07/02/2007
Mes carnets de campagne:L'altercampagne de Bové l'alterembastillé
José Bové doit faire ses quatre mois de prison ferme
« Etre en prison pour un crime n’empêche pas de commencer un autre crime », écrivait Victor Hugo. Il est même des emprisonnements qui donnent au prisonnier une aura qu’ils auraient moins. La cellule comme tribune, José le rebelle, alterembastillé, compte en user voire en abuser. Comme disait Bernard Shaw, l’homme le plus inquiet d’une prison , c’est…le directeur !

La cour de Cassation a (bien ) fait son travail : La condamnation de José Bové, candidat à la présidentielle, à 4 mois de prison ferme a été rendue définitive. Pourvoi refusé. Une aubaine pour Bové qui a refusé d’avance toute peine alternative est possible, comme le port d'un bracelet électronique. N’est-ce pas dans les prisons, comme disait Cocteau, « que l’idée de liberté prend le plus de force ». Au moins, Bové, accusé et condamné à juste titre, pourra-t-il jouer un peu plus les martyrs, les victimes, les censurés, les baillonnés. On imagine déjà des manifs bien orchestrées : « Libérez Bové ! »
Après le Loft, la « prison » comme lieu de communication. A chacun ses lieux :le ministre au ministère, le condamné en cellule. Georges Kejmann avait raison d’insister sur ce qui n’est pas encore vrai pour tous les prisonniers, hélas : « la démocratie ne doit s’arrêter nulle part, et surtout pas au seuil de la prison »
Les barreaux seront tout de même gênants pour les meetings électoraux. Bové mènera une altercampagne… Il était il est vrai déjà bien prisonnier de ses mouvements d’enthousiasme. Je ne sais pourquoi : je pense à une phrase de Montherlant, dans La Reine morte… « En prison pour médiocrité ». Peut-être ne suis-je, par rapport à José et à ses amis non modifiables génétiquement et intellectuellement, un alterdémocrate … qui devrait être en prison pour délire d’opinions.
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01/02/2007
Mon carnet de campagne : A quoi sert l’extrême gauche ? A ne rien changer…
Bové surprend par son art de ne pas surprendre. Il voulait être candidat. Il l’est. Il ne lui reste qu’à trouver des signatures qu’il obtiendra sans doute… Mauvaise nouvelle pour Arlette Laguiller (elle s’en moque) pour Olivier Besancenot (il s’en fout), pour Marie-Georges Buffet (qui va battre des records de plongée historiques), pour Dominique Voynet (pour qui cela pourrait être grave), pour Ségolène Royal (pour qui tout va de mal en pis) et pour … Le Pen !

Cette dernière référence vous étonne ? Sur les marges, les extrêmes se rejoignent et les populismes s’additionnent… N’en déplaise aux militants de « l’extrême gauche plurielle » (mais très singulière) et aux suppôts de l’extrême droite singulière (mais non uniforme) qui, chacun dans leur camp, défendent une « pureté »… empoissonnée par les réalités… et contredite par les études d’opinions.
Une partie de l’électorat dit « populaire » reste écartelée entre les deux extrêmes. Bien des troupes qui font aujourd’hui défaut au PC se retrouvent chez Le Pen. Et nos deux pôles des extrémismes, ces passagers du « train fantôme Vichy-Moscou », redirait Philippe Sollers passent d’un wagon à l’autre, avec armes et bagages, sans états d’âmes…
D’ailleurs,les deux,en l’état, n’ont pas ni vocation ni ambition à « gouverner » :ils veulent « énerver et innerver » le PPF, le paysage politique français. Ils veulent peser sur les événements et les comportements avec cette liberté irresponsable que donne la critique irresponsable, la contestation sans proposition, le NON destructeur sans un Oui constructif…
A quoi sert « l’extrême-gauche plurielle » ?, s’interrogeait récemment le Nouvel Observateur en opposant dans un débat entre Philippe Raynaud,politologue, et Michel Onfray, le philosophe à la mode des « non-pensants » qui se dit « libertaire » , « antilibéral » et « gaullo-gauchiste » (comme disait Maurice Clavel), « anti-libéral mais pro-capitaliste ». Très intéressant ce débat ! Onfray aurait du se présenter lui-même au lieu de pousser Bové…
Que c’est beau et généreux de se faire le porte –parole des « sans » quand on a …tout !
Les « sans » en tous genres sans proposer des « avec » ! La culture du Non sans proposition de OUI. Le narcissisme en politique, au plus haut degré du nombrilisme le plus stérile ! Le nihilisme le plus pernicieux sans la logique suicidaire et meurtrière des nihilistes authentiques ! Le révolutionnarisme de salon sans l’esprit révolutionnaire authentique !
Ils ont la vie dure, les logiciels de l’ère Trotski, les logiques de l’archéo-marxisme (de ceux qui ont mal lu Marx), les disques durs des prétentieux qui veulent incarner « la parole plébéienne » qu’ils méprisent avec leurs certitudes patriciennes masquées, les réflexes démagogiques de ceux qui veulent que « rien ne change pour que tout change » en faisant le jeu de ceux qui,selon la formule de Lampedusa, veulent que « tout change pour que rien ne change ».

