22/12/2008

SUR RELATIO-EUROPE:Le cyberjournal de l'Europe citoyenne

2009: Des anniversaires à ne pas manquer PDF Imprimer Email
Lundi, 22 Décembre 2008 01:14

L'Europe A Strasbourg

5 mai 1949: Traité de Londres instituant le Conseil de l'Europe, signé par dix Etats: Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède. Lors de cette  signature à Londres, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, évoque un renouveau de l'esprit européen et salue l'aube d'une nouvelle coopération politique en Europe. Le siège du Conseil est fixé statutairement  à Strasbourg. 60 ans après le Conseil de l'Europe compte 47 pays.

8 juin 1989: Création du statut d'invité spécial par l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe afin de nouer des liens plus étroits avec les parlements de pays d'Europe centrale et orientale en voie de démocratisation.

7-10 juin 1989: CEE : Premières élections au parlement européen au suffrage universel dans les neuf pays membres de la CEE. Les chrétiens-démocrates et les sociaux démocrates dominent cette Assemblée qui se réunit à Strasbourg, mais doivent passer des compromis. Simone Veil est élue président de l'Assemblée.

Le 6 juillet 1989, Mikhaïl Gorbatchev, premier secrétaire du Parti communiste soviétique, prononce devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Strasbourg un discours dans lequel il précise son idée de "maison commune européenne" et plaide pour la réduction des armes nucléaires tactiques en Europe.

18 septembre 1959: Création à Strasbourg de la Cour européenne des Droits de l'Homme dans le cadre de la Convention européenne des Droits de l'Homme. La Cour veille au respect des engagements pris par les Etats Parties à la Convention.

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989 (20 ans déjà !), des manifestants anonymes portaient les premiers coups de pioche au «Mur de Berlin». Le monde assistait éberlué, par télévision interposée, à la réunification spontanée des deux Allemagnes séparées par la capitulation de 1945 et à la défaite du système soviétique. Le Conseil de l'Europe va devenir une organisation paneuropéenne, ce qui était l'un de ses buts.

LIVRE: REDECOUVRIR SIMONE WEILL PDF Imprimer Email
Dimanche, 21 Décembre 2008 21:37
"L'INSOUMISE", par Laure ADLER
2009 va marquer, entre autres, le centenaire de la naissance d'un des génies (avec ce que cela implique de folie) du XX ième siècle : Simone Weill, à la vie courte (elle est morte en 1943) mais aux œuvres riches. Qui demeurent une source de réflexions indispensable à qui tente de décrypter nos sociétés de plus en plus complexe. Laure ADLER, qui pratique un journalisme d'intelligence, de culture et d'écriture devenu trop rare, a anticipé cet anniversaire par un petit livre qui atteint son but : faire lire ou relire Simone Weill, l'insoumise, la rebelle, la courageuse. La lucide.
Après le CAFE EUROPE avec Jean ZIEGLER PDF Imprimer Email
Dimanche, 21 Décembre 2008 05:25
« Sortir l'Europe de ses ornières »

ZIEGLER, « citoyen de Genève » affiche comme de nombreux Européens non un pessimisme stérile, mais un réalisme qui le stimule à intensifier ses actions au sein de l ‘Internationale socialiste et ailleurs. « Européen », il est. ¨Pleinement. En tant que « citoyen de Genève » (apprécier la nuance qu ne fait pas plaisir à tous les Suisses) Et en tant que « citoyen du monde »...
« La planète a besoin d'une Europe unie qui parle d'une seule voix mais qui tienne un langage conforme aux valeurs qu'elle proclame. Ce n'est pas le cas. L'Union européenne, succès économique et échec politique pour l'instant, est dans une ornière qui n'est pas qu'institutionnelle. Elle doit se guérir de sa schizophrénie ».
Compte rendu du Café Europe organisé par Le Cercle Relatio, l'association des écoles politiques du Conseil de l'Europe et la librairie Kléber avec l'auteur de "la haine de l'Occident" qui veut croire aux vertus des Utopies fondées sur un sens de l"humain et un principe d'Humanité plus respectés demain qu'aujourd'hui....
BELGIQUE: Illustration des vices de la "GOUVERNANCE" PDF Imprimer Email
Samedi, 20 Décembre 2008 15:58
RETROUVER LE SENS DU MOT "GOUVERNEMENT": Un impératif démocratique!
Quand un Etat n'en est plus un qu'artificiellement, sur le papier, le mot « gouvernement » ne signifie effectivement plus rien et celui de « gouvernance » qui est si à la mode, si utilisé à tort et à travers, si  avancé à tout propos comme par défausse, crache toute sa nocivité. La Belgique l'illustre trop
La notion de gouvernance n'est pas nouvelle. Elle plonge ses racines au Moyen-âge . Ce mot de vieux français nous est revenu par la langue anglaise et par le secteur privé : corporate governance par lequel elle désigne un mode de gestion des firmes qui exige des liens entre pouvoirs de la direction,  actionnaires et (dans le meilleur des cas, de plus en plus oublié outre-manche)  représentants du personnel voire consommateurs..
La vague de l'ultra-libéralisme lui a donné un champ d'application politique. Marque d'une démission du politique face aux puissances financières et autres... Et de la remise en cause des pouvoirs des Etats qui se dissolvent dans un autre concept anglo-saxon le New Public Management (management public). Un mot qui traduit plus et mieux que tout autre la crise du politique...  Les politiques l'adoptent et le développent par soumission à l'air du temps, à la « pensée dominante », favorisant ainsi un « dépérissement de l'Etat »...qui n'a rien à voir avec les visions de Marx !


14/09/2008

"L'Europe, cette Emmerdeuse":les préfaces de BHL et d'André Glucksman sur RELATIO-EUROPE

André Glucksmann:"L'Europe existe-t-elle?" PDF Imprimer Email
 
L'Europe existe-t-elle ? Il faut pour tenter de s'en convaincre entrer dans ce livre et gouter la passion à feu continu qui le soutient. Passion aucunement aveugle, en bon lecteur de Descartes, Daniel Riot ne s'épargne guère les raisons de douter.
Quelle réalité fixer, en effet, à notre vieux continent ? Ses frontières géographiques sont mouvantes et litigieuses. Ses limites culturelles nous dépassent.
Qui oserait soutenir que la Russie de Pouchkine, Dostoïevski, Tchékhov, Chostakovitch et Stanislavski ne soit pas culturellement européenne ? L'est- elle pour autant politiquement ?
Quant aux valeurs intrinsèques et innées qui cuirassent la fatuité de l'Union Européenne, n'exagérons rien, n'oublions pas que les hauts lieux de l'esprit, Paris, Berlin, Rome, Madrid furent au siècle dernier les écoles des guerres totales et des révolutions totalitaires. Puis des écoles d'indifférence aux malheurs des autres... comme des leurs.
Qu'est-ce qui unit positivement l' « Emmerdeuse » ?
 
BHL et "l'Emmerdeuse": L'Europe dans la fièvre et la patience PDF Imprimer Email
 

Qu'est-ce qui distingue, selon Valéry (et l'auteur), une emmerdeuse, d'une emmerderesse, d'une emmerdante ?
Vieille ou ancienne, l'Europe ?
Irrésistible ou périssable - et, si périssable, d'où vient que nul ne semble en avoir pris vraiment conscience ?
Derniers jours de l'humanité ou non - et d'où vient que nul ne semble, là non plus, s'aviser de ce que le « dernier homme » est à la fois la plus terrible prophétie de Nietzsche, le visage des hommes d'Europe aux temps de la Fin de l'Histoire selon les néo-hégéliens du jour et le premier titre auquel avait songé Orwell pour son terrible 1984 ?
Mars ou Vénus ? Et comment, quand on fait le choix de Vénus et que, comme l'auteur, on n'a jamais eu la moindre complaisance pour l'esprit et la culture de la guerre, continuer de voir Munich, le signifiant « Munich », comme une catégorie constitutive - pour le pire ! - de l'être européen ?

 

Ma rentrée avec cette emmerderesse qui n'a rien d'une emmerdante

Strasbourg : Débat autour de « L'Europe, cette Emmerdeuse » PDF Imprimer Email
 

Mercredi 24 septembre au Cercle Européen

 

1d3ba57df5543ad64e5d0bd2c18bd06e.jpg

 

La commission Culture de "Femmes 3000 Alsace/Lorraine", en partenariat avec "L'Elan Nouveau des Citoyens" ,"Citoyens pour un monde éthique","L'Atelier Européen" et "L'Elan Nouveau" vous invitent à participer à Strasbourg, le mercredi 24 septembre 2008, à 19 h 30, au Cercle Européen (1, rue Massenet - 67000 Strasbourg), à une conférence-débat de Daniel RIOT Directeur de Relatio-Europe (www.relatio-europe.eu) et Président du Cercle RELATIO, autour de son livre (co-écrit avec Sandrine Kauffer et préfacé par Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann):

« L'EUROPE, CETTE EMMERDEUSE... - Guérir la France de son "mal à l'Europe" »,(City Editions)

Un cocktail dînatoire sera servi à l'issue du débat  (sur invitation après inscription par mail chez Monique Funck moniquefunck@yahoo.fr Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. )

 

08/09/2008

Strasbourg: Un événement RELATIO-EUROPE avec Jean-Claude GUIllebaub

 
Imprimer Email
 

« La difficulté n'est pas de comprendre

les idées nouvelles, mais

d'échapper aux idées anciennes »

