09/12/2008
De "l'Empire de la Honte" à "la Haine de l'Occident"....
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| Lundi, 08 Décembre 2008 02:54 | |
| ECOUTER Jean ZIEGLER !
INVITATION « Café Europe de Relatio » ce mardi à 17H30 au bar de l'Aubette (1er étage), grande rencontre dans la salle Blanche de la Librairie Kléber à 19H. Déjeuner du Club de la Presse, mercredi, à 12H30 au Strissel (sur inscription). Trois occasions de rencontrer l'auteur de « la haine de l'Occident », à Strasbourg cette semaine. Trois occasions de réfléchir aux moyens d'instaurer une « mondialisation » qui ne soit pas qu'une « globalisation » géo financière qui accroît les inégalités et menace cette Terre dont aucun humain n'est propriétaire ! Trois occasions de prolonger les « Journées européennes du développement » qui se sont déroulées récemment à Strasbourg. Trois occasions surtout de considérer la « CRISE » actuelle sous un angle différents des expertises officielles... Trois occasions enfin de « fêter » le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l'Homme hors des sentiers battus... Lire la suite Ajouter un commentaire (0) |
00:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, monde, livres, civilisation, religion, société, faim
12/11/2007
Livres: Tout Jean-Pierre Vernant
Quelques mois après sa mort, en janvier dernier, les éditions du Seuil ont eu la bonne idée de publier, en deux volumes sous coffret, les Œuvres rassemblées du grand historien et anthropologue Jean-Pierre Vernant. Dans cet ensemble soustitré "Religions, rationalités, politique", on retrouve les ouvrages importants de Vernant, Les Origines de la pensée grecque (1962), Mythe et société en Grèce ancienne (1974), La Mort dans les yeux (1985)…, mais aussi Entre mythe et politique (1996) et La Traversée des frontières (2004), des livres plus personnels, dans lesquels il évoque notamment son expérience de la Résistance durant la guerre, ses engagements intellectuels. Des textes auxquels son décès confère, désormais, une valeur testamentaire. ◆ Na.C. Jean-Pierre Vernant, Œuvres, éd. du Seuil, 69 €. (repris de la Lettre aux abonnés de Telérama)10:40 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livres, grèce, europe, histoire, civilisation, résistance
09/01/2007
fragments de pensé
"Nous sommes dans un âge critique, c'est-à-dire un âge où coexistent nombre de choss incompatibles"
PAUL VALERY
22:05 Publié dans fragment de pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : civilisation, philosophie, société
23/11/2006
En finir avec le masochisme européen: L’excellent diagnostic du Dr BRUCKNER
« Le Bruckner nouveau » est un excellent cru. Qu’il faut boire sans modération. En ne se contentant pas de le lire et d’y réfléchir, mais en en tirant toutes les leçons. Plus qu’un livre : un diagnostic sur les maux français, européens et d’une façon plus générale occidentaux d’aujourd’hui : un masochisme chronique qui se traduit par un déclinisme stérile, une résignation bêtement fataliste, une soumission lâche, un refus nihiliste d’assumer des responsabilités d’adultes et la terrible tentation de vouloir « sortir de l’Histoire sur la pointe des pieds »

De la « Tentation de l’innocence » (Prix Médicis, 1995), à la « Tyrannie de la pénitence » il n’y a pas « radotage » comme l’écrit un chroniqueur sans talent et sans esprit de « Libération ». Il y a une logique, une cohérence et surtout une confirmation : celle de la pertinence, de la clairvoyance, de la lucidité de cet « intellectuel dégagé » qui sait voir, écouter, aller au-delà des événements et offre des clefs pour comprendre ce monde, notre société et notre temps.
Comment, comme Pierre Marcelle, ce « critique » de « Libé » qui trempe sa plume dans le vitriol des jalousies, de l’arrogance des ignares et de la bêtise des prétentieux, peut-il traiter Pascal Bruckner de « grand inquisiteur », l’accuser le « tripoter sources et citations » et, surtout, de sous-entendre (sans avoir le courage d’aller jusqu’au bout de ce qui lui sert de « pensée ») que Pascal incarne « une autre forme de terrorisme » ? On se demande qui a le plus de « comptes à régler avec les Lumières », l’écrivaillon des « Quotidiennes » de « Libé » ou l’écrivain qui confirme ses qualités de livre en livre, d’article en article, de conférences en conférence, d’ITW en ITW…
Sans doute aurais-je du traiter par le mépris (donc les taire) ces attaques (je ne dis pas « polémique », car c’est un art qui suppose du talent). Mais une telle médiocrité injuste affichée dans un quotidien qui tente de sauver sa vie à un moment où je referme l’ouvrage de Pascal suscite une saine colère. L’ami Joffrin a du boulot sur la planche. Puisse-t-il faire le pari de la qualité, de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle…Salut, Marcelle ! Faites « pénitence »…

