sarko des voix qu'il va récupérer... A un point tel que dans son entourage, on voit assez bien un deuxième tour Bayrou-Le Pen, tant les Français en ont vraiment marre du système UMPS...
Un gouvernement d’ouverture
Mais Fillon (qui se voit, comme d’autres, à Matignon, en chef d’atelier de Sarko-président) se veut rassurant sur un autre terrain: le premier gouvernement de l’ère Sarko (si elle commence!) sera d’ouverture… « Avec des surprises » ! Politiques et générationnelles. Fillon va jusqu’à reprendre des formules de Bayrou sur la difficulté de faire des réformes quand on reste dans une politique de camp pour justifier cet « esprit d’ouverture ».
C’est beau, la vie… On peut rêver d’ailleurs : Glucksmann à la défense nationale, Max Gallo à l’identité nationale, Steevy à la jeunesse, doc Gynéco à la santé, Georges Frêche aux anciens combattants et Gollnisch à la culture…Au point où nous en sommes ! Le 1er avril pourtant est passé...
14:10 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, le pen, banlieues
05/04/2007
AZOUZ BEGAG, ou la chance de de Villepin gâchée (par Sarkozy) ...
Azouz BEGAG a tiré sa révérence. Pour être pleinement libre de sa parole. Ouvrons les oreilles et les yeux : son livre promis ne sautait tarder. En attendant, j’ai relu son rapport de 2004 au ministre de l’intérieur, accessible sur le site de la Documentation française :De Villepin l’a-t-il lu ? Sarkozy n’a vraiment pas du le lire…Dommage !
Azouz Begag restera une référence : celle d’une chance, offerte par Chirac et de Villepin, et gâchée par Sarkozy. D’une chance pour la France. D’une chance pour recoudre une société déchirée. D’une chance de retisser ce lien social si fragilisé par 25 ans de politiques contradictoires…

Azouz Begag restera comme un ministre qui incarnait une politique intelligente, équilibrée, porteuses de vrais changements à moyen et à court terme mais brisée par la vue basse et politicienne d’un ministre de l’intérieur qui ne mérite pas le surnom de « premier flic de France », tant la plupart des flics, même condamnés à subir « l’aculture des résultats », ont une meilleure approche des réalités… Plus réaliste et plus humane, donc plus efficace.
Face à Begag, Sarkozy a montré son vrai visage : l’homme d’un ordre proclamé mais non installé, l’agent d’une droite autoritaire et peu éclairée, le ministre de l’intérieur le plus imposteur que la V ième République ait connu, un être qui ne supporte pas la contradiction et érige le mépris en vertu…de dialogue. Comme tant de ses supporters du « premier cercle » (non vertueux) qui l’entoure.
Begag ? « On n’a jamais très bien compris à quoi il servait au gouvernement », lâche l’un d’eux. « « Voilà longtemps qu’il aurait dû démissionner », dit un autre. « C’est l’Arabe de service de Chirac », lance un troisième. « l’Arabe qui cache la forêt »… « Un alibi », chantent tous ces grands hommes qui se battent déjà pour savoir qui sera retenu au gouvernement en cas de victoire de N.S. … et qui regrettent , en fait, que Borloo, « ce naïf un peu de gauche», ait rallié le candidat de la « droite pure et dure », issu d’un gaullisme trahi, soutenu par des faux centristes du camp des « invertébrés opportunistes de droite » et impatient de ne gouverner qu’au profit de ceux qui l’aiment, lui, ou qui ont peur de lui…

Ce fils de maçon algérien, Lyonnais depuis 48 ans, a souffert dans ce gouvernement au bilan si mauvais que Sarkozy préfère le taire. Il a été en permanence tiraillé « entre la rage de se battre pour la mixité sociale », par la mission que lui a confiée le Président Chirac » et l'humiliation de jouer les utilités ethniques, entre la volonté de parler avec ses tripes et la soif de siéger au gouvernement.
Dominique de Villepin avait fait entrer cet enfant du bidonville de Villeurbanne au gouvernement comme ministre de la promotion de l'égalité des chances, en comptant sur la silhouette du Beur écrivain et sociologue pour compenser les effets de gueule et de muscles de Sarko-le-cogneur.
Des élus de la majorité le regardaient d’abord avec cette commisération et ce paternalisme si caractéristiques des suffisants arrogants. Tout s’est gâté quand « le bougnoule de service » s’est permis d’appeler publiquement M. Sarkozy, pourfendeur de « racaille », à mieux « choisir ses mots ». Puis quand il met l’accent sur la nécessité de se méfier de tout ce qui peut favoriser ce communautarisme dont Sarkozy semble s’accommoder.
S'il a réagi au verbe sarkozien, ce n'est pas pour alimenter une guéguerre ou pour se rendre intéressant aux yeux des médias si fréquentés par le ministre de l’intérieur, mais, a-t-il dit, pour « préserver son équilibre d'homme libre », pour « pouvoir se regarder dans la glace » quand il sera ancien ministre.
