11/11/2007
Les listes noires de terroristes à l'index: Nouveau cri d'alarme du Conseil de l'Europe sur le non-respect de l'état de Droit
Il y avait embargo sur l'info jusqu'à lundi. Relatio (qui dispose du rapport depuis quelques jours) l'a respecté.Logiquement. Mais si l'AFP ne sait plus ce que le mot "embrago" veut dire, ce texte devient public...avant l'heure!
Etabli par Dick Marty le rapporteur du Conseil de l'Europe sur des activités illicites de la CIA, le texte estime que "la pratique actuelle des listes noires bafoue les droits fondamentaux et décrédibilise la lutte internationale contre le terrorisme".
Il dénonce (entre autres) l'absence de "droits de la défense" pour les personnes listées.
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03/11/2007
Qui ne le savait pas?
Selon un audit de l'inspection des Finances, les forces de l'ordre chargées de la sécurité routière ne sont pas adaptés à la réalité des accidents et ne sont pas là... où il faudrait.

Des policiers effectuent des contrôles de vitesse (F.Cepas, D.S.C.R.)
L'audit consacre un chapitre entier à l'organisation de la sécurité routière conseillant différentes manières de l'améliorer et d'économiser des emplois de policiers et de gendarmes.
Pas adaptés à la réalité
Le rapport suggère que les forces de l'ordre s'adaptent à la réalité des accidents. Policiers et gendarmes "ne sont pas concentrés sur les zones les plus dangereuses", écrivent les auteurs de l'audit, relevant qu'ils étaient, en revanche, en "majorité" sur "les autoroutes et les zones urbaines". Or, selon l'audit, c'est sur le réseau secondaire, en zone rurale, qu'il y a "plus de 65% de morts". Un tiers des forces sont en zone rurale pour deux tiers de la mortalité, soulignent les auteurs. Les forces "consacrent une part importante de leur activité à d'autres missions", escortes ou maintien de l'ordre, "au détriment des contrôles routiers" ajoute-t-il. Elles n'auraient "pas tiré toutes les conséquences de l'automatisation des contrôles de vitesse" et "pas suffisamment adapté leurs pratiques à la mise en place des radars automatiques".
Décalage
76% de ces radars, sont installés sur les autoroutes (où il y a 6% du nombre de tués) et sur les routes nationales (18% de tués). Les contrôles d'alcoolémie, première cause des accidents de la route, "ne sont pas à la hauteur de l'enjeu", poursuit l'audit, qui précise qu'ils sont moins importants que ceux liés à la vitesse, "pas assez ciblés" et différents d'un département l'autre.
L'audit affirme que les phases de contrôles routiers sont "décalées par rapport à celles de la délinquance routière", notamment la nuit "qui représente 10% du trafic mais 35% des blessés hospitalisés et 44% des tués". "Les forces de sécurité sont peu présentes au cours de la nuit".
PETIT RAPPEL:Selon un document officiel de l’Etat révélé par le magazine Auto Plus, les policiers ne sont pas en mesure de régler correctement les radars fixes ou mobiles. Avec à la clé des risques de PV injustifiés. Les radars français sont à nouveau dans le collimateur. Après les plaintes des automobilistes qui se sentent parfois piégés, c’est au tour de l’Etat de critiquer ses propres appareils, mal réglés, et dont la fiabilité des mesures laisse à désirer.
Selon le journal Auto Plus, le secrétariat général de l'administration de la police de la préfecture de la zone de défense Est (Metz) a réalisé en 2006 un rapport édifiant qui démontre d'importantes « erreurs de mesure » des radars de vitesse, qu’ils soient fixes ou embarqués.
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25/10/2007
Un bébé sans-papiers en garde à vue pendant 9 heures
Indigne et imbécile. Tragiquement révélateur de ce que peuvent donner des textes appliqués sans esprit. Moi, j'ai honte. Pas vous?
Au-delà des personnes, il y a "mauvais traitement" à l'idée même de civilisation. Et ce n'est là qu'un "fait divers", parmi d'autres...

