12/05/2007

La « femme fatale » : Questions sur le journalisme…

Mes amis libraires me le confirment :Le livre des deux journalistes du Monde, Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin,  sur les relations du couple Royal/Hollande, se vend comme des petits pains. Un nouveau tirage de 30.000 exemplaires a déjà été lancé. Un succès qui ne réjouit pas l'ex-candidate du PS très meurtrie par ce livre. Ce qui se comprend…

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Ségolène Royal a, paraît-il,  lu "la femme fatale". Elle confirme que François Hollande et elle vont engager des poursuites contre les deux journalistes du Monde auteurs du livre "le femme fatale" et contre les éditions Albin Michel comme l'annonçait jeudi le conseil et ami du couple, Maître Jean-Pierre Mignard. « Je n'ai aucun commentaire à faire, c'est la justice qui va décider », a-t-elle déclaré. « pourquoi tant de hargne, tant de haine, tant de lâcheté. Attendre le lendemain des résultats. Tant d'atteinte à l'intimité. J'espère que la justice saura le rappeler ».

Visiblement, ce qui la blesse le plus dans cet ouvrage ce sont les passages relatifs à ses enfants. "Oser dire que je les ai instrumentalisés pour des raisons politiques, c'est une atteinte insupportable", ajoute l'ex candidate.

Les auteurs du livre qui  insistent sur le fait que leur livre est « une enquête politique, et pas un livre sur la vie privée du couple Hollande-Royal »  développent la thèse d’une « crise conjugale » qui, à l’automne 2005, « prend un tour politique ». Elles  rapportent, entre autres, une phrase attribuée à Julien Dray : « Ségolène tient une grenade dégoupillée dans la main, assure-t-il. Elle lui a dit : si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne reverras jamais tes enfants ! » Une phrase déjà publiée en octobre dans Le Parisien. Ségolène Royal avait alors protesté auprès de la direction de ce journal, réclamant des excuses à la une, qu’elle n’avait pas obtenues. Me Mignard avait alors menacé de déposer plainte, ce qu’il n’a jamais fait.

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La médiatrice du Monde dans sa chronique d’aujourd’hui tente un grand écart, entre le refus des rumeurs et la légitimité de l’ouvrage des deux journalistes, en répondant à quelques lecteurs :  « Si je comprends bien, Mmes Bacqué et Chemin ont détenu pendant la campagne des informations qui auraient pu intéresser leurs lecteurs. Elles ont, plutôt que de les publier, choisi de les taire pour en faire un livre annoncé le jour même des résultats », écrit, entre autres, Robert Fleckinger (Toulouse).Ce n'est pourtant pas la première fois, tant s'en faut, que des collaborateurs du journal, frustrés par la place limitée qu'offrent nos colonnes (un livre de ce type équivaut à plus de vingt doubles pages Enquêtes...), se défoulent dans l'édition."Très confraternel cee "se défoulent"...

"Mais, reprend-elle, la question posée par les lecteurs est ailleurs : pendant la campagne, Le Monde a-t-il délibérément tu des informations qu'il détenait et qui concernaient la vie privée de l'un ou l'autre candidat ? Elle relève d'un fantasme de plus en plus partagé : celui du « débat interdit ». Il n'y a pas de débat interdit, mais il en est d'impossibles, et d'autres sans intérêt. "

Bel exposé. Mais qui peut laisser journalistes et lecteurs sur leur faim… La médiatrice poursuit : « On n'écrit pas tout dans Le Monde, et c'est fort heureux. D'abord il y a la loi, beaucoup plus stricte en France que partout ailleurs dans le monde développé, notamment anglo-saxon. Un bref article du code civil dit : "Chacun a droit au respect de sa vie privée." Il expose à de lourdes condamnations quiconque y porterait atteinte par ses écrits, images, etc. Cet article qui, de fait, impose l'accord de l'intéressé avant toute "révélation" se double, dans le code pénal, de textes également très stricts sur la diffamation. » Oui, et alors ? L’édition y est soumise aussi, non ?

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(dans charlie hebdo)

Elle insiste : « Ce carcan législatif explique la traditionnelle prudence de la presse française vis-à-vis des personnalités publiques, réserve jugée inconcevable par la presse étrangère. Celle-ci n'a jamais compris, par exemple, que François Mitterrand ait pu dissimuler si longtemps l'existence de Mazarine alors que c'était, depuis le début des années 1990, un secret de Polichinelle qui avait de lourdes conséquences sur le comportement du président".

Elle enfonce même des portes ouvertes:"Il y a aussi les règles du bon journalisme, appliquées dans notre honorable maison : vérifications, recoupements, croisements de sources, contre-enquêtes, etc., éliminent radicalement la plupart des ragots du Net, invérifiables ou totalement faux, voire fabriqués. « Il faut faire la part entre la rumeur et l'information », souligne Eric Fottorino, directeur de la rédaction, en prenant l'exemple des bruits qui ont circulé sur un nouveau déchirement du couple Sarkozy."

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le couple, Picasso

La médiatrice poursuit : « Le fait est que le débat existe au sein du quotidien. Et que la frontière entre curiosité malsaine et intérêt légitime est de plus en plus floue. Entre les photos organisées du candidat Nicolas Sarkozy dans son quartier général avec femme et enfants, le soir du premier tour, et la liste secrète des amis conviés à fêter l'élection du nouveau président au Fouquet's, quinze jours plus tard, où finit la vie privée, où commence la politique ? » Bonne question, en effet.

Mais réponse n’est pas donnée à l’interrogation essentielle : pourquoi nombre de faits, de citations, d’anecdotes révélatrices du grand trouble interne du PS ne sont-ils rendus publics qu’aujourd’hui par le livre au titre douteux et ambigü et non « à chaud » dans le journal ? Ce n’est pas là problème de « place »…Ni affaire de vérification d'infos: la fiabilité des anecdotes rapportées dans le livre a été établie voilà longtemps...

Le cours du premier tour aurait pu être changé complètement.

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Colombani

Il est aussi une règle journalistique : si un fait est faux, on l’ignore ; s’il est avéré on le relate. Pour ce qui est du Monde et de ses « gènes » (le sarkozysme fait décidément recette) : j’ai appris le journalisme en le lisant, je plains les futurs journalistes qui ne peuvent y apprendre que… ce qu’il ne faudrait pas faire.

Est-ce l’esprit Minc ou le souffle Colombani ? J’arrête : je repense à l’édito du directeur de ce qui fut un journal de référence à la veille du premier tour contre Bayrou, et cela me donne de la fièvre...La crise du politique en France est aussi une crise de la presse.Minc et Sarkozy en ont-ils parlé lors de leur rencontre d'hier avant que le Président élu parte en week-end à Versailles, dans la résidence de détente des premiers ministres, à la "Lanterne"?

Ps : La pensée royale 2012 accentue les divisions 2007

C’est pire ce que l’on pouvait en attendre : le grand corps (vraiment) malade devait jouer les apparences de l’unité (artificielle) avant les Législatives. Il a réussi à ajouter un nouveau sujet de dispute à la liste (longue) de ses désaccords de fond et de forme en envisageant (déjà) les Présidentielles de 2012… Qui disait que le PS ne savait pas anticiper les événements et les évolutions ?

C’est Royal qui a lancé le débat en suggérant que le ou la candidate pour dans cinq ans soit désignée (e) le plus rapidement possible.

Explications : Tirant les premières leçons de sa « défaite » à la présidentielle -mot qu'elle a prononcé pour la première fois depuis dimanche-, Ségolène Royal a critiqué un processus de primaire interne trop tardif et « destructeur » et le manque de « discipline » au PS. »A droite, la discipline a été sans faille. De mon côté, tous les matins, en ouvrant le journal, je me demandais quel était le socialiste qui allait porter une critique sur ce que je disais », a-t-elle regretté, pointant « des critiques, si ce n'est des trahisons ». « Les attaques internes ont ensuite été reprises par la droite dans le combat principal ».

Pour éviter cela, « il faudra réformer le calendrier de désignation » :  « Il faut que le candidat ou la candidate soit désigné beaucoup plus tôt, qu'il ne soit pas épuisé dans des querelles et dans des conflits internes » et que la primaire ne « soit pas aussi près du combat principal pour pas ne laisser un certain nombre de séquelles ».Logique. Remarque : c’est à la demande de Hollande et dans l’optique d’une candidature de Royal que le calendrier pour les Présidentielles 2007 avait été fixé…
Quelle  date pour cette désignation ? L’ex-Madone des sondages a répondu: « rapidement », « après les législatives » de juin, « dès le prochain congrès » du parti (dont la date n’est pas encore fixée).

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antonnelli

C’est qu’elle veut être fixée rapidement, Ségostar…Et être installée sur le trône de « l’Opposition à la sa Majesté », prête à bondir sur son vainqueur qui lui aussi, (et pas seulement en se rasant), pense déjà sa réélection …en 2012. Comme lui fait dire   Charlie Hebdo : « Cinq ans pour vous habituer, 10 ans pour m’aimer »…

Cette offensive de celle qui « s’autorise à tout » a suscité la colère de DSK, de Fabius et de quelques autres : le conseil national n’était-il pas fait pour mobiliser les troupes pour les « Législatives » ?

La « rénovation » commence décidément très mal au sein de ce Parti qui du passé devrait sans doute « faire table rase »… pour dégager des horizons d’avenir. Des horizons qui ne passe pas forcément par la survie de cette Citadelle régie par des structures qui secrètent des scléroses, favorisent des luttes de clans d’un autre âge et font étouffer les jeunes générations par les éléphants. Vous avez vu de nouveaux visages socialistes dans la campagne de Ségolène? 

06/05/2007

Des contre-pouvoirs LIBRES, INDEPENDANTS et CONSTRUCTIFS

Comme les télevisions n'ont diffuser que des bribes de la réaction de Bayrou, je la réproduit ici en la reprenant sur le site de Chantal Cutajar.

"La démocratie, ce n'est pas seulement l'affaire des vainqueurs" a déclaré François Bayrou après l'annonce de la victoire de Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont gagné et ceux qui n'ont pas gagné "sont coresponsables de l'avenir du pays".

Toutes les forces politiques "vont devoir apprendre à travailler ensemble" a-t-il ajouté. François Bayrou a annoncé que sa nouvelle formation, le Mouvement démocrate, prendra toute sa part dans la reconstruction et la rénovation de la vie politique : "les démocrates seront des rénovateurs et des rassembleurs". Voici le texte de sa déclaration:

"Nicolas Sarkozy est élu président de la République. La campagne électorale nous a souvent opposés. Mais je veux lui adresser mes félicitations et mes vœux de citoyen pour son mandat. Et ces vœux sont en même temps des vœux pour la France.

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Je pense à ceux, autour de lui, qui se réjouissent ce soir, en pensant qu’un grand pas a été fait pour eux et pour leur pays. Je souhaite de toutes mes forces qu’ils aient raison.

Mais nombreux aussi sont ceux qui sont déçus et inquiets et ceux-là je ne les oublie pas.

La campagne électorale a été le temps des promesses. Mais la situation du pays est telle que les réalités vont reprendre le dessus. C’est un pays fragile, c’est un pays fracturé, c’est un pays endetté.

Pour se réparer, notre pays a besoin d’être considéré. La France a besoin de redevenir une démocratie, où tout le monde est entendu et où tout le monde est respecté. C’est à ce prix qu’est notre unité nationale.

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Et la première loi de la démocratie, c’est que tout pouvoir doit avoir son contre-pouvoir. Personne ne doit avoir le pouvoir tout seul. Je ne ménagerai aucun effort pour faire naître des contre-pouvoirs libres, indépendants, constructifs.

Trop de choses vont se jouer pour l’avenir, qui touchent au social, qui touchent à l’économie, qui touchent à l’unité nationale, pour que le même pouvoir ait tous les leviers de commande entre les mains.

Je le dis à Nicolas Sarkozy : le pouvoir absolu, cela paraît être un confort, on peut décider ce qu’on veut, il n’y a personne pour s’y opposer, mais cela c’est l’apparence. Car il n’y a personne pour vous empêcher de vous tromper. C’est pourquoi quand le pouvoir absolu se trompe il se trompe absolument, et c’est tout le pays, toutes les familles, qui paient l’addition.

Il faut équilibrer le pouvoir. C’est cela l’enjeu des élections législatives. La France donne le pouvoir, oui, elle le donne nettement, mais elle ne doit pas donner tout entier sans aucun équilibre.

En même temps, la démarche de ces contre-pouvoirs doit être constructive.

Chaque fois que le président de la République et son gouvernement proposeront quelque chose de bien, quelque chose qui va dans le bon sens, nous le soutiendrons. Dans ces circonstances, nous voterons oui et nous nous engagerons. Nous serons constructifs et positifs.

Mais nous serons vigilants. Chaque fois que nous percevrons un risque, nous le dirons de la même manière et nous exercerons ainsi un devoir d’alerte.