Ce qui lui a fait physiquement « mal au ventre », ce sont les insinuations de politiques et de journalistes sur le « Beur de service ». « C'est insultant, quand on a écrit 40 livres, quand on a tant donné pour les valeurs de la République, de s'entendre renvoyé à son origine, à un statut d'esclave »,a-t-il martelé, à plusieurs reprises. « Quel message de désespoir adresse-t-on aux jeunes en leur disant que le ministre de l'égalité ne sert à rien ? »

Il se veut ministre de toutes les discriminations — y compris contre les femmes, les handicapés et les seniors —, mais Begag, en ministre et en sociologue vit intensément et mal « l'intifada des banlieues ». « Des jeunes détruisent un espace public auquel ils n'ont pas le sentiment d'appartenir. Il faut redonner un sens au vivre ensemble, le goût aussi de sortir de son quartier pour s'en sortir. »
Le ministre n’est pas un laxiste : « Il faut rétablir l'ordre : ce sont les voitures des travailleurs que l'on brûle." Mais « rétablir l'ordre au sens de la police républicaine »… « Avec un authentique esprit de justice et une politique qui donne une vraie égalité des chances ».
Il multiplie les propositions : multiplication des passerelles entre lycées populaires et grandes écoles, diffusion de l'enseignement du chinois, porteur de débouchés, création de brigades de police spéciales antidiscriminations. "Les jeunes refoulés d'une boîte de nuit doivent pouvoir appeler le 17, trouver la République au bout du fil. ». Il fait de son mieux, mais dans ce secteur là, la bonne volonté ne suffit pas…
Azouz BEGAG s’est rallié à François BAYROU sans avoir négocier quoi que ce soit avec lui. A la vue de son projet. Il est vrai que bien des idées prônées par le ministre démissionnaire dans son rapport intitulé « La république à ciel ouvert » rejoignent celles avancées par le candidat de « l’extrême centre ».
Toutes sont imprégnées de la même philosophie et des mêmes valeurs : esprit républicain, principe d’humanité, humanisme, respect de la devise de la république (Liberté, Egalité, Fraternité) dans les faits et pas seulement dans les discours.
Toutes visent les mêmes buts : recoudre un tissus social déchiré, travailler à une égalité des chances qui soit réelle et non seulement proclamée, s’attaquer aux racines des maux qui secrètent la violence, l’incivilité et l’insécurité (éducation, prévention, répression et réinsertion, aide aux victimes, politique de promotion sociale et non assistanat stérile, lutte contre les économies parallèles…). De beaux chantiers en perspective... Des chantiers à mener à bien IMPERATIVEMENT!
Daniel RIOT
PS: Je reprends ici le sommaire de son rapport qui reste un vrai programme d’actions :
La République à ciel ouvert
Introduction : la France n’a pas assuré !
I- L’EGALITE DES CHANCES : DU MODELE A LA R EALITE
1.1- L’esprit de l’égalité des Chances
1.2- Les biais et les difficultés de la course
II- FRUSTRES DE PRAGMATISME
2.1- Des approches pragmatiques
2.2- Veiller toujours à associer diversité et qualité
2.3- Implications directes sur le cas français
2.4- Plaidoirie pour l’auto-déclaration des origines dans les statistiques en France
2.5- La promotion de l’égalité des chances n’est pas la charité
III- RECONNAISSANCE DE L’INDIVIDU
3.1. Promotion plutôt qu’intégration
3.2. « Je » républicain contre « nous » communautaire.
IV- « ALLER CHERCHER » LES CANDIDATS
4.1. Le contentieux historique entre les jeunes d’origine maghrébine et la police
4.2- Campagne de promotion ciblée et offre de stages
4.3. La Brigade anti-discrimination
4.4- Diversifier les jurys d’admission
4.5- Diversifier le contenu des concours
CONCLUSION : vers une culture de la mobilité

RAPPEL
Banlieues : « Le tissu de notre société est en train de se défaire. », par François BAYROU
Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur.
« Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?
Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !
Il y a trois directions à suivre.
>>>En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l'Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l'Etat de proximité. Pas seulement l'Etat répressif, aussi l'Etat qui protège et qui aide.
Je propose qu'il y ait désormais un sous-préfet qui représente l'État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.
Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l'autorité du maire, en présence du sous-préfet.
>>>Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

>>> Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.
Il faut prouver que la réussite est possible partout. »
23:00 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, begag, banlieues, droits, violences, banlieus, politique
29/03/2007
Après le ministre imposteur, le candidat agresseur ...
Où sont les lignes rouges de l'imposture? Le retour de l'insécurité dans la campagne derait marquer son ECHEC. Mais Nicolas Sarkozy s'en réjouis, attaque "ceux qui prennent le parti des fraudeurs et des émeutiers" et exhorte les journalistes à reparler de la « menace Le Pen »….Pour lui, elle est, électoralement, moins grave que le « péril Bayrou ».

Quatre jours loin des élections présidentielles. Et j’ai l’impression de revenir en …2002, avec cette tentative de remettre au premier plan l’insécurité spectacle ou plutôt l’exploitation des peurs nées de sentiments insécuritaires. En 2002, cette exacerbation des trouilles les plus primaires avaient profité à Le Pen et… à Chirac, par ricochet. Cette année, Le Pen, ne dit rien, et engrange et … Sarkozy sourit, derrière ses grimaces de « républicain qui a mal au cœur ».