(c) Reuters
Laissés à 400 km de chez eux
Mais le 17 octobre, le couple et leur nouveau-né sont emmenés par la gendarmerie, placés en garde à vue pendant près de neuf heures, puis conduits au centre de rétention de Rennes. Le juge des libertés et de la détention ordonne leur mise en liberté le lendemain, en raison du "traitement inhumain et dégradant" de la garde à vue de leur bébé, contraire à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Le préfet fait appel, mais la décision du juge des libertés sera confirmée le 23 octobre par la Cour d'appel de Rennes.
Me Gilles Piquois, avocat de la famille, a par ailleurs indiqué à France Info qu'une plainte pour "délaissement de personnes hors d'état de se protéger" devait être déposée. Selon l'avocat, dès l'annonce de leur mise en liberté, le couple et leur bébé ont été relâchés près de Rennes, soit à plus de 400 km de leur domicile, et ce après 19h. Me Piquois a souhaité un entretien avec le président de la République, à l'Elysée.
- Situer la Moldavie (carte en PDF)
- Une fiche sur le statut des sans-papiers
- La politique d'immigration: 30 ans de maîtrise des flux
- L'immigration clandestine en France sur le site de la documentation française
- Interpellation d'étrangers : petit guide gouvernemental
- La procédure d'expulsion et les types de protections à faire valoir
- Le statut de réfugié et la protection subsidiaire sur le site de France Terre d'Asile
- La convention de 1951 relative au statut des réfugiés
- Sur les centres de rétention administrative (Wikipédia)
10:10 Publié dans Coups de colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, droits de l'homme, société, immigrés, europe, police, justice
04/07/2007
L’Union européenne face aux migrations clandestines
Pour une Europe policée plus que policière…et pour une politique Nord-Sud digne de ce nom.
Décryptage RELATIO par Daniel RIOT: La Commission européenne a lancé un nouveau programme de coopération avec les pays tiers dans le domaine des migrations et de l'asile, qui disposera d'un budget de 380 millions d'euros pour la période 2007-2013.
S'inspirant de l'expérience de son prédécesseur, AENEAS, ce programme visera à aider les pays tiers à mieux gérer les flux migratoires et à mieux appréhender tous les aspects de cette gestion.
Même s'il est essentiellement axé sur les pays situés le long des routes migratoires du sud et de l'est menant à l'Union européenne, d'autres routes migratoires seront également « couvertes », tout comme les « migrations sud-sud ».

C’est bien. Il faudrait même (et surtout) aller plus loin et investir davantage. Mais ces mesures et d’autres ne font pas oublier les tragédies humaines qui se vivent chaque jour sur quelques plages européennes… Le défi de l’immigration illégale reste entier ou presque. Il est vrai que le nomadisme des « pauvres » vers les contrées riches s’inscrit dans les réflexes logiques d’une Humanité en quête d’horizons d’espérance. Il est sûr aussi que cette lutte (que « le ministère Hortefeux » le mal nommé) n’est pas que policières et ne doit pas se faire qu’aux frontières : repérage et démantèlement des réseaux organisés, chasse aux exploiteurs en tout genre et aux experts en travail clandestin…
Cette quête d’horizons d’espérance, ces « rêves d’Europe » finissent souvent dans des cauchemars. Monuments aux « migrant inconnu » à toutes les frontières méridionales, ou presque, et dans les sables des déserts du Sahara ou de Libye…
Depuis 1998, soit en moins de dix ans, plus de cinq mille candidats à l'exil sont morts aux portes de l'Union européenne, dont plus de mille cinq cents en mer. Ces estimations, rendues publiques par Amnesty International, sont très approximatives : elles doivent être revues, en permanence , à la hausse. Et on en parle que lorsque des images frappent les sensibilités, à Ceuta, Melilla, aux Canaries au large de Malte et de la Sicile, à Toulon et ailleurs
Dans un article publié dans Le Monde, Catherine Simon écrit : « Formellement soucieux, comme l'a réaffirmé le ministre français de l'immigration, de « poursuivre la lutte implacable contre les passeurs et les trafiquants qui exploitent la misère de ces migrants », les dirigeants de l'UE n'ont évidemment pas l'intention d'offrir aux candidats à l'immigration de confortables ferries à prix réduit pour traverser la Méditerranée. Les passeurs et les trafiquants, en revanche, peuvent se frotter les mains. Car ce n'est pas contre eux, quoiqu'on dise à Paris ou à Bruxelles, que la lutte s'annonce « implacable ». Mais bel et bien contre les immigrés illégaux eux-mêmes, qui, selon les estimations de l'UE, seraient environ cinq cent mille à franchir chaque année les frontières européennes, dont 14 % par la voie maritime. »
On s’attaque aux effets, mais non aux causes…A grand renfort de mesures plus psychologiquement sécuritaire que porteuses de vraie sécurité.
