06/12/2007

Strasbourg: Un test pour le MoDem

Lettre ouverte à François Bayrou, par Nelly Margotton

Monsieur le Président du Modem, très cher François Bayrou,

Si vous placez mon nom sur un sondage de notoriété, personne ne le reconnaîtra (hormis mes amis et les militants bas-rhinois du MoDem), mais c’est justement la raison pour laquelle j’ai choisi la forme de la lettre ouverte, je n’aime pas m’exprimer de manière dissimulée et sans assumer publiquement des positions, alors que des personnes notoirement reconnues par des citoyens lambda préfèrent avancer masquées et sans se déclarer…

Sympathisante depuis 2001 des propositions de la Relève, dont je me suis appropriée le message et les valeurs pour mieux les diffuser de manière convaincante, et adhérente au MoDem suite à la lecture de Projet d’Espoir, je reste persuadée que les convictions les plus profondes doivent être la base d’un projet politique et des actions qui en découlent.

De la même manière, ces convictions sincères font l’objet de remise en question perpétuelle et d’étapes vers des réflexions toujours plus poussés sur l’avenir de notre pays, ce qui m’a poussée à venir réfléchir avec vous à Seignosse et à Villepinte, mais aussi quotidiennement, sur le terrain, avec les acteurs de la démocratie : les habitants de notre beau pays.

La perspective des Municipales qui dans ses échéances, constitue une contrainte pour un Mouvement qui est phase de structuration et dont l’avenir incertain est porté par des forces militantes déterminées et fort justement optimistes, offre aussi la chance de faire vivre votre beau projet concrètement (par des futurs décideurs et bâtisseurs), et localement (au plus proche des citoyens préoccupés par leur quotidien et donc leur environnement, au centre de la démocratie). Cette chance mérite qu’on prenne en compte ceux qui ont choisi de prendre le risque (comme vous à Pau) de porter le message et les méthodes nouvelles de votre projet.

Même Platon n’a pas souhaité pérenniser l’idée de donner le pouvoir à des Philosophes Rois, reconnaissant rapidement que les idées et le gouvernement appartiennent à des domaines et des compétences différents, et que si le sage philosophe est celui qui détermine les degrés de sagesse et de vertu des décisions, le gouvernant est celui qui décide. Pardonnez-moi ce rapprochement rapide, mais au regard des Strasbourgeois, aujourd’hui, le MoDem prend la figure du Philosophe Roi, mais pas celui du décideur. Depuis combien de temps attendons-nous l’investiture ?

Je suis membre de l’équipe de Chantal Cutajar (et j’en suis aussi fière que de ma carte d’adhérente au MoDem), et avec toute l’équipe, nous avons choisi de commencer à travailler sans attendre, depuis des semaines (cafés démocrates, rencontre autour de la journée mondiale en souvenir des victimes des accidents de la route, forum internet de discussion et blogs, tractage pour le MoDem, …).

Pourquoi ? Parce que pour nous, le MoDem n’est pas une étiquette à coller sur une équipe, mais une véritable opportunité de rencontres avec les citoyens sur la base de discussions ouvertes, qui ne prétendent pas diffuser la bonne parole, mais plutôt écouter et prendre en considération tous ces animaux politiques que nous sommes.

Pourquoi ne pas annoncer votre choix ? Vous ne nous faites pas confiance ? Que manque-t-il à Chantal Cutajar aujourd’hui pour porter fièrement les couleurs du MoDem dans sa campagne ? Quel est le problème M Bayrou ? Chantal Cutajar est exemplaire malgré l’insoutenable ambiance créée par l’attente et ce manque de reconnaissance, et je vous demande « de toutes mes forces » d’être exemplaire aussi en nous traçant la voie. Le MoDem n’est pas l’étiquette de Chantal Cutajar, mais c’est plutôt elle qui, mieux qu'une étiquette, est l’emblème strasbourgeois du MoDem, et je suis si sûre de moi que je vous invite à venir nous voir au travail, plutôt que le contraire, afin que le constat s’impose.

Votre fidèle militante, de toutes ses forces et son espoir

Nelly Margotton

21/10/2007

SOS MoDem ! Epreuve de vérité pour Bayrou

A travers plusieurs articles intéressants et des forums riches en réflexions, Agoravox  vient de donner aux débats internes au Modem un relief nouveau qui peut être salutaire. Car une chose est incontestable : le MoDem tout neuf connaît sa première crise existentielles avant même de naître. Pas seulement à cause des municipales  mais en raison des ambiguïtés de son  accouchement qui ne se fait pas sans douleur

Pourquoi ?Parce que François Bayrou n’a pas pu (ou su) adapter ses actes à son discours. Parce qu’il n’a pas pu (ou su) se libérer complètement de ce qui l’a pourtant poussé à transformer l’Udf en parti du « penser libre » d’abord et du mouvement démocrate ensuite.

Une accusation grave ? Non : un constat plus qu’attristant. Mais sans doute le co-fondateur (avec Corinne Lepage) du MoDem, est-il le premier à en avoir pris conscience. C’est ce qui autorise (encore) celles et ceux qui ont cru (et croient encore) aux vertus du « premier parti du XXI ième siècle »   à ne pas baisser les bras et à ne pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ».

Trois constats d’abord :

1) François Bayrou ne doit  son succès de la campagne présidentielle qu’à lui-même et qu’à la qualité de son programme. Je fais partie de ceux qui pensent que son résultat aurait été meilleur si plus de responsables de  structures départementales et locales de l’udf avaient davantage cru en sa victoire.

Ces « strapontins de la droite » (j’ai constaté cela très concrètement sur le terrain en Alsace, et plus particulièrement à Strasbourg) ont été militants par devoir plus que par convictions... en pensant déjà à d’autres échéances, où les notables et candidats notables font des calculs politiciens plus  personnels que collectifs. C’est humain.

Celles et ceux qui soutenaient Bayrou à fond, par partage de convictions et non par ambitions, en ont même soufferts. Et en souffrent encore. La sincérité, en politique, est suspecte aux yeux de celles et de ceux qui n’ont que des sincérités successives, simultanées ou simulées.

Faire de la politique « autrement », c’est d’abord repenser, à tous les niveaux, les relations que les « politiques » entretiennent avec le pouvoir… La réussite de Bayrou dépend d’une révolution culturelle qui n’est pas encore faite. Pour être clair, en l’état, « Cap 21 » est plus authentiquement dans la « ligne Bayrou » que l’udf. C’est bien pour Cap 21, mais c’est très triste pour l’udf…

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2) Dans sa vie privée, Bayrou (qui heureusement ne cède pas à la mode détestable de la pipolisation) est le seul des trois grands candidats à la Présidentielle à être sorti indemne de cette terrible épreuve. Mais politiquement, il est trois fois le grand cocu de l’Histoire

>>>Il aurait dû accéder au second tour sans cet étau politico-médiatique des fanatiques, de droite et de gauche,  de la bipolarisation,  si artificielle et si nocive… Ah ! Avec des si…

>>>Il a été lâché, ou plutôt trahi, par ses lieutenants qui se retrouvent aujourd’hui dans un Nouveau centre qui n’est ni nouveau ni  centriste mais qui constitue un pôle risquant de perpétuer longtemps cette bipolarisation dénoncée, les marais à girouettes et l’art du « compromis-compromission ».

Ce pôle, de surcroît, encourage les sénateurs udf à rester plus udf que modem… Avec tous les considérations financières que cela comporte. Or, un parti n’est INDEPENDANT que s’il est financièrement autonome. Le « nerf de la guerre » est aussi le muscle de la paix. Personne n’en parle beaucoup, mais ce n’est pas un hasard si Mercier, à Lyon, est si écouté : on n’est pas trésorier du groupe sénatorial sans moyens de pression.

