07/11/2008
PS : La « ligne Europe » l'emporte largement
![]() | ![]() | ![]() |
| Vendredi, 07 Novembre 2008 11:09 | |
Par Daniel RIOT« Le Ps se donne des verges pour se faire battre », écrit l'éditorialiste du Nouvel Observateur. Bien sûr. Mais sur Relatio-Europe nous faisons un premier constat, positif : les listes pro-européennes (ce qui ne veut pas dire « eurolâtres ») font ensemble un score plutôt réconfortant. Et pour nous, l'essentiel est là! Ce vote des militants ne répond évidemment pas à une question politicienne :Y a-t-il au PS trop de leaders ou une absence de vrai « chef » ? Elle ne répond pas non plus à une question essentielle complémentaire de la première. Une question que l'on se pose que l'on soit militant ou sympathisant du PS ou simple observateur attentif : Qu'est-ce qui différencie les motions présentées au suffrage des adhérents du PS ? Pas grand-chose, pas même sur un point pourtant essentiel : aucune n'a été mise à jour pour tenir compte, dans une perspective d'avenir---donc par une indispensable anticipation--- de l'implosion de la bulle financière de l'hypercapitalisme bushisto-inconscient... Une seule « motion » est vraiment différente des autres. Et elle a obtenu un score qui confirme une vraie cassure : celle de Benoît Hamon. Lire la suite Ajouter un commentaire (0) |
| PS: Ségolène en pole position | ![]() | ![]() | ![]() |
| Vendredi, 07 Novembre 2008 01:50 | |
|
13:07 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politqiue, ps, segolène, gauche, strasbourg
04/05/2008
La politique en Europe: A Droite? Droite!...
L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO
Après Rome : Londres… Paris a fait exception. L’Europe est dans une « phase de droitisation » des vies politiques nationales. L’ami. Dominique REYNIER, fin analyste, fait bien de le remarquer. Mais que signifie exactement cette « droitisation » en cette époque où les évolutions des sociétés et du monde se jouent des clivages politiciens traditionnels et où les concepts de « conservatisme » et de « progressisme » ne collent pas avec les divisions partisanes, les étiquettes hémiplégiques ?
01:20 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, gauche, droite, riot
Les Travaillistes en échec: Ni "new", ni "labour"...
UNE INCERTITUDE DE PLUS POUR L'EUROPE
Quelques observateurs français parlent de coup de Trafalgar à propos de la déroute travailliste aux élections locales anglaises et galloises. Contre sens : Trafalgar, pour les Anglais, c’est synonyme de victoire. Comme Waterloo… A chacun ses référence. « Déculottée », « dégelée », « défaite cuisante » en revanche sont compréhensibles dans les deux langues. Le parti de Gordon Brown a connu la pire des déconfitures depuis 40 ans… «Un bain de sang pour Brown», titre l'Evening Standard. Et la folle bataille de Londres .entre deux personnages atypiques, « Ken le Rouge » et « Boris le Bouffon » ne va pas redonner le sourire au Labour.
01:19 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, londres, royaume-uni, politique, gauche, droite, riot
07/11/2007
PS:La DECHIRURE européenne deux ans après
AU PS, l’Europe n’est qu’un révélateur de divisions idéologiques mortelles pour le parti
Le Commentaire RELATIO de Daniel RIOT :
Deux ans après la déchirure du référendum de 2005 sur la Constitution, la question européenne divise toujours le PS. Heureusement qu’il ne dirige pas la France… Sarkozy peut bomber le torse. Et Bayrou regretter une fois de plus de ne pas avoir été « finaliste »… Faits et commentaire.
UN RAPPEL QUI S'IMPOSE: Les clivages droite/gauche sont dépassés, n’en déplaisent aux esprits binaires donc « hémiplégiques », comme redirait Raymond Aron. Mais il est une vraie ligne de démarcation politique, en France et ailleurs : les partisans de l’ouverture et ceux de la fermeture des frontières. La construction européenne, ce chantier inachevé, fixe les bornes.
Bas les masques : il n’y a que trois façons de construire une Europe unie. Par la domination (merci, l’Europe-cimetière est toujours là !), la coopération (celle du Conseil de l’Europe) et celle de l’intégration (celle de la CECA devenue marché commun puis Communauté européenne puis l’Union européenne).
Celle-ci ne va pas au bout de la logique qui lui a permis de naître et de se développer. Et elle en pêche. Mais elle est perfectible, ce qui est l’essentiel. Face à elle, les alter-européens sont des anti-européens ! Comme les militants d’une Europe dite des nations…comme si l’Union ne respectait ni les Etats ni les nations ni les Régions ni les Villes qui la composent. La campagne pour le referendum l’a montré. Les prises de positions sur le traité de Lisbonne le confirment. Même si (n’est-ce pas Monsieur Fabius ?) de bons arguments critiques sont agités dans des démonstrations qui reposent sur des prémisses falsifiées et débouchent sur des conclusions éronnées.
L’Union est à améliorer (sans cesse, comme tous les Etats qui la composent, d’ailleurs). Elle doit surtout devenir authentiquement politique. C’est même urgent. Mais c’est le cap qui compte. Face à ce qui est proposé, c’est Oui ou Non à l’unification. Il n’y a place ni pour un OUI… MAIS, ni pour un NON… MAIS. Soit on est pour soit on est contre. Le reste, c’est de l’habillage, des masques, des arguties.
Ces lignes de clivages là, traversent tous les partis sauf ceux qui se situent au Centre (Nouveau Centre, udf/umpiste, Udf/Modem, Cap 21/Modem, partis radicaux de gauche et de droite). L’UMP a réussi à rendre très minoritaires (pour l’instant) leurs courants anti-européens. Le PS depuis la disparition de Mitterrand n’a pas réussi à afficher le réalisme au service de ses idéaux comme la très grande majorité des Partis socialistes européens. Pas de motion de « synthèse », pas de consensus (même mou), pas de « ligne » (sauf en zig zag)…
Le PS a perdu sa crédibilité au moment du referendum. Puis après. La défaite de Ségolène fut d’abord le résultat d’un PS « auto crucifié » sur l’autel de l’Europe. Parce que la question européenne est au cœur des problèmes essentiels d’identité et d’altérité (individuelles et collectives), comme…« l’intégration » des étrangers. Et parce que, aussi, cette « affaire européenne » est au centre des équilibres à trouver entre compétition et solidarité, entre libre marché et marché contrôlé, entre libéralisme et dirigisme, entre économie et social, entre croissance et développement durable, entre efficacité et écologie…
L’Europe n’est ni de droite ni de gauche : elle est ce qu’on la fait, en fonction des majorités au pouvoir dans les différents pays et globalement.
CONSTAT DU JOUR, PREVISIBLE: Le Parti socialiste français reste prisonnier de ses vieux démons idéologiques, et c’est ce qui brouille ses options sur l’Europe. Le bureau national s'est prononcé majoritairement (36 contre 20, avec Deux abstention et Julien Dray en… relâche) en faveur du nouveau traité européen. Oui et alors ? Ceux qui voudront voter non à Lisbonne voteront …non."Il n'y aura pas de sanctions", a déjà annoncé (en souriant) Hollande! Retour au clivage entre partisans du "oui" et du "non" au référendum.
