30/12/2008

TRICHET, Européen de l'Année pour Relatio-Europe

LES GRANDS PRIX 2008 DE RELATIO-EUROPE (III) PDF Imprimer Email
Mardi, 30 Décembre 2008 10:07
JEAN-CLAUDE TRICHET
>>> Pourquoi Sarkozy n'est pas "couronné"
>>> La Banque centrale, seule institution qui ait pleinement assumé ses responsabilités avant et pendant la Crise
>>> La BCE, moteur de la réussite de dix ans d'euro

L'Européen de l'année ? L'an denier, une figure s'était imposée presque naturellement, sans hésitation possible : Angela Merkel ! Cette année, bien des esprits, songeant à ce sacre forcément arbitraire et subjectif, pensent à Sarkozy. Un jury de correspondants à Bruxelles lui a offert cette couronne. Rien de scandaleux. Sa présidence « hyperactive et réactive » a été positive sur plus d'un plan. Relatio-Europe n'a pas manqué de le souligner à plusieurs reprises. Mais, il y a plusieurs « mais »...
Sa Présidence a été conduite dans la double optique de « l'Europe des Etats» et de la quête d'un leadership qui n'est pas très communautaire. Qui plus est, un « Européen de l'année » ne peut pas à nos yeux avoir été l'un des responsables majeurs de la détérioration du climat entre la France et l'Allemagne. Une réalité « éliminatoire » pour Realtio-Europe...


02/11/2007

Plus de pétrole....et pas d'idées!

L’Europe dans la nouvelle crise du pétrole : le cap de 100 dollars le baril…

DECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT--« Le cap à partir duquel les automobilistes réduiront leurs kilomètres, c’est 5F/le litre ». C’est ce que j’ai entendu de la bouche de Raymond Barre à la fin des années 70. On en est où, maintenant, ou plutôt à combien ? Et le trafic s’accroît toujours…. Bien que la course folle de l'or noir vers le cap symbolique des 100 dollars le baril se poursuive à bon train... Pour la plus grande joie des producteurs et des spéculateurs!

Depuis le début de l'année, les cours du pétrole ont progressé de 50 % et, en octobre, de 18 %. Du coup, les analystes estiment que le cap des 100 dollars devrait être franchi d'ici à deux semaines.

Pas de panique : on a déjà connu…Ce serait le second record historique du brut. Selon Standard & Poor's, le pétrole avait dépassé les 100 dollars à 101,70 dollars (d’aujourd’hui compte tenu des ajustements liés à l'inflation) un an après la révolution islamique en Iran, en avril 1980. De l’émotion : il est des seuils psychologiques qui font « tilt » dans les têtes. Surtout que ce cap ne s’annonce guère comme un « plafond »…

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29/10/2007

L'Europe face à la crise financière

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Origines et conséquences.

 

 

Quelles sont les conditions

 

du retour de confiance?


Auteurs :
Jean-Paul Betbeze : Professeur d’économie à l’Université de Paris II – Panthéon-Assas, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre et membre du Comité scientifique de la Fondation Robert Schuman.
Christian de Boissieu : Président délégué du Conseil d'Analyse économique auprès du Premier ministre et conseiller économique du Président de la CCIP



Résumé :

Le 19 septembre dernier, la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris et la Fondation Robert Schuman ont organisé un petit-déjeuner débat sur les "Perspectives économiques 2008 en France et en Europe". Jean-Paul Betbèze et Christian de Boissieu sont intervenus sur les origines et les conséquences de la crise financière que traverse l'économie mondiale, ainsi que sur les conditions du retour de la confiance. Jean–Paul Betbèze s'est concentré sur l'analyse de la crise financière que traverse actuellement l'économie mondiale ; Christian de Boissieu a évoqué la sortie de cette crise et ses conséquences.

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17/08/2007

L’Europe saura-t-elle tirer les leçons de la tempête des « subprimes » ?

DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT : Subprimes, crédit crunch, titrisation, systémique… Mots du mois d’août. Pour des maux réels qu’il convient de ne pas dramatiser à outrance. Il n’est pas sûr que Christine Lagarde ait raison de se montrer optimiste sur l’économie française, mais elle n’a pas tort (ce matin, dans Le Parisien) d’exhorter les épargnants et les petits porteurs au sang-froid, de souligner que les banques centrales en général et la banque centrale européenne en particulier ont « fait leur travail » et ne refuser le mot « krach » pour définir la situation boursière ou plutôt finacière actuelle.

