17/12/2006

Mon carnet de campagne: Changer LA politique

Des verts un peu vides

Vert flamboyant, Hulot. Vert pâle le parti des Verts. Pourtant, elle ne manque ni de charme ni de souffle la nouvelle secrétaire générale du parti qui,  en principe, soutient Dominique Voynet, la tueuse de la « liaison fluviale Rhin-Rhône » : Cécile Duflot,  31 ans, jusque là porte-parole du parti a troqué son poste avec celui   de Yann Wehrling.  

 

 

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  Voulant lier les "urgences écologiques" et les "urgences sociales", la nouvelle secrétaire nationale a souhaité que les négociations avec le parti socialiste reprennent "le plus tôt possible", rappelant les conditions sine qua non d'un accord : la rupture programmée avec le nucléaire. Dominique Voynet a renchéri en estimant que l'engagement pris par le PS vis-à-vis du MRC de poursuivre le programme nucléaire devait "rester dans le tiroir". Mais les Verts eux-mêmes manquent d’énergies alternatives… Comme Waechter, « l’indépendant », toujours fidèle à lui-même, en « Arlette » de l’archéo-écolo-ringardise.

Question : pourquoi ne pas lier les « urgences » écologiques et sociales aux urgences économiques qui conditionnent et les premières et les deuxièmes ? La réponse se trouve dans le programme de Bayrou (le premier à signer la Charte de Hulot) et de l’udf…

Raffarin invente le « Oui, plus »

« OUI, PLUS». Comme en son temps Valéry Giscard d’Estaing avec le fameux «oui, mais», Jean-Pierre Raffarin résume d’une formule son plus que probable ­sou­tien à Nicolas Sarkozy pour la ­présidentielle. L’ancien premier ministre se ralliera prochainement au président de l’UMP, mais non sans condition. Comme il l’avait indiqué en octobre devant ses clubs Dialogue et Initiative, il veut peser sur les orientations du candidat et infléchir un projet présidentiel qu’il juge, à ce jour, pas assez rassembleur.

«Nicolas Sarkozy, il faut nous écouter!», lançait d’ailleurs Dominique Bussereau, le premier des raffariniens, en réclamant, dans Le Figaro du 16 novembre, une meilleure prise en compte des convictions «libérales, sociales et républicaines»

 

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Chargé par Nicolas Sarkozy de l’organisation des forums UMP, en prenant (partiellement) en compte les exigences de Michèle Alliot-Marie, l’ex-premier ministre met en avant l’exigence d’union. «Nos électeurs craignent un retour au vent mauvais de 2001. J’ai fait partie de ceux qui ont voulu l’UMP pour bâtir l’union, je ne laisserai pas se développer les manœuvres de contournement», prévient-il sur son blog. «Alors maîtrisons les ego et serrons les coudes.»

 

Se rallierà Sarko,oui,  mais comment et quand? Jusqu’au 21 décembre, date du dernier des trois débats, à Bordeaux, Raffarin se sent tenu par «un contrat de neutra­lité». «Après, je suis libre», dit-il. Mais quel serait l’impact d’une annonce faite pendant la trêve des confiseurs? Ensuite, les quinze premiers jours de janvier seront dominés par les cérémonies de vœux à l’Élysée, les derniers du quinquennat de Jacques Chirac.

 

Jean-Pierre Raffarin et ses amis de Dialogue et Initiative s’interrogent:«Qu’est-ce qu’on fait, est-ce qu’on le fait et comment on le fait?». Belle question … qui intéresse qui en dehors de ceux qui se la posent ?  