Le discours d’auto-investiture du roi du Larzac, José Bové, le hors la loi, vaut son pesant de cacahuettes (comme disent les vieux singes) : Il dénonce la gauche en voulant la défaite de la droite. C’est beau « l’alterpolitique » ! « La gauche libérale n’a pas le souci d’idéal, l’extrème-gauche officielle n’a pas le souci du réel », lance Michel Onfray, beau parleur, en reconnaissant que ses amis « alter » cultivent « l’infaisable et l’indéfendable ».
Philippe Raynaud conclut en voyant juste : ce qui caractérise l’ultra-gauche (plurielle), c’est « le désir le pérenniser ce qui existe » ! On l’a bien vu avec le NON au référendum sur le traité pour l’Union européenne. On le voit dans cette campagne. Bové, allié « objectif » de Sarkozy ? Ce n’est une boutade : c’est une réalité…
Une remarque encore : comment et pourquoi « libertaire » est devenu un joli mot, noble et digne, et « libéral », un gros mot ? Nous en reparlerons. Liberté est un mot trop riche de valeurs et de sens pour qu’on le trahisse, même quand on a le succès d’un Offray qui fait son beurre avec une pensée margarine… Et qui est à la philosophie ce que le Grazy Horse est à l’Opéra… Et au changement, ce qu’est l’immobilisme ou la marche-arrière. « L’avant-garde » ? Une force du pire des conservatismes…Sarkozy n'a pas besoin d'aller faire son marché( aux voix) chez les Français qui se lèvent tôt des Halles: les "couche-tard" des altergauches lui en apportent sur des plateaux dorés. Avec l'onction d'intellectuels qui raisonnent (résonnent) comme des tambours.
23:25 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bové, présidentieles, extreme gauche
28/01/2007
Mon Carnet de campagne : « nou kay cassé çà ! »…
On rêvait d’une course à l’Elysée à tout casser, mais, pour l’heure, elle ne casse rien…
La vraie question des élections Présidentielles : « qui passe et quoi casse ? »

>>> «Moin sé on fanm doubout, nou kay cassé ça!» («je suis une femme debout ! On va tout casser») a lancé en créole Ségolène Royal aux Antilles. La réponse de l’UMP est venue vite : « Elle veut casser tout, même la République », ont dit les porte paroles de Sarko. Facile. Un peu trop. Une réplique de « caniveau ». Très difficile de ne pas céder à la facilité.
>>> Plus sérieuses, les réactions cassantes de Pierre Lellouche aux "approximations" (c’est le moins qu’on puisse dire) étalées par Ségolène au micro d’une radio en matière de défense. On l’interrogeait sur le nombre de sous-marins « nucléaires » de la France (question plus essentielles qu e celle qui était posée un jour à Giscard sur le prix du ticket de métro. Elle n’a pas seulement mal répondu, elle a donné une réponse fausse. De quoi casser de belles ambitions...
Une "incompétence évidente", a dit Lellouche, en rappelant que le Chef de l’Etat est le chef suprême des armées. Il y a pourtant de bons experts en défense au PS… Des cours du soir pour l’énarque ? Un peu tard, non ? Les lacunes sont faites pour être comblées. En attendant, il y a de quoi se « casser bras et jambes », ce n'est pas faux
>>> A la mode Ségolène ! Elle est même en vedette en icône à la Andy Warhol sur les robe du styliste italien Guillermo Mariotto. Cette photo AFP reprise dans le Figaro en témoigne. De l’art, la haute couture ! C’est à tout casser ou çà ne casse rien ?

