06/04/2007

Le paradoxe qui fait la force de Bayrou : le candidat le plus rebelle est le plus raisonnable et le plus crédible face à deux postulants très anxiogènes...

C’est un  paradoxe qui fait la force de Bayrou : le plus trouble-fête des candidats, le plus rebelle du trio de tête dans les sondages, le plus anti-système  est aussi le moins anxiogène, le plus rassurant, le plus raisonnable.

Le plus audacieux du trio dans ses réformes institutionnelles, dans sa volonté de changer non seulement le paysage mais la nature même de la politique, dans sa soif de sortir la France du système des camps et des clans, est aussi celui qui se montre le plus réaliste face à la dette, face aux besoins de débloquer les emplois gelés, de mettre fin à l’usure du pouvoir d’achat, à enrayer la folle spirale des inégalités…

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Anxiogène, Sarkozy l’est sous plus d’un angle :

>>> Son autoritarisme n’est pas l’autorité : ses échecs au ministère de l’intérieur sont là, quoi qu’il en dise. Il n’a rétabli ni l’Etat où il n’est plus ni la sécurité. Le feu ne couve pas seulement sous la cendre : il est dans la maison. Et Nicolas a plus joué les pyromanes que les pompiers !

>>> Son droitisme prend des allures dont Le Pen de De Villiers peuvent se réjouir. Ses grands écarts entre le labourage des terres lepéniennes et ses courtisaneries envers les valeurs centristes l’ont conduit très à droite. « Je suis plus à droite que Chirac », dit-il lui-même. Cela conduit à des formules que même ses soutiens, comme Simone Veil, condamnent… Il a tellement contribué à banaliser les idées de Le Pen qu’il dédouanent les électeurs du candidat du  

>>> Son ultra-capitalisme et son hyper-libéralisme autoritaire font craindre des manifestations de rue, des mouvements sociaux, bref un troisième tour non dans les urnes mais dans la rue. La France ne peut pas se permettre ce type d’épreuves…

>>> Sa conception même du pouvoir et de son exercice laisse prévoir en cas de victoire une poussée de ce qui est déjà dénoncé : le favoritisme, l’esprit de cour, le mélange des genres, la non séparation des pouvoirs, un décalage terrible entre les discours généreux et les actions les moins démocrates et les plus amorales. D’autant plus que (ses amis les plus fidèles le reconnaissant eux-mêmes), son coté « soupe au lait » le rend peu prévisible…

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Ségolène Royal est anxiogène en raison de son caractère aussi : l’autoritarisme perce sous le sourire, son coté « jeu perso » prend des dimensions effrayantes y compris chez ses soutiens les plus fidèles, son ingratitude n’a d’égale que son égotisme pathologique, ses jeux de rôles l’embrouillent elle-même.

Ne parlons pas de son faux masochisme qui la fait cultiver une victimisation d’un machisme qui a existé mais qui a bien diminué. En quoi a-t-elle été, par exemple, victime d’attaques auxquelles auraient échappé des hommes ?

Bécassine ? Moins méchant qu’Iznogoud ou Napoléon-le-petit. Bayrou a plus souffert de ses grandes oreilles qu’elle de sa démarche, de ses dents ou de son sourire d’automate… Soyons sérieux ! Cette campagne (et c’est un événement heureux) marque la fin du machisme en politique. Du moins aux yeux de l'opinion: au niveau du PS et de l'UMP, les états-majors restent d'un conservatisme très sexiste!

Le  faux féminisme de Ségolène durant cette campagne s’est d’abord traduit par une exploitation people de sa féminité et par un étalage de maternalisme. Comment se traduirait-il en cas d’accession à l’Elysée ? Dans « femme politique » c’est comme dans « homme politique » : c’est le « politique « qui compte ! Bien avant le « look » ! Attention qu’elle ne desserve pas la « cause des femmes » à l’Elysée  comme son amie Edith a pu le faire à Matignon…

Mais il y a pire. C’est l’incohérence de son programme, la versatilité de ses discours, les inspirations nationalistes de certaines de ses envolées, la veine conservatrice de certaines de ses exhortations qui sont anxiogènes… Qui dirigerait vraiment la France si « la France Présidente » remplaçait Marianne par Ségolène ? Mystère… Revanche des « éléphants » ? Quel « socialisme » ? Son projet  flou et ses propositions imprécises et non sérieusement chiffrées  la transforment en « pochette surprise »… Avec des surprises pas forcément agréables.

Le pire, vient de ce que Jean-Claude Guillebaud appelle justement le « colossal malentendu ». un malentendu médiatique et politique. Le chef de l’Etat c’est celui (ou celle) en qui on doit  faire confiance. Pour unir les Français, pour représenter la France, pour défendre les intérêts de la France et des Français dans un monde incertain, chargé de périls, pour réagir avec sang-froid et intelligence à ce qui est imprévisible.

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Or, sur ce terrain, Ségolène semble aussi fragile et peu fiable que Nicolas. Les deux manquent de ce que Bayrou précisément a : cette vraie culture qui vient de longues et nombreuses lectures, ce bon sens paysan, cet art de voir les réalités telles qu’elles sont et d’agir en conciliant « la nécessité et l’idéal » comme disait Jean Monnet, son sens de l’Humain qui ne se réduit pas à quelque commisération  teintée d’émotions plus ou moins feintes…

Il ne joue pas un rôle quand il plaide pour  « un président de la République calme qui apaise les affrontements au lieu de les exciter qui veut  reconstruire une société de confiance et d’harmonie et réconcilier l’économie et le social ». Cela n’est en rien creux ou vide : c’est un impératif pour que la France affaiblie, appauvrie, amoindrie et déchirée recouvre sa bonne santé. Avec une Nation réconciliée avec la Société.Avec une "identité" ouverte sur l'Europe et non repliée dans un escargotisme retrograde.

Mais tout se joue dans les urnes. La dernière ligne droite de la campagne se fera « pieds au plancher » dans toutes les équipes. Le terrain, le bouche à oreille joueront un rôle plus grand que les campagnes officielles à la radio et à la télévision… sauf si l’idée d’un débat proposé depuis longtemps pas Bayrou s’imposait malgré l’opposition de  Sarkozy qui,visiblement,  n’aime débattre qu’avec ceux qui sont d’accord avec lui !  

Daniel RIOT

03/04/2007

A CONSULTER SUR LE BLOG POLITIQUE DE CHANTAL CUTAJAR

LE PROGRAMME DE FRANCOIS BAYROU EN 18 FICHES

Le programme de FRANCOIS BAYROU (1)

 

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Voici mon programme d’action pour la France. Ce ne sont pas de fausses promesses, comme on en fait depuis trop longtemps, mais des objectifs raisonnables qui changeront profondément la vie de notre pays.

François BAYROU

La France de toutes nos forces

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 "Je veux que la France sorte de cette crise.

Je veux que la confiance et l’enthousiasme reviennent.

Je veux un pays équilibré et en bonne santé.

Il faut construire une République honnête et un État impartial.

Il faut concentrer tous les moyens sur l’éducation.

Il faut lutter contre la dette qui écrase le pays.

Il faut un plan d’action écologique.

Il faut multiplier vraiment l’emploi et le pouvoir d’achat par des mesures simples et compréhensibles.

Ces objectifs m’engagent.

Pour les réaliser, je défends une nouvelle forme d’action politique.

Élu Président de la République je ferai travailler ensemble des personnes compétentes venant des deux camps.

Élu Président de la République je défendrai les principes de notre démocratie.

Élu Président de la République je ferai tout pour que les Français se comprennent mieux et qu’ils se respectent.

C’est la condition du redressement de notre pays.

La France mérite toutes nos forces. "

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TOUTES LES FICHES SUR CE SITE >>>>>

LE PROGRAMME DE FRANCOIS BAYROU EN 18 FICHES

RECONCILIER L'ECONOMIQUE ET LE SOCIAL

REMETTRE LA FRANCE DEBOUT

LAPRIORITE DES PRIORITES:L'ECOLE!

