24/10/2007
L’union méditerranéenne de Sarkozy: Un beau projet mal dessiné
L’éditorial de Daniel RIOT pour RELATIO : Une chimère ? Une fausse bonne idée ? Un vrai projet ? Le concept « d’union méditerranéenne » de Sarkozy soulève pour l’heure plus de questions que d’enthousiasme, en dépit des approbations polies du Roi Mohammed VI et de quelques autres…Bien des problèmes sont sinon à régler du moins à clarifier, en effet :
1) Mettre ensemble des pays qui ne s’entendent pas n’est pas évident. Sans même parler des Israéliens et des Palestiniens, ne songeons qu’aux Marocains et aux Algériens. Les Sahraouis (entre autres) les séparent. Une union euro méditerranéenne présuppose une entente magrébine (une vieille idée, aussi !)
D’ailleurs, Sarkozy hier s’est ensablé. Il a fait plaisir aux Marocains en reconnaissant (à juste titre d’ailleurs) que leur plan pour le Sahara-Occidental était "sérieux et crédible", mais il a froissé les Algériens. « Le choix dangereux de Sarkozy », titre El Watan, (repris par Courrier International) « Nicolas Sarkozy a raté une occasion d'arrimer définitivement son pays au consensus mondial sur le Sahara-Occidental, ou de se taire dignement », écrit le quotidien Le Soir d'Algérie, en faisant référence à la position de l'ONU, qui a appelé en avril dernier le Maroc, « puissance occupante », et le Polisario à négocier l'avenir du territoire en vue de parvenir à l'autodétermination des Sahraouis.
2) Sarkozy, dans ses explications partielles, n’a pas dissipé deux doutes qui font faire d’amples commentaires dans le bassin méditerranéen. Premièrement : c’est l’immigration qui le préoccupe surtout (même si, avec doigté, il a mis cette question à l’ordre du jour d’un sommet différent). Deuxièmement : n’a-t-il pas comme vrai but de trouver une solution de rechange à la « question turque » ? Le quotidien marocain L'Economiste évoque ainsi « l'idée de base » du « partenariat privilégié », concept qui rappelle la « contre-offre » faite par Sarkozy pour évacuer l'intégration de la Turquie par l'UE…
3) L’espace euro-méditerranéen ne se limite pas aux pays des plages… Le Monde pose clairement la question dans son édito : « Quels sont les Etats du Nord qui, selon M. Sarkozy, participeront à cette coopération renforcée, où la France jouera un rôle essentiel, alors que les autres membres de l'UE ne seront qu'"observateurs" ? L'absence des Britanniques, des Allemands, des Scandinaves, etc., assurera-t-elle à cette Union le succès qui a manqué au processus de Barcelone, lancé en 1995 avec les mêmes objectifs ? »
D’ailleurs, pourquoi ne pas inscrire ce grand dessein dans la perspective d’une amélioration et d’un élargissement du processus de Barcelone qui a certes déçu mais n’est pas sans mérite.
En matière de coopération Nord-sud, on ne part pas de zéro :le Conseil de l’Europe a son centre (qui siège à Lisbonne). L’Union européenne a sa politique de voisinage qui peut être amendable et EUROMED n’est pas une boite vide ou une mécanique qui tourne à vide….Là est incontestablement la vraie question. Car tout ce que Sarkozy propose concrètement (et encore très partiellement, très superficiellement) pourrait très bien être réalisé dans ces cadres. Le développement durable, l'énergie, les transports, l'eau, l’université, des programmes du type Erasmus, des rencontres et des interactions culturelles, une agence de l'environnement et une autre dédiée à l'audiovisuel.. Ce « plus grand laboratoire du monde du codéveloppement » a-t-il besoin d’un nouveau mécano institutionnel ?

C’est beau et très digne de se réclamer de l’esprit des pères fondateurs de la CECA. Mais, la CECA c’est le contraire de l’intergouvernemental, de la simple coopération. Monnet et Schuman réveillez-vous ! On vous lit mal. Et on déforme l’esprit qui fut le vôtre…
Dans l’esprit des « pères fondateurs », ce sont les institutions communautaires qui seraient ou devraient être au coeur et à la tête de ce grand dessein.
