21/05/2007
Le cap des 70 000 pré-adhésions au Mouvement démocrate
François Bayrou l’a annoncé ce soir dans France Europe Express sur France 3 : le cap des 70 000 pré-adhésions au MoDem est franchi. Sans pub, sans tapage, sans racolage. Le signe d’un besoin citoyen fort, d’un appel civique fort, d’une demande démocratique forte. Il s’agit là, a-t-il précisé, d’adhésions nouvelles, qui s’ajoutent à celles enregistrées à l’UDF (quelque 30 000 au dernier Congrès).

Ce mouvement est le premier du genre et ne s’explique pas que par internet. Il constitue « un parti d’un type nouveau, un parti du XXI ième siècle », dit Bayou. Cela implique évidemment des devoirs et des responsabilités particulières pour les animateurs de ce Mouvement. Bayrou est le premier à en avoir conscience. Celles et ceux qui sont investis par ce Modem aux Législatives aussi. Des profils nouveaux pour un type nouveau de députés.
Au cours de l’émission, François Bayrou a refusé de polémiquer à propos des ralliements des députés UDF à l’UMP. Il a seulement souligné que « l’ouverture » pratiquée par Sarkozy était contraire à ce que le candidat de l'UMP avait dit durant la campagne et ne correspondait pas du tout à ce que lui-même préconisait (et préconise toujours) : « Je proposais un rassemblement, non une logique de ralliements et d’allégeances ». « S’allier n’est pas se rallier ». « L’alliance n’est pas le ralliement »
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00:50 Publié dans Notes politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg, bayrou, politique, télévision, udf, mouvement démocrate
18/05/2007
Sarkozy, les « centreux » et Bayrou… Objectif 2012 déjà en vue !
La « volaille » centriste (ou « centreuse ») se dit (en privé) déçue… Une seule sucette pour tant de bouches gourmandes des friandises du pouvoir ! Plumée mais non appréciée, la « volaille » !

Hervé Morin en son ministère régalien (qu’il avait fréquenté en garçon de course à l’époque de Léotard et qui est placé sous la tutelle directe de l’Elysée) représente à la fois, sous la direction de l’Elysée bien sûr, les anciens UDF ralliés à l’UMP dès 2002 (de Robien et Douste au placard, Raffarin dans les oubliettes, Méhaignerie à la retraite, Simone Veil dans l’Histoire), les (nombreux) transfuges de l’après premier tour des Présidentielles 2007 et les futurs députés du « pôle sarko-centriste » qui doit naître soit dans l’UMP soit en marge de l’UMP après les Législatives… C’est beaucoup pour un seul homme ! Même si le terne Bussereau a été sauvé des eaux au dernier moment...
En fait voilà bien longtemps que le centrisme avait été aussi peu représenté, qualitativement et quantitativement, au sein d’un gouvernement de droite. Plus besoin d’être roulé dans la farine et d’être frits les centristes borgnes ! « Nous aurons des places de secrétaires d’Etat après les Législatives », se consolent-ils, à l’image de Maurice Leroy, cocufié dans son ralliement à Sarkozy par son ami Morin.

Heureusement (pour ceux qui se recommandent du centrisme), les radicaux valoisiens sont toujours là, avec un Borloo fort d’un grand ministère (amputé) et les idéaux européens tant chantés sont incarnés par … des hommes de gauche, Kouchner et Jouyet !
Pourquoi cette sous représentation du « Centre » ( centreux mais non central) ? Parce que Sarkozy sait ce qu’il veut, et dose ses distributions de bonbons. Surtout à des opportunistes du ventre (pardon, du centre) qui doivent déjà dire merci d’avance à leur siège parlementaire (peut-être) sauvés par la généreuse UMP…
>>> D’abord, Sarkozy veut maintenir la pression sur les déserteurs de Bayrou jusqu’aux Législatives, voire jusqu’aux municipales. Il connaît trop la versatilité des politiques pour ne pas les considérer avec cynisme et…prudence.
>>> Ensuite, il a suffisamment de déceptions à soulager chez les UMP pour négliger les plaies d’amour-propre mal placées des « centristes ». Pour lui « l’ouverture » (si l’on peut dire) c’est l’arrivée de Kouchner, de Hirsch, de Jouyet, pas celle de Morin… Désolé pour l’ego du Normand !
>>> Enfin, politiquement, Sarkozy, toujours avec un coup d’avance dans sa tête de joueur d’échecs qui fait des réussites, a déjà une priorité : sa réélection. Cela passe par (entre autres) par l’implosion de la « révolution Bayrou » et de la tentative d’implanter une force pivot dans le paysage politique. Le rêve de Sarkozy : transformer l’héritier d’Henry IV en « poule au pot ».

