30/11/2007
Fragment de pensée
"La culture Internet est une culture éruptive. Quelquefois, c'est agaçant, mais on va vivre avec cette culture. Il ne faut pas la rejeter", (François BAYROU)
17:53 Publié dans fragment de pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, web, démocratie, bayruo, modem
23/04/2007
La balle au Centre: La victoire prometteuse (mais oui!) de BAYROU
C’est parti : la chasse aux électeurs Udf est lancée. Par la droite et par la gauche. C’est logique. Et Bayrou qui sait mieux que personne que ses voix n’appartiennent qu’à ses électeurs a raison de prendre son temps, d’écouter, de sourire en coin … et de filtrer ses coups de téléphone !
Courtisé, il l’est. Après avoir été moqué, méprisé, vilipendé. Cela le fait sourire. Mais il sait aussi que ce n’est pas pour ses beaux yeux. Cela ne fait que le renforcer dans ses convictions, sa détermination. Avec plus de 15 % des voix, il avait gagné son pari de l’ « extrême centre ». Ses 18,55 % constituent une vraie victoire malgré la déception d’une élimination qui était inscrite dans la logique d’un système qui doit continuer à être modifié.

Bayrou a trois atouts maîtres :
>>> L’espoir porté par sept millions de citoyennes et de citoyens dépasse très largement les intérêts boutiquiers de quelques élus locaux ou régionaux et de quelques carriéristes dits centristes prêts à toutes les concessions et si sensibles aux promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent… L’élan est là. La dynamique est lancée. C’est une course de fond qui est engagée. "Il y a du Bayrou en chacun de nous"...
>>> Quelque soit l’élu du deuxième tour, les problèmes de fond restent en l’état et seules de vraies réformes peuvent faire sortir la France de ses impasses et de ses ornières. Même sur un plan psycho-sociologique, la participation remarquable (déclenchée en partie par « l’effet Bayrou ») ne masque pas la défiance des Français envers la politique telle qu’elle est pratiquée. La révolution culturelle déclenchée par François Bayrou continue. L’essai marqué au premier tour des Présidentielles par sept millions de suffrages doit être (et peut être) transformé aux prochaines Législatives.
>>> Ce n’est pas Bayrou qui a besoin de la droite et de la gauche. Ce sont la droite et la gauche qui ont besoin de lui. Et de ses électeurs. Lui, il se doit de suivre son sillon, son chemin, son projet.
UN PARTI D'UN TYPE NOUVEAU
L’UDF réformée, transformée, dépouillée des résidus de la culture du Marais et des réflexes des Girouettes a même l’occasion de devenir un parti d’un nouveau type. Tout est déjà dans le « projet d’espoir » de Bayrou. Et les comparaisons qui peuvent être faites avec des expériences précédentes ont toutes une portée limitée. « Troisième force », « ouverture », « troisième voie », « réformateurs », Lecanuet, Giscard, Barre, Balladur… Certaines de ces comparaisons sont même totalement inappropriées.
Le but est clair : réconcilier les idées européennes et humanistes de Robert Schuman, le sens de la République Moderne de Mendès-France, le sens de l’Etat et l’amour de la Nation du De Gaulle. Construire une « première force » en réconciliant les esprits les plus éveillés des familles libérales (et non hyper-capitalistes), démocrates chrétiennes, radicales et social-démocrates, ainsi que les héritiers du pragmatisme éclairé de Jean Monnet, du gaullisme social, des Lumières de ce temps qui ont bien décrypté la nécessité d’une « pensée complexe » pour reprendre la formule de Castoriadis.
UNE LOGIQUE "REVOLUTIONNAIRE"
La méthode reste à préciser, à affiner. Bayrou doit réussir à pousser jusqu’au bout sa logique « révolutionnaire ». En clarifiant, du sommet à la base,les conditions d’appartenance à l’udf métamorphosée. Rassembler, n’est pas tout mélanger. Réunir, n’est pas concilier l’inconciliable. Rien de grand ne se fait sans clarté, sans transparence, sans cohérence.
Une question clef : Pourquoi celles et ceux qui se réclament du centrisme et qui ont voté pour Sarkozy éprouvent-ils le besoin de rester UDF ?
Si les centristes ou prétendus tels se trouvent à l’aise à l’UMP qu’ils y restent ou qu’ils le deviennent !
Ils ont choisi de n’avoir qu’un œil (droit), qu’une main (droite), qu’un pied (droit) : c’est leur droit d’opter pour cette hémiplégie héritée d’un temps où la République n’était pas encore née et marquée par un passéisme qui ignore les transformations des affrontements entre « jacobins et girondins », des « luttes des classes », de la chute du Mur de Berlin.

