05/01/2009

STRASBOURG: QUELLE MAISON DE L'HISTOIRE DE L'EUROPE ?


PDF Imprimer Email

ELIE BARVAVI (Directeur scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles) au CAFE EUROPE de Relatio, le vendredi 16 janvier à 12H30 ( Zum Strissel à Strasbourg)


INVITATION

Lieu d'Europe, Maison de l'Histoire de l'Europe, Musée vivant de l'Europe, EURODOM ; Les projets ne manquent pas. Et le récent vote du bureau du Parlement européen sur la proposition Pöttering doit relancer bien des débats. A commencer celui sur le projet Eurodom ou « lieu d'Europe » lancé à Strasbourg par Alexis Lehman
Elie Barnavi, qui vient de publier « l'Europe frigide » et qui dirige le musée de l'Europe de Bruxelles fait part de son expérience. Et en tire quelques leçons.


30/12/2008

LES GRANDS PRIX 2008 DE RELATIO-EUROPE (II)


PDF Imprimer Email
Lundi, 29 Décembre 2008 21:45
>>> L'essai européen de l'année : « Le commencement d'un monde », par Jean-Claude GUILLEBAUD

>>> Le film européen de l'année : Gomorra de Matteo GARONNE
>>> L'initiative européenne de l'année : L'association pour les écoles politiques du Conseil de l'Europe, présidée par Catherine LALUMIERE


09/12/2008

De "l'Empire de la Honte" à "la Haine de l'Occident"....


PDF Imprimer Email
Lundi, 08 Décembre 2008 02:54

ECOUTER Jean ZIEGLER !

INVITATION

« Café Europe de Relatio » ce mardi à 17H30 au bar de l'Aubette (1er étage), grande rencontre dans la salle Blanche de la Librairie Kléber à 19H. Déjeuner du Club de la Presse, mercredi, à 12H30 au Strissel (sur inscription). Trois occasions de rencontrer l'auteur de « la haine de l'Occident », à Strasbourg cette semaine.
Trois occasions de réfléchir aux moyens d'instaurer une « mondialisation » qui ne soit pas qu'une « globalisation » géo financière qui accroît les inégalités et menace cette Terre dont aucun humain n'est propriétaire !
Trois occasions de prolonger les « Journées européennes du développement » qui se sont déroulées récemment à Strasbourg. Trois occasions surtout de considérer la « CRISE » actuelle sous un angle différents des expertises officielles...
Trois occasions enfin de « fêter » le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des Droits de l'Homme hors des sentiers battus...


Après les rencontres avec Edgar MORIN : De belles graines semées...


PDF Imprimer Email
Lundi, 08 Décembre 2008 17:42

« Sortir l'Europe de son bourbier »...

>>> « Penser et panser l'Europe pour la ranimer »
>>> « Strasbourg a des messages à apporter à l'Europe et au monde »
>>> « C'est de Strasbourg que doit être relancée une politique de civilisation »
>>> Suggestion au futur Président de l'Université de Strasbourg : Créer une « chaire de complexité »

Roland Ries et Edgar Morin à l'Hotel de Ville de Strasbourg (photo Steinlein)


19/11/2008

Ce soir à Strasbourg: MICHEL ROCARD L'EUROPEEN...


PDF Imprimer Email
Mercredi, 19 Novembre 2008 00:12
SUGGESTION RELATIO-EUROPE: Soirée exceptionnelle ouverte au public dans la limite des places disponibles, ce mercredi 19 novembre à partir de 19 heures à la salle blanche de la librairie Kléber : MICHEL ROCARD PARLE. De l'Europe et du monde. De la gauche et de la France. Et de lui. Lui qui reste passionné par la « fascinante plongée dans le futur »...
L'ancien premier ministre vient d'annoncer sa « retraite » : A 78 ans, après trois mandats d'eurodéputé, il ne se représentera plus aux élections européennes. Mais il continuera ses combats. Par son verbe et sa plume. Avec le « parler vrai » d'un acteur et d'un observateur qui a des choses à dire. Parce qu'il étudie et pense avant de faire ou de dire. Et parce qu'il est l'un des rares hommes d'Etat à ne pas tomber dans les pièges de la « pensé dominante » à géométrie variables des sondages d'opinion...
Le lancement des « CAFES EUROPE DE RELATIO » PDF Imprimer Email
Mardi, 18 Novembre 2008 16:10
Avec Taslima Nasreen, sous le signe des droits de l'Homme

Elle ne peut évidemment pas faire un pas, sans un garde du corps collé à elle... Elle s'y est habituée. Comme elle a dû s'habituer à ne voir son pays que dans ses rêves... "Oui, bien sûr, j'ai des moments de découragements, mais mes lecteurs du monde entier me donnent des forces pour continuer ce combat qui est devenu ma raison de vivre. La démocratie, la laïcité, l'égalité entre les sexes, le respect des droits de l'Homme, la fin de la misère... Ce sont des mots dont on ne mesure la richesse que lorsqu'on en est privé... Je continuerai es combtas jusqu'à ma mort"
Taslima Nasreen ne fait pas de grand discours, ne se lance pas de grandes démonstrations. Elle témoigne. Avec sobriété, simplicité, pudeur. En sachant conserver ce sourire de fleur des champs, à la fois serein et mélancolique. En domptant ses envies de faire des grimaces à ceux qui confondent solidarité et commisération, ou d'éclater de rire devant sa... propre situation. Jusqu'au bout de la nuit de l'absurde depuis 14 ans...
Les JED (Journées européennes du développement) de Strasbourg : Esquisse d'un bilan PDF Imprimer Email
Mardi, 18 Novembre 2008 10:46

>>> Les « sans voix » doivent se faire entendre dans la nouvelle architecture de la »gouvernance » mondiale en marche
>>>  Strasbourg a bien été un pont entre « Davos et Porto Allègre »
>>> La dynamique des actions locales renforcées.
>>> Des remises en cause en série. Et des initiatives à prendre...
DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT

C'est une évidence : les décisions (et les non décisions) du G20 de Washington ont plus d'importance à court terme que les mille et une facettes des troisièmes Journées européennes du développement que Strasbourg vient d'accueillir pendant trois jours. Mais c'est un fait incontestable : l'occasion «unique et historique d'instaurer un nouvel ordre économique mondial, stable et durable», selon la formule d'Abou Diouf, sera gâchée si les « sommets » qui vont suivre celui de Washington n'écoutent pas les voix entendues et les voies dégagées à Strasbourg.

L'une des voix les plus fortes et les plus pertinentes des JED de Strasbourg: Wangari Maathai, "La femme aux arbres", Prix nobel de la Paix.


Ce soir à Strasbourg: MICHEL ROCARD L'EUROPEEN...


