23/09/2007

De Villepin en remet une couche... Et il n'a vraiment pas tort!

Il en remet une couche. Il enfonce de nouveaux clous.Et il a plus raison que tort sur bien des sujets…L’ancien premier ministre s’est livré aujourd’hui à une attaque en règle contre le chef de l’Etat, raillant sa « frénésie » et lui conseillant d’« être dans un rapport avec la nation qui évite les divisions ».

Officiellement, il ne s’affiche dans  les médias que pour promouvoir son dernier livre consacré à Napoléon. Sur  Radio J, cet après-midi, tout y passé ou presque. Politique étrangère,europe, BCE, politique sociale, effacement du premier ministre, recours à l’adn,  Clearstream... Attaques frontales sur tous… les fronts, contre le président de la République et ancien rival Nicolas Sarkozy qui a une ambition respectable, certes, mais qu’ils devrait « apprivoiser », qui fait preuve d’un grand dynamisme, certes, mais qui devrait sortir « de cette frénésie » qui impose aux Français de « vivre dans un tourbillon permanent »

AH! CET ESPRIT DE COUR...

 S'il se défend d'être le « chef de l'opposition » et se voit plutôt en « chef des propositions » qui entend « dire ce qu'il en pense » malgré « l'esprit de cour » ambiant, l’ancien premier ministre s'est inquiété de certaines dérives et a volé au secours de son successeur, François Fillon, qui ne doit pas être « court-circuité » mais au contraire « jouer tout son rôle ». « Chacun doit prendre sa place, le gouvernement, les ministres, les administrations, et alors on pourra peut-être rentrer dans le vif du sujet, c'est-à-dire le début des résultats », a-t-il asséné.

S'agissant des priorités sociales affichées par Nicolas Sarkozy, il a égrené « des tas de domaines » où le gouvernement doit être « davantage présent » : lutte contre la pauvreté, hébergement d'urgence, famille, santé... Avant de lâcher une nouvelle pique : « Ce n'est pas parce que la forme donne le sentiment d'une hyper-présence » du chef de l'Etat « que l'ensemble des problèmes est traité ».

UNE AFFAIRE DE CORNECUL

Il s'est en outre « inquiété » d'un certain « alignement » de la France en matière de politique étrangère sur une administration américaine « finissante », et a dit n'être « pas sûr » que les critiques émises contre la politique de la Banque centrale européenne fassent « avancer les choses ».

Sur le dossier Clearstream, à l'origine (ou détonateur) de la tension extrême entre les deux hommes, il a enfin réaffirmé que Nicolas Sarkozy avait « déformé ou mal apprécié » les choses « dans, comme l'a dit Jacques Chirac, cette affaire de cornecul ». « Quand je l'écoutais », jeudi soir, « à la télévision, je ne savais pas si j'écoutais la partie civile ou le président de la République »…

Je dois dire que c'est un peu le sentiment que j'ai eu, mais si on se met à étaler ses impressions dès que Sarkozy parle, on ne fait plus que cela...

06/09/2007

De Villepin, leader de …l’opposition à Sarko ?

C’est trop drôle…Le Modem se tait, le PS dit n’importe quoi… Et de Villepin parle comme s’il était leader de l’opposition…. A trois niveaux : l’indépendance de la justice (mais oui !), l’action réformatrice de Sarkozy et le type de gouvernance de ce « Bourgeois Gentilhomme » très people qui occupe l’Elysée et est entouré de « cire-pompes »….

A une semaine de son audition dans le dossier Clearstream, l’ancien premier ministre affûte sa défense. En passant à l’attaque. Avec une cible principale, esquissée plus que dessinée : Nicolas Sarkozy…A tel point que « l’affaire  de Villepin » pourrait bien devenir « l’affaire Sarkozy », ne serait-ce que dans la mesure où travers son cas, l’ancien Premier ministre met en cause l’indépendance de la justice….Reste à savoir comment les juges qui viennent de recevoir une lettre de lui vont réagir….