>>>Les débauchages qualifiés d’ « ouverture » pratiqués avec talent par Sarkozy visent en fait plus le Modem en herbe que le PS en friches. Les « socialistes » recrutés étaient (presque) tous prêts à rejoindre Bayrou ou travaillaient déjà avec lui.  C’est un fait qui n’a guère été mis en relief par les commentateurs politique à la vision binaire…

3) La chance et le mérite de François Bayrou sont fantastiques : un tel d’élan populaire, autant d’adhésions virtuelles puis réelles, autant de militants potentiels. Du jamais vu en temps de paix ! Une vraie occasion historique.

Mais cette chance et ce mérite ont leurs revers. Un parti, ce doit être structuré. Avec tout ce que cela comporte. Et un nouveau mouvement intéresse d’une façon perverse deux catégories qui se trouvent (temporairement) « alliés objectifs » : les forces de résistance internes et les forces de concupiscence externes.

Les deux adhèrent officiellement à la « ligne » non par conviction, mais par calcul. Là encore, ce constat se nourrit de ce qui observable dans de nombreuses régions sur des sites internet « démocrates » et de ce que je peux observer dans le microcosme strasbourgeois.

C’est drôle, d’un certain point de vue : les plus « archéo-udf » font ouvertement le jeu des plus « néo-modem »…

« Archéo-udf » : c’est l’expression qui convient pour qualifier celles et ceux qui s’accrochent à l’udf en souhaitant … l’échec du moDem. Leur vrai pouvoir, c’est celui de nuire. Et dieu sait qu’ils en abusent…

« Néo-Modem » : c’est le mot qui convient pour désigner celles et ceux qui n’ont soutenu ni Bayrou aux Présidentielles, ni les candidats du Modem pendant les législatives, mais qui trouvent subitement chez les « démocrates » un havre avec des bittes d’amarrages à… leur service.

Evidemment, ils font cela en toute « légitimité démocratique » puisqu’ils tirent parti des onctions qu’ils pensent avoir reçues des « instances parisiennes », voire de Bayrou en personne, et des « responsables » archéo-udf locaux lesquels voient en eux un geste de la providence:ils sont susceptibles  de noyer... les espérances du moDem.

Face à ces constats de réalité, François Bayrou qui dit et redit qu’il « ne reviendra pas en arrière » peut avoir un atout décisif : pousser sa logique au bout. Avec courage.

Pour l’heure, les conditions dans lesquelles sont décidées les investitures pour les municipales ne s’inscrivent pas sur ce chemin. Un  «  fonctionnement curieux » qui , sans rappeler une certaine proximité soviétique, est  « prévu en dehors de tout cadre statutaire », note Benjamin Sauzay " Nous sommes dans le simple fait du prince". Vous avez dit "démocrate"?

Les non-réponses données aux lettres et autres messages envoyés à Bayrou ou aux "instances" ne s’inscrivent pas dans le dessin promis du destin proposé. Il ne suffit pas d’ouvrir des forums : il faut en tenir compte…Vous avez dit "démocrate"?

Que des militants, responsables et éclairés,  éprouvent le besoin de faire circuler une pétition  simplement pour rappeler le pourquoi de leur adhésion au Mouvement démocrate   a valeur d’avertissement pour le dessein même de Bayrou. Vous avez dit "démocrate"?

Que des nouveaux encartés se disent (déjà) prêts à renvoyer leurs cartes orange (j’en connais !) avec une demande de remboursement de leur cotisation pour « publicité mensongère » est beaucoup plus grave que les errements opportunistes d’un Morin qui pour l’heure n’a tiré parti de sa nomination ministérielle que pour illustrer son « degré de Peter »…

Que nombre de sympathisants n’aient pas traduits en  une adhésion programmée leur partage des idées de Bayrou est un vrai signal d’alarme : Attention une chance fantastique risque d’être gâchée ! Ni à cause de la droite, ni à cause de la gauche ni à cause de la presse, mais à cause d’une mollesse coupable et de jeux « politichiens » de centreux qui se voudraient « centristes » et d’autocrates qui se voudraient « démocrates ».

Qui parlait de « centrisme couillu » ? Bayrou en personne, il me semble. Allons François, encore un effort. Le plus décisif peut-être.Trop de temps et d’énergie déjà ont  été perdus… Mais tout peut être encore être gagné. Le courage, parfois, c’est de savoir surtout faire preuve de bon sens…

Daniel RIOT  

25/08/2007

Raymond Barre: Une "certaine idée de l'Europe"...

Le père de l’Union économique et monétaire… Un homme d'Etat rigoureux qui savait que l'Europe doit se construire "pas à pas" en réconciliant les principes de De Gaulle, les idées de Monnet et les idéaux de Mendes-France

COMMENTAIRE RELATIO PAR DANIEL RIOT: Un « esprit carré dans un corps rond »: c'est ainsi que Raymond Barre a toujours aimé à se décrire. Il fut contempteur amusé et irrité du « microcosme », de ce petit monde politique parisien plus agité par la politicaillerie que par la Politique, avec un grand P. Jamais, même quand il a fait campagne pour les Présidentielles, il n'a cherché à séduire, à flatter, à caresser l’opinion et les médias dans le sens du poil. Il avait un souci constant : conserver son indépendance d'esprit au service d'une idée certaine de la France et d’une certaine idée de l’Europe.

Ce centriste, plus par raison que par tempérament, avait une nature gaullienne : sens de l’Etat, des responsabilités assumées, des réalités. Il avait aussi, par sa probité, un coté mendésiste. Et il était de la trempe d’un Jean Monnet, toujours soucieux d’allier « nécessité et idéal ».

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Comme nombre de gens de ma génération, j’ai découvert Barre sur les bancs de la Fac. Que d’heures passées (mais non perdues) à lire, éplucher, étudier son « manuel » d’économie politique ! Professeur, il était d’abord. Professeur, il est resté. Un bon professeur, qui forme sans déformer.

Professeur, il l'est resté surtout quand il était le « Monsieur Economie » de la Commission de Bruxelles. Quel bonheur de l’écouter quand il intervenait devant un parlement européen qui à l’époque n’avait pas les pouvoirs qu’il détient aujourd’hui !

Ceux qui l’ont traité d’eurocrate ou de technocrate ne l’ont pas écouté : professeur, il était. D’économie ben sûr, mais aussi et surtout de réalisme, de lucidité, de vision. Un « honnête homme » cultivé, éclectique, curieux. Il dévorait (et relisait) Stendhal, Chateaubriand, l'anthologie poétique de Gide... et de bons polars. Cet amateur de  musique  adorait Mozart et ne cachait passa fascination pour quelques coins d’Europe, Venise notamment. C’est cette culture qui lui permettait d’échapper à ce qui guette le plus les politiques :la superficialité…

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Il avait bien sûr, souvent,  l’impression de parler dans le vide, de jouer les Cassandre, de se faire donneur de leçons à des gouvernements européens  trop prisonniers de leurs vues à court terme, de leurs intérêts étroits, de leurs réflexes nationaux pour ne pas dire nationalistes.

Il voulait PLUS d’Europe, une Europe construite sur une volonté politique mise au service des desseins des « pères fondateurs ». Il appartenait à la classe des euro-déterminés, des euro-volontaires, par réalisme autant que par idéalisme. Car il savait que coincée entre les deux « grands », la petite Europe toujours prête à revenir à ses querelles villageoises laissait passer ses chances. Ou les gâchait.

Ce ne sont pas les « autres », les Américains notamment, qui sont trop forts, c’est nous qui sommes trop faibles…et qui ne voyons rien venir de ce qui risque d’advenir. Les crises de l’énergie, la coupure NORD-SUD plus chargée de périls, comme l’avaient dit Kennedy et Brandt, que la cassure Est-Ouest, l’importance de la recherche et de l’innovation, l’impérative nécessité de nous mettre à l’abri des tempêtes monétaires et de nous unir vraiment face aux défis du futur.

