12/01/2007
Le Sarkosacre de la Porte de Versailles : A bourse déliée...
La conquête du Trône de la République n’a pas de prix… Le quart du budget de campagne de l’UMP en une journée ! 4 à 5 millions d’euros le super-show de la « Nouvelle Star » avec qui « tout devient possible »

La fête dominicale s’annonce belle. Un vrai sacre. Sarkopoléon-le-petit a choisi la Porte de Versailles (Foires et salons en tous genres) pour son investiture officielle par l’UMP qui devrait mobiliser quelque 50 000 militants venus de toute la France. Choisira-t-il le Stade de France pour son dernier meeting de campagne ? "Avec sarkozy, tout est possible"
Rien n’est trop grand et trop beau pour le premier parti de France dont le chef rêve de la plus belle des couronnes césaro- républicaines. La conquête du Trône élyséen n’a pas de prix, malgré la transparence des comptes de campagne. Et un aspirant Chef d’Etat, dans une République plus monarchique que républicaine, doit montrer qu’il ne fait pas dans la demi-mesure.
La vie est vraiment chère… La location du vaste hall 1 du parc des expositions coûte, à elle seule , presque un million d'euros. Les sept trains spéciaux (150 000 euros par TGV), les 520 autocars, la location d’écrans géants, de caméras sophistiquées et de tout le matériel qui s’impose dans ce type de super-spectacle, les décors, la mise en scène, l’intendance et la … sécurité : Quelle comptabilité ! Uniquement des aditions et des multiplications ! (Les divisions ne sont que politiques et les soustractions ne sont pas de circonstance)
« On ne peut pas plaire à tout le monde »
C’est le réalisateur Didier FROEHLY qui sera le chef d’orchestre de ce super-show. Un excellent pro. Qui s’est occupé et s’occupe d’émissions au titre pertinent : « Nouvelle Star » (la Star’Ac de M6, la petite chaîne qui monte toujours) et… « On ne peut pas plaire à tout le monde » (ce qui est désespérant quand on prétend que « tout est possible »). Jack Lang devra se creuser les méninges pour que Royal ait elle aussi, dans les cent jours qui viennent, une super-production impériale.

Combien pour cette seule journée dominicale ? 3,5 millions d’euros au moins. Près de 5 si l’on additionne tout. Le quart, paraît-il de ce qui est prévu dans la campagne. On comprend que Bayrou en soit ému (ce qui ne veut pas dire jaloux) : au total, l’udf n’engagera guère plus de huit millions (ce qui est remboursable par l’Etat)… Le trésorier du Pau football Club ne joue pas dans la même catégorie que celui du Paris Saint Germain. Limites de l’égalité des chances…
Evidemment, nous voici loin des SDF, des 600 000 logements qui nous manquent, des quartiers difficiles, de la paupérisation qui augment au rythme de la seule vraie croissance de ces cinq dernières années : celle des inégalités…Le remboursement de la dette est le deuxième poste budgétaire de la République, mais le plus grand de ses partis mène grand train. Un TGD : train à grande dépenses…
" Une démocratie oligarchique"
Il s’agit là, bien sûr, d’une réflexion facile à taxer de populisme. Pardon…D’ailleurs, pourquoi se scandaliser? Schwarzenegger en Californie a fait plus et mieux : en novembre 2005, il a déboursé 500 millions de dollars dans sa campagne. Et pour l’UMP, ce n’est pas une « première » : son Congrès de 2004 a coûté à lui seul plus de 4,2 millions d’euros.