 

1d71321e898bbd4767a84d93464c78cc.jpg

 

Dans sa lettre aux juges (révélée en partie par Paris Match) proteste contre le montant de la caution qu’il doit payer (200 000). Il réitère son innocence et met en cause l’instruction : « Permettez-moi, par ailleurs, de m’étonner du procès d’intention politique qui m’est fait. Il est plus qu’absurde de m’accuser d’avoir voulu discréditer un soi-disant rival», affirme-t-il, faisant allusion, bien sûr, à Nicolas Sarkozy. Sarkozy qu’il accuse d’avoir mis et de mettre de l’huile sur le feu : « Que penser d’une instruction, où la partie civile, en tout cas la seule qui retienne l’attention, est le Président de la République, lui-même, et à ce titre susceptible de donner à la Chancellerie toute instruction qu’il juge opportune. Etrange situation pour un Etat de droit, mais je veux croire en la justice de mon pays. Je veux croire aussi en la force de la vérité et je me battrai sans relâche pour cela ».

Dans une émission enregistrée à diffuser vendredi sur France 2, de Villepin va loin , d’un façon plus précise : « Quand on dit qu'on veut pendre quelqu'un à un croc de boucher et qu'on est ministre d'Etat, ministre de la sécurité ou président de la République, on impressionne d'une façon ou d'une autre la justice », dit-il en faisant allusion à des propos prêtés dans plusieurs livres à Nicolas Sarkozy

« Je veux comprendre », lance-t-il enfin dans cette émission (« Esprits libres »), avant de promettre qu'il demandera « excuses et réparation » : « Le 13 au soir, la fiction d'une affaire politique dans Clearstream, qui serait au cœur du dossier sera finie » (…)

« Quand on n'a rien à se reprocher, on n'a pas peur »(…) « Il n'y a rien » dans le dossier, continue-t-il, se demandant « comment une affaire internationale (qui) pouvait menacer les intérêts français" serait devenue politique « par un tour de passe-passe".

« Qui l'a organisée ? », s'interroge Dominique de Villepin : « Qui a eu intérêt pendant 3 ans à multiplier les fuites de l'instruction pour démontrer que j'étais, au fond, l'homme qui avait organisé tout ça ? Il se trouve que c'est faux et qu'on le saura le 13 septembre. »

afebb913d8423a4aad7a6f75195aae0f.jpg

L'ex-Premier ministre de Jacques Chirac critique aussi Sarkozy sur le plan politique :

Il a ainsi affirmé sur Canal+ qu'il n'était « pas sûr » que la France aille mieux si l'on se « contente » d'appliquer toutes les promesses de Nicolas Sarkozy.Dominique de Villepin a préconisé de « prendre d'autres mesures » : « Faisons en sorte, puisque l'état de confiance est là, que notre économie puisse repartir sur de nouvelles bases. Ca implique aujourd'hui des dispositions fortes ».

« J'entends dire ce que je pense », avait  prévenu l'ancien chef du gouvernement, qui multiplie les interventions dans les médias depuis fin août à l'occasion de la parution de son nouvel ouvrage sur Napoléon, « Le Soleil noir de la puissance ».

Ce passionné qui aime à disséquer le pouvoir en presque chirurgien se pose en « conscience » de la majorité face à « l'esprit de cour » des « béni oui oui » et des « cire-bottes » qui menacent selon lui l'action du chef de l'Etat .

« Ce n'est pas quand vous êtes entouré de béni-oui-oui, de cire-pompes et de courtisans que vous faites avancer un pays », a-t-il dit à, invoquant l'exemple du "Bourgeois gentilhomme", personnage fat, entiché de noblesse, créé par Molière.  « On confond parfois le pouvoir et la gloire », a-t-il souligné. « Le Bourgeois gentilhomme, c'est toujours celui qui se met en scène. C'est forcément celui vers lequel les regards se tournent ».

« Je suis celui qui remplit le rôle de conscience et d'aiguillon d'une majorité qui ne doit pas s'endormir sur ses lauriers », a-t-il expliqué, rappelant les « courtisans » à la réalité d'  « une conjoncture économique difficile », d'un « investissement pas glorieux » et d'un commerce extérieur qui « atteint les chiffres les plus mauvais ».

26/12/2006

L'imbroglio Clearstream: Le brouillard, de plus en plus épais....

