08/09/2007
Eau de bidet et pipi de chat : Heureusement, à Strasbourg, Fadela est arrivée...
Le PS « parle comme de l’eau de bidet », lance Rocard… Il n’a pas tort , mais c’est presque insultant pour les bidets où l’eau ne stagne pas pendant des décennies dans la même marre aux désillusions… Mais l'eau de bidet, est-ce mieux que le « pipi de chat » ?
En cette saison « people » où le langage se fait « peuple » dans le « microcosme », comment qualifier autrement les discours faits, les promesses prodiguées, les « belles paroles » prononcées par le Président et son peloton des ministres à l’occasion de la grande « opération proximité » expérimentée en Alsace en ressortant des greniers de l’Elysée la musette à gadgets de Giscard, des gadgets abandonnés pour cause d’économie ?
Il faut lire ce qu’en dit le site de l’UPS, cette « Union pour Strasbourg » devenue « L’Union pour Sarkozy » pour voir dans cette débauche d’efforts communicationnels quelques signes de vrais progrès pour que Strasbourg, "la métropole de la mégapole rhénane" (SVP) et l’Alsace soient , selon la formule rendue célèbre mais restée creuse de Giscard (déjà et encore !), la « Vitrine de la France sur le Rhin au cœur de l’Europe »…

Personnellement, je ne retiens qu’une phrase que j'approuve pleinement : « Faites nous des propositions », a lancé le chef de l’Etat à ses amis politiques de la Ville et de la Région…
Encore faudrait-il que les grands responsables des collectivités locales et territoriales (tous UMP) se mettent d’accord sur leurs visions, leurs buts, leurs stratégies. Quand on lit les avant-papiers, à base d’ITW juxtaposées, publiéspar les DNA avnt cette grand mêlée gouvernementale, on est un peu désarmé…Y compris sur des sujets qui devraient dépasser vraiment tous les clivages : la mission (et non la vocation) européenne de Strasbourg, la coopération transfrontalière et le dynamisme économique d’une région riche d’atouts qu’elle utilise trop souvent mal.
Sur « l’eurodistrict » des « deux rives », pour ne prendre qu’un exemple, c’est tout de même extraordinaire de voir Robert Grossmann se défausser des paralysies par lui provoquées et des limites par lui suscitées sur…Jacques Chirac.
Cet « eurodistrict » qui avait tout pour être exemplaire et pilote est à la traîne de ce qui se fait en la matière dans toute l’Europe… Y compris dans des zones où la réconciliation entre voisins n’est pas aussi forte, aussi chaleureuse et aussi chargé de symboles que sur les bords du Rhin. Que de temps et d’occasions perdues. De chances gâchées. Passons. Maintenant le « tandem » qui gère la Ville, va « faire des propositions ». C'est sûr: Sarko l’a dit…Ou plutôt ordonné.
Même Olivier Picard, l’éditorialiste des DNA doit admettre, avec réalisme, lucidité (et un certain courage) : « On pouvait rêver mieux que de voir une ville en état de siège - en raison d'impératifs de sécurité - pour symboliser une nouvelle relation entre le citoyen et le sommet de l'État. Si la venue d'une vingtaine de ministres s'avère aussi lourde dans son organisation, on peut aussi douter de son efficacité réelle. On dira qu'il restera de la bonne humeur, des images sympathiques et de l'émulation pour faire mieux la prochaine fois. C'est déjà ça. »
Le sommet (si l’on peut dire) du vide et du creux a sans doute été atteint dans la double page offerte en publicité politique gratuite (mais obligatoire) par les DNA à Sarkozy. Les deux journalistes qui ont tenté de poser des questions n’y sont pour rien. Les deux sont d’excellents professionnels. Mais Sarkozy n’a rien dit … parce qu’il n’avait rien à dire.
Le TGV Est européen terminé en 2010 ? Mais non. Le financement bouclé en 2010. Nuance. Comme il faudra au moins cinq ans de travaux, nous restons dans les marges envisagées par les plus optimistes…
La Croissance que l’on « doit aller chercher » ? Sarko a redit mot pour mot trois phrases déjà prononcées devant le Medef. Il est vrai que lorsqu’on se répète on ne court pas le risque de se contredire. « C’est déjà çà », pourrait réécrire Olivier Picard.

