06/12/2007

Kadhafi chez Sarkozy : Un Führer au Ritz… pour parler culture.

« Vous êtes invités au Ritz, le 11 décembre ? »… Rien n’est trop beau, trop grand et trop cultivé pour le Colonel qui dirige en « Guide » la Libye, pour cet ancien « ennemi public » n°1 des démocraties, de l’Europe, de l’Occident, pour ce preneur d’otages, ce mapitre-chanteur et cet inspirateur de réseaux terroristes devenu « l’ami Kadhafi », chef d’Etat fréquentable qui va être reçu en visite officielle en France...

Le colonel ne s’intéresse pas qu’au nucléaire français :la culture aussi le passionne. Après tout, la culture est "pour tous". Les SS adoraient la grande muisque, non ? Les pourvoyeurs du Goulag avaient une bonne éducation, non? Et les chefs des Khmers rouges ont fréquenté la Sorbonne, non? 

Une grande rencontre est prévue entre le « Guide de la Révolution » dans les brillants salons de l’hôtel Ritz mardi et des intellectuels, des écrivains et d’autres « Lumières «  de l’esprit français. Ce sera "drôle" de voir qui « en » sera…Un « Guide », un Führer, au Ritz ! « C’est assez kitch », ironise un éditeur plein d‘esprit… C'est assez signifiant de l'air du temps, en effet. Mais il vaut mieux en rire, puisque personne ne semble y voir malice, perfidie, mal ou ironie de l'Histoire... Qui, déjà, disait: "les hommes font l'Histoire, mais ils ne savent pas l'histoire qu'ils font"?

Elle est vraiment bien notre « démocratie exemplaire » ! Entre les « félicitations chaleureuses » à Poutine pour sa très démocratique victoire électorale, les courtisaneries envers Chavez « qui a son caractère », les avances qui valent reconnaissance et valorisation au FRAC, l’oubli de la sous-ministre aux droits de l’Homme dans la tournée présidentielle en Chine, des "dessous" pas très clairs dans la libération des infrmières bulgares,  et la réception en grand pompe  de Kadhafi, on ne sait plus très bien quel pari ont pu faire Max Gallo, si respectable, André Glucksmann,si  estimable, Bernard Kouchner, si riche en bons sentiments, et quelques autres…

C’est beau le pragmatisme, la réalpolitik, le cynisme… « Quelle époque », va s’exclamer (encore) Philippe Sollers...  qui ne pourra pas se rendre à cette "invitation"... laquelle doit flatter bien des égo de gogos 

Daniel RIOT

PRECISIONS

L’hôtel Ritz-Paris est bien plus qu’une institution centenaire, une marque de prestige déclinée sur des articles de maroquinerie, de vaisselle en porcelaine fine ou sur des magnums de champagne. C’est une légende, née deux ans avant le XXe siècle par la volonté d’un homme, le Suisse César Ritz, désireux de créer l’hôtel le plus luxueux et le plus moderne du monde, un palais doté de « tous les raffinements qu’un prince souhaiterait trouver dans sa propre résidence ».

Pendant plus de soixante ans, le Ritz a agi comme un aimant, attirant nombre d’écrivains et d’artistes comme Marcel Proust, F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway et Coco Chanel qui ont tous contribué à forger sa légende. En partie transformé en hôpital militaire de la Croix-Rouge pendant la Première Guerre mondiale, il est ensuite occupé par les plus hauts dignitaires de l’Allemagne nazie entre 1940 et 1944. Symbole de l’Occupation, son histoire épouse celle de Paris, jusqu’à ce drame moderne d’août 1997 : la mort de Diana et Dodi al-Fayed au sortir du palace. Et mardi: kadhafi...

Personnelement, j'ai fait quelques rencontres au Ritz: la président du Liban, Gemayel et le Dalaï Lama... Très beau palace en effet...