Parler de « jeudi noir », comme cela a été fait relève de l’emphase, en effet. Ceux qui propagent avec complaisance les pronostics les plus noirs d’experts les plus pessimistes devraient se rendre compte que bien des Cassandre, en ce domaine, sont … intéressés et que l’effet de panique qui nourrit les spirales infernales est souhaité par nombre de spéculateurs.

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De plus,  bien des donneurs de leçons aux banques centrales (à la BCE, surtout) se montreraient plus pertinents en tentant de décrypter le coté « ingouvernable » de l’économie-casino « globalisée » et non en s’attaquant aux seuls vrais remparts contre ces vents de folie qui dérèglent toutes les boussoles et peuvent entraîner les pires catastrophes …sociales.Avec le retour d'un mot qui est chargé de sens: DEPRESSION. 

A Relatio, nous ne manquons pas une occasion de le rappeler depuis le début de ces secousses estivales trois données de fond

1) Cette crise était prévisible puisque le surendettement des Américains, provoqué et développé à des fins strictement spéculatives, avait atteint des limites insupportables. La seule vraie surprise vient de l’internationalisation de cette « correction brutale des marchés ». Elle confirme l’avènement d’un monde financier où, selon la formule de jacques Attali, « personne ne sait plus sui doit de l’argent à qui »

6d2645942d11f12b28caef223bd55d19.jpgN-Y

2) L’internationalisation de cette crise américaine confirme à quel point les réseaux financiers sont devenus interdépendants à l’échelle de la planète. Cela implique, pour les Européens, une vigilance tous azimuths qui pour l’heure n’est pas suffisamment exercée. Nous ne suivons pas suffisamment notamment la place prise par les Chinois aux USA : ce sont eux qui permettent au géant (fragile) américain de vivre au-dessus de ses moyens. Nous ne suivons pas assez non plus les mouvements de capitaux, légaux et propres ou illégaux et sales. D’autre « surprises » devant nous… Avec des conséquences qui rendront anecdotiques les suites des impayés des petits propriétaires américains incapables de faire face à leurs traites…

3) Les banques centrales (à l’exception de l’anglaise) on injecté quelque 300 milliards de $ dans les circuits. Pour rassurer, montrer que nous ne sommes pas en panne de liquidités, tenter de limiter les effets « boule de neige » et « cailloux dans l’eau » que la crise provoque. C’est beaucoup. C’est l’équivalent des sommes qui risquent d’être perdues dans ce choc d’août 2007. Mais, toutes choses étant égales, ces nombres avec trop de zéros pour le commun des mortels sont à mettre en face d’une autre évaluation : 11 000 milliards de dollars constituent ce que l’on nomme le « marché financier mondial », donc l’argent en circulation.

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Qu’en conclure, provisoirement ?

Sur le premier point : une leçon majeure. Les « agences de notations » qui sont sensées tire les sonnettes d’alarmes quand les risques sont trop mal calculées n’ont pas rempli leurs fonctions. Ce n’est pas leur première défaillance : affaire Enron ,explosion de la « bulle informatique »…

A chaque crise, on réclame, comme Sarkozy vient de le faire en s’adressant au G7, davantage de « transparence ». Les institutions réagissent  moins vite que les acteurs du marché.  

Le Temps écrit fort justement (avec une ironie pleine d'indulence):  « Quand Nicolas Sarkozy exige plus de transparence, il a philosophiquement raison. Quand il demande au G7 d'en fixer les règles, il s'illusionne sur le remède. Depuis que la finance existe, elle a toujours été plus agile que la politique. On peut le regretter, mais c'est comme ça. A moins de la corseter d'une façon qui provoquerait une crise plus grave que l'actuelle, il y a peu d'efficacité à attendre de ce côté-là. »

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Sarkozy,par sa lettre médiatisée, fait même ce qu'il ne faut pas faire en une telle circonstance:participer à la dramatiation. Angela Merkel fait preuve de plus de sang-froid.On peut agir et réagir avec discrétion. Limites et dangers de la politique-spectacle...

Sur le deuxième constat, une autre leçon pour les Européens : il s’agit moins de remettre en cause l’indépendance de la banque centrale que de doter l’eurogroupe de moyens supplémentaires d’investigations, d’analyses et de prévisions.