A LIRE SUR DpJ, le Droit pour la Justice >>>>>>>>>>>

19/11/2006

Carnet de campagne: "rien n'est joué"

Quand Dominique de Villepin, avec des accents gaullo-mittérrandiens,

soutient des thèses de...  François Bayrou 

 

>>>Bonne émission, comme souvent, « Ripostes » de Serge Moatti sur France 5 ! Très à l’aise, détendu, apparemment serein, Dominique de Villepin… même s’il « n’est pas un premier ministre satisfait », même si « l’affaire  Clearstream » est loin d’être terminée,  même si le « dynamisme » et bien des idées de Sarkozy font plus que le contrarier, même si l’économie française est « toujours en retard d’une adaptation », même si l’Europe (« si indispensable ») reste  en panne, même si…

medium_de_villepin_5.3.jpg

>>>Le premier ministre (de la même promotion de l’ENA que Ségolène Royal et François Hollande) reste fidèle à son mot d’ordre : « Ma seule priorité aujourd’hui, c’est l’action gouvernementale ». Les Présidentielles ? Nous verrons plus tard. D’ailleurs, « rien n’est joué ». Pas même le choix du candidat de l’UMP… « Respectons le calendrier, attendons les prises de positions du Président de la République, examinons les programmes et les propositions, nous ne sommes pas au bout du débat qui doit conduire l’UMP à un rassemblement »

>>>Derrière quelques formules laudatives (« j’admire le parcours de Nicolas  Sarkozy ») : que de désaccords à peine masqués sur les idées et les propositions du Ministre d’Etat ! Sur tous les sujets mis en vedette et médiatisés (à commencer par la « rupture » !), ou presque…  

>>> Dans cette situation politique « très fluide », "rien n'est joué", a déclaré le Premier ministre. "Je ne crois pas que les Français soient entrés dans le choix présidentiel"(…) Les sondages reflètent des cotes de sympathies, d’images, non une mesure des degrés de capacités des uns et des autres à assumer des fonctions présidentielles ».

medium_sarko_et_Villepin.2.jpg

>>> Interrogé pour savoir si les deux candidats principaux allaient être l'UMP Nicolas Sarkozy et la socialiste Ségolène Royal, il a répondu: "Je ne suis sûr de rien, on les retrouvera peut-être", admettant qu'il s'agissait de "bonnes candidatures" :"Si on croit les sondages, on les retrouvera, mais rien n'est écrit"…"Rien n'est écrit", c'est aussi le message que délivre Alain Juppé sur france 2...même s'il admet que "l'un des candidats à la candidature à l"UMP" a pris de l'avance." Nous verrons le 14 janvier", donc pas question d'officialiser une candidature de sarko précipitemment.Contrairement à ce qu'il voudrait et à ce que Brice Hortefeux, son supportre n° 1, tout feu tout flamme, souhaiterait imposer.Trop pressé, Sarko? "Entre le 14 janvier et le 22 avril, il y a deux mois", dit Juppé. "un temps suffisamnt" pour faire une VRAIE campagne"..."aucune démocratie ne peut se permettre de prendre six mois de vacances pour cause d'élections", avait dit De Villepin.

>>> En tous cas, sous bien des angles, De Villepin m’a semblé, lors de cette émission,  plus proche d’un Bayrou que d’un Sarkozy. Comme une voix gaullo-miterrandienne mise au service d’un « centre central », de « l’intérêt  général », du « sens de l’Etat » et de « l’intérêt général » (une expression qui ne sonne pas creux dans sa bouche). N’allait-il pas dit lui-même que les clivages droite-gauche lui semblaient dépassés ? …

>>> Sifflée jeudi lors de son discours devant le Conseil de l'UMP, Michèle Alliot-Marie revendique sa "liberté de parole". Dans un entretien paru aujourd’hui dans le Journal du dimanche, la ministre de la Défense assure: "personne ne me fera taire"."Je revendique ma liberté de parole et d'action, comme je la reconnais aux autres. Personne ne me fera taire", déclare-t-elle."Je refuse les querelles de personnes (...) Je n'entrerai jamais dans le jeu de ceux qui jouent la division, les oppositions personnelles", ajoute-t-elle, estimant que "s'il doit y avoir des affrontements, ils doivent avoir lieu avec nos adversaires politiques naturels".Elle sait d’ailleurs que des sifflets peuvent porter chance : Ségolène a bien exploiter ceux du Zenith