(Keynes)

 


COMMENT S'ADAPTER AU  MONDE NOUVEAU QUI COMMENCE 

Le Cercle Relatio vous invite à participer à un dîner-débat, le 26 septembre 2008, à 19H30 au Château de l'Ill

(4, quai Heydt 67540 Strasbourg Ostwald ) avec :


 

Jean-Claude GUILLEBAUD

Journaliste, Grand reporter et essayiste

 

03/09/2008

Elie Wiesel demain (4septembre) à la Cité de la musique

 

Elie Wiesel fête ce mois-ci ses 80 ans. Tous les fleuves vont toujours à la mer, mais la mer n'est toujours pas pleine...Avant de se réunir avec les autres Prix Nobel à Paris, il sera demain 4 septembre à Strasbourg, à 17heures à la Cité de la Musique pour un débat public qui sera animé par Daniel RIOT, le directeur de RELATIO-Europe (dont il est l'un des parrains) Ce débat sera retransmis (en différé, à plusieurs reprises), sur Alsatic Télé. Elie Wiesel sera l'hôte de Roland Ries le maire de Strasbourg. Il répond une invitation du Fonds Social Juif unifié et de la librairie Kléber

« Le cas Wiesel »

par Daniel RIOT

« Si prier c'est croire en Dieu, écrire, c'est croire en l'Homme » a lancé Elie Wiesel. dans l' un de ses 47 ouvrages.. « Aller à l'essentiel »

Lire Wiesel, écouter Wiesel, c'est croire en sa propre perfectibilité.Dans cette « marche du Destin » où « Angoisse et espoir persévèrent dans leur inlassable combat ».
Ce prix Nobel de la paix (qui aurait dû aussi recevoir le Nobel de littérature) est de ceux qui enrichissent ceux qui l'approchent. Par ses œuvres ou directement.
Parce qu'il met sa vie au service de réflexions sur La vie, « ce couloir entre deux abîmes ».
Sur le sens qu'a la vie « même quand elle semble insensée ».Sur les interrogations et les doutes qu'entraîne cette vie où « nous sommes tous plus ou moins des exilés »

 
Rappel: Une nouvelle librairie internationale à Strasbourg


INAUGURATION AUJOURD'HUI...La Librairie Kléber ouvre l'Aubette aux langues et aux cultures d'ailleurs.
 

L'événement n'est pas que strasbourgeois. Il est aussi national et européen. Il n'est pas que commercial. Il est d'abord culturel. C'est un triple pari que La Maison Gallimard fait à partir du 4 septembre place Kléber, à Strasbourg, en ouvrant à l'Aubette, une librairie vraiment internationale. Multilinguisme et outils pour l'apprentissage des langues

Pari commercial : En une époque où le livre, l'édition, la librairie connaissent de nouvelles mutations qui exigent de nouvelles mesures de promotion et de soutien, un tel espace en plein centre ville, en face de l'actuelle Librairie Internationale Kléber, est un vrai défi

Pari intellectuel : La capitale démocratique de l'Europe citoyenne est digne d'accueillir ce nouveau foyer de lecture, donc de réflexions et d'esprit d'ouverture

Pari politique : A Strasbourg, où l'expression « Penser l'Europe » doit prendre plus de sens, un tel outil peut et doit constituer un modèle du genre.

LIRE OU RELIRE SUR RELATIO-EUROPE

08/08/2008

Sur RELATIO-EUROPE.eu

Sur Relatio-Europe.eu

JOUR J pour les JO: Respecter 1, 3 milliards de Chinois!


Jeudi, 07 Août 2008 21:06

Nicolas Sarkozy en voyage de pénitence  à Pékin : Ayant trop chanté, le coq  s'est transformé en tigre de papier... 

L'éditorial de Relatio-Europe par Daniel RIOT

« On en boycotte pas un quart de l'humanité ». Cette « raffarinade » de plus ne justifie pas que l'Hyper-Président français décerne une « médaille d'or »  à la Chine pour la qualité de l'organisation des Jeux alors qu'elle ne remplit pas ses engagements en matière d'accès à l'information , de droits de l'homme et de normes de pollution...Les Chinois doivent être les premiers à en sourire : ils méprisent les flatteurs. Qui sont en fait des gaffeurs : Raffarin sous-entend ainsi que Sarkozy fait le voyage de Pékin, par obligation, comme une corvée, à contrecœur. C'est très désobligeant pour les Chinois. Et c'est un aveu d'impuissance pour nous ...

Comme ils  sont experts en détection de l'hypocrisie, les Chinois ont du rire aussi en apprenant que c'est au nom de la laïcité que Sarkozy, chanoine d'honneur de Saint-Jean de Latran,  ne rencontrera  le dalaï lama que par procuration donnée à Carla Bruni... La gêne est telle que l'UMP éprouve le besoin d'annoncer qu'une rencontre entre Sarkozy et le chef du Tibet sous la botte aurait lieu avant la fin de l'année...Encore un effet d'annonce qui fait mauvais effet.

Les diplomates chinois ont du pouffer de rire davantage encore quand ils ont su  que le chef suprême de la « patrie des droits de l'homme »  avait  fait interdire une manifestation pacifique devant leur ambassade parisienne...L'antique  « trêve olympique » évoquée par Raffarin, décidément très en verve ce matin sur RTL, prend des allures surprenantes.

 

Nicolas en chinois..

 

 
Strasbourg : Compte à rebours pour la Librairie Gallimard du monde entier


Vendredi, 08 Août 2008 00:18

La Librairie Kléber ouvre le 4 septembre l'Aubette aux langues et aux cultures d'ailleurs le 4 septembre prochain.


L'événement n'est pas que strasbourgeois. Il est aussi national et européen. Il n'est pas que commercial. Il est d'abord culturel. C'est un triple pari que La Maison Gallimard fait à partir du 4 septembre place Kléber, à Strasbourg, en ouvrant à l'Aubette, une librairie vraiment internationale. Multilinguisme et outils pour l'apprentissage des langues

 

04/05/2008

RAPPEL: Le 9 mai, à 19 heures, à la librairie Kléber, à Strasbourg

Un débat le jour même de la sortie d'un livre: ce n'est pas courant. Un livre  sur l'Europe  qui  fait son apparition dans les librairies  le  "Jour de l'Europe", ce n'est pas banal.  Un livre sur l'Europe  dont la sortie coincide avec le lancement d'un journal européen sur le NET, cela ne s'est jamais vu.

f4e7ff281b62b08617bd0517c004fcee.jpg

 

"L'Europe, cette emmerdeuse"? Un cri du coeur: une passion dictée par la raison. Un coup de gueule: les "eurokons" en questions. Une exhortation: "Guérir la France de son mal à l'Europe".Des attentes: Lettre ouverte à Sarkozy. Des remises en cause: les pannes de l'Europe en cachent d'autres. Celles des médias et du système politique, notamment...

27/04/2008

LIVRE: Europe et journalisme...


"L'Europe, cette emmerdeuse": En attendant le 9 mai...

En attendant la publication, le "jour de l"Europe", de "L'Europe, cette emmerdeuse" , Sandrine Kauffer,  explique comment et pourquoi ce livre a été écrit à quatre mains. Histoire d'une rencontre et d'un constat commun: L'Europe "souffre d'un déficit de pédagogie". RAPPEL: ce livre sera présenté le 9 mai à 19 heures à  la Librairie KLEBER, à Strasbourg.
 
0b942d9bc02dbdfbc05e63b84b5450ae.png
 

Sandrine Kauffer :« L’Europe est d’abord en panne de pédagogie »

 

- Comment est né ce projet ?

 
-La vie professionnelle est faite de rencontres, et ce projet est le fruit d’un concours de circonstance. Le hasard fait parfois bien les choses.

Lors de la campagne sur le référendum européen, à Strasbourg, la communication a pris l’ascendant sur l’information. L’explication de la Constitution devenait inaudible. Avec Daniel, nous en avions discuté. Notre diagnostic était formel, le malaise bien réel. L’Europe est en panne de pédagogie. « Elle souffre plus d’un déficit pédagogique que démocratique » se plait à dire Daniel. L’Europe ne fait pas rêver. Et c’est dommage !

Nous avons eu des conversations passionnantes servies par une disponibilité circonstancielle. Et une idée est devenue projet. Un projet qui s’est vite s’emballé. Naturellement. Et puis, j’ai découvert Daniel Riot, sous un autre jour. Derrière ses coups de gueule, ses crises d’impatience, son allergie à ce qu’il appelle l’eurokonnerie » ou ses éditos vifs et pertinents sur le fond mais souvent impertinents dans la forme, il est pudique, réfléchi et réservé. Mais qui connaît vraiment Daniel Riot ?

 

- Justement qui est-il, Daniel Riot?

-Comme chacun d’entre nous, il a son jardin secret, mais si vous voulez savoir ce qui le touche vraiment, où se situe sa corde sensible, lisez… le livre. Il se dévoile enfin.

« L’Europe cette Emmerdeuse » est une sélection des meilleurs moments, personnels, professionnels, journalistiques, philosophiques de sa vie. C’est comme de feuilleter un album photos. Y mettre des noms, des mots, parfois des maux. Lire ce livre, c’est aussi picorer dans une bibliothèque, la sienne : Daniel est un grand lecteur. Il est imprégné de Paul Valéry, de Victor Hugo et de bien d’autres. S’y arrêter pour réfléchir à quelques citations toujours faites avec pertinence. Ou pour plonger dans d’autres lectures. Enfin et surtout peut-être cet ouvrage est un outil pour voir ce qu’il y a au-delà des apparences.

