24/02/2007

Mon carnet de campagne : « le Panthéon descend jusqu’à la Bourse »

« Travail, famille, Etat »… Sarko en gare de Perpignan

« Travail, Famille, Etat »… Je ne fais que résumer le « grand discours » de Nicolas Sarkozy à  Perpignan, dont la gare selon Salvador Dali est le « centre du monde ». Toute ressemblance avec des circonstances ayant pu exister ne sont pas de mon fait. « Sarko, nous voilà »…

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Et la Patrie ? Obsolète, la Patrie ? Ringarde, la Patrie ? Comme écrit Max Gallo, « on ne peut bâtir l’avenir de la Nation sans assumer toute son Histoire »…Mais non, il ne l’oublie pas la Patrie, Sarkozy !… Il chante  « l’amour de la Patrie, la fidélité de la France à son drapeau, la gratitude vis-à-vis de ceux qui se sont battus ». Exemplaire, le grognard Sarkozy qui a, en bon soldat de l'Empire des ambitions,  un bâton de maréchal dans sa giberne ! 

Il dit (presque) « je suis la République » comme Napoléon proclamait « je suis l’Empire » avant de quitter l’histoire pour entrer dans la légende, ou  « j’appartiens à la Révolution » comme clamait Napoléon III, dit le « Petit »  par Hugo,  « Crapulinsky » par Marx et « Badinguet » par les humoristes.

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Ordre, Autorité, Valeurs... 

Une référence ce bonapartisme « petit » chez les sarkozistes ! Une source d’inspiration même pour les porte-parole du Cac 40 et de l’hyper-capitalisme : « Avec lui, le Panthéon est descendu jusqu’à la Bourse », ironisait Jules Vallès…

«Ordre, Autorité, Valeurs »… L’autre triptyque de Perpignan. C’est beau aussi, non ? Syrtout quand il s’agit de compenser indirectement les discours musclés que Le Pen tient tient à l’uatre bout de la France, à Lille… Le triptyque de la fierté nationale recouvrée. Le trépieds  d’une « République irréprochable », d’une « Etat impartial », d’une « Etat qui domine les corporatismes et les féodalités ».

Avec promesse d’une « Extinction du paupérisme », pour refaire référence à Napoléon-le-petit ? Pas même… On ne peut pas tout faire : vanter le travail, et se préoccuper  des travailleurs en difficultés ou au chômage… Pas de référence à Blum ou à Jaurès à Perpignan ! Juste une allusion à Jules Ferry, l’une des références naturelles de Bayrou.

Ce triple mot d’ordre   déchaîne des applaudissements nourris d’une foule enthousiate sous le charme du candidat qui réussit l’exploit… de faire oublier le ministre.

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L'autorité, çà se mérite...

L’Ordre ? Très relatif ces cinq dernières années, non ? Les Valeurs ? Plutôt piétinées ces 25 dernières années, non ? L’Etat impartial ? Il reste à instaurer, non ? Mais comment le faire quand les discours électoraux sont essentiellement électoralistes. Et quand les réformes annoncées ne sont que des réformettes pour que rien ne change, sauf quelques têtes…

Comme dit encore Max Gallo qui vient de publier « L’âme de la France » (Fayard), « on présente des réponses fractionnées destines à chaque catégorie de Français » : « un entassement de solutions circonstancielles ne fait pas un projet pour la France »…

L’autorité, « ça se mérite », reconnaît Sarkozy qui, en tant que ministre, a plus démontré un autoritarisme que de l’autorité.

Psychologiquement, le « cas Sarko » est vraiment intéressant. Le ministre n’a agi qu’en candidat et le candidat oublie qu’il a été (et qu’il est encore) ministre. Un chef d’œuvre du genre, son discours près de la gare de Perpignan…

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Humour, politique et … scoop : Ruquier serait de gauche…

Laurent Ruquier est de gauche. Et il l’a dit à l’antenne…Sans dire qu’il votera Ségolène. En précisant qu’il n’est ni encarté ni militant. Et en se défendant de tout sectarisme : « la preuve, Eric Zémour ». Il pourrait en donner d’autres, Steevy par exemple, ou Doc Gynéco, un fidèle de ses plateaux. « Je suis comme je suis. Il faut me prendre comme je suis, dit-il. Je ne m’affiche pas. Si mon émission était suspendue, je ne me battrais pas »…Personnellement, je suis contre toute censure, mais j’ai horreur aussi de l’hypocrisie et des « deux poids deux mesures ».

« Je respecte les téléspectateurs de droite et de gauche. Ce que je ne respecte pas c’est l’intolérance de droite et de gauche », ajoute Ruquier chez le « Médiateur » de France 2 en assurant qu’il était soucieux de pluralisme.