 
>>> Candidate ?  MAM estime que la diversité au sein de l'UMP doit "alimenter nos propositions, les enrichir", et affirme: "Notre fonctionnement ne doit jamais aboutir à un compromis qui ferait de nos propositions un filet d'eau tiède, encore moins tourner à des règlements de comptes sur fond de rivalités personnelles. Cela demande de la franchise et le respect de chacun".Michèle Alliot-Marie indique qu'elle se prononcera sur son éventuelle candidature à l'élection présidentielle "au début de l'année prochaine". "Je n'ai aucune raison de changer ce calendrier. D'ici là, je veux faire vivre le débats d'idées au sein de ma famille politique." MAM? "Elle a soulevé de vraies questions", dit Juppé sur France 2. Saledimanche pour Sarko-l'homme pressé...

medium_hollande.6.jpg

>>> Sur Canal+, dimanche midi, François Hollande a précisé que "c'est à elle de dire comment elle veut travailler, avec qui". Mais, a-t-il ajouté, le PS "aura de toutes façons son rôle à jouer avec sa diversité, y compris avec ceux qui ont soutenu un autre candidat" à l'investiture.
François Hollande a jugé que la candidate a raison de ne pas vouloir être "prise en charge, en tutelle", même s'il "n'y a pas de victoire possible" sans "la force collective" du parti.
François Hollande a également évoque d'éventuels conflits d'intérêts entre lui et sa compagne. Dans Le Parisien dimanche, il a déclaré que la meilleure façon de les éviter est de "séparer clairement vie politique et vie privée" (…)"Chacun doit être dans son rôle et établir une limite étanche, étroite, entre ce qui relève de la vie publique et ce qui appartient à la sphère personnelle", a-t-il affirmé, alors que certains s'amusent déjà à l'imaginer dans le rôle d'un "Monsieur pièces jaunes". Ou, comme dit Jamel, du « premier monsieur de France »…

>>> Pour les socialistes, le prochain grand rendez-vous aura lieu dimanche 26 novembre à Paris, pour le congrès d'investiture de la candidate.Ségolène Royal va également réunir des présidents de région et préparer plusieurs déplacements à l'étranger, a annoncé son entourage. Elle devrait aussi poursuivre le développement des comités "Désirs d'avenir", qui organisent le dialogue avec les sympathisants et avec la société civile. Priorité de la semaine : l’état-major de campagne, avec des fidèles de la première heure et d’autres…  « Je crois que les socialistes sont partis trop tôt » ; dit de Villepin. « Nous gravirons la montagne jusqu’au sommet », a promis Ségolène. A suivre…

 

 

15/10/2006

Carnet de campagne: " Prsider, c'est rassembler les Français"

medium_de_villepin_5.2.jpgDe Villepin à La Croix : Les Confidences de la Gargouille

Intéressantes, les  confidences faites  par le  premier ministre à Solenn DE ROYER de LA CROIX   dans l'avion qui le ramenait des Antilles… Elles confirment que De Villepin, non seulement est lucide sur ce qu’il fait et ne fait pas et que son image d’homme  distant, voire méprisant ou arrogant, ambitieux voire carriériste qu’il a soievnt ne correspond guère à la réalité de sa personnalité. Ceux qui ont lu ses livres n’en seront pas surpris, Sensibilité, profondeur, sens de L’Etat, sens du devoir,  goût du risque. Mais comme disait Aristote, « la réputation, c’est ce qui ne dépend pas de nous ». Après le Cri, voici les confidences de la gargouille. Bonne ITW, Solenn de Royer ! Extraits. 

 « J’aime aller à la rencontre des gens, dit-il entre autres Ils ont une idée de vous, une image, mais la télévision introduit un biais, une torsion du réel. Il faut casser cette image. Rétablir la réalité, sa sensibilité, sa part d’humanité. C’est aussi une part de risque. Dans mes déplacements, dans mes rencontres, je suis sans carapace, comme un adolescent est à nu. Trop souvent, les hommes politiques finissent par ressembler à leur image. Mais il faut rester qui l’on est, avec ses aspérités, ses erreurs, ne pas se policer. Ce statut d’homme politique me gêne. »

« Je ne suis pas un professionnel de la politique, martèle-t-il. Et je ne veux pas apprendre. » Un constat à double tranchant, commente Solenn De ROYER. À la fois mouvement d’orgueil – il revendique une certaine hauteur de vue, loin de la politique politicienne – et constat d’échec ou d’impuissance face à l’hégémonie, y compris sur le parti, de Nicolas Sarkozy.« Je ne suis pas un homme de parti »

