12/07/2007

SELECTION DU JOUR SUR RELATIO

 522e32c58b284ba555ab9fef5c16311b.jpg>>> Concurrence : « Bruxelles » paiera… 

>>> Quelle Union méditerranéenne ?

>>> DSK, candidat européen au FMI

>>> Djibouti : Des vérités « sales »

>>> L’Europe coquine  : "Spécial femmes"

>>> MODE: Images de défilés

>>> Videos et libertés: Inquiétudes.

 

14/10/2006

Présidentielles: Et si Fabius gagnait la primaire du PS ?

Quelques signes ne trompent pas, surtout quand ils s’additionnent… Au sein du PS, la stratégie de l’ancien Premier ministre avait été bonne (en termes politiques) au moment de la campagne référendaire. Le Non qu’il prônait l’a remporté, malgré le vote interne au PS, sa « non-discipline » (pourtant jugée comme une « trahison ») n’a pas été sanctionnée, le programme socialiste pour les Présidentielles est très marqué par ses idées et il peut mener auprès des militants et sympathisants une campagne du type « force tranquille »… Pourquoi ne continuerait-il pas sur sa lancée ?  Ses amis ne sont pas les seuls à penser qu’il pourrait bien créer la surprise, surtout si Ségolène n’est pas désignée dès le premier tour. Il ne manque pas d’atouts, qu’on le regrette ou qu’en s’en réjouisse.

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>>>  Ses idées font leur chemin. Sur l’Europe notamment. Ségolène (comme Voynet chez les Verts) prend des accents « fabusiens »… Qui ne préfère pas l’original à la copie, comme disait Le Pen sur d’autres sujets ?

>>> Les « dérives droitières » de Ségolène renforcent l’idée que Fabius peut être le mieux placé pour assurer une indispensable « Union des gauches » au deuxième tour des Présidentielles. Fabius en a bien conscience. Une de ses boutades révélatrices qui font mal à Ségolène : « Il ne faut pas courir après Sarkozy qui court après Le Pen » …

>>>  Les effets « Femme » de Ségolène semblent s’atténuer, dans leurs deux dimensions : empathie (chez les hommes comme chez les femmes) et réactions machistes, dans une classe politique qui demeure très « mâle(adroite) ».

La séduction s’érode, ne serait-ce que parce que trop d’image tue l’image, surtout quand elle révèle des artifices de maquillage : pour réussir en politique, il importe d’être séduisant ou séduisante, plus que séducteur ou séductrice

Dans bien des circonstances, Ségolène affiche des sourires de façade qui cachent de moins en moins un autoritarisme « thatchérien » qui n’a rien à voir avec l’autorité et des mouvements d’humeur qui ne pardonnent pas ni chez les hommes (Sarko a le même défaut) ni chez les femmes. …

Ses poses en  victimisation (« parce que femme »), dont elle a usé et sans doute abusé,  passent de moins en moins bien. Un détail : « Etat de grâce », la (petite) série de France 2 qui aurait pu la servir ne lui rend pas service.  

medium_sego_et_francois.2.jpg>>> A la popularité de Ségolène, Fabius oppose l’image de la crédibilité d’Etat. Et dans les débats qui viennent (que Ségolène menace de « bouder »), il sera sans doute meilleur orateur, dans la forme et sur le fond que Royal (comme DSK, d’ailleurs). De quoi faire « bouger les lignes ». La petite phrase assassine de Fabius sur « Moi, je dis Voici mon programme, je ne dis pas mon programme, c’est Voici » revient dans les têtes chaque fois que Ségolène confond démocratie d’écoute, de concertation et de participation avec cette démocratie d’opinion, cette « doxocratie » , qui est à la Démocratie représentative ce que la « réclame » est à l‘information. Fabius a plus médité Jean Jaurès et Pierre Mendès-France que Ségolène

>>> Les rapports de force internes sont en train de se modifier, en  faveur de Fabius au sein du PS. Les Jospinistes ne voteront pas Royal (pour attaquer Hollande, par procuration et par dépit) et ils refuseront de voter DSK, auquel il reproche son « non désistement »  en faveur de Jospin. Jack Lang vient d’avouer (sur France 5)  qu’il ne s’est pas présenté parce que «Hollande n’a pas tenu ses promesses à son égard (en fait, il n’a pas eu toutes les signatures requises !) : De quoi nourrir des rancunes, dont Ségolène risque de faire les frais… Malgré les soutiens massifs des responsables des fédérations du PS en faveur de Ségolène, les réseaux Fabius restent forts. Ils se renforcent même. De bons connaisseurs de la vie du PS estiment que Fabius arrivera deuxième au premier tourde la consultation, donc devant DSK … dont les supporters sont plus portés à soutenir la crédibilité  plus qu’à suivre la popularité.

>>> Paradoxe (parmi d’autres) : La « Gazelle » faisait figure de « jeune » et affichait une belle fraîcheur face aux « éléphants » du PS (dont Fabius)… Mais certains soutiens dont elle dispose dans les structures du parti et chez quelques « dinosaures » (Pierre Mauroy, par exemple) se retournent progressivement contre elle. Fabius, lui,  a réussi à rester dans « l’appareil » en se dégageant de l’image de « l’homme d’appareil ». C’est peut-être injuste et faux, mais c’est ainsi. Alchimie du positionnement politique… Et de la « politique-marketting »

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Alors ? Les commissions de surveillance font bien de mettre en garde sur la fiabilité des sondages publiés sur le PS et de rappeler que seuls les « militants » du parti voteront… Une victoire de Fabius au PS ferait, bien sûr,  le jeu de l’UMP (dont une frange de l’électorat pourrait être séduite par Ségolène) et, surtout,  … de Bayrou.