Nous sommes entre 1967 et 1972 : des années charnières, géopolitiquement complexes, économiquement difficiles. C’est lui qui tracera  les grandes lignes de la future union économique et monétaire. Cette Union qui grandira sous Giscard, avec lui à Matignon, et qui devra attendre Mitterrand et Delors

Premier ministre, il ne sera jamais vraiment populaire. Il est vrai qu'il a dû  se battre contre la mauvaise conjoncture économique (« c'est le Joffre du redressement économique », dira de lui VGE), la montée du chômage, un PS grandissant et un RPR menaçant. De cette époque-là, il gardera d'ailleurs une dent contre le mouvement gaulliste, qui ne l'a guère ménagé à l'Assemblée nationale entre 1976 et 1981…et après.

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Ce «  sourd qui a l'oreille fine », comme disait  Edgar Faure, était selon ses propres dires un adepte de la « métaphysique de la tortue ». Il entretenait avec le temps, « une relation semblable à la manière dont il occupait l'espace avec son corps: posément, rondement, sûrement, agrémenté d'un soupçon d'éternité... ».

Un art de donner du temps au temps ? Une façon surtout de prendre en compte tous les freins qui font perdre du temps, précisément, à cette Europe si difficile à unifier. « L’Europe puissance » que VGE oppose à juste titre à « l’Europe espace », c’était l’un de ces buts. Et il était pressé de l’atteindre.

Mais les centristes français « mettaient leur drapeau européen dans leur poche », comme disait Pierre Pflimlin face aux coqs du RPR. C’est Mitterrand qui le sortira ce drapeau, avec Delors, et non sans mal…

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Ce passionné d’histoire appartient désormais à l’Histoire. Comme son dernier livre (des entretiens avec Jean Bothorel, chez Fayard)…Son «  Expérience du pouvoir » vaut relecture, y compris par ceux qui détiennent le pouvoir ou y aspirent…

L’Europe ? « Je suis conscient que le temps des adaptations n’est pas terminé (…), mais je suis confiant : Le mouvement est irréversible »… « Pas à pas », comme l’annonçait Schuman !

La France ? « La nation française est la plus facile à gouverner quand on ne la prend pas à rebours », disait Napoléon »…

C’est bien le problème !

« Il y a prodigieusement d’esprits en France, mais on manque de tête et de bon sens. Deux phrases nous enivrent. On nous mène avec des mots », disait Chateaubriand. Les Français résistent mal à la démagogie »

C’est vraiment tout  fait le problème !

Bon repos, loin du « microcosme », Monsieur le Professeur 

Daniel RIOT

 

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18/05/2007

Sarkozy, les « centreux » et Bayrou… Objectif 2012 déjà en vue !

La « volaille » centriste  (ou « centreuse ») se dit (en privé) déçue… Une seule sucette pour tant de bouches gourmandes des friandises du pouvoir ! Plumée mais non appréciée, la « volaille » !

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Hervé Morin en son ministère régalien (qu’il avait fréquenté en garçon de course à l’époque de Léotard et qui est placé sous la tutelle directe de l’Elysée) représente à la fois, sous la direction de l’Elysée bien sûr,  les anciens UDF ralliés à l’UMP dès 2002 (de Robien et Douste au placard, Raffarin dans les oubliettes, Méhaignerie à la retraite, Simone Veil dans l’Histoire), les (nombreux) transfuges de l’après premier tour des Présidentielles 2007 et les futurs députés du « pôle  sarko-centriste » qui doit naître soit dans l’UMP soit en marge de l’UMP après les Législatives… C’est beaucoup pour un seul homme ! Même  si le terne  Bussereau a été sauvé des eaux au dernier moment...

En fait voilà bien longtemps que le centrisme avait été aussi peu représenté, qualitativement et quantitativement,  au sein d’un gouvernement de droite. Plus besoin d’être roulé dans la farine et d’être frits les centristes borgnes ! « Nous aurons des places de secrétaires d’Etat  après les Législatives », se consolent-ils, à l’image de Maurice Leroy, cocufié dans son ralliement à Sarkozy par son ami Morin.

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Heureusement (pour ceux qui se recommandent du centrisme), les radicaux valoisiens sont toujours là, avec un Borloo fort d’un grand ministère (amputé) et les idéaux européens tant chantés sont incarnés par … des hommes de gauche, Kouchner et Jouyet !

Pourquoi cette sous représentation du « Centre » ( centreux mais non central) ? Parce que Sarkozy sait ce qu’il veut, et dose ses distributions de bonbons. Surtout à des opportunistes du ventre (pardon, du centre) qui doivent déjà dire merci d’avance à leur siège parlementaire (peut-être) sauvés par la généreuse UMP…

>>> D’abord, Sarkozy veut maintenir la pression sur les déserteurs de Bayrou jusqu’aux Législatives, voire jusqu’aux municipales. Il connaît trop la versatilité des politiques pour ne pas les considérer avec cynisme et…prudence.

>>> Ensuite, il a suffisamment de déceptions à soulager chez les UMP pour négliger les plaies d’amour-propre mal placées des « centristes ». Pour lui « l’ouverture » (si l’on peut dire) c’est l’arrivée de Kouchner, de Hirsch, de Jouyet, pas celle de Morin… Désolé pour l’ego du Normand !

>>> Enfin, politiquement, Sarkozy, toujours avec un coup d’avance dans sa tête de joueur d’échecs qui fait des réussites, a déjà une priorité : sa réélection. Cela passe par (entre autres) par l’implosion de la « révolution Bayrou » et de la tentative d’implanter une force pivot dans le paysage politique. Le rêve de Sarkozy : transformer l’héritier  d’Henry IV en « poule au pot ».

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 Bayrou, dans l’optique 2012 et quelles que soient ses épreuves et sa solitude actuelle, peut être en effet plus dangereux pour lui qu’un PS condamné (sauf révolution interne bien hypothétique) à jouer les oppositions formelles plus que réelles.

Question d’idéologie et de positionnement générationnel. Question de rapports de forces politiques aussi : un PS prisonnier du mythe le « l’union de la gauche » n’est pas mûr pour une adhésion à une social-démocratie moderne…DSK plait à la bourgeoisie, mais c’est toujours l’électorat populaire qui manque à la gauche. Et ce n’est pas Royal, qui a tort de ne pas reconnaître sa défaite, qui peut incarner une orientation idéologiquement musclée. Le fait qu’elle ait renoncé à se présenter aux Législatives va la priver du rôle de leader de l’opposition au Parlement.

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D’où les manœuvres avec les radicaux dits de gauche (qui ne sont pas terminées), d’où son débauchage de sociaux-démocrates qui étaient prêts à soutenir le Béarnais (on se souvient de l’appel de Kouchner et on sait que Jouyet est l’un des signataires de l’appel des « Gracques »), d’où aussi le total mépris qu’il affiche envers Bayrou,  ostensiblement ignoré.

« On lui a tout piqué, y compris ses chevaux », ironisaient ses proches après la séance photo en Camargue. A peine arrivé à l’Elysée, il lui pique ses idées sur le « gouvernement des meilleurs » (en ignorant  évidemment le contexte dans lequel ce cabinet devait être constitué et les réformes institutionnelles que cela impliquait)…

Ce bras de fer entre Sarkozy et Bayrou va sans doute s’installer dans la durée surtout si le Béarnais réussit à maintenir la mobilisation populaire de son MoDem. Encore faut-il que le mouvement démocrate fasse un minimum de score aux Législatives.

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Le plus dur pour Bayrou est peut-être à venir. Raison de plus pour que ceux qui partagent sa vision de la démocratie l’aide dans ce qui est effectivement une force de « résistance » (même si l’UMP feint de s’offusquer du   mot) : La République mérite  plus que des changements de style à la Cour. Les allusions aux Kennedy ou à la principauté de Monaco ont quelque chose de pathétique : en retard d’une révolution people, la France ? Restons sérieux. Gala ou Voici ne sont pas encore des journaux politiques… Et tentons d’influencer pour le mieux le cours des choses : La démocratie ne se réduit pas à quelques dimanches électoraux.

