09/06/2007
Interessant: A lire et à méditer
Une parution qui mérite attention!
"Annales n° 4" de l'Union Protestante Libérale (Strasbourg)
Cet opuscule propose les trois contributions suivantes :
- Giordano Bruno, tel Jésus, coupable de liberté, de Philippe Kah
- L'existence devant l'inconditionné chez Paul Tillich, de Claude Conedera
- Le projet politique de Jésus, de Ernest Winstein
Le recueil est communiqué pour une participation aux frais de 5€ (frais d'envoi en sus). S'adresser à l'Union Protestante Libérale, 3, rue Calvin F 67000 Strasbourg. Tél. 03 88 35 24 54. Mail : mailto:unionprotlib@free.fr
Le site de l'UPL : http://unionprotlib.free.fr
Le blog de l’UPL : http://unionprotlib.over-blog.com/
" Jésus de Nazareth et Giordano Bruno, l'un et l'autre ont œuvré dans le monde des idées, délivrant un message, un enseignement pour le premier et cherchant le savoir, la science véritable pour le second ; les deux visant l'épanouissement de la liberté de l'auditeur qui sait comprendre. Au terme de leur parcours, les deux également connurent un destin tragique. " (Philippe Kah)
" TILLICH ne garde pas le cadre d'une philosophie critique qui sépare l'Etre et la pensée de l'Etre. Il lui faut un autre héritage : non une philosophie qui cherche les conditions de possibilité de la connaissance, le prix à payer est trop cher, mais une philosophie à la fois " critique et intuitive " qui unit l'Etre et la pensée de l'Etre." (Claude Conedera)
" L'engagement au service de Dieu a conduit Jésus, à sa manière, à un engagement " politique ".
Nous ne projetterons pas sa royauté vers un futur éthéré, mais prendrons exemple sur cet homme de foi. " (Ernest Winstein)
11:20 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : strasbourg europe, idées, politqie
15/01/2007
Après de fête de l’UMP, la « gueule de bois »… pour les concurrents de Sarko
MON EDITORIAL : Julien Dray peut bien crier au secours : « La droite violente revient », « c’est inquiétant pour les citoyens »
François Hollande peut bien crier au scandale devant « la captation d’héritage » de cette droite qui ose faire référence à Jean Jaurès et devant la « tactique d’évitement » de Sarkozy qui oublie le « bilan » du gouvernement dont il fait toujours partie.
Ségolène (qui a passé son dimanche à la campagne, chez des paysans « qui réussissent » et dans cette France… « respirante ») peut toujours jouer les indifférentes…
Le PS a pris un coup sur le cailloux avec la prestation de Sarkozy devant ses troupes « émues aux larmes », certaines que « tout est possible », en admiration devant le « petit Français au sang mêlé » qui veut rassembler « tous les Français sans exception »…

De tous les éditoriaux de ce matin, celui de Laurent Joffrin dans « Libération » est sans doute le plus pertinent :
« Un homme qui cite Jaurès, Hugo, Mandel et Zola peut-il être entièrement mauvais ? Un homme qui veut une démocratie "irréprochable" peut-il être accusé de lepénisme rampant ? Un homme qui parle longuement du "droit opposable" pour les mal logés et pour bien d'autres est-il ultralibéral ? On dira que c'est la part de cynisme bien connue chez Nicolas Sarkozy. (...) Mais oui, cet homme est dangereux : avant tout pour la gauche. ». Très juste !