Sur le fond, Sarkozy a raison : Sur les bords de la Méditerranée, « ici, on gagnera tout ou on perdra tout »… La coopération méditerranéenne est l'antidote des guerres de civilisations et de religions, l'arme décisive contre le terrorisme, le fondamentalisme et l'intégrisme. Et (devrait-il ajouter) contre les inégalités.Mais dans la forme la copie n’est pas au point. Le dessein est louable, le dessin est mauvais.
D’ici juin 2008, il peut évidemment améliorer ce que « Aujourd’hui Le Maroc » appelle pudiquement son « indice de crédibilité »… En attendant, on comprend « le scepticisme poli », comme dit diplomatiquement « La Nouvelle Tribune », que cette « coquille vide » inspire sur les rivages du Maghreb et dans de nombreuses capitales européennes, à commencer par Bruxelles où la Commission attend des « éclaircissements »…
Ce projet euro-méditerranéen, rêvé depuis longtemps, formalisé par Paul Valéry dans son « Regard sur le monde actuel », est trop beau pour être gâché par un manque d’esprit communautaire : ce serait insulter les « pères fondateurs » et l'avenir!
Daniel RIOT
23:10 Publié dans analyses et edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, politique, sarkozy, maroc, mediterranée, actuaité, culture
11/09/2007
L’Europe face aux leçons des élections marocaines
La démocratie, c'est une structure, une société,une culture
EDITORIAL RELATIO par DANIEL RIOT : Les Européens se doivent de tirer quelques leçons de élections marocaines. Parce que la démocratie y trouve l’illustration de ses vertus et de ses limites, surtout quand elle reste relative. Parce que ce pays qui dispose de richesses potentielles fantastiques, qui connaît une diaspora dynamique et qui doit occuper une place-clef dans « l’EuroMed », dans l’espace euro méditerranéen ou dans la future Union méditerranéenne est, avec la Turquie, l’un des pays où se joue la réponse qui sera donnée à une question-clef : l’Islam est-il compatible avec la démocratie ? Une question qui conditionne une autre interrogation fondamentale : choc des civilisations ou dialogue des cultures ?
Le fait le plus important n’est pas dans la victoire dite « surprise » de l’Istiqlal : la surprise est celle d’observateurs qui ont la vue faussée soit par des connaissances bien superficielles de la situation du pays, soit par des fantasmes nés des « vertiges islamistes », soit par ce souci de la dramatisation devenu prédominant et polluant (avec ceux du spectaculaire et de l’insignifiant) dans la chaîne de l’information. L’échec de la « gauche » usée et discréditée par la corruption insuffisamment combattue était prévisible. Mais le « succès fou » des islamistes annoncé n’était en rien inscrit dans les étoiles. Le Maroc n’est ni l’Egypte, ni la Tunisie, ni l’Algérie : Le Roi est aussi un chef religieux. C’est une donnée qui compte même si ce fait et cette fonction sont contestés par bien des courants musulmans.

La vraie surprise est l’ampleur de l’abstention : 37% de participation. C’est un échec et un avertissement pour les démocrates (et pour le Roi et surtout pour une partie de sa Cour)
08:45 Publié dans SELECTION RELATIO | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : démocratie, europe, maroc, actualite
11/08/2007
Démocratie : Où s’arrête le droit à l’humour ? Nez rouge princier et pieds de nez à la liberté de la presse
Dure, dure, la liberté d’expression. De plus en plus, même en certaines contrées dites démocratiques qui risquent bientôt de n’avoir plus guère de leçons à d’autres, où la censure d’Etat, de parti ou de « grands chefs » religieux est la loi… Difficile, la pratique de l’humour. De plus en plus, semble-t-il, même en certaines contrées qui furent les premières à dénoncer l’intolérance des mollahs face aux caricature du Prophète dans un journal européen…
En France, un blog a été condamné pour outrage au ministre de l’intérieur. Comme la justice est lente, le ministre en question est devenu Président de la République avant le prononcé du jugement… D’autres blogeurs (locaux comme à Puteau) ont quelques problèmes, mais pour l’heure, c’est l’autocensure qui fait plus de ravages que la censure. Passons..