Tout cela pourquoi ? Pour l’image et la mobilisation de troupes déjà acquise, pour la débauche de quelques notables UDF qui sont restés dans les marécages du centrisme trahi, pour tenter de conquérir quelques poignées de voix sur l’extrême droite et sur la droite de la gauche (ce qui nécessite un grand écart acrobatique) : chers, très chers, le sourire (de façade), la représentation (théâtrale), la promo (médiatique). Les intermittents du spectacle vivant pourront, au moins, en faire des saynètes et les « Guignols » de belles séquences.
Mais le sujet n’a rien de léger. L’UMP n’est pas seule en cause. Ce sont les évolutions corruptrices de la société politico-médiatique, de l’Etat-spectacle qui exigent (encore) des réflexions nouvelles.
Comme le constate Pierre Rosanvallon : « On réintroduit une dimension oligarchique dans la principe démocratique ». Entre oligarchie et doxocratie, entre pouvoirs des geo-financiers de l’économie-casino et la dictature des sondages ou les pressions de la « rue », où va-t-on ? Certainement pas sur le chemin du « ré-enchantement » de la politique…
« Comment une telle débauche pourrait-elle s’étaler sans contributeurs qui, étrangers à la politique, entendent y intervenir autrement par que par le vote ? », s’interroge Edgard Pisani dans Vive la Révolte. (Seuil) « Les lobbies qui pullulent ne sont-ils pas là pour recevoir la contrepartie dede la contribution de ceux qui les envoient ? »
"Que le meilleur perde"
Certes, selon la formule de Jules Michelet, la politique est peut-être (entre autres) « l’art d’obtenir de l’argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres », mais pas dans ces conditions.
On savait que l’argent, pouvait, parfois, corrompre, donc abîmer, salir, la politique, mais à ce niveau de débauche promotionnelle c’est la politique qui corrompt, donc dénature, détourne l’argent. Un comble. Surtout dans un système électoral qui fait conserver toute sa pertinence et son actualité au titre d’un livre (publié chez Plon en 1999) de Frédéric Bon et Michel-Antoine Burnier : « Que le meilleur perde »…Seuls les plus riches peuvent gagner.
Daniel RIOT
15:35 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ump, présidentielle, politique, argent
16/11/2006
Carnet de campagne: « Ségomissfrance » ou le « socialocasting » …
>>> C’est le Jour J pour les « primaires du PS ». Vous avez dit « primaires » ? Les débats ont plus ressemblés à de ébats. Dommage. C’est la Star’soc. Avec Ségostar. Loin de « La paille et le grain » de Mitterrand, « la paillette et la graine »… DSK est sans doute trop (républicainement) sérieux pour jouer dans cette « basse cour » royale. Quant à Fabius, à 60 ans, il reste jeune… mais depuis le temps que cela dure, il a eu trop d’occasions de se trahir et de se contredire pour rester fidèle à lui-même. C’est dur, la vie ! Il est des périodes où chaque crépuscule annonce une aube, et d’autres où chaque aube annonce un crépuscule…
>>> Le « PS nouveau » » le jour du « Beaujolais nouveau » ! François Hollande, dans tous les cas de figures, boira le calice jusqu’à la lie. Un saint homme, ce garçon… Un regret pour lui : « François a gagné contre Hollande », dit un « baron » du PS. Schizophrénie quand tu nous tiens… Entre le parti et la mère de ses enfants : un choix plus que Cornélien. Le pire des choix, c’est l’impossibilité de choisir. Il lui sera beaucoup pardonné… sauf par Ségolaine si elle échoue et par les autres si la même Ségo-Amazone réussit.

>>> Et la France dans tout cela ? Et le socialisme ? Et l’intérêt général ? Nous verrons plus tard, peut-être…Et nous laissons cela à d’autres, à Bayrou, par exemple, un « scout de la politique » qui n’a qu’un grand handicap : il ne sait ni mentir ni tricher ni participer à des jeux télévisés. Encore un effort, François !
>>> A propos de jeux télévisés, pourquoi n’a-t-on pas réussi à réunir Sarko et Ségo sur « l’île de la tentation » ? Ils seraient tombés dans les bras l’un de l’autre trop rapidement, sans suspense… Et l’un rêve de « Questions pour un champion » (si on lui souffle les réponses) et l’autre du « Maillon faible » (où elle n’aurait aucun effort à faire)…
>>> MAM, Mme la « cheftaine » Alliot-Marie, qui ne se prive pas de donner (en aparté) bien des coups de griffes aux hommes « immatures » du gouvernement et de l’UMP (« qui se croient toujours dans une cour de récréation ») a tiré l’une des meilleures leçons de la campagne (interne) du PS : « Mme Royal a surtout montré qu’aujourd’hui, en politique, il est très difficile pour un homme d’attaquer une femme ». Alors, pour deux hommes…
>>> DSK voit juste. En cinq semaines, Ségostar a changé cinq fois d’avis. Si elle est élue, elle devra affronter 25 semaines de « vraie » campagne : changera-t-elle 25 fois d’opinions à coups de précisions, de rectificatifs, de corrections ? C’est le PS qui risque de perdre sa crédibilité et son unité (artificielle) : ceux qui, en supporters plus qu’en militants, ont fait le pari des sondages (plus que le pari du parti) pourraient s’en mordre les doigts. La fée Ségolène, sur son fil, aura bien des difficultés à conserver son équilibre entre ses (pro)thèses inspirées à la fois par l’ultra-gauche utopique et la droite extrême répressive (et oppressante) ? Il est des fées qui, à force de marcher sur le fil du rasoir, deviennent des sorcières.

>>> Une consolation et un lieu d’exil (et d’asile) possible pour les PS réalistes déçus : l’udf « libre » de Bayrou. Le centre « central » ne vaut-il pas mieux qu’une gauche maladroite ou qu’une droite très gauche ? Ségosarko (ou Ségozy, comme on dit) peut faire rebattre bien des cartes. Faites vos jeux : rien ne va plus, et la roue va tourner… Mais mes amis socialistes vont m’accuser de faire le jeu de la droite avec un faux-nez centriste, je sais.

>>> Mais ce n’est pas moi qui suis responsable du fait que le PS soit le plus archaïque des partis socialistes européens au nom d’une « modernité » bien passéiste. Rocard a des mots plus durs que les miens (et il a raison). Le scrutin PS d’aujourd’hui ressemble plus à un casting « démocratique » qu’à une consultation de type référendaire sur un programme. Mme Royal a joué un « socialo-perso ». DSK et Fabius ont joué sur des « socialo-programmes ». Qui a bien misé ? Dans l’ère « poeple » (pipole, dit le Canard), « Ségomissfrance » a toutes ses chances… Mais le verdict final sera dans les urnes des vraies Présidentielles. Ce sera une autre affaire. Qui reste à faire.
12:50 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, france, présidentielle, pS, DSK, Toyal, fabius










