Attention
DANGER
Sarkoléon-le-Petit ou l’obsession du Pouvoir … Le Tom Pouce de l’Eglise de Sarkologie, ne « décomplexe » pas la droite française : Il l’entraîne vers les eaux troubles d’un Néo-conservatisme extrêmement dangereux…
« Cet individu est dangereux », prévient Azouz Begag ! Les observateurs les plus lucides le savent depuis longtemps…Ceux qui le connaissent bien personnellement aussi. Le ministre François Goulard n’hésite pas à dire : « Si les Français savaient qui il est vraiment, il ne recueillerait pas 5% des voix »…
DANGEREUX. C’est ainsi que le voient aussi nombre de journaux européens qui sont moins soumis à une lâche autocensure que les nôtres avec, comme dans Le Soir, des formules qui peuvent se résumer en : « Vous avez apprécié Bush, vous aimerez Sarkopoléon-le-Petit »… « La France une fois de plus donne des frayeurs à l’Europe »…
Des éditorialistes espagnols voient en Sarko, « un héritier populiste « des régénérationistes de la droite espagnole de la fin du XIX ième siècle »….
Même Heider, le neo-fasciste autrichien qui avait fait si peur aux « démocrates » européens décèle des « relents pervers » dans les discours, les prise de position et les propositions du leader de l’UMP… Glaçant. Parce que glacial.

PLUS VRAI QUE SES CARICATURES LES PLUS FEROCES
« On n’échappe pas à sa caricature « a dit un esprit plein de bon sens… Nicolas Sarkozy, lui, dépasse, surpasse, transcende toutes ses caricatures, y compris les plus méchantes ! Y compris celles qui jusqu’à ces derniers temps me choquaient par leur coté outrancier, insultant et injuste… et qui aujourd’hui me paraissent moins drôles et inquiétantes que le personnage lui-même.
C’est en fait l’un des événements politiques et psychologiques les plus intéressants (et les moins encourageants) de cette campagne : au fil des jours, des discours contradictoires, des formules chocs, des phrases à l’emporte pièces, des effets de manche, des esquives, des chants en tous genres, celui qui a tant dit « j’ai changé » a fini par se montrer tel qu’il est.
Tel qu’il est ? J’avais déjà sur mon blog esquissé un profil… Où je montrais la cohérence qui liait les contradictions apparentes de cet homme qui, en fait, ne « dérape jamais », ne « pète pas les plombs », comme disent ses amis pour excuser ses outrances et ses flambées d’humeur, mais est capable de dire tout et son contraire dans la même phrase avec l’assurance d’un prédicateur envoûteur, d’un séducteur enchanteur, d’un docteur en certitudes. D’un prêcheur mystique.

Ses masques sont tombés, en effet. Ses maquillages ne cachent plus rien. Ses jeux de rôles ne troublent plus son personnage préféré :lui !
Lui ! Une personnalité complexe et complexée dont les talents de bateleur de scènes et de studios sont d’autant plus redoutables que cet homme semble toujours sincère…Avec ses sincérités successives et contradictoires
LA PASSION DU POUVOIR POUR LE POUVOIR
Tout candidat à une fonction élective doit avoir un ego développé et de grandes ambitions : c’est logique. Mais comment déchiffrer les intentions réelles ? L’ambition de « l’être » ou du « paraître » n’est pas celle du « faire » et du « servir ». La soif du pouvoir pour le « pouvoir faire » n’est pas la même que celle du « pouvoir pour le pouvoir »… du pouvoir pour la jouissance du pouvoir. Or nous sommes dans ce deuxième cas de figure, avec tous les risques que cela comporte. Pour lui, ce qui n’est pas grave. Pour la France et les Français, ce qui l’est plus…
Pense-t-on suffisamment, en votant, à ce que peuvent devenir ceux et celles pour lesquels on vote ? « La fonction crée l’organe », dit-on : elle peut aussi révéler le caché, le masqué, l’occulté. Et l’exacerber : le syndrome Ceausescu n’est pas une exception roumaine…