(dessin NON censuré...)En Espagne, c’est une double caricature en un dessin qui a fait scandale (et affaire judiciaire) : posture outrageante du couple princier et ironie sur la prime naissance offerte par le gouvernement…
Au Maroc, où chacun s’accorde à reconnaître que la liberté de la presse est plus grande qu’ailleurs au Maghreb (ce qui n’est pas très difficile, il est vrai), l’affaire semble plus politique que journalistique : l’offense au Roi réprimée est un signe d’autorité pour enlever des voix aux législatives aux intégristes qui font campagne sur le laxisme du régime de Mohammed VI.
Il n’empêche : les affaires de censure dans ce Royaume ternissent l’image du Souverain qui, par ailleurs, sait si bien faire rimer modernisation et démocratisation et tenir compte de tout ce qu’il a pu apprendre et méditer en travaillant à la Commission de Bruxelles à l’époque de Jacques Delors…
Le comble de la censure gratuite vient d’un pays membre du Conseil de l’Europe :la principauté de Monaco. Un nez rouge fait déborder le vase de l’acceptable… En dix jours, un site Internet d'opposition a été fermé, et un sujet du prince a comparu pour "offense au chef de l'Etat". Il risque six mois de prison ferme parce qu'il avait voulu importer l'esprit "Charlie Hebdo" sur le web de la principauté.
montage 20 minutes (par solidarité)Quelle idée d’affubler Son Altesse Sérénissime Albert II d'un nez rouge, et de le baptiser « chef clown séducteur" ? Quelle idée aussi d’accorder à une douzaine de dignitaires politiques de la Principauté le m^me appendice nasal ? Quelle idée encore de s’inspirer d’une rumeur sur quelque rumeur circulant de mauvaise langue en mauvaise langue sur l'un des hauts fonctionnaires de la principauté, en écrivant qu'il participait à des « ballets de couleur pastel ». A l’injure, à l’offense s’ajoute la "diffamation"…

L’auteur, un organiste à la Chapelle des Carmes, attend le jugement avec angoisse. On le comprend. Et il a perdu son emploi. Il en devient un personnage : un monégasque au chômage, c’est rare. Et malhuer à ceux qui prennent sa défense : L’ADIDM, Association pour la défense des intérêts et droits à Monaco (ADIDM) a été dissoute. Tout cela va finir devant la Cour européenne des droits de l’Homme de strasbourg. Cela consoler les Russes… Avec un belle bataille d’arguments en perspective : le ministère s’appuie sur les mesures contre les discrimination envers les étrangers travaillant dans la principauté,en l’occurrence un « immigré » venu de la préfectorale française, Jean-Paul Proust, ancien Préfet de police de Paris devenu ministre d’Etat de Monaco.

Mais, j’y pense, aies-je le droit d’écrire tout cela ? Relatio censuré en principauté : ce sont les Chinois qui en seraient consolés…
On pense bien sûr à « Monaco, une affaire qui marche », le livre-enquête de Roger-Louis Bianchini (Seuil, 1992)… Sur ce Rocher classifié « territoire non coopératif » par l’OCDE , on peut tout dire sauf du mal de ce qui s’y passe. Alors, la satire, l’ironie, la caricature ?... Comme dit la pub (parfois mauvaise) pour une marque de rillettes, « nous n’avons pas les mêmes valeurs ».
Amusant encore : En cherchant à recueillir une réaction du gouvernement sur la liberté d'opinion, Rue89 a joint un chargé de communication qui n'était « pas habilité à communiquer ». « Une première », note Rue89.« Finalement, il a rappelé pour préciser que les saisies de journaux ne sont possibles "que dans le cadre d'une procédure judiciaire". Puis que la loi n°1299 du 15 juillet 2005 autorise "toute publication sur tous types de support". On n'en saura pas plus (…) Heureusement, le 19 septembre, dans un grand hôtel parisien, Monaco tiendra "à destination de la presse" un salon sur ses "trois pôles d'excellence, le bien-être, le business & congrès et la culture".