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Cela exige, pour le bien de la France, de sortir du camp contre camp. On ne peut pas faire la politique de l’avenir en étant pour les uns toujours pour et pour les autres toujours contre. Je suis persuadé qu’il y a des gens de qualité d’un côté et de l’autre et qu’il faut en tenir compte pour une nouvelle approche républicaine.

Dans notre vie politique, toutes les forces politiques de gauche, de droite et du centre vont devoir bouger, vont devoir changer, et apprendre à travailler ensemble plus souvent que les unes contre les autres. Pour ma part, je ne cesserai de travailler à ce changement.

Dès cette semaine, je proposerai de lancer un nouveau mouvement, le mouvement démocrate, qui permettra à tous ceux qui veulent renouveler ainsi la politique, ses mœurs et ses pratiques, la reconstruire et la rénover, de se retrouver et d’agir ensemble.

Les démocrates défendront les libertés publiques. Ils exigeront que l’on dise la vérité aux Français. Ils défendront du même mouvement la modernisation de l’économie, son énergie créatrice, et la justice sociale. Les démocrates défendront l’éducation et la recherche. Ils garantiront la défense de notre patrimoine écologique et climatique. Ils se comporteront en constructeurs d’Europe. Les démocrates seront des novateurs et des rassembleurs.

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Je ne veux pas finir sans avoir un mot pour Ségolène Royal, et les autres candidats malchanceux, et tous ceux qui se sont battus pour elles et pour eux. Je connais l’amertume des soirs d’insuccès. Mais je veux leur dire ceci : la démocratie, ce n’est pas seulement l’affaire des vainqueurs ; ceux qui n’ont pas gagné ont aussi leur rôle à jouer dans la modernisation et dans l’équilibre de la France.

En vérité celui qui a gagné, et ceux qui n’ont pas gagné, même s’ils ne le savent pas, ils sont coresponsables de l’avenir du pays.

Nous avons un grand pays en charge, une grande histoire, un grand peuple. Nous devons à ce peuple de conjuguer nos forces pour préparer son avenir.


Je vous remercie."
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fragment de pensée

"C'est à sa façon de dire la vérité qu'on reconnaît le menteur"

Paul VALERY

04/05/2007

Derniers sondages: vers une élection-plébicitaire

Minuit va sonner. Silence... Finis les sondages... Du moins les sondages publiés. Les derniers tournent au plébiscite pour Sarkozy. Si c'est le cas, la Madone du PS désignée par son parti parce que considérée comme la seule à pouvoir battre Sarkozy n'a plus qu'à prier le Ciel. Et les électeurs de gauche qui ont résisté à la tentation de voter Bayrou (par peur de Le Pen) n'auront plus qu'à se mordre les doigts... des deux mains.Attendons tout de même. Et n'oublions pas deux choses; S'abstenir c'est se faire récupérer par Le Pen. Et voter blanc, c'est en l'état faire le jeu arithmétiquement de Sarkozy. Mais dans l'isoloir (profitons-en avant que les machines à voter cassent le symbole!), chacun fait ce qu'il veut. En conscience!

Nicolas Sarkozy battrait Ségolène Royal par 55% (+3) à 45% (-3) au second tour de la présidentielle, selon un sondage BVA pour Orange rendu public vendredi soir. Le résultat est identique selon la dernière livraison de la vague quotidienne Ipsos-Dell (+1 pour Sarkozy, -1 pour Royal)

Ce sont les 28e et 29e enquêtes réalisées depuis l'annonce des résultats du premier tour donnant le candidat UMP vainqueur. Mais il s'agit des premiers à le placer aussi haut.

Les électeurs de Bayrou répartis quasi-également

Selon BVA, sur 100 électeurs de François Bayrou au premier tour, 41,3 se reporteraient sur Ségolène Royal, 37,7 sur Nicolas Sarkozy. 8,1 voteraient blanc ou nul, 2 s'abstiendraient, 9,2 ne savent pas. 1,6 refusent de répondre.  11,4% des électeurs de Jean-Marie Le Pen se reporteraient sur Ségolène Royal, 67,7% sur Nicolas Sarkozy. 9,5% voteraient blanc ou nul, 6,6% s'abstiendraient. 4,9% refusent de répondre. La gauche non socialiste se reporterait à 69,5% sur Ségolène Royal, 16,5% sur Nicolas Sarkozy. 5% voteraient blanc ou nul, 0,6% s'abstiendraient, 7% ne savent pas. 1,4% refusent de répondre.

Selon Ipsos-Dell sur 100 électeurs de François Bayrou au premier tour, 35% (=) se tourneraient vers la candidate PS, et 36 (+1) vers Nicolas Sarkozy, 29% (-1) s'abstenant ou ne s'exprimant pas. Les électeurs de Jean-Marie Le Pen seraient 70% (+12) à choisir Nicolas Sarkozy, et 9% à choisir Mme Royal (-5), 21% (-7) s'abstenant ou ne s'exprimant pas. Les électeurs de la gauche non socialiste (Besancenot, Bové, Buffet, Laguiller, Schivardi, Voynet) seraient 64% à choisir Mme Royal (-2), 21% Nicolas Sarkozy (+8), 15% (-6) s'abstenant ou ne s'exprimant pas.

En guise de repères...

Par souci d'écairer les indécis qui sont décidés à juger le "match" télévisé sur le fond des divergences et non seulment sur la forme, je rprends ici, lerécapitulatif fait par l'EXPRSS qui me semble le mieux fait. un regret: dans ce type de duel, aux Etats-Unis , ce sont les jouranlistes qui auraient à chaud départager les deux "champions".Il est vrai qu'outre(atlantique, ce sont les journalistes qui mènent le bal, alors qu'en France, réduits au rôle d'horloge parlante (PPDA) ou de piquet sans voix (Arlette Chabot) ils  se font mener par le bout du  nez. Une autre conception du journalisme et de la démocratie . ...

Temps de travail
Nicolas Sarkozy : "Le problème de la France est qu'il y a 1% de croissance de moins que les grandes démocraties, les grandes économies qui progressent dans le monde. Pourquoi? Parce qu'on travaille moins que les autres. […] Dix pays en Europe ont le plein emploi, cinq vraiment très fort. Je pense au Danemark, à la Suède, à l'Irlande, au Royaume-Uni et, d'une certaine façon, l'Espagne. Cela devrait vous frapper, Mme Royal, pas un seul d'entre eux n'a fait le partage du temps de travail. Pas un seul a fait les 35 heures. Monsieur Zapatero m'a dit que jamais il ne ferait les 35 heures en Espagne, qu'il ne voulait pas porter atteinte à la compétitivité des entreprises."

ERREUR: Les Français ne travaillent pas moins que les autres. L'Expansion s’est déjà intéressé à cette question. Comparée à six autres pays, la France affiche la durée hebdomadaire légale du travail la plus faible, 35 heures obligent. Mais elle est dans la moyenne en terme de durée annuelle effective du travail, qui tient compte des divers types de congés et des heures supplémentaires... En 2004, l'ensemble des salariés français ont ainsi travaillé en moyenne 1531 heures. C'est bien moins que les Américains (1869 heures), les Espagnols (1767 heures) et les Italiens (1715 heures). C'est proche des Britanniques (1631 heures). Et c'est plus que les Allemands (1468 heures) et surtout que les Pays-Bas (1378 heures).

L'Etat de la France
Ségolène Royal : "Un déficit de la Sécurité sociale qui s’élève à 11 milliards d’euros".

ERREUR : En mars dernier, Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, annonçait que le déficit de la Sécurité sociale atteignait en 2006 8,7 milliards d’euros, contre 11,6 milliards en 2005.

Nucléaire
Ségolène Royal: "Savez-vous quelle est la part du nucléaire dans la consommation d'électricité en France?
Nicolas Sarkozy: "Oui, mais confirmez-vous ce choix ? Nous avons, grâce au nucléaire, une indépendance sur l'électricité de la France à hauteur de la moitié."
Ségolène Royal: "Vous défendez le nucléaire, mais vous ignorez la part du nucléaire."
Nicolas Sarkozy: "Non. La moitié de notre électricité est d'origine nucléaire."
Ségolène Royal: "Non, 17% seulement de l'électricité."
Nicolas Sarkozy: "Ce n'est pas exact, Madame."

ERREUR : Aucun des deux candidats n’a raison. La part du nucléaire dans la production électrique française n'est ni de 17 %, ni de 50 %. En réalité, les 58 réacteurs nucléaires français fournissaient, en 2005, 78,5 % de l'électricité produite en France. Il s’agit pour le reste des énergies fossiles (11,5 %) et des énergies renouvelables (10 %). Les 17 % avancés par Ségolène Royal correspondent à la contribution du nucléaire à la consommation finale énergétique française. Quant aux 50% évoqués par Nicolas Sarkozy, ils sont à rapprocher des 42 % de l'énergie primaire d'origine nucléaire consommée en France en 2005.

Le réacteur EPR
Ségolène Royal : "L'EPR n'est pas une centrale. Vous mélangez tout. C'est le prototype. De quelle génération?"
Nicolas Sarkozy: "C'est la quatrième génération."
Ségolène Royal: "C'est la troisième génération."
Nicolas Sarkozy: "Nous venons de le vendre à la Finlande, Madame. Les centrales nucléaires classiques ont une durée de vie. Les experts discutent, est-ce trente ans, cinquante ans pour le chapeau de couverture. Nous avons été obligés de déclencher les centrales de la quatrième génération, c'est le processus EPR qui a été acheté."
Ségolène Royal: "C'est la troisième génération. Non, la Finlande a son prototype."

ERREUR: Au petit jeu de l'EPR (European Pressurized Reactor), c’est Ségolène Royale qui l’emporte. L'EPR est bien un prototype de troisième et non de quatrième génération. Le réacteur en construction en Finlande par Areva est le frère jumeau de celui qui sera érigé à Flamanville (Manche).

Les pôles de compétitivité
Les deux candidats s’écharpent pour savoir à qui revient le mérite de la création des pôles de compétitivité, zones de développement économique qui réunissent entreprises, centres de formation et de recherche engagés dans des projets innovants. "Qui les a crées ?" demande Nicolas Sarkozy. "Les entreprises pas vous. Ne vous l’attribuez pas", répond Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy insiste: "Les pôles ont été créés en 2004, à la suite du rapport parlementaire remarquable de Christian Blanc. J’étais ministre des Finances. C’est alors que l’Etat les a créés. Cela ne pouvait pas être les régions, car les pôles sont des exonérations fiscales et sociales".

PRECISION: Les deux candidats jouent ici sur les mots car si l’Etat a lancé un appel à projets à la suite du rapport parlementaire, ce sont ensuite les entreprises qui ont fait acte de candidature, avant d’être labellisées par l’Etat. La candidate socialiste met également en cause la mise en œuvre de ces pôles, qui n’ont pas, selon elle, bénéficié "des avantages fiscaux que vous aviez promis". Ce que dément Nicolas Sarkozy. En tant que présidente de région, Ségolène Royal dit aussi avoir "attendu deux ans avant d’avoir l’accord du gouvernement pour ouvrir une usine de biocarburants à la Rochelle". Dans les faits, le processus d’aide publique est en effet assez long et complexe, notamment parce que le Conseil d’Etat a mis deux ans a définir les zones qui allaient en bénéficier. Sur les 1,5 million d’euros promis par l’Etat, seuls 900 millions ont pour l’instant été débloqués.

Bouclier fiscal
Au sujet du bouclier fiscal -qui plafonne à 60 % des revenus d'un contribuable le montant cumulé de ses impôts sur le revenu, sur la fortune, et de ses taxes d'habitation et foncière pour la résidence principale- appliqué pour la première fois à partir du 1er janvier 2007 pour les impôts payés en 2006, Ségolène Royal lance: "Quand je vois que le bouclier fiscal que vous venez d’instaurer vient d’autoriser une ristourne de 7 millions d’euros à une personne qui a dû être même très surprise d’ailleurs de les recevoir au nom du bouclier fiscal, je dis en effet qu’il faut faire attention aux injustices sociales et à la façon dont vous voulez exonérer un certain nombre de patrimoines élevés".

APPROXIMATIONS: Sarkozy n’est pas au courant… Pourtant, l’histoire est connue depuis le 28 avril. Le quotidien Libération a révélé dans un article qu’une "riche héritière a récemment perçu un chèque de 7,7 millions d'euros au titre d'un trop perçu fiscal", selon "une section parisienne de la CGT-Impôts". Notons une petite erreur dans l’article de Libé, qui affirme que "le principe [du bouclier] consiste à ne pas surtaxer (via l'ISF, la CSG ou l'impôt sur le revenu, IR) certaines catégories de contribuables, bénéficiant d'un important patrimoine mais d'un faible revenu annuel": le bouclier fiscal ne concerne pas la CSG…

Ségolène Royal devra également réviser son dossier: cette dame n’a probablement pas été surprise de recevoir ce chèque puisque pour obtenir le remboursement de la part d’impôt qui excède la limite de 60% fixée par le bouclier, l’intéressé doit en faire la demande en adressant à son centre des impôts un formulaire!