De toute manière, la course à l’Elysée n’a rien d’un défilé de mode… même si la « starisation », des hommes et des femmes, s’affiche sur les « couv’ » des « mags » les plus « pipoles » qui personnellement me « cassent les pieds et les yeux »

A quand Sarko sur des cravates ou des chemises de soie? C’est déjà fait sur des T-shirt. D’ici à ce que les candidat(e)s posent dans la tenue des rugbymen qui ont donné un sacré coup de vieux aux calendriers de la poste, il n’y a pas loin… On sait déjà que Le Pen porte des slips Dim. Du moins c’est ce qu’il a dit en ne répondant pas à une question sur sa fortune qui pouvait le « casser » auprès des « petites gens » qu’il prétend défendre.

>>> Pas drôle de Villiers dans « Ripostes » de Moatti sur la Cinq. Mécanique, répétitif et « casse-pieds » face à Elisabeth Guigou. Etalant sa mauvaise foi, ses arguments fallacieux, ses analyses caricaturales face à Tarek Ramadan qui lui a posé de vrais « casse-tête ».
Mais ce n’est pas grave, il est fier de ce qu’il a fait en Vendée, sûr d’avoir raison en tout et pour tout et toujours content de lui… Même quand il reste sans voix quand Guigou lui lance : « vous êtes le poisson-pilote de Sarkozy dans les eaux de Le Pen ».

Il se veut un candidat atypique : « pas un de ces poulets élevés en batterie »… Il dénonce la « cleptomanie » des débats par le Ségoland et le Sarkoland. Il est contre l’Europe qui nous fait perdre « vitalité, identité, souveraineté » et réduit le Président de la République en un « René Coty sans les chrysanthèmes et à la Reine d’Angleterre sans son chapeau ». Et il est sûr que les Français vont voir ce qu’il va montrer et entendre ce qu’il va dire. Dans cette campagne il veut « casser la baraque »
>>> Joli partage des rôles chez les Le Pen. Sur le plateau de « chez FOG » sur la Cinq, Marine confirme le bond qualitatif qu’elle a réussi à faire dans ses prestations. Sourires séducteurs, voix bien posée et calme, arguments lancés avec une force de conviction indéniable, refus des surenchères populistes qui ont fait « l’image « du FN. Elle peut « faire de la casse » dans une partie de l’électorat.

Le papa, lui, qui n’a rien d’un vieil homme « cassé » a montré à quel point on a du mal à « changer » même quand on a d’incontestables qualités de comédien. Samedi soir, il a joué à fond, jusqu’à « se casser la voix », dans le registre qu’il adore : la peur qu’il dénonce pour l’entretenir, la cultiver, l’amplifier .Et en profiter.
La peur ? Les peurs plutôt. Chez soi, dans la rue, au bureau, dans les écoles, dans les transports, dans les hôpitaux, dans les assiettes… Et sur les plages ! « Au moment de Tchernobyl, j’étais à Nice. J’ai senti subitement une brûlure. C’était le nuage ».Très radioactif, Le Pen ? Rétroactif, plutôt. Il en irradie ses supporters. Un point de détail : il ne s’est évidemment pas mentionné dans les sources de peur. Regardez Marine : elle est rassurante…Un charme qui devient cassant. Et le FN vient d’effacer un lien fasciste sur son site. Alors ? Il n’a qu’une peur Le Pen, c’est que les Français aient peur… de ne plus avoir peur et prennent conscience que l’âge adulte se caractérise d’abord par la capacité de surmonter ses peurs. Mais n’est pas le Chevalier Bayard qui veut. Le Pen reste un « casse-tête » (chinois) pour tous les « partis de gouvernement »
>>> Il en est un qui surmonte ses peurs : c’est José Bové. Il attend les derniers sondages avant de se lancer dans la course, mais il n’attend pas le résultat de son pourvoi en Cassation (le 7 février). Une décision qui risque pourtant de lui faire mener campagne depuis une prison ! Incassable, Bové.