PERSONNE AU BORD DU CHEMIN...

LES GRANDS DEFIS DE L'ECOLOGIE

LA SOLIDARITE VECUE AU QUOTIDIEN

UN PACTE SOCIAL A REVIVIFIER

FEMMES ET HOMMES: L'EGALITE DANS LES FAITS

LA SOLIDARITE ENTRE LES AGES

LA CULTURE EN PRIORITE DU QUINQUENNAT

POUR UNE AGRICULTURE DIVERSIFIEE

GARANTIR UN ETAT IMPARTIAL

UN GARDE DES SCEAUX INDEPENDANT

PAS D'ANGELISME, PAS DE JEU SUR LES PEURS

GARANTIR L’ÉGALITÉ ET LE DÉVELOPPEMENT POUR...

UN BESOIN D'EUROPE DES CITOYENS...RECONCILIER...

DANS UN MONDE INSTABLE: LE DROIT ET LE...

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29/03/2007

Après le ministre imposteur, le candidat agresseur ...

Où sont les lignes rouges de l'imposture? Le retour de l'insécurité dans la campagne derait marquer son ECHEC. Mais Nicolas Sarkozy s'en réjouis,  attaque "ceux qui prennent le parti des fraudeurs et des émeutiers" et  exhorte les journalistes à reparler de la « menace Le Pen »….Pour lui, elle est, électoralement,  moins grave que le « péril Bayrou ».

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Quatre jours loin des élections présidentielles. Et j’ai l’impression  de revenir en …2002, avec cette tentative de remettre au premier plan l’insécurité spectacle ou plutôt l’exploitation des peurs nées de sentiments insécuritaires. En 2002, cette exacerbation des trouilles les plus primaires avaient profité  à Le Pen et… à Chirac, par ricochet. Cette année, Le Pen, ne dit rien, et engrange et … Sarkozy sourit, derrière ses grimaces de « républicain qui a mal au cœur ».

Il le reconnaît d’ailleurs, ce champion de l’autoritarisme stérile qui masque son échec de ministre de l’intérieur, ce candidat qui  parie sur une surenchère répressive promise au pire encore… Mardi, aux Baux-de-Provence, Nicolas Sarkozy pronostiquait devant la presse : " Je peux déjà faire vos "unes" pour la prochaine semaine : "Le danger Le Pen" ; "La menace Le Pen", "Le Pen patelin". Vous feriez bien de vous occuper de Le Pen ! " Un pronostic ? Une exhortation. Un vœux…

Cela l’arrangerait bien, le « compère » Nicolas,  comme cela arrangerait, « la commère » Ségolène : le « duo » applique son seul « programme commun » (barrer la route à Bayrou) avec sérieux…

FAITS DIVERS ET PHENOMENES DE SOCIETE 

Sarkozy n’a nul besoin d’exercer les pressions qu’il pratique tant sur les journalistes et les patrons de presse pour que les médias lui servent la meilleure des  soupes, celle qui rapporte des voix.

En effet, une fois de plus, les   médias (en quête d’audimat donc vendeurs d’émotions)  transforment des faits divers en « phénomènes de société », avant même de connaître les tenants et les aboutissants des « faits » en question. Ils pressent de questions des politiques qui n’en savent pas plus que le citoyen-consommateur d’infos non vérifiées donc de rumeurs et d’intox… Et ils font de brillantes analyses sur « cette sécurité » qui « redevient la vedette de la campagne »… alors que les  Français (les enquêtes d’opinions sérieuses en font foi) sont préoccupés par le pouvoir d’achat, le chômage, les retraites, l’éducation, le logement, la place de la France en Europe et dans le monde…

LA GARE DU NORD? C'EST BON POUR L'AUDIMAT... 

Ah ! la gare du Nord ! Un plein Paris ! C’est mieux que dans les « banlieues » Un resquilleur et un contrôle qui tourne mal : l’embrassement, une affaire d’Etat. Sarkozy se sent revivre : Il va sur place, en candidat, non en ministre (mais avec une garde quasi-ministérielle) et il tire à vue, en rafales, avec des mots assassins en jouant sur tous les registres qui rapportent : l’ordre, la moral, la justice, les honnêtes gens, c’est lui. Lui qui a «  mal au cœur » de voir des  candidats à l'Elysée trouver des « excuses aux fraudeurs, aux émeutiers et aux violents ».Lui qui voit dans les affrontements » de la gare du Nord les effets d'une "pensée unique" et "post-soixante-huitarde" et non la conséquence d'un "climat" qui régnerait en France… à cause de lui !

AUTORITARISME ET IRRESPECT

« Ceux qui prennent le parti des émeutiers et des fraudeurs ne leur rendent pas un service. Ils ne sont même pas généreux car ce n'est pas rendre service à une minorité que de laisser à penser que dans la démocratie française on peut faire n'importe quoi, n'importe comment", a insisté  le ministre sortant. « Il faut mettre des règles, il faut mettre des lois, il faut de l'autorité et il faut du respect », a ajouté l'ex-ministre de l'intérieur. « Et bien, c'est clair : l'autorité et le respect, c'est de notre côté, la fronde et le soutien à la délinquance c'est de l'autre côté ! » Moi , j'ei une traduction "claire" aussi: "autoritarisme et irrespect" de coté de Sarkozy. Même Borloo, soutien de fraîche date, doit en convenir...

Cela ne suffit pas ? Vous n’avez pas bien compris ? Sarkozy continue et martèle: « Si certains sont du côté des fraudeurs, moi je suis du côté de tous ces honnêtes gens qui [payent] leur billet"(…) Si certains défendent les émeutiers, moi je pense à tous ces gens qui travaillent dur et qui se disent, ceux qui cassent, ils cassent ce qu'on va payer avec le prix de notre travail. ». C’est plein de bon sens, non ? Mais en quoi Royal ou Bayrou (mis dans le même sac par Sarkozy) se sont-ils faits les avocats des "fraudeurs".Ils sont à juste titre, comme nombre de policiers d'ailleurs, des procureurs des "méthodes Sarko"

Le candidat de la rupture (d’avec son propre bilan)  se fait même prof de journalisme : «  n’appelez pas ces  voyous des jeunes car les jeunes n'ont rien à voir avec cette minorité de voyous ». Plus et mieux :  «  ne faites pas un amalgame  avec un certain nombre de quartiers où la majorité des gens qui y vivent sont des honnêtes gens, qui utilisent les métros et les trains et ne supportent plus la dictature des bandes, des voyous et des délinquants ».

J’ai un peu de mal à comprendre (limites de mon intelligence, peut-être!) comment et pourquoi Sarkozy conserve intacte (ou presque) son image d’homme « d’ordre et d’autorité » dans une partie de l'opinion, y compris auprès de sympathisants du PS si l’on en croît certains sondages…

LES ECHECS D'UN MINISTRE DE L'INSECURITE ET NON DE LA SÛRETE 

Son bilan ministériel se traduit par des gesticulations, des tricheries avec les statistiques, des mesures inadaptées (suppression de la police de proximité par exemple), des propos et des méthodes qui dressent les français contre les autres, une banalisations des thèmes lepénistes, des pratiques liberticides, des lois qui se sont accumulées sans efficacité, des absences remarquées dans les instances européennes où se jouait en partie la sécurité intérieure, des débordements de compétences avec d’autres ministères (justice et éducation nationale, par exemple), des politiques qui ont favorisé le communautarisme, aucune action contre la criminalité en col blanc,  et des carences totales en terme d’aménagement du territoire… puisque le ministre d’Etat avait aussi ce porte-feuille (essentiel pour l'avenir) dans ses poches...