Lois Fillon
Ségolène Royal veut "remettre à plat" les lois Fillon sur les retraites en prenant en compte "la pénibilité du travail pour décider de la durée de cotisation". Nicolas Sarkozy rétorque: "La pénibilité du travail est déjà prise en compte dans les lois Fillon".

PRECISION: Dans le texte, l’article 12 de la loi 2003-775, dans sa version consolidée au 31 décembre 2006, dit que "dans un délai de trois ans après la publication de la présente loi, les organisations professionnelles et syndicales représentatives au niveau national sont invitées à engager une négociation interprofessionnelle sur la définition et la prise en compte de la pénibilité".

L'Express

SUR LIBERATION, MEDIAMETRIE A PRIS LES TEMPERATURES DES TELESPECTATEURS? PHASE PAR PHASE>>>>>>>>>

Europe: Dans la ligne de François Bayrou

Message de Nathalie Griesbeck, euro-députée du Grand EST

Mesdames, Messieurs,
medium_griesbeck.2.jpgA quelques heures du deuxième tour de l'élection présidentielle, vous êtes nombreux à m'interroger quant à mon choix et à une consigne de vote.

Permettez-moi tout d'abord de vous remercier, toutes et tous, pour votre formidable mobilisation durant ces semaines et ces mois  de campagne. Mobilisation et travail de relais dans l'ensemble de nos régions qui ont aidé François Bayrou à mutiplier par trois son score de 2002. C'est une performance qui fera date dans l'histoire de la Vème République.

Dans cette dynamique, François Bayrou a annoncé la création d'un grand mouvement démocrate et de rassemblement qui passe par l'acceptation des bonnes idées à la fois de droite et de gauche. Dans ce contexte, il est logique, qu'en fonction de sa sensibilité propre, chacun se détermine selon ses convictions.
Tout en respectant les prises de position de certains élus en faveur de l'un ou l'autre des candidats en lice, je considère, pour ma part, que dans cette volonté de rassemblement  je n'ai pas à influencer le choix des uns ou des autres. Les électeurs sont des Femmes et des Hommes responsables, libres, qui voteront en conscience.

Cette position n'est en aucun cas une dérobade ou un appel à l'abstention. Mon choix personnel est fait. Mais une fois encore, par respect de la liberté démocratique, il m'appartient de laisser les sensibilités s'exprimer.
En tout état de cause, je vous invite maintenant à vous mobiliser pour les élections législatives à venir afin de soutenir nos candidats pour que la voix du rassemblement au Centre soit représentée au Parlement et continue à se faire entendre.
Amitiés.

Nathalie Griesbeck
Député européen Grand Est

 

Sarkophobie et Sakomania

Sarkozy est-il dangereux ? On peut le penser. D’une façon générale, « le pouvoir rend fou », comme disait Françoise Giroud : tout être détenteur du pouvoir suprême est exposé à ce risques. D’où la nécessité de contre-pouvoirs forts… Sur un plan plus particulier, trop de formules et de prises de positions de Sarkozy,  sont révélatrices de postures et d’impostures qui ne sont pas faites pour rassurer les citoyens épris d’un « Vivre ensemble harmonieux », d’une « société apaisée », d’une France libérée de cet esprit de guerre civile larvée permanente qui nuit tant aux vraies confrontations d’idées, aux vrais débats démocratiques… et aux vrais remèdes à apporter à nos maux nationaux.

Cette dernière ligne droite de la campagne est dominée par les questions que posent légitimement le caractère, le tempérament et l’idéologie de Sarkozy.

Nous l’avons vu dans le duel télévisé :le fauve s’est fait tellement chaton que son ton si bien étudié sonnait faux :son regard fuyant le montrait bien…

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Nous l’avons entendu ce matin encore….

La candidate socialiste a mis  en garde contre  le « risque"  que ferait courir Sarkozy de déclencher "des violences et des brutalités" dans le pays et en particulier dans les quartiers populaires.  Elle a aussi jugé que la candidature de son adversaire de droite était "dangereuse, en termes de concentration des pouvoirs, en termes de brutalité, en termes de mensonges".

Quelques minutes plus tard, Nicolas Sarkozy a réagi sur Europe 1 : "C'est tellement outrancier. Je suis sûr que Mme Royal est quelqu'un qui vaut mieux que ce qu'elle vient de dire" : "Comme elle doit sentir que le sol se dérobe sous ses pieds, c'est un phénomène bien classique: elle se tend, elle se raidit, pour le coup elle montre sa vraie nature. Je suis un peu désolé pour elle mais je n'ai pas l'intention de rentrer dans un combat de rue (...) Elle ne commence pas bien sa journée!".

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Sarkozy joue sur du velours : il a réussi à intervertir les rôles. Le méchant est devenu le gentil, le dangereux est devenu le rassurant. Facile: tous les sondages le donnent gagnant

C'est le fruit d’un TSS lancé et surtout (mal) argumenté avec trop d’humour acide infantile.

C'est le résultat aussi d’une tentative (stupide) de transformer ce deuxième tour en un referendum « pour ou contre Sarkozy ».

C'est l'effet aussi d’un manque de pertinence et d’arguments des socialistes dans leurs attaques contre le prince de Neuilly aux ambitions bonapartistes. Il y avait tant à dire… Sur sa conception du pouvoir, sur son inspiration puisée chez les néo-conservateurs et dans l’ex-« nouvelle droite », sur ce que révèle ses propos sur l’Allemagne nazie et sur un darwinisme déformé,  sur son coté  héritier de « Pasqua »  (avec tout ce que cela comporte) , sur ses incohérences et contradictions dans tous les volets de son programme (y compris européen), sur les ambiguïtés de sa force de séduction dans l’électorat Le Pen (  qu’il mange le FN est une chose, qu’il digère ses idées en est une autre) …

Sarkozy, dans ses opérations  lancées par son « j’ai changé », a été aussi et surtout peut-être été servi par les médias, ou plutôt par quelques bons satkophiles ou sarkomaniaques qui sévissent dans les médias.

 

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Dernier exemple : FOG, Franz-Olivier Giesbert, qui fut sarkosyste avant de connaître Sarkozy….Dans Le Point ; sous le titre « le boomerang de la sarkophobie », il a pondu un petit chef d’œuvre de caricature des caricaturistes…

« Rarement un candidat à la présidence aura été sali à ce point pendant une campagne », écrit-il Diable ! Quelle mémoire défaillante et sélective ! Il en a tout de m^me suivi beaucoup des campagnes présidentielles cet ancien « journaliste de gauche » qui a si bien su adapter ses convictions à ses impératifs de carrière…

« Traité de fasciste, d'eugéniste, d'étranger et même de fou, Nicolas Sarkozy a été l'objet, de surcroît, d'une campagne personnelle de basses eaux, particulièrement dans la blogosphère, qui a fait apparaître ce qu'il faut bien appeler un lepénisme de gauche. »

Où sont les basses eaux ? Dans le « mystère irréductible » de l’Allemagne nazie, sûrement. Dans les hymnes à un nationalisme sans nuance, sans doute. Dans l’art et manière de pratiquer du proxénétisme politique, évidemment. Pour ce qui est du « lepénisme de gauche », il est vrai que la lepénisation des esprits dépasse les clivages gauche-droite puisque les idées portées par le FN sont comme « normalisées », banalisées et…comme cultivées, y compris dans la presse (et pas seulement dans la « blogosphère »

« Mais, se réjouit notre talentueux homme de lettres,   tous ceux qui ont bouffé du Sarkozy matin, midi et soir ont perdu leur temps, leur encre et leur salive. Après le premier tour, ils en sont pour leurs frais. Leur diabolisation frénétique n'a pas payé : les Français n'ont pas cru au croquemitaine de pacotille décrit complaisamment par tant de monde à longueur d'ondes et de colonnes ». Comme si nos ondes et nos colonnes n’étaient pas très majoritairement « sarkozyennes ». Comme si le courage de Marianne masquait toutes les lâchetés de autres titres ».

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« C'est la grande leçon de ce premier tour : la haine et l'hystérie ne sont pas de bons modes de communication politique et les adversaires de Nicolas Sarkozy devront en tenir compte s'ils ne veulent pas gâcher les dernières chances de Ségolène Royal de l'emporter. Ils feraient mieux de parler projets, réformes, propositions : apparemment, c'est ce qu'attendent les Français. Avec un peu de dignité aussi, ça nous changerait ». N’y avait-il pas d’autres leçons plus pertinentes à tirer de ce premier tour ? FOG  ne s’intéresse qu’à ce qui concerne son poulain de Neuilly…

L’appel à le dignité est très bien, lui… Digne, le « ont bouffé » ? Dignes les jeux de rôles de Sarko ?  Dignes, les contre vérités assénées sur le ton de vérités avérées ? Dignes, les jonglages avec des statistiques truquées ? Digne, la démagogie galopante ? Digne, le maquillage outrancier des intentions les plus politicardes ? Digne, l’abus des mots « vérité », « sincérité », « franchise » ? Digne, le recours éculé à « la majorité silencieuse », le culot du slogan « je suis le candidat du peuple »,  les références historiques à des personnages dont il aurait combattu les idées et dont il combat les héritages ? Digne, le fait de mettre Jaurès et Rivarol dans le même sac ?

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Je n’ai (et il me semble l’avoir beaucoup écrit depuis des mois) peu de sympathie pour Ségolène Royal et je fais partie des déçus d’une gauche archaïque, passéiste et idéologiquement creuse. Mais en terme de démocratie, d’harmonie sociale, de réformes de progrès (et non de régression) est-ce être « sarkophobe » que de ne pas être « sarkomaniaque » ? M. Giesbert est (heureusement) libre de ses opinions, mais de grâce, qu’il abandonne son coté « donneur de leçons ». N'a-t-il pas remarqué qu'il existait aussi une "Ségophobie".

Il est vrai que FOG sait changer avec l’air du temps : cet ancien chiraquien n’a-t-il pas été le pire des procureurs de Chirac ? Oh ! J’oubliais : c’était à l’époque un moyen de servir Sarkozy. Jusqu’à quand ? Jusqu’ au moment où le courtisan ne sera plus bien en Cour ? Prends un bon livre, FOG : c’est mieux que ton cinéma, comme tu aimes le dire sur une télévision où tu es plus brillant que dans tes élans de billettiste partisan. Mais tu as tous les droits, y compris d'aimer une France que la moitié des Français n'aiment pas.

03/05/2007

Un terrible manque de souffle et de vision...

Avec le recul, une fois quelques passes d’armes revues et réentendues, quelques   vérifications  faites sur les dires de l’un et de l’autre, une réalité cruelle apparaît flagrante : La France qui manque de  souffle, d’inspiration et de vision ne s’est pas choisie deux finalistes capables de lui en redonner.

Je suis pour une fois) assez d’accord avec l’éditorial du Monde, plus pertinent que le commentaire signé Jean-Marie  Colombani, toujours  prisonnier de ses mirages « bipolaires » et de ses vues étroites… 

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« Cette confrontation souvent confuse, trop technique et presque exclusivement consacrée aux problèmes économiques et sociaux n'a permis ni à l'une, ni à l'autre de prendre la hauteur que devrait imposer la fonction présidentielle. De l'avenir de la société française, du modèle républicain d'intégration, de " l'identité nationale ", de la poudrière des banlieues, du désarroi des classes moyennes, de l'impasse où se trouve la justice de notre pays, de la culture, de la conception d'un humanisme contemporain partagé entre liberté individuelle et déterminisme génétique, des turbulences de la planète, de l'affrontement des religions, de tout cela pas un mot n'aura été dit. »

ESCARGOTISME HEXAGONAL...

C’est clair. Comme il est sûr que l’escargotisme des deux duettistes  n’est guère rassurant pour le dynamisme français en Europe et pour l’influence de la France dans le monde, c’est-à-dire  sur  le cours des événements mondiaux. » Hexagonaux », ces débats !

Comme si la France, quatrième puissance mondiale devenu cinquième en attendant de rétrograder encore avait une tentation helvète en dépit de son fauteuil permanent au Conseil de Sécurité, de son statut de « puissance nucléaire », de sa place dans le marché mondial des armements  de ses responsabilités  (mal assumées) dans l’espace francophone, de sa dimension océanique  et de sa place  dans  le monde euro-méditerranéen . De sa culture autocélébrée et de ses valeurs proclamées, aussi.