Il n’a pas peur mais il reste prudent. Selon le JDD, José Bové se réserve la possibilité de mettre un terme à la course électorale (à casser les amarres) le 11 mars après une évaluation de la dynamique qui sera lancée le 1er février.
Le PCF et la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) déplorent évidemment la démarche de l'homme du Larzac, qui risque de « casser » la donne à la "gauche de la gauche" Des militants le mettent en garde contre une « aventure personnelle ». Déjà, les 35 000 signatures de la pétition lancée sur le Net lui ont, paraît-il fait « chopper la grosse tête ». Nul besoin d’OGM pour changer un homme : la popularité et la soif de pouvoir sont des engrais naturels… Mais on ne va pas lui « casser du sucre sur son dos »

>>> Dominique Voynet aussi risque se pâtir de la candidature atypique de Bové. Il arrive même (comme Ségolène) devant elle dans le hit-parade des défenseurs de l’écologie réalisé pour France 3 et France Info.. Mais ne lui en parlez pas. Elle ne veut plus entendre parler ni de sondage ni de Hulot ni de tous ce qui peut la contrariée et lui « casse les oreilles » Seul son « contrat écologique » compte… avec les négociations Verts-Ps pour les investitures aux législatives.
« A gauche toute », ont titre bien des journaux après son meeting de lancement… Pourtant Ségolène est plus qu’égratignée. Dominique lui « casse les reins » : Il faudrait que les socialistes "gouvernent pour changer vraiment" et qu'il y ait "dans le bouquet de la gauche, beaucoup d'écologie". Et Ségolène Royal a une "propension inquiétante à surfer sur ce qu'on croit être la volonté de l'opinion" : elle devrait "dire ce qu'elle veut faire" et non "ce que chacun veut entendre". Elle n’est pas la seule à le dire. Mais cela va venir, paraît-il. Comme le livre « participatif » annoncé sur Internet ? Un projet d’avant campagne qui a été… « cassé ». Comme l’élan qu’elle a eu au moment de son investiture. Ressort cassé pour la « serial bourdes ». mais l’air de la Martinique lui donne l’espoir de réparer le ressort cassé

>>> Déjà « cassé » aussi l’un des projets de Sarkozy. Et là il ne s’agit pas d’un produit d’édition. Nicolas Sarkozy ne prévoit finalement pas de généraliser la formule du Contrat nouvelle embauche (CNE). Ce n’est pas lui qui annonce ce retrait, c’est son porte-parole Xavier Bertrand qui a « cassé le morceau » :
« Le CNE, avec 800.000 contrats signés et 240.000 créations d'emplois, a montré que l'assouplissement de notre droit du travail permettait de libérer les embauches. Mais il a aussi des défauts comme l'absence de la motivation de rupture du contrat et une période d'essai beaucoup trop longue. Notre intention n'est donc pas de la généraliser », dit-il dans un entretien au journal La Tribune. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, non ? Surtout sur des sujets « casse-cou »
Mais Xavier Bertrand confirme que Nicolas Sarkozy va réformer le droit de grève dans les services publics, les universités et les administrations s'il est élu à l'Elysée. Sans avoir besoin de changer la Constitution… si le conseil Constitutionnel ne « casse » pas le projet, bien sûr.
Pardon d’avoir tirer sur la corde au risque d’avoir cassé votre attention. Tout a une fin : « Tout passe, tout lasse, tout casse »
Daniel RIOT