Il le reconnaît d’ailleurs, ce champion de l’autoritarisme stérile qui masque son échec de ministre de l’intérieur, ce candidat qui parie sur une surenchère répressive promise au pire encore… Mardi, aux Baux-de-Provence, Nicolas Sarkozy pronostiquait devant la presse : " Je peux déjà faire vos "unes" pour la prochaine semaine : "Le danger Le Pen" ; "La menace Le Pen", "Le Pen patelin". Vous feriez bien de vous occuper de Le Pen ! " Un pronostic ? Une exhortation. Un vœux…
Cela l’arrangerait bien, le « compère » Nicolas, comme cela arrangerait, « la commère » Ségolène : le « duo » applique son seul « programme commun » (barrer la route à Bayrou) avec sérieux…
FAITS DIVERS ET PHENOMENES DE SOCIETE
Sarkozy n’a nul besoin d’exercer les pressions qu’il pratique tant sur les journalistes et les patrons de presse pour que les médias lui servent la meilleure des soupes, celle qui rapporte des voix.
En effet, une fois de plus, les médias (en quête d’audimat donc vendeurs d’émotions) transforment des faits divers en « phénomènes de société », avant même de connaître les tenants et les aboutissants des « faits » en question. Ils pressent de questions des politiques qui n’en savent pas plus que le citoyen-consommateur d’infos non vérifiées donc de rumeurs et d’intox… Et ils font de brillantes analyses sur « cette sécurité » qui « redevient la vedette de la campagne »… alors que les Français (les enquêtes d’opinions sérieuses en font foi) sont préoccupés par le pouvoir d’achat, le chômage, les retraites, l’éducation, le logement, la place de la France en Europe et dans le monde…
LA GARE DU NORD? C'EST BON POUR L'AUDIMAT...
Ah ! la gare du Nord ! Un plein Paris ! C’est mieux que dans les « banlieues » Un resquilleur et un contrôle qui tourne mal : l’embrassement, une affaire d’Etat. Sarkozy se sent revivre : Il va sur place, en candidat, non en ministre (mais avec une garde quasi-ministérielle) et il tire à vue, en rafales, avec des mots assassins en jouant sur tous les registres qui rapportent : l’ordre, la moral, la justice, les honnêtes gens, c’est lui. Lui qui a « mal au cœur » de voir des candidats à l'Elysée trouver des « excuses aux fraudeurs, aux émeutiers et aux violents ».Lui qui voit dans les affrontements » de la gare du Nord les effets d'une "pensée unique" et "post-soixante-huitarde" et non la conséquence d'un "climat" qui régnerait en France… à cause de lui !
AUTORITARISME ET IRRESPECT
« Ceux qui prennent le parti des émeutiers et des fraudeurs ne leur rendent pas un service. Ils ne sont même pas généreux car ce n'est pas rendre service à une minorité que de laisser à penser que dans la démocratie française on peut faire n'importe quoi, n'importe comment", a insisté le ministre sortant. « Il faut mettre des règles, il faut mettre des lois, il faut de l'autorité et il faut du respect », a ajouté l'ex-ministre de l'intérieur. « Et bien, c'est clair : l'autorité et le respect, c'est de notre côté, la fronde et le soutien à la délinquance c'est de l'autre côté ! » Moi , j'ei une traduction "claire" aussi: "autoritarisme et irrespect" de coté de Sarkozy. Même Borloo, soutien de fraîche date, doit en convenir...
Cela ne suffit pas ? Vous n’avez pas bien compris ? Sarkozy continue et martèle: « Si certains sont du côté des fraudeurs, moi je suis du côté de tous ces honnêtes gens qui [payent] leur billet"(…) Si certains défendent les émeutiers, moi je pense à tous ces gens qui travaillent dur et qui se disent, ceux qui cassent, ils cassent ce qu'on va payer avec le prix de notre travail. ». C’est plein de bon sens, non ? Mais en quoi Royal ou Bayrou (mis dans le même sac par Sarkozy) se sont-ils faits les avocats des "fraudeurs".Ils sont à juste titre, comme nombre de policiers d'ailleurs, des procureurs des "méthodes Sarko"
Le candidat de la rupture (d’avec son propre bilan) se fait même prof de journalisme : « n’appelez pas ces voyous des jeunes car les jeunes n'ont rien à voir avec cette minorité de voyous ». Plus et mieux : « ne faites pas un amalgame avec un certain nombre de quartiers où la majorité des gens qui y vivent sont des honnêtes gens, qui utilisent les métros et les trains et ne supportent plus la dictature des bandes, des voyous et des délinquants ».