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« Ségolène Royal, poursuit Le Monde,  n'a pas osé entraîner son concurrent sur ces terrains où elle aurait pu trouver son avantage. Nicolas Sarkozy, trop soucieux d'éviter les controverses risquées, s'est bien gardé de s'y engager. Les électeurs étaient en droit d'attendre, sur ces sujets, la vision de chacun et des réponses qui donnent du sens à l'avenir. C'était l'occasion ou jamais. Cela n'a pas été le cas. C'est regrettable. »

Mais n’était-ce  pas prévisible ?  La droite « décomplexée » de Sarkozy  est calquée sur un modèle appliqué dans de nombreux pays depuis longtemps (des pays qui en reviennent ou s’en guérissent, d’ailleurs). La gauche de Ségolène reste marquée par des archaïsmes idéologiques et un esprit « novateur » chargé d’incertitudes et d’une « pensée » bien floue…

Mais c’est le jeu de l’arithmétique électorale. Puissions-nous au moins relancer la croissance sans   accroître les fissures, les cassures, les fractures sociales et sociétales. Puissions-nous au moins travailler à un « Vivre ensemble » qui privilégie davantage les relations d’intelligence que les rapports de force.
Quel que soit le gagnant du » prix de la Présidence de la République » de dimanche, les Françaises et les Français ont vraiment intérêt à se doter de contre-pouvoirs (parlementaires d’abord) plus consistant qua ceux qui existent actuellement. La démocratie, ce n’est pas que la loi de la majorité, c’est surtout le respect des oppositions.  

Dans ces perspectives là, Ségolène a gagné son duel dans la forme, mais Sarkozy n'a pas perdu. Le second n'a sans doute pas gagné une voix, mais ceux qui hésitent entre le "vote blanc" et le bulletin ségolène (par résignation et rejet de NS) vont ...hésiter olu encore. Première leçon: ne voyons pas dans la participation massive du premier tour un signe de la réconciliation entre les Français et la poltique. Il s'agit plutôt d'un appel à un réenchantement de la politique qui n'est pas pour demain, quelques soient les joies du camp des vainqueurs dimanche, à 20 heures...

Daniel RIOT

Ségolène a marqué des points contre Nicolas, mais combien ?

Deux félins sur un toit brûlant: L'un rentre ses griffes et l'autre les sort!

 

J’ai vu, j’ai entendu…Et alors ? Il est des moments où l’on envie les téléspectateurs « supporters » de l’une ou de l’autre…Ils peuvent crier victoire quelque soit leur « champion ». D’autant plus que les buts des deux intervenants étaient différents : l’un devait conserver son avance, l’autre devait mener l’offensive… Ce sont évidemment les hésitants, les indécis, les versatiles qui seront  les vrais juges de ce débat... pendant lequel l’importance des affaires européennes et des fonctions spécifiquement régaliennes du « poste » disputé a été, hélas,  trop négligée.

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Comme prévu, Sarkozy a fait des efforts sur lui-même : calme, surtout être calme. Afficher du sang-froid. Paraître serein. Juste une pointe, par ci par là, griffes rentrées : "Vous n’avez pas besoin d’être méprisante pour être brillante "

Des efforts trop poussés peut-être…

Il semblait presque terne, le grand bateleur ! Avec des allures d’écolier devant une maîtresse d’école. Avec la tête souvent basse. Avec des besoins d’appuis, non trouvés, auprès de PPDA. Avec quelques coups portés mal encaissés ! Gentil et poli, Sarkozy, à coup de « madame » glissés en tout et pour tout …Beau joueur, sinon galant, il a même donné du rabe de temps à son « adversaire».

"DOUX COMME UN MOUTON", LE LION

Tout au plus, il a su jouer les séducteurs avec sa voix et ses regards. Des regards qui, dommage pour lui,  fuyaient souvent les yeux de Ségolène quand il se voulait critique !   Du velours, Sarkozy…« Doux comme un mouton » dit Jean d’Ormesson.

Mais son jeu était moins bon qu’on pouvait l’imaginer : il sonnait même un peu faux, de temps à autre. Il est meilleur d’ordinaire dans ses rôles de composition. Même quand, face à une « saine colère » de Ségolène, il se fait un petit plaisir en mettant en relief les qualités de… calme qu’exigent les fonctions présidentielles. L'impulsif avait-il abusé de la tisane calmante?  

Comme annoncé aussi, Ségolène Royal a montré qu’elle n’est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. Et à se laisser mener par le bout du nez, surtout pas dans un débat aux enjeux majeurs. Pugnace, Ségolène. Mordante.  Mais je le reconnais : elle a été meilleure que jamais. Meilleure même que je pouvais l’imaginer. Comme quoi, l’être humain a une caractéristique essentielle : sa perfectibilité.

DES PIEGES EVITES ET D'AUTRES BIEN TENDUS

Audacieuse, Mme Royal ! Offensive. Maîtresse de l'ordre du jour. Habile même : n’a-t-elle pas piégé son « partenaire en débats d’idées » sur quelques sujets, sur le nucléaire par exemple, sur la sécurité (mais oui !) ou, surtout,  sur la question (imprévue) de l’insertion des handicapés dans les écoles de la République, sujet sur lequel Sarkozy propose des mesures appliquées par Mme Royal quand elle était sous-ministre et supprimées par l’UMP… ?

N’a-t-elle pas évité, aussi,  d’être piégée sur le terrain de l’économie et de la croissance (en dépit de quelques manques de précisons chiffrées) ?

N’a-t-elle pas paru, y compris dans son « coup de  colère », comme plus déterminée, plus moderne, plus dynamique. Plus crédible, même. Plus fiable.  Avec une… « présidencitude » (comme elle ne dirait plus) plus grande. Avec une « bravitude » qui force le respect (pas seulement celui proclamé à tout bout de phrase par Sarkozy)

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ELLE A GAGNE EN "PRESIDENCITUDE" AVEC "BRAVITUDE"

En fait, Ségolène a réussi une chose qu’elle aurait dû tenté depuis longtemps : Sarkozy est apparu comme un « sortant », avec ce que cela comporte de responsabilité dans le bilan.

Elle a réussi aussi à paraître plus sincère  dans ses engagements et  dans sa défense du type de société qu’elle « veut » que Sarkozy pour les siens.

Surtout, en dépit de son « étatisme » persistant, elle a affiché un socialiste moderne, à visage nouveau. En se dégageant de toute contrainte, y compris de ce qu'a pu dire François Hollande. "libre", elle ne s'est "rien interdit". Elle a eu raison.

C’est important pour les électeurs qui regrettent les archaïsmes d’un PS resté passéiste sur bien des plans.

C’est important aussi dans son rapport de force avec Sarkozy : l’esprit de « rupture tranquille » de celui qui veut une « France qui gagne » et qui se veut le « candidat du mouvement », est apparu comme l'expression d' un conservatisme bien conformiste, par opposition au caractère novateur de la démarche, des idées (y compris institutionnelles) et de la manière de gouverner de « madame »…

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Il y a là une inversion d'image. Au moins le temps (long) de cette émission qui nous a offert (aussi) le spectacle triste d'une Arlette Chabot bien inutile (ce qui n'a aucune importance, sauf pour son ego)

Mais il ne s’agit là que d’impressions personnelles. Confirmées par la véhémence du ton des supporters  de Sarkozy dans le débat très intéressant organisés par France 3, débat que je suis avec un sourire en coin  en rédigeant ce billet. « Ségolène a marqué des points », dit un expert en communication. « Les lignes ont un peu bougé ». A voir dimanche soir…

Daniel RIOT

02/05/2007

Ségostar joue à « quitte ou double » contre SuperSarko dans un « psycho-show » télévisé : Deux destins personnels à un carrefour de l’Histoire ccollective

Qu’attendre du grand débat, si bien encadré, de ce soir ? Une émission de pycho-show. Un match de catch mental.  Un grand oral à deux voix. Une superproduction à voir, bien sûr, mais qui risque de décevoir ceux qui en attendent trop…

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Celles et ceux qui attendent un débat d’idées, projet contre projet, risquent d’être déçus. Celles et ceux qui attendent ce duel pour décider de leur vote dominical risquent de devoir jouer à pile ou face ou de hiérarchiser leurs préoccupations.

Une soirée pour rien ? Non. Ne serait-ce que pour la première fois, cet exercice de haute école oppose un candidat et une candidate : Sarkozy s’y  est préparé avec quatre femmes…  Mais cet exercice  n’aura sans doute guère d’influence sur le scrutin de dimanche. Sauf si…

DES ENJEUX INEGAUX

Sarkozy n’y a pas grand-chose à perdre. C’est lui qui mène le bal depuis le début de la campagne (sauf la semaine dernière où Bayrou a joué les trouble-fête. C’est lui qui a toujours au moins deux points d’avance dans les sondages, donc au moins  quatre de plus qu’elle. S’il réussit à simplement neutraliser sa concurrente, il sort grand vainqueur. Il n’a qu’à protéger sa mise. Qu’a finir une course menée en tête par un sprint tranquille, avec le seul souic d’éviter la chute avant la ligne d’arrivée.

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Ségolène  Royal, elle,  se trouve face à un défi difficile à relever : réussir dans cette première et dernière danse à  imposer sa musique,  son rythme, ses mouvements, sa cadence. En usant de sa féminité, mais tomber dans les pièges de la femme dominatrice ou victime (ce qu’elle a fait trop souvent) Elle doit, surtout,  prendre des risques très calculés.  Viser juste à tous les coups, surtout si elle tente quelques flèches pour  provoquer la « faute qui tue » chez le favori qui ose se présenter en « challenger ». Elle est dans un « quitte ou double ». Dans une partie de  poker !

BILAN ET PERPECTIVES…

Les socialistes disent vouloir un débat sur le fond : bilan et perspectives…

>>> Sur le bilan, ils  se trompent de tour ! Sarkozy a réussi à effacer son handicap de sortant. Le PS en est un peu responsable : je n’ai pas compris  sa tactique. Il  aurait dû passer moins de temps à tenter de démolir Bayrou et davantage à mettre Sarkozy le nez dans les assiettes du dernier quinquennat de l’UMP au pouvoir ! Trop tard pour lui. Cela risque même de devenir très contre-productif !  

Si Ségolène veut tenter de le piéger   sur la « vérité » des faits et des chiffres de ces cinq dernières années, elle va, en effet,  se faire envoyer avec élégance dans les cordes.

Et c’est elle qui accentuera son image  passéiste face à ce Sarkozy délibérément amnésique mais  tourné vers le futur. Comme les regards des électeurs d'ailleurs.

>>> Sur les perspectives, la tâche de Ségolène s’annonce aussi très difficile. Il suffit de comparer leurs spots respectifs consacrés au travail pour voir que la tonalité Sarko est plus adaptée aux attentes d’une majorité de Français que la musique Ségo. Des trompettes chez l’un. Du violoncelle chez l’autre.

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« La fraternité contre brutalité » : la formule est bonne (et juste), mais l’heure n’est pas à la générosité des intentions. Elle est  à l’efficacité supposée des mesures annoncées.

Sur ce terrain, elle n’avait pas été convaincante dans son dialogue avec Bayrou : qui peut l’imaginer plus performante sur ce plan face à Sarkozy ?

Il lui faudrait beaucoup de talents (jusqu’ici  cachés) pour convaincre le téléspectateur de la crédibilité de ses propositions économiques. Et il lui faudrait des biscuits qu’elle n’a pas pour noircir l’avenir qui attend les Français avec « l’Etat Sarko », sans tomber dans les pièges d’une diabolisation contre productive et de scénarii catastrophe facile à démolir ou à contourner.

CHOIX DE SOCIETE

Certes, elle peut briller plus que Sarkozy sur tous les sujets qui se rapportent au projet de société qu’elle porte, aux valeurs qu’elle veut illustrer, aux réformes institutionnelles (si indispensables) qu’elle veut engager, sur l’Etat « impartial » qu’elle promet,  sur ses engagements européens, plus sincères et plus forts que ceux de Sarkozy.

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Sur le fond, elle aura raison. Mais c’est électoralement moins « payant » que les propositions qui concernent la vie quotidienne des Français. Et  dans la forme, Sarkozy va pouvoir se lancer dans ses exercices favoris. Avec ses sincérités successives et additionnées. Avec son culot monstre. Avec son art de faire confondre ce qu’il croit et ce qui est.

Avec sa sublime force : celle de savoir trouver sa cohérence dans ses propres incohérences, d’asséner des contre vérités sur le ton de la vérité avérée  et d’esquiver toutes les questions qui le dérangent…Avec, surtout, ses professions de foi qui peuvent tromper tous les gens de bonne foi,  même celles et ceux qui le trouvent antipathique, anxiogène voire dangereux.C'est bien pour cela que la TOUT Sauf Sarko ne fait recette qu dans une faible partie de l'électorat.

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C’est qu’il est doué, Sarkozy. Et en excellent comédien, il a bien répété tous les rôles qu’il peut être appelé à jouer, toutes les formules bien rodées qui pouront sembler improvisées, toutes les répliques bien ciselées qu’il tiendra en réserve.

On dit que Ségolène Royal est meilleure en débats qu’en meetings : ce sera  le moment ou jamais de le montrer.   « Pourquoi voulez-vous que je redoute quelque chose? » dit-elle à ceux qui l’interrogent…C’est beau la confiance ! Il lui en faut. Mais qu’elle ne compte sur aucune des faiblesses de Sarkozy.