PDF Imprimer Email
Mercredi, 19 Novembre 2008 00:12
SUGGESTION RELATIO-EUROPE: Soirée exceptionnelle ouverte au public dans la limite des places disponibles, ce mercredi 19 novembre à partir de 19 heures à la salle blanche de la librairie Kléber : MICHEL ROCARD PARLE. De l'Europe et du monde. De la gauche et de la France. Et de lui. Lui qui reste passionné par la « fascinante plongée dans le futur »...
L'ancien premier ministre vient d'annoncer sa « retraite » : A 78 ans, après trois mandats d'eurodéputé, il ne se représentera plus aux élections européennes. Mais il continuera ses combats. Par son verbe et sa plume. Avec le « parler vrai » d'un acteur et d'un observateur qui a des choses à dire. Parce qu'il étudie et pense avant de faire ou de dire. Et parce qu'il est l'un des rares hommes d'Etat à ne pas tomber dans les pièges de la « pensé dominante » à géométrie variables des sondages d'opinion...
Le lancement des « CAFES EUROPE DE RELATIO » PDF Imprimer Email
Mardi, 18 Novembre 2008 16:10
Avec Taslima Nasreen, sous le signe des droits de l'Homme

Elle ne peut évidemment pas faire un pas, sans un garde du corps collé à elle... Elle s'y est habituée. Comme elle a dû s'habituer à ne voir son pays que dans ses rêves... "Oui, bien sûr, j'ai des moments de découragements, mais mes lecteurs du monde entier me donnent des forces pour continuer ce combat qui est devenu ma raison de vivre. La démocratie, la laïcité, l'égalité entre les sexes, le respect des droits de l'Homme, la fin de la misère... Ce sont des mots dont on ne mesure la richesse que lorsqu'on en est privé... Je continuerai es combtas jusqu'à ma mort"
Taslima Nasreen ne fait pas de grand discours, ne se lance pas de grandes démonstrations. Elle témoigne. Avec sobriété, simplicité, pudeur. En sachant conserver ce sourire de fleur des champs, à la fois serein et mélancolique. En domptant ses envies de faire des grimaces à ceux qui confondent solidarité et commisération, ou d'éclater de rire devant sa... propre situation. Jusqu'au bout de la nuit de l'absurde depuis 14 ans...
Les JED (Journées européennes du développement) de Strasbourg : Esquisse d'un bilan PDF Imprimer Email
Mardi, 18 Novembre 2008 10:46

>>> Les « sans voix » doivent se faire entendre dans la nouvelle architecture de la »gouvernance » mondiale en marche
>>>  Strasbourg a bien été un pont entre « Davos et Porto Allègre »
>>> La dynamique des actions locales renforcées.
>>> Des remises en cause en série. Et des initiatives à prendre...
DECRYPTAGE RELATIO par Daniel RIOT

C'est une évidence : les décisions (et les non décisions) du G20 de Washington ont plus d'importance à court terme que les mille et une facettes des troisièmes Journées européennes du développement que Strasbourg vient d'accueillir pendant trois jours. Mais c'est un fait incontestable : l'occasion «unique et historique d'instaurer un nouvel ordre économique mondial, stable et durable», selon la formule d'Abou Diouf, sera gâchée si les « sommets » qui vont suivre celui de Washington n'écoutent pas les voix entendues et les voies dégagées à Strasbourg.

L'une des voix les plus fortes et les plus pertinentes des JED de Strasbourg: Wangari Maathai, "La femme aux arbres", Prix nobel de la Paix.


15/11/2008

Strasbourg: le lancement des CAFES EUROPE de Relatio


PDF Imprimer Email
Samedi, 15 Novembre 2008 00:44

Le Cercle Relatio, l'association des lecteurs et contributeurs de RELATIO-EUROPE lance sur la Ville, la CUS et l'Eurodistrict des CAFES EUROPE. En des  lieux différents, à  des horaires différents, avec des intervenants différents : rencontres et dialogues ouverts à tous les publics sur tous les thèmes liés à la « construction européenne » : démocratie, droits de l'Homme, culture, identité européenne, histoire, géopolitique, coopération transfrontalière, Europe dans le monde, recherche et éducation, vie locale et Europe, nature et Europe...

Objectifs : Débattre de l'Europe et de la citoyenneté européenne au cœur de la Cité et développer les « Dialogues de Strasbourg pour la Démocratie » en collaboration avec « Schools of political Studies » (les écoles politiques du Conseil de l'Europe) et  d'autres associations qui militent en faveur de l'Europe DE et A Strasbourg.

EXCEPTIONNEL !!!

Taslima NASREEN, Tzvetan TODOROV, Olivier TODD et Eric ORSENNA pour le lancement des « CAFES EUROPE »


(En coopération avec la Librairie Kléber)

INVITATIONS (entrée  libre dans la limite des places disponibles)

>>>Lundi 17 novembre à l'Hôtel de la Cathédrale entre 16 et 17 heures

Rencontre avec Taslima NASREEN,  Philippe BESSON, Moussa KONATE, Venus KHOURY-GHATA, Simonetta GREGGIO...

L'Europe vue d'ailleurs...

Ils sont de tous les continents. Ils viennent d'écrire huit nouvelles sur des thèmes européens. Leur livre sort ce lundi lors d'une conversation à la librairie Kleber:une rencontre évenement animée par Daniel RIOT. En lever de rideau,  Une rencontre plus intime qui marque le lencement des CAFES EUROPE du cercle RELATIO. (a lire sur relatio)

Au Bar de l'Aubette : Trois rendez-vous avec trois  invités de marque pour lancer les trois coups de ces CAFE EUROPE

(avant les conversations  organisées dans la Salle Blanche de la Librairie Kléber)

>>>Vendredi 21 novembre entre 16 et 17 heures

TZVETAN TODOROV

Qui est « barbare » ?

Chercheur, historien, essaysite, philosophe, il vient de publier "la peur des barbares":un vrai manuel du bon dialogue inter-culturel.et une exccellence contribution à l'approfondissement de "l'identité européenne".

>>>Mardi 25 novembre entre 16 et 17 heures

Emmanuel TODD

La fin de la démocratie ?

Entre un déjeuner au Club dela presse et un débat à librairie Kleber autour de son dernier livre " Après la Démocratie" (Gallimard): une rencontre où il serait étonnant que nous ne parlions pas de la "Crise"...

>>>>Mercredi 26 novembre entre 16 et 17 heures

Eric ORSENNA

L'Europe dans la mondialisation

Après le coton, l'eau... L'Académicien non conformiste esrt expert en géoplitique pratique. L'occasion d'un contact direct avec l'un desespits les plus brillants de ce temps.

 

Le cyberjournal de l'Europe DE et A Strasbourg www.relatio-europe.eu

10/11/2008

A LA UNE de RELATIO-EUROPE

En 1915, au Vieil Armand: "Le choix des âmes " d'Olivier Larizza PDF Imprimer Email
Lundi, 10 Novembre 2008 01:43
« D'emblée, j'ai su que la montagne allait me faire la peau"...
Il fallait oser s'attaquer en 2008, avec une plume (ou un clavier) d'une trentaine à peine sonnée, à cette Grande Guerre qui fut la Boucherie humaine que l'on sait et dont on oublie trop la vraie nature...
14-18 : C'est la grande guerre civile européenne. Une guerre des nationalismes exacerbés. Avec au bout des charniers, un chef d'œuvre de la connerie criminelle d'Etat...qui se prolongera logiquement pas un « entre-deux guerres ». Et cette rencontre entre Auschwitz, le Goulag et Hiroshima : une guerre dite mondiale (mais d'abord européenne) provoquée par des idéologies déshumanisantes. Et des lâchetés en série : Ethiopie, Espagne ; Munich...
Olivier Larizza a osé. En dépit de tout ce qui a pu être écrit (souvent avec talent voire génie) sur ces « poilus » et cette « der des der » des illusions perdues Et il a bien fait. L'audace est toujours payante quand le talent est à le hauteur des ambitions.