Pourtant, Sarkozy avait de quoi bien jouer politiquement et bien œuvrer concrètement : Jospin lui-même avait reconnu avoir sous-estimé les questions liées aux sentiments d’insécurité… Mais (tempérament et calculs politiciens !), il a voulu faire passer du laxisme de  gauche à l’autoritarisme de droite comme si la sécurité n’exigeait pas une politique globale et pluri- dimensionnelle, avec un équilibre : prévention, répression, réinsertion…

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Un bon ministre de l’Intérieur met l’accent sur la « sûreté » (Chevènement, de ce point de vue en fut, un) et non sur l’insécurité.

Mais il a faut croire que ces milliers de passages à la télévision, dans les messes du 20 heures, son art du faire-savoir plus que du savoir-faire, ses talents du paraître plus que de l’être ont imprégné bien des esprits…

Sarkozy aurait tort tout de même de  se réjouir trop du retour en force des questions de sécurité et d’insécurité. Les Français ont plus de bon sens et d’intelligence pour ne pas, au bout du compte, s’attacher plus à la réalité des choses qu’au ressenti des faits. Il y a des lignes rouges à ne pas franchir en tout et pour tout , y compris dans l’imposture. 

Daniel RIOT  

14/03/2007

Bayrou face a la "DEFIANCE POLITIQUE"

Mon article a été repris  sur AGORAVOX: PARTICIPEZ AU FORUM >>>>>>>>>>>>>>>>>>>

10/03/2007

Carnets de campagne : Vive la séparation des pouvoirs !

Un vrai scandale que personne n’a vraiment condamné : Réputé proche de la droite, le juge Courroye se retrouve dans un TGI où l'instruction de l'affaire des emplois fictifs du RPR, dans laquelle Chirac est mis en cause, est toujours en cours.Et où se concentrent toutes les affaires politico-financières des Hauts-de-Seine, le fief de Sarkozy…

Eh ! Oui. Et encore bravo pour la séparation des pouvoirs. Le ministre de la Justice Pascal Clément est passé outre l'avis négatif du Conseil supérieur de la magistrature sur la nomination du juge d'instruction Philippe Courroye au poste de procureur de la République de Nanterre (Hauts-de-Seine) et a signé le décret de nomination. Ce décret doit désormais être contresigné par le président de la République et publié pour entrer en vigueur : Encore un espoir pour ceux qui n’ont pas oublié Montesquieu ? On peut rêver un peu.

Casser le thermomètre n’enlève pas la fièvre…

Que vaut un Etat qui ne sait pas même disposer d’instruments de mesure fiables ? L’indice des prix ne tient pas compte des évolutions des modes de vie, ce qui fausse tout : les consommateurs en savent quelque chose…pour la plus grande joie de ceux qui trouvent dans l’euro une excuse à leurs faiblesses, à leurs fautes et à leur irresponsabilité.

Le baromètre du chômage aussi semble connaître quelques problèmes de fiabilité… Les socialistes de la commission des Finances de l'Assemblée souhaitent entendre le directeur de l'Insee et le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, à propos du report par l'institut des statistiques de la publication des chiffres du chômage pour 2006.(8,6% ou 9,8% ? )

Ils estiment (à juste titre) que la représentation nationale et l'opinion publique « ont le droit de connaître le véritable taux de chômage sinon, à son échec économique et social, le gouvernement ajouterait une grave entorse aux principes démocratiques qui supposent une information statistique libre et transparente ».

Ils ajoutent : « Il y a dans notre pays un véritable problème de fiabilité des statistiques. C'est le cas en matière de chômage mais également pour les statistiques de délinquance et d'insécurité. Cela pose un sérieux problème démocratique et sape la confiance dans nos institutions », déclarent les trois députés qui, lors de la précédente législature, dirigeaient la commission des Finances de l'Assemblée.

Le pire, c’est que le classique  « Pas sérieux, s’abstenir » devient « Pas sérieux, remettre çà ». Brillants le « premier des ministres » Sarkozy et ses fidèles de l’UMP qui veulent aller de l’avant sans se préoccuper de ce qu’ils laissent derrière.

Lepénisation : Où est le mal ? Sarko joue les victimes incomprises…

Il est vrai que Sarkozy et ses amis n’excellent pas que dans les chiffres. Ils sont extraordinaires dans les Lettres aussi… Surprise de Sarkozy après sa modernisation de confusions pratiquée par le régime de Vichy.  Est-ce un mal de parler d’immigration ? Bien sûr que non ! Est- ce un mal de parler de l’identité nationale ? Evidemment que non ! Alors pourquoi ne pas en parler en même temps, dans la même phrase ?

« Non seulement c’est nécessaire, mais c’est opportun » affirment ses porte-parole sans se rendre compte que l’opportunité en question, telle qu’elle est définie marque un triple échec de Sarkozy : sur les flux migratoires, sur la gestions des stocks migratoires (pour reprendre le langage gestionnaire de l’efficacité droitiste) et sur la lutte contre les idées de Le Pen.

Il est vrai qu’il a dit « vouloir se battre » pour que Le Pen ait ses signatures : ce qui révèle un quatrième échec (parmi d’autres) du ministre de l’Intérieur qui est aussi le ministre des élections et qui avait tout loisir de changer un système débile…Mais de son bilan, Sarko se moque : c’est de l’avant qu’il veut aller. En « homme pressé »…

« L'intégration et l'identité nationale, ce ne sont pas des gros mots, ça existe » a-t-il expliqué avec son ton de pédagogue pour « vrais gens », de donneur de leçons de bon sens et d’expert dans l’art de transformer en certitudes incontestables des affirmations contestables. « Ce sont de bien petites polémiques. Mais si on veut m'interdire de parler de l'identité nationale, faisons le débat avec les Français ».

Ben voyons ! Une fois encore, « on » fait de mauvais procès à cette âme pure… Il ne plaide pas coupable : il joue la victime. Comme... Le Pen quand on lui fait remarquer qu’il trahit l’Histoire ou piétine quelques valeurs républicaines….

D’ailleurs, de Bayrou, il se moque : « il est à l’affût de tout ».Du PS aussi : «  Il est en plein désarroi ». Et ne lui parlez pas du PC, du MRAP, de la Ligue des Droits de l’Homme, de SOS Racisme et des citoyens choqués…  « Les mots n’appartiennent à personne » (il avait déjà dit cela à propos de ses récupérations de Blum, Jaurès et de quelques autres grandes figures de combats … qu’il combat). Et « les Français jugeront »…

08/03/2007

Bayrou, le mieux placé pour battre Sarkozy

« Tout sauf Sarkozy »… Ce slogan lancé par la gauche redevient d’actualité au PS et chez les sympathisants socialistes. Avec un complément : « Bayrou semble le mieux placé pour battre Sarkozy », une phrase copiée de celle qi avait été si prononcée au sein du PS lors du « casting interne » pour combattre DSK et Fabius : « Ségolène est la mieux placée pour battre Sarkozy »

Il ne s’agit évidemment pas pour celles et ceux qui militent en faveur du candidat de l’extrême centre (et de l’UDF qui sera transformée en grand Parti démocrate) de prendre leurs désirs pour des réalités. Tout triomphalisme serait de leur part  plus qu’une erreur : une faute.

Il ne s’agit pas, pour personne,  de projeter  prématurément les sondages d’aujourd’hui dans les résultats électoraux de demain.

Il pourrait même s’agir chez certains responsables socialistes de dramatiser délibérément les choses pour faire « serre les rangs », « visser les boulons », éviter la dispersion des voix sur les Verts et  sur l’extrême gauche et muscler une campagne qui reste terne, peu convaincante, peu séduisante même donc peu efficace, malgré les effets de manche, les sourires forcés et des déclarations toujours plus faites pour les médias que pour les débats, les meetings revigorants, la mobilisation (plus subie que voulue) des « éléphants ».

« SUR UNE PATINOIRE »

Mais les faits sont là : la convergences des sondages, les lignes de forces qu’ils font apparaître, les témoignages que chacun peut recueillir dans la rue, dans les cafés, au travail, dans les transports en commun, partout où « les gens parlent aux  gens »…

La montée de François Bayrou dans l’opinion crée un suspense que personne (ou très peu d’acteurs et d’observateurs) n’attendait sérieusement : le duel du « duo » est devenu un combat à trois avec une hypothèque Le Pen amoindrie (même si le score du FN est,ce qui reste à démontrer, sous-estimé dans les sondages sur les intentions de vote). Et dans ce jeu triangulaire, c’est Ségolène qui semble animée par la dynamique la plus faible et nourrie par le réservoir de voix le moins riche...