. -Un journaliste  parmi  d'autres, non?

 Daniel RIOT est entré en journalisme comme d’autres entrent en religion. Cela n’a rien d’un cliché. Mais avec le culte de l’indépendance et de la liberté. Et avec un respect des gens et des faits qui n’est pas très courant…Et il aime l’Europe comme il aime la vie. Son message européen n’a rien de technique, de théorique. Il aime l’Europe avec le cœur et la raison. Parce qu’il pense à ce que l’on oublie trop : la paix n’est jamais définitivement acquise. Parce que l’Europe, pour lui, est d’abord un bouclier des droits de l’Homme et un levier de l’’approfondissement de la démocratie. Il n’est pas un euro-lâtre, un euro-béat. Il est critique envers la construction européenne telle qu’elle se fait et surtout telle qu’elle ne se fait pas…Et il la considère d’abord comme une aventure culturelle. Ce qu’elle n’est pas assez.

Ce qui m’a le plus surpris chez lui, c’est certainement son indiscutable capacité de travail. Qualité, quantité, réactivité, productivité, rapidité. Il n’y a pas de limite. A tout heure du jour et de la nuit. C’est impressionnant.

 

c47c7a50d686a4feb17cb1ba04b70a2b.jpg

 

Comment s’est passé l’interview ? Et dans quelle ambiance de travail ?

 

Il ne s’agit pas d’une interview, mais d’une conversation. D’une série de conversations. Je participe à raviver la mémoire des pages oubliées, ramener à la conscience des émotions égarées, des sentiments perdus. Quelle satisfaction d’observer des instants de silence et de concentration parce qu’il vient d’avoir un flash-back. Des moments privilégiés. Des heures d’entretien, puis inévitablement la garde se baisse et la parole se libère, elle ne cherche plus à retenir ses souvenirs, à cacher ses pudeurs…

Daniel Riot n’avait évidemment besoin de personne pour mener à bien un livre document. Il est aussi un grand technicien des entretiens. Combien en a-t-il mené ? Il est incapable de le dire et il a eu tort de ne pas tout archiver… En fait, il a passé sa vie à « interviewer », non en « poseur de micro », non en voyeur, mais en écouteur, j’allais dire en confesseur… en vrai « dialogueur ». Cette fois, c’était moi l’oreille. Et mes remarques, mes interrogations ont contribué à faire rejaillir à la surface des souvenirs enfouis, des troubles refoulés, des réflexions oubliées.

Je lui ai proposé cette formule de livre entretien, parce que je sentais qu’il avait, en dépit des apparences, une humilité, une pudeur qu’il ne devrait pas avoir face à sa vie, ses expériences, ses réflexions…Il a accepté parce que, sur l’Europe plus que sur tout autre sujet, il faut sortir des sentiers battus, des discours et des démonstrations préconçus. Le dialogue insuffle un rythme, une légèreté à la narration, une dimension humaine et sensible au message européen de Daniel. La complicité d’une collaboration a l’avantage de permettre un recul, une distance face à soi-même et aux choses. Un « limage de cervelles », comme il se plait à dire en citant Montaigne a des avantages évidents. Y compris pour le lecteur, j’espère.

 

- Comment pensez-vous que les femmes vont réagir à la découverte du titre, de la couverture et à sa lecture ?

 

123170d0dbd616abfd3554f0648fe727.jpg

Mais, parfaitement bien. Pourquoi, cette question ?

 

Il s’agit en quelque sorte, d’une histoire d’amour entre l’Europe personnalisée - et personnaliste- et un journaliste passionné, mais frustré. Frustré parce qu’Il voudrait la voir s’épanouir, la faire grandir. C’est sa quête. Y est-il parvenu ? Qu’importe, il continue.

« L’Europe est une femme. Mystérieuse. Enigmatique. Érotique, mais pas spécialement sympathique. Attirante, mais distante…Imposant la distance. Nue, mais habillée de pudeur. », dit-il. Elle aurait tout pour plaire, elle semble parfaite et pourtant …D’où  La Magie Noire de Magritte en couverture..

 

L’Europe est une femme dont le point G est à Strasbourg, dit-il aussi. Inutile de chercher à nier son envie constante de provoquer. « Il est comme moi un sabreur de mouches », a dit de lui Tomi Ungerer. Mais ses coups de griffes, son ironie acide, ses « rioteries » poivrées sont des moyens d’interpeller, de capter le lecteur, l’auditeur ou le spectateur. Ce livre est surtout un outil, un support, un stimulateur de réflexions. Une volonté de faire réagir de manière constructive.

Et maintenant quels sont vos projets?

Ma collaboration avec Daniel se prolonge. Ce livre est une étincelle, la vitrine d’un projet européen plus engagé dans la durée. Cet ouvrage est aussi une force de propositions. Daniel Riot se donne les moyens de porter ses projets d’action. Il crée à Strasbourg une SARL de presse, d’éditions et de productions, qui nous permet de transformer son euroblog en vrai journal en ligne. D’ailleurs, la lecture du livre se prolonge sur RELATIO, le cyberjournal européen (www.relatio-europe.eu)

 
Ce livre est indirectement comme une introduction à de nouveaux débats, à de nouvelles manières de traiter les « affaires européennes »… Il est une invitation à rejoindre LE CERCLE  RELATIO. Une association dont la mission est de
contribuer au renforcement de l’Europe DE et A Strasbourg, donc des valeurs, de l’humanisme, du respect du principe d’Humanité. Les débats engagés par ce livre ont déjà commencé et vont se poursuivre sur RELATIO : l’Europe citoyenne dépend d’abord des …citoyens.

Sur un plan personnel, j’ai accepté d’animer avec lui la rédaction de RELATIO. C’est une aventure très prenante, passionnante, et intellectuellement enrichissante. Avec une forme de journalisme qui est, en fait, à ré-inventer. Vous avez vu, dans « l’Emmerdeuse », la place consacrée au journalisme, à la presse, aux médias… Ce livre ne porte pas que sur l’Europe : il est aussi un essai sur les crises de nos sociétés déboussolées par des évolutions mal maîtrisées. Comme RELATIO est un eurojournal en ligne préoccupé par tout ce qui concerne la citoyenneté.

Ce faisant, je maintiens mon activité de consultante en communication politique, en ayant toujours un ou deux livres sous le coude. Avec et sans Daniel »

(Entretien City presse)

17/04/2008

Le 9 mai à STRASBOURG....

 « L’Europe cette emmerdeuse » présentée le jour même de sa parution à la Librairie Kléber (le 9 mai, à 18 heures). Le débat sera  animé par Dominique Jung (rédacteur en chef des DNA)

Avant-première RELATIO : La couverture définitive

 

bcc48708e3dc7d59869570a347991ee0.jpg

 

Ce livre sortira comme nous l’avions annoncé le 9 mai, le « Jour de l’Europe ». Une journée qui sera marquée aussi par la nouvelle formule de RELATIO. Une formule dont nous reparlerons et qui a été affinée, hier soir, lors de la création du Cercle RELATIO, cette « société des lecteurs et des contributeurs de RELATIO » qui va œuvrer pour la Défense et illustration de l’Europe des valeurs, du droit et de la démocratie donc pour l’Europe DE Strasbourg. Daniel RIOT et Sandrine KAUFFER présenteront ce livre préfacé par André GLUCKSMANN  et Bernard-Henri LEVY le jour même de sa parution, donc le 9 mai, à  18 heures à la Librairie Kléber de Strasbourg lors d’une rencontre qui sera animée par Dominique JUNG, rédacteur en Chef des DNA.

L’Europe cette emmerdeuse, City Editions. ( Hachette Livres distribution ISBN-10: 2352881544-ISBN-13: 978 2352881544)

13/04/2008

Bernard-Henri LEVY préface "l'Europe cette Emmerdeuse"

4e1f5bd014321d46c7ee3c88a904af8c.jpgAvec l'arrivée de la préface de BHL et la correction des épreuves, tout est place pour que "L'Europe cette Emmerdeuse"  dont la rédaction est très liée à RELATIO sorte début mai comme prévu par l'éditeur City edition et le distributeur Hachette livres.
Ce livre né  de conversations entre  Daniel RIOT  et Sandrine KAUFFER s'ouvrira sur des prolégomènes qui font dejà événemets: la préface d'André GLUCKSMANN dont nous avons déjà parlé sur ce site, celle de Bernard-Henri LEVY et une Lettre ouverte au Président Sarkozy dont nous ne manquerons pas de pubier la réponse sur RELATIO si réponse il y a...
En avant-preimère, un extrait du texte de Bernard-Henri LEVY
 

Un "beau livre de colère, ardent comme sont les livres de jeunes gens, grave comme on l’est quand, au fil d’une vie déjà longue, on a touché du doigt, et de l’âme, la périssabilité vraie, sans phrases ni chiqué, des civilisations" (...) Les " obsessions d’un journaliste qui a appris son métier, nous dit-il, au contact de la colère des choses (Beyrouth, Belfast, etc) non moins que des leçons de « journalisme transcendantal » administrées par un philosophe qui se voulait, et Français, et Européen, Maurice Clavel.  Ce sont autant de raisons de lire ce livre, et de le lire comme il a été écrit – dans la fièvre et la patience."

 

En attendant la publication de l'Europe, cette Emmerdeuse...

