06/05/2007

Le pot d'adieu de Chirac: A la santé de "Générations trahies"

Que restera-t-il des Présidences CHIRAC ?

Le pot d’adieu de Chirac fait le bonheur des Guignols. Mais le nôtre ? Quel bilan peut-on dresse de son règne entre fracture sociale aggravée et fractures sociétales multipliées ? Oui, d’accord : j’ai toujours bien aimé le coté « rad’soc » bon vivant de Jacquot, moins « super-menteur » qu’on l’a dit et plus inspiré qu’il l’a montré.

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Oh ! Je ne sous-estime en rien deux ou trois choses à mes yeux essentielles : la reconnaissance de la culpabilité de la France dans les crimes de Vichy, l'opposition à la guerre en Irak, un regard non occidentalo-centré sur les affaires du monde, l'engagement contre les discriminations, sa foi dans l’esprit d’égalité (dont le Musée du quai Branly, est l'emblème)

Je l’ai applaudis quand il a dit, par exemple  «  Il n'existe pas plus de hiérarchie entre les arts qu'il n'existe de hiérarchie entre les peuples ». Aucune culture, aucun homme n'est supérieur aux autres. Qu'il soit français ou immigré, catholique, juif ou musulman.

Je l’applaudis, avec les larmes aux yeux quand il place le refus de composer avec l’ "extrêmisme " en tête de son testament

 

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Le fossé qui le sépare de Sarkozy est là, sans aucun doute. L’un croit en l'inégalité, en l'inné plus qu'en l'acquis, en l'ordre établi, en la discrimination positive, en l'immanence d'une nation figée dans ses traditions. L’autre prône l'idée d'égalité des hommes et des cultures, croit en la capacité de réinvention continue de la nation que l'immigration enrichit plutôt qu'elle ne menace et admet que le contexte familial, éducationnel, social et culturel a une part majeure dans l'évolution des individus.

Il n’est pas sûr que les électeurs aient bien perçu cette « différence » essentielle mais gommée par des artifices de campagne. Passons. Et revenons à Chirac et à son bilan…

Une faute tactique dans le premier mandat : une dissolution stupide (Sarkozy devrait en tirer, s’il est élu tout à l’heure,  une leçon : les majorités trop larges sont les moins maîtrisables…). Ce qui suivra remet moins en cause la cohabitation que la qualité des cohabitants.

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Une faute stratégique impardonnable en 2002 : ne pas avoir suivi le conseil de François Bayrou en tentant de manger tout ce qui n’est pas à gauche dans une UMP transformée en estomac à tout digérer, quitte à trahir à la fois les valeurs gaullistes et centristes dans un républicanisme à l’américaine que Sarkozy accommodera à sauce néo-conservatrice…qui nous réserve peut-être bien des surprises.

Surtout, Chirac tout en réussissant à faire oublier son « appel de Cochin » a fait régresser l’Europe et le poids de la France en Europe. Les fleurs que lui lancent Mme Merkel, M. Junker et quelques autres n’y changent rien : le traité de Nice (imbécile), c’est lui, l’élargissement de l’Union aux ex-pays de l’Est perçu comme une charge, c’est (surtout) lui, le choix du référendum pour le projet de Constitution pour l’Union (sans campagne pédagogique digne de ce nom), c’est lui.

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C’est évidemment ce que je lui pardonne le moins. Même si les responsabilités des fautes d’un exécutif doivent toujours être partagées (inégalement, j’en conviens) par les comportements de ses soutiens et de ses… opposants législatifs.

L’ère Chirac ? Avec et sans cohabitation : l’image d’une France qui s’est enfoncée, avec et sans cohabitations,  dans des crises dont …Chirac nous annonçait « la fin du tunnel » en 1974 ! « Génération trahie »… Et la « pensée 68 » n’y est vraiment pour rien, Docteur Sarko !

Daniel RIOT