 

 «Chirac dira quel est, pour lui, l’intérêt de la France. Je serai de ceux qui en tiendront le plus grand compte», confie Raffarin au Figaro. Persuadé qu’il faudra alors «bâtir une stratégie commune» entre l’UMP et Jacques Chirac. Car à droite, selon Le Figaro,  la désignation triomphale de Ségolène Royal par le PS «a changé la donne». «C’était comme un lendemain d’élection perdue, il fallait réagir.». Et ce n’est pas fini…

Mais comme dit Bayrou,  interrogé sur le forum de l’ UMP : « Il ressemble à un débat, comme moi…à Miss France »

Bayrou et sa révolution démocratique

Puisque je parle de Bayrou, j’éprouve le besoin de reprendre un extrait de son discours de Lille, car il est révélateur de la vraie ambition du candidat de l’udf : Il ne s’agit pas seulement de changer De politique, mais de changer LA politique, la façon de la faire, la manière d’exercer le pouvoir. Quand tant d’autres sont passionnés par la prise Du pouvoir, Bayrou s’exprime sur ce qu’il ferait du pouvoir. Une nouvelle écologie politique, une nouvelle éthique démocratique ! Une authentique révolution démocratique, au nom du « tiers état », donc des victimes (les pauvres mais aussi les classes dites moyennes) d’un système d’Etat bureaucratique, d’un système politicien de classes et de castes, de moeurs politiques non démocratiques, de politiques économiques et sociales incohérentes et d’une fiscalité « qui fait fuir les riches ett appauvrissent les pauvres »

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« Nous devons identifier et soutenir les forces de notre pays car ces forces sont grandes. Ces forces sont d’abord des forces de femmes et d’hommes, la richesse humaine de la France. Et c’est pourquoi, la priorité de l’action qui devra être conduite par un gouvernement - et je souhaite qu’il soit de rassemblement - le premier axe, c’est : Education, Recherche, Entreprise.

 

Je crois que si l’on s’attaque à ces chantiers, il faut le faire avec les Français. Et pas sans eux. Le président de la République et le gouvernement devront considérer, l’un et l’autre, que la seule source de la souveraineté, c’est le peuple français. En conséquence ils lui doivent, avant chaque décision importante, avertissement et explication. Pour les décisions les plus importantes, celles qui engagent notre avenir collectif, la procédure normale de décision, à mes yeux, c’est le référendum, le choix remis entre les mains des Français pour les décisions les plus difficiles.

 

C’est parce que l’effort que nous avons à accomplir est immense, que j’ai pris la résolution que je défendrai devant les Français : je veux un changement de politique, pas seulement de la politique qu’on mène mais un changement de l’approche politique, de la méthode de la politique, c’est pourquoi investi de la confiance des Français, élu président de la République, je formerai un gouvernement différent des précédents, je nommerai un gouvernement avec des femmes et des hommes nouveaux et compétents, d’accord sur l’urgence des priorités qui ne seront pas issus du même parti et qui au contraire représenteront les sensibilités différentes du peuple français. Je veux un gouvernement pluraliste dans lequel se sentiront représentés les républicains d’un bord et de l’autre qui ont, chacun, le droit d’exister et de défendre des valeurs qui enrichissent notre pays.

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Ce gouvernement par sa composition même dira deux choses au peuple français : quand il s’agit de l’essentiel, du sort de la France, les forces vives de notre peuple peuvent échapper à la division et sont capables de se rassembler, nous l’avons fait chaque fois dans notre Histoire quand a fallu reconstruire la France. Il est temps de le concevoir et de le vouloir aujourd’hui. Deuxièmement, je voudrais attirer votre attention sur la composition de ce gouvernement qui représentera la diversité des Français, sa composition dira que les réformes à conduire ne sont pas conçues dans l’intérêt d’un camp, ni dans l’intérêt d’un clan, ou d’une classe sociale, mais dans la seule considération de l’intérêt général. Et la représentation pluraliste au sein du gouvernement sera pour les Français, une garantie du respect de l’intérêt général ».

