10/03/2007
Carnets de campagne : Vive la séparation des pouvoirs !
Un vrai scandale que personne n’a vraiment condamné : Réputé proche de la droite, le juge Courroye se retrouve dans un TGI où l'instruction de l'affaire des emplois fictifs du RPR, dans laquelle Chirac est mis en cause, est toujours en cours.Et où se concentrent toutes les affaires politico-financières des Hauts-de-Seine, le fief de Sarkozy…
Eh ! Oui. Et encore bravo pour la séparation des pouvoirs. Le ministre de la Justice Pascal Clément est passé outre l'avis négatif du Conseil supérieur de la magistrature sur la nomination du juge d'instruction Philippe Courroye au poste de procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine) et a signé le décret de nomination. Ce décret doit désormais être contresigné par le président de la République et publié pour entrer en vigueur : Encore un espoir pour ceux qui n’ont pas oublié Montesquieu ? On peut rêver un peu.
Casser le thermomètre n’enlève pas la fièvre…
Que vaut un Etat qui ne sait pas même disposer d’instruments de mesure fiables ? L’indice des prix ne tient pas compte des évolutions des modes de vie, ce qui fausse tout : les consommateurs en savent quelque chose…pour la plus grande joie de ceux qui trouvent dans l’euro une excuse à leurs faiblesses, à leurs fautes et à leur irresponsabilité.
Le baromètre du chômage aussi semble connaître quelques problèmes de fiabilité… Les socialistes de la commission des Finances de l'Assemblée souhaitent entendre le directeur de l'Insee et le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, à propos du report par l'institut des statistiques de la publication des chiffres du chômage pour 2006.(8,6% ou 9,8% ? )
Ils estiment (à juste titre) que la représentation nationale et l'opinion publique « ont le droit de connaître le véritable taux de chômage sinon, à son échec économique et social, le gouvernement ajouterait une grave entorse aux principes démocratiques qui supposent une information statistique libre et transparente ».
Ils ajoutent : « Il y a dans notre pays un véritable problème de fiabilité des statistiques. C'est le cas en matière de chômage mais également pour les statistiques de délinquance et d'insécurité. Cela pose un sérieux problème démocratique et sape la confiance dans nos institutions », déclarent les trois députés qui, lors de la précédente législature, dirigeaient la commission des Finances de l'Assemblée.
Le pire, c’est que le classique « Pas sérieux, s’abstenir » devient « Pas sérieux, remettre çà ». Brillants le « premier des ministres » Sarkozy et ses fidèles de l’UMP qui veulent aller de l’avant sans se préoccuper de ce qu’ils laissent derrière.
Lepénisation : Où est le mal ? Sarko joue les victimes incomprises…
Il est vrai que Sarkozy et ses amis n’excellent pas que dans les chiffres. Ils sont extraordinaires dans les Lettres aussi… Surprise de Sarkozy après sa modernisation de confusions pratiquée par le régime de Vichy. Est-ce un mal de parler d’immigration ? Bien sûr que non ! Est- ce un mal de parler de l’identité nationale ? Evidemment que non ! Alors pourquoi ne pas en parler en même temps, dans la même phrase ?
« Non seulement c’est nécessaire, mais c’est opportun » affirment ses porte-parole sans se rendre compte que l’opportunité en question, telle qu’elle est définie marque un triple échec de Sarkozy : sur les flux migratoires, sur la gestions des stocks migratoires (pour reprendre le langage gestionnaire de l’efficacité droitiste) et sur la lutte contre les idées de Le Pen.
Il est vrai qu’il a dit « vouloir se battre » pour que Le Pen ait ses signatures : ce qui révèle un quatrième échec (parmi d’autres) du ministre de l’Intérieur qui est aussi le ministre des élections et qui avait tout loisir de changer un système débile…Mais de son bilan, Sarko se moque : c’est de l’avant qu’il veut aller. En « homme pressé »…
« L'intégration et l'identité nationale, ce ne sont pas des gros mots, ça existe » a-t-il expliqué avec son ton de pédagogue pour « vrais gens », de donneur de leçons de bon sens et d’expert dans l’art de transformer en certitudes incontestables des affirmations contestables. « Ce sont de bien petites polémiques. Mais si on veut m'interdire de parler de l'identité nationale, faisons le débat avec les Français ».
Ben voyons ! Une fois encore, « on » fait de mauvais procès à cette âme pure… Il ne plaide pas coupable : il joue la victime. Comme... Le Pen quand on lui fait remarquer qu’il trahit l’Histoire ou piétine quelques valeurs républicaines….
D’ailleurs, de Bayrou, il se moque : « il est à l’affût de tout ».Du PS aussi : « Il est en plein désarroi ». Et ne lui parlez pas du PC, du MRAP, de la Ligue des Droits de l’Homme, de SOS Racisme et des citoyens choqués… « Les mots n’appartiennent à personne » (il avait déjà dit cela à propos de ses récupérations de Blum, Jaurès et de quelques autres grandes figures de combats … qu’il combat). Et « les Français jugeront »…
00:05 Publié dans Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, présientielles, justice, chomage