Après la mise en place, en 2004, d'une agence de surveillance des frontières de l'UE, baptisée Frontex, la prochaine création d'"équipes d'intervention rapide aux frontières", appelées "Rabit" (de l'anglais "rapid border intervention teams") par les experts de Bruxelles, est une étape de plus dans la voie du « tout-sécuritaire » prônée par les pays de l'Union européenne.
Ces équipes, composées d'agents des corps nationaux de gardes-frontières des Etats de l'UE, pourront être « dépêchées provisoirement » dans un Etat membre demandeur confronté à des « pressions particulières », notamment en cas d'arrivée d'un « grand nombre de ressortissants de pays tiers tentant d'entrer clandestinement dans l'Union européenne ».
Autrement dit, en cas d' « afflux massif » de migrants, selon l'expression du rapporteur belge Gérard Deprez, ces « super-Dupont » transeuropéens viendront immédiatement à la rescousse de leurs collègues nationaux. Des « super-pompiers », des « super-douaniers », des « super-gardes frontières », des « super-flics ». Comme si les problèmes n’étaient que policiers. A quand, de nouveaux murs, de nouveaux barbelés, de nouvelles clôtures ?
Catherine Simon poursuit : « Mille questions surgissent, dont aucune ne trouve de réponse dans cette prose policière. Y aura-t-il, par exemple, dans ces équipes, des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) pour enregistrer les probables demandes d'asile ? Quels seront les recours des migrants, en cas de violation des "normes de protection internationale" ? Que fera-t-on des "migrants économiques" ? Où va-t-on refouler ces indésirables - vers quelles pauvres contrées, où la notion d'Etat de droit est un mirage et le respect de l'étranger une gageure ? De cela, la proposition adoptée à Bruxelles ne dit mot. Entre les morts de Ceuta-Melilla, il y a deux ans, et ceux de Toulon aujourd'hui, il n'y a guère de différence. Quelques larmes et des coups de bâton : les riches pays d'Europe n'auraient donc plus rien d'autre à offrir à ceux et celles qui frappent à leurs portes ? »
Les vraies solutions restent à trouver. Facile à dire…Deux chercheurs de l'Unesco,cités par Catherine Simon, Antoine Pécoud et Paul de Guchteneire, expliquent-ils, dans le dernier numéro de la revue « Courrier de la planète », que « les défis extrêmement complexes posés par les flux migratoires ne sauraient être résolus par une mesure aussi simple et naïve ». D’accord…Ils précisent aussi qu’il serait « tout aussi naïf de penser que de petites modifications au système actuel permettront de trouver des solutions justes et durables aux dilemmes soulevés par la mobilité humaine ». D’accord…
Mais concrètement, on propose quoi ? On fait quoi ? C’est le fossé Nord-sud qu’il faut tenter de combler ; Il est temps de donner à l’expression « co-développement » tout son sens et surtout toute sa substance. Le prochain sommet UE-Afrique, auquel la Présidence portugaise tient beaucoup, doit ouvrir de nouvelles perspectives. Un « espace euro-méditerranéen » digne de ce nom (auquel Sarkozy a raison d’être attaché) doit mettre ces questions au cœur des priorités et des urgences.
En attendant les fruits de ces politiques plus promises que lancées, restons au moins fidèles aux valeurs que nous prétendons porter et illustrer. Les migrants inconnus sont des personnes humaines, non des individus « marchandisés ». Une « Super-police des frontières », oui. Mais dans le respect des droits de l’homme, des principes du Conseil de l'Europe Et de ce « droit d’ingérence » humanitaire que nous devons aussi (et d’abord) appliquer chez nous, aux portes de cette Europe qui ne peut pas être une « forteresse ». La police n’est pas là que pour l’ordre. L’Europe doit être policée, et pas seulement policière…
03:35 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : europe, france, immigration, afrique, justice, police
23/02/2007
Mon carnet de campagne : Police de quartier, amnésie du bilan, idéal européen ou le culot et les impostures intellectuelles de Nicolas Sarkozy….