SARKO OLYMPIEN : C’EST (PRESQUE) SÛR…   

Certes, qui ne le sait pas ? « Il est des moments où « Sarko » ne se contrôle pas tout à fait »… Cela ce n’est pas de la médisance, de la diffamation ou une rumeur. C’est un fait …reconnu par ses fidèles les plus proches. Un fait plutôt inquiétant pour un prétendant à une fonction qui implique du sang froid, des qualités d’humeur et de tempérament. Mais qui n’a pas quelques faiblesses ?

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Ce n’est pas un dieu qu’on élit pour l’Elysée…ni une déesse d’ailleurs. Comme disait Gide, il faut toujours suivre sa pente…en la remontant : Sarko sait le faire, cela. Sa priorité des priorités sera de démontrer ses qualités d’Homme d’Etat. Des qualités qui n’ont rien d’évidentes chez ces « bêtes » politiques (Chirac en est) plus passionnées par la conquête du pouvoir que par son exercice. Qui  ont toujours un coup d’avance pour courir après leurs ambitions. Et qui aiment  le gibier à abattre plus que celui abattu… Le désir qui les fait courir à la jouissance du but atteint : un désir assouvi n’est plus un désir…

LE SYNDROME D’ASTERIX

Ses sautes d’humeur (parfois feintes), son impétuosité, ses impatiences, ses coups de colère  sont d’ailleurs perçues par ses supporters comme les revers de qualités incontestables. D’une exigence. D’une impatience. D’une soif d’actions réussies, de résultats, d’efficacité. De cette course contre le temps dans laquelle tout « homme pressé » tente de tromper la mort ou la fuite de la vie.

Mieux : nombre de  Français se retrouvent dans son rôle du « petit » qui montre les crocs et aboie. Qui sait se faire  d’une seconde à l’autre fauve et petit chat (et réciproquement). Et qui incarne à sa manière se « syndrome d’Astérix »

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Que les supporters de Ségolène Royal ne se bercent d’aucune illusion : ce mercredi soir,  Sarkozy se montrera plus calme et serein, plus   maître de lui, plus digne des responsabilités suprêmes que jamais. Il saura jouer sur toutes les notes de son piano (ou de ses grandes orgues) de la confiance réclamée : du calme et de la détermination, de la sérénité et du dynamisme, de l’esprit de responsabilité. Il se posera en « entraîneur » de « la meilleure équipe de France, en champion de la « France qui gagne ». Sarkococorico !

Mais le grand jury ne prononcera son verdict que dimanche, dans le secret des isoloirs. Deux destins personnels à un carrefour de l’Histoire nationale. Les vrais enjeux dépassent largement  ceux du Super Psycho-Show télévisé de ce soir …  Le « réality-show » à venir n’a rien d’un spectacle. Et rien de virtuel…

Daniel RIOT

01/05/2007

La (belle) Lettre aux Français de Ségolène Royale

Nouvelobs. com publie en exclusif une lettre dans laquelle Ségolène Royal, candidate socialiste à l'élection présidentielle, s'adresse aux Français . Je la reprends par souci d'informer. Et oarce que j'y retrouve nombre de thèmes et de diagnostics ainsi que des valeurs et des objectifs qui me font voyer pour elle. Par défaut, mais avec esprit de responsablité. Et respect de moi-même. Cela n'engage évidemment que moi. Et n'enlève rien à tout ce que j'ai écrit sur elle(ou plutôt contre elle) depuis la campagne interne du PS....Si elle gagne, qu'elle tienne ses engagements -là, dans leur lettre et dans meur esprit! DR

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"Ma lettre aux Français"

Nous voici dans la dernière ligne droite d’un grand et beau combat démocratique qui va décider de l’avenir et des valeurs de la France pour cinq ans et en réalité plus longtemps encore. Aujourd’hui, le choix se clarifie et c’est très bien ainsi. C’est un choix entre deux conceptions différentes de l’exercice du pouvoir, deux conceptions du redressement économique, social et écologique du pays, deux approches de l’Europe et du rôle de la France dans le monde.

Le désir de changement est vif et très largement partagé. Face à un système dépassé, injuste et inefficace, inefficace parce qu’injuste, une majorité de Françaises et les Français n’en peuvent plus et n’en veulent plus. L’exaspération est là, palpable, mais l’espérance aussi. Je veux y répondre en réformant profondément le pays mais sans brutalité et en rassemblant largement, au-delà des partis et des blocs, tous ceux qui veulent une France plus fraternelle et en même temps en prise sur son époque, capable d’en relever les défis, forte d’une confiance retrouvée et qui réconcilie l’efficacité économique et sociale. Trop de temps a été perdu, trop de cartes gâchées, trop d’inégalités creusées, trop d’inefficacité économique, trop de dette : il y a urgence. A chacun de prendre ses responsabilités.

La France a choisi pour devise des valeurs universelles. La France n’est jamais aussi forte, aussi respectée, aussi aimée que quand elle porte haut et fort ce message de justice et quand elle en donne l’exemple chez elle. Quand ces valeurs sont malmenées, la France ne se reconnaît plus.

Je veux une France de liberté. Et la première des libertés, c’est celle de choisir et de conduire sa vie. Parce qu’on a un bon bagage éducatif de départ. Parce qu’on a un emploi qui permet de vivre dignement et de faire des projets. Parce qu’on conserve sa vie durant le goût d’apprendre et la possibilité de se former. Parce que les solidarités sont au service de cette liberté et de cette responsabilité individuelle. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux, à ne pas vouloir que notre pays soit transformé en laboratoire d’un berlusconisme tardif qui va s’aligner sur les postures de Georges Bush. Je sais que nous sommes nombreux, très nombreux à rejeter la confusion des pouvoirs, la mise au pas des contre-pouvoirs, la soumission au pouvoir de l’argent.

Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un Etat de droit au plus bas et d’un recul des libertés publiques.

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Je veux une France de l’égalité des possibles, pas simplement formelle mais réelle. L’égalité républicaine, ce n’est pas tout le monde sous la toise, ce n’est pas l’uniformité. C’est le droit égal garanti à chacun qu’il pourra aller au bout de ses possibilités, grâce à la priorité donnée à l’Education, qu’il sera aidé quand il en aura besoin, qu’il lui faudra donner s’il a reçu car l’égalité des droits suppose l’égalité des devoirs. L’égalité républicaine, c’est l’assurance donnée à tous d’un traitement impartial, indifférent à la naissance, à l’origine, à la fortune, au carnet d’adresses.

Ce n’est pas l’exonération des droits de succession pour les patrimoines les plus riches, cette restauration des privilèges héréditaires de la rente contre lesquels, jadis, le peuple français fit une Révolution.

Ce n’est pas la promotion de quelques uns sous prétexte de discrimination positive, qui assigne à l’origine et masque mal l’abandon du plus grand nombre.

Ce n’est pas la remise en cause de la loi de 1905 pour mettre les religions dans la politique et la politique dans les religions, ce n’est pas l’instrumentation des communautarismes et des clientélismes.

Ce qui menace notre identité nationale, ce n’est pas l’immigration régulière, c’est la destruction de notre pacte républicain. Car il en va ainsi chez nous : quand la République s’affaisse, la France s’abaisse.

Je ne veux pas d’une France en proie au doute, tentée par le repli, s’abandonnant à la peur, affaiblie par ses divisions et impuissante à maîtriser son destin. Je veux une France de la fraternité, une France unie qui reprenne la main. Une France capable de changer sans se perdre. Une France capable de se réformer parce qu’au clair sur ses valeurs et forte de tous les siens. Sans la fraternité, la liberté et l’égalité se désaccordent. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous les Républicains de progrès qui veulent, eux aussi, que la loi du plus juste l’emporte sur la loi du plus fort. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui ne veulent pas d’un pouvoir confisqué par un seul parti et soumis aux puissances de l’argent et aux injonctions du Medef et du CAC40.

L’Etat, spécialement en France où sa formation est ancienne, a préexisté à la démocratie. Il s’est construit dans des siècles où l’arbitraire était la règle et le droit l’exception. Depuis 1789, et malgré des retours en arrière, l’Etat a dû se plier au respect de la loi : le citoyen a peu à peu conquis des droits, l’anonymat et la brutalité de l’action publique ont dû laisser place à plus de transparence et de dialogue.

Mais notre Etat porte encore les stigmates des conditions de sa naissance et des habitudes d’un pouvoir sans frein. Qui ne voit que l’autorité judiciaire ne jouit pas encore de la pleine indépendance imaginée par Aristote et élaborée par Montesquieu ? Qui ne voit que les citoyens sont ravalés souvent encore à la condition subalterne d’administrés et ne parviennent ni à comprendre la logique des décisions qu’on leur impose, ni à faire valoir leur droit légitime dans les arcanes d’une administration qui les traite parfois en importuns ? Qui ne voit que la collusion des pouvoirs politiques et économiques bride l’indépendance de la presse et favorise les abus dans les nominations et les rémunérations comme on l’a vu à Airbus ? La droite porte la lourde responsabilité d’avoir aggravé la subordination de la justice, ignoré les citoyens et confondu l’intérêt public avec les intérêts privés.

Les Français veulent un Etat impartial et je veux le construire avec eux. Aujourd’hui, l’Etat n’est pas assez présent là où on a besoin de lui mais il est envahissant là où il multiplie sans raison les procédures et la bureaucratie, le maquis des aides et des démarches. Il est trop timide là où il devrait jouer son rôle d’entrainement et trop lointain là où il devrait être proche, à l’écoute, réactif. Il se trompe souvent quand il décide seul. Voilà pourquoi j’appelle au rassemblement de tous ceux qui veulent un Etat réformé avec des services publics efficaces, un Etat qui enraye la vertigineuse croissance d’une dette qui l’étouffe.

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Je veux une France capable de vérité. Une France lucide sur ses points faibles, énergique sur ses points forts, capable d’anticiper les mutations nécessaires, de se mobiliser pour réinventer son avenir, d’investir dans l’éducation, la recherche et l’innovation, aujourd’hui paupérisées et sinistrées, dans la qualification et les emplois de qualité. Car c’est la seule réponse vraiment moderne aux transformations de l’économie mondialisée et de la compétition planétaire.

Le projet coercitif de Nicolas Sarkozy se trompe d’époque et tire la France du mauvais côté de la nouvelle division internationale du travail. Il ne comprend pas l’efficacité économique du travail pour tous et du bien-être au travail. En disant aux uns de « travailler plus pour gagner plus » et en faisant peser sur les autres, ceux qui n’ont pas d’emploi, le soupçon de paresse et de fraude, il empêche la France de tirer parti de son principal atout, de son avantage concurrentiel le plus durable : son capital humain.

Quel est ce projet de société où l’on ne pourrait pas s’en sortir dans le cadre de la durée légale du travail ? Ce qu’une vision archaïque ne cesse de disjoindre et d’opposer – la performance économique, la performance sociale, la performance écologique – je veux au contraire le lier solidement ensemble car c’est ainsi que la France se relèvera, misera sur les activités et les emplois de demain. L’économique d’un côté, le social de l’autre, l’écologique à part, cela ne marche pas, cela ne marche plus.

Personne n’a jamais réussi à restaurer la compétitivité française, stimuler la créativité, l’inventivité, la réactivité économiques dont nous avons besoin en écrasant, en méprisant, en traitant mal les salariés producteurs de richesses. Ce modèle est inefficace, comme le prouve la situation actuelle, car l’avenir de la France, ce sont des productions à forte valeur ajoutée, des services de qualité donc des salariés qualifiés, motivés, engagés dans leur travail. Je veux, avec les PME construire une nouvelle donne qui leur permettra de réussir, de se développer, de conquérir les marchés. En un mot, de réconcilier la France avec les entreprises.

Il faut un regard neuf sur l’économie du XXIème siècle et, pour tirer parti de nos atouts, de nouvelles règles du jeu. Il nous faut inventer et mettre en place les nouvelles sécurités qui ne seront pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque et de l’agilité nécessaire dans la « grande transformation » du temps qui est le nôtre. L’Etat sera garant de ce nouveau compromis social et du nouveau dialogue qui, arrachant la France à l’archaïsme de ses relations de travail, fondera enfin dans notre pays une démocratie sociale facteur de réussite économique.

Le pays a besoin d’oxygène. Voilà pourquoi la nouvelle République que je veux bâtir avec tous repose sur quatre piliers à mes yeux indissociables : une démocratie représentative rééquilibrée, une démocratie participative vivante, une démocratie sociale forte d’un syndicalisme de masse et une démocratie territoriale où chaque échelon de la puissance publique sait, sans doublons, ce qu’il a à faire.

La voix de la France dans le monde a faibli. Sa place en Europe, comme inspiratrice de sa construction et garante d’un juste équilibre entre développement économique et progrès social, est contestée. Avec moi, elle retrouvera son rang et son influence, elle défendra ses intérêts sans crispation ni arrogance, en recherchant toujours des compromis dynamiques et les solutions les meilleures pour elle comme pour nos partenaires.