Précision: "cassé", c'est "changer" ou "être en rupture". ce n'est pas "tout casser^"(république comprise)
Au risque de casser quelques effets faciles de ce texte (qui indirectement montre que "casser" peut être négatif ou positif) je reprends les précisions données(tard dans la nuit) par l'AFP à partir d'un communiqué d'un député PS antillais. Traduire, parfois, c'est trahir...En l'occurence, il n'y a pas de quoi se casser les dents ou le cou.
Député de la Guadeloupe et secrétaire national du PS aux DOM-TOM, Victorin Lurel, s'est déclaré "scandalisé par l'exploitation "éhontée," par l'UMP, de la traduction inexacte d'une expression créole", utilisée la veille par Ségolène Royal. Il est "scandaleux que l'expression créole +nou ké cassé ça+ ait été traduite par +nous allons tout casser+".
"Nou ké cassé ça, ça veut dire que nous allons changer ça", a ajouté M. Lurel, qui a précisé qu'une chanson créole connue reprenant cette expression avait été diffusée à l'issue du meeting de Mme Royal samedi aux Abymes.
M. Lurel affirme que "l'UMP ne connaît rien aux départements antillo-guyanais". "C'est faire preuve d'ignorance et d'inculture crasse que de faire croire que le mot +kacé sa+ en créole veut dire +casser la République+ alors que cela veut dire +changer les choses+", écrit le dirigeant PS ultramarin.
Le député estime "scandaleux que l'UMP qui, cinq ans durant, a abandonné l'Outremer, qui a tout cassé au sens premier du terme et tout abîmé, n'a pas financé le logement social, a fait perdre 600 millions d'euros au budget de l'Outremer et, pour tout dire, pratiqué un cartiérisme honteux et un largage insidieux, s'en prenne aujourd'hui à Ségolène Royal".
Selon le journaliste de l'AFP en poste depuis de nombreuses années en Guadeloupe, l'expression créole "nous ké cassé ça" peut être traduite par "nous allons changer ça" et, dans son acception la plus extrême, par "nous allons entrer en rupture".Dont acte. Tout cela est à prendre avec le sourire, bien sûr. Ségolène n'a rien d'une "casseuse de République", C'est l'évidence... Personnellement, cela me donne envie d'entendre des chansons créoles et de retourner faire un petit tour aux Antilles.
21:40 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, royal, sarkozy, bové, voynet
21/01/2007
Mon carnet de campagne : Où l’on apprend que Nicolas ne boit pas de vin et que Ségolène désapprouve l’excessive modération du PS face au saoulant Frêche…
Ségolène sur Canal, Sarko sur France 5 : un dimanche en duo plus qu’en duel…
>>> Meilleure sur Canal+ ce dimanche que sur TF1 hier, Ségolène R. Parce que Laurence Ferrari est moins partiale (plus vraie journaliste) que Claire Chazal dans sa manière de conduire une ITW ? Peut-être… Claire n’est à l’aise que face à Sarkozy. Là elle joue à fond son rôle de faire-valoir. Face à Ségolène, elle est du type femme boudeuse, et face à Bayrou, elle se fige dans la posture de la femme outragée… C’est dur le journalisme. Surtout quand on fait plus de la télé que du journalisme à la télé. Nuance.

Pas « d’homme providentiel »
>>> Reconnaissante, Ségolène. C’est « grâce à François » que le PS est resté uni et est « en ordre de marche ». Au pas, camarades.
>>> Raisonnable, Ségolène : Elle doute que la France ait besoin d'un "homme providentiel" qui "promet tout" et "ne tiendra rien".
>>> Déterminée, Ségolène qui puise son énergie « dans l’énergie des Français qui participent aux quelques 5000 débats organisés par le PS : elle s'efforcera de l'emporter sur Nicolas Sarkozy dans une bataille "projet contre projet". Pour l’heure, les duettistes ont des difficultés à faire entendre leurs différences…
>>> Enfin ! La candidate socialiste, sur Canal +, « désapprouve que Georges Frêche n'ait pas été suspendu plus tôt » pour ses propos « inacceptables et humiliants » sur les joueurs de l'équipe de France de football. Elle souhaite même qu’il soit exclu du PS. Décision le 27 janvier : les procédures sont bien longues au sein de ce parti quand elles concernent des notables aux poches bien pleines… et aux têtes bien lepenisées.
« Je ne bois pas de vin »
>>> Excellent, Nicolas S dans « chez FOG » sur France 5. Calme, serein, amoureux de l’écrit, des journaux qu’on tient en mains, des livres, de la culture, des idées. Hauteur et sensibilité. A la mode mitterrandiste, pourrait-on dire sans vouloir offenser quiconque. Un mitterrandisme tout de même teinté de prudommisme…