 «Je n’ignore rien des réalités», confesse encore Dominique Villepin, qui refuse pour autant de renoncer à faire entendre sa « petite musique », et de défendre sa «conception du politique». Une conception qui serait gaulliste, loin de la cuisine des partis, loin des «procédures». «Ce n’est pas ma culture. Je ne suis pas un homme de parti. Ce n’est pas non plus ma conception de la Ve République. Je crois au contact direct entre un responsable politique et la nation, seule source de légitimité. Veillons à ne pas modifier l’essence de notre République.» (…) « Quand on croit à des idées, comment renoncer à les défendre ? » (…) « Je pense que l’intérêt de ma famille politique est de ne pas perdre de vue cette exigence-là. Le président de la République n’est pas le représentant de la droite ou de la gauche, mais un homme qui rassemble la Nation. C’est la clé de sa légitimité. Il ne faut pas que les procédures l’emportent sur l’esprit des institutions. Les hommes ont une âme. En politique, c’est pareil. Il faut un souffle, un esprit, quelque chose en plus. »

Souffre-t-il à Matignon et…à l’UMP ? « Tous les matins, je me lève avec le bonheur de faire ce que je fais », Les épreuves, les coups ? « C’est la vie. Pendant un marathon, à la 35e minute, on se dit que c’est dur. Mais qui n’a pas souffert ? La vie est un tout. Il y a des bons et des mauvais moments. Les épreuves permettent d’avancer, vous obligent à vous remettre en question, à faire mieux. » (…) « Je ne suis pas un  homme à ressasser une quelconque amertume ». D’ailleurs, en politique, rien n’est écrit, tout reste possible. « On peut toujours bâtir des scénarios, des hypothèses, la réalité est toujours différente. Il n’y a que les histoires non écrites qui valent la peine d’être vécues. »

Eh! oui...Vivre, c'est prendre le risque de la muinute qui vient et de celles qui suivent...

 

02/10/2006

Le renoncement "militant" de Jack...

medium_lang.2.jpg>>> Emouvant, Jack. Quel esprit de solidarité ! Quel militantisme ! Il dit adieux à ses ambitions présidentielles, non comme un   « toutou » qui obéirait à l’injonction d’un maître, mais comme un « serviteur » du PS, conscient de ses responsabilités. Il ne veut pas ajouter de la division à la confusion. Il  sacrifie ses ambitions sur l’autel des intérêts supérieurs du Parti. La rose au poing reconnaissante…

Les psycho-politologues (si à la mode sur les plateaux de TV)  vont encore commenter les problèmes de celui qui a plus d’envies que de réelle volonté, comme après son décrochage de ses ambitions parisiennes…

Moi, je l'aime bien, Jack. Et contrairement à bien des "politiques", il gagne à être connu de près. Il est le contraire de ce que dit Raffarin à propos de Ségolène "Elle séduit de loin. Elle fait peur de près". Ah! Ce Raffarin...

Une question tout de même : à quoi bon des « primaires » si le choix "démocratique" n’est pas le plus large possible ? Lang incarne une gauche que ne représente ni Ségolène, ni DSK, ni Fabius, non ? Son refus de ne pas confier à PPDA en faveur de qui il se retire tient de la coquetterie et du souci de se ménager de futures « plages » médiatiques : il faut savoir distiller ses infos quand on fait de la politique. Cela fait partie du jeu."J'appellerai à voter pour le candidat qui me paraîtra le plus capable de mener une révolution politique, une révolution économique et sociale, et une révolution du savoir", a plaidé Jack Lang, appelant à battre ce "gouvernement antisocial et arrogant". Trois Révolutions en Une: qui, lui mis à part, peut assumer une telle tâche? DSK peut-être... Sûrement pas Fabius dans ses "habits neufs" de "bobo gaucho"... Nous verrons.