Quand j’entends que « Bayrou n’a pas de programme », j’incite mes interlocuteurs à surfer un peu sur les sites de l’udf…et sur les autres. Pour « écouter la différence », pour reprendre un ancien slogan publicitaire de France-Inter…

07/10/2006

Chirac et ses amis n'ont pas dit leur dernier mot: « Ne vous laissez pas tondre par Sarkozy »…

Les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris. TSS,  « Tout sauf Sarko » n’est pas un slogan de gauche… Les Chiraquiens n’ont pas dit leur dernier mot… Lu dans LE MONDE, un article intéressant de Béatrice Gurrey et Jean-Baptiste de Montvalon. Extraits…

« Ils sont un certain nombre, à droite, qui ne veulent pas se faire tondre par le candidat probable de l'UMP à l'élection présidentielle. Ou qui refusent l'idée de "rupture". Anciens adversaires et rivaux éternels du ministre de l'intérieur, font de plus en plus entendre leurs voix. Dispersées, mais convergentes. Ils ont en commun, à des degrés divers, leur fidélité au chef de l'Etat, même si chacun joue sa propre partition.

" Je pense que les anciens premiers ministres de Jacques Chirac prendront ensemble une initiative, le moment venu", a lâché Jean-Pierre Raffarin, sur son blog (www.carnetjpr.com), dès le 31 août. Alain Juppé, Dominique de Villepin et Jean-Pierre Raffarin iront-ils au congrès d'investiture du candidat de l'UMP à la présidentielle, si la date du 14 janvier est maintenue ? " Je pense que non", prédit un proche de M. Raffarin. Le 20 septembre, ce dernier avait jugé " maladroit et inutile" de faire coïncider ce congrès avec les cérémonies de voeux de Jacques Chirac. 

Jeudi, sur Radio-Notre-Dame, l'ancien premier ministre a pronostiqué qu'il y aurait " plusieurs candidats" à l'investiture de l'UMP. " Les vainqueurs de septembre ne sont pas toujours les vainqueurs de mai. Entre l'automne et le printemps, il y a un long hiver à traverser", a-t-il averti.

Le 17 octobre, son club Dialogue et initiative organise un banquet républicain dans un grand hôtel parisien sur le thème "La France de toujours et la société de demain". Douze ministres, soixante parlementaires et 1 100 personnes se sont déjà inscrits. " Notre objectif est d'apporter notre sensibilité de centre-droit, giscardienne, ou libérale au candidat de la droite pour qu'il gagne le second tour", explique l'un des fondateurs du club.

L'ancien premier ministre a aussi mis en garde sur son blog, contre " des idées de rupture qui ne paraissent pas capables de rassembler au second tour". (…)

De son côté, la ministre de la défense, Michèle Alliot-Marie, se tient prête à toute éventualité. Avant la fin du mois d'octobre, l'ancienne présidente du RPR aura installé son association "Le Chêne", rue de Lille, où siégea longtemps le parti fondé par Jacques Chirac en 1976. Une cinquantaine de parlementaires devraient l'y rejoindre. " Si les conditions sont réunies, dit un proche, elle sera candidate." Quoi qu'il arrive, la ministre de la défense se donne les moyens de peser sur le champion de la droite pour 2007.

Poniatowski l’écrivait voilà longtemps déjà : « l’avenir n’est écrit nulle part »… Et pour ces Présidentielles, rien n’est encore gravé dans le marbre, pas même pour Sarkozy. La plupart des notables de l’UMP qui le soutiennent sont préoccupés par leur propre carrière… Le socle est friable. Dans le béton, le sable…. Sous les pavés, la plage…

02/10/2006

Le renoncement "militant" de Jack...

medium_lang.2.jpg>>> Emouvant, Jack. Quel esprit de solidarité ! Quel militantisme ! Il dit adieux à ses ambitions présidentielles, non comme un   « toutou » qui obéirait à l’injonction d’un maître, mais comme un « serviteur » du PS, conscient de ses responsabilités. Il ne veut pas ajouter de la division à la confusion. Il  sacrifie ses ambitions sur l’autel des intérêts supérieurs du Parti. La rose au poing reconnaissante…

Les psycho-politologues (si à la mode sur les plateaux de TV)  vont encore commenter les problèmes de celui qui a plus d’envies que de réelle volonté, comme après son décrochage de ses ambitions parisiennes…

Moi, je l'aime bien, Jack. Et contrairement à bien des "politiques", il gagne à être connu de près. Il est le contraire de ce que dit Raffarin à propos de Ségolène "Elle séduit de loin. Elle fait peur de près". Ah! Ce Raffarin...

