19/10/2007

La défaite du XV de Laporte : Limites du « je veux » sarkozyen

A poils. Et ce n’est pas pour un calendrier… A poils, et ce n’est ni viril ni érotique… Dans du beurre, les Argentins ! Entartés les Français ! Limites de la méthode Coué, du « je veux » sarkozyen et  de la « com’ » impériale  qui nous ferait prendre nos désirs pour des réalités. Pas de tango pour nos champions de l’ovale !

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Le supporter tricolore que je suis en est marri. L’observateur que je suis aussi en sourit. Imaginer l’exploitation politique qui aurait été faite du succès des Bleus atténue mon  blues : logique, non ? Et j’avais détesté ce festival de chauvinisme irrationnel (bien orchestré, y compris par Christine Boutin) qui avait précédé le début de championnat du monde …si mal préparé depuis huit ans par une tête de gondole du supermarché des illusions de notre « pipolcratie » qui se prenant pour le meilleur sélectionneur du monde!

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Par la très petite porte, le départ en retraite sportive du futur secrétaire d’Etat de cette République où la présomption d’innocence est clamée avec force (c’est bien), mais d’une façon très sélective (ce n’est pas bien)… Qu’est-ce qui est le plus important, d’ailleurs, dans l’actualité du jour,  la (nouvelle) défaite du XV face à l’Argentine dans la « petite finale » de consolation ou le dossier (plutôt argumenté) que « l’Equipe magazine » consacre à l’affairiste promoteur d’un jambon prédécoupé ?

Drôle d’époque, effectivement… A Lisbonne, c’est un journaliste du Monde qui pose une question digne de « Gala » ou de « Voici »  au Président plaqué dans sa vie très privée par une femme qui s’explique pudiquement dans une belle page de l’Est républicain (décidément privilégié par l’ex-première Dame de France) et  fait très publiquement les « couv » de Match et de « Elle » (entre autres). Et à Paris, c’est le supplément du quotidien sportif qui sort un dossier digne de « l’Expansion » ou des « Echos »…Mélanges des genres, encore et toujours…De plus en plus, même ! Qui avait dit que « Sarko est le seizième homme du XV de France » ?

Enfin, Bernard Laporte a pu se consoler de ses déboires sportifs avec une bonne nouvelle tout de même : une plainte déposée pour « favoritisme » contre l'entraîneur du XV de France, avec constitution de partie civile, a été  classée sans suite par le parquet de Paris… Une sombre histoire de « machines à sous »… Un de ces domaines où l’on peut gagner plus sans travailler plus !

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(Dessin de Kroll dans Le Soir)

Il a eu aussi, ce « Sarkoman »,  un signe du destin encourageant : ses démêlés avec le fisc révélés par L’Equipe pourraient tomber à l’eau si l’enquête traîne encore un peu : dans deux mois, il y aura prescription…

D’ailleurs, Laporte nie en bloc. Et le bloc est lourd ! « Double comptabilité, abus de biens sociaux, détournement d'actifs, transferts de fonds suspect, fausses factures, travail au noir ou encore retraits en espèces », selon L'Equipe. Oh ! Il en faut de l’imagination pour inventer tout cela… 

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(photo gala)

« Présomption d’innocence », on vous dit : même Sarkozy l’a redit, à Lisbonne ! Comme pour Santini. Alors, silence dans les rangs. Laporte va travailler sous l’autorité de bouillante Roselyne Bachelot. Une belle mêlée avec des  démêlés qui ont déjà commencer. Ce n’est pas un homme de l’ovale qui va impressionner cette femme joviale mais carrée ! Avec elle, Laporte devra tourner rond…Ou ce  sera la rupture.

13/10/2007

Chasse gardée

Ce confidentiel du NouvelObs: le type d'informations qui fait bondir le journaliste que je suis, mais qui devrait inquiéter tous les démocrates. Nous ne sommes vraiment pas en République. Mais nous ne sommes pas non plus en monarchie. La Sarkozie, Sarkoland, devient le Royaume des chsses gardées, des mélanges des genres, de  la confusion des disciplines, des chasses gardées, du clientélisme au sommet, de l'affairisme en tout et pour tout et des "passe droits" pour les Courtisans, les "amis", les "frères"... Quand on voit cela pour une photo, on image le pire ailleurs, dans d'autres secteurs...