POURQUOI un tableau de Magritte en couverture.....

 « Ceci n’est pas une illusion »,

par Daniel RIOT

38f7db57c0feb24ac3f9519e5bb52d2f.jpg

 Une des couvertures auxquelles vous avez échappé, comme on dit à Charlie... 
 



Comment choisir une couverture d’un ouvrage ?

Question préoccupante. Pour les auteurs, l’éditeur et les libraires… 

Je n’ai donc pas échappé à cet exercice avec sur les bras « mon emmerdeuse »

Je réfléchis …

Les amis dessinateurs ne manquent pas : pourquoi ne pas faire appel à eux ? Bien sûr. Pourquoi pas ?

J’avais déjà [1] avec Tomi Ungerer co-écrit un livre sur l’Europequi est devenu ouvrage de collection. Et Tomi, n’aurait pas refusé. L’Europe, une femme ? Emmerdeuse de surcroît…De quoi inspirer celui qui a (si justement) écrit : « L’Europe est une drôle de femme. Elle connaît en même temps la puberté et la ménopause. La ménopause parce qu’elle a tout vu, tout connu. Elle sait tout, elle est blasée fatiguée. En même temps, elle semble timide, effarouchée, comme prise de vertige devant les aventures de la vie »

e08feb15dc44aa9e066d5559d3be03df.jpg

 

 

L’Europe ? Une femme surréaliste.

C’est précisément un surréaliste qui, pour moi, illustre bien le triple objet de ce livre écrit avec la complicité de Sandrine Kauffer.

>>>L’Europe dans ce qu’elle a d’inachevé.Entre espoirs et déceptions

>>>Le journalisme tel que je le conçois c’est-à-dire questionnant les choses, le monde et les gens au-delà des apparences

 >>>Et les mystères de la vie, ces hasards et ces nécessités qui font l’essence et l’existence, ce Destin qui n’est que rarement le dessin de nos desseins… 

937dd672726446c1c1ac33f8824de7b6.jpg

 

Ces apparences trompeuses

« Ceci n’est pas une pipe » de René Magritte, a toujours constitué pour moi, la plus belle leçon de journalisme. Et de communication…Ne pas se fier aux apparences, à cette « écume des choses » que sont les « événements » selon Valéry.

« Ceci n’est pas une pomme ». « La trahison des images » est encore plus nette en cette ère de l’audiovisuel, du virtuel, des faux-semblants…

L’Europe est-elle une emmerdeuse ? D’ailleurs, l’Europe est-elle une femme ? Magritte est-il un peintre ? « Non, un grand peintre », a-t-on dit. C’est vrai, mais comme tous les vrais peintres, il sait « voir la pensée ». L’œil regarde, mais pas seulement. Il écoute, aussi. Et il décrypte l’invisible quand il « voit » la pensée. Quand il nous permet d’accéder à la pensée imagée de l’invisible.

abeb21409066b1429b20b2807b9abf0d.jpg

 

L’Europe est d’abord une pensée. Elle doit être surtout une revanche sur cette « Défaite de la pensée » si bien décrite par Finkielkraut voilà longtemps déjà. Parce qu’elle ouvre des fenêtres, parce qu’elle nous permet de dépasser nos horizons, de mettre un peu de ciel sur notre terre…

« Ceci n’est pas une vie »

Des fenêtres, des coins de ciel, des oiseaux d’espérance (malgré les nuages) : Magritte en a peint des séries. Qui donnent des ailes à nos rêves de paix et de bonheur. Des rêves qui se sont si souvent transformés en cauchemars….

5c196168837fa1eb2ae29dfb7a4ff48b.jpg

 

Fragilité des choses, versatilité des Humains… Avec des imperfections en tout genre. Y compris de nos reflets dans nos miroirs. Avec aussi et surtout ce sentiment d’inachevé qui persiste même quand on écrit, imagine, ou vit le mot « FIN ».

« Ceci n’est pas un texte ». « Ceci n’est pas une vie »…

Toujours regarder vers le ciel en conservant les pieds sur Terre : une vraie règle de vie. Et de pensée. N’est-ce pas la base même de l’idée européenne transformée en projet par Monnet, Schuman et d’autres esprits, qui ont su être à la fois des visionnaires et des pragmatiques ? 

 

b1ecde7768ba1228ad76db671ff7d849.jpg

« La Magie Noire de Magritte »

N’est-ce pas ce que Magritte suggère dans sa série sur la « Magie Noire, avec cette femme bleue comme le ciel en guise de « haut » et avec le « bas » teinté par l’ocre de la terre ?

Mystérieuse, cette femme. Enigmatique. Érotique, mais pas spécialement sympathique. Attirante, mais distante…Imposant la distance. Nue, mais habillée de pudeur. « La peau, c’est la profondeur », redirait Valéry.

Magie Noire : Dans cette ancienne collection de Mme Georges Renée Magritte, disséminée à travers le monde, j’étais certain de trouver ce que je cherchais pour illustrer une partie des réflexions échangées dans mes conversations avec Sandrine Kauffer.

78c11dd95e5d010e560cf3fa1e5a2c4a.jpg

 

Encore fallait-il trouver le tableau et son cadrage qui ne choquent pas trop les yeux qui se ferment devant des nus trop crus et obtenir les indispensables droits de reproduction.

Notre éditeur Christian English a fait le voyage de New-York pour pouvoir utiliser celle qui en couverture vous donnera, je l’espère, envie de mieux découvrir ma passion pour Europya, le journalisme et … la vie.

 

c8cf2bfa438742a50887689230eb44df.jpg

Mais aussi les raisons de mes refus de céder à la mode du « déclinisme », du renoncement, de la démission. De la résignation. 

L’Europe est un chantier. Son inachèvement est un terrain d’action, non un motif de déception. Elle est Vie et elle ne vit que par celles et ceux qui savent voir ce que peut être, grâce à elle, l’invisible advenir au-delà des difficultés et des problèmes visibles…

4ab6d86e34d3b0abe94fd59cbf61c305.jpg

 

 Ceci n’est pas une illusion.

 Daniel RIOT

 

En savoir plus sur L’Europe, cette Emmerdeuse

Voir le photoblog consacré à l’Europe cette emmerdeuse

[1] (« L’Europolitain », Anstett ed. )

02/04/2008

Avant-première:En librairie à la mi-mai

L'Europe, cette emmerdeuse: L'Europe, le journalisme et moi

e215cc00086f1f1d55b73aa6df754810.jpg

En mémoire de demain…
 

"L’Europe est une emmerdeuse !"… C’est l’un des cris de Daniel Riot  qui a consacré (et consacre) l’essentiel de son activité personnelle et professionnelle à la "construction européenne" qu’il suit de près depuis 1969. 

C’est parce que l’Europe est une "emmerdeuse" qu’elle est si mal traitée et autant méprisée dans notre paysage médiatique malade de "l’info-spectacle" déjà dénoncée par Guy Debord[1], de la "montée de l’insignifiance" si bien décryptée par Castoriadis[2] et de cet "escargotisme" que Tomi Ungerer voyait en Alsace mais qui est une spécialité bien française… 

L’Europe est une "emmerdeuse" parce qu’elle cristallise tous les maux visibles et souterrains qui frappent nos sociétés éclatées et déboussolées après six décennies de paix, ou du moins de "non guerre", et une "Histoire qui  va trop vite"[3] 

"Qu’est-ce que l’on fait quand on ne fait pas la guerre ?" La question du polémologue Gaston Bouthoul dans les années 50 reste l’interrogation centrale de ce début de XXI ième siècle marqué par un grand trouble existentiel, une "défaite de la pensée" et une montée des périls d’un nouveau type à l’intérieur et à l’extérieur…. Itinéraire et confidences d’un "instituteur des temps modernes" entré en journalisme comme d’autres en religion. "Profession : Passeur d’idées et de témoins". 

 

Doctorante en Sciences Po, spécialisée en communication politique, rédactrice en chef de RELATIO, Sandrine Kauffer appartient à une génération frappée par la difficulté de donner à cette Europe toujours en miettes l’image et l’existence, la forme et la consistance, l’unité et l’influence susceptibles de générer l’adhésion citoyenne qui lui fait tellement défaut. 

"On ne tombe pas amoureux d’un marché", disait Delors. Sandrine et la première "Génération Europe", n’ont pas, face aux lenteurs de l’unification européenne, la patience résignée de leurs aînés… "Désirs d’actions dans une nouvelle dimension"

L’une interroge, l’autre répond : L’Emmerdeuse est  un livre à deux voix et à quatre mains, écrit par des "Européens d’origine française" différents par le sexe, l’âge, la formation. Par des  "êtres de chair, d’os et d’esprit" qui "parlent d’Europe" sans la langue des querelles institutionnelles, sans le brouillage de l’eurojargon bureaucratique, l’opacité des controverses eurocratiques, le brouillard des faux procès idéologiques ou la pollution des réflexes passéistes. "L’Europe est une femme", lance Daniel Riot. "Une femme dont le point G est à Strasbourg".

 

Au moment où la France va assumer la Présidence de l’Union européenne, où un traité dit "simplifié" mais très compliqué va être ratifié, où le président Sarkozy lance une "Union méditerranéenne" et une réflexion de "Sages" sur le "futur européen" dans un contexte mondial qui suscite plus de peurs que d’espérance, cet ouvrage de témoignages, de réflexions et d’explications est d’abord un cri d’alarme :"Ce que l’Histoire a fait, l’histoire peut le défaire. L’Union est menacée d’implosion. L’intégration européenne risque la désintégration".