Le centenaire de maman Dolto PDF Imprimer Email
Dimanche, 09 Novembre 2008 20:55

« Pour ou contre Dolto ? » Question stupide... Comment pourrait-on être contre cette pédopsychiatre qui a d'abord apporté un peu de ce bon sens qui fait tant défaut en tout et pour tout surtout face aux enfants, où et quand il n'y a aucune vraie « bonne recette ». Françoise Dolto (1908-1988) revient en librairie à l'occasion du centenaire de sa naissance. Plusieurs ouvrages lui sont consacrés : ils éclairent son oeuvre et sa personnalité, mais on attend toujours une biographie qui fera référence.
"Le chant sacré" de Laurence Lacour PDF Imprimer Email
Dimanche, 09 Novembre 2008 19:59
Ecoeurée par les médias pollués par l'émotion-reine, contaminés par la malinfo,  la désinfo et les surenchères de l'info-spectacle , Laurence Lacour confirme toutes ses qualités de vraie journaliste dans cette enquête minutieuse, guidée exclusivement par le souci d'approcher au plus près la vérité dans toute sa complexité : l'affaire du sang contaminé. « J'ai voulu m'en tenir à la phrase de Paul Ricoeur : " Comprendre, sans inculper ni disculper." Je pense que la plupart des acteurs, responsables politiques compris, ont été dépassés par cette histoire qui les dépassait. La course au progrès, au confort, à la liberté, au profit, aux médias aussi, a fait converger toutes sortes de destins vers ce drame inacceptable qui débouchera sur le scandale du sang contaminé. », dit-elle lors de son passage à Strasbourg à la Librairie Kléber et au Club de la Presse.Comme pour son décryptage de l'affaire de la Vologne, « le Bûcher des Innocents », Laurence Lacour ne s'est pas contentée des vérités judiciaires, du feuilleton des apparences et d'un surf à la surface des choses. Résultat: une oeuvre de référence.
Obama: Lendemains de fête PDF Imprimer Email
Dimanche, 09 Novembre 2008 16:32

Un métisse - noir mais pas trop - entre à la Maison Blanche.

Percée stupéfiante. Sujet d'immense fierté pour le peuple américain. Soit dit entre parenthèses, ce n'est pas demain la veille que les Français feront de même. Ni les Suisses qui n'ont encore jamais envoyé ne serait-ce qu'un fils d'immigré au Conseil fédéral. Plus que la défaite de McCain - dont la digne sortie force l'admiration -, on assiste à celle, écrasante, du projet de Bush le Désastreux et les siens. Tout un catéchisme vole en éclats. Balayée, la révolution néo-conservatrice. Désavouée, la politique économique du laissez-faire et des cadeaux aux riches. Bientôt fermé, le bagne de Guantanamo. Condamnée, la guerre en Irak. Dépassée, l'obsession sécuritaire. Enterrés dans les oubliettes de l'histoire, les Cheney et autres Rumsfeld. Enfin banni, le discours ravageur sur "la guerre des civilisations".

Il y a de quoi célébrer le triomphe de Barak Obama, cet homme au parcours sans faute, ce quadra hyper-doué qui a tout pour séduire non seulement les Américains mais le monde.


30/09/2008

Paris: "lemmerdeuse" à la maison de l'Alsace à Paris

Paris: "l'Europe cette emmerdeuse" en débat à la maison de l'Alsace PDF Imprimer Email

INVITATION: LE LUNDI 13 OCTOBRE 2008 A 19H, UN DÉBAT PUBLIC SUR "L'EUROPE DES VALEURS AU QUOTIDIEN"

 


13/09/2008

Le Fiancé de la lune : Quand Eric Genetet nous emballe...

 
Imprimer Email
 

La révélation "roman" de la rentrée littéraire française

 

Suggestion RELATIO-EUROPE

Par Daniel RIOT

Il a (avait ?) tout pour devenir un excellent journaliste. Avec cette vertu devenue rare en cette ère du tapage et du verbiage : le sens de l'écoute des autres. Mais il n'est que bon (ce qui est plus que bien)...parce que son horloge intérieure ne marque pas la même heure que celle des montres qu'il faut exhiber pour « réussir » en cette ère de « l'éclat du futile » et des « dérobades endiablées ». Éric Genetet aime trop, « aller au bout de ses rêves ». Et il est sans doute trop « agnomme »-homme agneau- pour cette planète de « l'info » dévorée par les fauves de la « com » ribaude.
Sa nonchalance de dilettante, sa décontraction séduisante, son charme casanovesque masquent une richesse intérieure qui exige d'autres champs de réflexions et d'épanouissement que « l'écume des choses », la vanité du paraître et la superficialité des « rafales de vents »... La vraie liberté est en soi. Sans cesse à conquérir. « Pour n'être que soi, il faut renaître plusieurs fois »
Éric Genetet illustre assez bien cette définition un peu énigmatique de Wiesel: « Le journaliste se définit parce qu'il dit, et l'écrivain parce qu'il tait ». Genetet se révèle écrivain. Un excellent écrivain. Qui sait taire ce qu'il veut dire. Héloïse d'Ormesson a vu et misé juste : « Le fiancé de la Lune » est, davantage que la plupart des succès préfabriqués, la vraie révélation de cette « rentrée littéraire ». Ce qui ne surprendra pas les lecteurs de "Chacun son Foreman"qui fut pour Éric un galop d'essai fort réussi


 

06/12/2007

Quand Sollers le Magnifique visite sa vie....

« Ecrivain européen d’origine française », Philippe Sollers retrouve aujourd’hui Strasbourg, « Chez Yvonne » et le public de la salle Blanche de la Librairie Kléber.

Il vient bien sûr présenter son nouveau livre qui a déjà suscité tant de critiques bêtement vénéneuses (la jalousie des « écrivants » envers les vrais écrivains, c’est hilarant !) ou élogieuses (Comment ne pas aimer Sollers et ses postures en cette ère où l’air est pollué de mille et une impostures ?). Des Mémoires nommées « Roman de ma Vie ». Sobrement ou plutôt sollersement. Sollersiennement.

aa522a3bb1ebb4a95fdce16cdea1d9a1.jpg

Ni un roman, ni des Mémoires, ce livre. Un essai (réussi) à la Sollers sur Sollers… Voyage au bout (ou preque )de lui-même, ou plutôt de ce qui luit en lui  : « Je visite ma vie »… Suivez le guide si votre esprit n’est pas altéré par les marées de la médiocrité qui nous submergent tant, si vous résistez à  cette « montée de l’insignifiance », comme disait Castoriadis, qui donne le vertige, si vous savez encore trouver des béquilles en ces temps où l’électricité nous fait oublier les Lumières tout en nous privant de la chaleur des bougies de jadis…

Sollers !71 ans, une jeunesse d'esprit exceptionnelle et  plus d’un demi-siècle de vie littéraire. D’innombrable écrits qui crient. Des cris qui  sont des alarmes. Salutaires. Ou des chants d’enchantement. Rassurants. Ou des poèmes en prose. Stimulants. Il sait si bien faire rimer Amour avec Humour, esprit avec chair, mots avec choses, profondeur avec légèreté…

Content de lui, Sollers ? Il regrette de ne pas être un « virtuose », mais il l’est, à sa manière, et dans ses registres. Il n’a pas  honte de son ego, et il a bien raison : il sait se mettre à nu sans s’exhiber, quitte à se déguiser un peu, pour jouir ou jouer avec pudeur. Ce n’est pas chez lui une « insoutenable légèreté de l’Etre » : C’est l’ Être  dans une profondeur d’une incroyable légèreté…

Eros lui fait oublier Thanatos. Et il fuit les mystères de notre humaine finitude par une surhumaine quête de plénitude  « Il m'est arrivé de baiser avec le néant, et de coucher plusieurs fois avec la mort. »…Cela ne l’empêche pas de répondre à la question la plus métaphysique  de Proust » (« Comment aimeriez-vous mourir? »)  par un très déterminé :  « Il n'est pas question que je meure! Je déteste la mort. Je vous en prie, passez votre chemin! »…

Quel bonheur en tous cas d’avoir pu rencontrer Sollers sur son propre chemin. J’arrête ici…uniquement parce que j’ai la chance de le rejoindre. En fait, pour être franc, il fait partie de ceux que je ne quitte guère. Il est, comme ses livres, une vitamine qui me permet  d'avoir bonne mine, même quand la vie me mine…."Celui qui ne sait pas rire ne doit pas être pris au sérieux." écrivait-il dans Passion Fixe!