>>> L’Elysée dans le vestiaire des Bleus. Les journalistes spécialisés n’avaient jamais vu ça en une vie de Rugby : pour l’ensemble de la presse, une accréditation-photo -et une seule- a été accordée pour accèder aux vestiaires de l’équipe de France pour le match contre les All Blacks, samedi dernier à Cardiff. Et qui a eu droit à cette exclusivité si prisée, pour des critères à la fois professionnel et financier? C’est la photographe de l’Elysée. Ses images ont ensuite été diffusée via l’agence Gamma."

Il est vrai que Sarkozy, hyper et super en tout, est (aussi) le 16 ième homme du Quinze de France, surtout quand les matches des tricolores sont gagnés.

08/09/2007

Le ballon ovale tricolore n’a pas tourné rond : Modeste leçon politique sur les limites et les leurres de la méthode Coué

Drapeaux en berne. Coq déplumé. Ballon dégonflé. Promesse n’est pas messe. Le Quinze de France nous a déçu. Nous sommes tristes avec les joueurs et tous ceux qui les entourent. Et comme leurs supporters, y compris celles et ceux qui ne connaissent rien à l’ovale et à ce « sport de  voyous joué  par des gentlemen », nous souhaitons que la route de la finale ne soit pas définitivement transformée en impasse. Rien n’est perdu…même si tout reste à gagner. C’est la loi du sport et de sa légendaire incertitude. Roger Couderc revient ! Les « p’tits gars » ont besoin de toi.

Eh ! Oui, comme la dit l’un des brillants commentateurs de TF1 à plusieurs reprises, il  y avait des Argentins en face des Français. Pire : ils se plaçaient entre nos joueurs pour leur prendre le ballon… Nos grands média les avaient tellement ignorés dans les jours précédant le match, ces Argentins ! En ne suivant que les exhortations officielles impulsées par l’Elysée (évidemment). Et par un entraîneur plutôt sympathique qui sait (aussi) faire de la publicité et de la politique et qui (fait sans précédent) est ministre désigné en congé de gouvernement jusqu’à la fin de la Coupe du monde  (Ce qui risque pour lui d’arriver plus vite que prévu…)

En fait, c’est une belle leçon de politique et de sagesse populaire (et philosophique) que nos vaillants combattants de ce gazon devenu maudit viennent de  donner…  « Les faits sont têtus », redirait Lénine. L’espérance et l’exhortation ne garantissent jamais le résultat.

C’est l’illustration des limites du  « qui veut peut ».  Il ne suffit pas de « travailler  pour gagner » (même sans les deux « plus »). Aller chercher le résultat (comme la croissance) n’est pas une garantie de le (et la) trouver. La méthode Coué même pratiquée par des êtres très doués n’assure pas les finalités.  

Les joueurs l'ont confirmés à leurs dépends...Rien ne sert de courir en permanence dans tous les sens, de se défoncer dans toutes les mêlées, de donner de la voix jusqu’à l’extinction, pour exceller dans cette « culture du résultat » plus chantée que pratiquée. La frime ne fait pas la prime. Et tout a un prix, même l’excès de  communication…

Pardon à celles et à ceux qui pensent que j’ai des réflexes trop politiques. Mais ce n’est pas là politisation du sport. C’est la conséquence de l’usage (sans modération) du sport comme dopage politique…

J’ai tellement ri en voyant, sur France 2,  Roselyne Bachelot donner des cours de rattrapages (obligatoires) à Christine Boutin sur les « deuxième lignes »  dans le TGV qui a conduit la plupart des ministres de Paris à Beaudrecourt (pardon, à Strasbourg). Ou en voyant notre Super-Président et son assistant Fillon anticiper une victoire du XV impérial qui aurait dû être d’abord la leur que je ne peux m’empêcher de me consoler de ce vrai malheur par une lueur de bonne humeur : L’heure est trop au leurre pour que la crémière  nous gratifie à la fois du beurre et de  l’argent du beurre. Limites de l’état de grâce…

Daniel RIOT