On comprend que, chargé de rechercher un consensus, Benoît Hamon ait démissionné de son poste de secrétaire national à l'Europe. Le pauvre !... Il prônait l’abstention, ce qui est, dans ce cas précis, un courage d’autruche. « Je ne me sens plus en charge d'être responsable de cette cacophonie », a lancé le jeune député européen. On le comprend.
Les socialistes ont reporté à plus tard leur prise de position sur la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité simplifié approuvé le 19 octobre dernier par les Vingt-sept, et qui sera signé le 13 décembre à Lisbonne. « Nous verrons quelle sera la révision de la Constitution qui sera proposée », a déclaré François Hollande. Quelle sagesse : le temps guérit, parfois, mais il pourrit, aussi.
Le Premier secrétaire, partisan du « oui » à ce traité qui « sort l'Europe de l'impasse » dans laquelle elle se trouve depuis 2005 et les « non » français et néerlandais à la Constitution européenne, s'est efforcé de dédramatiser ce nouveau signe de division du parti en expliquant que la page était tournée. Ah !bon…"Il y avait ce soir un sentiment d'apaisement. Bien sûr que chacun est resté sur ses positions, (...) mais il y avait une volonté commune (...) le souci de clore une période et d'en ouvrir une autre », a affirmé numéro un socialiste en estimant que la question institutionnelle européenne était maintenant « derrière » le PS. On en rit, ou on en pleure ?
Cette nouvelle épreuve sert en fait de révélateur. Tel qu’il est le PS ne peut pas être « rénové ». C’est d’ailleurs ce qui,par ricochet, en termes de pluralisme, donne une importance supplémentaire au Congrès constitutif du MoDem…
Daniel RIOT
01:40 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, politique, gauche, europe, france
04/08/2007
L’Alsace et la gauche : Le regard lucide de Roland Ries
La gauche en Alsace ? Que les prisonniers de stéréotypes ne sourient pas. Elle a existé, elle existe…et elle existera davantage encore si elle apprend à devenir ce qu’elle aurait du être : un laboratoire et une illustration de la gauche européenne éclairée, et non un appendice de la gauche nationale ringardisée, sclérosée, prisonnière d’archaïsmes hérités du début du XX ième siècle, autant dire de la préhistoire de notre ère.
La gauche, Roland Ries la connaît, la pratique et tente de la sortir de ses ornières.
L’Alsace, Roland Ries, ancien maire de Strasbourg, sénateur et candidat aux prochaines municipales, l’aime et la comprend .Et il voudrait la faire sortir de quelques tics, « syndromes » et autres complexes cultivés qui l’empêchent de « devenir davantage elle-même » : un sens de la victimisation qui fausse l’affirmation de soi, une pusillanimité qui altère une légitime fierté, un goût de la déférence qui défigure la conscience de ses différences, bref un regard sur soi et sur les autres qui pourrait mieux marier « identité » et « modernité »…
« L’Alsace et la gauche », Roland Ries en a fait un livre, simple mais pertinent, sans prétention mais opportun, qui mérite d’être lu et vaudrait d’être sérieusement débattu. A gauche, bien sûr, mais pas seulement… Et pas exclusivement dans la perspective des prochaines échéances municipales.
D’ailleurs, ce qu’il écrit sur l’Alsace, cette terre qui depuis toujours a la vertu de « fabriquer des Alsaciens » (le franc-comtois de naissance que je suis en sait quelque chose) ne vaut pas que pour cette région.
« L’escargotisme », comme dit si bien Tomi Ungerer, n’est pas qu’alsacien. L’art de rêver une Europe « à sa propre image » non plus. Et le « mol oreiller » bourré de « visions lénifiantes » pour bonne conscience trop facilement acquise non plus.
L’Histoire, ici plus que dans maints endroits, explique bien des choses. Rien n’est à oublier.
Non par « devoir de mémoire », mais par intelligence et réalisme. Mais on ne conduit pas en ayant les yeux fixés sur le rétroviseur. Ce rétroviseur qui entraîne non un conservatisme, comme on le pense trop « à l’intérieur », mais une amputation du champ de vision : L’Alsace, en dépit de la rhétorique de trop de responsables politiques, éprouve des difficultés à vivre à 360 degrés. Et à oser « voir grand »…
Cette politique trop souvent menée comme pour une « maison de poupées » nous fait souvent confondre « salle d’attente » et « bureau ». Elle nous fait surtout (faiblesse bien humaine très marquée ici) allumer des feux d’artifice d’autosatisfaction pas toujours justifiés quand nous réussissons et nous user dans la quête d’excuses et de responsables d’« ailleurs » (de Paris, surtout) quand nous échouons… Un « lamento » trop entretenu par trop d’élus (et de média locaux)
Roland Ries a raison de faire appel a Keynes : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes »… Comme il a raison de rappeler l’actualité des messages de Schickelé (oublié ou caricaturé) : «Le pays entre Forêt Noire et Vosges est le jardin commun dans lequel les esprits allemand et français se développent sans entraves, se renforcent l’un l’autre et élaborent des œuvres communes, les nouveaux symboles de l’Europe ».
Il s’agit évidemment moins de rêver d’une Europe alsacienne que d’européaniser l’Alsace… Et de désenclaver quelques têtes politiques. Tout peut arriver, surtout le meilleur. Keynes (encore) : «L’inévitable n’arrive jamais, l’inattendu toujours »
Daniel RIOT
(dessins: les petites alsaciennes d'André Wenger et France Allemagne par tomi ungerer)
07:15 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : france, strasbourg, europe, politique, gauche, ries, livre
28/06/2007
Le "sage" Fabius flingue Ségolène
Fantastique FABIUS, l'homme qui a le plus tué le projet de Constitution pour l'Europe en faisant campapagne contre le OUi décidé démocratiquement par son parti! Il se veut "sage actif", ne se mêlant pas aux controverses quotidiennes qui discréditent le PS. Mais le "sage" cogne. Et çà fait mal, puisque ce qu'il dit n'a, en l'occurence, rien de faux...
Laurent Fabius dénonce le "triple déficit" de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle et reproche à l'ex-candidate d'avoir tenu à l'écart les principaux responsables socialistes, dont lui-même, dans une ITW au Monde. "Un triple déficit est apparu : présidentialité, crédibilité, collégialité",Pour Laurent Fabius, on ne gagne pas une élection présidentielle "en demandant à chacun ce qu'il ou elle veut, mais en proposant une vision, un dessein capables de faire progresser la France et les Français tout en convainquant qu'on est soi-même capable de les conduire."
Interrogé sur les critiques formulées par Ségolène Royal, qui estime ne pas avoir été assez soutenue, le dirigeant socialiste répond : "Notre candidate a plutôt choisi de tenir à l'écart les principaux responsables socialistes.""Ce fut sa décision. Pour ma part, j'étais totalement disponible et je le lui ai dit", précise-t-il.
Laurent Fabius reproche en outre à Ségolène Royal d'avoir affirmé que le smic à 1.500 euros et la généralisation des 35 heures étaient "des idées qui ne sont pas crédibles" tout en faisant campagne sur ce thème.Selon lui, ces propos posent la question "de la sincérité en politique."... Un sujet qu'il connaît bien!
00:40 Publié dans Notes politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : PS, royal, fabius, gauche, politique
24/05/2007
Mon carnet de campagne: A gauche, gauche...
Le PRG débattra avec le Parti Radical