Daniel RIOT

80eb7c1a45ef05a51c92e082659e7a9f.jpg

LE DEBUT DU LIVRE: Naissances

Quelqu’un qui dira je plus tard est entré dans le monde humain le samedi 28 novembre 1936, à midi, dans les faubourgs immédiats de Bordeaux, sur la route d’Espagne. Je n’ai aucune raison d’en douter. En tout cas, l’état civil est formel, puisque j’y suis déclaré sous le nom de Philippe, Pierre, Gérard Joyaux, fils d’Octave Joyaux (40 ans) et de Marcelle Joyaux, née Molinié (30 ans), troisième enfant, donc, après deux filles, Clothilde et Anne-Marie, dite Annie (5 ans et 3 ans). Baptisé catholique à l’église du coin. Signe astrologique occidental: Sagittaire, ascendant Verseau. Chinois: rat de feu. Bonne chance.

Toute ma vie, on m’a reproché d’écrire des romans qui n’étaient pas de vrais romans. En voici enfin un. «Mais c’est de votre existence qu’il s’agit», me dira-t-on. Sans doute, mais où est la différence? Vous allez me l’expliquer, j’en suis sûr.

Roman familial plus qu’étrange : deux frères, ayant épousé deux soeurs, vivent dans deux maisons jointes et symétriques, chaque pièce de l’une étant l’exacte réplique de celle de l’autre, D’un côté «nous», de l’autre Maurice, Laure et Pierre (mon «parrain», dix ans de plus que moi). Il y a donc, d’emblée, un Pierre Joyaux et un Philippe Joyaux. Cela fait deux P. J., et je mettrai longtemps à imposer le h pour écrire l’abréviation de mon prénom, Ph. Joyaux et pas P. Joyaux. Je réussirai même à obtenir un tampon rouge pour bien souligner la séparation. Aujourd’hui encore, où je m’appelle le plus souvent Sollers, l’inscription P. S., dans les signatures ou les interviews, me dérange (d’autant plus que cela fait «Post-Scriptum» ou «Parti Socialiste»). Ph, vous dis-je, comme le Phi grec, c’est-à-dire, bien entendu, Phallus. P. J. n’était pas non plus possible, puisque cela donne «Police Judiciaire». J’insiste: Ph. J. ou Ph. S. Et ne vous avisez pas, les adultes, de traiter familièrement cet enfant de «Fifi». Il vous en coûtera, chaque fois, une amende. Un franc de ces temps anciens, deux pour les récidivistes. Tirelire. Banco.

Ce nom de Joyaux a d’ailleurs été à la fois une merveille personnelle et une plaie sociale, dans la mesure où il m’a attiré (surtout à l’époque) une agressivité et des quolibets en tout genre. Jean Paulhan, qui a lu mes premiers essais transmis par Francis Ponge, trouvait que c’était «un nom de grand écrivain» : ironie, sans doute, de Malraux à Joyaux... J’ai donc passé mon enfance, à l’école, à entendre déformer ce «Joyaux» en «Noyau» ou «Boyau», sans parler des apostrophes lassantes des professeurs petits-bourgeois : «Ce Joyaux n’est pas une perle.» Ou bien : «Dites-moi, Joyaux, vous ne brillez pas de tous vos feux aujourd’hui!» J’ai remarqué, autre trait d’époque, que les noms systématiquement moqués étaient en général aristocratiques ou juifs. J’étais suspect comme eux, je le reste.

Nom d’autant plus difficile à porter que les Frères Joyaux possédaient une assez importante usine de fabrication de produits ménagers, tôle, aluminium, émaillerie, casseroles, plats, brocs, marmites, lessiveuses, poubelles, étiquettes à lettres bleues ornées des trois croissants traditionnels de la ville. L’entreprise offrait même des buvards à lettres rouges, je les ai encore. Mais un Joyaux dans les poubelles, est-ce bien raisonnable? Redoublement des sarcasmes, à n’en plus finir. Qu’on ne croie pas, cependant, que j’aie changé de nom en publiant par timidité ou servilité sociale. Quand mon premier petit livre est paru, et surtout, presque simultanément, le second (Une curieuse solitude), j’étais encore mineur (moins de 21 ans, en ce temps-là, et ma famille trouvait ce roman scandaleux. Donc pseudo, Sollers, personnage imaginaire que je m’étais créé vers 15 ou 16 ans, un peu sur le modèle du Monsieur Teste de Valéry («la bêtise n’est pas mon fort», etc.). Ce personnage était secret, voué à la pensée et à la méditation, très influencé par Stendhal, mais venu tout droit de l’Odyssée, comme son nom, traduit en latin, le laisse supposer: un type aux mille tours et détours, plein de subtilités et de ruses, et qui veut avant tout vivre sa vie libre et se retrouver chez lui. J’ai été plutôt très bon en latin, le dictionnaire m’a donné mon nom d’écrivain.

Sollers, de sollus et ars : tout à fait industrieux, habile, adroit, ingénieux. Horace: «lyrae sollers», qui a la science de la lyre. Cicéron «sollers subtilisque descriptio partiutn», adroite et fine distribution des parties du corps. «Agendi cogitandique sollertia», ingéniosité dans l’action et dans la pensée. Sollus (avec deux l, à ne pas confondre avec solus, seul) est le même que le holos grec, c’est-à-dire tout entier, sans reste (holocauste), et que totus, entier, intact. On entend aussi salvus, guéri ou sauvé. Tout entier art tout un art. Attention, Sollers avec deux l. De même que Joyaux, écrit sans x, comme pour éviter le pluriel, me blesse (autre quolibet «Joyaux de la couronne»), de même l’absence épisodique de ce deuxième l me souffle d’indignation. Il m’arrive aussi d’entendre prononcer «solaire», et j’encaisse mal. Je passe sur les très nombreux articles intitulés «Le système sollers», ou «Rien de nouveau sous le sollers», etc., le bon docteur Freud nous a expliqué ce que cette attaque au nom signifie de façon gentiment meurtrière. C’est comme ça, en route. Qui est-on d’abord, et enfin ? Un nom. Se donner le sien n’est pas une mince affaire.

Philippe Sollers

Un vrai roman, Mémoires, éditions Plon

ae26e48cf3351b889d73e643377f3c74.jpg

EN SAVOIR PLUS>>>>>>

SON SITE >>>>>>>>>>

FAIRE SOUFFRIR LE DIABLE...

BIBLIOGRAPHIE >>>>>>>

DICTIONNAIRE SOLLERSIEN

LES THEMATIQUES DE Ph.S

SELECTION DE TEXTES >>>>>>

SUR AMAZON >>>>>

LA CRITIQUE DE "Un vrai Roman", par BHL>>>>>

12/11/2007

Livres: Tout Jean-Pierre Vernant

318d3d8a9208cc44485bf88824864f94.jpgQuelques mois après sa mort, en janvier dernier, les éditions du Seuil ont eu la bonne idée de publier, en deux volumes sous coffret, les Œuvres rassemblées du grand historien et anthropologue Jean-Pierre Vernant. Dans cet ensemble soustitré  "Religions, rationalités, politique", on retrouve les ouvrages importants de Vernant, Les Origines de la pensée grecque (1962), Mythe et société en Grèce ancienne (1974), La Mort dans les yeux (1985)…, mais aussi Entre mythe et politique (1996) et La Traversée des frontières (2004), des livres plus personnels, dans lesquels il évoque notamment son expérience de la Résistance durant la guerre, ses engagements intellectuels. Des textes auxquels son décès confère, désormais, une valeur testamentaire. ◆ Na.C. Jean-Pierre Vernant, Œuvres, éd. du Seuil,  69 €. (repris de la Lettre aux abonnés de Telérama)

11/11/2007

Strasbourg: "Quand l’Europe se réveillera "

Rencontre avec André DANZIN, Jean-Loup FELTZ, Jacques MASUREL

« Et si on inversait les pôles ? …. Quand l’Europe se réveillera »

Le jeudi 15 novembre à 18h30

Grand amphi de Science Po

(IEP - 47, avenue de la Foret Noire – 67000 Strasbourg)

Informations et inscriptions mouveuro.alsace@orange.fr  –  www.mouvement-europeen.org

 

10/11/2007

Qui recevra le Prix du Sénat du meilleur livre économique de l’année ?

