08/11/2006

Carnet de campagne: "22, c'est la fin du casting"...

Hulot, le HEROS

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>>> Le héros du jour n’est pas l’un des trois participants au dernier débat « télévisé » entre les trois prétendants du PS… C’est Nicolas Hulot, pro de la « communication », animateur-vedette de la télé, champion et héraut de l’écologie, fort de convictions profondes, riche de soutiens crédibles, conseillé par des experts compétents, servi par une Fondation et des réseaux intelligents, et porté par la plus belle des ambitions : FAIRE plutôt qu’ÊTRE . Avec la plus belle des ambitions : celle qui influence plus que celle qui s’exerce et se trahit en s’exerçant…

Son pacte pour l’écologie est publié. Il ne demande rien. Il attend qu’on lui propose. Force de la vraie puissance, de la vraie force, du vrai pouvoir.

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Pourquoi n’a-t-on pas eu, dans  un registre comparable, un « Hulot de l’Europe » ? Car les deux combats sont liés. Entre le local, bien compris, et le global, à comprendre, le national efficace et intelligent passe par l’Europe.

A gauche, DSK le sait bien.

A droite, Dominique De Villepin en a conscience. Comme Michel Barnier (bêtement sacrifié par Chirac après le NON au référendum sur la « constitution » européenne) et comme d’autres.

Au centre,  Bayrou est  celui qui, sur ces terrains, est le plus pertinent, le plus cohérent et le plus efficient.

Mais les lignes de forces politiques ne sont pas les forces des lignes… « Faire bouger les lignes », c’est l’un de ses buts. Or, il se butte à la médiocratie de bien des élus (y compris udf) qui font  le lit d’une caricature de démocratie. Dangereuse. Pernicieuse. Suicidaire. Anti-démocratique. Le problème-clef de la pré-campagne des Présidentielles se résume en une phrase : Trop peu  de gens responsables en font une affaire de bon sens et d’intelligence.

Quel « Quiz » pour la République ? Un vrai  combat. A mener avec bon sens, intelligence  et courage. A droite, à gauche, au centre …et dans cet « ailleurs » qui n’est pas que « jobertiste » mais peut être « Bayrouiste » ou « DSKiste »… Une voie « Prodi » pour la France ? La « Renaissance » fut un legs, un don, un mimétisme  italiens…

Je n’ai pas aimé Prodi comme Président de la Commission européenne. Il n’a pas su redonner une autorité à cette instance essentielle. Mais je l’apprécie en tant que responsable italien : il a à relever des défis plus difficiles que ceux que nous avons à affronter, car le « chiraquisme » n’a rien eu à voir avec le « berlusconisme »…

Son courage dans l’action, sa lucidité dans la réflexion et son art du compromis (sans compromission) devraient nous inspirer davantage… même si ses succès restent très fragiles et provisoires. Prodi ? Un Bayrou à l’italienne… Un jour dira-t-on : « Bayrou ? Un Prodi à la française ? ». Peut-être.

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Le grand « casting » du PS

>>> « La der des ders » a dit Ségolène à propos du dernier débat (partiellement) télévisé de ce soir (et retransmis en direct sur « France-Culture »)… Si elle est désignée, Ségolène aura d’autres débats. Avec d’autres « débatteurs ». Et ce sera plus difficile encore… Plus dur… Même chez les « royalistes » (pardon, les « ségolénistes », ou « ségolistes ») les plus fervents, on s’inquiète…

Tiendra-t-elle la distance ? Aura-t-elle la hauteur, la profondeur, la cohérence qui s’imposent ? Saura-t-elle conserver à la fois le sang-froid et l’esprit de répartie qui feront la différence ? C’est fou comme ces « primaires » au sein du Ps ressemblent plus à un casting qu’à un exercice de démocratie « interne »…

Une certitude : si Ségolène est « désignée », elle devra (re)faire du « training ». Y a-t-il encore une place au « Château » de la « Star’Ac » ?  

A l’UMP, on en sourit d’avance. « Sarkozy ? Il sait et saura faire, lui ». Un peu trop peut-être… Limites des la politique-spectacle… Les sondages changent en fonction des audimats. Et les audimats dépendent des « humeurs »… La mode ? c’est ce qui se démode. De pus en plus vite…

SARKO en BD : quelle face « krachée » ?

