10/07/2007

Sarkozy et l’immigration : Une vision très sélective de « l’idée européenne »

Sarkozy veut faire passer l'immigration économique à "50% du flux total" et compte sur l'Europe pour assurer le reflux des arrivants non désirés

EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT: A chacun son style, ses objectifs et ses méthodes…

En Allemagne, Angela Merkel organise un « sommet » national pour mettre au point un Plan pour l’intégration des immigrés en se préoccupant autant des flux que des stocks migratoires.

En France, le Président de la République donne des ordres au ministre chargé des dossiers de l’immigration et affiche clairement une double priorité : rentabilité économique et reflux optimal des arrivants non désirés…

Tout cela, bien sûr en donnant l’assurance que «la France doit rester un pays ouvert à l'immigration » et « doit honorer sa tradition d'accueil des personnes persécutées »

>>> Pour l’efficacité de sa politique de reflux, Sarkozy joue la carte européenne.

Le chef de l’Etat  « plaidera au niveau européen en faveur de la mise en place d'une procédure d'asile unique, de la création d'un réseau consulaire unique pour la délivrance des visas, et de la généralisation des visas biométriques permettant de suivre les entrées et les sorties ».

L'objectif est également la mise en œuvre « d'une véritable police européenne aux frontières, du renforcement de la coopération en matière d'éloignement et de l'élaboration d'un pacte européen de l'immigration comportant, pour les Etats membres de l'Union européenne, des engagements, notamment en termes d'éloignement de leurs clandestins et d'interdiction des régularisations massives qui créent des appels d'air pour tous les pays européens ».

Soit. C’est le type de mesures que le simple bon sens réclame depuis longtemps. C’est le genre d’initiatives qui peut contribuer à avancer vers cette Europe politique de la Justice et de la police que tous les « pro-européens » dignes de ce nom réclament depuis longtemps.

Encore faut-il donner des moyens supplémentaires à ce qui existe déjà. Encore faut-il aussi et surtout « penser Europe » à propos de tous les aspects des questions soulevées par les phénomènes migratoires. Des textes existent qui ne sont respectés ni dans leur lettre ni dans leur esprit.