Un honneur accepté. La présidence du Sénat  m’a demandé d’être membre  du jury qui décernera le prix du meilleur livre économique de l’année. J’ai accepté d’apporter ma petite pierre (à titre personnel et au nom de RELATIO) en lisant les dix livres sélectionnés par un Comité scientifique, et en rédigeant des notes de lecture avec appréciations, à destination des internautes qui doivent « élire » le livre et l’auteur.

Je reviendrai sur ce blog ou sur RELATIO sur des livres éliminés (notamment sur l’excellent ouvrage de Jean-Marie Pelt, « C’est vert et çà marche ») mais dans l’urgence je publie ici mes notes sur les trois finalistes. Trois bons ouvrages, dont un, selon moi, mérite les lauriers du vainqueur. DR

 Vous pouvez voter >>>>>>>>

620b412f2f1c32ade9612859e84000b2.jpg

 

  • "Désordre dans le capitalisme mondial", Michel AGLIETTA & Laurent BERREBI, Odile Jacob. Une somme. Une vraie thèse. Très sérieuse… Bonne documentation. Excellentes analyses. Un livre à étudier plus qu’à lire. Avec des encadrés, des graphiques, des chiffres, des tableaux plus lisibles et accessibles qu’ils peuvent apparaître.  Ces deux économistes qui ont le mérite d’appuyer leurs analyses macroéconomiques et théoriques sur des réalités bien décryptées nous offrent de bonnes  clefs pour mieux comprendre le « désordre économique (et financier) » qui fait office de « l’ordre mondial » promis. Et ils tracent des pistes à suivre pour tenter de mettre sur pieds cette « gouvernance » mondiale qui fait tellement défaut.

Mais cette anarchie capitalistique n’est-elle pas voulue ? Et si oui, par qui ? C’est la première question qui vient à l’esprit et qui n’est pas posée clairement. C’est  l’une des limites de cette entreprise qui mérite par ailleurs bien des louanges.

Il en est une autre, plus « hexagonale » : pourquoi la France est-elle moins bien performante dans cette « globalisation » révolutionnaire que d’autres pays européens ? Les quelques pages sur le « déclin compétitif français » ne sont pas à la hauteur des attentes. Dommage. Comme d’ailleurs celles, dignes des bonnes résolutions de la stratégie de Lisbonne, consacrées à la zone euro.

Bien sûr qu’il faut « une politique économique européenne cohérente ». Qui en doute ? Evidemment qu’il faut que la zone euro, un peu trop rapidement et schématiquement qualifiée de zone à « souverainetés éclatées », devienne  une « zone de souveraineté politique »…

Mais qui s’y oppose ? Moins la Banque centrale que les gouvernements qui ne joue pas assez la carte communautaire. Moins les traités actuels (et futur) que les pays membres qui ne respectent pas la stratégie de Lisbonne (plus intergouvernementale que communautaire, ce qui est sa faiblesse) et qui plafonnent le budget communautaire. Moins les institutions européennes que les exécutifs nationaux qui n’ont pas le courage de faire de la « zone euro » un vrai Marché Commun où les fiscalités et les conditions sociales seraient harmonisées. « L’impasse européenne » décrite trop superficiellement  vient avant tout du « scandale anglais » : Londres ne devrait pas avoir son mot à dire sur le fonctionnement interne d’un « Euroland » dont le Royaume Uni ne fait pas partie.

Autant dire que les économistes qui sortent un peu de leur discipline  trouveront dans cet ouvrage matière à controverses… D’ailleurs,  « l’économie-casino » qui nous est imposée par un capitalisme devenu fou plus que par le libéralisme si maladroitement caricaturé  ne fait pas l’objet de diagnostics convergents.

Cet ouvrage a le grand mérite de confirmer l’extrême variété des capitalismes. Et de fournir des belles synthèses. Mais il est plus sérieux que pertinent et original.

Daniel RIOT

Classement personnel :3     SUR AMAZON >>>>>

 

1af320821e2640774b4752d3de875f87.jpg

 

  • "L'enfer, ce n'est pas les autres: bref essai sur la mondialisation", Pierre DOCKES, Descartes & Cie. Le protectionnisme, c’est la guerre, mais le libre-échange ne garantit pas la paix. Ce rappel à lui seul fait plonger dans ce livre à l’écriture vive, aux arguments bien pesés et aux diagnostics pertinents. Ce n’est pas le seul…

Oui la mondialisation, si souvent confondue avec la globalisation, est diabolisée par celles et ceux qui n’ont pas compris que dans ce monde où les notions de temps et d’espace sont chamboulées l’Europe, et tout particulièrement  la France, souffre d’une infidélité à …elle-même. Le « génie européen » pour le meilleur et pour le pire provient d’une donnée majeure : la civilisation européenne fut d’abord une civilisation de la « connaissance », du « savoir », du « penser », du « découvrir ». Et les Européens, empêtrés dans leurs conquêtes puis leurs pertes coloniales et dans leurs guerres civiles d’un autre âge puis dans leurs affrontements idéologiques, l’ont …oublié. Bêtement. Ce n’est pas faute  d’avertissements : « nous autres civilisations, savons que nous sommes mortelles »

Dans son « Bref essais », Pierre Dockès, en inversant la formule de Sartre (« l’enfer, ce n’est pas les autres ») lance un cri, une exhortation. Ce n’est pas l’histoire qui va trop vite », comme disait Mitterrand en aveu d’impuissance, c’est NOUS qui allons trop lentement. Ce n’est pas la mondialisation, ce bouc-émissaire facile, qui doit nous faire peur : ce sont nos faiblesses internes. Et le temps que nous avons perdu en ne respectant pas la stratégie de Lisbonne (déjà trop tardive et pas assez musclée)…

Ces faiblesses, Pierre Dockers les analyse bien en se gardant de tomber dans les pièges des clichés en vogue… Oui, « le Gain de l’un n’est pas fatalement la Perte de l’autre ». Oui, « un système social avancé n’est pas un handicap »… Oui, il faut d’URGENCE relancer cette économie de la connaissance et des innovations, ce qui ne veut pas dire casser la recherche publique, bien au contraire ! « Nos lauriers sont coupés ! ».

 C’est toute la filière innovatrice qu’il faut reconstruire (et non achever), toute une vraie politique  industrielle EUROPEENNE à relancer (pas avec le Raffale…) qu’il faut reprendre comme nous l’enseignait Jean Monnet et la CECA, toute une réorientation des investissements (publics et privés) qu’il importe d’opérer… Dans ces remèdes, il est des expressions dont Dockès se méfie : « patriotisme économique », par exemple. Il a raison ! Comme il a raison de mettre en relief bien de fausses solutions agitées sans anticipation des dégâts qu’elles peuvent provoquer : la tentation protectionniste notamment…Mais face à la situation actuelle, ce n’est pas du volontarisme qu’il faut, c’est de la volonté. Nuance…

Daniel RIOT

Classement personnel : 2 . SUR AMAZON >>>>>>

 

 

d673a3221c06d7846ebb74ed400fa5d1.jpg

 

  • "Petits Conseils", Laurent MAUDUIT, Stock. Voilà un livre qui dérange. Et qui devrait déranger politiquement bien des Sénateurs si le prix du meilleur livre économique de l’année lui était décerné par ce Sénat qui joue (avec mérite) la carte d’un jury indépendant et d’internautes à l’esprit libre.