Mais visiblement, depuis le retrait de Jospin, tout se fait (à la tête du PS) pour que Ségolène l’emporte au sein du Parti dès le premier tour… Face à l’unité de la droite, ce serait mieux peut-être. Cela éviterait à François Hollande bien des tractations en coulisses désagréables. Cela épargnerait à Ségolène de faire des promesses qu’elle ne serait pas sûre de tenir. Et cela couperait l’herbe sous les pieds de Sarko qui ne cesse de vouloir montrer que « l’UMP est la contraire du PS » en termes de cohérence et d’unité. Nous verrons.

medium_sarko_et_Villepin.jpg>>> Admirables Sarko et de Villepin réunis par un esprit de famille salué unanimement (y compris par Jean-Louis Debré) au sein de l’UMP.  Malgré les divergences de fond et de forme. Plus de « guéguerre des petites phrases », c’est promis. En attendant, Raffarin (très en verve) pense  que Sarko devrait quitter "vite" son ministère. Cela clarifierait les choses. Mais qui va à la chasse... risque d'être victime de chasseurs. Sarko est prudent et sait jouer sur tous les plans. Jusqu'à quand? Nous verrons.

>>> Intéressante, cette pré-campagne qui a commencé très tôt.  Et très fort.  Dans un contexte national, européen et mondial chargé d’incertitudes. Et un futur proche à de multiples inconnues… Aucun scénario n’est écrit. Pas même celui que prépare peut-être Chirac  qui doit être à la fois agacé, amusé et stimulé par le déferlement de livres, de docs, d’échos qui le concernent, le mettent en cause et critiquent déjà un bilan qui n’a rien de clos…   «  Haro sur Chirac ! » C’était le thème de « C dans l’air », inspiré par un bon article du Figaro, d’aujourd’hui… Quand on tire trop sur une ambulance, il arrive que l’ambulancier (ou le malade) se rebiffe. Nous verrons.

>>> Révoltante, cette info publiée et commentée par Le Monde  (entre autres). Parmi les promesses non tenues de Chirac : la réforme du statut pénal du chef de l’Etat ! Le parlement, paraît-il , ne disposerait pas assez de temps d’ici le printemps… Là, qui  se moque de qui ? Finalement, c’est peut-être Bayrou qui est dans le vrai : il est temps d’en finir « avec le monopole à deux,  du PS et de l’UMP » Trop d’alternances en 25 ans n’ont pas offert de vraie alternative : la vraie « rupture » serait celle d’un centre « central ».Mais comment jouer le « Centre » sans retomber dans le « Marais », dans le « centre mou » ? Nous verrons.

 

23/09/2006

MIettes d'infos d'un samedi soir bien ordinaire...

>>>  Bonne idée de Dominique De Villepin qui était l’un des nombreux invités du 10e forum international de la Fondation Bertelsmann à Berlin. Soulignant l’impérative nécessité de relever les « défis énergétiques », il a lancé l'idée d'une «diplomatie énergétique européenne» afin de parler d'une «seule voix» dans les négociations avec les pays producteurs. Concrètement, il a proposé la nomination d'un «représentant spécial pour l'énergie» chargé d'organiser, l'an prochain, un sommet réunissant les Européens et les principaux voisins producteurs (Algérie, Russie, Norvège) de pétrole et de gaz. Chirac et Merckel en ont-ils parlé à Poutine ?

medium_Villepin-763541.jpg>>> Bonne correction de vocabulaire du même De Villepin. Sa référence au « patriotisme économique » avait fait sourire, comme le chant du coq gaulois (toujours en voie de disparition). A Berlin, il a parlé de « patriotisme économique européen ». « Europe d’abord ! », a-t-il lancé. C’est bien dans la bouche d’un porte-parole du « gaullisme social ». Mais « l’Europe », c’est ceux qui la font ou la défont, à commencer par les gouvernements des Etats membres. Monnet et Schuman pouvaient parler de ce « patriotisme »-là parce qu’ils le pratiquaient…Dans des actes, pas seulment dans des discours

>>> Le premier ministre qui s’est bien gardé de parler de l’impasse institutionnelle que connaît l’Union européenne depuis le NON français a écouté très attentivement  Angela Merkel et le premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui,tous deux,  ont rejeté l'idée d'un «mini-traité» européen, défendue le 8 septembre dernier par Nicolas Sarkozy…

>>> Décidément très « branché Europe », Dominique de Villepin a aussi suggéré, à Berlin,  la création d'une «police européenne des frontières» pour faire face à l'afflux d'immigrants irréguliers. Qu’en pense Sarko ? Des politiques européennes « claires » passent d’abord par des politiques françaises cohérentes. A Paris aussi, il faudrait « parler d’une seule voix »….

 medium_parlement_europeen_IPE4_G_ENGEL.jpg>>>  Qui réagit à la pétition d’une euro-députée suédoise qui vient de recueillir  un million de signatures demandant la suppression des  sessions du Parlement européen à Strasbourg ? La Ville de Strasbourg, la Région Alsace, le gouvernement français, le Parlement français, la Commission (« gardienne des Traités »), le Conseil européen, les partis politiques, la société « civile » ?... J’y reviendrai, sur ce site et sur d’autres….