« La situation politique est une patinoire. Tout le monde peut chuter, y compris Sarkozy. Mais sur cette patinoire, Bayrou avance, avec un phénomène de vases communicants entre son électorat et l'électorat Royal. » Cette mise en garde ne vient pas d’un observateur quelconque : elle est  adressée par Gérard Le Gall, le « Monsieur sondages » au PS, aux éminences du parti, est des plus sérieuses. Selon Le Monde, il en aurait conclut mercredi, devant François Hollande et Julien Dray, qu’ « il y a désormais un risque statistique réel pour Ségolène au premier tour ».

BAYROU, LE VOTE UTILE

De fait, rien ne semble vouloir stopper l’ascension du leader centriste. Selon un sondage CSA pour Le Parisien et i-Télé, il n’est plus qu’à un point de Ségolène Royal, avec 24% des intentions de vote des sondés.

La sonnette d’alarme tirée par Le Gall doit d’autant plus inquiéter le PS qu’il avait été le seul à mettre en garde Lionel Jospin contre la menace Le Pen en 2002. Un avertissement qui était resté lettre morte, Lionel Jospin refusant publiquement d’imaginer une telle situation.

Selon Le Monde, si le PS table sur un réflexe de vote « utile » pour redresser la barre et éviter un nouveau 21 avril, ce phénomène pourrait, tel un boomerang, abattre Ségolène Royal elle-même si, dans les six semaines restantes, François Bayrou apparaît dans l’opinion comme le mieux placé pour battre Nicolas Sarkozy. Un leitmotiv qui apparaît désormais dans les enquêtes d’opinion. Le vote « utile », c’est devenu le vote Bayrou

Que peut faire Ségolène ?

Se dépasser ? Elle vient de montrer encore (à Berlin face à Mme Merkel, dans l’affaire Airbus et dans sa mauvaise défense dans le Soir 3 sur les « affaires » sorties par le Canard enchaîné) bien des limites. Ses prestations les meilleurs sonnent creux et faux : ce doit être terrible pour elle…

Sortir quelques lapins de son sac à main de magicienne ? La pré-désignation de DSK comme premier ministre en cas d’élection ? Désormais trop télécommandée et trop attendue, donc trop tardive pour être crédible… Le rappel de Rocard, l’oublié, l’humilié, le vilipendé…et le plus lucide ? Soyons sérieux…

Un engagement de tous les responsables du Pas de refuser par avance toute participation à un gouvernement d’union nationale tel que l’envisage Bayrou.

LE PARI « ANTIPOLICARD » DE BAYROU

Ce serait défensif, contre-productif et ridicule : la démarche de Bayrou ne se fonde pas sur des tractation entre un partis, sur un retour aux régimes des partis de la VI ième République (contrairement à ce que voudrait faire croire Sarkozy)  mais sur une démarche novatrice. Dans cette optique et dans  cette hypothèse, le PS confirmerait son côté conservateur et politicard, archaïque et passéiste.

Améliorer son programme et ses propositions ? Il le faut de toute manière et même sans ce qui est devenu « la menace Bayrou » : il manque tant d’audace, de cohérence et de réalisme courageux…Rien de mendésiste, par exemple ! Mais dans quel sens peut-elle amender ce qui est effectivement perfectible ? Plus d’Ordre ? Il y a déjà trop de similitudes entre Ségolas et Nicolène…

La justice sociale ? Soit elle se confond avec les propositions de la social-économie de Bayrou (qui n’est pas de « droite » contrairement aux allégations socialistes) et elle se coupe de la « gauche de la gauche » voire d’une partie de ses troupes, soit elle « gauchise » ses réformes ce qui serait irréaliste pour la France et ce qui la couperait de son électorat « progressiste raisonnable ».

Plus d’Europe au cœur ? Qu’en diraient Fabius, Chevènement et autres nationalisto-souveraino-eurosceptiques ?

Plus d’attention portée aux questions sociétales ? Bayrou est meilleur qu’elle, plus constructif, moins maternant mais plus porteur d’efficacité.

« SAVOIR SURVIVRE PAR TEMPS OBSCURS »

Un conseil aux camarades du PS :lire l’excellent « Traité su savoir-survivre par temps obscurs «  que Philippe Val le patron de Charlie Hebdo vient de publier  chez Grasset. C’est frais, stimulant, philosophique. Je me fais une joie ‘animer un débat avec lui à la Librairie Kléber de Strasbourg en fin d’après-midi… Sa description des clivages droite-gauche est délicieusement révélatrice de la pertinence des analyses et de la stratégie de Bayrou …

«  Ce vieux clivage ne peut plus à lui seul jouer son rôle d’accoucheur de lois susceptibles de préserver la paix et la prospérité », écrit-il. Les françaises et les Français en ont bien conscience. Ironie de l’histoire : le dépassement de ces clivages qui s’inscrivent dans « des débats sur la grosseur  de l’os  à ronger par le collectif » a été illustré magistralement par le référendum sur la Constitution européenne  qui a « provoqué une confusion sans pareil »

DES CLIVAGES DEPASSES ET NUISIBLES

Non seulement Ségolène n’est pas suffisamment armée pour assumer la Présidence de la République, non seulement la coalition qui s’appelle le PS n’a pas suffisamment tiré les leçons de son échec 2002 en élaborant son programme, non seulement la « gauche » ne semble pas avoir les moyens de battre un Sarkozy qui devrait être handicapé à vie en raison du bilan désastreux de ces cinq dernières années, mais Bayrou le « tracteur »méprisé , le « paysan du Béarn » moqué, le « Lettré »  insulté, le « petit leader d’un petit parti » ignoré  a su  arriver à point avec un programme au point et à s’imposer comme un vrai recours dans une France mise à mal par 25 ans de fausses alternances sans alternatives, de cohabitions sans union et de politiques lâches sans courage et sans vision.

RIEN N’EST JOUE

Consolation et encouragement: « Rien n’est joué ». Ce constat là est vrai pour tout le monde. Pour la « droite » qui pense « que tout irait mieux si la gauche n’existait pas. Pour la « gauche » qui « a besoin de  son adversaire pour ne pas lui ressembler ». Pour le « centre » qui doit reprendre à son compte le vieux mot d’ordre « CONTINUONS-LE-COMBAT ». Contre les « autres », ceux qui le dénigrent en le méconnaissant. Et contre ceux qui en son sein n’ont pas encore compris que « l’extrême centre de Bayrou » n’est vraiment plus le Marais donc le marécage des   grenouillages opportunistes (mal) masqués par des valeurs proclamées mais désincarnées par des caractères d’invertébrés. « Chacun porte en soi sa plus grande faibles » dit un sage. Sa plus grande force, aussi…

BAYROU, UN « BON CONCENTRE »…

Comme me confiait hier un historien de renom, biographe de grands personnages de ce temps qui n’est plus le nôtre : « Le miracle Bayrou, c’est qu’il soit devenu un concentré de ce qu’il y a de meilleur des leçons à tirer de Robert Schuman, de Mendès-France et de  De Gaulle à un moment où trop pêu d’hommes d’Etat émergent du monde politicien . C’est ce qui fait son succès. Le charisme dépend aussi des circonstance, du moment et des autres…  ».

A Bayrou et à ceux qui le soutiennent avec sincérité et conviction de faire en sorte que cette « résurrection » du Centre, comme carrefour du « vivre ensemble », comme point d’équilibre de la Société, comme pilier de l’Etat et de la Nation devienne réalité pour des Français qui ont soif de renouer avec une devise qui oriente vraiment l’action (« LIBERTE, EGALIE, FRATERNITE ») et d’une France qui recouvre son influence (sa « grandeur », disait De Gaulle) en Europe et dans le Monde…

Il y a trop de mirage, mais il n’y a pas de « miracle » : l’avenir sera ce que l’on en fait au présent.

