19/07/2007
Alors, on arrête tout?
Le Tour nous joue trop de tours. Il y a des limites à tout. Surtout à la défonce. La « culture du résultat » si vantée est une forme de drogue qui nous pousse à tous les dopages,non ? J’ai lu dans « Le Temps » un éditorial , signé, Simon Meyer, qui dit ce que je pense. Alors, je vous en fait profiter. Qu’en pensez-vous, vous ?
« Tournant historique dans la lutte antidopage ou emplâtre sur jambe de bois? La décision des deux chaînes de télévision publique allemande, ARD et ZDF, de ne plus retransmettre le Tour de France suite à l'annonce du contrôle positif «subi» par le cycliste Sinkewitz, constitue une nouveauté. Un signal fort. Expression radicale d'un écœurement partagé par beaucoup, cette potentielle onde de choc soulève deux questions de fond. Primo, le rôle des médias dans notre société. Secundo, la nature profonde du sport de haut niveau.
Une gazette en désaccord avec la politique de George Bush cessera-t-elle d'évoquer l'actualité des Etats-Unis? Non. Une multinationale a-t-elle déjà été boycottée après une affaire de caisse noire? Non plus. Micros et caméras se détourneront-ils d'un juge corrompu? Toujours pas. La prise de position d'ARD et ZDF est courageuse, louable d'un point de vue éthique. Dans un monde idéal, ce sain élan serait suivi à l'unanimité. Dans un monde idéal, le Tour de France ne serait pas parti puisque chacun sait, sans pouvoir le prouver ou vouloir le dire, que les ténors du peloton sont trafiqués.
Le cyclisme, qui multiplie les efforts de surface afin d'éradiquer le fléau sans déployer les moyens politiques et financiers nécessaires, mérite d'être fustigé. Mais en attendant, on continue à faire exploser les audiences avec un Mondial de foot - aucun contrôle antidopage n'a eu lieu l'été dernier en Allemagne - ou des Jeux olympiques faussés par un armement pharmaceutique rampant. 
Oui, le sport de haut niveau est gangrené de fond en comble. Non, ce n'est pas bien. Alors, on arrête tout? Impensable pour des raisons financières d'abord, sociales ensuite. La solution? Mettre fin à l'hypocrisie. Soit on empoigne le taureau par les cornes, soit on accepte que le sport de haut niveau, à l'image des piliers majeurs que sont la politique, l'économie ou la justice, possède ses zones d'ombre. Que la compétition n'est pas destinée à faire «mumuse», mais à générer des bénéfices. Le sport d'élite, dit-on à juste titre, c'est le miroir de la société. On ne peut exiger de lui qu'il reflète une image moins torve que les ressorts sur lesquels il repose. »
07:15 Publié dans Débats d'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rogue, medias, tour de france, sports, dopage, société










