27/01/2007

L’exclusion de Georges Frêche du PS : ENFIN…

Honneur et valeurs ? Ou nécessités électorales ? Peu importe… Le PS a pris la bonne décision. Enfin… Georges Frêche est exclu du parti. Ce qui aurait du être fait dès les insultes aux harkis, est donc fait avant les procès engagés contre le petit roi rose (pâle) du Languedoc à propos de ses déclarations publiques sur « les Noirs de l’équipe de France » et de ses interrogations inadmissibles sur la police : « je me demande si, comme en 68, ce ne sont pas les flics qui mettent  le feu aux bagnoles », avait-il dit lors des événements de novembre 2005 dans quelques Banlieues.

Le fanfaron fera-t-il le dos rond ? Pas sûr… vendredi encore, il mettait en garde Ségolène Royal : « Elle a tort  de na pas soutenir ses amis. Mitterrand était fidèle en amitié, lui : « Je dis à Ségolène  attention ! A changer d'avis comme les feuilles mortes (...), on a le destin d'une feuille morte. J'aimerais qu'elle ait un peu plus de force de caractère et qu'elle ne change pas d'avis tous les deux ou trois jours ».

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Il dit continuer à la soutenir, mais il pourrait changer d’avis. Ou de manière… Et sa fédération a du poids. Electoralement et financièrement.  « Je suis socialiste depuis toujours, je vais le rester. Les partis, ça va, ça vient, il suffit qu'il y ait un changement de majorité, je serai réintégré si on a besoin de mes voix pour le prochain congrès, la vie continue »,

Le baron va-t-il se faire plus discret ? Pas sûr… Il  compte (pour l’instant du moins) conserver tous ses mandats (Conseil régional, Conseil d’agglomération de Montpellier)  « Je ne dois rien à personne. J'ai été élu par le peuple et c'est entre ses mains que je remets mon destin »

En attendant de mesurer sur le terrain l’ombre qui ternit sa fin de carrière et l’ampleur des  fissures faites dans sa carapace d’éléphant et de crocodile, Frêche ne retire rien de ses propos, refuse de voir en quoi et pourquoi il est condamné en justice (il fait appel après sa première condamnation), fulmine contre les Juges (qui ne font pourtant qu’appliquer la loi), s’offusque qu’on puisse considérer le racisme comme un délit. Et joue la partition de la victimisation….

"UN PROCES STALINIEN"

 

Il s'est estimé victime d'un « procès stalinien ». Rien de moins… « Tout est joué d'avance. Du temps de Staline, les jugements étaient faits à l'avance. On faisait comparaître les accusés et ensuite, on lisait le jugement. Vous avez vu que le jugement est fait », a affirmé Georges Frêche à la radio France Bleu Hérault (alors qu’il a refusé de rencontrer le rapporteur de la commission des conflits du PS)

 

Le jugement « a été négocié, j'imagine, entre Mme (Ségolène) Royal et Mme (Christiane) Taubira avant le voyage aux Antilles. C'est ce qu'on appelait en 1917 fusiller pour l'exemple », a poursuivi Georges Frêche. « Mais moi, ça ne m'impressionne pas. Je vous le dis, c'est un procès stalinien et on offre ma tête au peuple, pensant gagner quatre voix dans les DOM-TOM. Je pense que c'est un faux calcul. Mais l'avenir le dira »

Le présent, en attendant « dit » une chose essentielle : la « lepénisation » des esprits n’est pas un mythe. Les combats contre le racisme, la xénophobie, le populisme ravageur doit être mené dans tous les « camps », par-delà les clivages politiques.

"LE POUVOIR REND FOU"

Le « cas Frêche » « dit » aussi à quel point l’irresponsabilité de certains politiques mine la démocratie, altère les valeurs « républicaines », pollue les grands principes, encourage le développement de l’incivilité et de l’incivisme.

Quand le « pouvoir rend fou » (selon le mot de Françoise Giroud),  quand l’éthique la plus élémentaire est balancée par-dessus les moulins, le pire est à craindre. Et le suffrage universel, « condition nécessaire », à la démocratie, mode de sélection des élites, n’est pas une « condition suffisante » dans une démocratie, grille de valeurs, pour assurer la pleine  légitimité des élus. Il est des références au « peuple » qui sont d’abord des marques de mépris du peuple…

« Le fascisme, écrivait Albert CAMUS, c’est le mépris. Inversement, toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme »

C’est parce que le mépris (du peuple, des institutions, de la justice, des autres) est trop courant que, toujours selon CAMUS, « le société est une machine à désespérer les hommes ».

Daniel RIOT

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