 

Mais ce livre est aussi un guide, vitaminé, à l’usage des citoyens (et des décideurs) qui savent que l’inachèvement actuel de cette « construction » laborieuse doit être replacé dans une perspective historique pour être compris et mis  en prospective  si l’on veut que "le futur ait un avenir"

"L’Europe n’est pas un Objet politiquement non identifiée (OPNI), selon la formule pourtant très pertinente de Jacques Delors : elle est un OPI, un objet politique inédit". C’est sa faiblesse : les citoyens manquent de repères. Ce doit être sa force  si l’on sait, selon la boutade de Tomi Ungerer, "donner une destination au destin"…

"Emmerdeuse", l’Europe est, aussi, vertueuse… Elle peut et doit nous aider à surmonter d’autres crises : celles du politique,  de la démocratie, des troubles identitaires, du "Vivre ensemble", de la poussée de "l’individualisme de masse", des conflits de civilisation, de la foi dans le progrès, du totalitarisme technologique, du chocs des inégalités, de "l’hyperterrorisme", et de ce fascisme rampant qui reste prégnant sous des formes diverses, ne serait-ce que parce que Hitler, selon le constat de Pierre Legendre[4], "a été vaincu par les armes et non par les arguments"

L’Europe ? "Un levier d’Archimède", comme disait de Gaulle, pour nous aider à relever les défis de ce siècle dont le début n’a rien d’une "Belle époque"… Et pour sauver la Personne humaine plus menacée que jamais peut-être par les poussées d’inhumanité et les tentations nihilistes.

 



[1] La Société du spectacle (Buchet-chastel,1967 ; Champ libre, 1971 ; Gallimard, 1992)

[2] La Montée de l'insignifiance (Les carrefours du labyrinthe IV) – Seuil 1996 (Points Poche, 2007)

[3] Mitterrand après la Chute du mur de Berlin.

[4] La fabrique de l'homme occidental, Mille et une nuits, 1996.

PUBLICATION MI-MAI (City editions, diffusion Hachette Livres)

28/11/2007

RAPPEL: BHL ce soir à STRASBOURG

197bf6b7105e0cb7c6c80ddcc11d5b56.jpg

10/11/2007

René Girard : De la guerre finale

Un nouveau Girard, voilà qui ne se manque sous aucun prétexte. Du moins quand on aime réfléchir un peu. Clausewitz revisité…et « achevé » : un bel ouvrage, stimulant. Dans le droit fil du « Penser la guerre, Clausewitz » de Raymond Aron (en 1976). Avec, en plus, la richesse du regard que donne la perception de ce « mimétisme de masse » sans lequel les mécanismes de la violence collective restent peut compréhensibles. Avec surtout une conclusion moins politique, et moins optimiste…

 

21d719a66463b2df56bca866854c7984.jpg

 

Clausewitz a commencé son « De la guerre », à la fin du règne de Napoléon et il y a travaillé jusqu’à sa mort. En trente ans, il n’a pas réussi à le terminer… Une œuvre maîtresse est toujours une maîtresse inassouvie…  « Achever Clausewitz, c’est donc essayer de penser le livre dans sa totalité », souligne Girard. Entreprise périlleuse ! Mais Girard voit en Clausewitz un homme des Lumières qui a compris l’irrationnel et précisément « cette loi de l’imitation qui nourrit l’emballement guerrier et peut mener au pire ». Limites du rationalisme, de la raison, du raisonnable… face à la « montée des extrêmes » !

René Girard voit (entre autres) dans l’œuvre de Clausewitz l’une des « clés de l’intelligibilité du conflit franco-allemand ». Un conflit « de type mimétique », une « guerre de jumeaux », « chacun voyant l’autre comme il voudrait qu’il soit ». Avec au bout une incapacité : celle d’imaginer le pire.

53a5971acb129964e4ea20e13773d205.jpg
Clausewitz

Ce pire, selon Girard, Clausewitz peut aujourd’hui nous aider à imaginer le « pire » qui reste devant nous, non plus entre Français et Allemands, mais à l’échelle planétaire

« Il y a aujourd’hui trois questions terrifiantes : l’écologique avec la raréfaction des ressources naturelles, la militaire avec l’accroissement des forces de destruction nucléaire et autres et celle des manipulations biologiques », résume Girard. Que faire pour rompre avec les visions d’Apocalypse que ces questions entraînent ?

Réponse de l’auteur de « Je vois Satan tomber comme l’éclair » :  « Et si la survie de la terre ne pouvait être que fondée sur la morale évangélique ? Je crois que la violence, qui était au fondement des religions archaïques, n’est plus productrice de sacré, elle ne produit plus que de la violence. C’est ici que le christianisme a quelque chose de singulier à nous dire : renoncer à la violence, c’est sortir du cycle de la vengeance et des représailles. L’apocalypse n’est pas la violence de Dieu comme le croient les fondamentalistes, c’est la montée aux extrêmes de la violence humaine. Seul un nouveau rationalisme qui intègre la dimension religieuse de l’homme peut nous aider à affronter la nouvelle donne. »

920222747be693ae9baf146e785dac26.jpg

 

Pour lui, la formule « aimez-vous les uns les autres » est une «  formule héroïque qui transcende toute morale » Plus facile à dire qu’à respecter !... « Nous sommes menacés de mort », explique rené Girard dans une ITW au Point. «  Le message judéo-chrétien est que si nous ne nous réconcilions pas, il n'y a plus de victimes sacrificielles pour nous sauver la peau. L'offre du royaume de Dieu, c'est la réconciliation ou rien. Malheureusement, nous sommes en train de faire le second choix par ignorance et paresse. La seule solution est de refuser toute violence, toutes représailles. Je ne suis pas du tout sûr d'en être capable, mais les Evangiles nous disent que c'est la seule issue. Le drame, c'est qu'on choisit toujours le court terme. Nous sommes tous dans la position de Louis XV : « Après moi, le déluge. »…

 On ne sort pas optimiste du livre de Girard. On ne sort jamais indemne d’un bain de lucidité. Même si l’apocalypse n’est pas pour demain. Et peut être douce, comme il ledit dans une ITW au Figaro « L'ère des guerres est finie : désormais, la guerre est partout. Nous sommes entrés dans l'ère du passage à l'acte universel. Il n'y a plus de politique intelligente. Nous sommes près de la fin. » A suivre tout de même… 

Daniel RIOT

 

Présentation de l'éditeur

René Girard aborde ici l'œuvre de Cari von Clausewitz (1780-1831), stratège prussien auteur du De la guerre. Ce traité inachevé a été étudié par de nombreux militaires, hommes politiques ou philosophes. On en a retenu un axiome essentiel : " La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. " Clausewitz aurait pensé que les gouvernements pouvaient faire taire les armes. Mais le succès de cette formule témoigne d'un refus de voir la nouveauté du traité. Observateur des campagnes napoléoniennes, Clausewitz a compris la nature de la guerre moderne : les termes de "duel", d'" action réciproque " ou de " montée aux extrêmes " désignent un mécanisme implacable, qui s'est depuis imposé comme l'unique loi de l'histoire. Loin de contenir la violence, la politique court derrière la guerre : les moyens guerriers sont devenus des fins. René Girard fait de Clausewitz le témoin fasciné d'une accélération de l'histoire. Hanté par le conflit franco-allemand, ce stratège éclaire, mieux qu'aucun autre, le mouvement qui va détruire l'Europe. "Achever Clausewitz ", c'est lever un tabou : celui qui nous empêchait de voir que l'apocalypse a commencé. Car la violence des hommes, échappant à tout contrôle, menace aujourd'hui la planète entière.

Biographie de l'auteur

René Girard, membre de l'Académie française et professeur émérite à l'université de Stanford, est l'auteur d'essais traduits dans le monde entier : Mensonge romantique et vérité romanesque (1961), La Violence et le Sacré (1972), Des choses cachées depuis la fondation du monde (1978), Je vois Satan tomber comme l'éclair (1999) et, plus récemment, Les Origines de la culture (2004). Benoît Chantre est directeur éditorial des Editions Carnets Nord.

 EN SAVOIR PLUS >>>>>>

PORTRAIT D'UN PHILOSOPHE >>>>

 

SUR AMAZON >>>>>

 

SUR CE BLOG >>>>>

 

UNE FICHE SUR CLAUSEWITZ>>>>

 

 

 

07/10/2007

Le journalisme à l’ère électronique : Radiographie d’une crise

1d00750168cce5cf8e77aefce660ba1c.jpgAncien éditorialiste rigoureux du « Républicain Lorrain », homme de culture et de réflexions, passionné par tout ce qui fait vraiment bouger le monde (il a mis en place la Webradio d’arte), auteur (apprécié) de « Communiquer par l’image », Alain Joannès vient de publier un ouvrage à plusieurs dimensions. Qui vaut lecture et méditation non sur le « cyberjournalisme »  mais sur le journalisme à l’ère électronique.

b12ddc26442d5683457d0b43b8b5d306.jpg

Ce manuel (à mettre en toutes les mains, et pas seulement entre celles des étudiants en journalisme) est riche d’infos pratiques, de conseils en tous genres, de ces mille et un « trucs » qui sont indispensables si l’on veut bien tirer parti de ces nouvelles technologies qui ont  révolutionné les circuits de l’information sans que l’on prenne pleinement conscience des conséquences de cette révolution. Tout va trop vite. Et trop est trop en tout. Gutenberg dépassé par Mac Luhan, bien sûr…mais ce dernier est déjà dépassé lui-même !