Je sais, par expérience,  à quel point il faut se battre pour obtenir un million de signatures pour une cause (bonne ou mauvaise) en vertu du droit de pétition prévu dans le projet de Traité constitutionnel. Je crois même pouvoir dire que nous avons, dans le cadre de DpJ, le Droit pour la Justice, (crée par Chantal Cutajar) été les premiers à tenter d’expérimenter(pour une  « Europe de la Justice’ de plus en impérative et urgente) cette  innovation citoyenne (bien que Ségolène Royal, sur un autre sujet ; se soit attribuée d’une façon mensongère  ce mérite). Mais je ne confonds pas démocratie et « doxocratie », loi du nombre et vérité…Foule et peuple. Masse et Responsabilité collective.

Nous devons prendre très au sérieux cette démarche révélatrice d’une grande incompréhension. Dominique de Villepin, Jacques Chirac et tous les candidats à la Présidence de la République devraient réagir. Viser l’Europe A Strasbourg, c’est attaquer l’Europe DE Strasbourg, celle qui place les valeurs  au-dessus des lois du mercantilisme, du bureaucratisme, du fonctionnarisme…

Faut-il lancer une pétition pour une Europe de l’Esprit, de la Culture, de la Personne ? Bruxelles est une ville que j’adore : là n’est pas le problème. Mais cette capitale nationale qui abrite l’OTAN et incarne, plus que Londres, le capitalisme « globalisé » donc désincarné n’est ni Bruges, ni Florence, ni Salzbourg, ni Cracovie….ni Strasbourg. Une question d’Histoire, d’âme et d’Esprit. D’humanisme, si ce mot ne fait pas trop peur à ceux qui ne voient pas  qu’il est temps de remettre l’Homme au cœur de toute action, donc de toute politique européenne… 

medium_de_Villpin_Merckel.jpg>>> Quelle place l’Europe va-t-elle occuper dans la campagne des Présidentielles 2007 ?  Le directeur de la Fondation Schuman, le très estimable Jean-Dominique Giuliani,  passe du pessimisme à l’optimisme…Je voudrais croire qu’il ait raison, même si je le trouve (curieusement)  bien sévère à l’égard de Bayrou qui, pour l’heure, est LE seul (avec DSK à  gauche) à avancer des propositions qui ont valeur de programme, sur le plan européen, même si cet admirateur de Henry IV  et de Jacques Maritain ne va pas au bout de sa propre logique…

>>> L’un des problèmes-clefs de l’oligarchie française qui veut incarner un modèle d’une démocratie toujours « monarcho-régicide », c’est  la relation Peuple-Pouvoir et les liens Patrie-Europe. L’identité, chez nous, reste d’abord une affaire d’altérité : Surtout chez les descendants d’immigrés qui assument mal leurs origines en faisant des surenchères qui valent psychanalyses… Ce qui est un comble quand ils sont candidats à l’Elysée…

Sarko ne s’est visiblement pas délivré du « syndrome Balladur » ni du « complexe corse » de Bonaparte…L’origine ne devrait, pas plus compter que la taille. Ou le poids. Chacun est ce qu’il est, comme il est. Seuls ceux qui confondent l’être et le paraître peuvent tomber dans ce piège  des apparences si trompeuses.

medium_NicolasSarkozy.2.jpgLes Français de souche, sont ceux qui choisissent la France et non ceux, de couche, qui subissent leur destin d’origine et de destination.  C’est vrai nationalement et localement. .  « Cultives tes racines et plantes-les dans les étoiles » dit un proverbe alsacien (remis en relief par Martin Graff) qui existe aussi en arabe…Une leçon de vie, en somme. Et de politique.