Joffrin poursuit : « Il n'est pas le César ou le Napoléon qu'on voit parfois en lui. Plébiscité par son camp, seul maître à bord sur le vaisseau du conservatisme moderne, il n'a pas eu besoin des grenadiers de Murat, chers à de Villepin, pour s'imposer. Il a triomphé par l'énergie, le talent, l'organisation. Il tient son affaire : c'est bien ce qui inquiète. Le danger est maintenant bien identifié : un champion maître des médias comme de lui-même, de l'Etat, de son verbe et d'une machine redoutable.(...) »
Eh ! Oui. Il a même été encore plus performant, plus émouvant et plus séducteur dans son plateau du JT de TF1 que sur la scène de la Porte de Versailles : un artiste tout terrain ce Sarkomalin, comédien de talent qui sait jouer de la voix et du geste dans des improvisations …bien préparées. Dans la « politique-spectacle » que nous connaissons, cela compte, bien sûr. Et cela peut se compter en voix. Oui, il a « changé » parce que, la fonction créant l’organe, Sarko-le-Petit à su prendre la hauteur qu’exige le poste qu’il brigue.
La barre est haut placée. A lui de ne pas faire le ou les faux pas qui font dégringoler. Mais qui encore prédire qu’il risque de s’effondrer dans le trimestre qui vient. A ses concurrents, plongés dans une situation pleine de « gravitude », de s’y adapter… sans forcément jouer dans les mêmes registres.
Son programme attrape-tout présente bien des faiblesses et des contradictions exploitables. Et ce qu’il a fait n’est guère rassurant dans la perspective de ce qu’il pourrait faire dans une république usée qu’il refuse de réformer en profondeur.
Mais en attendant, ce lendemain de fête donne la gueule bois …à ceux qui n’y ont pas participé. C’est un constat, non une marque de satisfaction personnelle.
Daniel RIOT
16:00 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, politqie, présidentielles, PS
23/10/2006
Vers la réinvention des "Commissaires du peuple" et la "démo-loterie" par "tirages au sort"? Le révolutionnarisme "démocratique" de Ségolène Royal suscite de légitimes interrogations...
Comment revitaliser la démocratie ? Comment redonner (ou donner) plus de vigueur, de muscle, de chair entre « le peuple » et ses représentants ? Comment rétablir (ou établir) la confiance entre les électeurs et les élus ? Comment concilier « démocratie représentative », « démocratie de concertation », « démocratie directe » et « démocratie représentative » ? Débats,études et confrontations d’idées ne manquent pas C’est dans ce contexte qu’il faut apprécier les dernières propositions (encore vagues) de Ségolène Royal sur des « jurys de citoyens »…
Les propositions de Ségolène. Dans le cadre de la "démocratie participative" qu'elle entend mettre en place si elle est élue en 2007, elle voudrait faire de faire évaluer « l'ensemble des politiques publiques » par des « jurys de citoyens ». Ces jurys de citoyens « tirés au sort » permettraient d'instaurer « une surveillance sur la façon dont les élus remplissent leur mandat », a-t-elle expliqué lors de la 15e Cité de la réussite à la Sorbonne. Ils fonctionneraient "à partir d'un certain nombre d'indicateurs que l'on pourrait démocratiquement mettre en place", a ajouté Ségolène Royal sans plus de précision.
Pour "associer les citoyens aux décisions qui les concernent", la candidate socialiste a également proposé de mettre en place des référendums d'initiative populaire et des budgets participatifs, sur le modèle de celui qu'elle a instauré depuis 2004 dans sa région Poitou-Charentes. « Moi, je n'ai pas peur du peuple. Je crois à son intelligence collective », se plait-elle à répéter…
Les commentaires : Une « idée révolutionnaire, au sens propre et au figuré », lâche LE FIGARO.. « Mais une idée qui donne du grain à moudre à ceux qui, y compris au sein du PS l’accusent de populisme ». En effet….