J’ai un peu de mal à comprendre (limites de mon intelligence, peut-être!) comment et pourquoi Sarkozy conserve intacte (ou presque) son image d’homme « d’ordre et d’autorité » dans une partie de l'opinion, y compris auprès de sympathisants du PS si l’on en croît certains sondages…
LES ECHECS D'UN MINISTRE DE L'INSECURITE ET NON DE LA SÛRETE
Son bilan ministériel se traduit par des gesticulations, des tricheries avec les statistiques, des mesures inadaptées (suppression de la police de proximité par exemple), des propos et des méthodes qui dressent les français contre les autres, une banalisations des thèmes lepénistes, des pratiques liberticides, des lois qui se sont accumulées sans efficacité, des absences remarquées dans les instances européennes où se jouait en partie la sécurité intérieure, des débordements de compétences avec d’autres ministères (justice et éducation nationale, par exemple), des politiques qui ont favorisé le communautarisme, aucune action contre la criminalité en col blanc, et des carences totales en terme d’aménagement du territoire… puisque le ministre d’Etat avait aussi ce porte-feuille (essentiel pour l'avenir) dans ses poches...
Pourtant, Sarkozy avait de quoi bien jouer politiquement et bien œuvrer concrètement : Jospin lui-même avait reconnu avoir sous-estimé les questions liées aux sentiments d’insécurité… Mais (tempérament et calculs politiciens !), il a voulu faire passer du laxisme de gauche à l’autoritarisme de droite comme si la sécurité n’exigeait pas une politique globale et pluri- dimensionnelle, avec un équilibre : prévention, répression, réinsertion…

Un bon ministre de l’Intérieur met l’accent sur la « sûreté » (Chevènement, de ce point de vue en fut, un) et non sur l’insécurité.
Mais il a faut croire que ces milliers de passages à la télévision, dans les messes du 20 heures, son art du faire-savoir plus que du savoir-faire, ses talents du paraître plus que de l’être ont imprégné bien des esprits…
Sarkozy aurait tort tout de même de se réjouir trop du retour en force des questions de sécurité et d’insécurité. Les Français ont plus de bon sens et d’intelligence pour ne pas, au bout du compte, s’attacher plus à la réalité des choses qu’au ressenti des faits. Il y a des lignes rouges à ne pas franchir en tout et pour tout , y compris dans l’imposture.
Daniel RIOT
16:55 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bayrou, politqiue, présientielles, violences, banlieues
10/11/2006
Délinquance chez les mineurs: mobilisation contre le projet de loi de Sarkozy
LIRE MON BILLET SUR LE SITE DE DpJ, Le DROIT pour la JUSTICE. Et participez au débat. >>>>>>>>>>>>>
00:18 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, délinquance, banlieues, sarkozy, PS
01/11/2006
Mauvaises querelles de mots autour de réalités tragiques
Je reprends ici un commentaire d'un e-mail du Monde: "
![]() PHOTO Claude Paris/AP |
01:34 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, banlieues, Fabius, sarko
30/10/2006
Carnet de campagne: Vous avez dit "responsable?"
L’utilisation politicienne des tragédies que connaissent quelques banlieues est à la fois pathétique, ridicule et insultante pour les victimes. Les derniers échanges UMP-PS par média interposés crèvent le plafond de la décence. Après « on » accusera les journalistes de mettre de l’huile sur le feu… Comme si les médias étaient responsables d’images qui ne sont pas truquées, de réalités qu’ils ne sont pas inventées et de rapports des RG inquiétants qu’ils n’ont pas écrit. Nous devrions plutôt écouter les exhortations de Abd Al Malik et de quelques autres qui réclament une « union nationale », un vrai « plan Marshall » et de nouvelles méthodes dans ces quartiers dont le habitants les premières victimes des violences et des délinquances. Vous avez dit « irresponsable » ?
François Hollande est un "irresponsable à temps complet", a répondu le porte-parole de l'UMP, Luc Chatel en réponse à l'accusation du premier secrétaire du Parti socialiste, qui avait accusé Nicols Sarkozy d'être "un ministre à temps partiel, par éclipses"."Voir ceux qui ont d'abord commencé par nier l'insécurité dans notre pays (...) exploiter tragiquement cet acte criminel nous paraît profondément indigne et profondément irresponsable", a ajouté Luc Chatel … en oubliant que l’UMP est au pouvoir depuis 2002. Et que les responsabilités s’assument au présent.
Nicolas Sarkozy est un "ministre à temps partiel", avait lancé François Hollande, dimanche, accusant le ministre de l'Intérieur et le gouvernement de ne pas avoir tenu les promesses un an après la crise dans les banlieues. "C'est un ministre de la promesse, de la gesticulation. Pourquoi donc? Parce qu'il n'a pas le temps d'être ministre de l'Intérieur. Comment on peut être à la fois président de l'UMP, numéro deux du gouvernement, en campagne permanente (...) et en même temps à son ministère?", s'est interrogé le premier secrétaire du Parti socialiste sur Radio J. "On a un ministre de l'Intérieur à temps partiel, par éclipse. Il parle, mais il agit peu, il agit mal".
Pour François Hollande, Nicolas Sarkozy "confond le ministère de l'Intérieur avec un QG électoral". Le numéro un du PS a dénoncé "cette confusion des genres, cette confusion des moyens, cette confusion des lieux".(…)"Maintenant il est imité par Michèle Alliot-Marie qui se déplace à l'étranger pour parler de sa propre candidature", a-t-il ajouté avant de demander "au président de la République de mettre son gouvernement au travail" et d'éviter "de donner des moyens à ses ministres pour faire une campagne qui doit être organisée par les partis et non pas par les moyens de l'Etat".