Mais analyse n’est pas pronostic. Et constat n’est pas vœux ou souhaits. Confidence : J’ai trop combattu, personnellement, Fabius lors de la campagne sur le référendum européen pour le soutenir aujourd’hui… Mais « les faits sont têtus » et l’éditorialiste, même chargé d’idéal, doit d’abord tenter de cerner les réalités avec le maximum de…réalisme.  

Rien n’est joué. Faites rouler les dés… D’autres surprises peuvent changer toutes les donnes, pas seulement au PS…

Daniel RIOT

10/10/2006

Un blog-notes bien repris: Merci à mes lecteurs attentifs

Merci à eux... Plusieurs de mes articles sont repris sur agoravox et sur Yahoo Actualités

03/10/2006

Démocratie, Oligarchie, Doxocratie...

Question de fond (et de base) : les partis sont-ils des rampes de lancement pour des postes électifs ou des « familles qui défendent des idéaux, des intérêts, des objectifs communs » ? 

 Cette question en amène une autre : la démocratie dite « pluraliste », ou « à l’occidentale », est-elle un mode de sélection des « élites » chargées de gouverner ou une « grille de valeurs », une série de règles d’actions,  un régime qui concilie les intérêts contradictoires des « individus » et de la « collectivité », de la Liberté et de la solidarité, de « l’égale dignité » entre les Personnes et de l’inégalité des conditions de vie ? 

 Comment ne pas re-poser ces questions-clefs aujourd’hui, dans un paysage  politique français qui est en pleine rupture avec le paysage sociétal français ? Et dans un contexte socio et psycho-politique  qui favorise les pires des impostures en encourageant les plus artificielles ou les plus mensongères des postures.  Sur plus d’un terrain et sur  plus  d’un plan… Et pas seulement dans les « élites ».

La crise de la démocratie dite « représentative » révèle une crise de la Démocratie dont on ne sortira pas par des discours, généreux mais truqués, sur les « démocraties » dites  « participative », « délibérative », « interactive », « directe » ou autre…

medium_jacques_julliard.jpgJacques Julliard, avec pertinence, a  parlé  de « doxocratie » à propos du règne des sondages, de la «loi de la  rue », des modes médiatiques, des « doxa » (ces pensées dominantes d’un moment), des snobismes quotidiens engendrés par le « système politico-médiatico-publicitéro-marketing », des élans contradictoires des « zappeurs-consommateurs », (des « zappanthropes » disait Cornélius  Castoriadis) .medium_Castoriadis.jpg

 

Cette « doxocratie » peut-elle contribuer à sauver la Démocratie d’elle-même ? Non. Parce que cette « Démocratie » reste un idéal, un but à atteindre, un « IDEAT », comme disait Spinoza, non une réalité accomplie. Parce que ce qui est contesté c’est moins la « Démocratie proclamée que « l’Oligarchie » effective que les Institutions (dites « républicaines » mais en fait césaro-maonarchistes) contribuent à perpétuer.

 

La « Doxocratie » conduit au triomphe des populismes (de droite et de gauche) et de la « Médiocratie ». Qui en a vraiment conscience ? Qui surtout s’en préoccupe en ces temps où les crises s’additionnent (et se nourrissent mutuellement), économique, sociale, sociétale, politique, culturelle…. ? Comment faire pour que cette campagne « présidentielle » se centre ou se concentre sur cette question-clef ?

 

medium_morin.jpgSOS Edgar MORIN : c’est la « pensée complexe » qui est en panne, pour cause de simplisme généralisé et instrumentalisé…

 Pourtant, nous devons sortit de cette spirale de l'échec de la pensée qui risque de conduire aux pires de crises: celle d'une Humanité incapable d'assumer l'Humain. 

 C'est politique plus que philosophique. ou du moins c'est de l'ordre de cette philosophie politique sacrifiée sur l'autel (stupide) des dites "sciences politiques", comme si la Politique (ou l'Economie) étaient des "sciences" ...

27/09/2006

Le serment de Dakar de Ségolène...

>>> Il faut toujours prendre des distances pour mieux revenir…Ségolène vient de faire le serment de Dakar….. A un militant socialiste français du Sénégal qui l'exhortait à aller "jusqu'au bout", elle a répondu: "j'ai raison de venir à Dakar pour entendre vos encouragements. Je vais suivre le conseil qui vient de m'être donné, ce sera le serment de Dakar".

medium_segolene.jpg"Je trace ma route, voilà, jusqu'au bout, jusqu'au bout", a-t-elle ajouté peu après en dénonçant ceux qui, en la critiquant au sein de son parti, « déclenche la machine à perdre »…. Evoquant les débats internes que le PS doit organiser à partir du 3 octobre, une fois achevée la période de dépôt des candidatures qui s'ouvre ce samedi, elle a ajouté, au futur: "j'irai".

Aujourd’hui, elle va renouveler son serment de Dakar sur sa terre natale, à Ouakam, près de la capitale du Sénégal, où elle est née le 22 septembre 1953. Une campagne présidentielle, c’est un  Destin assumé.Ou forcé.