Nous voici tous des « medianautes » « multicanaux ». Et la grande mutation est loin d’être terminée : les « neurotechnologies » commencent seulement leur règne. L’être parlant, donc « communiquant », y trouvera de nouvelles sources d’épanouissement ou d’étouffement, de progression ou de régression, de libérations ou d’aliénations.

Stupides de se montrer  technophobe ! Il importe de maîtriser pour ne pas être écrasé. Pour ne pas subir les effets pervers de cette déstructuration de notre perception du temps et de l’espace qui est déjà la marque de cette  ère où « l’homo sapiens sapiens » est d’abord un « zappanthrope » pour reprendre un mot de Castoriadis.

C’est en cela que ce manuel est aussi et surtout un ouvrage de réflexions. Sur le rôle nouveau du journaliste, ce « passeur » professionnel, et sur les attitudes, les comportements, les moyens d’informer et d’être informés de tous les citoyens.

Car le droit de l’information n’est pas qu’un droit de la presse : il est un doit d’informer et d’être informés. Un droit de savoir. Puisqu’il n’est point de démocratie sans connaissance. Sans ces éléments d’appréciations qui permettent de dépasser les préjugés, les a priori, les réflexes, les idées reçues et de ne pas être victimes de « l’air du temps », des « pensées uniques », des « pensées dominantes », des clichés en tous genres,   des conformismes anesthésiants ou paralysants, des drogues de la paresse, toute cette « propagande au quotidien ».

Un constat essentiel dans cette perspective : Joannès met bien en relief une caractéristique national que nous ne reconnaissons pas assez, l’inforexie des Français. « L’inforexie est à l’information ce que l’anorexie est à l’alimentation ; un manque d’appétit ». Et un manque d’exigence. D’où le primat de l’émotionnel, la force des rumeurs, la puissance des imprécisions, le culte de la superficialité, le moule des conformismes (ce qui ne date pas d’aujourd’hui !).

La sur-information décrite si souvent masque une réelle « sous-information » qui favorise bien des  « des-informations ». Avec des écrans qui font écran !

c5d0d480ce1b55987bfa98ff1731eb6c.jpg

De cette « inforexie », les journalistes (« métier à reconfigurer », en effet !) sont à la fois responsables et victimes. Par paresse et conformisme, par « engourdissement corporatiste », par routine et mélange des genres, par oubli de l’essentiel : ce ne sont pas les « tuyaux » qui comptent, mais ce que l’on met dedans, ce que l’on y fait couler.

Or, les nouvelles technologies ne changent rien à ces « fondamentaux » du journalisme trop oubliés sur nos scènes d’ « info-spectacle », sur nos usines d’ « info-marketing », sur nos magasins d’ « info-divertissement »,   où le présupposé « intéressant » prime sur le pré-analysé « important ».

Ces « fondamentaux » se résument en quelques mots qui forment une chaîne (laquelle par définition n’a que « la force de son maillon le plus faible »):   recueillir, vérifier, décrypter, analyser, structurer,  hiérarchiser, mettre en perspectives, formuler et diffuser. Les technologies nouvelles favorisent chacun de ces fondamentaux, mais tout (ou presque) se passe comme si elles les affaiblissaient, ce qui est un comble ! Sans doute parce que le  « rich media » exige le respect d’autres « fondamentaux » : ceux des « éducateurs », des « instituteurs », des « professeurs ». Dans information, il y a FORMATION.

Merci à Alain Joanès pour cette brillante contribution qui trouve son prolongement sur internet, évidemment, avec un blog ! http://www. journalistiques.fr

Daniel RIOT 

LE LIVRE >>>>>>>>>

  LE BLOG ET LES LIENS >>>>>>

29/09/2007

Un livre autour duquel Strasbourg devrait organiser un événement

Europe : La bibliothèque idéale en un livre

d20720da62d1447d912881fbd583227c.jpg« L'Europe n'a pas réussi à penser sa littérature comme une unité historique », a écrit Milan Kundera. Elle n’a pas réussi à penser sa pensée comme une unité historique, serait plus juste, encore. En raison de traductions trop insuffisantes, d’informations trop « escargotistes », de programmes scolaires et universitaires trop nombrilistes. Le nationalisme intellectuel, une maladie culturellement transmissible… Par paresse intellectuelle. « Nous avions les Lumières, nous n’avons que l’électricité », redirait l’ami Tomi Ungerer.

Cet « irréparable échec intellectuel » est d’abord et surtout un échec politique : les gouvernements n’ont pas su ou voulu se donner les moyens d’appliquer ce qui est préconisé depuis les  années 50 et 60 par le Conseil de l’Europe, c'est-à-dire européaniser les programmes scolaires, mettre l’accent sur l’Europe comme entité culturelle, favoriser les traductions et l’apprentissages des langues des autres, développer des réseaux d’intelligences autour de l’approfondissement de l’identité culturelle européenne. « Esprits d’Europe », pour reprendre le titre de l’excellent essai d’Alexandra Laignel-Lavastine. « Lettres d’Europe », pour afficher le titre de l’excellent « manuel » de « littérature (s) européenne(s) » dirigé par deux personnalités aussi passionnées que talentueuses, Annick Benoit-Dusausoy et Guy Fontaine, et que vient de publier l’éditeur belge de Broeck.

LIRE LA SUITE SUR RELATIO >>>>>>>>

04/08/2007

L’Alsace et la gauche : Le regard lucide de Roland Ries

f2ef4b46dad6fbac6de0dd889309e326.jpg

La gauche en Alsace ? Que les prisonniers de stéréotypes ne sourient pas. Elle a existé, elle existe…et elle existera davantage encore si elle apprend à devenir ce qu’elle aurait du être : un laboratoire et une illustration de la gauche européenne éclairée, et non un appendice de la gauche nationale ringardisée, sclérosée, prisonnière d’archaïsmes hérités du début du XX ième siècle, autant dire de la préhistoire de notre ère.

La gauche, Roland Ries la connaît, la pratique et tente de la sortir de ses ornières.

L’Alsace, Roland Ries, ancien maire de Strasbourg, sénateur et candidat aux prochaines municipales,  l’aime et la comprend .Et il  voudrait la faire sortir de quelques tics, « syndromes » et autres complexes cultivés qui l’empêchent de « devenir davantage elle-même » : un sens de la victimisation qui fausse l’affirmation de soi, une pusillanimité qui altère une légitime fierté, un goût de la déférence qui défigure la conscience de ses différences, bref un regard sur soi et sur les autres  qui pourrait mieux marier « identité » et « modernité »…

« L’Alsace et la gauche », Roland Ries en a fait un livre, simple mais pertinent, sans prétention mais opportun,   qui mérite d’être lu et vaudrait d’être sérieusement débattu. A gauche, bien sûr, mais pas seulement… Et pas exclusivement dans la perspective des prochaines échéances municipales.  

9fde4d327d582a4150013f217f63b1f6.jpgD’ailleurs, ce qu’il écrit sur l’Alsace, cette terre qui depuis toujours a la vertu de « fabriquer des Alsaciens » (le franc-comtois de naissance que je suis en sait quelque chose) ne vaut pas que pour cette région.

« L’escargotisme », comme dit si bien Tomi Ungerer, n’est pas qu’alsacien. L’art de rêver une Europe « à sa propre image » non plus. Et le « mol oreiller » bourré de « visions lénifiantes »  pour bonne conscience trop facilement acquise non plus.

L’Histoire, ici plus que dans maints endroits, explique bien des choses. Rien n’est à oublier.d67e6c87628f41cda5c1fa5cebf9c81f.gif Non par « devoir de mémoire », mais par intelligence et réalisme. Mais on ne conduit pas en ayant les yeux fixés sur le rétroviseur. Ce rétroviseur qui entraîne non un conservatisme, comme on le pense trop « à l’intérieur », mais une amputation du champ de vision : L’Alsace, en dépit de la rhétorique de trop de responsables politiques, éprouve des difficultés à vivre à 360 degrés. Et à oser « voir grand »…

Cette politique trop souvent menée comme pour une « maison de poupées »  nous fait souvent confondre « salle d’attente » et « bureau ». Elle nous fait surtout  (faiblesse bien humaine très marquée ici) allumer des feux d’artifice d’autosatisfaction pas toujours justifiés quand nous réussissons et nous user dans la quête d’excuses et de  responsables d’« ailleurs » (de Paris, surtout) quand nous échouons… Un « lamento » trop entretenu par trop d’élus (et de média locaux)

4b435c33977f72d61cbd957f2f63503a.jpgRoland Ries a raison de faire appel a Keynes : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes »… Comme il a raison de rappeler l’actualité des messages de Schickelé (oublié ou caricaturé) : «Le pays entre Forêt Noire et Vosges  est le jardin commun dans lequel les esprits  allemand et français se développent sans entraves, se renforcent l’un l’autre et élaborent des œuvres communes, les nouveaux symboles de l’Europe ».

Il  s’agit évidemment  moins  de rêver d’une Europe alsacienne  que  d’européaniser l’Alsace… Et de désenclaver quelques têtes politiques. Tout peut arriver, surtout le meilleur. Keynes (encore) : «L’inévitable n’arrive jamais, l’inattendu toujours »

Daniel RIOT

(dessins: les petites alsaciennes d'André Wenger  et France Allemagne par tomi ungerer)

COMMANDEZ LE LIVRE >>>>>>>

20/05/2007

Europe : Ecoutez les coups de cœur et de colère de Sylvie GOULARD !