C’est sur le troisième constat que les leçons sont le plus difficiles à tirer. En effet, qui doit payer quoi ?

b18e8c23f81d9ee4a8db9a86a8b76f99.jpgPhilippe Geluck

Le principe de bon sens « qui casse paye » devrait s’imposer. Mais il faut du courage politique et des rapports de forces politiques suffisamment nets pour le mettre en pratique. Les puristes de la finances y sont favorables et ils ne manquent pas d’arguments.

>>>>D’abord, les premières victimes sont d’abord les premiers fautifs… Ceux qui pleurent le plus  sont aussi ceux qui ont gagné le plus en spéculant sans vergogne.

>>>>Ensuite, les pertes sont plus sectorielles que générales chez ces « victimes-coupables ». Un exemple parmi d’autres : L’américain Citigroup, première banque au monde, vient ainsi d’annoncer avoir perdu 700 millions de dollars sur ses « dérivés de crédits immobiliers ».

C’est triste pour lui et ses actionnaires, mais le groupe annonce    un bénéfice annuel prévisible  de 20… mil­liards. Grâce à la tonte de quels moutons ?  

En fait, les vraies victimes sont celles qui ont besoin de vendre aujourd’hui, dans l’urgence,  à perte. Et celles qui doivent reporter à plus tard ou annuler des achats prévus. Mais aucune de ces deux situations ne devrait avoir des conséquences économiques et sociales trop importantes. Quelques aides ponctuelles devraient pouvoir les tirer de ces mauvais pas. Il n’y a pas de quoi mettre le feu à toutes les places boursières…

07ac60ba30064d11c120f06206be6bfb.jpgLe FED

Cette situation rend la position des banques centrales très difficiles : elles doivent limiter la casse pour les « vraies » victimes sans faire le jeu des « fausses »…

L’un des conseillers de Relatio nous dit : « Si ceux qui ont pris des risques inconsidérés jouissent d’une impunité et se refont une santé facilement, aucun assainissement du marché ne sera possible, les spéculations reprendront sous une autre forme et d’autres crises plus graves seront inévitables… Ce qu’il faut, c’est poursuivre les efforts déployer pour « saucissonner » les risques mais en clarifiant les montages trop complexes qui ont été faits et qui, entre autres inconvénients, favorisent davantage encore les blanchiments d’argent sale et rendre les marchés opaques. »

C’est le même type d’exhortations que font les observateurs suisses :  « La meilleure pédagogie reste la sanction pécuniaire. La finance n'est pas un jeu où l'on gagne toujours », écrit Le Temps.  «  Que les perdants assument leurs erreurs, même si ça fait mal ».

e0f3092c6dc7bc3332bf774651727b01.jpgLondres

Le problème, c’est que ces « perdants » bénéficient de soutiens politiques forts à New-York et financiers importants à Londres…  «  Dans la nervosité actuelle, on voit hélas se multiplier les actions de sauvetage (1)et les appels aux accommodements » note Le Temps. « Résistons-y. Il faut pardonner au pécheur, mais pas réparer la faute à sa place: il récidiverait demain, en plus grand. »

L’Europe pourrait y résister davantage si la City n’oubliait pas que la Tamise se jette dans la Manche… Mais consolons-nous en repensant à d’autres tempêtes monétaires et financières du temps où l’euro n’existait pas. Les détracteurs de la monnaie unique de l’Union et de l’Euroland devraient rafraîchir un peu leur mémoire… Et les champions de la « souveraineté nationale » devraient sérieusement songer au sens que ne peut plus avoir cette expression en cette ère d’  « économie-casino » sans frontières…

Daniel RIOT

1) La Fed a rassuré aujourd'hui les marchés en abaissant son taux d'escompte de 0,5 point et en injectant six milliards de dollars supplémentaires. Il ne s'agit pas du taux d'emprunt interbancaire ou "Fed Funds", qui est toujours fixé à 5,25% mais d'un autre instrument de politique monétaire plus rarement utilisé. Cette décision a été accompagnée d'un communiqué distinct, dans lequel la Fed a estimé que "même si l'économie continue de croître à un rythme modéré, le Comité juge que les risques pour la croissance se sont nettement accrus".

10/08/2007

L'Europe dans la tempête financière américaine

Une crise structurelle à surmonter

La facture du dopage finit  toujours par être lourde : La « main invisible » des marchés de l’économie-casino est celle du diable quand l’argent trop facile aveugle les joueurs..