>>> Le site des Présidentielles regarde dans les étoiles… Portraits astrologiques de quelques protagonistes. Au point où l’on en est….

>>> Sur son blog, Raffarin met en garde contre "des idées de rupture qui ne (lui) paraissent pas capables de rassembler au second tour".
"Je me méfie des idées de rupture qui ne me paraissent pas capables de rassembler au second tour", écrit le sénateur UMP de la Vienne, prenant ainsi ses distances avec Nicolas Sarkozy, qui a fait de la rupture un de ses thèmes de campagne pour l'élection présidentielle. Jean-Pierre Raffarin ajoute que "la rupture est une violence, un affrontement, plus qu'un rassemblement". Mais le site de Raffarin est toujours en place dans le répertoire de « La France d’après »…
 

>>> Une colère peut en cacher une autre. Selon le Canard, Sarko aurait piqué une colère à huis clos, à Bobigny,  devant les policiers avant de pousser sa diatribe, en public, contre les juges… De jolis volé auraient volé : »connards », « crétins », « incapables »… Et la parano du complot aurait fonctionné à plein… Belle ambiance ! « J'aime construire, agir, résoudre les problèmes. Je crois que tout se mérite et qu'au final l'effort est toujours payant. Voilà mes valeurs. Voilà pourquoi je fais de la politique, voilà ce qui justifie, à mes yeux, de vouloir conquérir les plus hautes responsabilités », écrit Sarko dans la présentation de son livre qui fait toujours un tabac en librairie et dans les ventes en ligne…

>>> Dans le Canard  de ce jour (qui titre sur « Hollande en tenue de compagne »), ce dessin qui vaut reproduction… Il a marqué Sarko !.

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25/09/2006

Adorable Ségolène...

medium_sego_2.jpg"J'ai pris comme principe de ne pas commenter les déclarations des uns et des autres, et de ne pas parler du débat interne" au PS."Je m'adresse aux militants et aux Français et chacun est libre. Je suis pour la liberté des uns et des autres et je ne commente aucune candidature. Je ne ferai pas d'exception, je respecte tout le monde", a-t-elle dit,

 Quelle belle âme, cette Ségolène! Elle refuse de réagir a tout, y compris aux prises de positions de Jospin et d'autres..

.Elle est, comme Sarkozy, à droite imperméable à tout ce qui peut l'entraîner où elle ne veut pas aller ...Même si elle doit y aller.

J'admire cette ligne de conduite.Adorable Ségolène...

Mais cette conduite peut être, politiquement, suicidaire. Qui ne dit mot ...

Jospin la taxe de "démagogie". C'est grave, non? Ne devrait-elle pas "répondre"?  Il ezt vrai que, dans l'autre camp, qui dirige l'Etat en son  sommet, on n'en est pas à celà près... Nous vivons dans la République des zizanies

24/09/2006

Kouchner chez Laurent RUQUIER : c’est vraiment dur d’être de gauche, an France, aujourd’hui, surtout quand on n’est pas de droite….

medium_kouchner.jpgBernard KOUCHNER est UN bon, un très bon même. Et pas seulement médiatiquement… Il est au PS, pour son malheur et pour son honnêteté. Il pourrait être ailleurs, comme d’autres. Chez Bayrou, par exemple. Chez ceux qui ne sont pas des faiseurs…  « En France,  c’est dur d’être de gauche, surtout quand on n’est pas de droite »… Bref, Kouchner mérite mieux que ce qu’il devient sur l’échiquier politique malgré  ses engagements militants, humanitaires (et humanistes). Il n’est pas le seul… Si on en dresse, la liste « on n’est pas couché »… 

 Laurent RUQUIER n’a pas que des défauts…Il a même de sérieuses qualités : je me souviens l’avoir interwiewé à ses débuts à Europe 1 . cet homme avait de l’esprit et du corps : il travaille beaucoup surtout, et c’est bien . Le seul problème , c’est que  la doxa médiatique ambiante en fait, dans les faits, l’éditorialiste le plus influent de France, alors qu’il n’est qu’un (bon) animateur de radio et de télé… Jean Nohain +Léon Zitrone+ Michel Droit+ Pierre Lazareff+ Claude Darget+Roger Louis+Georges de Caunes+Pierre Desgraupes+ Catherine Langeais… (entre autres). ? N’exagérons pas : cela ferait beaucoup…Cela fait d’ailleurs  déjà beaucoup trop… Mais de grâce ! N’en faisons pas un politologue : c’est dur d’être sérieux surtout quand on veut être sérieusement un humoriste (ce qu’il est)medium_ruquier.JPG

Kouchner était aussi ce dimanche chez FOG, sur France 5… La promotion (donc la pub) des livres, des films, des spectacles reste la base des grandes émissions de TV. « Vu à la télé ! »… Ou plutôt « entendu à la télé !» puisque l’audimat augmente en fonction des décibels. Il faut gueuler, crier et non argumenter… La loi de l’info- show  et la politique-spectacle ? Les modes passent, heureusement. 

 Le PAF est dans une crise d’adolescence : on doit en sortir…Et il reste quelques belles exceptions : C’est dans l’air, tous les jours, et Riposte le dimanche.

Sans parler de France Europe Express…L’émission de Christine n’a qu’un problème : elle s’adresse à un public « éveillé » qui dort à l’heure de l’émission parce qu’il se lève tôt le lendemain…C’est dur d’être intelligent, en France, surtout quand on n’est pas bête…

 

23/09/2006

MIettes d'infos d'un samedi soir bien ordinaire...