Sur les banlieues, François Hollande est un peu sorti des phrases-slogans mais sans proposer des mesures précises, cohérentes et qui s’inscrivent dans l’’efficacité et ka durée… "Tout ce qui avait été promis depuis un an n'a pas été tenu et il ne reste que des discours sécuritaires qui marquent aujourd'hui leurs limites"(…)"Quand (Nicolas Sarkozy) a enlevé des effectifs de police dans certains quartiers, quand il a cassé la police de proximité, lorsqu'il a lui-même provoqué verbalement un certain nombre de jeunes, oui, il a créé une situation de tension", a-t-il encore affirmé, estimant que le ministre de l'Intérieur ne pouvait plus aujourd'hui "s'en sortir, en annonçant un nouveau projet de loi" comme après l'agression d'un policier à Epinay. "On a moins besoin de loi que d'application de la loi, moins besoin d'effets d'annonce que de promesses tenues, moins besoin d'un ministre de l'Intérieur qui gesticule que d'un ministre de l'Intérieur qui agit", a martelé le chef du PS.
Au micro d'Europe-1, ce matin, Nicolas Sarkozy avait lui aussi répondu à François Hollande. "C'est curieux de dire que je suis responsable de tout et en même temps ministre à temps partiel, si je suis ministre à temps partiel, c'est que ma responsabilité est aussi partielle", a affirmé le ministre de l'Intérieur, également président de l'UMP et candidat affiché à la présidence de la République en 2007. Quel sens des « bons » mots !
"François Hollande était le principal conseiller de Lionel Jospin, qui dirigeait le PS, qui était Premier ministre et qui était candidat à la présidentielle de 2002, et M. Hollande ça ne le dérangeait pas", a-t-il déclaré."Il y a ceux qui prennent leur responsabilités, j'essaye d'en être, et il y a ceux qui refusent de les assumer", a insisté le ministre de l'Intérieur en se moquant des divisions entre les trois candidats à l'investiture socialiste pour la présidentielle de 2007: "Heureusement que je suis là, c'est la seule chose qui les réunit"
Le ministre a de nouveau refusé d'indiquer la date de son départ du ministère de l'Intérieur, et s'est abstenu de préciser si la date du 14 janvier, à laquelle l'UMP devrait désigner son candidat à la présidentielle, sera également son dernier jour place Beauvau: "Je quitterai le ministère de l'Intérieur un jour, bien sûr, mais j'ai pris des responsabilités vis-à-vis des Français, celle d'assurer leur sécurité et de maîtriser l'immigration" :"J'assurerai ma responsabilité jusqu'au bout, tant qu'elle sera possible", Ce qui est sûr c’est que la « méthode Sarko » se traduit plus par des échecs que par des réussites
Pendant ce temps-là, un candidat rigole et amasse des intentions de vote sans rien dire, ou presque : Le Pen.
17:50 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, banlieues, Sarkozy, hollande, UMP, PS
24/10/2006
Les "Banlieues" un an après... Un terrible constat de carence et d'impuissance. Sarkozy devrait être "démisionné"
Ah ! Ces banlieues…Un an après l’un des embrasements les plus spectaculaires et les plus graves, Sarkozy dénonce l’esprit de « commémoration » dont , paraît-il, les médias feraient preuve …comme s’ils voulaient rallumer le feu. Visiblement, cet « esprit de commémoration » mobilise de nombreux services de la place Beauvau et de bien des préfectures.
Le Figaro, qui n’a rien d’un journal pyromane-pompier, a publié des extraits d’un rapport des RG Qui mérite citations :
>>> « C'est le 27 octobre de tous les dangers. Il y a un an, deux jeunes mouraient électrocutés dans un transformateur après une course-poursuite avec la police, à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. L'affaire fut à l'origine de trois semaines d'émeutes. Une guérilla urbaine généralisée qui obligea l'État à recourir au couvre-feu pour rétablir l'ordre, comme lors de la guerre d'Algérie. Ce scénario catastrophe, les autorités veulent croire qu'il ne se reproduira pas. « Il n'y a pas, à ce jour, de signes avant-coureurs d'une nouvelle émeute », assure ainsi Nicolas Sarkozy. ». Une introduction factuelle rassurante…
>>> « Le climat reste explosif. (…) Le dernier rapport confidentiel des Renseignements généraux, daté du 11 octobre, (…) sobrement intitulée « État des lieux dans les quartiers sensibles ».indique que « la plupart des conditions qui ont amené, il y a un an, un déclenchement de la violence collective, sur une grande partie du territoire métropolitain, sont toujours réunies ». Et ils alertent sur le cas particulier de l'Ile-de-France qui leur « inspire les plus vives inquiétudes »
>>> Depuis quinze jours, l'Intérieur sur le qui-vive. Dans le contexte de pré-campagne présidentielle, le ministre de l'Intérieur pense que le moindre dérapage, même verbal, pourrait être exploité par ses adversaires pour remettre le feu aux poudres. Après les agressions contre des agents à Corbeil, aux Mureaux ou à Epinay, des consignes de prudences ont été données : les policiers ne doivent plus trop se montrer, pour éviter les tensions.