Enfin, ne noircissons pas le tableau. Ne serait-ce que parce que Sarkozy en son genre a des qualités incontestables d’artiste…
Les mauvais esprits qui se demandaient à quoi servait le premier ministre ont eu à Strasbourg un élément de réponses : il est utile dans l’inauguration des foires de province, surtout quand elles osent se proclamer « européennes »… ce qui est rassurant pour celles "mondiales" (sans aucun dout) de Vesoul, de Limoges et d'ailleurs. Qu'est donc devenueStrasbourg, troisième ville de congrès française? Oui, je sais. Cette année, c'est la Quebec qui est l'invité de la Foire. Strasbourg,capitale de la franophonie?
Le clou, pour en revenir à l'essentiel, est tout de même venu de l’ex-maîtresse femme de « ni Putes ni Soumises ». Heureusement, Fadela était du voyage...
Pour parler « cash », elle aurait du faire son intervention en Conseil des ministres décentralisé avant le bouclage de la dernière édition du « petit robert ». Avec elle, pas « d’eau de bidet » : la glandouille, ouille, ouille, ouille ! « On va pas se la raconter entre nous » : elle est très bien Fadela Amara ! Surtout en « tandem » avec Christine Boutin. C’est pas très chic, mais c’est choc. Et çà fait pas toc. Il en est ravi le Président qui en privé (c'est-à-dire jamais) sait aussi « parler franc », n’ayant pas hésité à dire (paraît-il), « je les niquerai tous ») et à condamner les esprits trop épris d’esprit à finir aux « crochets des bouchers ».
Comme Sarko approuve Fadela, tout le monde applaudit Fadela. Pour que les « glandeurs » ne « s’emmerdent plus » dans les cités (et cessent « d’emmerder » le monde), il ne faut pas réintroduire l’Etat et la République dans les « quartiers », il faut que l’esprit et le langage des banlieues triomphent sous les lambris dorés des Palais de la République. Le métissage, cela se fait à deux, non ?

J’ironise, mais sur le fond, elle a raison la nouvelle « pote » de Boutin. Oui, « Le phénomène de bandes, l’ethnicisation de la violence, le happy slapping, le carjacking, le repli communautaire, le rejet des institutions, l’économie parallèle, le désœuvrement des jeunes, le désarroi des mères, l’instrumentalisation de la religion et j’en passe, sont la réalité quotidienne de centaines de milliers d’hommes et de femmes de notre pays. Et pourtant des milliards ont été dépensés depuis vingt ans, alors pourquoi cette situation ?
Je vous le dit cash : Trop d’acteurs de terrain et d’associations marginalisés, méprisés, vassalisés. Trop de talent négligé. Trop de blocages, Trop de lobbys, Trop de chasses gardées, Trop de forteresses, Trop de tabous. Trop de convenances et d’habitudes qui ont sclérosé et ont empêché d’agir efficacement »
C’est bien que Fadela Amara ait dit cela à Strasbourg…Ici, on veut faire croire qu’une station de tram au Neuhof va suffire à désenclaver les têtes, la bonne conscience facile fait office de politique difficile et , ces cinq dernières années surtout, les acteurs de terrains ont été soit « vassalisés », soit « empêchés d’agir efficacement ».
Elle voit juste Fadela. Le problème c’est que celles et ceux qui aujourd’hui l’applaudissent ne voient pas (ou n’entendent pas) qu’elle s’adresse d’abord à eux… Y compris à Sarkozy.
A ce propos, pourquoi MAM doit-elle face aux violences dans quelques « quartiers » faire les mêmes constats et les mêmes promesses (mot pour mot, là encore) que Sarko quand il était à l’intérieur ? C’est là, j’en conviens, un constat qui n’ a rien de surprenant…sauf pour ceux qui avaient cru voir dans le prédécesseur de MAM un bon ministre de l’intérieur, alors qu’il était surtout un excellent ministre… des élections présidentielles.
Daniel RIOT
14:40 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, politique, sarkozy, banlieues, fadela amara