Oscar incontesté de la récupération : Nicolas Sarkozy.
Marianne d’Or incontestable de l’amnésie : Nicola Sarkozy
César mérité de la malhonnêteté intellectuelle, du grand écart et des contradictions mal assumées : Nicolas Sarkozy.
La récupération ? Sarko-le-ratisseur picore allègrement dans les programmes de Ségolène et de Bayrou. Un coucou, le Sarkoko… Il réussit même l’exploit de vouloir réinventer ce qu’il a lui-même supprimé. Revoici en effet, et par exemple, « la police de quartier »…Les hirondelles vont être de retour !
Alain Bauer, président de l'Observatoire national de la délinquance (OND), a été chargé par le premier flic de France candidat à l’Elysée de faire des propositions en vue de la mise en place d'une police dite de « quartier », une résurrection de celle dite de « proximité » qu’il avait supprimée « pour échec fragrant » et de celle que Villepin avait réclamée (en vain puisque la Premier des ministres n’a jamais eu d’autorité sur le premier des ministres) sous le nom de « police de tranquillité publique »…

Cette "police de quartier" est l'une des propositions-phares de la candidate socialiste à l'élection présidentielle, Ségolène Royal ? Il s’agit là d’une « coïncidence », ose-t-on dire à l’UMP où l’on affirme que ceci n’ rien à voir avec cela.
Les plus audacieux sarkozistes vont même jusqu’à voir dans ce retour en mode de ce qui a été bêtement supprimé la « preuve » de l’intelligence de Sarko-l’infaillible : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », en effet…
Le vrai problème, en l’occurrence, n’est pas dans le simple vol d’une idée somme toute banale (qui est sous une forme ou sous une autre dans tous les programmes sérieux sur la restauration de l’Etat où Sarko a été incapable de le remettre contrairement aux promesses) : il est dans les dégâts que le caprice castrateur du ministre de l’intérieur a provoqué dans les banlieues.

Il est vrai que Sarkozy se moque de son bilan. Qui lui est comme étranger. Comme il ignore les bilans des gouvernements de ces cinq dernières années. Avec lesquels il se veut en rupture. Il ne veut être jugé et élu que sur son projet (vague et mal chiffré), sur ses dires, sur sa tête, sur ses promesses.
Le bilan ? Quel bilan ? A Chirac de s’amuser s’il veut. A Raffarin et à De Villepin d’en dire du bien, s’il veulent. Aux oppositions d’en dire du mal (si elles sont entendues par des grands médias à la mémoire courte et à l’ouïe sélective branchée sur le sonotone de Sarkozy).
Sarkozy, lui, en reste à l’autosatisfaction autoproclamée et, sur les ombres, les points négatifs, les fautes et les erreurs, pratique un art de l’amnésie qui entraîne, sans procès, toutes les amnisties. On ne va pas de l’avant l’œil rivé sur le rétroviseur, non ? D’ailleurs, Sarkozy est intrinsèquement trop bon pour ne pas faire mieux (encore) que ce qu’il a fait. Puisqu’il le dit…

La Palme, d’or de la semaine, le César de la malhonnêteté intellectuelle, le Molière de la grande tromperie et le Grand Prix de l’hypocrisie c’est à son discours d’Européen « enthousiaste » (de cœur, de raison, de conviction, de passion….) que Sarkozy les doit. Sous les applaudissements d’une foule de supporters ivres de bonheur, il a réussi l’exploit des exploits. Célébrer l’Europe et la crucifier. La chanter et l’assassiner. L’appeler de ses vœux et l’accabler. Dans le même texte, bien sûr!