Les propositions de réformes institutionnelles que savait si bien expliquer …Hervé Morin jusqu’à ces derniers jours restent des nécessités impératives. Comme cette dette qui semble bien oubliée. Comme cette nécessité d’inventer de nouveaux rapports entre l’économie et le social, entre l’épanouissement personnel et la solidarité collective. Comme ce tissus social qui reste plus déchiré qu'on le dit en ces jours de fête...   Ce n’est évidemment pas avec un Parlement croupion fait d’un bloc de robots à approuver et d’une autre de machines à rejeter que nous allons améliorer les structures et les mœurs politiques…

Daniel RIOT

 

15/05/2007

Les Radicaux de gauche « sarko-compatibles » : Le Centre au milieu de toutes les ambitions….

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« Rouge à l’extérieur, blanc à l’intérieur : comme les radis ». Un de plus dans la marmite du Centre ! Bayrou doit à la fois sourire et faire la grimace : son intuition, ses idées, ses convictions sont tellement bonnes que c’est à qui tente de le déplumer le plus. Après les pulsions centristes de DSK et de Ségolène, voici les ambitions de la résurrection radicale de Jean-François Baylet. Qui, comme Tapie, ex-MRG, se trouve très "sarko-compatible"...

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Celui qui avait sacrifié une candidature aux Présidentielles de Mme Taubira sur l’autel d’un accord avec le PS pour les Législatives a attendu de rencontrer (durant trois quart d’heures le nouveau Président) pour avoir une très laïque révélation céleste : la famille radicale doit se réunir et constituer cette force centrale qu’elle fut au temps jadis…Le centre ? Un Empire du Milieu…Au carrefour de toutes les ambitions.

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"Je vais rapidement parler avec Jean-Louis Borloo puisqu'il est président du Parti radical de droite", a-t-il dit "Je pense que nous avons des choses à faire ensemble". Le but est d'essayer "de reconstituer un grand pôle central qui sera un grand parti radical".

"Il faut constituer dans ce pays une grande force centrale", a-t-il insisté  en soulignant une évidence : "il est des radicaux de gauche qui sont la droite de la gauche, il est des radicaux de droite qui sont la gauche de la droite". Sarkozy qui veut transformer Bayrou en poule au pot (comme Hollande et d'autres) l’a bien sûr encouragé  dans cette voie : "les poteaux-frontières sont en train de bouger (…) après cette élection les choses ne seront plus les mêmes".

Réaliste, Baylet précise : "Quand je vois que le PS négocie des désistements électoraux avec l'UDF de François Bayrou, quand je vois que Nicolas Sarkozy apparemment a obtenu l'accord d'un certain nombre de socialistes pour être dans son gouvernement, je me dis que les radicaux doivent jouer tout leur rôle ».

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Borloo a vite réagi:Le  co-président du Parti Radical (associé à l'UMP), a affirmé qu'il voulait réunir son parti et le Parti Radical de gauche de Jean-Michel Baylet. Vite fait, bien fait....
Affirmant répondre "à la main tendue" de Jean-Michel Baylet, Jean-Louis Borloo voit dans la réunion des deux partis, l'un de droite, l'autre de gauche, "le signe d'un possible rassemblement historique entre les deux courants du radicalisme, au centre de la vie politique française, qu'il a toujours appelé de ses voeux".
"Je souhaite tout mettre en oeuvre, avec André Rossinot ( autre co-président), les membres du bureau politique, dans un processus démocratique interne aux partis, pour réunir ces deux formations autour des valeurs républicaines, humanistes et européennes qui nous rassemblent".

On se demande pourquoi Jean-Michel Baylet et son parti le PRG ont soutenu la candidate socialiste à la présidentielle dès le premier tour. Mais la politique consiste à s’adapter : c’est l’histoire des girouettes d’Edgar Faure (ce ne sont pas elles qui tournent, c’est le vent). On se  demande aussi pourquoi l’accord avec le PS pour les législatives n’est pas rompu. N’aurait-on fait aucune proposition ministérielle au patron de la Dépêche du Midi pour qu’il garde ainsi plusieurs fers aux feux ? On attend la réaction du PS…Hollande, dimanche soir, prétendait que le MRG était, comme le Mouvement de Chevènement,  prêt à constituer avec le PS un grand parti de gauche ou des gauches…

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Au fait, c’est quoi le radicalisme aujourd’hui ? La défense de la laïcité ? mais  qui la conteste ? L’esprit de la République ? Mais qui ne l’affiche pas ? L’engagement européen ? Mais Taubira a voté Non au projet de constitution (comme de nombreux PS, d’ailleurs). Des préoccupations sociales ? Rien de radicalement différent de ce qui est prôné ou pratiqué ailleurs… Là n’est pas le problème, bien sûr, pour Baylet. Qui prend une tête "à la Hervé Morin", comme on dit à l'UDF...c'est-à-dire pleine d'opportunisme.

Le mouvement démocrate a au moins un avantage : un positionnement idéologique fort et une attitude politique qui dépasse les manœuvres politiciennes ainsi étalées comme une mauvaise confiture. Les lignes bougent en effet. Comme dans les marécages…. Mais pour l’heure les mœurs ne changent guère. C’est précisément là le but de la « Révolution Bayrou ». Une révolution culturelle. Peut-être trop radicale…pour les "responsables" radicaux !   

 

04/05/2007

Les droitistes du milieu, la droite « décomplexée » et le VRAI Centre

Que des centristes votent Sarkozy en ce deuxième tour, je le comprends. Choisir, c’est éliminer. Ils veulent éliminer Royal. C’est leur droit. Ils ne manquent pas d'arguments solides, même... Mais qu’ils prétendent retrouver leurs idéaux, les valeurs, leurs engagements en faveur d’une Europe unie, en et chez Sarkozy  m'étonne. Et me révolte même.

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De deux choses l’une.

>>> Soit je n’ai rien compris aux idéaux de la démocratie chrétienne, du christianisme social, du personnalisme fondateur (chrétien ou non), de l’esprit de résistance, du culte de la liberté, de la volonté d’un « Vivre ensemble harmonieux » et d’une République capable de concilier Nation et Société, progrès collectif et épanouissement individuel. Dans ce cas ma naïveté est impardonnable!

>>> Soit le goût de la soupe, le sens de la carrière, le suivisme du plus fort, les attraits du "camp du vainqueur" valent plus que les valeurs proclamées, les principes  chantés, les idéaux fêtés. Le Centre est d'abord un Ventre...

(L'UMP:"On aura tout piqué à Bayrou, même les chevaux")medium_sarko_cheval.jpg

L'énoncé de cette dernière hypothèse (qui renforce les énormes mérites de Bayrou) n’est pas  dicté, chez moi,  par un « anti sarkozysme primaire ». L'homme mérite le "respect" , selon sa propre expression transformée en refrain, en tic, en munition.

Je ne juge Sarkozy que sur ce qu’il a dit et fait, non sur ce que racontent les animateurs du TSS.

Je ne le juge pas même sur ce que l’on peut imaginer chez un "Chef"  qui ose faire de « tout est possible » son slogan de campagne et a l'inconscience de  faire précéder la signature de sa profession de foi par un « je ne vous mentirai pas »… Ce qui suffirait, pour moi,  sinon à l’éliminer, du moins à ne pas voter pour lui. Nul besoin d'avoir longuement étudié la psychanalyse pour en tirer une conclusion non hâtive... 

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Dans ce contexte : un espoir. Que le Centre central qu'incarne Bayrou soit lavé (sans kârcher) des impostures des notables ou apprentis notables droitistes qui se réclament du centre… sans voir que la droite de Sarko est effectivement en rupture avec les droites précédemment au pouvoir.