L’inné malfaisant et l’acquis plus ou moins bien acquis se métamorphosent sous les lambris dorés… Bien des dictateurs sont sortis des urnes. Bien des malfaiteurs de l’Humanité ont été plébiscités. Bien des dirigeants ont perdu la tête en ayant portés au pouvoir par des vagues de popularité…Procès d’intentions ? Ou procès en en sorcellerie ? Ou propos de propagande ? Non. Constat mûri, réfléchi, et relayé avec un esprit de responsabilité, de civisme, d’humanisme et de patriotisme.
Pessimisme d’un Cassandre ? Quand on a pleine conscience de vrais dangers, c’est démissionner lâchement que de ne pas sonner l’alarme, c’est ne pas faire son devoir que de ne pas lancer les mises en garde qui s’imposent, c’est afficher un « esprit munichois » dans le sens le plus plein du terme (la lâcheté plus la fierté d’être lâche), c’est commettre un délit : non assistance à un pays en danger, à une nation en danger, à un Etat en danger.
J’exagère ? Je me prends pour qui ? Au nom de quoi être aussi caricatural ? L’avenir le dira… Ou plutôt j’aimerais qu’il ne le dise pas parce que, heureusement, le pire n’est jamais sûr… En attendant, j’écris ce que j’écris par devoir. En conscience.
IL SUFFIT DE BIEN LE LIRE ET DE BIEN L’ECOUTER…
« Le pouvoir rend fou « disait Françoise Giroud. Sarkozy est fou de pouvoir avant de goûter vraiment l’ivresse du pouvoir. Cela se voit et s’entend : il suffit de décrypter ses déclarations, ses gestes, ses postures, ses élans naturels et ses rôles de composition…
Les pires réquisitoires que l’on peut prononcer contre lui sont à tirer de ses propres dires, de ses audaces, de son culot, de son arrogance, de ses incohérences assumées, de ses esquives, de ses détournements de questions. Un régal pour les psychanalystes…
« Marianne » publie dans sa dernière livraison un dossier qu’il faut lire. Un dossier, surtout, que toutes celles et ceux qui sont tentés de le suivre et de le porter au pouvoir devraient lire. Par simple esprit de responsabilité. Pour ne pas avoir à dire, un jour, « on ne savait pas » ou « Ah ! Si l’on avait su !... »
MARIANNE SAUVE L’HONNEUR D’UNE PRESSE ANESTHESIEE

Pas de vraies révélations, pas d’infos qui appellent des démentis ou des confirmations, pas de scoops : des faits, des citations, des témoignages dignes de foi… Et de belles questions : sur la presse endormie, « munichoise » en un sens, sur le journalisme trahi, sur le « système totalitaire » déjà en place en Sarkozye, sur l’autocensure généralisée y compris dans cette UMP que le petit Nicolas si sympa à phagocyté, mangé, dévoré … A coup… de coups tordus, de colères, d’habileté, de promesses, de trahisons, de menaces, de pressions en tous genres…
UN JOUEUR DE FLUTE ENVOUTANT…
Et avec cette magie du verbe qui font la fortune des prédicateurs américains, cet art d’hypnotiser les foules qui n’a rien d’unique dans l’histoire, ces talents du joueur de flûte de la légende qui conduit la meute à la noyade.
Plus dangereux que Le Pen, Sarko ? Qui porte la peste ? Qui porte le choléra ? En serions-nous là ? …Le seul fait de devoir se poser la question met en relief un sacré problème !

Sarkozy ne « décomplexe pas » la droite française, comme il se plait à le souligner : il l’entraîne vers un néo-conservatisme extrême venu des terres anglo-saxonnes mais nourri d’engrais hérités des Barbares et de leurs dieux païens. Un néo-conservatisme qui est, bien sûr, différent de l’archéo-conservatisme à la française incarné par Le Pen.
Celui-ci teinté de nostalgies des années 30, marqué par le regret que le pétainisme ait subi l’hitlérisme (et non l’inverse), imprégné de nostalgies coloniales et de fantasmes fascisants, se fonde sur des anti-valeurs inacceptables pour un Républicain , mais il peut être combattu de front (si l’on peut dire), fermement, ouvertement. Et Le Pen (jusqu’à preuve du contraire) ne s’inscrit pas dans une perspective de prise de pouvoir, même si son offre de faire partie d’un gouvernement avec Sarkozy en cas de crise nationale grave n’est pas à prendre à la légère…