>>>  Bonne idée de Dominique De Villepin qui était l’un des nombreux invités du 10e forum international de la Fondation Bertelsmann à Berlin. Soulignant l’impérative nécessité de relever les « défis énergétiques », il a lancé l'idée d'une «diplomatie énergétique européenne» afin de parler d'une «seule voix» dans les négociations avec les pays producteurs. Concrètement, il a proposé la nomination d'un «représentant spécial pour l'énergie» chargé d'organiser, l'an prochain, un sommet réunissant les Européens et les principaux voisins producteurs (Algérie, Russie, Norvège) de pétrole et de gaz. Chirac et Merckel en ont-ils parlé à Poutine ?

medium_Villepin-763541.jpg>>> Bonne correction de vocabulaire du même De Villepin. Sa référence au « patriotisme économique » avait fait sourire, comme le chant du coq gaulois (toujours en voie de disparition). A Berlin, il a parlé de « patriotisme économique européen ». « Europe d’abord ! », a-t-il lancé. C’est bien dans la bouche d’un porte-parole du « gaullisme social ». Mais « l’Europe », c’est ceux qui la font ou la défont, à commencer par les gouvernements des Etats membres. Monnet et Schuman pouvaient parler de ce « patriotisme »-là parce qu’ils le pratiquaient…Dans des actes, pas seulment dans des discours

>>> Le premier ministre qui s’est bien gardé de parler de l’impasse institutionnelle que connaît l’Union européenne depuis le NON français a écouté très attentivement  Angela Merkel et le premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui,tous deux,  ont rejeté l'idée d'un «mini-traité» européen, défendue le 8 septembre dernier par Nicolas Sarkozy…

>>> Décidément très « branché Europe », Dominique de Villepin a aussi suggéré, à Berlin,  la création d'une «police européenne des frontières» pour faire face à l'afflux d'immigrants irréguliers. Qu’en pense Sarko ? Des politiques européennes « claires » passent d’abord par des politiques françaises cohérentes. A Paris aussi, il faudrait « parler d’une seule voix »….

 medium_parlement_europeen_IPE4_G_ENGEL.jpg>>>  Qui réagit à la pétition d’une euro-députée suédoise qui vient de recueillir  un million de signatures demandant la suppression des  sessions du Parlement européen à Strasbourg ? La Ville de Strasbourg, la Région Alsace, le gouvernement français, le Parlement français, la Commission (« gardienne des Traités »), le Conseil européen, les partis politiques, la société « civile » ?... J’y reviendrai, sur ce site et sur d’autres….

Je sais, par expérience,  à quel point il faut se battre pour obtenir un million de signatures pour une cause (bonne ou mauvaise) en vertu du droit de pétition prévu dans le projet de Traité constitutionnel. Je crois même pouvoir dire que nous avons, dans le cadre de DpJ, le Droit pour la Justice, (crée par Chantal Cutajar) été les premiers à tenter d’expérimenter(pour une  « Europe de la Justice’ de plus en impérative et urgente) cette  innovation citoyenne (bien que Ségolène Royal, sur un autre sujet ; se soit attribuée d’une façon mensongère  ce mérite). Mais je ne confonds pas démocratie et « doxocratie », loi du nombre et vérité…Foule et peuple. Masse et Responsabilité collective.

Nous devons prendre très au sérieux cette démarche révélatrice d’une grande incompréhension. Dominique de Villepin, Jacques Chirac et tous les candidats à la Présidence de la République devraient réagir. Viser l’Europe A Strasbourg, c’est attaquer l’Europe DE Strasbourg, celle qui place les valeurs  au-dessus des lois du mercantilisme, du bureaucratisme, du fonctionnarisme…

Faut-il lancer une pétition pour une Europe de l’Esprit, de la Culture, de la Personne ? Bruxelles est une ville que j’adore : là n’est pas le problème. Mais cette capitale nationale qui abrite l’OTAN et incarne, plus que Londres, le capitalisme « globalisé » donc désincarné n’est ni Bruges, ni Florence, ni Salzbourg, ni Cracovie….ni Strasbourg. Une question d’Histoire, d’âme et d’Esprit. D’humanisme, si ce mot ne fait pas trop peur à ceux qui ne voient pas  qu’il est temps de remettre l’Homme au cœur de toute action, donc de toute politique européenne… 

medium_de_Villpin_Merckel.jpg>>> Quelle place l’Europe va-t-elle occuper dans la campagne des Présidentielles 2007 ?  Le directeur de la Fondation Schuman, le très estimable Jean-Dominique Giuliani,  passe du pessimisme à l’optimisme…Je voudrais croire qu’il ait raison, même si je le trouve (curieusement)  bien sévère à l’égard de Bayrou qui, pour l’heure, est LE seul (avec DSK à  gauche) à avancer des propositions qui ont valeur de programme, sur le plan européen, même si cet admirateur de Henry IV  et de Jacques Maritain ne va pas au bout de sa propre logique…

>>> L’un des problèmes-clefs de l’oligarchie française qui veut incarner un modèle d’une démocratie toujours « monarcho-régicide », c’est  la relation Peuple-Pouvoir et les liens Patrie-Europe. L’identité, chez nous, reste d’abord une affaire d’altérité : Surtout chez les descendants d’immigrés qui assument mal leurs origines en faisant des surenchères qui valent psychanalyses… Ce qui est un comble quand ils sont candidats à l’Elysée…