Max Gallo,, dans le même Figaro, résume : « L'expression de « jury de citoyens tirés au sort » m'inquiète beaucoup. Car à ce moment-là, il faut être concret. Qu'est-ce que ça veut dire ? Tiré au sort parmi quel corps électoral ? Comment tire-t-on au sort ? Qui organise le tirage au sort ? Qui sont ces citoyens ? Combien seront-ils ? On entre dans une imprécision, dans un flou qu'il faut qualifier de démagogique, et, si j'étais excessif, je dirais que cela me fait penser qu'au terme de ce type de mise en oeuvre - en apparence - de la démocratie, on a la Révolution culturelle du président Mao, qui voulait « tirer sur le quartier général » et faire juger les professeurs et tous les représentants par le peuple, représenté par les militants qui viennent juger et condamner ceux qui sont élus. » Et l’historien d’ajouter : « On peut craindre que, dans le cadre politique, les jurys de citoyens deviennent très rapidement des tribunaux populaires. On sait à quoi cela peut conduire. (…)Qu'il faille une évaluation du travail des élus, pourquoi pas ? Que les élus aient à rendre des comptes, pourquoi pas ? Mais, en démocratie, on n'a pas trouvé mieux pour rendre des comptes que le suffrage universel au terme d'une durée fixée par la loi. »
La balle a vite été reprise au vol par les deux autres prétendants socialistes. Dominique Strauss-Kahn s'y est déclaré opposé : "Généralisons les comptes-rendus de mandats, mais pas de jurys populaires. Le suffrage universel, c'est la règle et dans l'intervalle, entre deux élections, des comptes-rendus aussi fréquents que possible", a-t-il déclaré sur Europe 1. Quant à Laurent Fabius, il a jugé « cette dimension locale" prônée par Ségolène Royal comme " intéressante mais pas suffisante". L'ex-Premier ministre a estimé que "ce n'est pas seulement à partir de la région que l'on renforcera le pouvoir d'achat des salariés ou que l'on combattra le réchauffement de la planète ».
La polémique ne fait sans doute que commencer. C’est logique : c’est le principe même de la démocratie représentative qui est remis en cause ou menacé de l’être. Concertation et participation ne riment pas avec « commissaires du peuple », avec tous les risques d’arbitraire… « par tirage au sort ».
Déjà, les pouvoirs politiques sont trop souvent limités dans leurs actions par les poids des sondages et de la rue …et par des contraintes administratives, ou plutôt bureaucratiques qui s’exercent avant, pendant et après toute action, toute entreprise, toute réforme.
Revenons à Montesquieu et sa séparation des pouvoirs : là il y a énormément de choses à faire. Redonnons au Parlement le rôle (d’initiative et de contrôle) qu’il n’a plus en France, mais qu’il conserve ailleurs. Rendons plus « représentatives » les deux Assemblées. Donnons aux instances d’études et de prospectives (comme le Conseil économique et social) plus de représentativité et plus de compétence : elles sont souvent des « placards dorés ». Redonnons au Commissariat au Plan l’esprit qu’il avait quand De gaulle et Monnet l’ont crée. L’idée de Bayrou d’un haut Conseil d’alerte est nettement plus porteuse d’avenir que cette curieuse réinvention des commissaires du peuple tirés au sort.
Les idées avancées par l’Association française des Conseils en affaires publiques doivent être plus débattues et approfondies en tirant parti de ce qui se fait de mieux dans d’autres pays. Attention aux idées-gadgets, aux « fantasmes marketing » et aux initiatives plus chargées d’illusions démagogiques que de porteuse d’une authentique modernisation. « Ne pas avoir peur du peuple », c’est d’abord ne pas confondre « peuple » et « populace » ou « masse ». Ce n’est surtout pas faire du suivisme quantitatif, pratiquer cette « doxocratie » qui fait tant de ravages, à tous les niveaux.
Concilier intérêt général et intérêts particuliers, dépasser la fragmentation et l’antagonisme des intérêts, des savoirs et des aspirations, articuler le local et le général, gérer le présent en préparant l’avenir ne se fait pas par « tirages au sort ». On ne maîtrisera pas « l’économie-casino » si dénoncée par une « politique-loto » ou une « démo-loterie » : on risquerait d’y perdre au grattage et au tirage.
La République française, fausse monarchie oligarchique vraiment vieillissante, doit être réformée en profandeurs, mais améliorations ne doivent pas être régressions…
16:10 Publié dans Edito, Présidentielles 2007: carnet de campagne | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : politqie, présidentielles, Ségolène Royal, démocratie