Jean-Michel Baylet, président du PRG, affirme avoir obtenu la confiance du bureau national de son parti sur son idée d'ouvrir un "débat" avec le Parti Radical co-présidé par Jean-Louis Borloo après les législatives. En fonction des résultats obtenus dans les circonscriptions offertes en cadeau (intéressés) par le PS, sans doute…
"Ce débat", selon lui, doit porter "sur des sujets précis, comme l'Europe ou l'urgence sociale", dans le but de voir "si nous constatons un certain nombre de convergences qui pourraient nous amener plus loin politiquement". "Jamais je n'ai proposé de renier nos alliances ni de rejoindre l'UMP" a toutefois précisé le président du PRG. S’il le dit…

Le chant du départ
C’était attendu : Il l'a lui-même annoncé mercredi après-midi, sur le plateau de LCP, dans le cadre de l'émission Question d'infos: François Hollande ne sera pas candidat à sa propre succession à la tête du Parti socialiste. Propulsé Premier secrétaire du PS en 1997, le compagnon de Ségolène Royal, actuellement très contesté, devrait laisser la place à l'issue des élections législatives. A qui, la bataille des Législatives se double déjà d’une autre guerre, interne celle-là. Sarkozy l’a dit aux responsables de l’UMP : il parie sur Ségolène ! Les sondages aussi , apparemment..
Sarkozy rêvait d’avoir Ségolène en face de lui cette année. il rêve encore de l’avoir en 2012. Qui disait qu’une seule « grande personnalité » manquait dans le gouvernement Fillon ? Séguéla la publicitaie ou d’Ormesson. ? Jean d’Ormesson… « Et toi mon cœur, pourquoi bats-tu ? ».

Pas charitable, FIllon
Pas de pitié: le Premeir ministre (qui trouve des accents de plus en plus sarkoziens et semble de plus en plus à l'aise dans ses baskets) n'hésite pas à tirer sur les ambulances. Il a traité les dernières déclarations de Hollande de "pitreries" et le trouvé "pathétique" et "hypocrite"... Il lui donne même des leçons d'opposition "intelligente"... Les porte-paroles du PS s'en sentent offusqués et insultés. "Arrogance"! Fillon s'en moque: la télé a bien répercuté ses attaques. Elles étaient faites pour pour cela... Il n'y a pas à dire: la victoire donne des ailes...
Ségolène prend son temps
Elle n’était pas à Bordeaux, où Hollande était bien seul pour un « grand meeting » en terre de Juppé. Et les « observateurs politiques », comme les supporters du PS s’interrogent. Djerba, d’accord. Mais la campagne est courte, non ? Et on avait dit qu’elle était très demandée par des candidats légitimement inquiets…
Selon les échotiers, elle est à Paris, où elle voit beaucoup de monde…. Ses déplacements sur le « terrain » ? Son agenda est rempli à partir de la semaine prochaine : « c'est là que la campagne va réellement démarrer ». Elle fait monre de patientitude, Ségo...