>>> La Place Beauvau ajuste son dispositif de sécurité. « Toute la difficulté consiste à trouver le bon équilibre : ne pas sur-réagir à l'événement et, en même temps, ne pas le sous-estimer », explique un proche du ministre. Pas moins d'une cinquantaine d'unités des forces mobile seront mobilisées, sans compter la Sécurité publique. « En cas de pépin, il faudrait savoir gérer l'événement dans la durée, sans épuiser toutes nos forces d'emblée », prévient un préfet.
Dans le même temps, les incidents se multiplient avec les mineurs. Je cite encore Le Figaro : « Les événements de ces derniers jours mettent en scène des délinquants de plus en plus jeunes. Ils cherchent désormais la confrontation directe avec les représentants de l'autorité. Les actes de violence urbaine sur les six premiers mois de l'année ont dépassé les 50 000 faits, évoluant à un rythme supérieur à celui de l'an dernier. La Seine-Saint-Denis connaît une hausse exponentielle des atteintes aux biens et aux personnes, « comme si quelque chose s'était enrayé », commente le criminologue Alain Bauer » »
Qu’en conclure ? Quoi qu’il arrive, c’est un constat d’échec, pour le gouvernement en général et pour Nicolas Sarkozy en particulier. Les discours ne suffisent pas, surtout quand ils sont plus provocateurs que guérisseurs. Et les questions des banlieues ne se résument pas à un simple problème de maintien de l’ordre et de contrôle républicain de territoires.
J’avais écrit, sur mon blog, et sur Agoravox, un article qui dénonçait les « cinq erreurs « de Sarko dans et sur les banlieues. Des erreurs qui étaient et sont des fautes. Je persiste, signe et insiste. Le feu, il n’est pas dans les banlieues, il est dans la République, au ministère de l’intérieur et à l’UMP. Tout commence par l’expression « guerre des banlieues » (par Sarkozy utilisée). Tout se poursuit par les promesses non tenues : qui parlait d’une « plan Marshall pour les banlieues » ? Et tout passe par un constat qui ne concerne pas que les banlieues : les gouvernements (et pas seulement celui de De Villepin-Sarkozy) ne jouent pas assez sur toutes les touches du « piano économico-social » pour résoudre les problèmes de notre société. C'est la "pensée complexe" d'Edgar Morin et de Castoriadis qu'il faur mettre en apllication... Il est vrai que l’instrument préféré, actuellement, c’est le piano médiatique, décrié mais utilisé…
Il ne suffit pas de dénoncer la banalisation de la violence et l’aggravation (l’escalade) de cette violence, il faut attaquer ces maux à la racine….. Sarkozy fait comme s’il voulait briser la spirale de la haine et la violence en pratiquant d’une façon irresponsable l’amalgame, la confusion, et les petites phrases démagogiques qui font mal … Quand le chef de toutes les polices devient le premier procureur dans les procès faits à la justice, ce n’est pas seulement la solidarité gouvernementale qui est en cause : c’est la République qui est contestée... Au plus haut niveau. Le Pen n’a rien à dire : il engrange sans rien faire. Et sa fille a raison de sourire... Monsieur Sarkozy ne roule-t-il pas pour eux, bien involontairement, d’une certaine façon ?
Dominique de Villepin l’ a dit non sans pertinence : on ne peut pas se résigner à des débats (ou plutôt des conduites) du type médiatico-démagogique : « Je me refuse à considérer qu’il y a une fatalité à ce que l’emportent la démagogie, le populisme, l’image. »
Si l’on voulait être logique, un an après, Sarkozy ne devrait pas être mis en situation de décider de la date son départ du gouvernement : il devrait être « viré ». Pour incompétence, incapacité, et défaillance…
Excès de sévérité ? Non. La politique-marketing est « politichienne », comme disait de Gaulle, non Politique, au sens noble du terme. C’est un Politique d’Etat qu’il nous faut. Sérieuse. Au-delà des démagogies et des réflexes sécuritaires qui n’assurent en rien la Sécurité. Jouer sur les peurs n’est pas vaincre les peurs. Or, vaincre ses peurs, c’est devenir adulte.
Rompons avec la spirale de l’infantilisation de la société ! Plus facile à dire qu’à faire ? OK. Mais la Politique, avec un grand P, c’est l’art de relever les défis les plus difficiles…
Mais qui oserait publier ce type de commentaire, hors Internet? RSF (reporter sans frontières) a raison : en matière de liberté de la presse (donc d’opinions), la France est en pleine régression….et pas seulement à cause des pressions « islamistes » et autres.