Cette rupture se comprend d'ailleurs: le droite à la Chirac a si mal gouvernée la France ! Sarko va sans doute gagner parce qu’il a réussi à faire ce que Hollande a manqué : vertèbrer son parti…

Le seul problème, c'est qu'il le fait en rompant aussi avec ce qui restait de gaulliste en Chiraquie et la saine détestation de Chirac pour les idées extrêmistes, ces idées si bien digérées par l'UMP de Sarkozy, en dépit de quelques professions de foi rassurantes...qui n'engagent que ceux qui les entendent.

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Que ceux qui se reconnaissent si bien dans les valeurs de Sarkozy rejoignent l’UMP! Sans fard. Avec logique. Pour une  droite « décomplexée », oui: ce sera plus clair!  Mais en quoi cette droite a-t-elle besoin de ces "prisonniers volontaires" de la droite très complexée, avec  les faux-nez et les masques de girouettes qui  ne sont sensibles qu’aux vents de droite ou se posent en héritiers  d’ un milieu qu’on appelait le  « Marais ». Ce centrisme-là s'est auto-empoisonné et auto-déconsidéré.

A coté de cette droite fière de l'être, il faut  un vrai Centre, lui aussi décomplexé, fier de lui et de ses convictions,  vraiment  central, non hémiplégique ! C'est ce qui fait de Bayrou un homme à abattre pour Sarko-le-triomphant.

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"Je vois ma famille politique ressuciter", avait lancé Pierre Pflimlin en voyant Bayrou "désobéir" aux ordres que lui donnaient les maîtres du pouvoir UMP pour les élections européennes. "L'union (avec les gaullistes) est d'abord un combat", aimait-il répéter. Un combat pour que les valeurs du centre authentique ne soient pas écrasée: un combat qui lui a fait sacrifier une partie de sa carrière ministérielle.

Il ne voulait pas se laisser piétiner par "un grand homme". Quelques uns de ceux -et de celles) qui se prétendent ses héritiers s'agenouillent devant un homme dont la hauteur reste à définir. (Je ne parle évidemment pas de sa taille: précision destinée exclusivement à ceux qui ne manqueront pas de mettre leur culot, plus grand que jamais, au service d'un mauvais procès. Je sais faire la différence entre la hauteur et l'altitude!))

Ou alors, les dits « sangs tristes » (selon la formule de Pasqua) adorent vraiment se complaire, vautrés dans des strapontins, dans leur rôle de «(faux) témoins de (fausse) moralité » d’une droite qui fait passer ses engagements partisans et la défense d’intérêts plus particuliers que généraux avant tout. Et qui s'inspire d'une idéologie néo-conservatrice bien peu française.

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Quel que soit les résultats de ce dimanche (qui apparemment laissent peu de place au suspense), l’heure de la recomposition politique va sonner. Elle exige des clarifications. A doite, à gauche et au Centre. C’est là affaire de morale. De moralité civique. De propreté intellectuelle. D'honnêteté politique.

Daniel RIOT

 

25/04/2007

Publié sur le site politique de Chantal CUTAJAR

En finir avec cet esprit du Marais qui pollue la politique : « La Révolution Bayrou va continuer et s’intensifier à Strasbourg et en France »

 LA STRAS'ACAMEDIE D'ALSAFLOP

« Les faux nez n’ont jamais caché les faux-culs… ». Je suis trop jeune pour savoir si « Papy Riot » (Doudou pour les intimes) avait un langage aussi imagé quand il était éditorialiste aux DNA. Mais son humour acide fait du bien dans ce contexte présidentiel où le billettiste que j’avais promis d’être a mis une sourdine à sa chronique : j’aurais trop desservi Bayrou en rendant compte de mes découvertes strasbourgeoises…
Comment en effet, ce Béarnais lucide et courageux peut-il faire rêver d’une « Union nationale » quand, à Strasbourg par exemple, tant de « centristes » donnent de l’UDF une image (jusqu’à présent) si pitoyable, ringarde, passéiste et … éclatée ?
Chantal Cutajar et quelques autres ont vraiment beaucoup de mérites de résister à tant de manifestations de bêtises et d’hypocrisies et à tant de viles manœuvres ! Peaux de bananes en série contre le parti Orange…
C’est pour lui faire part de mon embarras et tenter de trouver réponse à cette question (parmi d’autres) que j’ai tenu à voir « Doudou » dans l’une de mes wynstubes préférées…
N’a-t-il pas bien connu Pierre Pflimlin  (j’ai lu leur livre co-écrit avec Jean-Louis English) ? N’est-il pas un fin observateur de la politique alsacienne, nationale et européenne depuis longtemps ? N’a-t-il pas dans ses analyses sur ses blogs expliquer le pourquoi de son engagement aux cotés de Chantal Cutajar pour la « Révolution tranquille, sereine et responsable » de Bayrou, lui qu’on m’avait décrit comme un « homme de gauche » à droite et comme un « mec de droite » à gauche ? N’est-il pas totalement libre puisque non « encarté » et (dit-il)  sans ambition politique ?  Alors, je ne reprends ici que ses réponses à mes questions…ITW  d’un interviewer professionnel par un interviewer amateur.

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« J’ADORE LES GRENOUILLES ? MAIS… »
« J’adore les grenouilles », me lance-t-il. «  J’ai écrit une série de fables sur elles. Y compris sur les grenouilles de bénitier. Mais j’ai horreur des marécages, de ces Marais où de vilains crapauds  se prennent pour des politiciens…
Il y a en Alsace, à droite, au centre et à gauche des personnalités dignes d’éloges, de respect, d’estime. Trop de gens sont tentés de projeter leur propre dépérissement dans le dénigrement injuste de bien des élus qui font de l’excellent travail.  La classe politique alsacienne n’est pas pire qu’ailleurs. Elle serait même plutôt meilleure qu’en maints endroits. On pourrait en faire un hit-parade pour votre Stras’Ac. Mais ce n’est pas le propos…
Ce qui gâche souvent leurs qualités et leur travail, c’est l’esprit du Marais, comme on disait jadis à propos du Centre et de ses girouettes dont le talentueux Edgar Faure savait si bien parler.

« LES SANGS TRISTES » A « ROULER DANS LA FARINE »
L’esprit du Marais, c’est ce qui a perdu le centrisme alsacien qui ne s’est jamais vraiment remis de l’effacement de Pierre Pflimlin qui était un véritable  homme d’Etat fort de vraies convictions. Et qui savait concilier « la nécessité et l’idéal », comme Monnet, comme Schuman… Avec de vraies visions sur le local et la global. Sur l’Europe !
Bayrou n’a pas perdu son temps en travaillant avec lui. Si tous ceux qui ont collaboré avec lui avaient retenu ses leçons, l’UMP ne serait sans doute pas ce qu’elle. Et l’UDF n’aurait pas été ce qu’elle devenue, en Alsace et ailleurs. Surtout ce qu’elle serait devenue si Bayrou n’avait pas résisté comme il l’a fait depuis 2002 aux vents mauvais de l’opportunisme, aux tentations carriéristes, aux mains tendues pour mieux étrangler…
Il n’était pas un de ces « sangs tristes », comme disait Pasqua qu’on achète avec une sucette. Pas un  de ces « centristes » qui, comme disait Chirac en 2002 ne posent aucun problème puisqu’il « suffit de les rouler dans la farine avant de les faire frire »…

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Pour lui, l’Union entre le Centre et les gaullistes était un « combat », mais pas une digestion, une absorption, une dilution, une soumission. Il n’avait rien de l’esprit du Marais et il savait (il l’a démontré sous la IV ième République et à la Présidence du Parlement européen, notamment) travailler en bonne intelligence, sans sectarisme, sans dogmatisme avec des gens de bords différents et concurrents du sien.
L’esprit du Marais c’est ce qui a été, aussi fatal à la gauche strasbourgeoise coupable d’avoir gâchée un excellent bilan d’un premier mandat par d’exécrables querelles de personnes et un dogmatisme bien peu réaliste.
LE VRAI PROBLEME DU « TANDEM »
L’esprit du Marais, c’est ce qui gâche encore l’actuel mandat du Tandem et de leur Cour… Je ne suis pas de ceux qui critiquent et dénigrent systématiquement Robert Grossmann et Fabienne Keller. D’abord, j’ai toujours respecté ceux qui ont à assumer un pouvoir légitimé par les urnes. Ensuite, ils ont pris quelques initiatives que j’approuve. Je ne manque pas une occasion de le souligner. L’idée de Fabienne Keller du « Club de Strasbourg » est une excellente initiative, par exemple. Comme les « Conversations de Strasbourg » organisées  avec le Conseil de l’Europe qui mériteraient une audience plus forte. Comme le relais dans la Ville de campagnes du Conseil de l’Europe.  Bien des initiatives culturelles de Robert Grossmann devraient avoir de meilleurs échos dans la presse locale et nationale.