Un truisme : "Quelqu'un qui est candidat à l'élection présidentielle doit devenir un homme de synthèse parce que notre pays est lui-même une synthèse". Bonne analyse…
Une vérité première : « On peut écouter et ne pas entendre. Ce qu'il faut, c'est écouter, comprendre et intégrer ». Comme voir n’est pas regarder… Très profond, tout cela : les Sarkozyteries sont dignes des Ségolèneries… Bayrou a raison ; un duo plus qu’un duel…
Un aveu (riche d’une belle franchise) de Sarkozy que les viticulteurs apprécieront : « je ne bois pas ». Pas même un verre de bon vin de temps en temps. Un regret : « Dans les débats actuels, les grandes voix chrétiennes manquent ». Parce que les paroisses n’ont plus les moyens d’avoir du vin de messe de qualité ? Pardon : une mauvaise plaisanterie de ma part.
>>>La seule ivresse de Sarkozy, c’est celle du pouvoir. Un peu maso, je vais me replonger dans « un pouvoir nommé désir » de Catherine Nay (chez Grasset). En exergue, une citation du général de Gaulle : « La gloire se donne seulement à ceux qui l’ont toujours rêvée ».
« Je suis mon meilleur ennemi »
>>> Une question faussement provocatrice chez FOG, encore : Que fera-t-il, Sarkozy, s’il est battu ? « D’abord, je m’interrogerai : quelques erreurs, quelques fautes aies-je fais pour manquer une telle occasion ? ». Logique…Il paraît qu’il dit souvent : « je suis mon meilleur ennemi ».
Sage et prétentieux à la fois : cela doit être difficile de se voir le meilleur en tout et pour tout, y compris dans le pire. Au bout du compte, son slogan est juste : avec lui, vraiment tout est « possible ».
>>>Reste à savoir, comme le dit De Villepin, s’il dispose d’un « logiciel » et d’un « disque dur » qui répondent aux aspirations des Français. Le bonapartisme même rénové a ses limites…et ses risques ! Et pour ce qui est du nouveau visage souriant, convivial et sécurisant qui tente d’effacer le coté anxiogène du ministre de l’intérieur, chacun sait, selon la formule de Bayrou,que « ce n’est pas parce que le loup se met un fichu sur la tête qu’on le prend pour le chaperon rouge »…

Les picotements de Bové ou la politique génétiquement modifiée
>>> Bové fort des 23 000 signatures recueillies sur internet par la pétition lancée en sa faveur a trop de « picotements » dans le ventre pour ne pas « y aller ». Il passe à l’ATTAC, en quelque sorte. En ouvrant l’ère de la PGM, la politique génétiquement modifiée par ce que Krivine, l’ultra-gauche génétiquement non modifiable, appelle la « démocratie de pétition »…
« J'annoncerai ma candidature le 1er février », a déclaré José-le-Croquant « Le 1er février sera le jour de l'annonce officielle (…) On est entré dans une dynamique, on est déjà en train de construire cette campagne », Ses militants vont d’ailleurs d'ores et déjà à la chasse aux parrainages, « qui vont matérialiser de façon concrète qu'on ira jusqu'au bout »…
Battre la droite sans faire gagner la gauche
>>> Olivier Besancenot, Arlette Laguiller, Marie-George Buffet s’en moquent (ou presque) Jusqu’au bout, ils iront… Avec ce dessein génétiquement figé : vouloir changer tout pour que rien de change, obtenir la défaite de la droite sans vouloir la victoire de la gauche, améliorer la condition ouvrière tout en faisant fuir les « classes laborieuses » dans l’électorat de Le Pen, dénoncer le système tout en en tirant parti... Aucune révolution copernicienne en vue, à gauche de la gauche!
>>>Les têtes pensantes d’un archéo-trotskysme enkysté d’attac , ce super-marché des idées fausses, de « Copernic » (qui pensent que le monde tourne autour leurs nombrils), de (l’alter) « Monde diplomatique » et des officines qui oublient que PC est un type d’ordinateur et plus une formation politique doivent se frotter les mains. Plus les candidats de l’ultra-gauche sont nombreux, plus ils seront sollicités. C’est la vielle loi de l’offre et de la demande. Du marché.
16:40 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, royal, sarkozy, bové
13/10/2006
Carnet de campagne: Qui n'est pas pour une "République nouvelle"?