Sarko ne s’est visiblement pas délivré du « syndrome Balladur » ni du « complexe corse » de Bonaparte…L’origine ne devrait, pas plus compter que la taille. Ou le poids. Chacun est ce qu’il est, comme il est. Seuls ceux qui confondent l’être et le paraître peuvent tomber dans ce piège  des apparences si trompeuses.

medium_NicolasSarkozy.2.jpgLes Français de souche, sont ceux qui choisissent la France et non ceux, de couche, qui subissent leur destin d’origine et de destination.  C’est vrai nationalement et localement. .  « Cultives tes racines et plantes-les dans les étoiles » dit un proverbe alsacien (remis en relief par Martin Graff) qui existe aussi en arabe…Une leçon de vie, en somme. Et de politique.

Sois bien dans tes baskets, Sarko ! Et tu feras un bon candidat à la Présidence de la République, non un nouveau  Balladur maigre et petit condamné à l’aigreur….Pardon, Monsieur le Ministre d’Etat pour cette audace bien chargée d’impolitesse. Privilège des blogs, sauf en Chine, en Corée, à Cuba et ailleurs… Nous ne sommes plus dans l’ère Peyrefitte , même si Alain  Génestar, l’excellent ex-directeur de Paris-Match, vous doit sa disgrâce et si vous avez des relations avec la presse des conceptions très berlusconiennes…

Je vous ai sans doute trop observé dans vos dénonciations de cette « racaille » qui vous inspire tant de discours et si peu d’actions. Peut-on être à la fois porteur d’une vraie espérance d’avenir pour le Peuple de France  et le meilleur représentant de cette « bullocratie » que Jean-François Kahn dénonce avec pertinence ? 

>>> Une amie à qui je montre ce texte du samedi soir sur Sarko est effrayée : « Pourquoi es-tu si dur avec ce petit mec courageux qui a un grand avenir ? ». Parce que j’aime la France, bien sûr. Et l’Europe.

Parce qu’une élection présidentielle, c’est d’abord, un « contrat de confiance ». Parce que j’ai peur des discours liberticides. Parce que je ne pense pas que les néo-orléanistes ou les néo-napoléonistes peuvent tracer des voies d’avenir pour ce que De Gaulle appelait « ce vieux pays ». Parce que nous n’avons plus de Louisiane à vendre pour nous payer une campagne de Russie. Parce que Sarko, avec toutes ses qualités, me fait déjà regretter …Chirac. Pas drôle, non ?

>>> TSS ? Tout sauf Sarko ? Non. Il y a pire…A droite et à gauche. Mais il y a meilleur, sûrement. A droite et à gauche. Sans aucun doute. Sarko-Napoléon n’a même  pas fait ses preuves en Sarko-Bonaparte. Alors…Il appartient à la classe des « faiseurs »… Et ses dernières interventions, de Berlin à New-York en passant par Bruxelles, Berlin et  Bobigny, me foutent la trouille. Roquet face à Bush, Caniche face à Merckel, Lévrier face à Barroso, Bouledogue face aux magistrats, Chien-loup face aux électeurs et Chien-fou face aux média…   

Peut-être suis-je injuste. Sûrement même. Mais peut-être la « machine UMP » (qu’il n’a pas créée) est-elle en train d’enfanter d’un « monstre » politique d’un type nouveau. Il ne me fait voter pour personne, mais il me fait voter contre lui. Devrais-je me taire ? En politique, le silence, c’est  souvent l’acquiescement. Si la « rupture «  avec Chirac, c’est Sarko, je ne veux pas de rupture…Ce qui ne signifie pas que je veuille ou espère la continuité. Je plains les opportunistes, ces turfistes de la politique qui misent sur un homme (ou une femme) comme on parie sur un cheval… Sarko est d’une bonne écurie (merci Juppé !), mais quel toquard peut-il gagné une course non truquée ?

medium_bayrou.3.jpg>>> Dans le <Nouvel Observateur » de cette semaine, un écho parmi d’autres : Sarko a regardé Bayrou droit dans les yeux, dans les couloirs de l’Assemblée,  et lui a lancé, sur le ton d’un Maître sûr de ses arrières :  «  Regarde moi bien maintenant. Parce que tu ne me verras plus, y compris entre les deux tours »… Intimidation. Ce n’est pas Bayrou qui était visé, mais les députés UDF qui mettent leur siège avant leurs convictions…

Sarko n’a pas supporté les « insinuations » du patron de l’UDF sur les liens du « petit Napoléon » de l’UMP avec les « puissances d’argent ». La vérité fait mal, en effet. D’autant plus que  Bayrou avait visé juste….Même si Sarko n’est  en rien condamnable pour ses relations avec son frère et avec les amis de son frère (dans l’ex-CNPF et aux Etats-Unis)  Sarko ne supporte pas les attaques légitimes : toute une conception de l’Etat et de la République… A ceux qui pensent que la « Chiraquie » est un Royaume « pourri », Sarko annonce des « lendemains (encore) meilleurs ». Un détail : le frère de Sarko a contribué à (bien) organiser son voyage d’Etat à New York. C’est beau, l’esprit de famille.