A noter (sans rire) : Le Comité anti-torture du Conseil de l’Europe a publié un rapport sur Monaco
Rien de grave n’y est signalé… Nous en sommes soulagés. Il a aussi adhéré au GRECO Il participe donc activement à la lutte contre la corruption. Nous voilà encouragés. Et le Conseil de l’ Europe milite pour la liberté de la presse Nous le savions. Et c’est ce qu’entre autres nous apprécions chez lui. Mais comment définir cette liberté qui rime, bien sûr, avec responsabilité ? Tout est là… L’article 23 de la constitution monégasque garantit cette liberté … en prévoyant « la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces libertés ». RSF a décidément beaucoup de pain sur la planche.

Il est vrai qu’il y a plus grave … Hier, deux patrons de radios ont été tués en Somalie Avant-hier, deux jeunes journalistes ont été tués à Jaffna, au Sri Lanka En matière de liberté de presse dans le monde, nous en sommes presque à une annonce mortuaire par jour… Cela n’a vraiment rien de drôle.
Comme n’ont rien de drôles les agressions dont mon amie Taslima Nasreen a été victime dans le sud de l’Inde. Elle finit par s’y habituer, Taslima, à ce type d’agressions. Dieu sait qu’elle en a subi depuis sa « condamnation à mort » par une fatwa de 1993 ! Aujourd’hui, la justice indienne lui demande des excuses publiques et « exige » qu’elle …brûle ses livres!
Daniel RIOT
17:10 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : liberté, humou, presse, monaco, maroc, espagne, conseil de l'europe
11/07/2007
Europe-Méditerranée : Qui sera le Jean Monnet de « l’union méditerranéenne » proposée par Nicolas Sarkozy ?
EDITORIAL RELATIO PAR DANIEL RIOT : Une Union méditerranéenne ? Qui n’en rêve pas ? Qui n’en a pas rêvé ? Paul Valéry, avant-hier, dans son « Regard sur le monde actuel », avait mis au point un beau projet. Albert Jacquart, dans plusieurs de ses ouvrages, en a démontré la nécessité. Et bien des initiatives ont été prises et ont plus ou moins abouti à des résultats concrets : dialogue Nord-Sud à partir du Conseil de l’Europe, Centre méditerranéen, et, bien sûr Euromed, MEDA, PEV... !
Las ! Le lac méditerranéen reste un fossé. Avec des inégalités qui s’accroissent entre les peuples riverains et des relations souvent conflictuelles, ne serait-ce qu’en raison de ce « passé qui ne passe pas » entre la France et le Maghreb, de l’ampleur des aspirations migratoires, du choc des cultures, des heurts d’intérêts. Et du manque d’audace et de volonté commune des Européens qui sont eux-mêmes écartelés entre les pôles (et les nostalgies) hanséatique et « romaine ».
Un constat fait l’unanimité, ou presque. Le "processus de Barcelone", inauguré en 1995 par les quinze pays membres de l'Union européenne, qui devait rapprocher les deux rives de la Méditerranée, est un « échec », en dépit des améliorations apportées d'un bilan à l'autre, notamment en 2005. Je me souviens, en témoin direct, des espérances formulées à cette époque, des discours riches de promesses. Et j’ai eu plusieurs occasions de mesures, sur le terrain, l’ampleur des …espoirs déçus , des promesses non tenues.
Pas de miracle sous le soleil. Sous la plage, des pavés de bonnes intentions,mais des moyens insuffisants. Sarkozy rêve, avec l’active complicité de son conseiller en beaux discours, Henri Guaino, de faire en sorte que la France , avec et par l’Union européenne, joue un peu le rôle qu’ont joué les Etats-Unis pour l’unification du continent européen. Elle devrait et elle pourrait le jouer, ce rôle. Elle aurait même dû le faire.
Historiquement une belle occasion a été manquée lors de l’effondrement du mur de Berlin : on aurait pu « européaniser » la réunification allemande en échange d’un engagement ferme en faveur d’une européanisation des relations entre les rives de la Méditerranée. Est-ouest et Nord-Sud : des priorités à définir et des chantiers à mener de conserve, en parallèle. En y mettant les moyens qui s’imposaient.