L’Europe est en panne institutionnelle et en panne d’idéal, en mal de projet. Où va l’Europe ? A quoi sert la construction européenne ? C’est parce que depuis trop longtemps nous n’avons pas su répondre à ces questions, qu’une majorité de nos concitoyens ont dit non il y a deux ans.

Je ramènerai la France à la table de l’Europe, parce que c’est ensemble, avec tous nos partenaires, anciens et récents, que nous préparerons le plus efficacement l’avenir. Je veux une Europe de la connaissance, où les étudiants et les chercheurs échangent, travaillent ensemble, voyagent, coopèrent. Je veux une Europe de l’excellence écologique. Je veux une Europe qui comprenne que l’efficacité économique et le respect des salariés ne vont pas l’une sans l’autre.

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Je veux une Europe qui protège ses emplois, non pas de façon conservatrice et statique, mais en innovant, en se projetant dans l’avenir, en construisant les industries et les services de demain. Je veux une Europe où les salariés seront sécurisés, mieux formés, mieux rémunérés.

Je veux enfin une Europe qui pèse dans la mondialisation, une Europe qui porte par ses actes un message de développement économique et humain, d’égalité entre les hommes et de paix entre les peuples. L’Europe doit se tourner vers l’Afrique pour l’aider à s’arracher à la pauvreté, vers l’Amérique latine où elle est attendue, vers l’Asie où sont les nouvelles grandes puissances économiques et politiques. Elle doit trouver un juste équilibre dans ses relations avec les Etats-Unis, pays ami et allié, et l’amener à renoncer à l’unilatéralisme et à accepter la nécessité du développement durable.


Cette France neuve, ce vote d’audace pour un changement serein mais garanti, c’est celui d’une France Présidente qui avance parce que chacun et chacune est appelé à donner le meilleur de lui- même."


Ségolène Royal

Apres le Sarko-Circus , le Sego-show: vive la politique joyeuse...

40 000 à Bercy pour Sarko! Plus de 60 000 à Charletty pour Ségolène. la “people démocratie” se porte bien. Dites-moi qui vous plait , je vous dirai pour qui voter. Macias ou Moustaki? Séguéla est le meilleur. Il a voté Ségo au premier tour et il va voter Sarko au second…“Ségo m’a fait rêver et Sarko l’a fait” ! (Quoi?)« Je pense simplement que celui qui a le plus de chances de nous remettre sur les rails, ce n’est pas le tracteur de Bayrou, ce n’est pas la charrette de Ségolène Royal, c’est la formule 1 de Nicolas Sarkozy » ! Arrêtes ton char, Jacques...homme à la "faiblesse tranquille"

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Vous vous en moquez du vote de ce fils de pub? Moi aussi. Jouer gagnant à son âge, c'est grave... La soupe,il est vrai,  a toujours été meilleure a l'Elysée qu'aux resto du coeur! Et Sarko adore les transfuges...Ne serai-ce que pour les mépriser.

Là je déconne. Mais que me reste-t-il après le bouillon pris avec Bayrou?

Le rire, une bonne béquille. La politique n'est pas toujours tragique, même quand  il faut choisir entre à casque à pointe et bonnet d'âne... J'exagère encore, bien sûr. Mais le vote blanc ( même en orange) compte pour nul (c'est désobligeant) et s'abstenir c'est suivre...les consignes antirépublicaines de Le Pen, ce grand perdant dans les urnes et ce grand vainqueur dans les têtes de ce premier tour qui fut tout de même un vilain tour que les Français se sont jouée à euc-mêmes... Sarkozix chez les Gaulois, ce ne sera pas une BD! Mais les Gaulois l'ont voulu. Tant pis sui le ciel leur tobe sur la tête. "Faut rigoler", n'est-ce pas Henri Salvador . Sarko El Salvator va nous sauver. éEncore cinq jours a-t-il dit ce soir à la télé (il avait dit six hier): compte à rebours pour le Paradis, dans cette France ssarkolandisée où sa majesté Nicolas Ier sera heureux comme Dieu avant la pomme d'Eve.

J'arrête ce mouvement d'humeur: l'essentiel, dans une élection, c'est de rester fidèle à soi-même et à ses convictions. Chacun n'est responsable que de soi dans l'isoloir.Ciomme devant sa glace. Sinon on a le "sang triste", comme disait Pasqua, ce frère en clown (triste) de Santini Retour aux faits, donc! Charletty, cela a au moins un vrai parfum de mai...Un grand concert-meeting réunissant militants PS et soutiens "people" de Ségolène Royal était donc organisé, au stade Charléty à Paris. Trop petit, le stade. Comme Bercy!
Selon le PS, "plus de 60.000 personnes" étaient présentes, une partie du public étant obligée de rester derrière les grilles fermées par la Préfecture de police de Paris en raison de la foule. Les portes d'entrée ont été fermées vers 17H00 devant l'affluence. Mesure de sécurité!

François Rebsamen et Jean-Louis Bianco, directeurs de campagne de la candidate du PS, ont évoqué dans un communiqué "un immense succès". Ils ont bien fait de le publier en ce jour férié ce communiqué, car dimanche....mon vote Ségo ne suffira sans doute pas! Encore un vote utile-inutile."le superflu, chose si nécessaire", disait Monsieur de Voltaire

Mais pour moi, c'est mieux qu'un vote "nuisible":j'ai toujours mis mes principes et mes valeurs devant et avant les questions d'intendance. Comme disait De Gaulle"l'intendance suivra". Les principes, eux, quand on les étouffe ont toujours d'énormes difficultés à reprendre le dessus."J'ai entendu le message des électeurs du centre et des républicains de progrès : rien ne se fera sans goût de la démocratie, sans une Europe qui fonctionne et surtout sans un Etat impartial", a lancé Ségolène.Sur ce point , j'approuve!

 "Il y a vraiment beaucoup, beaucoup de monde", observait le porte-parole de la candidate socialiste Vincent Peillon, posté à l'entrée du stade avec l'agent artistique Dominique Besnehard. "C'est magnifique, cela représente la politique joyeuse!", s'enthousiasmait de son côté Christiane Taubira, membre du Parti radical de gauche et conseillère de la candidate. Une conseillère qui n'avait pas pu se présenter aux Présidentielles pour cause de calculs politiciens (aussi nombreux à gauche qu'à droite)
Dés 15h30, des artistes tels les chanteurs Alain Llorca, Sapho, Yvan Le Bolloc'h ont commencé à se produire. Bravo, cela rime avec Ségo (comme avec Sarko, d'ailleurs). Trois heures et demi de concert...BRAVOOOOO! BRAVEAUUUUUUU! Avec reprise après le dsicours de Ségostar.
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Un bon slogan (que n'a pas trouvé Séguéla l'aigi)"Pour nous c'est elle". Et quelle belle affche! Les chanteurs Benabar, Cali, Renaud, Georges Moustaki, Yannick Noah, Olivia Ruiz, Michel Delpech, Disiz La Peste, Grand corps malade, Dyonisos, Leny Escudero, Indochine, Kery James, Juliette et les Têtes raides. Et  des comédiens tels Ludivine Sagnier, l'humoriste Elie Semoun ou encore les réalisateurs François Ozon et Emir Kusturica.
Ce concert "pour la victoire", est "une grande fête populaire, mais aussi un événement profond en terme de valeurs, d'humanité, de fraternité, de vivre ensemble, de gaieté, d'énergie. Aujourd'hui, la France souvent a perdu le sourire", a estimé Ségolène Royal, promettant aux artistes d'être "à la hauteur de leur engagement".
Mais le meilleur des comédiens français actuels n'était pas là,mais en Bretagne: Sarkozy Oscar , Cesar, Molière d'Or. dans toutes les catégories, y compris dans cet art de la magie qui fait faire des miiracles!
dans le discours de Sékostar, une bonne formule: "Sarko , ce n'est pas de Gaulle, et Doc Gynéco, ce n'est pas Malraux".Elle a raison: il ne faut pas laisser à Sarko le monopole des évidences proclamées. Mais Sarko, lui, c'est Napoléon qu'il se prend et de doc Gynéco, il se moque totalement. Sa seule drogue, c'est le pouvoir. Jusqu'à l'overdose. Fume, c'est du Sarko...
Promis: dimanche, j'arrête de fumer! Vivre tue, non? Surtout en Sarkoland... Mais il s'agit là encore d'un procès stalinien. Pauvre de moi, anticommuniste et antitotalitaire primaire et fier de l'être.!
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Le brin de muquet de Le Pen à Sarkozy: "Sarko, Ségo, c'est le même pipeau"...

Il avait déjà "piqué" un million de voix à Le Pen, il va sans doute (si l'on en croit les sondages) récupérer au moins 80% des suffrages du "führer " du FN au second. Et Le Pen lui offre un beau cadeau: son mot d'ordre en faveur de l'abstention (mot d'ordre bien peu "républicain") permet au présdent de l'UMP de "dédroitisiser" une image devenue extrêmement droitière depuis quelques temps... Heureux Sarkozy! Il passe un excellent premier mai, Nicolas, En attendant le "bouquet" de demain....

Le président du Front National (qui se remet très mal de son score ) a appelé les électeurs (encore trop nombreux)qui l'ont soutenu au premier tour de la présidentielle (10,44% des voix) à "s'abstenir massivement" dimanche prochain. Jean-Marie Le Pen a donné cette consigne de vote à l'occasion du traditionnel rassemblement du 1er Mai du FN."Soumis à un choix entre bonnet rose et rose bonnet, notre pays ne peut, hélas, rien espérer de l'UMP et du PS", at-il dit en imitant une formiule du communiste Jacques Duclos, en 1969, lors de la finale Poher-Pompidou, "bonnet blanc et blanc bonnet."... Ce qui est (encore) un petit cadeau à Sarkozy, soit dit en passant.

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Il a renvoyé dos-à-dos Nicolas Sarkozy - accusé de "hold-up sur les thématiques [du FN]" - et Ségolène Royal. "Nous ne devons prendre aucune responsabilité dans le choix du 6 mai", a-t-il déclaré à ses partisans, à qui il a demandé de "se réserver pour les élections législatives, les 10 et 17 juin prochains," à l'occasion desquelles le FN entend bien prendre une "légitime revanche". M. Le Pen a d'ailleurs présenté son intervention comme "le premier discours de la campagne législative". D'une campagne pour laquelle il a déjà programmé cinq grands meetings: le "Le Pen Circus" continue....

Le président du FN pense que les élections présidentielles ont montré que les idées défendues par le parti d'extrème-droite ont progressé dans l'opinion. "Il ne s'est jamais ouvert un boulevard politique aussi grand pour le Front National, nos idées sont quasiment majoritaires", a soutenu M. Le Pen.

Ici se pose une question grave: N'a-til pas raison? la lépénisation des esprits, pour reprendre une expression de Badinter, dépasse tous les clivages politiciens, non? Et cela, c'est pour les démocrates un sujet de proccupation majeure. Appel à la vigilance: le pire des liberticides, c'est celui qui agit en douceur, insidieusement, discrètement... Il faut dire que quelques  produits liberticides sont aussi en vente dans des boutiques dites de gauche! Allô, Monsieur Frêche, si mal combattu aysein du PS?

Plusieurs milliers de personnes - 15 000 selon les organisateurs - ont pris part à cette manifestation. Dans le cortège qui scandait "Ségo, Sarko, même pipeau", les discussions, selon le journaliste de l'AFP,  allaient bon train, avec parfois des inquiétudes : "On est là entre gens du FN, et on s'engueule. C'est ça qu'a réussi Sarko. Ca peut être la fin du Front. Maintenant mes plus grands ennemis, c'est ceux qui ont voté Sarkozy" s'énervait ainsi un partisan d'une soixantaine d'années...

Comme quoi les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis. Mais en démocratie, on parle d'adversaires,  de concurents, pas d'ennemi... Du moins, devrait-on. Ce serait le signe visible d'une démocratie "apaisée" et d'une société de civilité, donc civilisée... 

Un socialiste résigné : Les carottes sont-elles cuites ?

J’ai beaucoup d’estime et d’amitié pour Pascal Heisserer, prof de philo, homme de convictions et militant socialiste intelligent. Il publie cet appel en faveur de Ségolène qui est déjà un constat de résignation. Les carottes sont cuites, pour lui.

C’est pathétique, pour lui. Et c’est courageux de le dire et de l’écrire. Je  le reproduis ici bien volontiers, mais en le renvoyant sans malice et sans fausse ironie mais avec tristesse aussi,  à ma « lettre à mes amis socialistes »…

C’est au premier tour que l’essentiel s’est joué. Ce qui n’est évidemment pas une raison de bouder les urnes : Le Pen en tirerait psychologiquement trop de plaisir… Et le droit de voter est aussi un devoir, même si les votes blancs ne sont pas encore reconnus (comme Bayrou l'avait inscrit dans son programme, et cmme cela ne figure pas dans les proposition du PS) DR

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Dernières réflexions avant verdict....