Daniel RIOT

 

Au fil de la campagne.....

Le coup de tonnerre du dernier sondage CSA : François Bayrou à portée du deuxième tour …

Prudence… Toujours et encore ! De plus en plus même. On connaît la marge d’erreur des sondages. On sait qu’une photo faite aujourd’hui n’est pas celle des jours de vote. On a conscience que tous les instituts de sondages décèlent un vote pour Bayrou plus volatile que pour les autres candidats. On a bien conscience qu’une majorité d’électeurs n’a pas encore fait de choix définitif et que le geste décisif se fait souvent dans l’isoloir. On sait que  les 27% d’inscrits qui déclarent voter blanc, nul ou s’abstenir peuvent changer d’avis… sans que l’on sache où iraient leurs voix.

On sait encore que Mme Royal peut tenter de créer un choc psychologique (en annonçant que DSK pourrait être son premier ministre, par exemple). On sait aussi l’UMP et le PS vont multiplier et intensifier par tous les moyens les tentatives de « décrédibilisation » du président de l’UMP …

Mais tard dans la nuit l’annonce des résultats du dernier sondage CSA réalisé pour I<télévision et Le Parisien /Aujourd’hui  a provoqué un vrai coup de tonnerre dans le ciel madiatico-politique. D’autant plus que cette tedance serait confirmée dès six heures ce matin par un autre sondages (BVA :Orange.fr)… De quoi réveiller ou abréger les dîners des membres de l’Observatoire Bayrou crée à l’UMP et ceux du « premier cercle » de Mme Royal…

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François Bayrou décolle en effet ou plutôt fait un bond…Il obtiendrait  24% des suffrages au 1er tour à portée de Ségolène Royal (25%) et Nicolas Sarkozy (26%)…et d’accès au second tour. Ces deux derniers candidats perdent respectivement 4 et 3 points pendant que Le Pen reste « stable » à 14% et que le « troisième homme » (qui est en fait déjà le deuxième..) gagne  sept point par rapport au dernier sondage du même institut (du 28 février). Sept points en huit jours : à peine croyable ! Déboussolés, les politologues ! Les partisans de Bayrou croisent les doigts.

Hasard ou signe pour les superstitieux et les turfistes ?  Une pouliche “Bayrou”, une pouliche de quatre ans née et élevée dans les écuries béarnaises de François Bayrou, a remporté le « prix Touchstone » couru sur l’hippodrome parisien de Saint-Cloud. Ceci n’a évidemment rien à voir  avec cela : juste un sourire, au passage…

« L’affaire Barre » : Des « propos inacceptables »

Le billet de Chantal CUTAJAR

Oui, il y a une « affaire Barre ».Ses déclarations (sur France Culture)  à propos de Papon et de Gollnisch et sur l’existence « d’un lobby juif capable de monter des opérations indignes » sont moralement, intellectuellement et politiquement inadmissibles. Sont-elles juridiquement condamnables comme Claude Lanzmann l’affirme et comme le MRAP se le demande ? SOS Racisme a fait une démarche auprès du  Garde des Sceaux Pascal Clément en lui demandant  d’engager des poursuites contre l’ancien Premier ministre.  

En attendant une suite judiciaire éventuelle, Barre a précisé : « Il y a une clique qui depuis 1979 me poursuit pour me faire apparaître antisémite. Je dois vous dire que les procédés sont très singuliers mais que cela me laisse totalement indifférent et c’est mon indifférence qui les outrage (…) Je dois vous dire qu’au moment du procès de Monsieur Papon, nous avons été deux à témoigner, non pas sur le passé mais sur ce que nous connaissions, c’était Olivier Guichard et moi-même. On ne peut pas nous soupçonner de quelque façon que ce soit d’être collaborationnistes, ni d’être antisémites, je tiens à le dire »

Personnellement je combats trop les racismes, l’antisémitisme, le révisionnisme et je suis trop inquiète de la lepénisation des esprits et de la banalisation de l’idéologie véhiculée par le Front national, pour ne pas être très choquée par les propos de l’ancien premier ministre et pour ne pas les condamner. Avec fermeté. A titre personnel et en tant que Présidente de DpJ, le Droit pour la Justice.

Politiquement, François Bayrou, avec sobriété mais clarté, a déclaré, selon l’AFP : «  Il n’y a rien à commenter, rien à discuter, rien à expliquer, ces propos sont purement et simplement inacceptables. Je le dis avec tristesse mais avec certitude. Ces affirmations et ces références mettent en cause les valeurs de la République, qui nous permettent de vivre ensemble dans notre pays ».

Edith Lenczner, responsable de la communication au Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) a déclaré au NouvelObs.fr : « Nous espérons maintenant que la condamnation de François Bayrou donnera l’exemple. Nous attendons une condamnation audible du monde politique. Le président du Crif, Roger Cukierman, a d’ailleurs envoyé des courriers aux candidats à la présidentielle pour leur demander de prendre publiquement position contre les déclarations de l’ancien Premier ministre. ». Espérons-le…

Chantal CUTAJAR

 

Pour rappel.  Voir  cette déclaration de François Bayrou qui figure en bonne place sur son site de campagne (rubrique « propositions ») :« Quelle que soit la personne attaquée, que ce soit un musulman, un catholique ou un juif, un Français et une communauté intégrée du peuple français méritent la même attention et la même émotion, le même bouleversement, et la même solidarité.

 

Il faut toujours se méfier, toujours être vigilant. L’antisémitisme n’appartient pas au passé. Il est prêt à se réveiller, surtout chez les esprits fragiles, surtout dans les moments de tension. C’est comme une malédiction. La vieille dérive antisémite chez les chrétiens a pratiquement disparu … et au moment où l’on s’apprêtait à respirer, on voit aujourd’hui grandir un nouvel antisémitisme, aux racines gauchistes, tiers-mondistes, qui reprend les mêmes abjections ‘relookées’. Comme si ce n’était jamais fini ! …

Le peuple juif a été le bouc émissaire de toute l’horreur et de toute la barbarie du monde. Le sort d’Israël importe non seulement aux Israéliens, ou aux Juifs, mais surtout à l’ensemble de l’humanité ! L’avenir d’Israël, c’est la pierre de touche de notre capacité à refuser la fatalité.

La sympathie qui m’est manifestée dans la communauté juive me touche beaucoup. Je refuse la démagogie et la complaisance, je n’ai pas deux langages. J’ai mis beaucoup de moi-même à réfléchir à l’histoire du peuple juif, à son destin, à sa mission. Je lis beaucoup la Bible.

Je suis moi-même un homme religieux, et c’est pour cela que je crois nécessaire de bien délimiter le domaine de la foi et de la pratique - personnelles, familiales ou communautaires - et le domaine des principes républicains qui nous permettent de tous nous retrouver. »

 

 A lire aussi>>> : Bayrou face au racisme

La condition féminine : Un combat permanent qui exige de rompre avec le machisme politique et législatif.

Le billet de Chantal CUTAJAR

Le combat ne date pas d’aujourd’hui. Et il doit continuer. Non contre les hommes, mais avec les hommes. Non le temps d’une journée mais tout le temps, en permanence, dans tous les domaines, dans toutes les contrées, sous toutes les latitudes.

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« L’égale Dignité », l’égale Liberté, l’égale Fraternité, l’égal Respect,   l’égalité en droit et en fait en tout et pour tout dans le respect des différences, le refus de la marchandisation des corps et des esprits, le refus de l’exploitation de l’humain par l’humain, le refus de toutes les discriminations fondées sur le sexe ou les pratiques sexuelles…Ce ne sont pas là des expressions vides de sens : ce sont des règles à faire accepter, des normes à faire appliquer, des mots d’ordre pour des luttes quotidiennes, des sources d’inspiration pour les Législateurs.