DECRYPTAGE RELATIO par DANIEL RIOT

Des turbulences de type météorologique ou un vrai ras de marée planétaire ? Une crise confiance ou un mal structurel ? Sur les places financières, le « décrochage » devient « dévissage »… Et les liquidités injectées par la Banque centrale européenne (près de 100 milliards d’€ hier+ 60 ce matin) et par la FED américaine (près de 25 milliards) et d’autres banques centrales( canadienne notamment) s’apparentent à une « opération transfusion », à des soins palliatifs,  alors que la situation exige sans doute des opérations de type chirurgical…

Une chose est sûre :les meilleurs experts sont dépassés dans leurs analyses, il y a trop d’inconnues dans les équations… et la fameuse « main invisible » déifiée par les tenants de l’hypercapitalisme devient la main d’un diable qui se rebiffe quand on lui a trop tiré tsur la queue.

Qu’est-ce qui est en cause, au-delà des péripéties et des dégâts collatéraux des politiques « d’argent facile » et de calculs de rentabilité à court terme faits par les acteurs de cette géofinance que personne ne peut maîtriser  et de cette « économie casino » qui par définition peut faire perdre très vite ce qui a été gagné trop artificiellement ?
L’excès de confiance des investisseurs américains dans la capacité des citoyens de Bush de sortir d’un sur-endettement cultivé. C’est ce que les « experts », jamais à court d’un néologisme qui brouille la vision des réalités, appellent les « subprimes ».

Les  "subprime", ce sont  des crédits octroyés par des institutions peu regardantes sur la solvabilité de leurs clients. Quand les lignes rouges du « trop c’est trop » sont franchies, c’est la panique et comme le marché mondial de la géofinance impériale est fait d’interconnexions en labyrinthes, les effets « ronds dans l’eau » et « boule de neige » font  des ravages sur tout le système, y compris auprès de banques (européennes en l’occurrence) qui ont été plus prudentes… Entre coupables et victimes, la frontière est difficile à tracer… Les déferlantes en spirale déclenchent effectivement de vrais ras de marée… Avec indices au rouge, partout ou presque. Et effets de panique qui… amplifient encore les problèmes.

Principales victimes de ce jeu de massacre ces derniers jours : les valeurs bancaires. Elles paient une politique trop poussée d’argent facile. Toutes proportions gardées : elles payent un excès de dopage. Comme des champions cyclistes trop connus...

Voilà des années que pour la satisfaction des opérateurs, les marchés sont comme survitaminés, dopés par la croissance à tous crins et des liquidités brassées avec une bonne dose d’irrationalité…. Le système s’est fissuré. Et il craque.

C’est la « régulation par la crise » : les plus cyniques des « hyper-capitalistes » y voient confirmation de leurs dogmes. Laissons faire, et tout se règlera tout seul,ou presque. De toutes façons, ceux qui y perdent sont ceux qui ont beaucoup gagné. Tant pis pour les petits porteurs, pour les boursicoteurs amateurs… Et pour les dégâts sur l’économie mondiale, avec toutes leurs conséquences sociales !  

« Pas d'amortisseurs ni de pare-chocs pour absorber les secousses », souligne un conseiller financier de Relatio... « L’essentiel, pour les grands acteurs, c’est de passer au travers de ces pluies d’orage. Cela passera »… Bush ne dit-il pas qu’ il y a suffisamment de liquidités pour réguler les marchés » ?  « Ne dramatisation pas : quelque 20 milliards vont s’envoler. Dommage pour ceux qui les perdent, mais  les   actifs financiers en circulation sont  évalués à plus de 110 000 milliards d'euros. Et l’économie mondiale est plutôt bonne. L’essentiel, c’est que la crise financière ne gangrène pas l’activité générale… Mais qui peut faire de bonnes prévisions en la matière » ? Une illustration de plus d’une donnée trop oubliée : l’économie n’est pas une science… Elle l’est même de moins en moins avec la généralisation de ce que le professeur Bilger appelait « l’économie casino »

Pour les observateurs suisses, cette crise n'est pas que pasychologique:elle est d’abord structurelle. Le Temps résume : «    Le tumulte qui agite les marchés de la dette américaine menace une industrie florissante: le capital-investissement (private equity). Le boom historique du private equity, moteur du marché mondial des fusions et acquisitions, touche à sa fin ».

Un constat : « Depuis quelques semaines, le marché des financements de rachats d'entreprises par la dette (leveraged buyout ou LBO) est asséché: les banques ont fermé le robinet des prêts, car elles ne parviennent plus à les placer sur le marché obligataire ».

