21/06/2007

Les aveux tardifs de Ségostar : La « femme fatale » perd ce qui lui restait de crédibilité

Ségolène Royal reconnaît avoir dû défendre des idées qu'elle ne jugeait « pas crédibles »

L’AVEU. De mensonge. De manque de sincérité. De médiocrité. Comment accorder quelque crédibilité  à quelqu’un qui, après avoir eu la prétention de gagner la confiance  des Français pour accéder au pouvoir suprême  de la République, reconnaît, une fois la défaite non admise mais venue, qu’elle avait soutenu des idées qu’elle ne partageait pas, pris des engagements dans lesquels elle ne croyait pas et qu’elle se sentait prisonnière des archaïsmes et des « retards » de son parti… ?

Scandaleuse, la « femme fatale » ! Fatale pour les idéaux qu'elle prétend incarner. Désirs brisés.Et avenir bouché...

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Je n’ai jamais été tendre pour Ségolène. mais je n'ai pas été assez sévère, quoi qu'en disent mes amis socialistes.

 Mon intuition était bonne : quelque chose, en elle, sonne faux. Même dans ses prestations les moins mauvaises. BHL aurait du le voir et l'entendre aussi...

Mon analyse était fondée : son « désir d’avenir » était plus un désir de pouvoir être que de pouvoir faire. Et la consistance, la cohérence et la pertinence de son "pacte" ne résistait guère à un examen attentif. Rocard, DSK et d'autres l'ont vu, mais bien peu ont eu le courage de la dire...

Transformée durant la campagne interne du PS en femme-objet marketing, en tête de « couv » glacée des magazines, en vedette des plateaux télé, bref en petite reine de la Star’Ac de la politique-spectacle, celle qui « s’autorisait tout » s’est permis de mentir à ses militants, à ses supporters et aux Français .

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Smic à 1 500 euros, généralisation des 35 heures. Y en a-t-il d’autres ?... Selon Ségolène Royal, « ce sont des idées qui ne sont pas crédibles, pas cohérentes avec le projet socialiste ». Elle a « dû les reprendre dans son pacte présidentiel », a-t-elle précisé, lors de l'émission Question d'info (LCP-Le Monde-France Info). La pauvre... Elle a du défendre des causes indéfendables! Les avocats le peuvent:pas les candidats à l'Elysée... Se trahir soi-même sur l'autel de ses propres ambitions, c'est le comble de l'arrivisme...  

Parlant du smic à 1 500 euros brut en cinq ans, « qui est une idée phare de Laurent Fabius », Mme Royal a rappelé que la mesure n'était pas évoquée dans sa « profession de foi ». Ce qui ne l'a pas empêché de crier :"je m'engage à...", sous les applaudissements de la foule des militants enthousiastes. Cependant, a-t-elle ajouté comme pour s'autoexcuser, « certaines mesures [étaient] en même temps politiquement fondées : le message politique était de dire que les socialistes sont favorables à une augmentation des bas salaires ». Ah! Oui. Et comment?

Ségolène Royal a aussi estimé que l'entrée dans le gouvernement Fillon de personnalités de gauche ou issues de la diversité devait « interpeller le PS ».  « Cela doit faire réfléchir. Je pense que la gauche a été en retard, les socialistes ont été en retard", a-t-elle affirmé. Sur ce point, elle a raison.

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Mais qui a écoeuré Besson, qui a découragé Kouchner, qui a méprisé Bockel (comme tous ceux qui ont présidé en région ses comités de soutien)? C'est elle.   Et c'est  elle qui s’est voulue cheftaine de ce train en retard. Qui ne semble pas prêt de se remettre sur les rails d'une "vonté d'avenir".

Evoquant l'idéologie socialiste, l'ex-candidate à l'Elysée a jugé qu'il fallait « remettre en cause un certain nombre de choses ». Selon elle, il faut « tout revoir de fond en comble, y compris le vocabulaire ». Elle s'est dite « favorable à ce que les militants soient le plus rapidement possible appelés à trancher une ligne et des priorités » car « sinon, il y a un risque d'inertie » et de départ des militants.

Tout cela est vrai. Mais l’aveu d’un mensonge n’efface pas le mensonge, la tromperie, l’escroquerie intellectuelle et morale. La première ligne, c’est la clarté des engagements et la sincérité des discours. La priorité des priorités, c’est l’honnêteté intellectuelle de celles et de ceux qui prétendent guider le peuple et gouverner le pays.

Le PS vient d’aggraver son cas. Gravement. Vraiment très gauche et maladroit. Intrinsèquement. Pathétique, Royal. Pathétique, Hollande… Et leurs histoires de cœur  n’ont rien à voir avec tout cela.

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Les cocus, ce sont ceux qui ont fait confiance à une candidate qui renie ses propres engagements. Qu’aurait-elle bien pu faire une fois à l’Elysée ? Elle n’a pas implosé en vol, contrairement à ce que le simple bon sens auraut voulu, durant la campagne. C’est vraiment dommage. 

Son tort n’est évidemment pas d’avoir, aujourd’hui,  raison sur le fond. Mais d’avoir osé se présenter en agitant un drapeau qu’elle voulait ou aurait du piétiner, déchirer.

Désolé, Madame. Vous n’êtes guère crédible aujourd'hui (et votre parti non plus) pour critiquer Sarkozy. S’il est où il est, s’il peut jouer les « Bonaparte de l’Elysée » c’est d’abord grâce, ou à cause, de vous… Sarko avait raison:Vous avez été et vous restez sa "meilleure ennemie".  Alors…Silence, Madame. On tourne. Votre page! Avec gravitude.

Daniel RIOT