 I) Pourquoi la victoire de Sarkozy ne fait plus de doutes ?

>Premièrement, cette année les sondages ne se trompent pas.

>Deuxièmement, "ce mec" il faut l’admettre est aimé. (C’est notre Schwarzenegger à nous. Il est celui grâce auquel les Français se voient renvoyer l’image la plus narcissique d’eux-mêmes : travailleurs, respectueux de l’ordre, conquérants - petits en taille (comparé aux autres grandes puissances) mais grands dans leur volonté -, etc).

>Troisièmement, la plupart des électeurs s’en tiennent à des idées "simples", du genre "même si Sarko fait un peu peur, au moins il a un projet peu importe lequel alors que Ségo plutôt incompétente - dixit ses " amis " socialistes - n’a ni idées, ni projets.

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II) Pourquoi l’élection de Sarkozy va-t-elle reposer sur un énorme malentendu ?

Sarkozy qui n’a aucune morale a appris de son maître - Jacques Chirac - qu’il ne fallait pas hésiter à dire exactement le contraire de ce que l’on se préparait effectivement à faire.

De plus, en total cynique (c’est-à-dire clairvoyant) qu’il est, il sait pertinemment que personne ne veut de son libéralisme autoritaire à tendance fascisante, c’est pourquoi il s’autorise à dire une chose, à en écrire une autre et à en faire une autre.

Quelques exemples :

1) Il dit : " Je veux que l’école permette à chaque jeune de s’en sortir ".

Il écrit : " Je garantirai à tous vos enfants l’acquisition des connaissances et de la culture NECESSAIRES pour réussir sa vie d’adulte ".

Il va faire : Réduire le nombre des enseignants.

2) Il dit : " Je veux faire du travail pour tous une priorité ".

Il écrit : " Je ferai en sorte que le travail soit toujours récompensé.... Partager le travail n’a jamais permis de réduire le chômage. "

Il va faire : Donner encore plus de travail à ceux qui en ont un.

3) Il dit : " J’ai beaucoup de respect pour ceux qui ont travaillé toute leur vie ".

Il écrit : " Je préserverai le pouvoir d’achat des retraités ".

Il va faire : Autoriser le cumul emploi-retraite (belle manière de ne pas augmenter les petites retraites).

4) Il dit : " je suis le candidat de la justice sociale ".

Il écrit : " Chacun pourra avoir un travail stable à temps complet, je pense notamment aux femmes ".

Il va faire : Supprimer le CDI et le remplacer par un CDD de 5 ans.

5) Il dit : " Chacun a le droit à des soins de qualités ".

Il écrit : " Renforcer notre système de santé ".

Il va faire : Augmenter la part des dépenses de santé qui repose sur l’assuré social (en réduisant les cotisations sociales et en augmentant les franchises, hôpital, médecine de ville, pharmacie).

6) Il dit : " Tous ceux qui travaillent ont droit à des conditions de vie décentes ".

Il écrit : " Je ferai en sorte que vous puissiez tous être propriétaires de votre logement ".

Il va faire : Remettre en cause les politiques favorables au logement social (et donc précariser les précaires).

7) Il dit : " Je serai à l’écoute des Français ".

Il écrit : " Je m’appuierai fortement sur le dialogue social ".

Il va faire : Passer par la loi (et le 49-3) pour réduire le droit de grève (service minimum), remplacer le CDI, remettre en question la sécurité sociale (santé, retraite, chômage, etc).

8) Il dit : "Je veux une Europe qui protège les salariés, les consommateurs, et les créateurs d’entreprises".

Il écrit : " Je veux faire voter par le Parlement un traité simplifié limité aux questions institutionnelles ".

Il va faire : Privatiser et mettre en situation de concurrence les dernières professions et secteurs d’activités qui sont encore protégés.

9) Il dit : " Je veux que la voix de la France soit entendue et respectée à l’étranger ".

Il écrit : " La France pèsera sur la scène internationale et assumera pleinement ses responsabilités dans le respect de son indépendance, de ses alliances et des droits de l’homme".

Il va faire : S’aligner au plus vite sur les EU. (Sans jouer au psy, qui ne voit que Sarko a besoin d’un grand-frère ! ).

10) Il dit : " Je suis le candidat de la sincérité ".

Il écrit : " Je ne vous trahirai pas ".

Il va faire : Regarder dans le dictionnaire le sens du mot trahir et le changer.

Reconnaissons que lorsque N. Sarkozy dit " je ne vous trahirai pas ", il affirme implicitement sans se déjuger qu’il "nous" a déjà trahi....

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III) Pourquoi Madame Royal ne pouvait pas gagner ?

Le débat interne du PS (un peu comme celui sur le TCE) est positif pour ceux qui suivent la vie politique, pour ceux qui aiment le débat et qui pensent que la légitimité d’un candidat s’obtient dans la confrontation. Mais pour ceux qui ne regardent que la télé et écoutent la radio (qui plus est les grands médias), ils retiennent que Ségolène Royal n’a pas fait l’unanimité dans son camp et que Nicolas Sarkozy qui s’est auto-proclamé victorieux avant même d’avoir consulté les militants n’est jamais critiqué par les siens.

Dans une France qui redécouvre la politique par les grands médias, le gagnant ne pouvait être que celui qui les manie (manipule) superbement. Il faut reconnaître à N. Sarkozy sa capacité à mentir le coeur sur la main.

Conclusion …Je suis triste pour tous ces Français qui espèrent vraiment que demain grâce à Sarkozy :

>l’Europe les protège,

>que la croissance de la France augmente,

>que le chômage diminue de façon drastique,

>que l’insécurité et les précarités reculent,

>que la paix civile s’installe durablement,

>que le travail soit valorisé,

>que la voix de la France porte à nouveau.

Je crains que ce soit tout le contraire qui se produise ; à savoir :Plus de précarités, plus d’insécurités, plus d’inégalités, plus de violences, plus d’exclusions.

Qui ne remarque pas que si des personnalités comme Laguiller et Bayrou, Chevènement et Montebourg, Fabius et Delors, Lepage et Voynet, DSK et Bové, Rocard et Besancenot, Kouchner et Krivine, Thibault et Chérèque, etc sont capables de s’unir derrière Ségolène Royal, c’est que le pire est devant nous !

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Mais aux plus lucides d’entre nous et avant que nous nous déchirions comme des "idiots", n’oublions jamais que :

>>>Premièrement, le libéralisme autoritaire à tendance fascisante de N.S se nourrit de ses échecs. (Plus d’inégalités = plus de répressions = plus de remises en cause des services publics = plus d’inégalités).

>>> Deuxièmement, que les contre-pouvoirs (médias, syndicats, pouvoir judiciaire) vont être encore plus fragilisés qu’ils ne le sont déjà.

Mais n’en déduisez pas que le vote de dimanche n’a aucun sens.

Au contraire, il faut que Madame Royal perde avec la marge la plus restreinte qui soit.

Il faut nous préparer comme JAMAIS à lutter contre ce Président.

Pascal Heisserer.

 

Corse : Sarko-l’intrépide promet de faire ce qu’il n’a pas encore réussi

Cela se corse encore ! Depuis le premier tour de la présidentielle le 22 avril, huit attentats ont été perpétrés dans l'île, dont un encore tôt lundi contre la gendarmerie de Montesoro à Bastia (Haute-Corse), qui n'a entraîné que des dégâts légers. Mais Sarko-le-Sauveur intrépide a (une fois de plus) affronté tous les dangers, malgré les conseils de prudence de ses amis. Et il a fait un tabac, comme dans les urnes insulaires du premier tour… 

 « Ce ne sont pas les Corses qui ont été défaillants, mais la République qui a été défaillante" » a dit Sarko en  promettant: « Si je suis élu, je reviendrai très vite car la Corse vivrait très mal un sentiment d'abandon ».

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Que pourra-t-il faire ce qu’il n’a pas (encore) réussi? En tant que ministre de l'Intérieur, il a effectué plus de 25 déplacements dans l’île natale de Napoléon. En juillet 2003, Nicolas Sarkozy avait organisé un référendum sur une réforme du statut de la Corse. Le projet a été rejeté par 51% des électeurs. Et la « défaillance » de la République a été déjà dénoncée par plus d’un rapport dont un du Sénat non suivi d’effet. Mais tout va changer, dimanche, à partir de 20 heures…Comme ailleurs en France.  Sarkoland, ou la France paradisiaque !

Ségo, "produit d'exportation", vue par Soller le lumineux...

medium_sollers.jpgJe ne suis pas toujours d'accord avec lui (en l'occurence sur Bayrou) mais j'adore Sollers, ses livres, sa tête, son esprit, son sens de la provocation esthétique, sa culture, son érudition et sa conversation: chaque rencontre avec lui est un enchantement. Je ne resiste pas au plaisirde reproduire ici un texte publié par le Nouvel Observateur. Pour la Présidence, quel est le "meilleur produit d'exportation"? C'est trivial, mais dans la politique -marketing et spectacle qui domine, pourquoi ne pas se oser la question? Ne serait-ce que pour sourire... C'est tout de même d'un autre niveau que bien des "poeple"  exhibés à Bercy... Evidemment, les sarkomaniaques sans humour ne vont pas apprécié. Dommage pour eux...(PHOTO)

"Les Français vont-ils oui ou non se soucier de leur intérêt principal : l'exportation ? Dans ce registre, ils n'ont pas beaucoup d'effort à faire pour trouver le produit idéal : c'est Ségolène Royal.

Au cas où ils ne choisiraient pas, à la surprise planétaire générale, d'élire Ségolène Royal, cela voudrait dire qu'ils ont préféré le repli sur soi, la résignation, la fatigue, le sécuritarisme, le ressentiment.

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Quand j'ai dit qu'il fallait tenter l'expérience féminine à la présidence de la République, on a cru comprendre que je parlais de la femme en soi. Ce qui serait un machisme à l'envers. Or il ne s'agit pas de la femme mais de cette femme-là, de sa façon de se déplacer, de s'habiller, d'utiliser ses bras, de sourire, c'est-à-dire d'une Française très raffinée.

Royal gêne par sa supériorité paradoxale, puisque se disant socialiste, elle est, à n'en pas douter, quelqu'un de classe. Regardez la différence. Prenez Sarkozy. Quel mauvais goût ! Que de clichés populistes ! Souvenez-vous de cette image pathétique de Sarko sur son cheval blanc en Camargue. Pour dire ensuite qu'il n'avait pas trouvé lors de sa chevauchée le tracteur de Bayrou.

Prenez le notable hypocrite, Bayrou, se promenant dans un cimetière à Verdun et faisant voter les morts, à commencer par l'inaltérable Péguy.

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Comparez avec la lumineuse apparition de Ségolène à Toulouse, mangeant des yeux Zapatero avec délicatesse, en appelant à l'axe franco-espagnol. C'est-à-dire la victoire de la République contre le fascisme.
La grande classe, donc, c'est Ségolène et c'est ce qui retient de façon maussade et jalouse le peuple de gauche qui n'est pas habitué à cette dimension.

Si Ségolène est battue, ce qui est malheureusement et nationalistiquement probable, elle sera brûlée. Et le peuple français aura dit non au monde entier."

L'ombre d'un troisième tour social...

François Chérèque prévient qu'il y aura des mouvements sociaux dès la rentrée prochaine si, en cas de victoire de Nicolas Sarkozy, le gouvernement mettait en oeuvre sans concertation un train de mesures sociales."Je préviens M. Fillon, s'il utilise cette méthode, qui est la méthode du CPE, eh bien il y aura des mouvements sociaux dès la rentrée prochaine et la CFDT ne restera pas inerte", a déclaré le secrétaire général de la CFDT sur LCI.

François Chérèque réagissait à une interview de François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, dans les Echos de lundi."M. Fillon nous annonce que dès le mois de juillet, le gouvernement décidera tout seul, par la loi, sur le temps de travail, sur le cumul emploi-retraite, sur le service minimum, sur d'autres sujets concernant le social", a déploré le dirigeant syndical.

"Nous voulons que le gouvernement qui sera en place, qu'il soit de droite ou de gauche, respecte la loi sur le dialogue social, c'est à dire confie aux partenaires sociaux la négociation", a-t-il ajouté.

Interrogé sur l'appel lancé par le conseiller du candidat UMP à un pôle réformiste des syndicats, François Chérèque a estimé qu'il essayait d'instrumentaliser son organisation à l'approche du second tour de l'élection présidentielle."M.Fillon essaie d'instrumentaliser la CFDT en disant 'la CFDT, elle est avec moi, vite, vite, vite'. Non, la CFDT, n'est pas avec un autre, ce n'est un objet qu'on utilise, qu'on manipule, c'est une organisation autonome", a-t-il affirmé.