Une analyse : « La complaisance des banques aidant, les géants du capital-investissement en étaient arrivés à financer jusqu'à 85% de leurs rachats par de la dette. Désormais, la situation va revenir à la normale, avec des financements pour maximum deux tiers de dette et un tiers de fonds propres, voire 50% de dette et 50% de fonds propres pour les petites transactions».Bref, un rachat exigera désormais plus de cash flow. »

Après la secousse : une ère nouvelle?… Ce sont les transitions qui sont douloureuses.

En attendant la suite, ceux qui critiquent avec des raisons plus en moins fondées la banque centrale européenne et l’euro devraient un peu de souvenir des tempêtes monétaires que de pareilles secousses bancaires et boursières provoquaient jadis, souvent l’été d’ailleurs… Il est toujours intéressant de voir à quel point nos mémoires sont sélectives.

Daniel RIOT

10/07/2007

Europe : Sarkozy s’assure avec brio un état de grâce…jusqu’en septembre !

529495bb3862d77a7ce44b955234ca56.jpgDECRYPTAGE RELATIO PAR Daniel RIOT : Pari gagné. En fanfare.  Comme après son premier Conseil européen, Nicolas Sarkozy peut afficher l’autosatisfaction la plus brillante et  la plus claironnée après sa prestation à l'EUROGROUPE. Ses arguments, bien frappés, ont fait mouche : il a obtenu l’essentiel de ce qu’il voulait—un feu vert à sa politique économique et financière, donc... à ses entorses au Pacte de stabilité et de croissance et aux promesses de… Chirac !

Mais, il a surtout gagné un sursis : confiance jusqu’en…septembre. C’est court ! Encore un défi qu’il se lance : c’est lui a avancé la date où il refera un point sur les perspectives de réductions des déficits. « 2012 sans croissance, 2010, avec croissance »…Coincidence? Il vient de faire savoir que des économistes "indépendants" allaient le conseiller à l'Elysée...

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Sarkozy, en grand artiste de la politique,  a su, comme souvent, trouver les mots et le ton que ne peuvent que plaire à son public. Même les plus sceptiques, les plus réticents, les plus critiques et les plus inquiets se sont crus obligés, sinon de l’applaudir du moins de reconnaître ses talents et de ne voir, publiquement, que les cotés positifs d’une situation qui, en fait, n’incite guère à l’optimisme…

Oui, une France dynamique en Europe vaut mieux qu’une France éteinte. Oui, le Président français a su faire accepter son pari (risqué) sur la confiance et la croissance. Oui, bien des remarques critiques du locataire de l’Elysée méritent réflexions sur nombre d’inflexions éventuelles. Oui, sa « transparence » mise en avant et sa volonté d’une « application intelligente et dynamique du pacte de stabilité » méritent d’être louées, au moins jusqu’en…septembre. Oui, surtout, par sa présence même, sans précédent, dans cette enceinte qui rêve de devenir un vrai gouvernement économique et monétaire de la zone euro, Sarkozy a démontré un activisme dont l’Union a bien besoin.

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Sarko, le « Monsieur 100 000 volts » de l’Union ! Qui se moquait de son coté « lapin Duracel », de son aspect « hyperactif non soigné », de sa « libido communicationnelle »? Son dynamisme est communicatif et sa confiance est contagieuse...

Il suffisait de voir Jean-Claude Junker, d’ordinaire si luxembourgeoisement sobre faire éclater sa joie. Heu-reux, le premier ministre du  Grand Duché, président en exercice de l’Eurogroupe ! «Je suis content…Je suis rassuré…J’ai confiance… La France ne sera plus jamais le pays de l’immobilisme ».

Ceux qui connaissent un peu Junker savent qu’il en a rajouté un peu. Diplomatie oblige. N’avait-il pas été l’un des plus émus pendant les adieux de Chirac à l’Europe ?