Il dérange surtout, cet ouvrage par l’étrange voyage qu’il propose,  en cet automne où la presse économique et financière française doit se battre pour sauvegarder une indépendance bien fragile… et en cette période où tous les journaux ont des difficultés de trésorerie. L’indépendance n’a pas de prix, mais elle a un coût ! Quand ce coût altère le droit à l’information (donc d’informer et d’être informé), c’est la démocratie qui est faussée…

Il le mérite, ce prix, Laurent Mauduit. Non parce qu’il a dû quitter en conscience un journal après des coups de ciseaux de l’Anastasie des temps modernes (j’en connais d’autres), mais parce que son ouvrage (qui n’a rien d’un règlement de compte) est d’abord un vrai livre : avec les qualités de fond et de style que le mot requiert. Et  le mot « économique » accolé à « livre » s’impose. Même si l’on oublie trop que l’économie est « politique » avant d’être « science »…

Les qualités de l’enquête,  la lisibilité (due à des vertus pédagogiques incontestables),  l’importance des questions qu’il soulève,  l’originalité de sa démarche et les leçons qui sont à tirer de ces quelque 400 pages riches font, à mes yeux (qui se sont frottés aux dix autres livres pré sélectionnés par le « Comité scientifique »),  de ces « Petits Conseils » le livre-lauréat incontestable.

Tout part d’Alain Minc. Ce personnage  est un vrai héros de roman qui se déroulerait dans une ploutocratie quelconque, il est vrai. Le seul problème, c’est que cet auteur à succès, ce conseilleur à forfaits, cet intellectuel médiatisé  n’a rien d’un héros de fiction. Et que ses actes n’ont rien de virtuel. Unique en son genre, Minc l’est assurément (et heureusement), mais ce qu’il incarne, représente, symbolise dépasse sa personne et son personnage. 

L'important, dans cet ouvrage,  n'est pas l'homme, c'est le symbole qu'il constitue. Le symbole, en l'occurrence, de ce « capitalisme de connivence » dont s'accommode trop la France et qui explique en partie le déclin compétitif français. De ce capitalisme bâtard qui pratique en permanence le mélange des genres, joue entre public et privé, pratique avec talent les politiques du « renvois d’ascenseurs » et des « je te tiens, tu me tiens par la barbichette », se vautre dans les « déjeuners (même petits) corrupteurs », tisse des réseaux d’intérêts plus particuliers que général, et fait bien peu de cas de la vitale indépendance de la presse. Et, au bout du compte, explique bien des faiblesses du système capitaliste « à la française ». Retour au temps de Balzac, un peu. Au temps du « Temps », surtout…

Daniel RIOT

Classement personnel :1 SUR AMAZON >>>>>>

FAITES PART DE VOTRE CHOIX >>>>>>>>

«Le cancer vient de la folie réprimée.»

ccab5e93b2df9d1b29ad7a7cf06425a8.jpg
Le Géant a dit ou écrit (entre autres)....

« Je me sens assez malheureux à cause de mon pays. Il n'est pas devenu aussi grand, aussi noble que je le souhaitais. »

« Le rôle naturel de l'homme du XXe siècle est l'angoisse »

«L'horreur du XXème siècle tient à la grandeur des événements et à la petitesse de leurs répercussions.»

 «Le cancer vient de la folie réprimée.»

«Mes erreurs font ma force.» «Essayer coûte que coûte de n'être qu'un, c'est ignorer nos propres contradictions et vivre dans le mensonge. Alors qu'en exprimant nos contradictions, nous ne nous en portons que mieux !»

«La lucidité est le lieu de rencontre de la conscience et de la sensualité.»

«L'absurdité est un plaisir fugace, comme une cigarette que l'on fume en riant, tout en sachant qu'elle est nocive.»

«L'absurdité nous ôte tout sens des lois humaines, tout sens profond des valeurs, et nous éloigne notamment de la compassion, essentielle à la survie de l'homme.»

«Le rôle naturel de l'homme du XXème siècle est l'angoisse.»

 « Le fascisme n’est que l’émergence d’une pensée unique associée à un concept oppressif »

098578b5ab27a7adefe4e0ad64f233c9.jpg

 Norman Mailer est mort. Je me replonge dans ses livres. C’est le seul hommage digne que l’on puisse rendre à un écrivain de son talent. A un géant.

SUR AMAZON >>>>>>>

05/11/2007

Goncourt (Leroy), Renaudot (Pennec)

EN SAVOIR PLUS SUR RELATIO >>>>>>>>>>>>>

Livres: De l'utilité des prix...

, vu par Telérama. Je partage cet "enthousiasme"...distant!

Officiellement ouverte le 25 octobre dernier avec l'attribution à Vassilis Alexakis du grand prix du Roman de l'Académie Française (pour Après J.-C., éd. Stock), la grande quinzaine des prix littéraires de l'automne connaîtra ce lundi son point d'orgue : c'est à treize heures que seront connus les lauréats des prix Goncourt et Renaudot. Demain, mardi, ce sera le tour du jury du prix Décembre — notons qu'habituellement, il s'agit du jury le plus avisé. Lundi 12, place au Fémina et au Médicis. Et alors, enfin, on en aura fini avec ces récompenses rituelles dont il n'est hélas jamais acquis qu'elles viennent saluer les romans les plus réussis de la saison. Faut-il pour cela réclamer la tête des jurés ? Une fois de plus crier au scandale ? Non. « La principale utilité des prix littéraires, c'est qu'ils font parler des livres », expliquait il y a quelques années un éditeur interrogé sur la question, et il faut bien se ranger à son avis clair et lucide. Quel jour de l'année les JT de 13h des grandes chaînes de télévision et des radios sont-ils suspendus à l'actualité littéraire ? Quand voit-on un romancier invité à la table de la grand-messe du 20h ? Le lundi de la fin novembre où l'Académie Goncourt rend son verdict (ajoutons-y éventuellement le jeudi du mois d'octobre où est connu le nom du Nobel de littérature). Pour cela — et rien que pour cela —, il sera beaucoup pardonné aux jurys... ◆ Na.C.

SUR la même lettre "L'Expresso" de TELERAMA

 

c080a51dee83a2657eaef2f1fa293091.gif

SUR TOMI UNGERER, MON ARTICLE >>>>>>>>>>>>>

75fb3a33ba714ed12ea55703c5c16eee.jpg


 

29/10/2007

"Travailler plus pour..."

Repris sur Telérama..."Traduit dans le monde entier, réédité récemment par les éditions Climats, Allia puis, aujourd’hui, L’Altiplano, sans compter les éditions électroniques en lecture immédiate ou téléchargeables, Le Droit à la paresse de Paul Lafargue, initialement paru en 1880 en trois volets dans l’hebdomadaire de Jules Guesde L’Egalité, continue sa belle existence. Un coup de génie de la part de l’auteur, médecin socialiste et, accessoirement, gendre de Karl Marx dont les premières phrases, contestant l’absurde défi que l’homme lançait à la machine, sonnaient fort : « Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l'amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. » Faudrait-il conclure de ce succès jamais démenti depuis cent vingt sept ans que les thèmes abordés sont toujours d’actualité ? ◆ G.H. Le Droit à la paresse de Paul Lafargue, éd. L’Altiplano, 5 €

26/10/2007

TOMI UNGERER: UN GENIE AU MUSEE

94578c8556c51f2d185fa57314495d39.jpg

Ouverture du Centre International de l’Illustration Tomi Ungerer de Strasbourg

Un génie corrosif et tendre, « passionné par ses passions ».