Bayrou, dans l’optique 2012 et quelles que soient ses épreuves et sa solitude actuelle, peut être en effet plus dangereux pour lui qu’un PS condamné (sauf révolution interne bien hypothétique) à jouer les oppositions formelles plus que réelles.
Question d’idéologie et de positionnement générationnel. Question de rapports de forces politiques aussi : un PS prisonnier du mythe le « l’union de la gauche » n’est pas mûr pour une adhésion à une social-démocratie moderne…DSK plait à la bourgeoisie, mais c’est toujours l’électorat populaire qui manque à la gauche. Et ce n’est pas Royal, qui a tort de ne pas reconnaître sa défaite, qui peut incarner une orientation idéologiquement musclée. Le fait qu’elle ait renoncé à se présenter aux Législatives va la priver du rôle de leader de l’opposition au Parlement.

D’où les manœuvres avec les radicaux dits de gauche (qui ne sont pas terminées), d’où son débauchage de sociaux-démocrates qui étaient prêts à soutenir le Béarnais (on se souvient de l’appel de Kouchner et on sait que Jouyet est l’un des signataires de l’appel des « Gracques »), d’où aussi le total mépris qu’il affiche envers Bayrou, ostensiblement ignoré.
« On lui a tout piqué, y compris ses chevaux », ironisaient ses proches après la séance photo en Camargue. A peine arrivé à l’Elysée, il lui pique ses idées sur le « gouvernement des meilleurs » (en ignorant évidemment le contexte dans lequel ce cabinet devait être constitué et les réformes institutionnelles que cela impliquait)…
Ce bras de fer entre Sarkozy et Bayrou va sans doute s’installer dans la durée surtout si le Béarnais réussit à maintenir la mobilisation populaire de son MoDem. Encore faut-il que le mouvement démocrate fasse un minimum de score aux Législatives.

Le plus dur pour Bayrou est peut-être à venir. Raison de plus pour que ceux qui partagent sa vision de la démocratie l’aide dans ce qui est effectivement une force de « résistance » (même si l’UMP feint de s’offusquer du mot) : La République mérite plus que des changements de style à la Cour. Les allusions aux Kennedy ou à la principauté de Monaco ont quelque chose de pathétique : en retard d’une révolution people, la France ? Restons sérieux. Gala ou Voici ne sont pas encore des journaux politiques… Et tentons d’influencer pour le mieux le cours des choses : La démocratie ne se réduit pas à quelques dimanches électoraux.
Les propositions de réformes institutionnelles que savait si bien expliquer …Hervé Morin jusqu’à ces derniers jours restent des nécessités impératives. Comme cette dette qui semble bien oubliée. Comme cette nécessité d’inventer de nouveaux rapports entre l’économie et le social, entre l’épanouissement personnel et la solidarité collective. Comme ce tissus social qui reste plus déchiré qu'on le dit en ces jours de fête... Ce n’est évidemment pas avec un Parlement croupion fait d’un bloc de robots à approuver et d’une autre de machines à rejeter que nous allons améliorer les structures et les mœurs politiques…
Daniel RIOT
18:45 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, bayrou, politique, centre, udf, mouvement democrate