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Je connais mal Mme Keller, mais je connais Robert depuis 1968… J’ai avec lui des relations personnelles forcément conflictuelles pour une série de raisons,  mais  fondées sur une estime que je crois réciproque. Je le sais meilleur, plus profond, plus riche qu’il apparaît à beaucoup. Son engagement gaulliste repose sur des convictions fortes. Moi, pour reprendre une formule de Pisani, « je n’ai jamais été gaulliste, mais je reste gaullien ». Ses goûts pour la littérature, pour l’écriture, pour les jeux de l’esprit recoupent les miens. Son sens de l’humour acide  et le mien transforment nos rencontres en joyeux duels de mots. Et les défauts que je lui connais ou qu’on lui prête ne me font pas oublier ses qualités de curiosité, de réflexions et sa sensibilité qu’il masque trop.
Je ne sais pas comment ces deux êtres de tempéraments travaillent ensemble, mais le fait est que leur union tient bon, contrairement aux prévisions des sceptiques professionnels.
Leur problème, c’est leur conception et leur pratique du pouvoir. Manque d’écoute, autoritarisme plus qu’autorité, sens du respect très …particulier, impulsivité très « sarkozienne », clientélisme très sélectif, curieux mélange de mégalo-parano, belles incohérences et fourberies (qui n’ont rien de Scapin) sur le plan « politichien », comme disait de Gaulle. Demandez à leurs « amis », ils vous en diront plus que moi… Demandez à Zeller ou Richer, ils seront plus sévères et plus précis que moi.
FABIENNE  K. OU LE CENTRISME SACRIFIE
Quand j’entends, par exemple,  Fabienne Keller se draper dans son « centrisme », dans sa « fidélité aux valeurs démocrates chrétiennes » et faire dire qu’elle a « dû rallier l’UMP » pour mieux défendre le dossier du TGV, je m’interroge. Elle doit souffrir intérieurement.
Quand je la vois faire du gringue à Hortefeux pendant tout le meeting strasbourgeois de Sarkozy et se réclamer d’une « amitié » avec Bayrou, je me pose des questions.
Quand je l’entends vanter le mini-projet « européen » de Sarkozy,  (qui a été le ministre français le plus absent dans les réunions ministérielles de l’Union, qui critique l’euro fort, qui profère sur l’Allemagne  des inepties, qui est en fait pour une Union à l’anglo-saxonne et à la polonaise ou à la tchèque), je saute de mon siège : « Pierre Pflimlin réveilles-toi, ils sont devenus fous ! »
Quand Sarkozy a sorti son catéchisme des Néo-Cons d’outre-atlantique, ses théories  vaseuses sur les gènes et l’inné, ses propos indignes sur « l’irréductible mystère nazi », j’ai pensé spontanément à elle. A la gêne qu’elle a dû ressentir, au trouble et aux doutes qu’elle a dû ressentir. N’a-t-elle pas lu ou pas voulu lire ? C’est son problème non le mien.
HARRY AND Co : LE PETIT CLUB DE L’UDF « NON LIBRE »
Quant aux fidèles « lieutenants » de l’UDF « non libre » du Tandem, ils n’ont pas que l’esprit du Marais. Ils (et elles) sont au fond du Marais. Harry Lapp, celui qui grâce à votre Stras’Ac est devenu synonyme dans quelques bars de lutte contre l’alcool au volant (« arrêtes, tu lapes un Harry de trop ! ») a joué le Saint de Robien local en appelant à voter Sarkozy dès le premier tour dans les DNA. Alain Lévy, que je ne connais pas, a comme d’autres fidèles serviteurs « udf » du Tandem plus desservi  Bayrou que tous ceux qui l’ont combattu ouvertement.
Leur petit « club » a même réussi l’exploit de bricoler un « Comité de soutien à Bayrou » alors que celui-ci n’en voulait pas. Avec des « personnalités » qui n’ont visiblement rien compris au projet Bayrou.

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Et on n’en finirait pas d’énumérer une série de gestes ne visant qu’à entretenir la confusion (et les divisions) et qu’à tenter de neutraliser ou à discréditer les animateurs et animatrices de l’UDF « libre ». A commencer bien sûr par Chantal Cutajar qui, toutes proportions gardées, subit au niveau local les viles attaques dont a été victime Bayrou au niveau national de la part des umpistes arrogants et de leur sbires encore à l’udf …
Elle n’a jamais été dissidente, Chantal : elle a été virée. Elle n’a pas manqué « d’esprit de solidarité » (comme on me l’a dit, entre autres contre vérités) : elle est restée fidèle aux engagements pris pendant la campagne de la liste pour laquelle elle a été « recrutée » (sur les méthodes de gouvernement de la Ville, notamment) et elle a osé (mais oui) dire ce qu’elle pensait sur quelques problèmes de fond, notamment sur cette « sécurité » dont elle était chargée officiellement sans avoir les outils de la fonction à assurer.
 J’aime beaucoup Chantal parce qu’elle a une vertu rare en politique : sa cohérence, son honnêteté intellectuelle, sa soif de transparence, son caractère entier, son sens des responsabilité. Cela peut déranger, bien sûr.  Mais là n’est pas le propos d’aujourd’hui…
Nous en étions où ? Oui… Les mille et une petites manœuvres des udf préhistoriques et ligotés contre les udf « libres »…Communiqués de presse mensongers ou creux,  lettres de « lecteurs » qui ne donnent de l’importance qu’à leurs auteurs, rumeurs distillées avec soin et perversité, pressions en tous genres y compris sur les jeunes UDF comme pris en otages,  initiatives plus que chargées d’ambiguïtés…