RIVAROL PLUS QUE DE GAULLE
Sarkozy, lui, est l’homme d’un néo-conservatisme à la française plus imprévisible, plus chargé d’idéologies pernicieuses, plus masqué par de « bons sentiments »,« des élans généreux », des sourires rassurants et perfides. Son attachement à la démocratie n’est pas à remettre en cause. Son éducation de « républicain » l’a suffisamment marqué pour qu’il n’oublie pas tout, même s’il cite Rivarol autant que De Gaulle (moins que Jaurès évoqué 67 fois en un seul discours, ce qui est une marque d’overdose d’hypocrisie).
Mais les deux conservatismes convergent par leur base idéologique : celle que le Club de l’Horloge, la revue Eléments et autres « nouvelles droites » avaient remis intellectuellement au goût du jour dans les années 70… Une victoire de Sarkozy célèbrerait leur triomphe dans une bataille des idées qui se résume de plus en plus en une « Défaite de la Pensée »…

C’est que nous ne sommes plus dans le rationnel, sous l’éclairage des Lumières, dans le règne du bon sens , même…Sa foi en lui est telle que Sarkopéon-le-Petit en a transformé sa Personne en Eglise : la Sarkologie, une forme égotiste de cette Scientologie pour laquelle son ami Tom Cruise (reçu en grande pompe à Bercy pour ceux qui l’auraient oublié) fait tant. Et pour laquelle ce Tom Pouce de la Sarkologie est prêt à faire beaucoup : son livre sur les « religions » le montre et ses projets de modification du statuts des associations aussi…
BUSH, CE MODELE VENERE ET IMITE…
La Sarkologie ? Le culte du Moi qui rassemble des fidèles sur la base d’un syncrétisme d’ingrédients connus. Une mystique du paganisme imprégné de naturisme et de scientisme. Un rejet de Darwin mais une adhésion totale aux formes les plus abjectes du darwinisme dévoyé (y compris socialement).Un refuge dans un manichéisme primaire qui lui fait voir le monde sur le mode binaire : noir-blanc, bien-mal, « avec moi »-« contre moi ». Une vision mystique de la politique qui s’appuie à la fois sur la piété fausse du charbonnier, sur un naturalisme païen, sur un scientisme dépourvu de raison et sur des illuminations bien personnelles sur Dieu et sur Satan. Comme Bush, son modèle…
Comme Bush, Sarkozy est bardé de certitudes confuses et contradictoires, versatiles et irrationnelles mais toujours bien ancrées, qui ne supportent ni le doute ni l’interrogation et qui en font non seulement un avocat d’affaires devenu homme politique candidat à la Présidence de la République, mais un historien, un scientifique, un grand prêtre, un éditorialiste, un patron de presse, un moraliste, un philosophe, un stratège, un éducateur, un policier, un juge… Omniscient, le Sur-homme qui rêve de devenir Omnipuissant.
Comme Bush, il sait masquer son cynisme, ses mensonges, ses tricheries, son esprit de secte et de clan, son culte du Veau d’Or, sa quête éperdue du Graal, ses angoisses devant la mort par une sensiblerie pleurnicheuse qui se voudrait sensibilité, par une soif d’être aimé qui ignore la vertu d’aimer, par une altérité de façade qui cache une identité malade d’elle-même… D’où cette fragilité qui naît de comptes mal réglés avec lui-même. D’où aussi cette impulsivité, cette agressivité, ce besoin de générer des conflits pour se sentir exister, cette soif de combattre et cette ambition démesurée qui ont construit bien des héros restés dans les galeries des monstres de l’Histoire.
« PLUS SALAUD QUE LUI… »
« Un Catilina pour la France ? Nous en sommes là. Et ce sont les Français qui en décideront… Une conjuration par le suffrage universel !», se désespère (en privé bien sûr) un proche de Jacques Chirac. « Mais comment leur dire et leur faire comprendre ce qui les attend ?… »
« Ceux qui dénonçaient l’esprit de clan de Chirac devront inventer de nouveaux mots. Ceux qui transformaient en scandales quelques dysfonctionnements devraient déjà aller suivre de rattrapage chez les pétroliers mafieux du Texas pour ne pas être dépassés en France… », confie (en privé, of course) un de ceux qui a eu l’occasion de collaborer dans un minstère avec lui. « Il voulait tous nous niquer : c’était son expression préférée. Ce sont ses électeurs qu’il est en train de niquer… Pour saigner, ça va saigner. SOS République !Vous parlez du déclin de la France. Vous allez voir ce qu’est une vraie décrépitude. Si au moins, il pouvait révéler des qualités bien cachées d’Homme d’Etat. Mais un Homme d’Etat, c’est celui qui place l’Etat au-dessus de lui, pas en dessous… »

