16/05/2007

SARKOZY: Un beau sacre républicain

Il les a bien enfilés ses habits neufs de Président de la République ! Solennel, quand il faut. Recueilli, quand cela s’impose. Emu, avec retenue. Humain, avec un baiser tendre à Cécilia. Grave, mais souriant. Respectueux du protocole… en prenant plaisir à le transgresser. Pour des mini bains de foules comme il les aime. Pour reprendre le pas de « l’homme pressé ». Pour jouer du portable dans sa voiture. Un peu lent, pour lui, le pas des chevaux de la Garde ou des marches de la revue des troupes (d’élites) !  

Il a applaudi Chirac à sa sortie de l’Elysée. Comme pour mieux marquer sa différence dans sa première allocution sous les lambris dorés de sa nouvelle résidence familiale (et du QG de sa « Présidence absolue »). Un vrai programme…qui annonce bien des changements. Une rupture « avec des comportements passés ».

« Enfants de France »… 

Ce n’était pas le Panthéon… Mais la cérémonie du Bois de Boulogne a pris à la tête, au cœur et aux tripes le plus blasés des citoyens. Merci Max Gallo ! Merci pour cette Marseillaise chantée qui fait se lever les corps. Merci pour cette lettre d’adieu de Guy Môquet  qui arrache les larmes. Merci pour ce Chant des Partisans qui, dans ce lieu tranquille de ce Bois de Boulogne, près de la cascade, est en fait un rappel : construisons une Europe unie, un avenir « où les bourreaux n’auront plus leur place »…

« Enfants de France »… Je pleure et l’applaudis. Comme Delanoë, visiblement. Comme tous les Républicains. Et les gros plans du visage du nouveau Président pendant le Chant des Partisans resteront comme des images dignes de l’événement. Du grand Sarkozy ? Le nouveau Président a marqué son entrée dans l’Histoire sous le signe d’une Histoire tournée vers l’avenir.

Il est des moments où toutes les polémiques politiciennes, tous les désaccords politiques, toutes les appréhensions (même légitimes)  s’effacent naturellement.  Nicolas Sarkozy a brillement réussi son entrée en fonction.

C’est bien pour la France. Qu’il passe sans transition du « sacre » parisien à Berlin est une excellente chose pour l’Europe.  Que souhaiter de plus en ce jour qui marquera la mémoire collective des Français ?

DR

12/05/2007

L'état de disgrâce, par Alain Finkielkraut

Je reprends dans Le Monde ce cri citoyen... Qui n'est pas approuvé dans les sondages!

n ne peut pas se réclamer du général de Gaulle et se comporter comme Silvio Berlusconi. On ne peut pas en appeler à Michelet, à Péguy, à Malraux et barboter dans le mauvais goût d'une quelconque célébrité de la jet-set ou du show-biz. On ne peut pas prononcer des odes à l'Etat impartial et inaugurer son mandat en acceptant les très dispendieuses faveurs d'un magnat des affaires.

Contrairement à ce qu'il avait annoncé sur un ton grave, Nicolas Sarkozy ne s'est pas retiré du monde pour habiter la fonction présidentielle : entre le Fouquet's, Falcon et palace flottant, il a oublié qu'il venait d'être élu président de la République. Il avait peut-être ses raisons que la raison ignore. Espérons cependant qu'il s'en souviendra, une fois de retour sur le plancher des vaches, et qu'il saura, comme il l'avait promis dans des discours de très haute tenue, incarner la France. Pendant trois jours, il nous a fait honte.

Alain Finkielkraut