>>> Après la "RUPTURE", la... " REPUBLIQUE NOUVELLE"…Nicolas Sarkozy veut prendre de la hauteur dans son affrontement avec les Chiraquiens « Mon projet est simple: (...) je veux un nouvel Etat, une nouvelle Nation, une nouvelle République ». Beau programme: qui rêve d'une vieille république? Et que personne ne l’oublie : « Je ne laisserai personne vous voler la victoire que vous méritez, une victoire que je ne laisserai pas sacrifier à des divisions qui n'auraient aucun sens", Une pointe se sel en plus : « Le garant de l’unité (de l’UMP ), c’est lui…Un peu de poivre : Il veut « sceller un nouveau pacte avec tous les Français » grâce à une « une nouvelle relation avec les Français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance dans la parole de l'homme public ». Face à « un Etat qui s'abîme dans l'impuissance », il propose de « refaire l'Etat comme en 1958 », un Etat « exemplaire" et "impartial ». Une référence à de Gaulle? On dirait... La "république nouvelle" serait donc une V ième non trahie... Donc une "ancienne" qui retrouverait sa virginité. Cela vaut méditation...
>>> Pascal Sevran nouvelle recrue : « La Sarko-France en chansons ». Heureux Sarkozy ! Ses soutiens « poeple » s’enrichissent d’une recrue de poids…A Périgueux, après avoir opposé sa conception de la République à celle des socialistes et de l'extrême droite.( « Nous ne laisserons pas plus le monopole de la République au Parti socialiste que nous ne laisserons le monopole de la nation à l'extrême droite »), il a présenté l’un de ses nouveaux « fans » : Pascal Sevran, autrefois « proche » de François Mitterrand. Dalida priez pour nous… Sarko, il est vrai, a une belle galerie « d’amis » connus. Le Nouvel Obs a recense :Didier Barbelivien (Chanteur),David Brécourt (Acteur), Christian Clavier (Acteur), Gerard Depardieu (Acteur), Doc Gyneco (chanteur de rap), David Hallyday (Chanteur), Johnny Hallyday , Laeticia Hallyday (quel esprit de famille !), Loïc Le Meur (Blogueur), Jean Reno (Acteur)…Une liste non exhaustive
>>> Noah s’en mêle : « Non à Sarko »… Le chanteur et ancien champion de tennis Yannick Noah http://www.yannicknoah.com/ s'en prend au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, dans un entretien aux lecteurs d"Aujourd'hui en France/Le Parisien « Je sais juste qu'il y en a un pour qui je ne voterai pas. A cause de ses idées. Je travaille dans le milieu associatif, je pense qu'il y a des gamins qui ont besoin qu'on les aide. (...) Lui (Nicolas Sarkozy) ne voit pas la vie comme moi « Lui, il est copain avec les riches, il s'occupe des riches. Les autres, il s'en fout. Je ne suis pas un courtisan, je suis libre" »
>>> Pas d’exil en cas de victoire de Sarko-Napoléon-le-petit… Noah, voilà mois avait déclaré : « Une chose est sûre: si jamais Sarkozy passe, je me casse », lors d'une interview à Paris Match (qui avait été censurée, comme l’a révélé Le Canard enchaîné). Yannick Noah revient sur ces derniers propos. « J'ai dit ça sur le coup. En fait, je crois qu'il vaut mieux rester », observe-t-il dans son ITW au « Parisien ». Yannick Noah approuve par ailleurs le geste de Lilian Thuram et de Patrick Vieira qui ont invité d'ex-squatteurs de Cachan à un match au Stade de France. « On est tous des citoyens. Quand les gouvernements gèrent mal, on peut pas regarder défiler des mamans et des gamins sans rien faire ». consolation pour Sarko, si attentif au monde « poeple » (un mot plus en mode que « peuple »), Yannick Noah n'est pas prêt à se lancer en politique. « J'aime bien ma liberté. Il faut trop de compromis pour arriver là-haut »…. Pourtant, il en faut des femmes et des hommes « là-haut », ce « là-haut » si décrédibilisé par Raffarin et sa « France d’en bas ».