 

22/09/2006

Les "miracles" des "100 jours" de Prodi: Quand l'Italie connaît une nouvelle Renaissance

LIre mon analyse sur RELATIO>>>>>

21/09/2006

Rioteries du jour: Meunier, tu dors...

medium_Le_Pen_esceneario_vatalla_Valmy.jpg>> Le Pen, qui connaît le poids des symboles et excelle dans l’art de se les approprie, vient donc de déclencher une nouvelles bataille de Valmy, autour de ce moulin reconstruit après la dernière grande tempête qui l’avait soufflé.  Jusqu’alors,  seuls les républicano-souverainistes de gauche  entretenaient  le culte de  cette bataille « fondatrice « de la République… Tous devraient relire Goethe qui jouait les correspondants de « guerre » dans ce qu’il a appelé une « bousculade autour d’un moulin ». C’est le vin de champagne qui a sauvé la République : les troupes austro-prussiennes s’y sont noyées…Ah ! L’Histoire et ce qu’on en fait. Les moulins attirent-ils toujours les Don Quichotte de toute nature ? Pourvu que les citoyens, meuniers de la démocraties, ne dorment pas : leur moulin va trop lentement….

>> Le signe de la croix est à la fois un signe de soumission, un acte de contrition, un appel à la protection, une attente de pardon… A l’ONU, le  Président vénézuelien  l’a-t-il utilisé pour se faire pardonner son outrance verbale  délibérément bête (et non laïque au sens noble du terme) destinée à dénoncer médiatiquement  ce « diable » de BUSH… qui se réfère tant à « Dieu ».depuis son renoncement aux plaisirs excessifs des vignes du Seigneur ? … Le coup de colère du camarade Khrouchtchev, avec sa chaussure, dans le même hémicycle, était moins chargé de spiritualité… René Girard s’est sans doute trompé en voyant  « Satan  tomber comme l’éclair ». Le diable est vraiment satanique quand il met ses pieds dans les chaussures de Dieu.

>> Le premier Chinois qui s’est fait faire une greffe de pénis (réussie) se l’est fait enlever : il pissait bien mais bandait mal : l’érection est d’abord cérébrale….Quand le cœur vous prend la tête, c’est le cul (donc la trique) qui trinque. « 80% des gens ne parviennent pas à faire la paix du slip » redirait l’ami Sollers.

>> « INTIMITE » : c’est le mot à la mode, constate l’excellente Pascale Clark (« en aparté » de ce jour sur canal+) qui réussit si bien à la télévision en ne montrant que sa voix... et en affichant (fait rare !) une intelligence authentique.  C’est vrai :  la presse « poeple »  ne parle que de cela, actuellement,  en cultivant cet exhibitionnisme généralisé qui est le contraire de la pudeur, donc du respect de l’intimité…. La France est-elle pornographique ?, se demandait France 2  hier soir chez un Berg  qui fonde son  succès médiatique sur la pire des vulgarités : celle des poubelles des aristocrates, vrais et faux…La pornographie, aussi, est d’abord cérébrale…

medium_Annie-Girardot-la-Cluj-2.jpg >>   Controverse autour de la Une de Paris-Match faites sur Annie Girardot  atteinte de la maladie d’Alzheimer. Voyeurisme, impudeur, viol d’une intimité, exploitation d’une tragédie ? La presse dite « poeple » n’est pas la forme de journalisme que je préfère même quand j’entends ses ardents défenseurs se référer aux chroniques de Bossuet pour tenter de se justifier. Mais en l’occurrence, Match (pour lequel je n’ai aucune indulgence , surtout depuis le départ politiquement inadmissible de Génestar)  a raison. Les maladie neiuro-dégénératives n’arrivent pas qu’aux autres. Ici, on ne plaisante pas… L’espoir n’est que dans les labos. Je préside AREMANE pour cela. Et si Annie Girardot peut contribuer à faire bouger les politiques (maîtres des budgets de la recherche), tant mieux !

Les limites des « méthodes Sarko » …

Les polémiques police-justice déclenchées par autour du tribunal de Bobigny et de la situation toujours exécrable, scandaleuse et explosive en Seine-Saint-Denis apportent plusieurs confirmations qui concernent directement Sarkozy, ses méthodes, son bilan, son efficacité et…son avenir.

medium_NicolasSarkozy.jpgAnxiogène Sarko ! Anxiogène à force de dénoncer une insécurité chronique qu’il ne parvient pas à juguler malgré des méthodes et des discours qui se voudraient …sécurisants.

Il n’est évidemment pas question ici de qualifier d’une façon outrancière ou caricaturale le ministre de l’intérieur qui occupe un poste extrêmement difficile.

Il n’est pas question non plus de disqualifier le candidat (probable) de l’UMP à l’Elysée même si cet homme politique riche de bien des qualités souffre de ne pas avoir la stature (rare il est vrai) d’un homme d’Etat.

Question de style : des effets de manches trop fréquents (qui relèvent plus de la  communication que de l’information), une tendance constante à confondre  « parler vrai » et arrogance (ou faire-savoir et  savoir-faire) et une combativité de type marketing  ostentatoire plus révélatrice d’ambitions personnelles que du sens de l’intérêt supérieur.