« Des salauds en politique, j’en ai vus, connus, fréquentés, combattus, servis! Mais plus salaud que lui, ce n’est pas possible ! Dans le genre salaud, c’est le pire », confie (à voix basse et en me faisant confiance sur le respect de son anonymat) un ancien ministre gaulliste.
J’arrête : il va devenir dangereux de s’abriter derrière le « secrets des sources » déjà si mal respecté…. Sarkophobie chez ces interlocuteurs qui ne parlent jamais à la légère, surtout sur des sujets graves ? Pas même. Mes trois confidents aimaient bien et estimaient cet homme qui fut jeune et porteur de promesses : ils en parlaient dans les termes qu’utilise encore Simone Veil… envoûtée, comme tant d’autres, par ce personnage atypique. Un personnage plutôt sympathique vu de loin, attendrissant avec son sourire, son regard et sa voix de séducteur, fascinant comme tous les illuminés, attirant comme tous les possédés par une passion qui les dépasse, en l’occurrence la passion du Pouvoir…
LE « NEO-CONS » A LA SAUCE GAULOISE
Comme Bush encore, Sarkozy a été submergé par l’idéologie très médiatisée des néo-conservateurs anglo-saxons qui ont repris à leurs comptes les idées de Leo Strauss (le chantre du « mensonge noble ») et celles non dénazifiées qui reviennent régulièrement à l’avant-scène depuis Sparte…
Une philosophie de base : un déterminisme naturisto-scientifique, avec primauté de l’inné, de l’hérédité, du gravé dans l’adn, de l’inscrit dans les gènes… Neuropolitique, biopolitique, genetico-politque: Orwell dépassé...Les cavaliers de l'Apocalyse aussi...

D’où un fatalisme devant les lois du plus forts, devant les inégalités naturelles, devant les libertés limitées et une fraternité inventée pur être chantée et non pratiquée… Le cynisme ? Du réalisme. Le mensonge ? Une arme indispensable pour les élites chargées de diriger le « troupeau » des sous-hommes, de tous ceux qui n’appartiennent pas à la race supérieure des Sur-Hommes, des Bénis du Destin, des élus de Dieu, des Prédestinés à diriger le monde…
MAIN INVISIBLE ET DESTINEE PREPROGRAMMEE
Conséquences : une Main Invisible gouverne le Marché et la politique ne sert qu’à aider la Déesse Nature a concrétiser des sélections qui s’imposent. Entre ceux qui travaillent et les autres, entre les riches et les pauvres, entre ceux qui sont capables de créer et les autres, entre ceux qu’on »choisit » et les autres, entre …

Cela va loin, je sais. Très loin, même. Et j’entends d’ici les fidèles de l’Eglise de Sarkologie me traiter de tous les noms d’oiseaux (ce qui est une insulte aux oiseaux) que leur Maître manie avec une vulgarité que les « racailles « et les « voyous » n’ont pas…
Ses incivilités (en vitrine dans le livre de Bégag) font paraît-il le bonheur des Sarkozistes « heureux que le leader de la droite français ne marche plus sur des œufs et ne mâche plus ses mots »… « Il séduit comme un paon et baise comme un taureau », dit l’un de ses supporters. « C’est ce qu’il faut à la France !». Une façon de voir les choses… Dans le registre, Wilheim Reich a beaucoup écrit sur ce type de libido-politique… Un type qui doit être gravé dans quelques gènes…Dans ceux où il est inscrite l' une des formules les plus sarkoziennes:"La règle permet le plaisir de la transgression".Le sommet: la transgresion des règles du pouvoir...
Daniel RIOT