 

DISCRIMINATION ET VIOLENCES

En Europe, grâce aux retombées nationales des valeurs fondatrices de la « construction européenne » et aux combats menées depuis longtemps, parfois durement, toujours patiemment, bien des progrès ont été accomplis. Progrès de la civilisation contre la barbarie, victoires de la Personne contre l’espèce, défaites des réflexes archaïques devant les réflexions authentiquement libérales. 

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Mais les faits et les chiffres sont là, terribles et terrifiants : emplois,  salaires, promotions, responsabilités, sous représentation politique et syndicale, violences verbales et physiques, viols, exploitations de toute nature, inégalité dans le travail comme dans les « sphères domestiques », esclavagisme, harcèlements, injures, menaces, chantages …

 

En France un rapport de l’INSEE publié ce matin est (parmi bien d’autres études) un vrai réquisitoire .En Europe le fléau de la violence touche 20 à 25  des femmes… Et ne parlons pas de ce qui se passe dans la majorité des pays du monde ! Les études de l’OMS font honte aux défenseurs des droits de l’Homme.

 

OUI A L’APPEL DES MAMANS DES CITES

Ce 8 mars, ce « jour international de la femme » qui existe depuis près de 100 ans, a le mérite de mettre en lumière ces réalités scandaleuses. Des campagnes internationales menées par le Conseil de l’Europe et d’organisation ont le mérite de combattre en permanence ces fléaux. Des actions associatives aboutissent à des résultats appréciables.

En ce 8 mars 2007, « ni putes ni soumises », par exemple, vient de lancer l“appel des 343 mamans des cités” pour demander aux politiques de donner aux mères de ces quartiers les moyens de leurs émancipation. Un appel qui mérite notre soutien actif.

« Au moment des violences urbaines, les parents et surtout les mères ont été mises sur la sellette et rappelées à leur responsabilité éducative (…) mais n’est-il pas temps de s’intéresser à elles? », interroge Fadela Amara, présidente de Ni putes ni soumises. Cet appel se réfère au “manifeste des 343 salopes”, lancé en avril 1971 dans Le Nouvel Observateur par des femmes qui déclaraient avoir avorté, alors que la loi interdisait encore l’interruption volontaire de grossesse.

Les “mamans des cités” demandent avant tout de “mettre un terme aux conventions bilatérales qui préservent les lois d’origine et qui les exposent aux violences de la polygamie, de la répudiation et du mariage forcé”.

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“On exige beaucoup des mamans, juge Fadela Amara, mais à aucun moment on ne leur reconnaît un rôle central. Ce sont pourtant elles qui tricotent la paix sociale et il faut les aider à leur émancipation”. Pour assurer cette cohésion sociale, elles souhaitent “les moyens de leur émancipation” : des places en crèches et en garderies “pour cesser d’être cantonnées dans la sphère privée”, des transports publics pour pouvoir “sortir des ghettos où les seuls endroits de rencontres sont des cafés réservés aux hommes”, et l’accès à la culture pour pouvoir apprendre le français. Beaucoup de ces mères, pourtant installées en France depuis des années, maîtrisent mal la langue ».

 

Très juste. Ces revendications doivent trouver des réponses rapidement et sur l’ensemble du territoire. C’est « le Vivre ensemble » qui est en jeu autant que l’amélioration de sorts individuels.

NON AUX EXPLOITATIONS POLITICIENNES

Autant ce type d’initiatives vaut d’être encouragé, autant certaines exploitations politiciennes de la femme en cette année électorale, attristent et choquent. Hypocrisies en tout genre : comment, par exemple,  écouter sans grimacer les belles déclarations faites par des leaders-candidats sur l’égalité hommes-femmes en politique alors que leurs partis (l’UMP, en l’occurrence) préfèrent inscrire dans leur budget les amendes à payer pour non respect de la parité que d’appliquer la loi ? Scandaleux !

Scandaleuses aussi, toutes les opérations médiatiques qui transforment cette « journée de la femme » en fête de la « femme alibi ».

NON A LA « FEMME ALIBI »

Un exemple (à ne pas suivre) : Ségolène Royal anticipe cette « journée » pour jouer à fond une fois de plus sur sa condition féminine en oubliant qu’elle s’est nettement plus entourée d’hommes que de femmes dans sa « garde rapprochée ».

Oui aux femmes en politique, oui à une femme présidente de la république, oui aux femmes dans les responsabilités suprêmes dans l’Etat, les entreprises, les laboratoires, les universités, les syndicats, les hôpitaux, partout. Mais ce sont les qualités propres qui comptent. Cette auto-« discrimination positive » ne sert pas « la cause des femmes »

Un autre exemple : Simone Veil, si admirable , si respectable, si riche de qualités, si forte de ses compétences et de son sens des responsabilités qu’elle aurait pu ou du être la première femme locataire de l’Elysée dans cette France encore politiquement  misogyne s’engage aux cotés du ministre-candidat Sarkozy.

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C’est son droit, évidemment respectable. Un droit qu’elle exerce pour des raisons qu’il ne nous appartient ici d’analyser et qui la regarde. Mais pourquoi orchestrer le ralliement de cette personnalité, fraîchement libérée de ses obligations de réserve de membre du Conseil Constitutionnel aujourd’hui, jour « de la femme »? La quête artificielle de symboles et de charges émotives réduit la politique à du marketing.

NON A LA FEMME “PRODUIT D’APPEL”

Désolée de devoir le dire : une telle exploitation médiatique  d’un acte citoyen d’une femme admirable sert aussi les ego machistes des experts en utilisation de la « femme alibi » et de la femme « produit d’appel », « tête de gondole », « produit phare »,  comme on dit dans la publicité, dans les rédactions des magazines, dans les hypermarchés ou chez les producteurs d’émissions de télévision avides d’audimat. Les « chiennes de garde » devraient aboyer.  C’esr Marianne caricaturée

 

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La femme et la politique, la femme en politique, méritent mieux. Plus d’égards, donc plus de respect. Et moins de démagogie. Plus d’actions concrètes et efficaces. Donc plus de sérieux dans l’application et l’amélioration des lois. Et moins de vent et d’effets de manche ou d’images.

 

Mais sans doute suis-je trop exigeante… Cela ne m’empêche évidemment pas de continuer en toute lucidité mes combats en faveur des droits de la femme et de l’homme et d’un équilibrage des sexes dans la société en général et en politique en particulier.

 

Chantal CUTAJAR

Pour rappel : « Priorité aux femmes »

Les femmes assument souvent deux vies en même temps : familiale et professionnelle. D’autres se retrouvent complètement seules à “tout porter”. Il y a enfin celles qui sont victimes, qui se taisent : François Bayrou s’engage à les aider.

« Je veux parler de la vie des femmes, et notamment de cette contrainte que représente le fait d’avoir, très souvent, deux vies en même temps. Même si cela va mieux, même si les tâches familiales et professionnelles sont mieux équilibrées, les femmes portent toujours une très grande part de la responsabilité de la famille.

Je veux en parler avec elles : du travail précaire, des CDD, des temps de travail à 20 heures, des emplois du temps que cela représente, avec leur vie personnelle et leurs charges de famille…

C’est un très grand enjeu que l’équilibre à trouver autour de la condition de la femme. Salaires inférieurs d’un tiers à ceux des hommes, exigences plus grandes de la part des employeurs, fragilité qu’elles ressentent parce qu’elles se retrouvent souvent seules. Tout ceci est lourd à porter.

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Les femmes sont trop souvent victimes de violences, dans les cités en particulier : il faut qu’elles prennent les choses en main et fassent entendre leurs voix. Quand nous avons appris l’épouvantable drame de cette jeune fille transformée en torche vivante dans un bus incendié par des criminels dans la banlieue de Marseille, je me suis dit qu’un jour viendrait où il y aurait une révolution des femmes dans les quartiers. Et j’aiderai de toutes mes forces cette révolution des femmes pour sortir les banlieues du drame.