PENITENCE. Je reprends ici la définition (imparfaite) qu’en donne Wikipédia. « Dans l'Église catholique romaine, la pénitence est un sacrement qui a pour but de pardonner les péchés. Son titre exact est le sacrement de Pénitence et de Réconciliation ».
Pour Bruckner, le sacrement, aujourd’hui est devenu Tyrannie collective. « Le monde entier nous hait et nous le méritons bien : telle est la conviction d'une majorité d'Européens, du moins à l'Ouest. Depuis 1945, en effet, notre continent est habité par les tourments du repentir. Ruminant ses abominations passées, les guerres, les persécutions religieuses, l'esclavage, l'impérialisme, le fascisme, le communisme, il ne voit dans sa longue histoire qu'une continuité de tueries, de pillages qui ont abouti à deux conflits mondiaux, c'est-à-dire un suicide enthousiaste. Des horreurs inégalées, l'industrialisation de la mort à grande échelle dans les camps nazis et soviétiques, la promotion de saltimbanques sanglants au rang d'idoles pour les masses, l'expérience du mal radical transformé en routine bureaucratique, tel est notre bilan. Et les plus grandes vertus, le travail, l'ordre, la discipline, mises au service de fins épouvantables, la science déshonorée, la culture bafouée dans ses prétentions, l'idéalisme défiguré. L'Europe, pareille à un boxeur groggy, sonné par les coups qu'il s'est assené, se sent dépassée par des forfaits trop lourds à porter »
En cette époque où l’on confond Mémoire et Histoire, et Législation et Histoire et politique et Histoire, « Pas une nation, à l'ouest ou à l'est de ce petit cap asiatique, qui n'ait à faire son examen de conscience et dont l'histoire ne soit emplie de cadavres, de miradors, de tortures, d'exactions. Tant d'œuvres sublimes, de hautes métaphysiques, de philosophies délicates pour aboutir aux guerres civiles, aux charniers, aux chambres à gaz, au Goulag. L'Europe a combiné de façon inédite la pensée calculante et le meurtre, construisant avec méthode, systématisme, une machine à déshumaniser qui a connu son apogée au XXe siècle. Un maléfice se cache dans notre civilisation qui en corrompt le sens, en ridiculise la grandeur. Les sommets de la pensée, de la musique, de l'art, tout ce luxe inutile et tragique a pour corollaire les abîmes de l'abjection. »
Tout l’essai de Bruckner part de ce constat : « En 1955, Claude Lévi-Strauss évoque avec consternation dans Tristes Tropiques, à propos des Indiens du Brésil, " le monstrueux et incompréhensible cataclysme que fut, pour une si large et innocente fraction de l'humanité, le développement de la civilisation occidentale ". De ce sentiment de répulsion témoignent aujourd'hui encore d'innombrables voyageurs, théoriciens.
Quarante ans après Lévi-Strauss, le constat reste le même : " Nous avons collectivement beaucoup à nous faire pardonner, explique le philosophe Jean-Marc Ferry (...). Nous devons nous remémorer sur un mode critique ce que nous avons infligé de violences et d'humiliations à des peuples entiers de tous les continents pour faire triompher notre propre vision de l'humanité et de la civilisation " C'est encore un historien spécialiste de l'Algérie qui écrit pour s'en désoler : " Les Français n'ont jamais envisagé la culpabilité comme partie constitutive de leur histoire "
C'est Edgar Morin qui, dans une série de conférences en 2005, voit dans l'Europe pacifiée et dans elle seule le ferment d'une possible barbarie : " Il faut être capable de penser la barbarie européenne pour la dépasser car le pire est toujours possible. Au sein du désert menaçant de la barbarie, nous sommes pour le moment sous la protection relative d'une oasis. Mais nous savons aussi que nous sommes dans des conditions historico-politico-sociales qui rendent le pire envisageable, particulièrement lors des périodes paroxystiques . "