Sois bien dans tes baskets, Sarko ! Et tu feras un bon candidat à la Présidence de la République, non un nouveau  Balladur maigre et petit condamné à l’aigreur….Pardon, Monsieur le Ministre d’Etat pour cette audace bien chargée d’impolitesse. Privilège des blogs, sauf en Chine, en Corée, à Cuba et ailleurs… Nous ne sommes plus dans l’ère Peyrefitte , même si Alain  Génestar, l’excellent ex-directeur de Paris-Match, vous doit sa disgrâce et si vous avez des relations avec la presse des conceptions très berlusconiennes…

Je vous ai sans doute trop observé dans vos dénonciations de cette « racaille » qui vous inspire tant de discours et si peu d’actions. Peut-on être à la fois porteur d’une vraie espérance d’avenir pour le Peuple de France  et le meilleur représentant de cette « bullocratie » que Jean-François Kahn dénonce avec pertinence ? 

>>> Une amie à qui je montre ce texte du samedi soir sur Sarko est effrayée : « Pourquoi es-tu si dur avec ce petit mec courageux qui a un grand avenir ? ». Parce que j’aime la France, bien sûr. Et l’Europe.

Parce qu’une élection présidentielle, c’est d’abord, un « contrat de confiance ». Parce que j’ai peur des discours liberticides. Parce que je ne pense pas que les néo-orléanistes ou les néo-napoléonistes peuvent tracer des voies d’avenir pour ce que De Gaulle appelait « ce vieux pays ». Parce que nous n’avons plus de Louisiane à vendre pour nous payer une campagne de Russie. Parce que Sarko, avec toutes ses qualités, me fait déjà regretter …Chirac. Pas drôle, non ?

>>> TSS ? Tout sauf Sarko ? Non. Il y a pire…A droite et à gauche. Mais il y a meilleur, sûrement. A droite et à gauche. Sans aucun doute. Sarko-Napoléon n’a même  pas fait ses preuves en Sarko-Bonaparte. Alors…Il appartient à la classe des « faiseurs »… Et ses dernières interventions, de Berlin à New-York en passant par Bruxelles, Berlin et  Bobigny, me foutent la trouille. Roquet face à Bush, Caniche face à Merckel, Lévrier face à Barroso, Bouledogue face aux magistrats, Chien-loup face aux électeurs et Chien-fou face aux média…   

Peut-être suis-je injuste. Sûrement même. Mais peut-être la « machine UMP » (qu’il n’a pas créée) est-elle en train d’enfanter d’un « monstre » politique d’un type nouveau. Il ne me fait voter pour personne, mais il me fait voter contre lui. Devrais-je me taire ? En politique, le silence, c’est  souvent l’acquiescement. Si la « rupture «  avec Chirac, c’est Sarko, je ne veux pas de rupture…Ce qui ne signifie pas que je veuille ou espère la continuité. Je plains les opportunistes, ces turfistes de la politique qui misent sur un homme (ou une femme) comme on parie sur un cheval… Sarko est d’une bonne écurie (merci Juppé !), mais quel toquard peut-il gagné une course non truquée ?

medium_bayrou.3.jpg>>> Dans le <Nouvel Observateur » de cette semaine, un écho parmi d’autres : Sarko a regardé Bayrou droit dans les yeux, dans les couloirs de l’Assemblée,  et lui a lancé, sur le ton d’un Maître sûr de ses arrières :  «  Regarde moi bien maintenant. Parce que tu ne me verras plus, y compris entre les deux tours »… Intimidation. Ce n’est pas Bayrou qui était visé, mais les députés UDF qui mettent leur siège avant leurs convictions…

Sarko n’a pas supporté les « insinuations » du patron de l’UDF sur les liens du « petit Napoléon » de l’UMP avec les « puissances d’argent ». La vérité fait mal, en effet. D’autant plus que  Bayrou avait visé juste….Même si Sarko n’est  en rien condamnable pour ses relations avec son frère et avec les amis de son frère (dans l’ex-CNPF et aux Etats-Unis)  Sarko ne supporte pas les attaques légitimes : toute une conception de l’Etat et de la République… A ceux qui pensent que la « Chiraquie » est un Royaume « pourri », Sarko annonce des « lendemains (encore) meilleurs ». Un détail : le frère de Sarko a contribué à (bien) organiser son voyage d’Etat à New York. C’est beau, l’esprit de famille.