QUAND BAYROU EST HANDICAPE PAR SES « SUPPORTERS »
Imagine-t-on logiquement le suppléant d’un candidat UMP soutenir officiellement Bayrou ? Rêvons-nous quand une candidate investie par l’UDF soutient la « ligne Bayrou » aux Présidentielles et la « ligne Sarko » à la Ville et s’étonne que… Bayrou fasse son plus mauvais score strasbourgeois dans son canton ? 
Nul besoin de chercher des explications sophistiquées à un fait : Bayrou n’a que doubler son score de 2002 sur Strasbourg alors qu’il l’a triplé au niveau national. Ici, il a été handicapé par certains de ses supporters qui ont volontairement ou non joué contre lui ! Le mérite de ceux qui l’ont soutenu loyalement, dans la forme et sur le fonds,  n’en est que plus grand !
Certains de ces supporters aux « faux nez » sont déjà très vieux mentalement malgré leur état civil tout frais (ce qui n’est guère encourageant pour l’avenir des cadres politiques de la droite strabourgeoise). D’autres sont « historiques » comme les appellent les DNA avec une ironie cinglante que je ne me permettrais pas mais qui « passe » bien puisque les intéressés prennent le mot pour un compliment. L’égo aussi peut rendre   aveugle et sourd. N’insistons pas.
 Mais l’UDF n’est pas militarisée moralment comme l’UMP ou la majorité municipale de Strasbourg… (ou comme le PS à sa manière). Et Bayrou avait d’autres chats à fouetter que de mettre son nez dans les marécages des valeurs centristes trahies par des pratiques à la fois puériles et passéistes.
Oh ! Tout cela  a été bien télécommandé, préparé, verrouillé (à plusieurs niveaux) avec des moyens de pression que la simple morale réprouverait… Mais qui parle de morale ?  Pierre Pflimlin disait : « Pour moi, la politique est une morale ». Autre temps…
LE TEMPS DES CLARIFICATIONS
Dans sa tactique, le Tandem a ses raisons : il se doit de ratisser large. Et recruter des sympathisants en tous genres. Avec de jolies promesses à la clef. Projets d’avenir obligent…
La liste du tandem était « UMP-UDF-Représentants de la société civile ». Fabienne Keller est devenue UMP (pas pour le TGV mais pour les TGA, Très grandes ambitions ), l’UDF « non libre » a été ligotée, la « société civile » a appris à ses dépends qu’en politique (hélas) les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, selon la formule de Pasqua qu’applique si bien Sarkozy, l’élève de Robert Grossmann qui a dépassé son maître devenu « inexportable » (non ministrable, en langage sarkozien ). Ils ont même crée leur propre « parti », local, histoire de donner un cohérence de façade à des incohérences de fond et de structurer un clientélisme de type bien  classique.
Tout cela doit être pris comme il convient. Calme et sérénité ! La politique n’est pas toujours tragique… « Les UDF qui ont rallié ou rallient l’UMP n’étaient pas et  ne sont pas de vrais UDF », a lâché un jour Bayrou. Sagesse du constat ! Tout cela n’a pas empêché le leader de l’extrême centre (et le sauveur d’un vrai Centre)  de faire un excellent score sur Strasbourg, comme la gauche d’ailleurs. Le temps des clarifications va sonner. Celui des impostures va finir. Sur ce plan là, au moins...

CETTE MAUVAISE  CONSCIENCE QUE SARKO N’A PLUS
Vous verrez que d’ici quelques jours, l’UMP en quête d’un « pôle » centriste ( plus à droite qu’au centre, bien sûr) mais incapable de faire une OPA sur l’UDF de Bayrou, en dépit des débauchages de quelques élus, d’opérations séduction, de racolage, de marchandages, de chantages va susciter la création d’un nouveau parti qui se dira « centriste ». Avec le cigare de Santini, le goupillon de Gilles de Robien, la prétention de Douste Blazy, ce docteur miracle de la diplomatie française, et les valeurs proclamées plus qu’illustrées d’autres… Cà fait mal d’entendre le mot « valeurs » détourné de son sens et servir de masque à l’absence d’idées, de courage. Et de clarté.
Sarkozy a une qualité : il déculpabilise la droite républicaine d’être… de droite. Cette qualité, les centristes borgnes qui se sont ralliés, se rallient ou vont se rallier à Sarkozy, ne l’ont pas encore. L’expression d’une mauvaise conscience chrétienne, peut-être… Etre de droite (ou de gauche ou du centre) n’a pourtant rien d’une maladie honteuse, tant que le mot « républicain » n’est pas prononcé que par habitude !
Ce qui est vrai (Bayrou a raison), c’est que ces clivages sont artificiels, nourris d’un conservatisme cérébral pernicieux et peu adaptés aux défis que la France se doit de relever après 25 ans de fausses alternances et de déclin.
VERS UN SARKO-CENTRE ?
Le parti du faux centre, des décentrés, des excentrés permettra à la majorité sarkozienne d’afficher un pluralisme de façade et aux faux centristes de la vraie droite de se réclamer de l’héritage démocrate-chrétien (comme si la démocratie-chrétienne ne comptait pas certains de ses héritiers…à gauche, aussi)
Ce Sarko-Centre  se voudra rival du vrai Centre démocrate et social de Bayrou avec ses composantes libérales, démocrates chrétiennes, radicales, gaullistes de gauche,  social-démocrate, écologiste réunies par des valeurs humanistes ou plutôt personnalistes plus vécues que proclamées.
Ce vrai Centre indépendant, novateur, de Bayrou a déjà trouvé ses marques par rapport à (je schématise) une droite « du fric et des flics » et à une gauche « des idées creuses et illusions perdues». Avec une idée plus haute de la politique ou plutôt du Politique, avec des pratiques politiques moins « politichiennes », avec une régénération d’une démocratie plus citoyenne, avec une nouvelle façon de préparer, de concevoir, de décider et d’appliquer les réformes qui s’imposent.
Ceux qui trouvent que la social-économie et la démocratie sociale prônées par Bayrou sont des concepts vides de sens n’ont pas lu ou mal lu son programme.
Remettre l’Homme au cœur de toute action politique est un grand dessein. Trouver des moyens d’assurer un « Vivre ensemble » plus harmonieux est un vaste chantier. Donner à L’Etat les moyens de réconcilier la Nation et la Société et redonner à la France une influence en Europe et dans le monde une importance qu’elle a perdue exige d’autres engagements que ceux pris par Sarkozy et Royal.

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BAYROU, L’ANTI-MARAIS
J’aime en Bayrou homme de terroir et de lettres son coté révolté, rebelle et visionnaire. Tenace aussi. Volontaire et pas seulement « volontariste ». Ambitieux non pour prendre le « pouvoir être ou paraître » mais le « pouvoir faire ».
Il a raté le coche 2002 de l’Elysée, mais il n’a pas fini d’étonner ceux qui le courtisent aujourd’hui stupidement après l’avoir moqué bêtement. La « Révolution Bayrou » est en marche…
Loin de l’esprit du Marais ! C’est précisément parce qu’il veut en finir avec cet esprit du Marais que Bayrou a été aussi mal traité dans le petit monde médiatico-politique de vrais et de faux notables coupés des réalités et profiteurs d’un système non à changer mais à métamorphoser. »
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve qu’il a tort de ne pas avoir d’ambitions politiques, le « Papy Doudou »… Bayrou, Doudou : Cà rime, non ?
ALSAFLOP

23/04/2007

La balle au Centre: La victoire prometteuse (mais oui!) de BAYROU

C’est parti : la chasse aux électeurs Udf est lancée. Par la droite et par la gauche. C’est logique. Et Bayrou qui sait mieux que personne que ses voix n’appartiennent qu’à ses électeurs a raison de prendre son temps, d’écouter, de sourire en coin … et de filtrer ses coups de téléphone !

Courtisé, il l’est. Après avoir été moqué, méprisé, vilipendé. Cela le fait sourire. Mais il sait aussi que  ce n’est pas pour ses beaux yeux. Cela ne fait que le renforcer dans ses convictions, sa détermination. Avec plus de 15 % des voix, il avait gagné son pari de l’ « extrême centre ». Ses 18,55 % constituent une vraie victoire malgré la déception d’une élimination qui était inscrite dans la logique d’un système qui doit continuer à être modifié.

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Bayrou a trois atouts maîtres :

>>> L’espoir porté par sept millions de citoyennes et de citoyens dépasse très largement les intérêts boutiquiers de quelques élus locaux ou régionaux et de quelques carriéristes dits centristes prêts à toutes les concessions et si sensibles aux promesses qui n’engagent que ceux qui les écoutent… L’élan est là. La dynamique est lancée. C’est une course de fond qui est engagée. "Il y a du Bayrou en chacun de nous"...

>>> Quelque soit l’élu du deuxième tour, les problèmes de fond restent en l’état et seules de vraies réformes peuvent faire sortir la France de ses impasses et de ses ornières. Même sur un plan psycho-sociologique, la participation remarquable (déclenchée en partie par « l’effet Bayrou ») ne masque pas la défiance des Français envers la politique telle qu’elle est pratiquée. La révolution culturelle déclenchée par François Bayrou continue. L’essai marqué au premier tour des Présidentielles par sept millions de suffrages doit être (et peut être)  transformé aux prochaines Législatives.