Oui, Monnet, Schuman, De Gaulle, Adenauer et …Mitterrand adulés. Mais au nom des « NON » prononcés, que de réquisitoires prononcés contre cette Europe chargée de tous les défauts ! Dupont-Aignan, Chevènement,Fabius, Le Pen et les « alter-européens » de tous les bords y trouveraient leur petit lait…

« Ce n'est pas le non néerlandais et français à la Constitution européenne qui est responsable de la crise de l'Europe, c'est la crise de l'Europe qui est responsable du rejet de la Constitution (…). Cette crise n'est pas conjoncturelle. Elle vient de loin (…) Répéter que tout va bien nous conduirait tout droit à la catastrophe. »
Au nombre des griefs, le candidat de l'UMP reproche à l'Europe de « tenir le peuple à l'écart », de s'être « dépolitisée », d'avoir préféré l'élargissement à l'approfondissement, de négliger « la protection de nos intérêts" »face au dumping fiscal et social et de limiter sa politique monétaire au contrôle de l'inflation. « Nous devons être capables de proposer une Europe qui se donne au moins les moyens de faire ce que font les Etats-Unis, qui savent parfaitement protéger et promouvoir leurs intérêts.(…)Nous avons la deuxième monnaie du monde. Pour en faire quoi? Rien!(…) La Commission rêve d’une Europe sans usine et sans paysans »

Je n’insiste pas plus. Je me contente de quelques constats :
>>> Chirac et les gouvernements qui se sont succédés ont une belle part de responsabilité dans ce qui est ainsi dénoncé. Il aurait pu rajouter bien d’autres griefs à cette Europe inachevée et défigurée, notamment par le stupide Traité de Nice.
>>> L’Europe coupée des citoyens ? Comment ne le serait-elle pas dans cette France où Bruxelles joue le rôle permanent de bouc-émissaire et où le Parlement (inexistant démocratiquement) n’est jamais consulté sur des affaires européennes toujours considérées comme étrangères (et non intérieures), où les directives ne sont que tardivement et mal introduites dans le droit français, où aucun effort de pédagogie n’est fait….
>>> Dans ses fonctions de ministre de l’intérieur, Sarkozy a montré l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Quel a été son apport à un espace de sûreté et de justice plus grand ? Ses absences aux réunions les plus importantes comptent plus que ses présences…
>>> Dans ses recours à « l’Europe », Sarkozy n’a plaidé que des dossiers qui pour lui étaient politiquement rentables (sur la Corse, par exemple) « Malraux disait : L'Europe sera volonté ou mort. Où est la volonté de l'Europe? (…) Et si nous ne sommes pas très vite capables d'y répondre, l'Europe risque de mourir. Et avec elle une certaine idée de la France ». Très juste. Mais Sarko-Président saura-t-il faire ce que Sarko ministre des finances, ministre de l’intérieur, ministre de l’aménagement du territoire et patron du parti ultra-majoritaire depuis cinq ans n’a ni su ni pu ni voulu faire ?
A cela s’ajoute une remarque qui devrait au moins faire débat et qui peut étonner chez un Républicain qui se recommande toujours du gaullisme : comment les résultats d’un referendum pourraient-ils être effacé par un simple vote parlementaire ? Comme pourrait dire Bayrou en reprenant une phrase d’Edgar Pisani : « Je n’ai jamais été gaulliste, mais je reste gaullien ». On ne réconcilie pas les citoyens avec l’Europe en effaçant les citoyens : cette vision très particulière de la démocratie n’est inquiétante que pour les « affaires européennes »…

Qui plus est, accuser de « démagogie » Bayrou et Royal parce qu’ils s’engagent à respectée la voie référendaire choisie par Chirac et la majorité UMP relève d’une sémantique qui exige une révision du dictionnaire… La « démagogie », c’est (entre autres) de promettre ce qu’on n’est pas sûr d’honorer. Un vote sur un mini-traité « dès l’été 2007 » (la date est si nouvelle qu’elle ne figurait pas dans le texte déclamé) relève que quoi ?