20:30 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, Sarkozy, banlieues, sécurité
06/10/2006
"BANLIEUES": Les cinq grandes erreurs de Nicolas Sarkozy
« Nicolas Sarkozy doit être prudent, car les vainqueurs de septembre ne sont pas toujours les vainqueurs de mai ». C’est Jean-Pierre Raffarin qui le dit. Et il n’a forcément tort…Surtout si Sarkozy, à force de trop en faire en moulinets et pas assez en actions continue à faire quelques bourdes qui irritent les plus « gaulliens » de l’UMP sans séduire l’électorat d’extrême-droite…
Dans sa « guerre des banlieues » (quelle vilaine et dangereuse expression !), le ministre d’Etat a commis cinq grandes ou grosses erreurs,
1) Il a raison de vouloir qu’il n’y ait plus de « territoires « nationaux qui échappent à « l’ordre républicain », mais il a tort de réduire cet ordre aux forces du même nom Il est aussi ministre de l’Aménagement du territoire, non ? Jean-Louis Borloo joue (bien) les pompiers. Mais c’est de constructeurs dont ces « quartiers » diabolisés ont besoin…La France souffre d'un manque de 1,5 millions de logements dont la moitié doivent être qualifiés de "sociaux".
2) Il a raison, comme à Cachan, de faire respecter des décisions de justice, mais il le fait souvent tardivement et maladroitement. Déloger les gens sans assurer au préalable leur relogement, c’est une faute de bon sens, une erreur humaine et un crime humanitaire. Reporter ses propres faiblesses, insuffisances et inconséquences sur les collectivités locales, des associations « politisées » et d’autres « bouc émissaires » est un acte de lâcheté et de démagogie… D'injustice, surtout. L' Abbé Pierre dénonçait en 1954 une situation qui pouvait s'expliquer. Celle d'aujourd'hui est plus que scandaleuse et inadmissible.
3) Il a raison, en cette ère où le paraître l’emporte sur l’être, et où le « faire-savoir » est plus « important que le « savoir-faire », de jouer sur le clavier médiatique, mais il a tort de dépasser les bornes de la décence, de la bienséance et des …règles républicaines. Comment ne pas comprendre que des magistrats, des policiers et des… journalistes ne s’interrogent pas en termes d’éthique, de droit et d’efficacité contre les ridicules interventions policières délibérément, outrageusement et bêtement médiatisées… A quand des opérations, avec caméras et micros, contre la délinquance en cols blancs, contre le crime organisé, contre les réseaux mafieux ? Que dit Sarkozy du dixième anniversaire de « l’appel de Genève » des magistrats ? Un pestiféré, Denis Robert ? Un « Voyou » ? La pire des « racailles » n’est pas que dans les « banlieues »…Elle ne se résume surtout pas au mot "immigré"....
4) Il a raison de tenter de répondre au besoin de sécurité des Français, mais sa dénonciation permanente de l’insécurité est un auto-constat d’échec personnel… C’est SA politique qui est en échec. Il en est coupable et responsable et il se pose en victime et en héros… C’est Guignol au pays des « Guignols ».
5) Il a raison de dénoncer la banalisation de la violence et l’aggravation (l’escalade) de cette violence, mais peut-on briser la spirale de la haine et la violence en pratiquant d’une façon irresponsable l’amalgame, la confusion, et les petites phrases démagogiques qui font mal…Quand le chef de toutes les polices devient le premier procureur dans les procès faits à la justice, ce n’est pas seulement la solidarité gouvernementale qui est en cause : c’est la République qui est contestée….Au plus haut niveau. Le Pen n’a rien à dire : il engrange sans rien faire. Et sa fille a raison de sourire... Sarko ne roule-t-il pas pourr eux, bien involaontairement, d'une certaine façon?
Comme dit Dominique de Villepin, on ne peut pas se résigner à des débats (ou plutôt des conduites) de ce type : « Je me refuse à considérer qu’il y a une fatalité à ce que l’emportent la démagogie, le populisme, l’image ».
14:00 Publié dans Edito, Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, sarkozy, banlieues, sécurité
05/10/2006
L'échec de Sarko: les "Banlieues"...
>>> « Voici », voilà… Elle n’est pas « de mèche avec François » : « Ce n'est pas la peine de mettre des zizanies où il n’y en a pas, Il y en a suffisamment (…).Les règles de la morale politique s'appliquent à tous, quels que soient les liens de famille".(…) La morale politique, c'est que chacun doit donner le meilleur de lui-même dans les compétences qui sont les siennes. Cette règle s'appliquera à tous. Il n'y a ni passe-droit ni exclusion (...) et il n'y a pas de place à distribuer », C’est clair, non ? Sur TF1, Ségolène s’est montrée plus Royal(e) que jamais…Elle n’est « pas candidate pour avoir le pouvoir » mais parce qu’elle sait qu’elle fera « quelque chose avec ce pouvoir »… « Mon objectif prioritaire, c'est de retirer la France vers le haut, de lutter contre la baisse du pouvoir d'achat, la précarité, de mettre en place un ordre juste ou encore de récompenser l'effort » La présidente du Poitou-Charentes a reconnu que « seule, je ne peux rien », tout en soulignant que sa « volonté » et son « courage sont grands ». .Elle explique sa popularité par sa « liberté de parole » et à sa « volonté de regarder la vie et la réalité telle quelle est et non pas telle que nous voudrions quelle soit ». C’est beau, non ?

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>>> Le chiffre du jour (ou plutôt d’ hier) : 14 policiers sont blessés chaque jour dans les banlieues. C’est horrible, terrible, inadmissible. Et scandaleux. Et c’est peut-être le début d’émeutes (ouvertes ou rampantes) à l’américaine.., Mais qui est ministre de l’intérieur ?