Un "Alsachien" viscéralement humaniste.

Un Européen de coeur et d'esprit même si " l'Europe est une drôle

de femme qui connaît en même temps la puberté et la ménopause"...

f5014252d09a7823e2b9d7931dcf00ae.jpg

 

Tomi a son musée. « Les musées sont les points et  les virgules de l’Histoire »… J’allais dire « a enfin et déjà  son musée »…. « Enfin », parce que ce projet strasbourgeois est une idée déjà très ancienne : « La patience est une forme de paresse ». « Déjà »,  parce qu’il est rare qu’un artiste ait son propre musée de son vivant : une première en France, dit-on… « Vanité, tout est vanité : c’est absolument nécessaire pour un artiste »… Mais Tomi ne fait rien comme chacun… C’est ce qui fait son charme. En partie, car sa force de séduction ne se résume évidemment pas à cela.

4fbf6312f7a37485ee9bd1b94c1da5d4.jpg

Derrière le dessinateur génial, le « trouveur » d’idées en tous genres, ce pondeurs de « pensées », cet « esprit frappeur », ce provocateur acide, ce grand bricoleur, cet amuseur-amusé, ce passionné de jouets, ce collectionneur « de tout et de rien »,  ce jouisseur sans tabou (mais avec trompettes), ce voyeur visionnaire, ce faiseur d’images, cet homme-gag, cet insolent de première, se cache (plus ou moins) une âme sensible, un esprit chaleureux, un être fin, spirituel, cultivé, un homme nourri d’idéaux humanistes, une personne portée un sens aigu de la transcendance. Et un personnage hors du commun qui cultive l’amitié comme ce n’est plus guère en vogue…« Il faut donner une destination au destin »

Tomi est aussi, bien sûr,  un angoissé, un anxieux qui « allaite lui-même sa propre insécurité », un cerveau pleinement conscient de la fragilité des choses, de la finitude de la vie, de la relativité de cette mise en scène qui s’appelle l’existence. « A la guerre comme la guerre », le récit de son enfance, c’est « A la vie comme à la vie »… « Le désespoir est une raison d’être ». « Sans désespoir, pas d’humour ». « Une vie c’est lorsque la mort prend des vacances »  

 

bd1fab218177e3bf16c54f6cacfbdbfe.jpg  

On ne sait pas assez son admiration pour Victor Hugo. Son culte des Droits de l’Homme. Sa haine de la haine. Sa guerre à la guerre, aux causes des guerres. Son refus des racismes, de l’antisémitisme,  des fascismes, des totalitarismes,  des discriminations, de l’intolérance, des sectarismes, des bellicismes, des intégrismes…et de la connerie, de la bêtise, de ces « monstres » brechtiens qui sont en nous, en chacun de nous. « Hitler est arrivé au pouvoir par les urnes. Il faut le rappeler avant toute élection »(…) »Je ne suis pas raciste, parce que je combats le racisme qui est en moi »

d5e2136a181a4764337b5fad7668eec0.gif

On peut l’affubler de tous les qualificatifs, Tomi : il en a subi des insultes, des procès , des suspicions, des censures, y compris, dans cette Alsace qu’il aime tant mais qui a tant tardé à voir en ce « pornographe douteux », en cet « exilé », en ce « publiciste » aussi à l’aise dans l’érotisme torride que pour les contes pour enfants, l’un des siens, l’un de ses fruits les plus beaux, les plus riches, les plus talentueux. Mais c’est ainsi : « S’il n’y avait pas des imbéciles, le paradis serait désert »…

907870dcbcedfce8ad6e70d9ba1b867f.jpg

Longtemps, Tomi a été plus connu en Suisse, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Irlande qu’en Alsace. Quant aux Parisiens, heureusement que « l’Ecole des loisirs » a reconnu son génie, sinon, Tomi, le « Boche américain », serait passé bien inaperçu… N’était-il pas un « anti-Français » celui qui disait que « l’Alsace, c’est comme les chiottes, toujours occupée ? ».

Jamais je n’oublierai la tête du patron des « dna » de l’époque (années 70) quand, avec l’ami Jean-Louis English nous lui avions proposé une grande ITW de cet « énergumène »… L’ITW a été publiée…après une dure négociation. Et parce que France 3 Alsace avait pris, avec Bernard Kurt, le même risque que nous : rencontrer le « diable de Tomi ». Et le faire sortir de sa boîte. D’une de ses boîtes. « L’enfer est le paradis pour le diable »

1ea3847f2831cacf6ffd62d2c859ecf8.jpg

Depuis, l’eau a coulé dans l’Ill et dans le Rhin, et Tomi a connu tous les honneurs, ou presque. Hommage soit rendu ici André Bord qui avait compris avant la plupart des responsables locaux et régionaux la richesse de celui qui, à sa manière, œuvre d’une façon concrète et très efficace à la réconciliation et à la coopération franco-allemande.

Que n’a-t-on pas plus aidé Tomi à réussir sa Cultur-Bank , idée originale qui aurait pu servir de modèle à des fondations franco-allemandes et européennes ! Que ne l’a-t-on pas plus écouté dans ses plaidoyers en faveur de l’apprentissage de la langue du voisin, des  jumelages de maternelles française et allemandes ! Mais  les regrets ne servent à rien… «  Il n’y a qu’un remède au passé : l’avenir ». Et il  a réussi  tellement de choses, celui qui est aussi « ambassadeur de bonne volonté auprès du Conseil de l’Europe ».

9ea10fea302f3cd20f45ab23122e5fb6.jpg

EUROPE ! Voilà un mot qui le réveille quand il somnole, qui éclaire son regard même quand la fatigue s’abat. Il l’aime sa terre d’Alsace, Tomi. Il l’adore sa terre de France. Mais  il se sent surtout  pleinement EUROPEEN. Même si « l’Europe est une drôle de femme qui connaît en même temps la puberté et la ménopause » L’identité, c’est une addition, pas une restriction. C’est un épanouissement, pas une carte tamponnée.

Ce qu’il n’aime pas, Tomi, c’est le nationalisme (micro ou macro), le « chauvisnisme », les racismes, les sectarismes, « l’escargotisme », le replis sur soi. Le nez dans les godasses. Les yeux dans les poches. Les oreilles avec des paupières. Le cœur en berne. Et l’esprit dans ses chaussettes.  Mais que voulez-vous ? « L’intelligence complique tout »…

40e727bdcecf8a9fc33164d150f3da3e.jpg

Le 2 novembre son musée sera ouvert au  public. Il en est ravi, fier et ému, bien sûr. Mais il est « trop infantile pour retomber en enfance ». Et il restera ce qu’il est : « corrosif pour ne pas rouiller »…

Il est surtout heureux que le musée qui lui est consacré, dans la belle villa Greiner deviendra, grâce au travail de la fée ensorcelante (et très fourmi dans son boulot)  Thérèse Willer, un grand Centre international de l’illustration. C’est dans la logique de l’Histoire : Strasbourg, est aussi la ville de Gustave Doré, né en bas de chez moi (il y a une plaque !) « Le dessin, c'est l'avorton des muses » vient de redire Tomi ! « Le dessin, c’est l’ombre de ce que je pense »

Thérèse Willer explique : « Le musée propose un parcours muséographique basé en grande partie sur la présentation d’œuvres sur papier issues des donations successives de l’artiste à sa ville natale depuis 1975.

2e313002ce34d8e71e0f5dd92db3f128.jpg

Il a pour but de montrer son œuvre prolifique connue dans le monde entier, sous tous ses aspects, du livre pour enfants au dessin satirique, en passant par l’affiche, le dessin publicitaire et même les sculptures. Mais au-delà de ce parcours monographique, le musée fera aussi connaître au public d’autres illustrateurs et dessinateurs du XXe siècle et de la scène internationale, qui ont contribué à forger une histoire de l’illustration aujourd’hui encore peu connue.