Présidente du Mouvement Européen-France, l’auteur du « Coq et la perle » et de « L’Europe pour les Nuls » veut réhabiliter la « méthode communautaire » pour sortir l'Union de ses impasses. Sylvie Goudard voudrait aussi en finir avec l'hypocrisie française... Cette "rupture"- là s'impose vraiment! A Nicolas Sarkozy et à ses ministres  de jouer...

Elle a su conquérir la Présidence française du Mouvement européen. Et c’est bien. J’ai beaucoup d’estime et d’amitié pour son prédécesseur, Pierre MOSCOVICI (qui a été trop été freiné par … Hubert Védrine lorsqu’il était en charge des affaires européennes au Quai d’Orsay), mais je dois dire que j’avais été effrayé (et très déçu) par la passivité extrême du Mouvement européen lors de la campagne référendaire…Démission grave ! Inadmissible même. Le Mouvement européen qui a le mérite de réunir des personnalités de tous les bords politiques mais qui militent pour une Europe unie peut et doit grâce à Sylvie Goulard recouvrer son rôle de « laboratoire d’idées », de plate-forme d’opinions et surtout d’outil pédagogique irremplaçable.

medium_sylvie_Goulard_4.jpg

Je n’ai pas encore  eu l’occasion de la rencontrer longuement, mais j’ai lu ses livres et j’ai suivi son itinéraire. Elle est l’une des « perles » dont les euro-enthousiastes  (ce qui ne veut pas dire euro-béats) et les euro-déterminés ont besoin dans cette France trop dirigée par des euro-résignés ou des euro-agnostiques qui favorisent tant l’euro-hostilité, l’euro-incompréhension, l’euro-scepticime avec tout ce que cela implique de réflexes de peurs , de repli et de passéisme.

medium_istanbul_02.2.jpg

Je n’ai pas applaudi des deux mains en lisant son livre sur la Turquie et l’Europe (« le Grand Turc et la République de Venise », ed. Fayard) : sur ce sujet crucial pour le dialogue entre civilisations, je suis plus nuancé que bien des responsables français. Il est sûr toutefois que la question de l’adhésion turque dépend de multiples facteurs et de bien des inconnues. Dont deux indissociables : quelle sera l’état de l’Union et quel sera la situation de la Turquie dans dix ou quinze ans ? Nous sommes là plus dans la prédiction que dans l’anticipation rationnelle…

medium_sylvie_goulard_nuls.jpg

En revanche, j’ai adoré son « Europe pour les Nuls » (First Éditions) qui démontre avec simplicité  que l’Europe n’a rien de nulle ! Un ouvrage qui devrait être mis dans toutes les mains,  celles des lycéens et de bien d’autres… L’Europe souffre plus d’un déficit pédagogique que démocratique.

Six grandes parties jalonnent le parcours de cet ouvrage de vulgarisation intelligente: d'où vient l'Europe; quels en sont les principes; comment elle fonctionne; à quoi elle sert; les défis de l'avenir; les grandes figures qui l'ont façonnée. Des paragraphes courts, des encadrés nombreux visent à rendre plaisant ce qui peut sembler  rébarbatif. « Quinze mariés et un enterrement » ; « Alerte à la vache folle » ; « Le squelette de Giscard ». Des  titres de romans policiers ? De bonnes « accroches » pour ce qui est une véritable encyclopédie de 484 pages.

Au passage, elle dénonce, avec pertinence,  quelques « clichés et autres âneries » qui contribuent à ternir (ou  à casser) l'image de l'Union dans l'opinion publique. Par exemple, le « mensonge autour de la directive Bolkestein », présentée comme un texte ayant force de loi, alors qu'il n'avait pas encore été discuté en première lecture au Parlement européen. Un exemple parmi trop d’autres.

Outre le parti pris de clarté, Sylvie Goulard revendique celui de son engagement en faveur d'une certaine Europe, ou plutôt d’une Europe certaine. Elle estime que l'on ne sortira de l'actuelle léthargie qu'en revenant à la méthode communautaire des fondateurs, la seule qui vaille.

medium_sylvie_goulard_le_coq_et_la_perle.jpg

C’est aussi, bien sûr, la thèse (avec laquelle je suis entièrement d’accord) qu’elle développe dans le « Coq et la perle » (ed du Seuil), un essai historique qui renvoie bien des livres contre l’Europe (tel le scandaleux « La faute à Monsieur Monnet » de Jean-Pierre Chevènement) dans les poubelles de la malhonnêteté intellectuelle. C’est la faute à ceux qui ont trahi Monnet, Monsieur Chevénement ! 

« La méthode communautaire n’est pas dépassée. C’est une invention d’avenir, primordiale pour organiser le monde de demain sur le fondement du droit. Elle est infiniment plus moderne que la coopération intergouvernementale ancestrale,souvent inefficace, que certains essaient de nous vendre dans un emballage flambant neuf », écrit Sylvie Goulard. 

medium_monnet.jpg

Oui, il faut en revenir à la « méthode Monnet », à « l’esprit CECA », à cet « esprit communautaire » sans lequel l’Union européenne ne peut être qu’une entité économique et commercial, qu’une « Europe espace ».  « L’Europe n’est pas en crise…L’Union européenne, telle qu’elle se construit n’est pas « l’Europe ». C’est au mieux une étape intermédiaire, un entre-deux, au pis un ersatz. L’Europe a été détournée de son objet et, dans ce dévoiement, la France porte une lourde responsabilité. Le coq a gaspillé la perle ».

Et maintenant, que va faire Sarkozy qui a promis « un retour de la France en Europe » ? C’est bien sûr sur cette question que va être interrogée Sylvie Goulard lors de son séjour à Strasbourg, ce 22 mai. Cette question se pose après une campagne où les enjeux européens ont été bien peu abordés (sauf par Bayrou) et s'inscrit dans une histoire française peu digne de la patrie des grands « pères fondateurs ». Dans « le Coq et la Perle », Sylvie Goulard parle beaucoup du coq…

medium_sylvie_goulard_3.jpg

Chercheur à Sciences po, enseignant au Collège d'Europe de Bruges, ancienne conseillère de Romano Prodi (qui sera au Parlement européen cette semaine), Sylvie Goulard connaît bien son sujet. On comprend qu’elle en ait ras le bol des doubles langages, des constantes hypocrisies et de l'irrésistible démagogie de « Paris » : la France prend l'initiative de projets fracassants (la CED, le traité constitutionnel), les fait accepter par nos partenaires, pour finalement se rétracter elle-même ; les responsables gouvernementaux votent à Bruxelles ce qu'ils dénigrent à Paris ; la diplomatie tricolore s'oppose à tout partage de souveraineté en matière de politique étrangère, tout en rêvant d'Europe puissance.

medium_coq_gaulois.2.jpg

Sur nombre de sujets-clefs (défense, diplomatie, coopération judiciaire et policière, environnement, recherche, politique industrielle, coopération économique, culture), les citoyens sont favorables à des politiques européennes que freinent les élites soucieuses de préserver l’apparence de  leurs pouvoirs. Même au détriment d’un l'intérêt national évident. Si « complot des élites », il y a comme on l’a trop entendu pendant la campagne du référendum, c’est contre l’idée européenne, l’idéal européen, la volonté européenne….

La boutade de Spaak reste d’actualité : « Il n’y a plus que des petits pays en Europe, mais certains ne le savent pas »… Ceux qui ne veulent pas le savoir prennent un grand risque : perdre cette « souveraineté » si chantée et si ...trahie . C’est parce que je suis un vrai « souverainiste » que je suis, comme Sylvie Goulard,  un « eurodéterminé » !

Daniel RIOT

LES LIVRES DE SYVIE GOULARD SUR AMAZON >>>>>>

 

12/05/2007

La « femme fatale » : Questions sur le journalisme…

Mes amis libraires me le confirment :Le livre des deux journalistes du Monde, Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin,  sur les relations du couple Royal/Hollande, se vend comme des petits pains. Un nouveau tirage de 30.000 exemplaires a déjà été lancé. Un succès qui ne réjouit pas l'ex-candidate du PS très meurtrie par ce livre. Ce qui se comprend…

medium_segolène_femme_fatale.jpg

Ségolène Royal a, paraît-il,  lu "la femme fatale". Elle confirme que François Hollande et elle vont engager des poursuites contre les deux journalistes du Monde auteurs du livre "le femme fatale" et contre les éditions Albin Michel comme l'annonçait jeudi le conseil et ami du couple, Maître Jean-Pierre Mignard. « Je n'ai aucun commentaire à faire, c'est la justice qui va décider », a-t-elle déclaré. « pourquoi tant de hargne, tant de haine, tant de lâcheté. Attendre le lendemain des résultats. Tant d'atteinte à l'intimité. J'espère que la justice saura le rappeler ».

Visiblement, ce qui la blesse le plus dans cet ouvrage ce sont les passages relatifs à ses enfants. "Oser dire que je les ai instrumentalisés pour des raisons politiques, c'est une atteinte insupportable", ajoute l'ex candidate.

