08/04/2007

Mon Carnet de campagne : Quand les médias pêchent par excès de discrétion….

Désolé :je me sens obligé de revenir sur les obsessions génétiques de Sarkozy… Sans doute parce que je me fais une très haute idée de ce que devrait être un candidat à la Présidence de la République. Et parce que j’estime que ce type de réflexions pose des questions de fond sur le type de société que nous voulons construire. Tant pis  si l’opinion générale y voit moins de gravité et de complexité que moi…L’esprit de responsabilité est d’abord le devoir de réagir en conscience, fut-ce en prêchant dans le désert…

« Je ne souhaite pas polémiquer. Il y a beaucoup de nervosité de leur part » Tranquille, Sarkozy. Bardé dans ses certitudes. Conforté par les sondages… Le livre d’Azouz Bégag ? Des « mensonges éhontés ». Les réactions de Bayrou devant ses propos « glaçants » dans « Philosophie Magazine » ? « Il faut que chacun garde son calme et se consacre à ses projets. Ce n'est pas en s'en prenant aux autres que l'on progresse dans les sondages »

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NS dit n'avoir jamais vu Begag( photo 20 minutes)

Il est vrai que la presse en général se garde de mettre très en relief les révélations de Bégag et les réactions de Bayrou… Les éditorialistes font la pause pascale, sans doute… Ou se gardent de gêner celui qui les traite de « charognards », avec un sourire méprisant, amusé et menacant !

D’ailleurs, la candidate dite de gauche est discrète aussi sur ces deux affaires considérées comme des non-événements bien qu’elles posent toutes les deux de sérieuses questions sur la crédibilité personnelle du candidat de l’UMP qui marche hors des clous de la civilité et du respect  dans un cas et hors du champ des valeurs républicaines et européennes dans l’autre…

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La discrétion surprenante de Ségolène

« Si moi je m'étais permise de dire des énormités pareilles, je pense que cela aurait émergé dans le débat public », a  simplement dit Ségolène à propos de la prédestination génétique des pédophiles et des jeunes qui se suicident…. Curieuse réaction pour une femme qui se dit si « sensible », qui met sa position de « mère » en avant à tout propos, qui se veut présider la France « en femme qui connaît le prix de la vie »… Et qui prétend incarner les idéaux d’une gauche respectueuse des droits de l’homme, de l’humanisme vécu, de la dignité humaine et de la responsabilité de la société dans les destinées individuelles.

Un paradoxe de plus ou une contradiction supplémentaire chez celle qui a fait d’une formule remise au goût du jour par Benoît XVI un slogan et une règle d’action : « l’Ordre juste »... Avec quel ordre et quel justice?

 « Une certaine vision de l’homme et de la vie »

Heureusement pour l’état de l’intelligence et de la morale publiques dans cette France déboussolée, François Bayrou a réagi à nouveau sur les propos si révélateurs de l’idéologie empoisonnée qui anime ce Néo-Conservateur des Hauts-de-Seine et qui n’a toujours pas eu un mot pour son père spirituel gommé de sa mémoire très sélective, un certain Charles Pasqua…(j'y pense subitement, allez savoir pourquoi...)

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Sur France 3, le candidat de l’extrême-centre, fidèle à ses idées personnalistes et aux valeurs républicaines qui fondent la nation et l’unification européenne, a dénoncé ce que les éditorialistes ne mettent pas assez en relief : "la certaine vision de l'homme et de la vie" que traduit et trahit la déclaration de ce disciple de Leo Strauss. « Quand Nicolas Sarkozy en vient à dire qu'un bébé peut naître en ayant en lui une condamnation à la perversité (...) dans quelle société vit-on? », s'est-il interrogé….

Logiquement, pleinement dans ses fonctions, Mgr André Vingt-Trois, l’archevêque de Paris, a critiqué, les propos de Nicolas Sarkozy, « L'homme est libre. Je voudrais que l'on n'oublie pas aussi que l'on est dans une société qui fait une chasse génétique », a-t-il dit, sur RTL.  « Quand on décrète que des enfants atteints de trisomie 21 ne doivent pas naître, qu'est-ce qu'on fait ?", s'est-il interrogé.