Et un traité « simplifié, de nature institutionnelle », cela veut dire quoi ? Un traité, cela ne s’autoproclame pas : cela se négocie et se conclut avec d’autres, par définition…

Mais en bon (mauvais) Européen de type franchouillard arrogant et méprisant pour les autres, partisan non d’une « Europe européenne » comme disait De Gaulle, mais d’une « Europe française », comme la rêvait Napoléon, Sarkozy raisonne comme si, en visant l’Elysée, il était candidat à la Présidence d’une République européenne qu’en fait il ne veut pas. Contrairement aux espérances des ex-centristes mous qui ont pris l’habitude d’être « roulés dans la farine » (comme disait Chirac) en ralliant une UMP qui trahit à la fois De Gaulle et Schuman pour devenir un « parti républicain » français à l’américaine.
Il ne s’agit pas là d’un procès d’intention, mais d’un constat : « J’en exprime ma tristesse », comme disait Sarkozy, sensible bien que cynique, à Strasbourg dans sa Pavane pour une Europe blessée pour laquelle il ne propose aucune solution rédemptrice.
Le malheur, bien sûr, c’est que les acrobaties, les contorsions, les grands écarts du petit Nicolas trompent bien des auditeurs-électeurs sincèrement pro-européens…qui ne retiennent de discours-fleuve que « l’idéal » proclamé et non sa trahison programmée. A Bayrou de faire encore plus et mieux…si l'on veut pour la France "un Président européen"!
Daniel RIOT
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31/01/2007
Mon carnet de campagne : l’Etat impérial de Nicolas Big Brother…
Soyez rassurés : le 9 avril, Sarkozy ne sera plus ministre de l’intérieur ! Il l’a dit sur Europe 1… D’ici là, il veillera sur "notre sécurité" : une « question de devoir ». Et une affaire toute personnelle. A quel poste gouvernemental peut-on mieux se protéger de ses adversaires et de ses faux amis. La « république honnête » exigera une « rupture » non tranquille, mais « radicale ». Celui qui « a changé » devra se métamorphoser ! Scandaleuse, cette double casquette.
Dernières nouvelles des RG… Nicolas va encore crier au « mensonge », à la « calomnie »,parler de « rideau de fumée » et de « tempête dans un verre d’eau »…
>>>Selon le Canard, les RG ont enquêté sur le Patrimoine du couple Royal-Hollande : un traitement de faveur de plus pour ces « socialistes » qui ne sont estimables qu’en dehors de France selon le ministre qui se rend à Londres (et ailleurs) pour y tenir des discours de candidat
>>> Selon le nouvel Observateur les habitants du quartier où Sarko a installé son QG de campagne sous mis sous pression (et en fiches) par des enquêteurs des RG. Un « recensement de sécurité » dont aucun autre candidat ne « bénéficie »… Le QG est considéré comme une annexe du ministère de l’intérieur. Nicolas Big Brother veille sur lui. Jack faisait allusion à Fouché, le sinistre ministre de la police de Napoléon. Que se passera-t-il dans la république impériale qui s’annonce si « Sarkopoléon-le-petit » devient plus grand encore ? Nous serions loin, très loin de la « république impartiale » annoncée d’une façon crédible par Bayrou.
Mais bientôt du nouveau peut-être. Une enquête serait en cours dans les services de polices. Sur la véracité des faits relatés ou sur … les origines des fuites?
14:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politique, présidentielles, police
11/01/2007
« Sarkopolice » ou la Grande illusion…
Les statistiques sur la délinquance ne sont pas plus crédibles sous Sarkozy que sous d’autres ministres de l’intérieur. C’est dans la « nature des choses », redirait De Gaulle… Ce qui est à la fois bête et scandaleux, c’est leur exploitation politique. En la matière, Sarkozy est expert. Trop sans doute. Les contre rapports publiés en cascade cette semaine (pas seulement par le PS) sont des effets boomerang logiques. Selon une formule à ne jamais oublier : « une vérité officielle n’est pas vraie, elle est officielle ». Il est bon qu’elle soit contestée, car elle est contestable.
La belle assurance et l’autosatisfaction de façade de Sarkozy seraient légitimes si elles se fondaient sur des données chiffrées incontestables. Sur des analyses aussi qualitatives que quantitatives.