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>>> Des dessins contre des desseins : pour quel Destin ? « La face karchée de Sarkozy » est sortie aujourd’hui. Publiée chez Vent d'Ouest/Fayard, cette bande dessinée « très documentée » a été réalisée par un journaliste, un avocat et un dessinateur, et revient sur tout le parcours politique du ministre de l'Intérieur. En 150 pages, Philippe Cohen - co-auteur avec Pierre Péan de "La face cachée du Monde" -, l'avocat Richard Malka et le dessinateur Riss du Canard enchaîné retracent la carrière de Nicolas Sarkozy, de sa naissance, le 28 janvier 1955 à Paris, au second tour de l'élection présidentielle de 2007.

Les critiques le disent : « Nouveau dans la forme - c'est "la première BD-enquête" politique -, "La face karchée de Sarkozy"  permet notamment de se remémorer les débuts en politique de jeune Nicolas : premiers pas à l'UDR en 1974, jusqu'à la prise en 1983 de la mairie de Neuilly, au nez de Charles Pasqua. La seconde partie de cette biographie dessinée détaille les positions du président de l'UMP sur les différents sujets de société et les aléas de sa stratégie médiatique ».

L’éditeur l’assure : « Loin des clichés et des visions simplistes, mais avec un sens de la satire et de la parodie vertigineux, cet ovni journalistique captive de la première à la dernière bulle. »

Vous avez dit « bulle » ? Attention, toutes les bulles sont fragiles. Elles explosent vite… En vol.  Les « karchées », comme les « crachées », les « sur-dimensionnées », les « sur-évaluées », les « sur-estimées »…

C’est à la fois étrange et révélateur : le mot « bulle » ne vient pas sontanément à l’esprit quand on pense à DSK, à De Villepin, à Bayrou, à Chevènement, que l’on soit d’accord ou non avec eux. Pourquoi ? Ce n’est plus de l’humour : c’est de la politique. Et des visions de ce qui se nomme « le sens de l’Etat ».

Mais l’humour ne tue que ceux (et celles) qui n’en n’ont pas. Et il ne tue que par et pour les « intégristes » de tout bord. Et l’humour le plus acide ne fait en rien les « cotes d’amour ». Sinon « Super-menteur » serait »hors jeu » depuis longtemps. » Sarkonapoléon-le-petit », aussi, d’ailleurs

En tout cas, Sarkozy a fait une sacrée pub (à ne pas sacraliser) pour « Karcher ». Cela pollue plus que cela nettoie, mais je ne suis pas responsable de la « com’ » de cette firme…Même si « racaille » associé au même « concept » peut être très contre-productif.

Lepage risque de ne guère être à la page

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>>> Pauvre Corinne ! Hulot a le vent en poupe. Lepage met un voile sur ses ambitions. Corinne Lepage, présidente du mouvement Cap 21 et candidate à la présidentielle, dénonce le non-respect des "règles du jeu" pour la campagne, en pointant des inégalités dans les temps de parole, le financement et l'obtention des parrainages. Mme Lepage, ancienne ministre de l'Environnement, a indiqué sur RMC Info avoir saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), la commission de contrôle des comptes de campagne et le Conseil constitutionnel.

Accusant "trois grands partis -l'UMP, l'UDF mezza voce et le PS ouvertement- d'avoir donné des instructions très claires à leurs élus pour qu'ils ne donnent pas de parrainages", elle a estimé qu'une telle attitude n'est pas constitutionnelle.

Sur le PS et l’UMP, je la comprends. Sur l’UDF, j’ai du mal à la suivre. Mais elle n’est pas la seule à jouer les « victimes »… Celui qui excelle dans ce rôle, c’est Le Pen. Et c’est lui qui engrange le plus de voix…sans parler.

Consolation pour Lepage : Voynet (et d’autres « écolos ») se sentent «victimes » aussi d’un système politico-médiatique qui sacrifie (heureusement, peut-être, dans une certaine mesure,   l’info-épicerie sur l’autel de l’info-réalité). Forte de 400 signatures d'élus (selon elle), Corinne la courageuse représente qui exactement ? Ses combats sont sympathiques. Mais la sympathie, à elle seule, ne suffit pas… Qu’apporte Lepage ?

Il suffit de voir avec quel professionnalisme Nicolas Hulot se « positionne » pour envoyer dans la poubelle des espérances déçues les ambitions qui illustrent trop la fable de la grenouille qui se voyait aussi grande que le bœuf… Waechter a connu cela…Et le connaît encore. Des « verts » qui en voient de toutes les couleurs…De quoi voir rouge, c’est vrai. Même pour des allergiques à la couleur rouge. Ne pleure pas , Corinne.. 