Où l’archevêque dénonce l’eugénisme…

« Vous être contre cet aspect-là, avec un relent d'eugénisme pensez-vous ? », lui a-t-on ensuite demandé à l'antenne. « C'est évident », a-t-il répondu.  « Ce qui me paraît plus grave c'est l'idée que l'on ne peut pas changer le cours de l'existence (...) Dire que quelqu'un est prédéterminé par la famille qui l'a entouré, les conditions dans lesquelles il a vécu, cela veut dire que l'homme est conditionné absolument ». Donc sans Liberté, et sans responsabilité.

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« Eugénisme » : le mot est lancé. Il s’impose, en effet. Hors de tout contexte électoral, de tout esprit de polémique, et au-delà des clivages politique et religieux. Comme d’autres mots moins marqués historiquement mais encore plus porteurs d’un futur d’inhumanité :sociobiologie, neuroéconomie, biopolitique…

« Eugénisme ». L'étymologie du mot  est grecque : eu (« bien ») et gennân (« engendrer »), ce qui signifie littéralement « bien naître ». Un vieux rêve qui a tourné en enfer en plusieurs périodes…Les nazis n’ont rien inventé. À Spartes, déjà,  l'eugénisme a longtemps été pratiqué. Les enfants nés malades ou faibles étaient tués dès la naissance ainsi que les handicapés mentaux et physiques. De cette manière, seuls les plus forts subsistaient et pouvaient se reproduire. Aujourd’hui, la science offre de possibilités qui faisaient rêver les médecins, les juristes, les psychiatres, les politiques qui ont précédé le Führer…

« Et on tuera tous les affreux »….  

SOS Comités d’éthique ! Albert Jacquard criez ! Axel Kahn, hurlez ! Professeur Mattéi, arrêtez votre « candidat » ! Professeur Debré : expliquez-lui !

J’ai trop d’estime pour trop de gens qui militent à l’UMP ou qui s’apprêtent à voter pour le candidat de l’UMP pour croire que Sarkozy ne réussira pas à entraîner la « vraie droite » qu’il prétend incarner hors de du champ des valeurs éthiques qui fondent le « principe d’Humanité »

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Aux yeux de celles et de ceux qui croient en la perfectibilité (et à la responsabilité) des Hommes et des Femmes, aux forces de l’acquis sur les données de l’inné, à la puissance de la Culture sur la Nature, aux vertus du vrai questionnement face aux  vices des fausses certitudes, à l’utilité sociale et sociétale de la Politique face à la vanité des exercices du Pouvoir, Sarkozy n’a pu que se laisser aller à un dérapage…comme ses soucis électoralistes lui en font faire tant !  Ce serait moins grave qu’un aveu de conviction

En fait, Sarkozy a peut-être souvenir d’avoir  lu « Et on tuera tous les affreux » de Boris Vian publié en 1948 sous le pseudo de Vernon Sullivan…. Ce polard était drôle, lui… Et Vian n’avait jamais rêvé de l’Elysée…

Daniel RIOT

06/04/2007

"Sarkozy, mon ennemi de l'intérieur"

Le ministre démissionnaire publie mercredi un livre au vitriol contre le candidat de l’UMP. Des extraits circulent déjà. Lu sur LE FIGARO....«Un mouton dans la baignoire». Dès le titre, une allusion aux propos tenus par Nicolas Sarkozy sur TF1 à propos de la fête musulmane de l’Aïd-el-kébir, le ton de l’ouvrage d’Azouz Begag est donné : haro sur le candidat de l’UMP. Dans son livre, dont l’hebdomadaire Marianne publiera samedi les bonnes feuilles, l'ex-ministre délégué à la promotion de l’Egalité des Chances n’y va en effet pas de main morte avec son ex-collègue de l’Intérieur. Il revient notamment sur les émeutes de l’automne 2005, qu’il qualifie de «descente aux enfers».

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Parce qu’il reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir parlé de «racailles», une «sémantique guerrière», Azouz Begag raconte qu’il est violemment attaqué par les sarkozystes, qui demandent sa démission pour «absence de loyauté gouvernementale».
Mais Begag va plus loin, et met directement en cause Sarkozy. Il relate notamment un coup de téléphone où ce dernier lui aurait dit «Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy», avant de lui «passer un savon tellement incroyable» qu’il n’a pu s’«empêcher de le consigner sur le champ».
Et le sociologue de citer le ministre de l’Intérieur d’alors : «Tu es un connard, un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule !», aurait crié Nicolas Sarkozy, avant de lui demander de «ne jamais plus lui serrer la main à l'avenir».
Selon Le Parisien, Azouz Begag regrette également dans son livre le peu de soutien que lui aurait offert Dominique de Villepin, dont il était pourtant proche. Le quotidien raconte également que Jacques Chirac et le premier ministre auraient demandé à Begag de retarder la publication de son ouvrage.Le ministre aurait fini par démarcher son éditeur, Fayard, pour obtenir un délai, mais trop tard. Azouz Begag, qui a annoncé son soutien à François Bayrou, a alors dû démissionner. Il veut maintenant reprendre sa pleine «liberté de parole».