Les chiffres mentent ? Bien sur…Pour cause : trop d’inconnues, trop d’incertitudes, trop de données erronées, trop de mélange des genres… Quand on pense (par exemple) que, dans une nuit de voitures brûlées, les chiffres des pompiers sont souvent différents de ceux de la police, qu’un vol de portable ou d’un vélo compte autant que le vol d’une valise pleine de billets, qu’un œil au beurre noir compte autant qu’ ventre troué par un couteau, que selon un rapport inédit rendu public par le Nouvel Obs plus de 500 000 délits en tous genres sont « oubliés » tandis que des interpellations « faciles « sont comptabilisées, on comprend que dans ce domaine plus que dans tout autre on peut « faire dire n’importe quoi » aux chiffres. Et tricher non seulement dans leur interprétation mais aussi dans leur confection…
Qui plus est, bien des progrès constatés dans les chiffres « officiels » (vols de voitures et cambriolages par exemple) ne sont pas dus aux forces du « premier policier de France », mais à des évolutions visibles dans toute l’Europe : gardiennage privé, alarmes, vidéo-surveillance, réflexes de prudence plus vifs, actions des autorités locales etc...).
Le pire, sans doute : la grande délinquance (en cols blancs, dans l’économie souterraine et dans l’économie criminelle) n’est évidemment pas comptabilisée…
Même les statistiques sur les taux d’ « élucidation » sont trompeuses : deux chercheurs viennent de démontrer que dans les chiffres de Sarkozy, il y aurait eu depuis 2002 plus d’affaires « élucidées » que de dossiers ouverts… Beau bilan de la « culture du résultat » chantée par Sarko-le-mystificateur.
Cela ne veut évidemment pas dire que les bilans chiffrés ne doivent pas être faits. Il faut les affiner même, accroître leur fiabilité, perfectionner leur mode d’établissement.
Mais il ne faut surtout en jouer et s’en servir comme argument de vente électoral. Les effets de manche et de gueule « sécuritaires » n’assurent en rien la vraie sécurité. L’échec de Sarkozy c’est le décalage entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, entre ce qu’il prétend et ce qui est. Aux promesses non tenues s’ajoutent les bilans mensongers. Les dupés comptez-vous… Zéro de conduite pour le chantre de la « tolérance zéro ». Les discours démagogiques ne règlent rien, mais aggravent tout.
Mais le pire des échecs du ministre d’Etat si fier de son bilan faussé, c’est la carence des carences : l’absence d’une vraie réforme en profondeur d’un système qui pour l’heure ne correspond pas à des impératifs citoyens et à des nécessités vitales pour une sécurité authentique.
Qu’a-t-il fait malgré sept lois plus répressives que « sécuritaires » ? Des compléments, des ajustements, des amendements à ce qui a été par Chevènement et Vaillant… Dans certains domaines, celui de la police de proximité notamment, il a même engendré des régressions regrettables

Qu’aurait-il du faire ? Une seule grande réforme qui assure un système policier démocratisé, modernisé avec des finalités prioritaires claires :
*luttes contre les violences contre les personnes, contre les trafics en tous genres, contre les délinquances urbaines
*renforcement des coopérations policières au niveau européen (domaine dans lequel Sarkozy n’a pris aucune initiative digne de ce nom)
*amélioration des outils statistiques (sur 2005, l’INSE a recensé trois fois plus de délits que les fonctionnaires du ministère de l’intérieur et l’Observatoire crée par Sarkozy est tributaire des chiffres des policiers)
*inscription d’une stratégie de police nationale dans une politique d’ensemble notamment dans les quartiers dits difficiles non raison de ceux qui y habitent mais des conditions dans les quelles on y vit sont inadmissibles
La sécurité n’est pas qu’un problème de police. Elle ne s’assure pas que par des mesures répressives parfois liberticides. Elle repose sur un carré d’or : « conditions de vie-éducation-prévention-répression »
La sécurité exige aussi des réactions politiques réelles quand des « explosions » surviennent, quand des modes asociales se développent, quand des périls s’annoncent… Quelle réaction autre que verbale après les « émeutes » de l’automne 2005 ? Aucune...sauf quelques exhortations vides de sens. Quel suivi à la promesse de supprimer les « zones de non-droit » ? Aucune… sauf de la publicité pour Karcher. Quelles études et quelles mesures face au développement de la « violence gratuite » ? Aucune… sauf la remise à l’honneur du mot « voyou » à la mode dans les années 50-60. Comme l’expression « police réactive »
Sarkozy a excellé dans un genre: le volontarisme, Cette « gymnastique en chambre », selon la formule de Jean-Louis Bourlanges, est bonne pour mobiliser les « troupes » et faire des plateaux sur le 20 heures de TF1. C’est payant dans les sondages. Mais il a manqué de ce qui est essentiel quand on tient les commandes d’une des responsabilités d’Etat les plus hautes : la volonté. C’est dramatique pour la France et les Français.
