06/12/2007
Prisons: Encore un réquisitoire contre la France
"Traitement inhumain et dégradant". La formule revient à plusieurs reprises dans le rapport que le Comité pour la prévention de la torture et des peines ou traitements dégradants (CPT) du Conseil de l'Europe va rendre public et dont LE MONDE a eu connaissance. Le quotidien du Soir en fait son édito. il a raison. Ce vrai réquistoire ne s'adresse pas à un Etat mis au ban des nations dites démocratique. il concerne la FRANCE. Cette France où 60000 personnes humaines gisent dans des prisons (120 pour 100 places en moyenne)....
Et ce rapport s'ajoute à d'autres, notamment à celui que le Commissaire européen aux droits de l'Homme avait fait l'andernier.Combien de rapports de ce type faudra-t-il encore pour que les choses changent dans ce pays où l'on oublie trop depuis trop logtemps que le degré d'une civilisation se mesure au degré d'attention porté à ceux qui sont condamnés à vivre en marge de la société.?
20:22 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prisons, justice, politique, europe
01/08/2007
Prisons : la situation française restera un scandale européen
EDITORIAL RELATIO par Daniel RIOT Trop peu, c’est trop peu. Qu’en pense Mme Boutin, ministre qui a tellement milité pour que les prisons française cessent d’être un scandale européen ? Une réforme qui s’inspire (trop peu et mal) de ce qu’ont fait les Anglais avec d’autres moyens (41 inspecteurs qui peuvent exercer leur droit de regard à tout moment). Des crédits qui relèvent d’une charité d’Etat qui ne vise qu’à donner bonne conscience à vil prix. Aucune perspective d’une amélioration dans un avenir prévisible avec des locaux vétustes et surpeuplés et une population carcérale qui ne cesse d’augmenter…
Sarkozy ne fait pas mieux que ces prédécesseurs : la prison française restera une école du crime et de la récidive, donc de l’insécurité publique. Quel manque de cohérence !
Rachida Dati n’y peut sans doute rien, mais le fait est là : sa réformette ne tient pas compte des réalités décrites, avec objectivité, dans des rapports en séries qui dénoncent depuis des années ces violations légales des droits de l’homme et ces atteintes à la dignité humaine provoquées par un système qui faisait déjà la honte de la France avant la guerre de 39-45.

Les personnels n’en sont évidemment pas responsables : eux aussi sont victimes de l’incurie politique. On mesure effectivement le degré de civilisation d’une société à l’attention portée à ceux qui vivent en marge. Mais l’opinion n’a sans doute pas assez conscience que la sécurité civile dans les villes et dans les campagnes se joue d’abord dans les prisons.
Condamner pour « payer » ses mauvaises actions, oui ; condamner à la prison pour protéger la société, oui. Mais emprisonner pour rééduquer, soigner, préparer la « sortie ». On comprend et partage la consternation de l’Observatoire international des prisons, les associations, les organisations professionnelles : après le rapport fait par le commissaire au droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, tout être sensé pouvait espérer un vrai plan de réformes.
Ce ne sera pas pour cette année… Dommage et inquiétant ; pas pour le « confort » des détenus, comme on le lisse trop dire, mais pour cette sécurité, cette sûreté qui imprègne tous les discours mais est bien mal servie. Les petitions sur "Halte aux prisons de la Honte" n'auront servi à RIEN.
Daniel RIOT
Voir les informations sur DpJ, le Droit pour la justice >>>>
Se reporter à l’excellent dossier du Nouvel observateur >>>>
04:33 Publié dans Edito | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prisons, justice, réformes, france, dati, sarkozy, europe
07/02/2007
Mes carnets de campagne:L'altercampagne de Bové l'alterembastillé
José Bové doit faire ses quatre mois de prison ferme
« Etre en prison pour un crime n’empêche pas de commencer un autre crime », écrivait Victor Hugo. Il est même des emprisonnements qui donnent au prisonnier une aura qu’ils auraient moins. La cellule comme tribune, José le rebelle, alterembastillé, compte en user voire en abuser. Comme disait Bernard Shaw, l’homme le plus inquiet d’une prison , c’est…le directeur !

La cour de Cassation a (bien ) fait son travail : La condamnation de José Bové, candidat à la présidentielle, à 4 mois de prison ferme a été rendue définitive. Pourvoi refusé. Une aubaine pour Bové qui a refusé d’avance toute peine alternative est possible, comme le port d'un bracelet électronique. N’est-ce pas dans les prisons, comme disait Cocteau, « que l’idée de liberté prend le plus de force ». Au moins, Bové, accusé et condamné à juste titre, pourra-t-il jouer un peu plus les martyrs, les victimes, les censurés, les baillonnés. On imagine déjà des manifs bien orchestrées : « Libérez Bové ! »
Après le Loft, la « prison » comme lieu de communication. A chacun ses lieux :le ministre au ministère, le condamné en cellule. Georges Kejmann avait raison d’insister sur ce qui n’est pas encore vrai pour tous les prisonniers, hélas : « la démocratie ne doit s’arrêter nulle part, et surtout pas au seuil de la prison »
Les barreaux seront tout de même gênants pour les meetings électoraux. Bové mènera une altercampagne… Il était il est vrai déjà bien prisonnier de ses mouvements d’enthousiasme. Je ne sais pourquoi : je pense à une phrase de Montherlant, dans La Reine morte… « En prison pour médiocrité ». Peut-être ne suis-je, par rapport à José et à ses amis non modifiables génétiquement et intellectuellement, un alterdémocrate … qui devrait être en prison pour délire d’opinions.
16:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bové, politique, justice, présidentielles, prisons