Il est trop tard pour les regrets : à l’époque, Mme Thatcher qui ne pensait qu’à son « chèque » et était prise de panique devant la perspective d’une seule Allemagne, empêchait tout accord sérieux sur ce qui aurait pu être un projet Mitterrand-Kohl…

Mais il est encore temps de tenir compte d’une donnée fondamentale : les dirigeants européens qui parlent du « plan Marshall » à tout propos et à propos de tout, notamment des relations euro-méditerranéenne, oublient que ce Plan a d’abord réussi en raison de quatre facteurs : une volonté réelle des USA, l’effet de masse des crédits débloqués, une vision globale de l’aide plus structurelle que conjoncturelle et la volonté d’unité des pays qui l’ont accepté.
Or, que voit-on ?
>>> Pas de vraie volonté de l’UNION…La Méditerranée pour certains des « 27 », ce n’est pas la Lune, mais c’est vraiment loin. Même le « bloc latin » que Sarkozy espère réunir reste mal défini. La France, l’Italie, L’Espagne, le Portugal, Chypre et Malte, mais les « autres » ? D’ailleurs ces pays sont-ils prêts (la question vaut aussi et peut-être d’abord pour …la France à faire passer leur amour des relations bi-latérales avant les intérêts d’un multilatéralisme bien compris et inteligemment coordonné ?
>>> Pas d’effet de masse dans les investissements européens sur la rive sud : les Américains ont dépensé l'équivalent de 125 milliards d'euros entre 1947 et 1951, à comparer avec les 20 milliards que Bruxelles a consacrés au programme Euromed de 1995 à 2005.Le partenariat existe , y compris sur le plan stratégique, mais il reste très limité...
>>> Pas d’effets structurants d’accords plus fondés sur le développement du commerce par le libre échange que sur des stratégies globales de développement.
>>> Pas de vrai dessein d’unification des partenaires du Sud. L’unité du Maghreb reste un mirage : frontière fermée entre l’Algérie et le Maroc Celle du monde arabe aussi : le panarabisme est en berne Et, réalisme, oblige : la question israélienne n’est pas au bout du chemin, mais au commencement de la route.
La réconciliation franco-allemande est bien sûr citée en exemple, en référence, en modèle (Sadate et tous les dirigeants israéliens n’ont jamais manqué d’y faire allusion), mais il faut plus que des « tours de magie » médiatiques pour l’exporter…
D’ailleurs, dans sa tournée d’ « homme pressé » qui vient « dire bonjour à des amis » plus pour prendre date que pour nouer vraiment langue dans le Maghreb, Sarkozy a pu prendre la mesure des susceptibilités à ménager : les sourires d’Alger ont provoqué des grimaces à Rabat. Logique …
Qui plus est, Sarkozy doit faire des efforts pour échapper à des procès d’arrière-pensées qu’il a lui-même favorisés par son langage parfois peu diplomatique :
*Ne cherche-t-il pas s’abord, cyniquement, à alléger la question des flux migratoires ? Ne voit-il pas surtout dans cette « union méditerranéenne » un terrain de solution au « problème de la Turquie » ? Ne veut-il pas affaiblir l'Union en ne faisant pas de la coopération euro-méditerranéenne une affaire communautaire?
*N’est-il pas surtout animé par des préoccupations d’ordre sinon affairistes du moins économiques ? Et ne cherche-t-il pas, dans ce qui est aussi une partie de billard, à creuser les différences entre l’Afrique du Nord et le continent sub-saharien ? La presse arabe et africaine explique tout cela avec clarté…
Les motivations essentielles de Sarkozy sont sans doute d’un autre ordre. Il a raison sur un point essentiel. La nature de cet « espace de solidarité et de coopération », tant politique qu’économique, dont il veut faire « l’un des grands chantiers internationaux de son mandat » doit inverser la logique du dialogue Nord-Sud qui place les pays du sud de la Méditerranée dans une position de dépendance vis-à-vis de leurs voisins plus prospères du Nord et accroît, en fait les inégalités.