Mais il y a des mauvaises langues partout…Au PS, on dit volontiers que Ségolène Royal et son équipe prennent toujours « les sondages pour boussole ».Comme ceux-çi ne sont pas bons pour le PS, elle se fait rare pour « éviter d'écorner son image en l'associant de trop près à une défaite aux Législatives ». « Défaite », c'est un mot qu'elle n'aime pas, en effet..
Et qui ne la comprend pas ? Pour elle, elle n’a pas gagné les Présidentielles « à cause du manque de mobilisation du parti » (même si elle s'est isolée toute seule!) pourquoi risquerait-elle de perdre son aura dans une "non victoire " annoncée du même parti. D’ailleurs, plus le résultat sera mauvais, plus la prise du parti sera aisée pour elle, non ? « Tous ensemble, tous ensemble, tous…. »
03:40 Publié dans Législatives 2007 Carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, gauche, PS, royal, Hollande, législatives
20/05/2007
Quelle « refondation » » pour le PS ?
Si vous souhaitez une social-démocratie moderne à la française, passez par le Centre : La gauche est trop maladroite…
REFONDATION : le mot à la mode ! « L’appel » à l’ordre du jour ! Pour Libération, pour le Nouvel Observateur, pour les mille et un cercles de réflexions (ou réseaux d’influences) qui parcourent le PS ou gravitent autour. Refondation du PS, refondation de LA Gauche, refondation DES Gauches, refondation de l’écologie politique (et des politiques écologiques), refondation de la social-démocratie, refondation de l’anti-libéralisme, refondations communistes, citoyenne, sociale, sociétale, philosophiques…

Qu’est-ce que c’est une « refondation » ? Un renouvellement, une rénovation, une redéfinition, une « modernisation », une évolution, une réinvention, une « révolution » ?... Pourquoi ne parle-t-on pas de re-fondement ? Ce serait plus fondamental, peut-être…« Quand les hommes ne peuvent pas changer les choses, ils changent les mots », constatait Jean Jaurès.
Mais d’abord, qu’est-ce que la Gauche ou que sont les Gauches ? Et qu’est-ce que le PS, surtout, en dehors des clichés sur la gauche-caviar que Joffrin avait si bien décryptée en prédisant son échec aux présidentielles alors que les supporters étaient aveuglés par des sondages trompeurs ou jouaient les Gribouilles ?

La question posée dès la fin du premier septennat de Mitterrand a été reposée après chacune des défaites du parti de la rose au poing et de ses alliés. Mais elle reste sans réponse digne de ce nom.
Ce pourrait être intellectuellement passionnant : la question vaut toujours plus que la réponse, mais politiquement dramatique. Parce que les questions soulevées sont rarement les bonnes. « Le courage, disait Jaurès, c’est de chercher la vérité et de la dire ».
Les hiérarques du PS passent leur temps à l’esquiver et à la taire, cette vérité : cela leur permet de durer, « drapés dans leur arrogance technocratique » (comme le dit depuis longtemps Kouchner)[1], vautrés dans leur paresse devant une société et un monde qui bouge trop vite pour eux, comme paralysés par une frilosité intellectuelle « provoquée par une sorte d’arthrose cérébrale chronique » et obsédés comme les notables de jadis par un carriérisme qui les coupe de ce « peuple » dont ils se réclament…

Quelques constats parmi d’autres :
>>> La gauche est toujours demeurée minoritaire au premier tour des présidentielles (36,5% en 2007) depuis que cette élection existe.
>>> La gauche vient de perdre sa troisième présidentielle consécutive. Et elle n’a eu qu’un Président se recommandant d’elle sur les six de la V ième République.

>>> Les succès électoraux de second ordre gagnés par la gauche (régionales et européennes pour ne citer qu les deux dernières) ne se sont traduits ni par des renouvellements générationnels ni par des élus plus représentatifs de la société « plurielle »
>>> Depuis 1992, l’électorat dit « populaire » ne vote plus majoritairement à gauche…
>>> Les analyses faites jusqu’à présent de la défaite de Ségolène Royal ne sont que superficielles, partielles, partiales, minées par des calculs personnels, égotistes et tactiques, et surtout empreinte d’une hypocrisie généralisée qui fait honte à voir. Les Législatives servent de prétexte à refouler les diagnostics et les règlments de compte.

C’est fou comme le PS , qui n’est que l’héritier de la SFIO (relookée par Mitterrand) mais qui est devenu trop archaïque pour être bien intégré dans l’union des partis socialistes européens, est vraiment prisonnier de sa culture patrimoniale !
>>> Il faut remonter au Congrès du Globe, en 1905. J’en ai relu la « déclaration de principes » fondatrice. Elle reste au cœur du fonctionnement bureaucratique de ce « parti » qui se voulait « de classe » et uni face « aux fractions politiques bourgeoises » : l’appareil domine tout, contrôle tout, y compris les élus qui ont des « mandats impératifs » et « ne peuvent engager le parti sans son assentiment ». Silence dans les rangs ! un bon militant est un militant obéissant. Et u élu un porte-voix de la « ligne » officielle. Cela stimule les imaginations et la créativité, bien sûr…

>>> La règle des « synthèses », compromis entre « révolutionnaires « et « réformistes », entre « courants », entre « tendance » remonte au discours de Jaurès au Congrès de Toulouse en 1908 . « Nous n’acceptons pas qu’on oppose l’action d’aujourd’hui à l’action d’après-demain, nous n’acceptons pas qu’on oppose l’esprit révolutionnaire et l’action réformatrice du Parti. Nous disons que dans un Parti vraiment et profondément socialiste, l’esprit révolutionnaire réel est en proportion de l’action réformatrice efficace et que l’action réformatrice efficace est en proportion de la vigueur même de la pensée et de l’esprit révolutionnaires. » Un beau discours. De référence. A condition que l’esprit soit vraiment révolutionnaire et que l’action soit réellement réformiste.