BAS LES MASQUES ET LES FAUX NEZ!
Ils sont de droite : c’est leur choix. Qu'ils l'assument! Etre de droite n'est pas une maladie honteuse. Ce qui est honteux c'est de tricher avec soi-même et avec les autres... Ils n’ont pas à se donner des faux nez et les masques d’un centrisme qui n’a rien de central. Surtout quand ils adhèrent à un « projet de société » qui n’est en rien libéral, humaniste, chrétien-démocrate mais inspiré par un « néo-conservatisme » à la mode bonapartiste. Et teintée d'idées qui voilà peu de temps encore étaient propagées par ces "extrêmismes" que Chirac a tant condamné avec raison.
A chacun son opinion et ses options. Il n’y a pas « deux France », mais une France plurielle. Le « ni de droite ni de gauche « de Bayrou est un « au-dessus de la droite et de la gauche ». En dehors surtout du chant des sirènes de la démagogie et des jeux politiques qui tiennent de bals masqués, des jeux de marionnettes et des spectacles de rôles…
50% des électeurs de François Bayrou se disent de sensibilité de droite, 50 de sensibilité de gauche. C’est un fait. Les vraies lignes de partage sont ailleurs. C’est un constat.
Combien sont-ils parmi les sept millions d'électeurs centristes de M. Bayrou à pouvoir voter Nicolas Sarkozy le 6 mai? Les sondages (toujours à prendre avec des pincettes) ont déjà répondu : 35 %, estimait la Sofres, dans son sondage du 18 avril (47 % préférant glisser dans l'urne un bulletin socialiste et 18% n'exprimant pas d'intention de vote). "Mme Royal peut fédérer une large part de l'électorat Bayrou", confirme François Miquet-Marty, de l'institut LH2.
Le candidat de l'UMP va donc, logiquement, tenter d'augmenter cette part en donnant à son discours des accents plus humanistes, plus généreux, plus social, plus aptes à conquérir les centristes. Il s'y est employé, dès dimanche, en proposant "un nouveau rêve français" et en promettant de "protéger les Français (…) qui ont peur de l'avenir, qui se sentent fragiles, vulnérables, qui trouvent la vie de plus en plus lourde, de plus en plus dure". L’anxiogène se veut rassurant et entame sa campagne avec un mot d’ordre : « dédiabolisez-moi ». Dame Simone Veil (qui rêva jadis d’un « vrai centre ») est la première à donner de la voix.

LE MOULIN DE RAFFARIN
Les rôles sont partagés au sein des droitistes du centre de l’UMP… L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans son rôle préféré : il va jouer les "Monsieur bons offices" pour faire vivre l'idée du "rassemblement élargi" autour de M. Sarkozy. "Nous voulons gouverner avec une majorité ouverte, avec plusieurs pôles, y compris avec des gens de gauche", affirme cet ex-UDF artisan de la création de l'UMP en 2002.
L'ancien chef du gouvernement (de droite) promet, sans plus de précision, des ralliements également à gauche à la suite de celui, dimanche soir, d'Eric Besson, l'ancien secrétaire national à l'économie du Parti socialiste. "Dans l'esprit de la Ve République, la constitution d'une majorité présidentielle précède la majorité législative", affirme M. Raffarin.
Aux cotés de Raffarin : Jean-Louis Borloo. Il promet des carottes à la crème à tous les lapins gourmands… En cirant les chaussures du Béarnais : "le message extrêmement important [du score de M. Bayrou], c'est que, sur un certain nombre de sujets, les gens qui n'ont pas exactement les mêmes idées puissent travailler ensemble. C'est à l'évidence une ouverture politique."
DE ROBIEN EN CROISE VENGEUR ET SERGENT RECRUTEUR
Gilles de Robien, seul ministre centriste du quinquennat de Jacques Chirac, lui, se glisse dans la peau du Croisé vengeur et du sergent recruteur. Sa mission : convaincre les deux tiers des 29 députés UDF de soutenir M. Sarkozy, en échange d'une clause de non-concurrence de l'UMP dans leur circonscription. L'objectif est "d'assécher" la représentation de l'UDF à l'Assemblée nationale pour l'empêcher de constituer un groupe autonome. Du débauchage, un par un. Du chantage pour tous. Des promesses en veux-tu en voilà. Il va même jusqu’à s’engager à garantir aux « ralliés » une « indépendance de jugement et de vote » à l’égard de l’UMP. Que c’est beau !
En l’état, M. de Robien est pourtant encore loin du compte : seuls cinq députés (Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc, Francis Hillmeyer, Olivier Jardé et André Santini) et deux sénateurs (Daniel Dubois, et Yves Pozzo di Borgo) ont signé son « pacte ».
LES LEGISLATIVES SONT LANCEES
Pour cause : avec des candidats dans toutes les circonscriptions, l’UDF métamorphosée peut sérieusement jouer les « empêcheurs de paraître en rond », même avec un scrutin majoritaire à deux tours. Avec 21% sur Paris et plus de 22% sur Strasbourg, par exemple ! Bien des triangulaires peuvent créer des surprises désagréables pour les tenants de ce faux bipartisme qui a force de diviser la France en deux la coupe en tranches… et la lamine depuis 25 ans. La vie continue. Et la démocratie est un jardin qui ne se cultive pas que les jours de scrutin.
Daniel RIOT
13:15 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bayruo, centre, udf, politique, préisentielles, france