Etre femme aujourd’hui, c’est aussi, parfois, être confrontée à la violence conjugale. La violence conjugale, c’est l’enfer. Pour les femmes, parce que leur foyer devrait être un lieu de paix et de protection, et qu’il devient le lieu de l’humiliation et des coups ; pour les enfants, dont la vie est brisée par ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent. Il faut en parler davantage pour que les femmes échappent à la honte injuste qu’elles ressentent. Pour qu’elles parlent.

Pour lutter contre la violence conjugale, je propose une loi-cadre, qui développerait l’information, y compris par la télévision. Je veux aussi accroître le nombre et la qualité des structures d’accueil des femmes et des enfants. Renforcer la veille sociale. Donner à la justice les moyens de sanctionner le coupable et de l’éloigner du domicile. »

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06/03/2007

Mon carnet de campagne: Sondages, info-intox et l'UMP au secours de Le Pen (et de Besancenot). Que c'est beau la noblesse démocratique!

François Bayrou franchit le cap symbolique des  20 %

François Bayrou poursuit son ascension et franchit un palier symbolique : pour la première fois, il est crédité de 20 % d'intentions de vote au premier tour de la présidentielle, selon un sondage LH2 pour RMC-BFM TV-20 Minutes réalisé les 2 et 3 mars. Le candidat de l'UDF gagne trois points, par rapport aux 23 et 24 février. Qui est le perdant de la progression de M. Bayrou ? Nicolas Sarkozy, arrive toujours en tête au premier tour, à 28 %, mais il perd deux points. Ségolène Royal se maintient à 27 %. Elle talonne de nouveau le candidat de l'UMP, considéré comme favori. Le suspense s’accroît…pour ceux qui prennent les sondages au sérieux. Mais l’inquiétude grandit dans les deux coalitions qui rêvent d’un maintien de ce « bi-partisme » qui rend la France « hémiplégique », comme disait Raymond ARON

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L’UMP au secours des signatures de Le Pen : Quelle noblesse !

On le sentait venir depuis 15 bons jours. L’UMP abandonne ses mots d’ordre (non écrits) : « On n’est pas à L’UMP pour faciliter les choses de Le Pen ». Sarkozy lui-même s’engage à se battre pour que, au nom de la démocratie, Le Pen (et Besancenot, SVP !) aient leurs signatures…L’esprit démocratique en question est né des calculatrices de l’UMP

Sans Le Pen, bien des électeurs déclarés pour le FN viendront grossir l’électorat potentiel de Bayrou : des simulations ont été faites. La tentation du coup de pied dans la fourmilière, du vote protestataire « contre 25 ans d’échecs » de l’UMPS, d’une vraie  réforme des institutions (avec réintroduction d’une bonne dose de proportionnelle aux Législatives) c’est Bayrou qui en deviendrait le champion des champions.

L’UMP paierait ainsi la facture de ses attaques contre Bayrou (« c’est le Le Pen des bobos »). L’absence d’une candidature de Besancenot  apporterait des voix à Ségolène : l’écart est trop faible au sein de l’UMPS  pour que le moindre risque soit pris.

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Enfin, Sarkozy sait lire les sondages : 58 % des Français penseraient qu’il ne serait pas « démocratique » que Le Pen n’ait pas ses signatures… Sarkozy en une phrase bien ciselée réussit à transformer un calcul politicien en leçon de vertu démocratique. Qui plus est cette « noble attitude «  pourrait être récompensée par de reports de voix au deuxième tour !

Un malin, ce ministre de l’intérieur qui est bien sûr le seul à bénéficier des enquêtes d’opinions des RG… 

« La démocratie ne doit pas être confisquée par un petit nombre de gens » précise le candidat-ministre en évitant l’un de ses tics de langage : « C’est ma conviction personnelle et c’est ma conviction à moi ».  Qui a écrit : « soi- même comme un autre » ? Ah ! oui… Paul Ricoeur ! Un penseur de talent,  lui. Et un humaniste porteur de vraies valeurs. Pardon : nous voilà loin de la « Sarko-attitude »

Raffarin à Bayrou : « François reviens »

Il a un bon sens indéniable le défenseur de la France d’en bas qui a tant donné raison à Bertolt Brecht : « Ceux qui sont en bas sont maintenus en bas pour que que restent en haut ceux qui y sont déjà »… Alors que l’UMPS tente de persuader l’électorat que Bayrou est de droite, soit en espérant le récupérer (tendance Sarko), soit pour lui reprendre les voix de gauche qu’il a déjà reçu et peut recevoir encore (courant Ségo), Raffarin est clair : Bayrou est trop à gauche. Et il lui lance un appel : «  François reviens où tu étais si bien ». Encore un grand Homme d’Etat qui a tout compris le père des raffarinades…

Il doit être content Raffarin, comme de Villepin d’ailleurs. Et comme Chirac… Lu sur la profession de foi d’une investie UMP dans une circonscription de Strasbourg : « Il faut rompre avec celles (les pratiques politiques) qui ont démontré leur inefficacité depuis 25 ans ». Sur le fond, elle a raison cette jeune dame… C’est du Bayrou dans le texte ! C’est vraiment beau d’essayer de se faire élire en critiquant le bilan de l’action du mouvement pour lequel elle milite et notamment de l’ère Sarkozy ! Avec Sarko et ses supporters, tout est déjà possible ! Même l’incroyable…Qu’est-ce que cela va être demain, si…

Santini, le concierge

Encore un comique, pas drôle : Santini est sûr (évidemment puisqu’il a rejoint son ami Sarkozy, qui est aussi président de son conseil général, ce qu’on ne rappelle pas assez !) que Bayrou va subir « l’effet malabar », vous savez ces boules de gum que les enfants font grossir, grossir, grossir jusqu’à l’explosion… « Je garde la maison udf », lance-t-il en oubliant qu’il avait été mis en congé de parti.

Santini, concierge ! Il pourra se relayer avec de Robien, le « sang triste » qui, lui, attend encore avant de dire son choix. Vous imaginez un instant qu’il vote Ségolène, par dépit et rancune envers Bayrou et par détestation de Sarkozy ce saint homme si fier de son action (critiquée par Sarkozy) au ministère de l’intérieur. Une action si performante que nos retard en matière d’enseignement et de recherche figure dans tous les programmes, ou presque. «Ensemble,  contre Sarko, tout est possible », non ?

Gobées au vol, quelques phrases:

*Azouz Begag (Egalité des chances) sur Chirac: « Je reste un chiraquien inconvertible. J'attends avec impatience ce que le président va dire dans quelques jours (…) La France a encore besoin d'un homme de cette envergure ». Cela fait du bien un peu de chaleur humaine dans ce monde cynique !

*Jean-Louis Debré, nouveau président du Conseil constitutionnel, sur Chirac: "Je pense à toutes celles et tous ceux qui lui sont fidèles et je pense souvent aux courtisans partis courtiser ailleurs ».Oh ! Les ingrats !

*Ségolène Royal sur son futur gouvernement: « Je ne suis liée à aucun réseau, aucune puissance d'argent, aucun lobby, aucun grand média, aucune grande entreprise. Je n'ai personne à placer et ne dois rien à personne si ce n'est au peuple français ». Bien dit. Son gouvernement, pour l’heure, c’est « personne ».

*Nicolas Sarkozy, sur l'immigration: « Le Pen a fait de l'immigration un cheval de bataille et moi, j'ai essayé de faire de l'immigration un thème d'action, c'est différent ».Un joli raccourci ! *François Hollande, numéro 1 PS sur Bayrou : « Le vrai choix n'est pas entre le changement ou la continuité, il est entre le changement ou la crise ». Très bonne analyse : avec l’UMPS et la fausse alternance, c’est la crise. Avec Bayrou, c’est enfin le changement.