>>> Le syndrome de l’Union de la gauche remonte bien sûr au Congrès de Tours, en 1920… Les communistes l’emportent (3208 voix) et choisissent le III internationale. Vive Lénine ! La minorité (1022 voix) refuse de confondre « communisme » et « socialisme » Mais la référence marxiste est verrouillée et la « Lutte des classes » scellée dans le marbre ! « Restons des frères qu’aura séparé une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir », lancera Léon Blum…
D’où la difficulté pour les socialistes français de faire cet « aggiornamento », cette rupture avec le marxisme, cette reconnaissance du capitalisme et de l’économie de marché, cette orientation « social-démocrate » qu’ont la plupart des partis socialistes européens depuis longtemps (depuis 1959 par le SPD, par exemple)

Aujourd’hui encore, le PS malgré ses virages réalistes, malgré Epinay, malgré les négociations de Mitterrand avec les eurocommunistes du type Berlinger (haï par marchais), malgré « l’Union de la gauche » et le « programme commun » et malgré la chute du Mur et l’implosion de l’Empire soviétique n’a réussi ni un Bad Godesberg digne de ce nom ni un « Congrès de Tour » à l’envers…
Et personne n’ a réussi a faire du parti socialiste une force social-démocrate… Malgré des chefs de file et des maîtres à penser d’envergure : Rocard, Delors et quelques autres, tous coupés dans leurs élans.

Depuis 1971, le PS vivait sur la lancée d’Epinay… sans tenir compte d’une donnée fondamentale : la voie Mitterrand a été un choix stratégique, et non idéologique… « Epinay est mort » ont lancé quelques leaders socialistes après la troisième défaite consécutive de la gauche aux Présidentielles. C’est une parenthèse qui se referme, en effet. Mais il fallait jouer les autruches pour ne pas voir que cette parenthèse s’est refermée avant même la mort de Mitterrand !
La stratégie d’union de la gauche de Mitterrand était doublement stratégique : pour la prise du pouvoir (ce sera fait 10 ans plus tard) et pour l’écrasement du PC. Le pouvoir a été perdu mais le PC est devenu un groupuscule qui gère un héritage en lambeaux, seulement sauvé financièrement par quelques bastions et un groupe parlementaire qui va être difficile à sauvegarder.
Cette parenthèse Epinay refermée (en dépit des idées passéistes de quelques socialistes, des élucubrations de Voynet, de l’esprit de parti archéo-réactionnaire de Marie-Georges Buffet et de quelques utopistes plus « gauchô » que de gauche), que reste-t-il du PS ?

La Citadelle Solférino demeure puissante, grâce aux régions, à quelques grandes villes et à un groupe parlementaire qui sera en partie sauvé. Il s’agit d’ une machine à propulser ou à briser des carrières, à distribuer des « places », à répartir des « fonctions », à nouer des « réseaux », et … à user l’énergie des militants. A coups de synthèses vides de sens, de manœuvres internes, de guerres des chefs… « N’ayant pas la force d’agir, ils dissertent », ironiserait Jaurès."Est dirigeant celui qui accepte de prendre les risques que les dirigés ne veulent pas prendre". Y a-t-il un pilote dans l'avion?

Ségolène Royal dans son échec a eu tout de même une réussite : réduire le déficit d’enthousiasme qui ne cessait de se creuser depuis la mort de Mitterrand et surtout depuis le gouvernement puis l’échec de Jospin dans les rangs de gauche. Mais ce résultat ne vient que d’elle. De sa personnalité. De son habileté (quoi qu’on en dise) et de la puissance que donne une grande ambition. Et c'est contre les « éléphants » du parti. qu'elle a fait passer, selonla formule admirative de BHL, "un frisson nouveau dans la vieille musique socialiste"
En revanche, elle n’a pas su ou pu (malgré BHL, Orsena et quelques autres) combler le déficit intellectuel et culturel de la gauche. Parce qu’elle a confondu communication et réflexion quand Sarkozy a su, grâce à son entourage, à sa « plume » et à son habile « dir’cab », trouver des cervelles à presser, dans l’ombre de ses paillettes.
Or, le premier atout de la »gauche » depuis le XIX ième siècle, c’était la force de penser, ses « machines à penser ». Mitterrand le lettré le savait, et savait s’en servir. Jospin, Hollande, Royal n’ont pas su en tirer parti.
La première défaite du PS est intellectuelle, en effet. Parce que le Parti dans sa sclérose neuronale n’a pas su bien lire les Castoriadis, Legendre, Edgar Morin, Rosenvalon, Milosz, Patocka, de Bibo, tous ces « Esprits d’Europe » qui auraient dû constituer la farine de leur pain. Trop de parisianisme, chez les caciques du PS. Trop de superficialité. Et trop de cécité face aux évolutions sociétale en profondeur.

« En France, la gauche a beaucoup de mal à admettre ce que le reste de la gauche en Europe a parfaitement compris : la logique de choix individuel est maintenant un trait dominant de nos sociétés qu'il ne faut pas occulter, mais au contraire comprendre pour y apporter des réponses de gauche. En France, la réflexion du Parti socialiste sur les mutations de nos sociétés est à peu près au niveau zéro. » note dans Libération Marc Lazar.
D’où la seconde défaite de la gauche en général et du PS en particulier : une défaite d’ordre sociologique. Marc Lazar, qui est professeur des universités, historien et politiste, et directeur de l'Ecole doctorale de Sciences-Po, écrit avec pertinence, toujours dans Libération:
« Regardez la composition des partis : les membres du secteur public au sens large représentent 62,3 % des délégués du 33e congrès du PCF en 2006, 64 % des délégués du congrès de la LCR en 2003 et 71 % des délégués du PS du congrès de Grenoble en 2000. » Cela explique bien des choses… Notamment la cassure entre ces partis et des Français qui n’ont pas et les avantages et les servitudes qu’impliquent les services publics. Et qui ont d’autres exigences et d’autres sources d’insécurité.