Il n’empêche que l’humoriste est perçu comme un éditorialiste : loi du mélange des genres dans cette « Société du spectacle » annoncée par Guy DEBORD…  « Le spectacle est l’idéologie par excellence parce qu’il expose et manifeste dans sa plénitude l’essence de tout système idéologique : L’APPAUVRISSEMENT, L’ASSERVISSEMENT ET LA NEGATION DE LA VIE REELLE »

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La « cucculture » du « doigt dans le nez » de Jack Lang

Ils ont ordre de cogner, alors ils cognent. Mais ils n’ont guère de vraies critiques à formuler contre le programme social-économique de Bayrou, ils cognent dans le vide. Jack Lang, champion hors catégorie du savoir dire tout et le contraire de tout, cogne le plus fort, en insultant non le candidat mais ses électeurs : M. Bayrou est un "attrape-benêts" (…) "ceux qui imaginent qu'il pourrait franchir le premier tour se mettent les doigts dans le nez".

L’insulte, c’est ce que pratique aussi Michel Sapin, qui a remplacé Eric Besson dans les fonctions de responsable économique du PS Il dénonce un programme "libéral et droitier" : "Derrière l'apparence d'un équilibre centriste se dissimule un projet qui tourne bien souvent au plagiat de celui de Nicolas Sarkozy". Il a vu çà où l’expert ? il n’a du lire aucun des deux programmes…

Où est la résignation ?

Didier Migaud, conseiller budgétaire de Mme Royal, a estimé que "François Bayrou ne porte qu'un discours de la résignation, de l'absence d'ambition et de volonté". Ah ! Oui. C’est plus facile de creuser encore un déficit et d’aggraver des dettes que de réparer les pots cassés. De multiplier des promesses que de prendre des engagements. « Je veux… Je veux… » redirait Ségolène

Vincent Peillon, qui a rejoint le pôle des porte-parole de la candidate socialiste, a estimé qu'"on ne voit pas comment François Bayrou peut encore espérer faire illusion et obtenir le vote d'électeurs de gauche" : "M. Bayrou a voulu nous faire croire qu'il n'était ni de droite ni de gauche,  mais il est pleinement et totalement de droite et son embryon de programme est à la fois conservateur et libéral."

Le discours d’Arlette au PS

Dans Le Parisien du 24 février, Jean Peyrelevade, qui a participé à l'élaboration du programme économique de M. Bayrou, rejette évidemment ces accusations qui volent encore plus bas que les propositions programmatiques de la royale mitraillette à promesses non tenables au coût sous-estimé : "Cela me fait rire, affirme l'ancien directeur adjoint du cabinet de Pierre Mauroy. C'est le même discours qu'Arlette Laguiller. Cela ne tient pas lieu d'argumentation." C’est me moins qu’on puisse dire.

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Si mettre l’économie au service du social, c’est être de droite, si concilier compétitivité et solidarité c’est être libéral, si mettre la fiscalité au service du dynamisme et de la justice sociale, c’est être conservateur, les archaïques dits de « gauche » qui ont tant contribué depuis 25 ans au développement du chômage, des inégalités, de l’appauvrissement des classes moyennes, de la ruine des plus pauvres et aux difficultés des jeunes doivent réviser leur vocabulaire.

Que veut dire le mot « socialiste », aujourd'hui,  en français de France ?

Mais que peuvent-ils faire d’autre que de la vile polémique ces brillants social-royalistes quand les plus sérieux d’entre eux savent que le programme de la sociale-économie (et non « social-libéral », comme le disqualifie Le Monde) de Bayrou est le plus crédible, le plus novateur et le moins démagogique de tous. Rien n’est pire de devoir critiquer quelqu’un à qui on n’a aucun reproche à faire…

Au fait, à propos de vocabulaire, « socialiste » cela veut dire quoi, aujourd’hui, en français de France ? « Le renoncement tranquille » lâche Max Gallo qui fut l’un des ministres qui voulaient « changer la vie ». Et qui préfère, pour des raisons qui le regardent, le « tout est possible » (même le pire) de Sarko (repris d'un vieux slogan du PS) à « l’ordre juste » (sarkozien venu de très à droite) de Ségolène.

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Il ne peut évidemment pas choisir Bayrou, Max-le-logique : le Béarnais est le seul candidat qui soit  authentiquement européen … ce qui est inadmissible pour Gallo le nationaliste souverainement passéiste, plus chevènementiste que Chevènement. En ce sens son non choix de Bayrou est un hommage rendu au candidat de l’extrême-centre, libre, indépendant et européen 

Daniel RIOT