Une question tout de même : à quoi bon des « primaires » si le choix "démocratique" n’est pas le plus large possible ? Lang incarne une gauche que ne représente ni Ségolène, ni DSK, ni Fabius, non ? Son refus de ne pas confier à PPDA en faveur de qui il se retire tient de la coquetterie et du souci de se ménager de futures « plages » médiatiques : il faut savoir distiller ses infos quand on fait de la politique. Cela fait partie du jeu."J'appellerai à voter pour le candidat qui me paraîtra le plus capable de mener une révolution politique, une révolution économique et sociale, et une révolution du savoir", a plaidé Jack Lang, appelant à battre ce "gouvernement antisocial et arrogant". Trois Révolutions en Une: qui, lui mis à part, peut assumer une telle tâche? DSK peut-être... Sûrement pas Fabius dans ses "habits neufs" de "bobo gaucho"... Nous verrons.

Mais visiblement, depuis le retrait de Jospin, tout se fait (à la tête du PS) pour que Ségolène l’emporte au sein du Parti dès le premier tour… Face à l’unité de la droite, ce serait mieux peut-être. Cela éviterait à François Hollande bien des tractations en coulisses désagréables. Cela épargnerait à Ségolène de faire des promesses qu’elle ne serait pas sûre de tenir. Et cela couperait l’herbe sous les pieds de Sarko qui ne cesse de vouloir montrer que « l’UMP est la contraire du PS » en termes de cohérence et d’unité. Nous verrons.

medium_sarko_et_Villepin.jpg>>> Admirables Sarko et de Villepin réunis par un esprit de famille salué unanimement (y compris par Jean-Louis Debré) au sein de l’UMP.  Malgré les divergences de fond et de forme. Plus de « guéguerre des petites phrases », c’est promis. En attendant, Raffarin (très en verve) pense  que Sarko devrait quitter "vite" son ministère. Cela clarifierait les choses. Mais qui va à la chasse... risque d'être victime de chasseurs. Sarko est prudent et sait jouer sur tous les plans. Jusqu'à quand? Nous verrons.

>>> Intéressante, cette pré-campagne qui a commencé très tôt.  Et très fort.  Dans un contexte national, européen et mondial chargé d’incertitudes. Et un futur proche à de multiples inconnues… Aucun scénario n’est écrit. Pas même celui que prépare peut-être Chirac  qui doit être à la fois agacé, amusé et stimulé par le déferlement de livres, de docs, d’échos qui le concernent, le mettent en cause et critiquent déjà un bilan qui n’a rien de clos…   «  Haro sur Chirac ! » C’était le thème de « C dans l’air », inspiré par un bon article du Figaro, d’aujourd’hui… Quand on tire trop sur une ambulance, il arrive que l’ambulancier (ou le malade) se rebiffe. Nous verrons.

>>> Révoltante, cette info publiée et commentée par Le Monde  (entre autres). Parmi les promesses non tenues de Chirac : la réforme du statut pénal du chef de l’Etat ! Le parlement, paraît-il , ne disposerait pas assez de temps d’ici le printemps… Là, qui  se moque de qui ? Finalement, c’est peut-être Bayrou qui est dans le vrai : il est temps d’en finir « avec le monopole à deux,  du PS et de l’UMP » Trop d’alternances en 25 ans n’ont pas offert de vraie alternative : la vraie « rupture » serait celle d’un centre « central ».Mais comment jouer le « Centre » sans retomber dans le « Marais », dans le « centre mou » ? Nous verrons.