Ces deux défaites ont été amplifié par une troisième, est d’ordre culturel. Héritage du passé. Nous retrouvons ici les faiblesses structurelles du socialisme à la française évoquées précédemment…
Je fais encore référence à Marc Lazar : « Le poids de la culture du conflit, de l'affrontement et de la radicalité, qui vient de loin : la scène primitive se joue avec la Révolution française et se véhicule sur plus de deux siècles. Certes, de nos jours, les Français dits de gauche ne veulent pas la révolution, mais ils sont attachés à l'idée que ce qui compte, c'est le choc et la rupture. »
D’où l'idée militante que la Gauche doit être « dure » face à ses «ennemis», à commencer par les « social-traitres » et les « centristes ». Qu’est-ce qu’il a pris, Bayrou, avant le premier tour !
D'où la soif de diabolisation de tout ce que l’on condamne ou combat. Sarkozy a su en profiter, d’ailleurs…
D’où le primat de la trilogie des «anti» : l'anticapitalisme rebaptisé antilibéralisme, l'anti-impérialisme nommé aujourd'hui anti-mondialisation et l'anti-fascisme qui, à force de faire voir du fascisme en tout et pour tout ou presque, dévalorise et banalise les vrais signes de fascisation des esprits.
D’où encore et peut-être un complexe des « petits bourgeois » du PS (des gauches caviar, cassoulet ou bio) qui, depuis la in de l’ère Mitterrand, sont comme prisonniers de pensées réflexes qui les dépassent.

Jacques Julliard l’ a écrit depuis longtemps (dans le « Choix de Pascal »[2], par exemple). Il le redit dans le dernier numéro du NouvelObs. « L’extrême gauche a exercé une hégémonie quasi- absolue sur la gauche de gouvernement… Qu’il s’agisse d’insécurité, de chômage, d’immigration, de fiscalité, de meours, voir d’écologie, la gauche ne s’appartient plus à elle-même : l’alignement sur le plus-disant est la règle ».Et, ajouterais-je, sur l’Europe… Dommage de l’avoir oublier cette Europe, cher Jacques Julliard !
Avec son échec, le PS de Ségolène paye en effet en partie la facture des dérives subies ou orchestrées (par Fabius et quelques autres notamment) au moment de la campagne référendaire sur le traité portant Constitution pour l’Union européenne.

Quel délire et quel déluge de contre vérités, de mensonges, d’escroqueries intellectuelles, de désinformations systématiques savamment distillées par des « scientifiques » d’Attac, de Copernic et de quelques cercles d’économistes prisonniers de schémas doctrinaires aux prémisses et aux conclusions fausses ! Un vrai défoulement de bêtise au nom de l’intelligence !

Un défoulement qui continue ! Sans pudeur, sans retenue, sans conscience.
Voir, ce soir, à la télé, Clémentine Autain, si pétillante d’intelligence, si jeunes et si passéiste, parler encore de « victoire » des antilibéraux en parlant de la victoire du Non à l’Union, a un coté démentiel ! Le Pen aussi a crié victoire et, lui, il avait raison : les conséquences du Non font son affaire comme elles font l’affaire des souverainistes de tous poils et des hyper capitalistes ! Quel gâchis intellectuel !

Et ne parlons pas de ce crime contre les valeurs et le sens, donc contre l’intelligence, commis en transformant le mot « libéral » en un gros mot ! Ou de l’affreux néologisme « altermondialiste » : avez-vous rencontré un citoyen du tiers-monde se dire « alter- mondialiste » ? Les « alter-européens » ont été des anti-européens ou des partisans d’une Europe altérée. Où est-il l’Internationalisme prolétarien ? La rhétorique est un art… trompeur
Le PS et la gauche ont été (et demeure) « à gauche du bon sens » note Julliard. «Il ne s’agit pas plaire aux électeurs mais de complaire à Bové, à Besancenot et consors. Ceux-ci ont compris ce mécanisme mental de soumission et ne cessent de faire monter les enchères.(…) Cette politique sous influence et ne cesse de faire monter les enchères ». Jusqu’à l’absurde !
Or, dans l’absurde, la gauche y est bel et bien, PS en tête : « Plus d’union de la gauche puisqu’il n’y a plus personne avec qui s’unir. Plus de substitut gauchiste parce que les gauchistes se sont totalement déconsidérés par leur irréalisme, leurs divisions et leurs magouilles bureaucratiques », souligne Jacques Julliard ! Résultats ? Un grand vide d’idées et un grand désarroi. C’est « l’identité socialiste » qu’il faut reconstruire. Mais sur quelle base et comment ?

Au centre (si l’on ose dire) de cet « esprit de refondation », trois aspirations contradictoires ou plutôt antagonistes :
*Celle d’une social-démocratie moderne (il est temps !) menée par DSK et souhaitée (paraît-il) par Ségolène Royal… sous une forme différente bien sûr ! Ils appellent cela « le socialisme du réel » : formule entachée d’une ambiguïté historique quand on songe à ce qu’a donné le « socialisme réel »
* Celle d’une « vraie » gauche (ce qui sous-entend qu’il en existe une fausse) qui reste en rupture avec le capitalisme, qui puisse s’entendre avec « l’ultra-gauche », « la gauche de la gauche ». Utopie quand tu nous tient ! Jules Guesde revient !
* Celle d’un grand mouvement de la gauche ou des gauches, annoncé par Hollande qui prétend pouvoir faire une sorte de programme commun du « centre » à l’ultra-gauche « alter-mondialiste » voir au-delà… De Schuman à Trotski ! Plus que plurielle, davantage qu"arc-en-ciel"...Voilà qui est manque pas d’ambition. Tours à l’envers, enfin ? Il ne manque pas d’air, Hollande. Mais c'est l’aire de ce jeu qui va lui manquer, et au centre et à gauche de la gauche. Au sein du PS même...

Jacques Julliard a sans doute raison dans un de ses constats : un PS social-démocrate est un mirage… Ce projet, estime-t-il, est « une phase aujourd’hui dépassée de l’évolution des idées sociales. La social-démocratie, telle qu’elle a existé dns l’Europe centrale et septentrionale, reposait sur deux piliers : l’Etat-providence et l’alliance étroite entre un parti socialiste dominant et un puissant mouvement syndical unifié. Trop tard ! L’Etat-providence est en crise et le mouvement syndical français est faible et divisé. Pour longtemps encore, on peut le craindre »
J’ajouterai qu’il faut avoir une culture de démocratie sociale que la « social-bureaucratie » du PS n’a pas et le courage de faire des choix dictés par des constats de réalité dont le PS pour l’heure est dépourvu. J'ajouterai encore qu’il importe d’avoir surtout une grille de valeurs qui dépasse les clichés en usage dans les discours socialistes. Le socialisme français a à démontrer qu’il peut redevenir un humanisme en action et non plus seulement « un parti à partir duquel on peut faire carrière ». Quelle révolution interne !
Julliard ouvre des horizons d’espérance en parlant de « socialisme de marché ». Belle expression. «Il devra se préoccuper autant de la production des richesses que de leur distribution ». Beau programme. Mais n’est-ce pas là la vocation même de toute action politique ?