Qu’il ne dise surtout pas, Monsieur Sarkozy, que c’est parce qu’il veut reconquérir des « zones hors-la-loi », des quartiers « hors République », des « territoires abandonnés » que les « forces de l’ordre » sont de plus en plus exposées…

C’est faux. La reconquête de « territoires » (de ghettos) transformés en « zones interdites » ne tient pas qu’à des CRS accompagnés (ponctuellement) de caméras et de micros… Il est temps de redevenir sérieux. Les CRS, invention du socialiste Jules MOCH, sont l’un des atouts de la République française. En dépit des slogans stupides (« CRS=SS »), ce sont eux qui ont permis que les « événements de 68 » ne se traduisent pas par plus de victimes. Ce sont eux qui manquent dans bien des pays, dont Israël) pour maintenir l’ordre sans militarisation outrancière, meurtrière et suicidaire…. Ce sont eux qui peuvent « maintenir l’Ordre Républicain », tout en assumant des tâches d’intérêt général d’ordre civil et civique, dans le respect des règles de la République. Mais le CRS n’est pas, par définition, qu’un « cogneur » aveugle… qui peut jouer les héros médiatiques d’opérations stupides, sur commandes ou non, aux Mureaux ou ailleurs. A la « Star’AC » du Sarkozisme, on manque de professeurs, visiblement…
Tous ceux qui connaissent un peu les « banlieues », les « quartiers » (ces réalités devenues des « gros mots ») le savent bien. Sarkozy est piégé par ses propres méthodes… Et par ses illusions.
>>> Ce ne sont pas les « flics » qui sont visés dans les « quartiers » où l’on confond tout, les « bandes », les « copains », le « crime organise », « l’économie souterraine », les « grands frères » et les « petits cousins » … C’est Sarko qui est attaqué par défaut et par procuration par les « agresseurs » ou les « tueurs » de flics. C’est l’Etat qui est directement visé. C’est la Société qui est contestée….C’est l’Etat qui est attaqué… Crier « au scandale » ? Bien sûr. Mais c’est d’abord l’échec d’une méthode. L’échec d’une politique, d’une stratégie et d’une tactique. L’échec d’une communication qui fait office d’action.… « Sarko-napoléon-le-Petit » devrait se dresser sur la pointe des pieds pour prendre cette hauteur qu’il confond tant avec l’altitude…Pour regarder l’horizon. Son bilan de Ministre de l’Intérieur est un vrai Waterloo pour lui. De quel progrès peut-il être fier même si ( et c’est l’un des grands paradoxes de la socio-politique actuelle) les Français lui font confiance, majoritairement ; pour combattre une insécurité chronique qu’il contribue (malgré lui, bien sûr) à accroître…
>>> Toutes les statistiques qui devraient alimenter des réflexes « sécuritaires » sont en fait de vrais réquisitoires contre la politique menée ces dernières années par le Ministre d’Etat chargé de l’intérieur. Une politique à « l’américaine » qui confond Ordre et Répression. Et qui transforme les policiers en bouc-émissaires… alors que des policiers qui font bien leur travail (difficile) sont d’abord des serviteurs d’un ordre social porteur de justice, et labourent les terres minées d’une société en quête d’équilibre
>>> Moins sérieux : les problèmes du PC… Maxime Gremetz veut se présenter. Ah bon ? Pourquoi ? Pauvre Madame Buffet… Elle doit en faire des cauchemars. Comme José Bové, cet « alter-droitiste » d’extrême gauche… Comme le « facteur » de la Ligue qui serait meilleur à la « Star Académie » que sur la piste du cirque politique. Comme Arlette la « persévérante »… Le problème de l’extrême gauche en France, c’est que tous ses acteurs semblent vieux, même quand ils sont jeunes. L’archaïsme n’a rien à voir avec le bulletin de naissance…

>>> Le mot du Jour : « REIFICATION »… « Nous savons depuis Jaurès, depuis Blum, depuis Mitterrand, depuis Jospin que le socialisme c'est l'approfondissement de la République, pas la réification de la Nation », a tancé Dominique Strauss-Kahn à Alfortville, « Moi j'aime la France, je veux la protéger, je veux la faire respecter, mais je connais les dangers du nationalisme. Vendredi, à Vitrolles, Ségolène Royal avait évoqué la Nation, la France et le drapeau tricolore. « Le social et le national marchent ensemble et c'est l'Etat qui est garant de leur alliance », avait-elle notamment déclaré. Refusant de lui laisser le monopole du drapeau, "DSK" a loué ses « trois couleurs (qui) reflètent les trois mots de notre devise: liberté égalité fraternité ». « Mais je veux les servir entremêlées aux valeurs de la gauche », s'est-il franchement démarqué. « Si le socialisme ignorait la Nation, il ferait l'impasse sur une grande partie de notre histoire, mais si le socialisme se réduisait à être national, il n'aurait plus de sens, il oublierait nos valeurs. Ca n'est pas ça mon socialisme, mon socialisme est aussi un internationalisme! »
11:20 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, sarkozy, banlieues