« 22, voilà l’angoisse »

>>> LU DANS LE MONDE : La date du premier tour de l'élection présidentielle ayant été fixée au 22 avril 2007, le PS savoure l'effet d'aubaine. « Le slogan est tout trouvé, se réjouit un membre de la direction du parti : « Le 22, c'est pas le 21 », référence à la date du premier tour de l'élection de 2002, ce 21 avril, qui s'était traduit par l'élimination brutale de Lionel Jospin….

Pour François Hollande, qui réagissait à l'annonce de la candidature de Jean-Pierre Chevènement, le PS appellera « sans complexe » au vote utile dès le premier tour. Mais une « vote utile », pour qui et pourquoi ? Pour quel socialisme et pour quelle gauche ? Voire…Pour quelle France, surtout ? « 22, l’idéalisme est en berne …et le réalisme est en deuil » !

>>> Sur LE MONDE (encore) : Emmanuel Todd craint la « fracture socialiste ». L'essayiste, auteur du concept de "fracture sociale", qu'avait repris avec le succès que l'on sait  Jacques Chirac en 1995, s'en prend avec véhémence à Ségolène Royal dans un entretien au mensuel socialiste Parti Pris: "Son discours niais sur les bienfaits de la décentralisation occulte  une réalité essentielle: une grande partie des problèmes de banlieue est justement l'effet de la décentralisation." Il poursuit : "Avec cette notion de jury populaire, Ségolène Royal (...) passe à la droite de Bayrou et ouvre la possibilité d'une explosion  de l'électorat de gauche au premier tour. Dans un débat normal, un PS normal choisirait entre Fabius et Strauss-Kahn." Mais qu’est-ce qu’un « débat normal » ? Cette campagne s’annonce « hors normes », « anormale »…

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Bayrou : A-t-il eu raison trop tôt ?

>>> Que Bayrou soit à « gauche » de Ségolène n’est en rien une information puisque François est nettement à la « gauche » de Sarko … Serai-il pour autant plus à « gauche » que Ségolène ? Peut-être… en dépit de son « encartage », de ses « professions de foi » et de ses proclamations, de son expérience à l’Elysée « sous » Mitterrand, de ses discours.

Bayrou, sur bien des plans, se montre, en effet,  plus « progressiste », plus « réformiste », plus « révolutionnaire », plus « novateur » que bien des « généraux » et des « troupes » de « gauche ». Paradoxes d’un « centrisme central »..

Mais  que valent aujourd’hui les « concepts » de Droite et de Gauche ? Bayrou a un atout : sa vision stratégique lui donne raison… Ce qui ne veut évidemment  pas dire que les faits lui donneront  raison.

Avoir raison trop tôt  est moins efficace, dans l’opinion, que d’avoir raison trop tard… C’est un fait. Médiatiquement (trop) illustré. Un exemple du jour : Bayrou n’a pas attendu la « Chasse au Hulot » pour prendre langue avec ce Nicolas-là, ce Saint-Nicolas d’Ushuaia

Cet été, c’est François de l’UDF  qui avait invité, reçu et rendu hommage à Hulot. C’est lui, bien avant Fabius et Sarkozy, qui avait pris au sérieux ce porte-parole d’une écologie réfléchie et cohérente.

C’est lui qui avait bien vu que le défi écologique est l’une des bonnes illustrations de l’impérative nécessité de dépasser les (faux) clivages « droite-gauche » qui paralysent, donc handicapent,  la vie politique française. Et hypothèquent la place de la France en Europe et dans le monde.

Regrets pour le « Turlupin »-le- Réformiste

>>> Hélas, la France réelle, en dépit du « déclinisme » ambiant et de la mise en mode médiatique des « déclinologues » masochistes, n’est pas structurellement prête à la vraie « rupture » : celle qui, sans révolution, sans démagogie, sans trouble, impose une implosion du « paysage politique » actuel, un dépassement des frontières (artificielles). 

Entre une « droite » tenue en respect par une extrême droite dangereuse, populo-démagogique, et « néo-fasciste » à visage (dit) « humain » et une « gauche » tenue en joug par une « extrême gauche » archéo-révolutionnaro-ringarde, démagogico-stalinienne et / ou populisto-trotsysko-altermondialisto-rêveuse »…

L’Utopie, comme redirait Jacquard, c’est autre chose que la nostalgie ridicule ou des plans sur la Comète insensés. C’est une volonté par nécessité d’un idéal.  

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>>> Tout le monde ou presque fait l’éloge funèbre de  JJ-SS. C’est lui, comme dit Giscard, qui a remis au goût du jour le mot « Réforme ». C’est lui qui a aussi illustré, le premier, les difficultés de ces « réformes ».