Plus je réfléchis à cette crise d’identité, de programme, d’idées, d’alliance, de leadership du PS plus je me dis que l’avenir des valeurs généreuses de la gauche passe par un vrai Centre. Un Centre qui ressemble à ce que tente de mettre sur pieds la « Révolution Bayrou ». Un Centre jusqu’ici si méprisé par une Gauche prisonnière de ses dogmes, et par une droite qui le considère toujours comme un strapontin, une force d’appoint, une réserve de valets… Un Centre où l’on sait que seule la Fraternité peut permettre de concilier Liberté et Egalité. Un Centre qui remette l’économie au service de l’Homme. Un Centre qui, surtout nous permettrait d’en finir avec de fausses alternances politiciennes et avec ce coté hémiplégique de notre vie politique…
Mais là, je m’égare : on va croire que je n’ai fait cette analyse sur le PS que pour plaider en faveur d’une « social-économie » et une « démocratie sociale » qui auraient pu et aurait dû (sans la cécité suicidaire socialiste) refonder l’ensemble de la vie politique française. Mais rien n’est perdu : « C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source », disait Jaurès…
Daniel RIOT
04:35 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : politique PS social democratie, modem, bayrou, gauche
28/02/2007
Mon carnet de campagne : Le « sursaut » des « intellectuels » (conformistes) dits de « gauche »
C’était annoncé : c’est fait. Dans le « Nouvel Observateur » de ce jeudi, les appels de Jean Daniel pour un « sursaut du patriotisme de gauche » (confondant ainsi curieusement parti et patrie) sont entendus par des intellectuels, des créateurs, des chercheurs, des artistes qui tiennent à manifester, par leurs signatures, leur soutien à la candidate du PS.
Chez les pétitionnaires, peu ou pas de surprises. Sur le fond, RAS ou presque. La menace d’un nouveau 21 avril et « le deuxième tour se joue dès le premier tour » donc « Oui à Ségolène Royale, candidate de l’espérance » et « Non à Sarkozy, « candidat de la peur »…
« Jamais candidat de droite n’aura à ce point symbolisé la régression sociale. Nicolas Sarkozy est, tout à la fois, le candidat du pouvoir financier, du pouvoir personnel et du désordre mondial. Soutenu par la nouvelle aristocratie financière, il incarne la soumission de la politique à l’argent. Favorable à un renforcement des pouvoirs présidentiels, il incarne la tentation du césarisme contre l’approfondissement de la démocratie.
Engagé aux côtés de l’actuelle administration américaine, il incarne le risque des aventures impériales, du choc des cultures et de l’affrontement des peuples.
C’est le candidat de la peur. Des peurs qu’il exploite – celles de l’avenir, du monde, de l’étranger, des jeunes – mais aussi des peurs qu’il inspire en convoquant l’imaginaire de l’homme fort, du chef vindicatif et exalté, épris du pouvoir et de lui-même ».
Cela je pourrais le signer…
Faits à noter : Aucune référence sérieuse aux valeurs défendues à travers la « gauche » d’aujourd’hui, juste une allusion à Le Pen non nommé, un silence sur les candidats de « l’autre gauche » Ce texte est une prise de position partisane non un choix d’intellectuel.
Fait à noter encore : une ignorance totale de Bayrou. Pourtant ce qui est dit sur « l’espérance » provoquée chez les signataires par la candidate du Désir d’avenir pourrait très bien illustrer ce que le projet de Bayrou permet non d’espérer mais d’envisager.
« Une espérance à la fois sociale et écologique, éthique et démocratique, française et européenne, ne sacrifiant pas les conditions de vie et de travail à la modernisation économique. L’espérance d’une république nouvelle, rompant avec un présidentialisme étouffant pour un parlementarisme vivant. L’espérance d’une démocratie qui ne se réduirait plus à un pouvoir personnel, avec ses courtisaneries, ses impunités et ses privilèges. L’espérance d’une France enfin réconciliée avec son peuple, ses quartiers, ses travailleurs et sa jeunesse dans sa diversité ».
C’est presque du Bayrou dans le texte, non ? J’y souscrirais volontiers si ces « espérances » là étaient vues portées par celui qui les porte le mieux et le plus, de la façon la plus crédible. Mais à gauche comme à droite on applique les mots d’ordre des « appareils » : le centre n’existe pas et, s’il existe, il est impossible…C’est terrible de voir des intellectuels aussi respectueux du désordre ambiant et aussi conformistes. Un intellectuel, ce devrait être un aiguillon, non un édredon…
A noter enfin : une note restrictive glissée comme pour la forme et comme pour se faire excuser une partition plus partisane qu’intellectuelle et plus soucieuse de l’avenir de la « gauche » que du destin de la France et des Français… « Nous affirmons qu’il n’est de soutien entier que critique, de loyauté que lucide, de solidarité qu’indépendante, et nous resterons fidèles à cet engagement »… C’est la moindre des choses pour des « intellectuels » ce me semble. S’ils éprouvent le besoin de l’écrire, c’est que cela , chez eux, ne va pas sans dire…
21:40 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : royal, gauche, presse, intellectuels, politique
07/01/2007
fragments de pensée
« Ne séparez jamais la grandeur de la France de la construction européenne, c’est notre nouvelle dimension, et notre ambition pour le prochain siècle…j’ai plein d’espoir en vous."
François Mitterrand
23:50 Publié dans fragment de pensée | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, gauche
15/10/2006
Présidentielles 2007 : Carnet de campagne (suite)
Christiane TAUBIRA : Le retour ?