Question d’idéologie aussi : L’Homme de la Place Beauvau qui a osé, à New York, contredire les orientations diplomatiques de son gouvernement et de son pays (au mépris de l’esprit de la Constitution de la V ième République) incarne la ligne orléaniste d’une droite dite « libérale » que le général de Gaulle a dû affronter en de multiples occasions…

En l’occurrence, à propos de Bobigny, Sarkozy est anxiogène aussi sur un autre plan : sa conception personnelle de la séparation des pouvoirs et des compétences. Nul ne conteste la nécessite de reformer la justice en France et de lui donner davantage de moyens. Le ministre de l’intérieur serait dans son rôle en ramant dans le même sens que son collègue Garde des Sceaux, non en dénonçant les magistrats…Mordre sur l’électorat de Le Pen n’autorise pas tout…Ce n’est pas seulement l’image de Sarko qui est ainsi écornée, c’est sa crédibilité qui est entachée. Comme dit Guy Canivet, président de la Cour de cassation : « 
Cette nouvelle atteinte à l'indépendance de l'autorité judiciaire et la polémique qui s'ensuit, opposant les institutions publiques, affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l'autorité de l'Etat »…

D’autant plus que la police a une part de responsabilité dans la situation actuelle que Sarko devrait assumer personnellement.

La gauche a raison de multiplier ses attaques contre le ministre de l’intérieur qui une fois de plus est en porte-à-faux de Villepin et Chirac. «"Dans tout autre pays réellement démocratique, la grave mise en cause des magistrats par M. Sarkozy serait sanctionnée par une démission », constate justement Jack Lang 

Et Bayrou a raison de souligner : « L'Etat est très présent là où ça va convenablement et il est complètement absent là où ça va mal", il faut "inverser le processus » (…) Au moins, on devrait éviter les rodomontades, on devrait éviter d'annoncer des changements spectaculaires là où il n'y en a pas » (…).
La véritable action politique, c’est de résoudre les problèmes. Pas de jouer les « gros bras » et les « grandes gueules » en n’assumant pas ses propres échecs.

20/09/2006

Fragiles démocraties…. « Vents mauvais » sur l’Europe

Où chercher, où regarder, vers quel coin de planète se tourner, pour ne pas s’inquiéter ? Emeutes à Budapest, « populisme » (pour rester dans une terminologie ambiguë) en Pologne, réflexes ultra-droitiers et archéo-nationalistes  en Slovaquie, nostalgie soviétique en Transnistrie, cette province moldave qui  à 97,1%, veut son rattachement à la Russie, drôle de cohabitation en Ukraine, poussée des néo-nazis déclarés dans l’est de l’Allemagne, désinformation d’Etat aux Pays-Bas (sur les déchets toxiques néerlandais en Côte d’Ivoire, xénophobie galopante et violente en Russie…Quelle actualité !

L’Europe n’est pas dans  la situation tragique du Darfour (où le Soudan réduit ce qu’on nomme la Communauté internationale en un  « club des vœux pieux). Elle sait (encore) laisser ses armées dans les casernes quand ses dirigeants se rendent à l’ONU : Un  « coup de Bangkok » semble, heureusement, improbable dans l’espace du Conseil de l’Europe. Mais il faut être malade d’optimisme pour garder un bon moral en cette fin d’été chargée de « vents mauvais » (selon une formule de…Pétain). Et ce ne sont pas les interventions des « grands » à l’ONU qui peuvent nous rassurer. Arrogance chez quelques uns, impuissance chez tous : Chirac en est réduit à une diplomatie des exhortations…Sympathique, intelligent et généreux, mais…

Dans ce contexte, le malaise bruxellois, ou pour être plus précis, l’incapacité chronique de la Commission d’afficher un peu de souffle ajoute de l »inquiétude aux à l’inquiétude. Ce n’est pas en dénonçant  la politique allemande (qualifiée d’anti-communautaire) que Barrosso redonne un peu de santé à son collège bien empêtré dans une quotidienneté étouffante. J’ai trop souvent dénoncé  les attaques injustes contre une Commission transformée  trop souvent en  bouc émissaire trop facile pour me permettre aujourd’hui de marquer davantage qu’une réserve…Même si, bien sûr, ce « collège » n’est en rien responsables des conséquences des Non français et néerlandais qui sont tout de même à l’origine d’une crise que les « escrocs du plan B », notamment dans les « gauches » françaises se doivent d’assumer quoi en disent Fabius et quelques autres.

La Commission est, en revanche, pleinement responsable de bien des dérives actuelles. N’est-elle pas « gardienne des traités » ? Ne devrait-elle pas  être là pour publier des données économiques et financières précises ? L’affaire hongroise est, de ce point de vue, révélatrice  de défaillances inadmissibles des services bruxellois ? Les vieux routiers des affaires communautaires se souviennent de la rigueur  qu’affichait jadis (quand Barre était  Commissaire chargé des affaires économiques, notamment) la Commission dans ses rapports, ses diagnostics et ses recommandations ? Les institutions communes avaient pourtant moins de « compétences », de moyens d’investigations et de pouvoir d’influence qu’aujourd’hui…

Ne savait-on pas à Bruxelles que le Premier Ministre hongrois et son équipe mentaient et trichaient depuis des mois à des fins électoralistes avec les chiffres, les baromètres et les thermomètres de l’économie hongroise ? Ces anciens communistes ont trop oublié la formule de Lénine : « Les faits sont têtus »… Et la Commission l’oublie trop aussi.