Ce fervent Européen déçu des pannes actuelles connaît trop les hommes et les institutions pour ne pas forcer le trait quand les circonstances l’exigent. Surtout quand, à travers une personnalité aussi volubile et subtile que celle de Sarkozy, il voit une occasion de relancer une machinerie bien grippée…

Junker savait surtout que, ce soir, c’était à lui de donner le « la » du soulagement et de l’espoir. Après les critiques (sérieuses) formulées contre les positions de Sarkozy par certains de ses partenaires (le ministre allemand en tête) et avant les « rappels à la rigueur » que la Commission, dans son rôle, ne manquera pas de faire dès ce matin entre deux phrases chaleureuses pour ce  Français qui joue si bien aux grands qu’il sait faire oublier et sa taille et l’énormité des problèmes de dettes de son pays…

33b52e9a5d58b04c97f3339970d372d4.jpgLa banque centrale

Il savait aussi, Jean-Claude Junker, que ses débordements de satisfactions allaient faire « avaler » à Sarkozy  quelques sujets de mécontentements… Car sur le fond, Sarkozy n’a guère fait bouger les lignes.

Euro « fort », indépendance de la banque centrale, politique industrielle « musclée », retour à une « préférence communautaire » au parfum de protectionnisme : rien de nouveau sous le ciel plein de nuages… Même la proposition sarkozyenne d’un Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement consacré à la politique économique et monétaire a été écoutée, poliment, mais n’a pas été entérinée : il est vrai que ce n’est pas à ce niveau qu’une telle décision peut-être prise et que Sarkozy pourra toujours la relancer au prochain Conseil européen.

Ce sera un effet d’annonce de plus…Et son succès apparent lui permet de ne rien dramatiser : « Sur la politique monétaire, j'en ai brièvement discuté avec mon ami Jean-Claude Trichet, nous ne sommes pas exactement sur la même longueur d'onde », a-t-il lâché, sourire en coin,  comme pou montrer qu’il sait, aussi, manier la litote…  

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« Je fais de la politique », se plait à répéter Sarkozy. Il n’est pas le seul. Junker en fait aussi. Dans son style. Mais qui s’en plaindra ? La « construction européenne » est d’abord une affaire politique. Sur ce point, Sarkozy a pleinement raison. Mais la politique, elle se juge aussi et surtout sur les résultats, pas seulement sur les… paris.

De ses dettes, la France devra bien s’en défaire. Pas seulement pour que l’Union européenne conserve sa crédibilité, mais pour que les Français vivent mieux…On ne pourra pas longtemps se laisser bercer par des phrases du style : « Il faut savoir faire des dépenses pour faire des réformes et il  faut un peu de temps pour que les réformes génèrent des économies »…

Daniel RIOT

08/07/2007

Sarkozy à Bruxelles : Un combat pour le « Superman » du volontarisme.

Les arguments et les suggestions du Président français auraient plus de poids si la dette n’était pas un tel fardeau et si la fuite en avant n’était pas aussi incompréhensible…

2f3f9622811ba4475a707f42066b21dc.jpgDECRYPTAGE RELATIO PAR DANIEL RIOT : A l’Eurogroupe, on sait se tenir. Politique et politesse…Sarkozy sera donc bien accueilli. Avec tous les honneurs dus à son rang et avec cette mobilisation médiatique qu’il affectionne tant, lui qui souffre, selon Eric Marty (disciple de Roland Barthes et l’un des invités d’un déjeuner « intellos » de l’Elysée)   « d’une sorte de libido communicationnelle. ».

D’ailleurs, les ministres réunis autour de Junker, le Premier ministre luxembourgeois qui préside ce faux « mini-gouvernement » économique de la « zone euro », diront à quel point ils apprécient cette venue présidentielle. Une marque de révérence, de respect et une preuve d’activisme volontaire. Une première même. Avant lui, seul le président du Conseil italien Silvio Berlusconi avait lui-même présenté ses projets budgétaires devant l'Eurogroupe en 2005, mais il remplaçait son ministre de l'Economie, Giulio Tremonti, qui, à l'époque, avait  démissionné. Sarkozy sera là, et Christine Lagarde aussi.

« Que Sarkozy monte en première ligne dans une réunion de ce type, c’est plutôt encourageant, surtout quand on se souvient de son absentéisme honteux dans les réunions ministérielles quand il était le premier flic de France », sourit un habitué des réunions bruxelloises.  « On se  demandait s’il savait que l’Union européenne existait. Aujourd’hui, il montre qu’il faut compter avec lui, sinon sur lui. Son festival lors du dernier Conseil européen  a impressionné, même s’il se voit plus important qu’il n’est. « Sauveur de l’Europe », il n’y a que lui qui s’y voit… ». Junker (photo) se montre même enthousiaste dans l'attente de la réunion d'aujourd'hui:"J'applaudis".