>>> J’aime beaucoup Christiane Taubira souvent pertinente et avisée (ne dépit de son surprenant Non au référendum sur l’Union). La qualité de ses engagements aurait dû lui valoir nettement mieux que les 2,32% qu’elle avait réalisés lors des dernières Présidentielles. Un petit score qui reste tout de même dans la gorge des socialistes : avec un renfort de 660 447 voix, Jospin se serait retrouvé au deuxième tour… Mais, comme dit Chevènement, il est toujours facile de se trouver des boucs émissaires … La question, aujourd’hui, c’est de savoir si le PRG veut ou peut risquer le même scénario. Les instances dirigeantes des Radicaux de gauche sont contre. Taubira est pour : Elle a fait acte de candidature dès le 10 juillet . le Congrès du PRG doit prendre une décision les 21 et 22 octobre. Suspense…
>>> Vis-à-vis des radicaux de gauche, le PS joue dans le même registre que l’UMP face à d’autres composantes de droite et du centre : celui du chantage aux investitures pour les Législatives d’après…. Le Monde résume : « Le PS est sur le point de finaliser un accord pour les élections législatives avec le PRG, qui lui accorderait « entre 33 et 35 circonscriptions, soit, en cas de victoire présidentielle, les 20 députés pour avoir un groupe ». Mais, en cas de candidature de Mme Taubira, l'accord serait suspendu et il y aurait, dit-on au PS, "des primaires partout, sauf chez les sortants radicaux. On aurait du mal à faire respecter l'accord par nos militants !" »… «Une poignée de circonscriptions improbables ne peuvent acheter une conscience qui n'est pas à vendre » dit justement Taubira l’idéaliste… Qui ose encore dire que les Présidentielles au suffrage universelle ne devraient pas l’affaire des partis ? De Gaulle réveilles-toi ! Pour réformer la politique, il faudrait rayer des têtes l’expression « aller à la soupe »…. Mais cela soulève une vraie question : la démocratie est-elle d’abord une grille de valeurs ou un mode de sélection des « élites » ?
>>> Question au PS : pourquoi le PRG n’a-t-il pas été autorisé à participer aux « primaires » socialistes comme le suggérait le président Baylet ? La députée de la Guyanne (apparentée au PS à l’Assemblée) est plus (radicalement) socialiste que bien des socialistes. Je me réfère une fois encore au Monde qui résume : « Après avoir donné son nom à la loi de 2001 sur la reconnaissance de l'esclavage et de la traite négrière comme crimes contre l'humanité, elle a été en première ligne dans le combat pour faire du 10 mai la Journée annuelle de commémoration du souvenir de l'esclavage et de son abolition. Membre de la Convention pour la VIe République d'Arnaud Montebourg, elle bataille, avec la même passion, contre "l'indolence politique", "l'atonie éthique" et "l'immobilisme institutionnel » Serait-elle trop (authentiquement) socialiste pour le PS ? Ségolène, dans ses discours, n’est-elle pas plus « rad-soc », comme on disait jadis, que Christiane ? Mes amis socialistes vont encore m’en vouloir…
>>>Gilbert Mitterrand a apporté son soutien à Laurent Fabius. "J'ai une certaine fidélité dans mon parcours à Laurent Fabius", a-t-il indiqué. "Je suis solidaire avec mes amis qui soutiennent en Gironde Laurent Fabius." C'est le choix "de la fidélité, qui ne s'effectue d'ailleurs contre personne".
>>> NON A UN TANDEM <SR-DSK »…« Je veux l'emporter. Je suis candidat pour une fonction de président qui existe, pas pour une fonction de vice-président qui n'existe pas", déclare Dominique Strauss-Kahn dans une interview au Journal du dimanche. Il met d’ailleurs en relief « une profonde divergence" entre leurs visions respectives de la présidence de la République et "dans la conception de la démocratie".
>>> RAFFARIN PROPOSE… JPR veut « recentrer » le candidat Sarkozy » en soumettant 25 propositions aux candidats de l’ UMP, a-t-il dit sur RTL.. Sarko y retrouvera quelques unes de ses idées. Mais il a aura aussi des freins à l’idée de « rupture »… Cela n’empêche pas Raffarin de jouer la « carte Sarko » : "Y a-t-il une autre stratégie ?", s'interroge-t-il. "Non." A ses yeux, Dominique de Villepin a perdu toute la confiance des députés depuis le CPE et Michèle Alliot-Marie ne convoite qu'une "part de marché de l'UMP". « Bluffé » par « les capacités de rebond » du ministre de l'intérieur, Raffarin se dit, en revanche, intrigué « par les manques, les fragilités » de Ségolène Royal. « La campagne ne sera pas seulement sur l'image, mais sur la puissance. »
19:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles, gauche, Taubira, DSK, Royal, Sarkozy
08/10/2006
La chute du Mur de Berlin n'a pas tué la bêtise du Communisme
Plus le temps passe, plus je me réjouis, bêtement… Le PC devient une organisation démocratique, ou presque…. La preuve… Le Parti communiste compte quatre candidats à la candidature pour l'investiture à la présidentielle de 2007: Marie- George Buffet, secrétaire nationale, André Gerin, député-maire de Vénissieux, Maxime Gremetz député de la Somme, et Jean-Jacques Karman vice-président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis. Les militants (ils en restent) trancheront par un vote les 11 et 12 novembre.
Une précision : Il faut s'y retrouver dans les mouvances "communistes"... Les "alter" sont de plus en plus "altérés", non?
En cas d'acceptation par le PCF, lors de sa Conférence nationale les 21 et 22 octobre, de la stratégie de rassemblement proposée par la direction, Marie-George Buffet, une fois investie, devra affronter la rivalité d'autres prétendants qui veulent porter les couleurs antilibérales. Il s'agit du député communiste de Saint-Denis Patrick Braouezec (qui ne brigue pas l'investiture PCF), du militant alte-rmondialiste José Bové, de l'adjointe (apparenté PCF) au maire de Paris Clémentine Autain, et du président de la Fondation Copernic, Yves Salesse. Il appartient aux "Collectifs unitaires" C'est quoi, çà?
20:10 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, commenatiares, gauche

















