06/01/2007

Carnet de campagne: de l'art du stratagème...

medium_lepage-.jpg

 

Une coquine, Corinne !… Elle sait se mettre à la page, Mme Lepage  Il est vrai qu’avec les conseils et le soutien actif du brillant et bouillant André Bercoff, cet « agitateur de presse », elle appris l’art d’user voir d’abuser des pseudonymes… Lui a été entre autres Caton, Philippe de Commines ou Casanova. Elle a été Catherine Médicis, le temps d’une pré-campagne et d’une belle opération éditorialo- marketing, en libraires et sur le web

 

En cette époque où le paraître importe plus que l’être, il faut parfois savoir se  masquer pour avancer, se cacher pour mieux se montrer, se dissimuler pour mieux se mettre en relief. « Pour se faire entendre, dans ce pays, aujourd’hui, quand on n’est ni PS ni UMP, il faut utiliser un stratagème », dit-elle…En huit mois de stratagème, Corinne a réussi à bien vendre son « J’arrive », à accueillir plus de 40 000 mails sur le site anonyme, ou presque

medium_lepage_livre_1_.jpg

 

« Il fallait tendre un miroir qui réfléchisse », explique, sérieusement, Bercoff. Et les deux coquins-malins en tirent un nouveau livre déjà en vente, y compris sur Amazon, un jour après le 5 janvier, date annoncée et respectée des masques levés. Après le pamphlet : un programme.

medium_le_page_livre_2.jpg

Tant pis pour ceux (plus coquins encore ) qui voyaient (avec un sourire malicieux) derrière Catherine Médicis, Catherine M., autrement dit Millet, celle qui a un sens de l’écologie qui n’a rien à voir (autant qu’on en puisse en juger) avec celui de l’avocate d’affaire …

>>>L’opération Lepage-Bercoff est tout de même plus amusante que le lancement de la campagne de la cheftaine du PC. Elle manque vraiment de coffre Mme Buffet (pardon, ce n’est pas bon !).

>>>Il est vrai que la cheftaine des Verts n’est guère plus inspirée. Mme Voynet a une excuse : l’hypothèque Hulot est toujours au-dessus sa tête et sous ses pieds.

>>> On plaisante, mais toutes ses aspirantes au pouvoir suprême n’ont pas les moyens le Sarkozy qui lui aussi utilise un joli stratagème : sortir plus d’un milliard d’euros qu’il n’a pas et qu’il distribue  à la Corse…Le ministre de l‘Aménagement du territoire a-t-il en réserves d’autres crédits à distribuer (ou plutôt promette) dans d’autres Régions ? Sarko n’a pas besoin de se masquer derrière un pseudo : il avance à visage découvert, en   jouant seulement avec ses diverses casquettes et ses multiples cassettes… En toute bonne conscience. Serein, le ministre-candidat!

>>>On dit qu’il quittera « l’intérieur » le 14 janvier. Peut-être. Le Canard croit savoir que Baroin le remplacera place Beauvau. Pourquoi pas ? Les pratiques bananières de Sarkozy devraient s’en trouver plus limitées…Il est temps, non ? Mais j'en crois la dernière livraison du Monde, rien n'est sûr. Sarko "n 'en est pas à un mois près".il le dit lui-même.Ei paraît que Chirac tient à ce qui reste en place.Ah bon!

>>>Une déception, ce samedi (jusqu’à présent) : Chirac privé de cérémonie des vœux (sauf ceux de Corrèze qu'on attend) n’a pas pu annoncer de nouvelles mesures pour les cinq ans à venir et prendre des engagements que Sarkozy, s’il est élu, ne pourrait pas tenir.

>>> Chirac n’a pas non plus faire la leçon au « petit prétendant ». Son discours sur l’état du monde fait vendredi devant le corps diplomatique ne restera pas dans les annales (comme le dernier discours de Mitterrand devant le Parlement européen, par exemple), mais Saro-l’admirateur de Bush se souviendra sûrement de ce passage qui ne visait pas que le Président américain :

« Comme la France le pressentait et le redoutait, la guerre en Irak a précipité des bouleversements qui n'ont pas fini de dérouler leurs effets. La France a refusé de participer à l'intervention armée américano-britannique du printemps 2003 en Irak. Les attentats meurtriers sont aujourd'hui quotidiens dans ce pays, où quelque 130.000 soldats américains sont déployés. Cette "aventure" a "exacerbé les clivages entre communautés", "ébranlé l'intégrité même de l'Irak", "fragilisé la stabilité de l'ensemble de la région" et "offert au terrorisme un champ d'expansion »

C'est l'occasion de rappeler une donnée de base : ce n’est pas un premier ministre que nous allons élire. C’est d’abord le premier Représentant de la France et des Français et le premier Responsable de la paix et de la guerre. Un enjeu trop souvent passé sous silence. Mais la campagne ne fait que commencer…