REMARQUE: Pourquoi les syndicats ont-ils été aussi discrets lors de cette campagne? Volonté de ne pas mélanger les genres? Il peut sembler pourtant logique que les voix syndicales expriment des voeux et des souhaits, sur la nécessite d'une plus grande démocratie sociale par exemple...

Sous les pavés : les névroses du Petit Nicolas, « avatar de mai 68 » …

Fâché, Dany le Rouge devenu vert ou plutôt arc-en-ciel ! On le comprend… Non pour lui : il s’en moque et il a bien raison. Il sait, lui, que le « Fays ce que voudra », c’est du Rabelais, non une affiche de mai 68….

Daniel Cohn-Bendit considère (non sans raison)  que "parler de liquidation de 68, c'est du bolchevisme". Il juge "incroyable ce terme stalinien, bolchevique, de 'liquidation'"."Si on veut un bolchevique au pouvoir en France, eh bien: Sarkozy!", a-t-il lancé.

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L'eurodéputé vert souligne (à juste titre) que Mai 68 "a transformé la société française de fond en comble, a libéré l'autonomie des individus". "68, c'est un moment important de la modernisation de la société française": "c'était une soif de vie", a-t-il jugé, tout en ajoutant que "la critique a été faite par des tas de gens, dont moi, depuis longtemps". Ce qui est parfaitement vrai.

D’autres réactions vont dans le même (bon) sens. Je n’insiste pas. Je fais juste une remarque en passant.  Ce Sarkozy, ou plutôt celui qui écrit ses discours, a un sens très aigu du plagiat. C’est de cousu machine. Sans scrupule. Mais il veut dire quoi le mot « scrupule » en langue nationale du Sarkoland ?

Extrait :  «  Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vraie et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître, qu’il ne fallait pas mettre de note pour ne pas traumatiser les mauvais élèves, qu’il ne fallait pas de classement. Ils avaient cherché à faire croire que la victime comptait moins que le délinquant. Ils avaient cherché à faire croire qu’il ne pouvait exister aucune hiérarchie de valeurs.

Ils avaient proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, que la politesse c’était fini, que le respect c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit »

Vous  pensez que c’est le texte de Sarkozy ? Non. C’est extrait de « La défaite de la pensée » écrit en   1987  par  Alain Finkielkraut

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Reste la question que je me posais hier : « Pourquoi tant de haine » pour 68 chez Sarko ?  

Le site « Sarko :  non Merci » donne une réponse qui mérite une sieste sur un divan : « L'explication est plutôt simple et il s'agit encore une fois de revanche. Il s'agit encore une fois pour cet homme de faire de la politique en réponse à ses propres névroses. En 1968, Nicolas Sarkozy était un tout jeune adolescent cloîtré entre les murs bourgeois de son XVIIème arrondissement parisien où on l'imagine aisément fulminer de ne pouvoir "moralement" participer à l'ébullition d'une jeunesse dont il se sent exclu comme de par sa naissance - génétiquement ?

Car il s'agit en mai 68 de politique, mais également de libération sexuelle, et ça pour un adolescent scolarisé au lycée privé Saint-Louis de Monceau et élevé dans un catholicisme moralisateur et rigoriste, où par exemple le sexe est tabou et l'onanisme un péché mortel, c'est sans aucun doute insupportable.

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On peut comprendre la fêlure qui s'est alors créé dans le petit coeur du petit Nicolas, mais le passage à l'âge adulte signifie d'avoir été capable de surmonter les traumas de l'enfance, de les avoir intégré et d'avoir appris à les vivre. Cette hargne qui ronge encore Nicolas Sarkozy illustre comme ses déchirures sont encore béantes et comme il reste habité par ce besoin de revanche qui finalement demeure son principal moteur.

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Comment faire confiance à un homme à ce point dévoré par ses névroses ? Comment envisager de lui remettre le pouvoir et les responsabilités qui accompagnent ce pouvoir ? Tout pouvoir est assorti de sa contestation, mais comment réagira-t-il face à tous ceux qui, en France ou sur la scène internationale, viendraient lui contester son pouvoir, ce jouet qu'il serait enfin parvenu à conquérir ? Car une chose est certaine, c'est que la revanche n'efface pas le mal qu'on a ou croit avoir subi.

Une fois Président, la plaie ne se trouvera pas miraculeusement cicatrisée et la rage du petit Sarkozy n'en sera qu'exacerbée. Il lui faudra alors nourrir d'autres mets à son appétit de revanche... N'est-ce pas toujours de ce bois revanchard dont sont fait les dictateurs ? Ne vaudrait-il pas mieux qu'il s'allonge sur un divan plutôt que de grimper sur ce trône qu'il convoite depuis si longtemps et duquel il ne pourra contempler que son grand vide intérieur ? »

Autre explication complémentaire donnée par Serge FAUBERT, journaliste,  spécialiste de l’Eglise de scientologie en France : Comme srko, je fais un copié-collé (mais je le dis,moi)...

En fait,  « Nicolas Sarkozy est bien un produit de la pensée 68. De cette époque dont le ressort principal est de ne se définir que par rapport à un ennemi, quitte à l’inventer pour la circonstance, quitte à dire tout et son contraire.

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Voyez le candidat UMP éructer sur la « racaille », le "Kärcher" ou les « procès staliniens ». On croirait entendre les imprécateurs  gauchistes vitupérant l’impérialisme ou le grand capital. Même manichéisme, même logique belliciste. Celle de la guerre froide, d’un monde bipolaire où, comme les militaires, on ne raisonne qu’en termes d’amis ou d’ennemis. Ce n’est pas un hasard si tout au long de sa campagne, Nicolas Sarkozy  a martelé qu’il se voulait le protecteur de la France et des Français. A sa façon, le candidat UMP est un autre orphelin du messianisme ambiant des années 70. (...)

N'en déplaise à ces nostalgiques du bruit de bottes, ce n’est pas d’un chef de guerre dont la France besoin aujourd’hui, mais d’un bâtisseur. Nulle menace à nos frontières ; le mur de Berlin est tombé en 1989 et l’arme nucléaire sanctuarise le territoire national. Mais combien de chantiers en sommeil : l’emploi, l’école, les banlieues, les institutions, l’Europe…

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Oui, finissons-en avec 68!  Avec les fantasmes guerriers de ces docteurs Folamour qui n’ont conduit la France qu’à l’échec. Maréchaux d’opérette d’une idéologie en déroute, libertaires devenus libéraux (n'est-ce pas Daniel Cohn-Bendit?)

C’est cette page que le vote pour François Bayrou est venu symboliquement tourner. Nicolas Sarkozy, quoiqu’il en dise, ne propose que de jouer les prolongations de cette farce. Peut être davantage dans le rôle du CRS que du lanceur de pavé. Mais toujours dans le conflit. »

Cela méritait reproduction, non?

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Autre explication, complémentaire, sur axée sur l’école : celle du pédagogue Philippe Meirieu, fondateur des IUFM (instituts de formation de maîtres).  « Ce que Nicolas Sarkozy dit sur l'autorité ressemble au discours de Pétain, avec un retour à l'autoritarisme, à une forme d'obéissance arbitraire fondée sur la force et non sur la compétence », a-t-il constaté.

« C'est une vision infantilisante de l'école. Liquider mai 68, c'est un recul inquiétant de la démocratie: c'est mettre une place un dispositif dans lequel l'autorité ne se discute pas, or l'autorité démocratique, par essence, se discute. Il y a eu des excès libertaire en mai 1968, mais ils ont très vite été cadrés, on est revenus aux notes depuis des dizaines d'années, et il n'y a jamais eu autant de sanctions, autant de conseil de discipline qu'actuellement, sans que cela ne fasse baisser la violence scolaire d'ailleurs", a-t-il ajouté.

"Ce qui a fait l'enfant roi, ce n'est pas mai 1968, ce sont les médias et la publicité, qui exaltent les caprices de l'enfant consommateur", a-t-il conclu, exhortant le candidat à s'attaquer au "crétinisme intellectuel" que promeuvent les médias et les multinationales.

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Sarkozy s’attaquant au « crétinisme intellectuel », ce serait effectivement une vraie révolution. Glucksmann, ancien « mao », qui a prêché la bonne parole sarkozienne à Bercy  pourrait l’aider… Lui, il se prenait pour le Lénine qui allait sortir des barricades ! A chacun ses rêves. Lénine et napoléon dans le même clan, voilà qui promet ! Vive a société « apaisée »…

REPERES

Voici un extrait de la préface de "Que reste-t-il de Mai 68?" de Henri Weber (1998, Le Seuil), résumant l'héritage de Mai 68.(repris sur nouvelobs.fr)

"Le bilan de Mai 68 est en effet largement positif : au milieu des années 70, la société française est devenue beaucoup plus libérale - au sens politique et culturel du terme -, plus démocratique, plus hédoniste, plus solidaire, plus égalitaire aussi qu'elle ne l'était dans les années 50 ou 60.
Le bilan de Mai 68, c'est d'abord tout un ensemble de conquêtes sociales qui ont modifié la condition ouvrière dans notre pays: mensualisation des salaires, reconnaissance de la section syndicale d'entreprise, augmentation de 35% du SMIG et de 10% des salaires, création du Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance, accords contractuels sur la formation permanente, l'indemnisation totale du chômage… Loin de provoquer la catastrophe économique que prédisaient une certaine droite et un certain patronat, cette injection de pouvoir d'achat supplémentaire a nourri une croissance exceptionnelle - 5,4% par an! - jusqu'en1975, au prix, il est vrai, d'une évaluation du franc en 1969.
C'est ensuite une série de conquêtes juridiques et politiques, libéralisant les rapports entre les sexes, les générations, les gouvernants et les gouvernés: liberté de la contraception et de l'avortement, autorité parentale conjointe sur les enfants, possibilité pour les femmes d'ouvrir un compte en banque sans autorisation préalable du mari, droit à l'égalité professionnelle entre hommes et femmes: en 1968, seules 44% des femmes de 25 à 54 ans étaient au travail, contre 80% aujourd'hui. A quoi s'ajoutent un début de décaporalisation de l'ORTF, la reconnaissance des droits des homosexuels, la prise en compte des cultures régionales, le droit de vote à 18 ans, la loi Edgar Faure de démocratisation de l'Université…"

30/04/2007

"La France que nous aimons"...

Voici le texte d'un appel lancé sur nouvelobs.com par des universitaires, des chercheurs et des personnalités du monde de la culture, en faveur de Ségolène Royal pour le second tour de la présidentielle. Je ne peux que souscrire au contenu de cet appel, amis je ne le signerai pas.

 Parce que ce type de pétition à la veille du jour décisif est aussi un constat de carence du PS qui a si mal utilisé son passage dans l'opposition et un constat de médiocrité de la campagne "particpative" conduite par Ségolène Royal qui n'a pas su faire rendre des comptes à temps à Sarkozy sur son bilan de "sortant", qui s'est laissée imposer  ses thèmes de discours par le même Sarkozy et qui n'a pas su s'imposer comme l'incarnation des idéaux proclamés et des valeurs proclamées.

Qui plus est je ne suis pas sûr que ce type d'appel de personnalités qui s'expriment plus au nom d'une "élite" autoproclamée (par cooptation) qu'au nom d'un engagement citoyen ne soit pas contre-productif. mais chacun est libre... Si vous voulez vous joindre aux signataires >>>>>>>>>.

"En ces moments de doute généralisé et d’incertitude sur la marche du monde, ce dont nous sommes au moins absolument certains, c’est que la France que nous voulons n’est pas celle de Nicolas Sarkozy.

La France que nous aimons est celle qui reste fidèle aux idéaux des Lumières et des Droits de l’Homme, qui est porteuse des valeurs de Justice, d’Egalité, de Progrès, et de Liberté.

Parce que nous abhorrons la France du tout sécuritaire et des dérives autoritaires. Des pressions sur la presse et de la confusion des pouvoirs. Des lobbys et des puissances financières Du darwinisme social, et de l’inné plutôt que de l’acquis. Du tous contre tous, des plus forts contre les plus faibles et des « communautés » dressées les unes contre les autres.

Parce que nous aimons la France où tous les hommes et les femmes, surtout nos adversaires, puissent avoir la liberté de penser et de parler sans crainte de représailles...

Parce que nous sommes attachés à notre modèle social, seul rempart contre les injustices et les accidents de la vie.

Parce que nous voulons d’une France apaisée, solidaire, et riche de sa diversité, dont tous les enfants, qu’ils s’appellent Maurice, Sophie, Sarah, Rachida ou Amadou, puissent se sentir filles et fils de la République.

Parce que la France n’est vraiment elle-même que quand elle se soucie de l’universel. Et que quoi qu’on dise, la voix de la France porte dans le monde à cause des valeurs de justice, d’égalité et de laïcité.

Parce qu’il faut partager les pouvoirs et non les concentrer.

Nous appelons donc solennellement toutes celles et tous ceux qui aiment la France, à faire du 6 mai 2007 la victoire des idéaux démocratiques et républicains, en votant et en faisant voter pour Ségolène Royal !"