7dba7b2c8a111d05d962668824e6be51.jpg

C’est pourquoi sont mises en œuvre dans cette optique, une programmation d’expositions temporaires et une politique d’acquisitions, relayées par un Centre de recherches dans ce domaine. »

Allez. Venez le voir, le Musée Tomi Ungerer. Vous y reviendrez. 8 000 dessins ! C’est le meilleur moyen de voir à quel point  Tomi a « de la fuite dans les idées ». Mais attention : sa « boîte crânienne est de Pandore »…

Daniel RIOT

LE MUSEE >>>>>

LE SITE  DES MUSEES DE STRASBOURG >>>>>>>>

LE SITE DE TOMI >>>>>>>>>>>

UNE FICHE SUR TOMI >>>>>>

11/10/2007

Poutine, un « Staline démocratique » et « Le Spectre » des James Bond…

Vladimir Fedorobski ce vendredi à la librairie Kleber

Une chronique de Daniel RIOT pour RELATIO: Ce vendredi 12, Vladimir Fedorovski, sera à Strasbourg pour une conversation (à 17h30) autour de son dernier livre à la Librairie Kléber. Un personnage, ce volubile écrivain, Français depuis 1995 ! Plein d’humour sucré-salé et de malices, il a été (entre autres) conseiller de Gorbatchev,diplomate, traducteur d’acteurs de ce temps (Brejnev, Kadhafi, Saddam Hussein, Hafez el-Assad, Mokhtar Ould Daddah et Houari Boumediene) et  agent du KGB (logique)… Sa culture et sa connaissance de l’histoire russe dans sa complexité et sa profondeur en font l’un des meilleurs « kremlinologues » actuels. Son  art de la conversation et son jugement pertinent ont  fait de   chacune de nos rencontres une fête de l’esprit…

23aafba84b09af1d9b513ee168ec2f78.jpg

Ceux qui le traitent « d’historien des halls de gare et d’aérogares » feraient mieux de le lire davantage et de ne pas se contenter de lectures en diagonale de critiques guidés plus par un snobisme élitaire que par un souci de vérité. L’Histoire est aussi une série d’histoires romancées… « Fedo » est un excellent romancier de l’Histoire qui permet de mieux comprendre les réalités du présent.

« De Raspoutine à Poutine », avait-il écrit. La filiation se confirme…  « Le secret de Poutine » pour lui, tient d’abord dans le « fantôme de Staline ». Un Staline « démocratique » (quel paradoxe !) Ou quelle contardiction!), qui sous bien des angles ressemble, légitimité du suffrage universel en plus, au «chef  de l’organisation du Spectre dans James Bond : il contrôle tout, étend son pouvoir sur tout, le gaz, le parlement, les médias…. C’est lui qui choisit les personnes qu’il met en avant, il fait nommer des proches qu’il peut diriger et contrôler. En cela il renoue avec toute une tradition antérieure ».

Une tradition « antérieure », à la Révolution même, et (aussi) à la « déstalinisation ». Lénine, l’idéologue, lui, est passé (comme le communisme)  à la trappe, dans une de ces « poubelles de l’Histoire » où le tri est très sélectif (et variable en fonction des lieux et des périodes…). Mais Staline, lui, renaît. En soft ! Comme le souligne Claude Imbert dans sa chronique du Point sur « l’énigme russe », le  peuple ôte peu à peu à Staline «  sa tunique sanglante pour lui rendre le blanc manteau de « Petit Père des peuples ». L’opprobre d’un des plus sanguinaires tyrans de tous les temps s’efface devant le héros de Stalingrad. ».

« Entre Staline et Poutine, la filiation est presque parfaite, en effet » remarque Vladimir Fédorovski. « Les points communs de la Russie d’aujourd’hui avec le système stalinien sont nombreux : la manipulation, l’unanimisme, le système des oligarques, l’omniprésence des services secrets… Surtout, Poutine reprend  le “code mental” de la Russie éternelle et de la citadelle assiégée. Staline se pensait comme le continuateur des tsars, et notamment d’Ivan le Terrible, derrière une façade: la révolution. Poutine fait de même, mais avec la façade du suffrage universel. »

4436cd35f9b9a95e4a28ec7a4c59f2ee.jpg

Il le fait d’autant mieux que le « tsar démocrate », « l’autocrate  démocratique », le “despote éclairé(?)” issus des urnes » est d’abord et surtout un stratège de premier plan, hors normes, bien supérieur à Bush, bien plus subtil, rusé et fin que nombre d’autres dirigeants européens. C’est ainsi. Sarkozy, durant ses deux petites journées moscovites a pu s’en rendre compte.

Poutine  sait aussi, en dépit des difficiles conditions de vie d’une grande partie de la population, cultiver une popularité qui ne tient pas qu’à une politique de communication soignée, mais s’ancre dans les profondeurs de l’inconscient russe. 

8ac6105f25aba8b4245e6d0b3e775a32.jpg

Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes aux démocraties européennes réunies en ce Conseil de l’Europe où Moscou sait exercer une influence sans tapage mais bien réelle, en usant d’un argument simple (qui est aussi un chantage) : « Comme les Européens de l’Ouest ne vous donnent pas de moyens et que jurent que par l’Union européenne, l’avenir de votre institution dépend un peu –beaucoup) de nous. Alors, doucement les basses, avec vos critiques sur les droits de l’Homme ».

Je reprends ici en substance des propos « off » d’un diplomate russe qui a bien connu l’organisation paneuropéenne qui siège à Strasbourg. Ce grand serviteur de « toutes les Russies » ajoutait dans cette entrevue qui remonte à quelques mois : « De toutes façons, vous les Européens vous ne faîtes pas l’effort de voir ce qui se passe chez nous…

Et vous êtes des ingrats : La Russie de Poutine a rallié votre démocratie, a adopté votre économie de marché,  a étouffé les tendances anarchistes qui menaçaient de prendre de l’ampleur chez nous et de recréer une terrible insécurité dans toute l’Europe, a combattu les réseaux mafieux qui gangrenaient aussi vos économies,  vous permet sur la Cote d’azur, à Paris et ailleurs de bénéficier du pouvoir d’achat de nos millionnaires et milliardaires …

Et vous ? Vous n’avez rien compris à la Tchétchénie, vous n’écoutez pas nos doléances dans les pays baltes, vous ne pensez qu’à dresser contre nous la Géorgie et l’Ukraine, vous entretenez la parano des Polonais, vous ne voyez pas à quel point nous vous sommes utiles sur les plans énergétiques et économiques, et vous êtes toujours obsédé par l’Atlantique et oubliant que l’Oural est sur notre continent commun…. 

Pourquoi ce bouclier anti missile dirigé contre nous ? Vous êtes fous. Mais vous ne changerez rien à un point essentiel : il y aura toujours (au moins) deux Europe(s), la votre, et la Russie» 

8cdc229d7eabd7b4500238e82c41d227.jpg

J’ai résumé… Ces données entretiennent bien sûr les  « vieilles obsessions russes » que Fedorov connaît bien : angoisse des fragilités internes, peurs de l’indocilité du sud, parano contre « l’étranger proche », obsessions de complots extérieurs, ombre de Napoléon, spectre des « russes Blancs », fantôme des « espions américains »… Le Kremlin reste une forteresse. Et la Russie « une énigme enveloppée de mystères ». Poutine, lui, sourit. Avec un sourire de glace.

Daniel RIOT

* « Le fantôme de Staline, ou le secret de Poutine », de Vladimir Fédorovski (Editions du Rocher)

FEDOROV SUR AMAZON >>>>>>>

EN VIDEO >>>>>>