A LIRE >>>>>>>>

05/04/2007

AZOUZ BEGAG, ou la chance de de Villepin gâchée (par Sarkozy) ...

Azouz BEGAG a tiré sa révérence. Pour être pleinement libre de sa parole. Ouvrons les oreilles et les yeux : son livre promis ne sautait tarder. En attendant, j’ai relu son rapport de 2004 au ministre de l’intérieur, accessible sur le site de la Documentation française :De Villepin l’a-t-il lu ?  Sarkozy n’a vraiment pas du le lire…Dommage !

Azouz Begag    restera une référence : celle d’une chance, offerte par Chirac et de Villepin, et   gâchée par Sarkozy. D’une chance pour la France. D’une chance pour recoudre une société déchirée. D’une chance de retisser ce lien social si fragilisé par 25 ans de politiques contradictoires…

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Azouz Begag restera comme un ministre qui  incarnait une politique intelligente, équilibrée, porteuses de vrais changements à moyen et à court terme mais  brisée par la vue basse et politicienne d’un ministre de l’intérieur qui ne mérite pas le surnom de « premier flic de France », tant la plupart des flics, même condamnés à subir « l’aculture des résultats », ont une meilleure approche des réalités… Plus réaliste et plus humane, donc plus efficace. 

Face à Begag,  Sarkozy a montré son vrai visage : l’homme d’un ordre proclamé mais non installé, l’agent d’une droite autoritaire et peu éclairée, le ministre de l’intérieur le plus imposteur que la V ième République ait connu, un être qui ne supporte pas la contradiction et érige le mépris en vertu…de dialogue. Comme tant de ses supporters du « premier cercle » (non vertueux) qui l’entoure.

Begag ? « On n’a jamais très bien compris à quoi il servait au gouvernement », lâche l’un d’eux. « « Voilà longtemps qu’il aurait dû démissionner », dit un autre. « C’est l’Arabe de service de Chirac », lance un troisième. «  l’Arabe qui cache la forêt »… « Un alibi », chantent tous ces grands hommes qui se battent déjà pour savoir qui sera retenu au gouvernement en cas de victoire de N.S. … et qui regrettent , en fait, que Borloo, « ce naïf un peu de gauche», ait rallié le candidat de la « droite pure et dure », issu d’un gaullisme trahi, soutenu par des faux centristes du camp des « invertébrés opportunistes de droite » et impatient de ne gouverner qu’au profit de ceux qui l’aiment, lui, ou qui ont peur de lui…

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Ce fils de maçon algérien, Lyonnais depuis 48 ans,  a souffert dans ce gouvernement au bilan si mauvais que  Sarkozy préfère le taire. Il a été en permanence tiraillé « entre la rage de se battre pour la mixité sociale », par la mission que lui a confiée le Président Chirac » et l'humiliation de jouer les utilités ethniques, entre la volonté de parler avec ses tripes et la soif de siéger au gouvernement. 

Dominique de Villepin avait  fait entrer cet enfant du bidonville de Villeurbanne au gouvernement comme ministre de la promotion de l'égalité des chances, en comptant  sur la silhouette du Beur écrivain et sociologue pour compenser les effets de gueule et de muscles de Sarko-le-cogneur.

 

Des élus de la majorité le regardaient d’abord avec cette commisération et ce paternalisme si caractéristiques des suffisants arrogants. Tout s’est gâté   quand « le bougnoule de service »  s’est permis  d’appeler publiquement  M. Sarkozy, pourfendeur de « racaille », à mieux « choisir ses mots ». Puis quand il met l’accent sur la nécessité de se méfier de tout ce qui peut favoriser ce   communautarisme dont Sarkozy semble s’accommoder. 

S'il a réagi au verbe sarkozien, ce n'est pas pour alimenter une guéguerre ou pour se rendre intéressant aux yeux des médias si fréquentés par le ministre de l’intérieur, mais, a-t-il dit,  pour « préserver son équilibre d'homme libre », pour « pouvoir se regarder dans la glace » quand il sera ancien ministre.