Il veut « traiter le mal à la racine », en mettant l'accent sur la base du développement économique et social, la santé, l'éducation,la culture, les transports, l'urbanisme, la politique industrielle. Les investissements étrangers dans les secteurs dits productifs ne seraient plus la priorité : Le codéveloppement doit se substituer au commerce, « afin que les pays du sud de la Méditerranée ne soient pas de simples sous-traitants de l'Europe ».
Cette finalité-là vaut que l’on lui trouve des modalités adaptées. En cela, le « grand projet » sarkozien ne doit pas être considéré avec une ironie de blasé, mais il mérite d’être soutenu politiquement et d’être « creusé » par de vrais débats, de bonnes études et de vraies discussions.
Ce n’est pas là une œuvre pour un « homme pressé » soucieux d’effets d’annonces, mais pour un chef de chantier discret, persévérant et intelligent. Qui sera le « Jean Monnet » qui transformera ce noble dessein en beau dessin ?
Daniel RIOT
01:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, mediterranée, algérie, maroc, sarkozy, tunisie
28/04/2007
Cet après-midi, rencontre avec des femmes marocaines qui se battent pour une émancipation en marche
STRASBOURG: La condition féminine au Maroc
Le Collectif "Maroc en Mouvement" au sein duquel militent des Français nés au Maroc et des francomarocains, s'est fixé pour but de faire connaître le Maroc autrement que par les images touristiques de ce pays. Au travers de conférences et activités culturelles il veut mettre en avant tout le dynamisme et les révolutions silencieuses, les mutations et stratégies naissantes qui sont en train de transformer progressivement le paysage socio-économique et humain du Maroc.
Le Collectif Maroc en Mouvement, L'association « Passages » Strasbourg et Le CIDFF
Vous invitent à la conférence-débat sur la situation actuelle de la femme au Maroc
Le 28 avril 2007
à 15 heures
1 RUE DES
FRANCS
BOURGEOIS
Salle Blanche de la
Librairie Kléber
Strasbourg
Depuis quelques années, le Maroc connaît une série de révolutions silencieuses : marche déterminée vers la mise à niveau démocratique et la pacification du champ politique national ; rattrapage du temps perdusur le plan des droits humains ; engagement résolu sur la voie du développement économique et de la justice sociale. Autant de mutations qui sont en train de transformer le paysage social et économique de ce pays aux quatorze siècles d’histoire.
La conférence sur l’évolution de la condition féminine au Maroc, à laquelle vous êtes cordialement invité(e) , est l’une de ces révolutions silencieuses que connaît ce pays . Trois Marocaines représentatives du mouvement d’émancipation de la femme dans leur pays, nous feront le point de la situation à ce sujet, chacune à travers son propre vécu.
Mme Aïcha Ech-Chenna, présidente de l’association marocaine « Solidarité féminine » est la doyenne de la lutte pour l’amélioration de la condition de la femme au Maroc.
Quant à Mmes Hajbouha Zoubeir et Zakiya Sekkate,elles sont toutes les deux des femmes d’affaires qui ont réussi dans leur domaine respectif et qui ont vécu avec succès leur condition de femmes dans une société marocaine en pleine mutation.
Mme Hajbouha Zoubeir est présidente de l’Association des femmes entrepreneurs à Laayoune (Sahara) et elle va nous parler de ce concept nouveau qu’est l’entreprise féminine au Sahara, puisque de plus en plus les femmes sahraouies qui exercent dans le commerce, commencent à se regrouper et à s’organiser pour créer leur propre unité de production. Cela équivaut à une mini révolution dans les moeurs de la région.
Mme Zakiya Sekkate quant à elle, jeune ingénieur chimiste, elle a fondé une entreprise à Tanger qui vient d’essaimer au Qatar et connaît une expansion remarquable. En tant que membre de la Confédération générale des Entrepreneurs Marocains (CGEM), elle nous parlera de son expérience de femme d’affaires dans un milieu où la concurrence et rude et ne fait pas de cadeau aux femmes.

02:02 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, maroc, femmes