Cela dit, cette affaire hongroise ferait sourire s’il elle n’avait entraîné des violences et une crise politique et sociale chargée de périls : comme un chef d’Etat peut-il être à la fois aussi menteur et aussi franc ? Le coté ordurier du vocabulaire utilisé par le premier ministre socialiste hongrois, Ferenc Gyurcsany  confirme un tempérament de battant que les journalistes qui ont eu l’occasion de le rencontrer…Un morceau d’anthologie, non ? … 

« Nous avons merdé, pas un peu, beaucoup. Personne en Europe n'a fait de pareilles conneries, sauf nous (en laissant filer les déficits publics) (...) Il est évident que nous avons menti tout au long des 18 derniers mois. Il est clair que ce que nous disions n'était pas vrai. Nous n'avons rien fait depuis quatre ans, rien. Vous ne pouvez pas me citer une seule mesure gouvernementale dont nous pourrions être fiers, à part le fait que nous nous sommes sortis de la merde à la fin (en remportant les élections) »…. Dans la « merde », il y est encore. Et il pas le seul.

 

Fragiles démocraties…. « Vents mauvais » sur l’Europe

Où chercher, où regarder, vers quel coin de planète se tourner, pour ne pas s’inquiéter ? Emeutes à Budapest, « populisme » (pour rester dans une terminologie ambiguë) en Pologne, réflexes ultra-droitiers et archéo-nationalistes  en Slovaquie, nostalgie soviétique en Transnistrie, cette province moldave qui  à 97,1%, veut son rattachement à la Russie, drôle de cohabitation en Ukraine, poussée des néo-nazis déclarés dans l’est de l’Allemagne, désinformation d’Etat aux Pays-Bas (sur les déchets toxiques néerlandais en Côte d’Ivoire), xénophobie galopante et violente en Russie…Quelle actualité !

L’Europe n’est pas dans  la situation tragique du Darfour (où le Soudan réduit ce qu’on nomme la Communauté internationale en un  « club des vœux pieux). Elle sait (encore) laisser ses armées dans les casernes quand ses dirigeants se rendent à l’ONU : Un  « coup de Bangkok » semble, heureusement, improbable dans l’espace du Conseil de l’Europe. Mais il faut être malade d’optimisme pour garder un bon moral en cette fin d’été chargée de « vents mauvais » (selon une formule de…Pétain). Et ce ne sont pas les interventions des « grands » à l’ONU qui peuvent nous rassurer. Arrogance chez quelques uns, impuissance chez tous : Chirac en est réduit à une diplomatie des exhortations…Sympathique, intelligent et généreux, mais…

Dans ce contexte, le malaise bruxellois, ou pour être plus précis, l’incapacité chronique de la Commission d’afficher un peu de souffle ajoute de l »inquiétude aux à l’inquiétude. Ce n’est pas en dénonçant  la politique allemande (qualifiée d’anti-communautaire) que Barrosso redonne un peu de santé à son collège bien empêtré dans une quotidienneté étouffante. J’ai trop souvent dénoncé  les attaques injustes contre une Commission transformée  trop souvent en  bouc émissaire trop facile pour me permettre aujourd’hui de marquer davantage qu’une réserve…Même si, bien sûr, ce « collège » n’est en rien responsables des conséquences des Non français et néerlandais qui sont tout de même à l’origine d’une crise que les « escrocs du plan B », notamment dans les « gauches » françaises se doivent d’assumer quoi en disent Fabius et quelques autres.

La Commission est, en revanche, pleinement responsable de bien des dérives actuelles. N’est-elle pas « gardienne des traités » ? Ne devrait-elle pas  être là pour publier des données économiques et financières précises ? L’affaire hongroise est, de ce point de vue, révélatrice  de défaillances inadmissibles des services bruxellois ? Les vieux routiers des affaires communautaires se souviennent de la rigueur  qu’affichait jadis (quand Barre était  Commissaire chargé des affaires économiques, notamment) la Commission dans ses rapports, ses diagnostics et ses recommandations ? Les institutions communes avaient pourtant moins de « compétences », de moyens d’investigations et de pouvoir d’influence qu’aujourd’hui…

Ne savait-on pas à Bruxelles que le Premier Ministre hongrois et son équipe mentaient et trichaient depuis des mois à des fins électoralistes avec les chiffres, les baromètres et les thermomètres de l’économie hongroise ? Ces anciens communistes ont trop oublié la formule de Lénine : « Les faits sont têtus »… Et la Commission l’oublie trop aussi.

Cela dit, cette affaire hongroise ferait sourire s’il elle n’avait entraîné des violences et une crise politique et sociale chargée de périls : comme un chef d’Etat peut-il être à la fois aussi menteur et aussi franc ? Le coté ordurier du vocabulaire utilisé par le premier ministre socialiste hongrois, Ferenc Gyurcsany  confirme un tempérament de battant que les journalistes qui ont eu l’occasion de le rencontrer…Un morceau d’anthologie, non ? … 

« Nous avons merdé, pas un peu, beaucoup. Personne en Europe n'a fait de pareilles conneries, sauf nous (en laissant filer les déficits publics) (...) Il est évident que nous avons menti tout au long des 18 derniers mois. Il est clair que ce que nous disions n'était pas vrai. Nous n'avons rien fait depuis quatre ans, rien. Vous ne pouvez pas me citer une seule mesure gouvernementale dont nous pourrions être fiers, à part le fait que nous nous sommes sortis de la merde à la fin (en remportant les élections) »…. Dans la « merde », il y est encore. Et il pas le seul.