>>> Ce n’est pas Bayrou qui a besoin de la droite et de la gauche. Ce sont la droite et la gauche qui ont besoin de lui. Et de ses électeurs. Lui, il se doit de suivre son sillon, son chemin, son projet.

UN PARTI D'UN TYPE NOUVEAU

L’UDF réformée, transformée, dépouillée des résidus de la culture du Marais et des réflexes des Girouettes a même l’occasion de devenir un parti d’un nouveau type. Tout est déjà dans le « projet d’espoir » de Bayrou. Et les comparaisons qui peuvent être faites avec des expériences précédentes ont toutes une portée limitée. « Troisième force », « ouverture », « troisième voie », « réformateurs », Lecanuet, Giscard, Barre, Balladur… Certaines de ces comparaisons sont même totalement inappropriées.

Le but est clair : réconcilier les idées européennes et humanistes de Robert Schuman,  le sens de la République Moderne de Mendès-France, le sens de l’Etat et l’amour de la Nation du De Gaulle. Construire une « première force » en réconciliant les esprits les plus éveillés des familles libérales (et non hyper-capitalistes), démocrates chrétiennes, radicales et social-démocrates, ainsi que les héritiers du pragmatisme éclairé de Jean Monnet, du gaullisme social,  des Lumières de ce temps qui ont bien décrypté la nécessité d’une « pensée complexe » pour reprendre la formule de Castoriadis.

UNE LOGIQUE "REVOLUTIONNAIRE"

La méthode reste à préciser, à affiner. Bayrou doit réussir à pousser jusqu’au bout sa logique « révolutionnaire ». En clarifiant, du sommet à la base,les conditions d’appartenance à l’udf métamorphosée. Rassembler, n’est pas tout mélanger. Réunir, n’est  pas concilier l’inconciliable. Rien de grand ne se fait sans clarté, sans transparence, sans cohérence.

Une question clef : Pourquoi celles et ceux qui se réclament du centrisme et qui ont voté pour Sarkozy éprouvent-ils le besoin de rester UDF ?

Si les centristes ou prétendus tels se trouvent à l’aise à l’UMP qu’ils y restent ou qu’ils le deviennent !

Ils ont choisi de n’avoir qu’un œil (droit), qu’une main (droite), qu’un pied (droit) : c’est leur droit d’opter pour cette hémiplégie héritée d’un temps où la République n’était pas encore née et  marquée par un passéisme qui ignore les transformations des affrontements entre « jacobins et girondins », des « luttes des classes », de la chute du Mur de Berlin.

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BAS LES MASQUES ET LES FAUX NEZ!

Ils sont de droite : c’est leur choix. Qu'ils l'assument! Etre de droite n'est pas une maladie honteuse. Ce qui est honteux c'est de tricher avec soi-même et avec les autres... Ils n’ont pas à se donner des faux nez et les masques d’un centrisme qui n’a rien de central. Surtout quand ils adhèrent à un « projet de société » qui n’est en rien libéral, humaniste, chrétien-démocrate mais inspiré par un « néo-conservatisme » à la mode bonapartiste. Et teintée d'idées qui voilà peu de temps encore étaient propagées par ces "extrêmismes" que Chirac a tant condamné avec raison.

A chacun son opinion et ses options. Il n’y a pas « deux France », mais une France plurielle. Le « ni de droite ni de gauche «  de Bayrou est un « au-dessus de la droite et de la gauche ». En dehors surtout du chant des sirènes de la démagogie et des jeux politiques qui tiennent de bals masqués, des jeux de marionnettes et des spectacles de rôles…

50% des électeurs de François Bayrou se disent de sensibilité de droite, 50 de sensibilité de gauche. C’est un fait. Les vraies lignes de partage sont ailleurs. C’est un constat.

Combien sont-ils parmi les sept millions d'électeurs centristes de M. Bayrou à pouvoir voter Nicolas Sarkozy le 6 mai? Les sondages (toujours à prendre avec des pincettes) ont déjà répondu : 35 %, estimait la Sofres, dans son sondage du 18 avril (47 % préférant glisser dans l'urne un bulletin socialiste et 18% n'exprimant pas d'intention de vote). "Mme Royal peut fédérer une large part de l'électorat Bayrou", confirme François Miquet-Marty, de l'institut LH2.

Le candidat de l'UMP va donc, logiquement, tenter d'augmenter cette part en donnant à son discours des accents plus humanistes, plus généreux, plus social, plus aptes à conquérir les centristes. Il s'y est employé, dès dimanche, en proposant "un nouveau rêve français" et en promettant de "protéger les Français (…) qui ont peur de l'avenir, qui se sentent fragiles, vulnérables, qui trouvent la vie de plus en plus lourde, de plus en plus dure". L’anxiogène se veut rassurant et entame sa campagne avec un mot d’ordre : « dédiabolisez-moi ». Dame Simone Veil (qui rêva jadis d’un « vrai centre ») est la première à donner de la voix.

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LE MOULIN DE RAFFARIN

Les rôles sont partagés au sein des droitistes du centre de l’UMP… L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, dans son rôle préféré : il va jouer les "Monsieur bons offices" pour faire vivre l'idée du "rassemblement élargi" autour de M. Sarkozy. "Nous voulons gouverner avec une majorité ouverte, avec plusieurs pôles, y compris avec des gens de gauche", affirme cet ex-UDF artisan de la création de l'UMP en 2002.

L'ancien chef du gouvernement (de droite) promet, sans plus de précision, des ralliements également à gauche à la suite de celui, dimanche soir, d'Eric Besson, l'ancien secrétaire national à l'économie du Parti socialiste. "Dans l'esprit de la Ve République, la constitution d'une majorité présidentielle précède la majorité législative", affirme M. Raffarin.

Aux cotés de Raffarin : Jean-Louis Borloo. Il promet des carottes à la crème à tous les lapins gourmands… En cirant les chaussures du Béarnais : "le message extrêmement important [du score de M. Bayrou], c'est que, sur un certain nombre de sujets, les gens qui n'ont pas exactement les mêmes idées puissent travailler ensemble. C'est à l'évidence une ouverture politique."

DE ROBIEN EN CROISE VENGEUR ET SERGENT RECRUTEUR

Gilles de Robien, seul ministre centriste du quinquennat de Jacques Chirac, lui, se glisse dans la peau du Croisé vengeur et du sergent recruteur.  Sa  mission : convaincre les deux tiers des 29 députés UDF de soutenir M. Sarkozy, en échange d'une clause de non-concurrence de l'UMP dans leur circonscription. L'objectif est "d'assécher" la représentation de l'UDF à l'Assemblée nationale pour l'empêcher de constituer un groupe autonome. Du débauchage, un par un. Du chantage pour tous. Des promesses en veux-tu en voilà. Il va même jusqu’à s’engager à garantir aux « ralliés » une « indépendance de jugement et de vote » à l’égard de l’UMP. Que c’est beau !

En l’état, M. de Robien est pourtant encore loin du compte : seuls cinq députés (Pierre-Christophe Baguet, Christian Blanc, Francis Hillmeyer, Olivier Jardé et André Santini) et deux sénateurs (Daniel Dubois, et Yves Pozzo di Borgo) ont signé son « pacte ».

LES LEGISLATIVES SONT LANCEES

Pour cause : avec des candidats dans toutes les circonscriptions, l’UDF métamorphosée peut sérieusement jouer les « empêcheurs de paraître en rond », même avec un scrutin majoritaire à deux tours. Avec 21% sur Paris et plus de 22% sur Strasbourg, par exemple ! Bien des triangulaires peuvent créer des surprises désagréables pour les tenants de ce faux bipartisme qui a force de diviser la France en deux la coupe en tranches… et la lamine depuis 25 ans. La vie continue. Et la démocratie est un jardin qui ne se cultive pas que les jours de scrutin.

Daniel RIOT