« Turlupin », a dit Chirac(aujourd'hui élogieux), dans un  ses égarements (il y a eu pire, à Cochin, par exemple).

 Le journaliste que je suis sait ce qu’il doit à JJSS : un style d’écriture, une ambition de « décrypteur de vérité », une vraie « indépendance d’esprit », une « quête d’historien du présent ».

Le citoyen que je suis lui rend hommage pour son coté « visionnaire » : gouverner, c’est d’abord anticiper. Prévoir. Ne pas avoir le « nez sur le guidon », cette plaie d’aujourd’hui…

C’est pour cela qu’en cette ère de gestionnaire du présent, il n’a pas fait la carrière politique qu’il aurait due et pu faire. Une carrière d’Etat qui, par son absence, l’a mis dans un bien  mauvais état. Comme la France d’aujourd’hui qui le célèbre sans avoir su le suivre… Bien au-delà de  ses problèmes d’égo, évidents mais trop  mis en relief, y compris aujourd’hui, (Oh ! Jean Daniel…),  JJ-SS aurait dû être plus suivi  sur les nouvelles technologies, sur l’éducation (par ces mêmes technologies), sur le « défi américain », ce vrai « défi européen »,  sur son « Défi mondial », cette anticipation des effets de la « globalisation », de la « mondialisation », bien avant et bien loin de la démagogie inculte et irresponsable des dits « alter-mondialistes » qui ne veulent accoucher que d’une Europe et d’un monde plus « altérés » qu’améliorés…  

Mais, comme tous les vrais « réformistes », JJSS a été victime, comme castré, par les trois conservatismes qui, en fait, dirigent la France. Et la handicapent.

Celui de droite, conservateur, sans champ d’espérance. Des marchands d’un passéisme dangereux !

Celui de gauche, idéologique, fondé sur des nostalgies de « paradis » qui n’ont jamais existés et des rêves de « paradis » impossibles. Des marchands d’un « rétro-futurisme » pervers !

Celui des égoïsmes réunis dans des corporatismes antagonistes qui privilégient des intérêts particuliers à court terme à l’intérêt général. Des marchands d’une myopie et d’une presbytie incorrigibles…et « faussaires » !

JJSS, ou SOS Réformes !

>>>JJSS, je l’ai rencontré à plusieurs reprises. Son personnage me sortait par les trous de nez. Trop de « suffisance ». Trop d’  « arrogance ». Trop de « certitudes » affichées…  Mais sa personnalité me fascinait. Y compris par ses fragilités cachées. Sa lucidité trop aiguisée. Et ses doutes trop mal surmontés.

Il se sentait seul, en fait, sans doute. Ce qui est un comble pour un Etre qui voulait penser  « collectif ». Et qui voyait collectivement si « juste ».

Aujourd’hui, où il est, il doit sourire (s’il les entend) de tous les hommages auxquels il a  droit. Bien des « compliments » ressemblent à des regrets. Le « Turlupin », comme disait Chirac, a eu un grand tort : celui d’avoir raison…trop tôt.

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Ségolène, « harceleuse » ?

Mauvaise nouvelle pour Ségolène Royal : Olivier Chupin, directeur du Fonds régional d'art contemporain (FRAC) de Poitou-Charentes a déposé plainte contre la présidente de la Région, l'accusant de porter atteinte à sa santé physique et mentale en dégradant ses conditions de travail. Selon le quotidien Sud-Ouest, qui rapporte l'information, les relations se sont dégradées notamment lorsque Mme Royal a programmé le déménagement du FRAC, installé dans un hôtel particulier d'Angoulême vers le centre caprin de Linazay (Vienne) appelé également le "chévroscope" de Jean-Pierre Raffarin.

On s’y perd,  si l’on n’a pas les pieds dans des « charentaises » royales. Le « chèvroscope », le « futuroscope », le « ségoscope », le « Royalscope », l’« élyséescope », la démagoscope, le populoscope…

 

Quelle richesse (scope) ! Si, en plus, on ajoute le « harcèloscope », on va appeler le « raffinoscope »… Qui se plaignait des limites de la régionalisation et de la décentralisation ? La France « ségolénienne » affronte l’avenir en charentaises. Jarnac, nombril du monde : c’est le « parfum de 81 ». Cognac, terre de Monnet : ne le dites ni à Fabius, ni à Chevènement. Et Poitiers, c’est 1515.  Oh ! Martel… Nous sommes en plein cinémascope… « 22, voilà le Frac »…