Ce qui lui a fait physiquement « mal au ventre », ce sont les insinuations de politiques et de journalistes  sur le « Beur de service ».  « C'est insultant, quand on a écrit 40 livres, quand on a tant donné pour les valeurs de la République, de s'entendre renvoyé à son origine, à un statut d'esclave »,a-t-il martelé, à plusieurs reprises. « Quel message de désespoir adresse-t-on aux jeunes en leur disant que le ministre de l'égalité ne sert à rien ? »

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Il se veut ministre de toutes les discriminations — y compris contre les femmes, les handicapés et les seniors —, mais Begag, en ministre et en sociologue vit intensément et mal  « l'intifada des banlieues ». « Des jeunes détruisent un espace public auquel ils n'ont pas le sentiment d'appartenir. Il faut redonner un sens au vivre ensemble, le goût aussi de sortir de son quartier pour s'en sortir. »

Le ministre n’est pas un laxiste : « Il faut rétablir l'ordre : ce sont les voitures des travailleurs que l'on brûle." Mais « rétablir l'ordre au sens de la police républicaine »… « Avec un authentique esprit de justice et une politique qui donne une vraie égalité des chances ».

Il multiplie les propositions : multiplication des passerelles entre lycées populaires et grandes écoles, diffusion de l'enseignement du chinois, porteur de débouchés, création de brigades de police spéciales antidiscriminations. "Les jeunes refoulés d'une boîte de nuit doivent pouvoir appeler le 17, trouver la République au bout du fil. ». Il fait de son mieux, mais dans ce secteur là, la bonne volonté ne suffit pas…

Azouz BEGAG s’est rallié à François BAYROU sans avoir négocier quoi que ce soit avec lui. A la vue de son projet. Il est vrai que bien des idées prônées par le ministre démissionnaire dans son rapport intitulé « La république à ciel ouvert » rejoignent celles avancées par le candidat de « l’extrême centre ».

Toutes sont imprégnées de la même philosophie et des mêmes valeurs : esprit républicain, principe d’humanité, humanisme, respect de la devise de la république (Liberté, Egalité, Fraternité) dans les faits et pas seulement dans les discours.

Toutes visent les mêmes buts : recoudre un tissus social déchiré, travailler à une égalité des chances qui soit réelle et non seulement proclamée, s’attaquer aux racines des maux qui secrètent la violence, l’incivilité et l’insécurité (éducation, prévention, répression et réinsertion, aide aux victimes, politique de promotion sociale et non assistanat stérile, lutte contre les économies parallèles…). De beaux chantiers en perspective... Des chantiers à mener à bien IMPERATIVEMENT!

Daniel RIOT

 

PS: Je reprends ici le sommaire de son rapport qui reste un vrai programme d’actions :

 

La République à ciel  ouvert

Introduction : la France n’a pas assuré !

I- L’EGALITE DES CHANCES : DU MODELE A LA R EALITE

1.1- L’esprit de l’égalité des Chances

1.2- Les biais et les difficultés de la course

II- FRUSTRES DE PRAGMATISME

2.1- Des approches pragmatiques

2.2- Veiller toujours à associer diversité et qualité

2.3- Implications directes sur le cas français

2.4- Plaidoirie pour l’auto-déclaration des origines dans les statistiques en France

2.5- La promotion de l’égalité des chances n’est pas la charité

III- RECONNAISSANCE DE L’INDIVIDU

3.1. Promotion plutôt qu’intégration

3.2. « Je » républicain contre « nous » communautaire.

IV- « ALLER CHERCHER » LES CANDIDATS

4.1. Le contentieux historique entre les jeunes d’origine maghrébine et la police

4.2- Campagne de promotion ciblée et offre de stages

4.3. La Brigade anti-discrimination

4.4- Diversifier les jurys d’admission

4.5- Diversifier le contenu des concours

CONCLUSION : vers une culture de la mobilité

A LIRE EN pdf  >>>>>>>>

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RAPPEL

Banlieues : « Le tissu de notre société est en train de se défaire. », par François BAYROU 

 Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur.

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

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Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !

Il y a trois directions à suivre.

>>>En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l'Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l'Etat de proximité. Pas seulement l'Etat répressif, aussi l'Etat qui protège et qui aide.

Je propose qu'il y ait désormais un sous-préfet qui représente l'État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.

Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l'autorité du maire, en présence du sous-préfet.

>>>Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

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>>> Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.

Il faut prouver que la réussite est possible partout. »