Les auteurs du livre qui  insistent sur le fait que leur livre est « une enquête politique, et pas un livre sur la vie privée du couple Hollande-Royal »  développent la thèse d’une « crise conjugale » qui, à l’automne 2005, « prend un tour politique ». Elles  rapportent, entre autres, une phrase attribuée à Julien Dray : « Ségolène tient une grenade dégoupillée dans la main, assure-t-il. Elle lui a dit : si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants ! » Une phrase déjà publiée en octobre dans Le Parisien. Ségolène Royal avait alors protesté auprès de la direction de ce journal, réclamant des excuses à la une, qu’elle n’avait pas obtenues. Me Mignard avait alors menacé de déposer plainte, ce qu’il n’a jamais fait.

medium_ségolène_hollande_Souorires.2.jpg

La médiatrice du Monde dans sa chronique d’aujourd’hui tente un grand écart, entre le refus des rumeurs et la légitimité de l’ouvrage des deux journalistes, en répondant à quelques lecteurs :  « Si je comprends bien, Mmes Bacqué et Chemin ont détenu pendant la campagne des informations qui auraient pu intéresser leurs lecteurs. Elles ont, plutôt que de les publier, choisi de les taire pour en faire un livre annoncé le jour même des résultats », écrit, entre autres, Robert Fleckinger (Toulouse).Ce n'est pourtant pas la première fois, tant s'en faut, que des collaborateurs du journal, frustrés par la place limitée qu'offrent nos colonnes (un livre de ce type équivaut à plus de vingt doubles pages Enquêtes...), se défoulent dans l'édition."Très confraternel cee "se défoulent"...

"Mais, reprend-elle, la question posée par les lecteurs est ailleurs : pendant la campagne, Le Monde a-t-il délibérément tu des informations qu'il détenait et qui concernaient la vie privée de l'un ou l'autre candidat ? Elle relève d'un fantasme de plus en plus partagé : celui du « débat interdit ». Il n'y a pas de débat interdit, mais il en est d'impossibles, et d'autres sans intérêt. "

Bel exposé. Mais qui peut laisser journalistes et lecteurs sur leur faim… La médiatrice poursuit : « On n'écrit pas tout dans Le Monde, et c'est fort heureux. D'abord il y a la loi, beaucoup plus stricte en France que partout ailleurs dans le monde développé, notamment anglo-saxon. Un bref article du code civil dit : "Chacun a droit au respect de sa vie privée." Il expose à de lourdes condamnations quiconque y porterait atteinte par ses écrits, images, etc. Cet article qui, de fait, impose l'accord de l'intéressé avant toute "révélation" se double, dans le code pénal, de textes également très stricts sur la diffamation. » Oui, et alors ? L’édition y est soumise aussi, non ?

medium_ps_charlie.jpg
(dans charlie hebdo)

Elle insiste : « Ce carcan législatif explique la traditionnelle prudence de la presse française vis-à-vis des personnalités publiques, réserve jugée inconcevable par la presse étrangère. Celle-ci n'a jamais compris, par exemple, que François Mitterrand ait pu dissimuler si longtemps l'existence de Mazarine alors que c'était, depuis le début des années 1990, un secret de Polichinelle qui avait de lourdes conséquences sur le comportement du président".

Elle enfonce même des portes ouvertes:"Il y a aussi les règles du bon journalisme, appliquées dans notre honorable maison : vérifications, recoupements, croisements de sources, contre-enquêtes, etc., éliminent radicalement la plupart des ragots du Net, invérifiables ou totalement faux, voire fabriqués. « Il faut faire la part entre la rumeur et l'information », souligne Eric Fottorino, directeur de la rédaction, en prenant l'exemple des bruits qui ont circulé sur un nouveau déchirement du couple Sarkozy."

medium_couple-picasso_2.2.jpg
le couple, Picasso

La médiatrice poursuit : « Le fait est que le débat existe au sein du quotidien. Et que la frontière entre curiosité malsaine et intérêt légitime est de plus en plus floue. Entre les photos organisées du candidat Nicolas Sarkozy dans son quartier général avec femme et enfants, le soir du premier tour, et la liste secrète des amis conviés à fêter l'élection du nouveau président au Fouquet's, quinze jours plus tard, où finit la vie privée, où commence la politique ? » Bonne question, en effet.

Mais réponse n’est pas donnée à l’interrogation essentielle : pourquoi nombre de faits, de citations, d’anecdotes révélatrices du grand trouble interne du PS ne sont-ils rendus publics qu’aujourd’hui par le livre au titre douteux et ambigü et non « à chaud » dans le journal ? Ce n’est pas là problème de « place »…Ni affaire de vérification d'infos: la fiabilité des anecdotes rapportées dans le livre a été établie voilà longtemps...

Le cours du premier tour aurait pu être changé complètement.

medium_Colombani.2.jpg
Colombani

Il est aussi une règle journalistique : si un fait est faux, on l’ignore ; s’il est avéré on le relate. Pour ce qui est du Monde et de ses « gènes » (le sarkozysme fait décidément recette) : j’ai appris le journalisme en le lisant, je plains les futurs journalistes qui ne peuvent y apprendre que… ce qu’il ne faudrait pas faire.

Est-ce l’esprit Minc ou le souffle Colombani ? J’arrête : je repense à l’édito du directeur de ce qui fut un journal de référence à la veille du premier tour contre Bayrou, et cela me donne de la fièvre...La crise du politique en France est aussi une crise de la presse.Minc et Sarkozy en ont-ils parlé lors de leur rencontre d'hier avant que le Président élu parte en week-end à Versailles, dans la résidence de détente des premiers ministres, à la "Lanterne"?

06/05/2007

Dieu se retourne et dit : « j’ai fait un rêve »

François Wolfermann de la librairie Kleber prépare pour l'été un catalogue de livres bien particulier: des choix  personnels de livres qui ont marqué des lecteurs connus ou inconnus. Sollicité, j'ai choisi, "Rgards sur le monde actuel" de Paul Valéry.un livre qui vaut plus que tous les livres dits "d'actualité" qui envahissent les librairies....

  "TOUTE TENTATION EST UN COMMENCEMENT"

Souvenirs de vacances à Sète. « Je suivais un serpent qui venait de me mordre »  Dans l’incandescence de l’adolescence : « J’ai vécu de vous attendre Et mon cœur n’était que vos pas »… Avec  cette quête de sens qui marque la sortie  de l’enfance :   « Oh récompense après une pensée Qu’un long regard sur le calme des Dieux ». Vacances riches d’une découverte : Paul Valéry. Un poète trop cérébral pour la jeune pousse bourgeonnante que j’étais. Un penseur trop paradoxal pour ma petite tête. Mais c’est depuis ces vacances sétoises, (« nuit de Gênes » en plein jour, donc rupture avec mes idoles), que je me conduis en état livresque.  « O récompense après une pensée Qu'un long regard sur le calme des dieux! »

medium_valéry_1.jpg

« Toute tentation est un commencement »…Valéry m’a fait découvrir la tentation de l’esprit. « C’est bien de se cravacher furieusement les idées, de rouler sa mélancolie à coups de bottes, de fondre sur ses phobies et ses manies, décorner ses idoles ». Cette « tentation » est à la base de toute capacité  de jauger les réalités de ce monde.

Son « Regards sur le monde actuel » m’a servi à forger un art d’observer et d’analyser en « homme moderne » non  « esclave de sa modernité » et non prisonnier de ces modes condamnées  se démoder.

Leçon de journalisme : « Tout ce qui est simple est faux, mais tout ce qui ne l’est pas est inutilisable » (...) « Le paradoxe, c’est le nom  que les imbéciles donnent à la vérité ».

Leçon de philosophie : « Ce sont les questions qui font le philosophe » (…) « Tout idée philosophique érigée en système cesse d’être philosophique » (…)  « Je me pense, donc je suis ».

Leçons d’écriture : « Le travail doit finir par effacer le travail » (…) « le génie est une habitude que prennent certains » (…) « Entre deux mots  il faut toujours savoir choisir le moindre » (…)  « Si le talent sans génie est peu de chose, le génie sans talent n’est rien » (…) « Le poète est celui qui inspire, non celui qui est inspiré ».

Leçon de vie : « L’intelligence, faculté de reconnaître sa propre sottise » (…)  « Rien de plus soi que de se nourrir d'autrui. Le lion est fait de mouton assimilé » (…) «Le bonheur est la plus cruelle des armes aux mains du temps. » (…) « La fin du monde...Dieu  se retourne et dit : "J'ai fait un rêve". »

Classant mes livres « selon les besoins de les relire qu’ils m’ont plus ou moins inspirés », je  vis avec Valéry à portée de main. Et je l’emporte en voyage… Parce qu’il reste une vitamine de l’esprit, une béquille de la vie, un remède contre la fuite de ce temps qui fait que « l’homme est adossé à sa mort comme un causeur à sa cheminée »  

C’est surtout l’actualité de Paul Valéry qui m’impressionne et me nourrit. Crise de la civilisation « mortelle », crise du politique, Europe, Méditerranée, défaite de la pensée, poids de la Mémoire, procès de l’Histoire, valeurs en jachère ou trahies, évolutions de l’Art et de la Science, pièges et vertus du Progrès… Son monde « actuel » (avec des Regards posés entre XIX ième et XX ième siècles) reste Notre monde. Notre temps. Nos défis.

Ses analyses n’ont rien perdu de leur profondeur et de leur pertinence. Parce qu’il a  su  « tout embrasser, l’humain et l’inhumain » et « regarder » au-delà ce que ses yeux lui montraient : la vision importe plus que la vue.

Daniel RIOT

medium_cimetière_marin.jpg