RESULTATS (entre autres) : « Nos crimes passés nous intiment de garder bouche close. Notre seul droit est le silence. Il offre ensuite aux repentis le confort du retrait. Réserve, neutralité seront notre rédemption. On enjoint l'Occident de ne plus prendre part, de ne plus s'engager dans les affaires du temps sinon sous la forme de l'approbation envers tous ceux que nous avons jadis opprimés. Aujourd'hui, l'Europe s'agenouille devant tout le monde. Devant Poutine, qui n'est pas un islamiste invétéré, mais qui n'est pas non plus un démocrate. Cet autocrate rusé, qui veut asservir le peuple tchétchène et étrangler l'Europe énergétique, utilise quand il s'adresse aux Européens le langage du chantage et de l'intimidation. L'Europe s'agenouille devant l'Iran, qui vient de lui adresser un ultimatum pour qu'elle lâche Israël. Les Européens n'ont même pas réagi à cet ultimatum. Pendant qu'Ahmadinejad continue à nier la Shoah, à prôner sans ambages la destruction d'Israël et à vitupérer les Juifs, l'Europe négocie avec lui et affirme que l'Iran est un grand pays. C'est déplorable et grotesque! Elle s'est aussi agenouillée devant les islamistes »
Tout est aggravé par un constat : « Les Européens ne cessent de réaffirmer la primauté du droit, mais force est de reconnaître que leur droit est éthéré, abstrait »

COMMENT EN SORTIR ? « Je pense que le combat a tout d'abord lieu au niveau du langage. C'est un combat d'idées, donc ce sont les mots qu'il faut décortiquer et soigner. Le mot "islamophobie", forgé par les mollahs en 1979, notamment pour contrecarrer les offensives des féministes américaines qui demandaient aux femmes iraniennes d'enlever leur voile, est évidemment un contresens total parce qu'on a parfaitement le droit, jusqu'à preuve du contraire, de critiquer une doctrine, une religion, une idéologie, en l'occurrence le marxisme, le socialisme...
UNE REMARQUE QUI VAUT REFLEXION…PAS SEULEMENT POUR LES EUROPENS : « Il n'y a pas de "christianophobie", sinon l'Occident chrétien serait resté au stade de l'Inquisition. Imaginons que les papes des 17e, 18 e et 19 e siècles aient utilisé ce terme et assimilé la critique du christianisme à du racisme. L'Église n'aurait jamais évolué, nous vivrions aujourd'hui sous une théocratie. De la même façon, le judaïsme a été lui aussi critiqué par un certain nombre de penseurs et de philosophes, comme Spinoza, qui ont prôné sa réforme. Il n'y a pas non plus de "boudhophobie", ni de "protestanphobie"... La libre critique d'une doctrine religieuse est inscrite dans la démocratie moderne. C'est pour cela que toutes les religions évoluent avec leur temps. »
Les remèdes du Dr BRUCKNER : « Il faut guérir le langage d'un certain nombre de ses pathologies et démonter les mots utilisés en permanence par les extrémistes. Le mot "tolérance", qui sert aux intolérants à s'affirmer en fermant la bouche de ceux qui veulent les contester, le mot "islamophobie"... Il y a tout un travail à faire au niveau de la langue parce que celle-ci a été pervertie. Celui qui tient le langage, tient le pouvoir.
Deuxièmement, il faut retrouver une culture du courage.
Le remords n'est qu'un alibi du confort moral et politique.
Nous préférons endosser la défroque du pénitent pour ne pas avoir à affronter nos ennemis. Or, l'Europe a des ennemis: les extrémistes islamistes, les régimes autoritaires, totalitaires, théocratiques... Cette culture du courage consiste en première instance à nommer l'ennemi, à lui rétorquer tout à trac: "Vous êtes notre ennemi, vous nous désignez comme tel, nous vous renvoyons les compliments. Nous considérons que vous représentez une très grave menace pour la paix et la sécurité. »

UN RAPPEL : « Le premier devoir d'une démocratie, ce n'est pas de ressasser le mal d'hier, c'est de dénoncer sans relâche ses crimes et ses manquements d'aujourd'hui. Un tel geste exige réciprocité et que tous appliquent la même règle. Il faut en finir avec le chantage à la culpabilité, cesser de nous immoler à nos persécuteurs. Une politique de l'amitié ne peut pas être fondée sur la duperie: à nous l'opprobre, à vous la grâce! »
Autant dire que l’Europe face à cette « Tyrannie de la pénitence » doit retrouver les vertus de la RESISTANCE. En brisant cette spirale du déclin que nous cultivons depuis la guerre de 14 ("le déclin de l'Occisent"). Et en cessant de fuir nos responsabilité: la culpabilité se transforme trop lachement en excuse. Et en soumission. "Debout Europe! ", redirait Churchill!
Daniel RIOT
*Pascal BRUCKNER est cet après-midi à 17h30 à la Salle blanche de la Librairie Kléber, à Strasbourg.
*La tyrannie de la pénitence. Essai sur le masochisme occidental de Pascal Bruckner Éditions Grasset, 2006, 258 p.
13:05 Publié dans Edito, Livre, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livres, europe, culture, civilisation, histoire, mémoire