Si l’on faisait un film sur Sarkozy à l’intérieur, ce pourrait être « Sarkopolice, ou la grande illusion ».
Daniel RIOT
17:05 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, police, société, politique, présidentielles
21/09/2006
Les limites des « méthodes Sarko » …
Les polémiques police-justice déclenchées par autour du tribunal de Bobigny et de la situation toujours exécrable, scandaleuse et explosive en Seine-Saint-Denis apportent plusieurs confirmations qui concernent directement Sarkozy, ses méthodes, son bilan, son efficacité et…son avenir.
Anxiogène Sarko ! Anxiogène à force de dénoncer une insécurité chronique qu’il ne parvient pas à juguler malgré des méthodes et des discours qui se voudraient …sécurisants.
Il n’est évidemment pas question ici de qualifier d’une façon outrancière ou caricaturale le ministre de l’intérieur qui occupe un poste extrêmement difficile.
Il n’est pas question non plus de disqualifier le candidat (probable) de l’UMP à l’Elysée même si cet homme politique riche de bien des qualités souffre de ne pas avoir la stature (rare il est vrai) d’un homme d’Etat.
Question de style : des effets de manches trop fréquents (qui relèvent plus de la communication que de l’information), une tendance constante à confondre « parler vrai » et arrogance (ou faire-savoir et savoir-faire) et une combativité de type marketing ostentatoire plus révélatrice d’ambitions personnelles que du sens de l’intérêt supérieur.
Question d’idéologie aussi : L’Homme de la Place Beauvau qui a osé, à New York, contredire les orientations diplomatiques de son gouvernement et de son pays (au mépris de l’esprit de la Constitution de la V ième République) incarne la ligne orléaniste d’une droite dite « libérale » que le général de Gaulle a dû affronter en de multiples occasions…
En l’occurrence, à propos de Bobigny, Sarkozy est anxiogène aussi sur un autre plan : sa conception personnelle de la séparation des pouvoirs et des compétences. Nul ne conteste la nécessite de reformer la justice en France et de lui donner davantage de moyens. Le ministre de l’intérieur serait dans son rôle en ramant dans le même sens que son collègue Garde des Sceaux, non en dénonçant les magistrats…Mordre sur l’électorat de Le Pen n’autorise pas tout…Ce n’est pas seulement l’image de Sarko qui est ainsi écornée, c’est sa crédibilité qui est entachée. Comme dit Guy Canivet, président de la Cour de cassation : «
Cette nouvelle atteinte à l'indépendance de l'autorité judiciaire et la polémique qui s'ensuit, opposant les institutions publiques, affaiblissent tout autant le crédit de la justice que l'autorité de l'Etat »…
D’autant plus que la police a une part de responsabilité dans la situation actuelle que Sarko devrait assumer personnellement.
La gauche a raison de multiplier ses attaques contre le ministre de l’intérieur qui une fois de plus est en porte-à-faux de Villepin et Chirac. «"Dans tout autre pays réellement démocratique, la grave mise en cause des magistrats par M. Sarkozy serait sanctionnée par une démission », constate justement Jack Lang
Et Bayrou a raison de souligner : « L'Etat est très présent là où ça va convenablement et il est complètement absent là où ça va mal", il faut "inverser le processus » (…) Au moins, on devrait éviter les rodomontades, on devrait éviter d'annoncer des changements spectaculaires là où il n'y en a pas » (…).
La véritable action politique, c’est de résoudre les problèmes. Pas de jouer les « gros bras » et les « grandes gueules » en n’assumant pas ses propres échecs.
15:30 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkzy, politique, justice, police, société, présidentielles, commentaires