>>> Inspiré, Thierry Breton. De Ségolène Royal, le ministre de l'Economie dit : c’est « Madame on verra plus tard »… Il n’a pas tort, même de « bons » socialistes le regrettent…. Mais c'est celà "laudace en charentaises": "Je pense ce que veulent les français". Montebourg va encore m'en vouloir...
>>> « On a vu hier et aujourd’hui »… A La Réunion, Ségolène a « cogné » contre Sarkozy. Logique. Elle a mis en cause « la crédibilité de la parole politique » du ministre de l’intérieur (et ancien ministre des finances). « Promettre pour demain ce qu'aujourd'hui on est dans l'incapacité de faire, c'est le contraire de ma conception de la vie politique et de la crédibilité de la parole politique », a-t-elle dit en soulignant (entre autres) la responsabilité de Sarkozy dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin qui a adopté une réforme des retraites « qui a fait reculer de manière drastique les droits des femmes (...), réforme qui a remis en cause les droits des femmes à l'accès à la retraite »… Sarko doit s’y faire : « la France d’après », ce sont des paroles, mais la France d’aujourd’hui, c’est lui…Les « ruptures » avec soi-même ne sont que des bonnes résolutions. Sur ce plan, Ségolène a raison…
>>> Oh ! Cet humour anglais… « Les capitalistes doivent être effrayés" et être taxés pour les délocalisations, déclare Ségolène Royal dans The Times, qui publie vendredi 13 octobre un article sur le "phénomène Royal" dans sa région Poitou-Charentes. C’est plutôt bien. Mais qu’en tire The Times comme conclusion ? « Ségolène Royal est une admiratrice de Tony Blair, Mais dans la compétition pour obtenir l'investiture du PS à la présidentielle, elle a souligné qu'elle restait une gauchiste à l'ancienne.(…) Si elle était élue, elle maintiendrait l'économie sous le strict contrôle de l'Etat, à la vieille mode gauloise.". Pas très gentils ces Anglais…il est vrai que chez eux, Blair, vanté, par Ségolène, est plutôt dans un pot de confiture amère que dans de la crème fouettée…
>>> Rassurante ARLETTE : pour un recul de l’âge de la retraite. Elle continue. Elle a tenu hier soir son « meeting de rentrée ».Et elle a prévenu, dans le Figaro, qu’elle "ne compte pas disparaître de la scène politique » (…)« Une 'candidature de rassemblement me paraît une hypothèse peu probable (…) Déjà, en juillet 2005, j'avais indiqué à la LCR que le 'non' au référendum sur la Constitution européenne ne constituait pas un ciment suffisant pour une politique unitaire » (….). « Je ne vois pas ce grand élan unitaire antilibéral qui existerait pour une candidature commune. Donc, comme je l'ai annoncé en décembre 2005, je serai candidate. Ce ne sera pas une candidature de témoignage, mais de combat, pour défendre mes idées, que personne d'autre ne défend auprès des travailleurs ». 
>>> José Bové, lui, voudrait des « primaires » à la « gauche de la gauche », mais il voyage trop dans l ’hémisphère sud pour tenir le « terrain ». Internet ne peut pas tout faire. La « mondialisation » a trop « désenclavé » le Larzac, sans doute…Consolation pour lui : les voyages ne forment pas seulement la jeunesse, ils ralentissent la vieillesse. A quand une « pub » pour « Fréquence plus » avec José, le « paysan-poeple » ? Plaisanterie, « off course », comme dirait Blair.
23:50 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, présidentielles, ségolène royal, sarkozy, bové, arlette laguiller