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Mais, nous l’avons déjà écrit sur RELATIO, Sarkozy ne sera pas à la fête. On écoutera ses « je veux », mais on lui rappellera ce qu’il pourrait ou devrait…Ne serait-ce que pour respecter les engagements de la France, des engagements pris quand il était au gouvernement, donc au pouvoir. « Les arguments et les propositions de Sarkozy auraient plus de poids si les contentieux n’étaient pas aussi lourds et nombreux entre la France et l’Union », souligne un haut fonctionnaire européen (français et pas spécialement « de gauche »). C’est bien l’avis de tous les observateurs bien informés.Même la candidature de DSK pour le FMI risque d'en souffrir...  Mais cette candidature qui sucite tant de craintes au PS ne se jouera sans doute pas aujourd'hui. Tout au plus,Sarkozy pourra se rendre compte des candidats poussés ou non par les Polonais, les italiens et d'autres.  

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Aujourd’hui, dans son ITW fleuve  au Journal du Dimanche, le président français annonce qu'il proposera à l'Eurogroupe l'organisation d'un sommet européen à la rentrée sur la politique économique. « Je proposerai lundi qu'il y ait, à la rentrée, une réunion européenne des chefs d'Etat et de gouvernement pour parler de la politique économique » Voilà qui est plutôt positif. Mais il a une façon de le dire qui fait sourire : « J'expliquerai à nos partenaires ce que nous allons faire pour retrouver de la croissance », dit-il. « Super-Sarko » prof d’économie, donneur de leçons sur la croissance ! Il a été locataire de Berçy, il est vrai. Et il n’y a pas marqué son passage que par la réception d’une star de la scientologie

DES MOTS A PRECISER

Qui plus, ses « je veux » et sa volonté de « ne respecter aucun tabou » se heurte à des confusions de vocabulaire. Le « protectionnisme », aujourd’hui, c’est quoi ? A Bruxelles, l’expression « ligne Maginot » revient à la mode quand on parle de la France et de son « adn colbertiste ».

Le retour à la « préférence communautaire », c’est quoi avec les accords de l’OMC ? Une « politique industrielle volontariste », c’est quoi  quand on voit les faiblesses (françaises d’abord) de l’Airbus ?

Le « patriotisme économique », c’est quoi concrètement quand LU, qui fait partie du patrimoine passe sous contrôle américain ?

LIRE LA SUITE >>>>>

26/12/2006

L'euro impopulaire: Des effets de la désinformation...

L'euro mal vu par les Français.(VOIR RELATIO >>>>>).

Mon Commentaire:

Ce sondage n' a rien de surprenant...L'élite politique elle-même, de gauche et de droite (à l'exception notable de Bayrou) propage cette idée falacieuse et fausse en dénonçant la Banque centrale, en critiquant le pouvoir de Frankfort, en mettant sur l'euro, le pacte de stabilite et de croissance, sur la rigueur imposée la responsabilité de tous nos maux. Mémoire courte, trop courte...

A-t-on oublié les chiffres de l'inflation à deux chiffre (16% sous Barre, malgré lui), les mouvements de YoYo monétaires, les conséquences des mille et une crises monétaires, les jeux faciles mais dangereux de la "planche à billets" qui rendaient plus riches les spéculateurs et plus pauvres les autres, les salariés et les consommateurs?

Il n'y a qu'en France que l'on considère la monnaie tantôt trop forte , tantôt trop faible par rapport aux autres devises. Ce n'est jamais la monnaie qui fait la force d'une économie.
C'est la force d'une économie qui fait la force d'une monnaie. (et non l'inverse)
Sans doute les politiques et les journalistes (ces simples relais) ont-ils pêché par manque de pédagogie.Sans doute, les économistes français, éduqués dans une culture de falsification des données réelles, ont-ils pêché par dogmatisme, idéologismes, pensées archaïques...
Il est sûr que l'Union européenne doit être dotée d'un vrai pouvoir politique en matière monétaire, face à la BCE.
C'était l'un des objectifs de la Constitution pour l'Union à laquelle les Français ont dit NON.
C'est toujours dur de vouloir tout et le contraire de tout... Ce ne sont pas les critiques de M.  Sarkozy et de MMe Royal contre la Banque centrale qui vont règler ces problèmes.
Qui calcule les avantages que nous avons eus ou les inconvénients que nous avons évités grâce à l'euro? Mémoire trop courte se traduit toujours par vision trop courte..