*  Alain Finkielkraut s'est dit  « atterré par l'état actuel de la gauche ». « Je constate que le Parti socialiste est dans le coma (…) La gauche a choisi la voie du mitterrandisme, de la posture, du symbole et pas la voie du mendésisme, c'est-à-dire en gros de la connaissance des dossiers », considère M. Finkielkraut en précisant  que cela ne fait pas de lui pour autant "le porte-parole de Nicolas Sarkozy, ni de qui que ce soit d'autre". L'écrivain dément notamment les informations de certains médias faisant état de son ralliement imminent au candidat de l'UMP. Il y a vraiment des spécialistes de l’info-intox !

* Précision recueillie de la bouche même de l’intéressé : Max Gallo n’a jamais dit ni écrit qu’il voterait Sarkozy. Il s’est félicité de voir Sarko s’inspirer de son « Fier d’être Français » dans les références historiques. Il a dénoncé la diabolisation du ministre-candidat qui « n’est pas Le Pen ». Il a dit qu’il ne voterait pas Mme Royal « pour des raisons évidentes ». Il précise qu’il votera pour « un candidat du champ républicain », sans plus de précision. Lanceurs de rumeurs, remettez vos pendules à l’heure !  

08/02/2007

Voter, c’est choisir… Je choisis (et soutiens) François Bayrou aux Présidentielles et Chantal CUTAJAR aux Législatives

La Politique ? « Une éthique ». L’action politique ? « Une morale ». C’est la Loi qui fait le droit : La candidature de Chantal Cutajar aux prochaines élections législatives s’inscrit dans la logique de son action professionnelle et associative et de ses actions citoyennes dans le Cité. Et je suis de ceux qui s’en réjouissent. Merci et bon courage, Chantal.

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La ténacité de Mme Cutajar a déjà été mise à rude épreuve dans ses engagements politiques, notamment au niveau municipal. Embarquée dans une aventure qui ne correspondait pas à ses critères de conduite démocratique, de morale d’action et d’efficacité, elle a pris ses responsabilités, en en payant moralement le prix fort… Mais elle a tenu bon. Et elle tient bon. Elle persévère avec courage et lucidité en tentant d’élargir ses terrains d’actions.

Avec sa passion de la transparence, et son exigence (y compris envers elle-même). Avec sa volonté humaniste de « remettre l’Homme au cœur de toute action ». De contribuer à mettre davantage et mieux le Droit au service de la Justice. De réenchanter la politique, cette politique si dévalorisée. D’enrichir « le jardin de la démocratie » et de soigner « l’arboriculture des droits de l’Homme ».  D’oeuvrer pour un progrès partagé conforme aux idéaux sociaux de l’humanisme rhénan et du centrisme alsacien authentique. De se battre pour une économie REELLEMENT sociale de marché. D’intensifier ses combats en faveur des valeurs de l’Europe DE Strasbourg. Et le rayonnement de l’Europe A Strasbourg.

Le titre de son blog politique « Strasbourg, je t’aime » n’est pas qu’un cri du cœur de circonstance ou de pure forme. Il n’est pas de bonne politique sans amour de sa Cité, de sa Région, de son Pays. Et Aimer, c’est donner non recevoir.

Les lectrices et lecteurs de mon blog savent que j’apprécie beaucoup les qualités humaines, intellectuelles et morales de Chantal avec laquelle je travaille de conserve dans le cadre de DpJ, le Droit pour la Justice. Je sais que le combat qu’elle entame dans la première circonscription de Strasbourg est loin d’être gagné.

Comme Bayrou au niveau national, elle devra surmonter bien des handicaps qui ne viennent pas d’elle, mais du contexte, du système, de l’environnement politique actuel.

Jusqu’à ce jour je n’avais jamais rendu publics mes choix citoyens. Mais nous vivons dans une période charnière décisive. Et je me reconnais trop dans les options humanistes  ou plutôt personnalistes de Chantal CUTAJAR et j’apprécie trop son honnêteté pour ne pas la soutenir publiquement et concrètement dans sa démarche citoyenne. Et l’aider dans la mesure de mes petits moyens à faire aboutir ses idées.

Je le fais d’autant plus volontiers qu’elle appartient à ces citoyens responsables qui savent que le RESPECT est la première des vertus et qu’en politique, les adversaires sont des partenaires  quand l’intérêt général et le mieux être des citoyens sont en jeu. Des qualités trop rares dans ces milieux politiques où selon l’expression du Général de Gaulle « les politichiens » oublient trop le sens du mot SERVIR.

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Autant le dire nettement aussi, le « gaullien » que je reste  bien que n’ayant jamais été « gaulliste » (comme dirait Pisani), le « Républicain laïc » que j’ai toujours été, l’Européen que je suis de plus en plus (malgré les circonstances ou à cause d’elles), l’homme de sensibilité « sociale » ou de « gauche réaliste » (dans la mesure où les clivages droite-gauche ont encore un sens) que je demeure, le militant pour les Droits de l’homme que j’ai toujours été, le passionné de justice (y compris sociale) qui m’anime depuis l’enfance éprouvent également le besoin de dire, « ici et maintenant », comme écrivait Mitterrand, qu’ils  soutiennent la candidature de François Bayrou à la Présidence de la République. Après réflexions et comparaisons approfondies des propositions et des desseins des un(e)s et d’autres, bien sûr. Pardon si le pluriel employé vous semble bien ...singulier. Je l'utilise parce que mes choix sont dictés par toutes mes facettes.  

Je n’ai pas, sur le plan politique, la vocation d’être supporter et je ne suis qu’un militant des « causes » que je soutiens. Je suis sans doute trop peu discipliné ( indépendant d’esprit) pour être un homme de parti (bien que je souhaite des partis plus forts et plus démocratiques) et mon long parcours de journaliste m’a fait fuir tout esprit de « parti pris », m’a fait combattre tous les préjugés et m’a appris que les clivages politiques (pas plus que les conditions sociales, les couleurs de peau, les options religieuses ou philosophique) ne déterminent pas la qualité (ou les faiblesses) des femmes et des hommes.

De même, je ne me détermine pas sur le plan politique en fonction des résultats possibles. La politique n’est ni un concours de pronostics ni une calculette à intérêts particuliers. Elle n’est ni un jeu ni un spectacle, en dépit de ce qu’elle montre et de ce que l’on en montre.

Elle est surtout trop noble pour se laisser pervertir par les dérives oligarchiques, populistes, « sondocratique » ou « médiacratique ». Avant d’être le moins mauvais système de sélection des « élites », la démocratie, pour moi, est d’abord une grille de valeurs. De ces valeurs qui ne prennent leur sens que si politique et éthique sont inséparables. « La politique est une morale » me disait Pierre Pflimlin. « Une morale qui concilie réalisme et idéalisme, actions concrètes et visions d’avenir. » Tout le monde peut se tromper, mais personne n’a le droit de tromper…

C’est cette rigueur que je retrouve chez Bayrou. Puisse-t-il, le Président de l’Udf, recruter des acteurs aussi riches de qualités et aussi fiables que Chantal Cutajar pour animer cet « extrême centre révolutionnaire » qu’il a commencé à incarner en faisant une liste européenne indépendante en 1989 malgré les pressions de Chirac et (déjà) de Sarkozy et malgré l’opportunisme de ceux qui confondaient « centrisme » et « arrivisme ».

« Je vis la renaissance de ma famille politique » avait lancé Pierre Pflimlin en Congrès quelques mois avant sa mort. « J’étais vachement fier », reconnaît aujourd’hui Bayrou. Que le Béarnais s’en montre de plus en plus fier et soit de plus en plus digne des espérances qu’il suscite dans une situation qui exige effectivement une Union nationale susceptible de redresser une France malade d’elle-même qui n’a plus en Europe et dans le monde qu’un rayonnement plus autoproclamé qu’effectif et qu’une influence plus souhaitée (y compris par nos partenaires) que réelle !

Le déclin n’a rien d’une fatalité : il n’est que le résultat de ce qui est fait ou pas fait, bien fait ou mal fait. Les électeurs sont les premiers acteurs.

Daniel RIOT